CH3-CH = CU-CH(0 C*H3 O
Chauffé avec de l’eau, il lui cède de l’acide acétique ; avec la baryte, on obtient de l’acétate de baryum et une résine en flocons jaunes [Wurtz, Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 437 ; — Lagermarck et Eltekoff].
Le perchlorure de phosphore convertit l’aldéhyde crotonique en un chlorure, C4 IIe Cl*, bouillant à 125-127°. Sa densité est de 1,31; la potasse alcoolique le transforme en un composé C4H°C1 plus léger que l’eau, d’odeur d’hydrocarbure chloré (Kekulé).
Aldéhyde crotonique chlorée. — Dans les produits accessoires de la préparation du chloral par l’action du chlore sur l’alcool, ou mieux sur l’aldéhyde, on obtient une certaine quantité d’une huile qui bout entre 140 et 150°. Cette huile, rectifiée, bout à 147° et présente la composition et les propriétés d’une aldéhyde crotonique monochlorée. C’est un liquide d’abord incolore, mais qui ne tarde pas à se colorer en noir, en passant par le jaune et le brun. Il absorbe avec une grande avidité le brome en fournissant l’aldéhyde dibromochlorobutyriquc C4 IR Cl Br2 O, pourvu que l'on ait opéré avec précaution sur l’aldéhyde, placée sous une couche d’eau froide
CROTONIQUE (CHLORAL.) — 553 — CRYPTOPHANIQUE (ACIDE).
et maintenue froide pendant l’opération. La combinaison cristallise lentement sous l’eau, en donnant un hydrate C4 H» Cl Br* O + H O, qui ne se forme que difficilement. Si Ion ajoute le brome sans éviter réchauffement, il se dégage de l’acide bromhydrique, et l’on obtient une huile lourde qui se concrète en partie sous l’eau. C’est l’hydrate de l’aldéhyde monochlorotribromocrotonique, C4 II* Cl Br3 O + 11*0. Ce produit possède l’odeur de l’hydrate de chloral. Il cristallise en fines aiguilles entrelacées et fond a 78° en un mélange d’eau et d’aldéhyde. Il commence à bouillir à 110° en se décomposant. Il est très soluble dans l’alcool, peu soluble dans Beau et autant à froid qu’à chaud. La soude caustique le décompose suivant l’équation
C4H*ClBr»0 = CO -f- IIBr -f C»HClBr*.
Cette aldéhyde fixe l’acide cyanhydrique, en fournissant un liquide que la chaleur décompose [Pinner, Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 179; Deutscli. chem. Gesellsch., 1875, p. 1321].
É. Demarçay.
CROTOXIQÜE (CHLORAL). — Voy. Suppl, p. 452.
CROTONYLÈNE (t. I, p. 1005), C4I1«. — Cet hydrocarbure a été découvert par E. Caventou dans la réaction de l’éthylate de sodium sur le butylène bromé, préparé lui-môme avec le bromure de butylène bouillant à 158°. Depuis, le même savant a trouvé le crotonylène dans le gaz de l’éclairage, et a reconnu que le liquide très volatil, qui se condense lors de la fabrication du gaz comprimé, constitue une source abondante de crotonylène. Ce carbure d’hydrogène est, du reste, le produit d’un grand nombre de réactions pyrogénées. Berthelot l’a formé en portant au rouge sombre un mélange à volumes égaux d’acétylène et d’éthylène, ou bien en soumettant l’acétylène à l’effluve électrique. Prunier l’a obtenu en faisant passer des vapeurs de pétrole léger à travers un tube chauffé au rouge; les hydrocarbures CnH*n des pétroles du Caucase en fournissent aussi dans les mêmes conditions (Schützenbcrger).
Henningcr enfin, en réduisant l’érythrite par l’acide formique, a obtenu un hydrocarbure C4 II6 qui parait être identique avec le crotonylène de Caventou :
CMI'OO -f- 2CH*0* = C4 II6 -f- 2CO* + 411*0
(voyez ÉnïTHRiTE, Suppl.) [E. Caventou, Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 145; — M. Berthelot, ibid., t. VI, p. 279; — L. Prunier, ibid., t. XX, p. 72; — A. Henninger, ibid., t. XIX, p. 145].
La constitution du crotonylène n’est pas encore établie avec certitude; sa production à l’aide du bromure de butylène bouillant à 158°,
Cil3 -CH Br- CH Br- Cil3,
montre qu’il correspond à l’une ou à l’autre des formules suivantes :