‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 434 sur 589 · C-AzII5 ^AzII · texte numérisé non relu

C-AzII5 ^AzII

Cyanamide Carbodiimide.

Carballyléthylimide,

r ,/Az C3 II8 u^AzC2II5.

GYANAMIDES.

— 576 — CYANAMIDES.

C’est Vélhylsinnamine de Hinterberger (voyez t. I, p. 159).

La phénylsinnamine dcBizio [Rép. Chim. pure, 1862, p. 285] doit être considérée comme une carballylphény timide.

Carbéthylphénylimide,

C9 Az* H10 = H3C*Az = C = AzC6II5.

L’éthylphénylsulfo-urée dissoute dans la benzine est attaquée lentement par l’oxyde de plomb en poudre :

ç,rs AzHC*ll5 AzlIC6H5

+ PbO

= PbS + H2 O + C

^ AzC2II3 'SsAzCeHS.

La solution filtrée abandonne par l’évaporation une masse vitreuse qui devient peu à peu cristalline.

La carbéthylphénylimide possède une odeur irritante qui n’est pas désagréable lorsqu’elle est fcüble. Par l’action de l’hydrogène sulfuré sur sa solution benzénique, elle régénère l’éthylphénylsulfo-urée qui lui a donné naissance.

Elle se combine avec l’aniline pour former l’éthyldiphénylguanidine.

Par l’action du gaz chlorhydrique sur sa solution benzinique, on obtient le chlorhydrate C9Az*II10, HCl, précipité blanc, cristallin [W. YVeith, Deulsch. cliem. Gesellsch., 1875, p. 1530; Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 168].

Carbodiphénylimide,

C13Az*H10 = H5C6Az = C = AzC6H5.

On obtient cette combinaison par l’action de l’oxyde de mercure sur la diphénylsulfo-urée dissoute dans la benzine (YVeith) ou dans l’alcool absolu [May, Deulsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 1234] :

S C (Az H C6 H5)2 + HgO = HgS + H2 O + C(AzC6II3)*.

Par l’évaporation de la benzine, la carbodiphénylimide reste à l’état d’un sirop peu soluble, se transformant bientôt, par une polymérisation sans doute, en un corps d’abord porcelané, puis cristallin, peu soluble dans la benzine, fusible à 168- 170° et bouillant sans décomposition à 330-331“.

La carbodiphénylimide se forme aussi par la distillation sèche de l’a-triphénylguanidine :

C6H5Az = C(AzIIC6H3)*

= AzII*C5H5 -(- C(AzC6H3)*.

Bouillie avec de l’alcool aqueux, elle fixe les éléments de l’eau et se transforme en diphénylurée : C(AzC6Il5)1 + H*0 = CO(AzIIC«H5)*.

L’hydrogène sulfuré réagit à froid sur la solution benziniqueen produisant nettement deladiphényl- Bulfo-urée : C (Az C« II3)* + H* S = C S (Az H C« H3)* ; à chaud, elle subit en partie une destruction totale avec production de sulfure de carbone, d’aniline et de triphénylguanidine-a.

Elle s’unit à l’ammoniaque (diphénylguanidine) et à l’aniline (a-triphénylguanidine).

Le sulfure de carbone agit à 140-150° sur la solution benzénique et convertit la carbodiphénylinide en phénylsulfocarbimide :

C(AzC6 II5)* + CS* = 2SCAzC6H5.

La diphénylurée agit à 150“ en produisant du cyanate de phényleetde la triphénylguanidine a. Par l’action de la diphénylsulfo-urée à 150°, il se produit de la phénylsulfocarbimide et de la triphénylguanidine-a :

C(AzC«H5)* + SC(AzlI C6 II5)*

= SCAzC«II5 4- C < (Azll C* H5)* ; la dicrésyl sulfo-urée agit d’une manière analogue.

Chlorhydrate de carbodiphénylimide, C(AzC6II5)* I1C1.

Ce sel se dépose à l’état d’un précipité blanc j cristallin lorsqu’on dirige un courant de gaz chlorhydrique dans une solution benzénique de carbodiphénylimide. Si l’on prolonge l’action du courant gazeux, la solution s’échauffe et redissout le précipité pour le laisser déposer par le refroidissement en agrégations prismatiques d’aiguilles brillantes.

L’aniline le transforme en chlorhydrate d’atriphénylguanidine [VV. YVeith, Deutsch. chem. Gesellsch, 1873, p. 1398; 1874, p.10, 1303; 1870,. p. 810; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 312; t. XXII,!,! p. 82; t. XXIII, p. 509; t. XXVII, p. 182].

Constitution de la cyanamide. — La cyana-i mide possède incontestablement la constitution! qui lui est généralement attribuée; c’est une ammoniaque dont un atome d’hydrogène est substitué par le radical monatomique du cyano-rgène. La formation de la cyanamide par le: chlorure de cyanogène et l’ammoniaque, et lar facilité avec laquelle elle se transforme en com-posés cyanogènes ne laissent aucun doute à cee sujet. Sa formule est bien Az = C - Azll*, tellee qu’elle lui a ôté assignée par Cloëz et Cannizzaro,', Cette formule a reçu, d’ailleurs, une confirma-ition indirecte par la synthèse de la diéthyl-cyanamide (respectivement diéthylamine) aux moyen de l’argeut-cyanamide (Schiff et Fileti) ett par les. élégantes recherches de YVeith sur les s carbodiimides substituées.

Si nous insistons tant sur un point qui parait t indiscutable a priori, ce n’est qu’à cause des tentatives qui se sont produites de divers côtés:* [E. Mulder, Deutsch. chem. Gesellsch., 1873, . p. 655 ; R. Engel, Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 274] ! pour octroyer à la cyanamide la formule de la i carbodiimide hypothétique, formule qui nousparait en contradiction absolue avec le caractère chimique de la cyanamide et la généralité de: ses réactions.

Mais, si la cyanamide elle-même se présente sûrement comme une combinaison cyanogénée, il n’en est pas de même pour les composés ■ qu’elle fournit par polymérisation, la dicyanodiamide et la mélamine. Il y a, au contraire,: ^ i toute raison pour considérer ces composés comme des carbodiimides polymériques, ainsi qu’elles s’établissent par les formules que nous leur attribuons. On est alors à se demander si la polymérisation de la cyanamide n’est pas précédée nécessairement par une transformation iso* mérique en carbodiimide.

H. Dicyanodiamide ( Dicarbolétrimide ).

Dicyanodiamidc, C*Az*H‘,

UAz = C<^>C=AzH

A. Strecker, Lehrb. organ. Chem., 5e édit., r. 63]. — Cette combinaison se forme lorsqu on ait digérer au bain-marie une solution de sulfoîrée avec un oxyde métallique jusqu’à la dispa- •ition complète de la sulfo-urée. La liqueur filtree it concentrée la dépose par le refroidissement >n prismes blancs et brillants ou en tables cartes, fusibles à 204“ [A.-YV. Ilofmann, Deutsch. ■hem. Gesellsch., 1869, p. 600; Bull. Soc. chim-, .. XIII, p. 511]. , „ , .

Elle se produit également, a 1 exclusion de 1 :yanamide, lorsqu’on fait bouillir avec de tes

CYANAMIDES. — 577 — CYANAMIDES.

la combinaison de cyanure de mercure et de sulfo-uiée . [SC(AzII2)sHg(CAz)*P

= CsAz4II4 + 4CAzlI + 2 HgS

fM. Nencki, Deutsch. chcm. Gesellsch., 1873, p. 598; Bull. Soc. chim., t. XX, p. 352] et par l’action de Pargent-sulfo-uréc de Mulder sur la sulfo-urée [R. Maly, Deutsch. chem . Gesellsch., 1876, p. 172]; voyez aussi aux réactions de la cyanamide.

Elle cristallise dans le système clinorhombique (a:ô:c = 1,150: 1 :0, 8055; P = 64'’47') fC. Ilaushofer, Zeitschr. Kryst., 1878, t. III, p. 73].

La dicynnodiamide, quoique se formant par l’action de la chaleur (140° environ) sur la cyanamide, peut régénérer cette dernière à une température plus élevée. Pour constater la formation de la cyanamide, on n’a qu’à diriger un courant de vapeur d’éther dans de la dicyanodiamide fonduo; le flacon se remplit de nuages épais blancs qui se condensent dans le récipient et qui renferment une quantité notable de cyanamide [E. Drechscl, Journ. prakt. Chem. (2), t. XI, p. 284; Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 467J.

Chauffée au-dessus de son point de fusion, elfe dégage de l’ammoniaque, fournit un sublimé de mélamine à peu près pure et laisse un résidu jaune [E. Drechsel, Journ. prakt. Chem. (2), t. XIII, p. 330; Bull. Soc. chim., t. XXVIII,

Soumise à l’influence des alcalis, elle fournit de l’acide amidodicyanique :

C8Az4Il4 4- 1120 = Az II3 C*Az»H»0

[F. Hallwachs, Zeitschr. Chem., 1868, p. 517], L’ammoniaque (sulfate de cuivre ou oxyde de cuivre ammoniacal) la transforme en biguanide (voyez ce supplément : Guanidine) :

C8Az4II4 4- Az H* = C* Az8 H7 {R. Herth, Wien. Akad. Ber., t. LXXX, p. 1078].

Dérivés métalliques.

Dicyanodiamide argentique, C8Az4HsAg!. — Cette combinaison ne possède jamais la composition C2Az4lI3Ag qui lui a été attribuée par Haag (t. I, p. 1053). Quelles que soient les circonstances dans lesquelles elle prend naissance, même si la dicyanodiamide est en excès, elle se forme toujours d’après l’équation

C8Az4II4 4- 2 AgAzO3 4- 2 KOH = 2KAz03 4- 2 H20 4- C8Az4H4Ag8.

La potasse remplace avantageusement l’ammoniaque qui redissout en partie le précipité. Ce dernier est d’un blanc pur; en présence d’un excès de nitrate d’argent il prend une coloration olivâtre.

Si l’on recueille les eaux mères d’où s’est précipitée la combinaison de dicyanodiamide et d’azotate d’argent, et qu’on y verse la plus légère quantité d’acide azotique, une nouvelle et abondante cristallisation se produit immédiatement, et le liquide finit par se transformer en une véritable bouillie.

Dicyanodiamide mercurique, C4Az4H4Hg. — Précipité blanc produit par le chlorure de mercure dans une solution potassique de dicyanodiamide; il est peu soluble dans l’acide acétique étendu, soluble dans l’acide chlorhydrique, insoluble dans la potasse.

La dicyanodiamide est précipitée directement par l’azotate mercurique [R. Engel, Bull. Soc chim., t. XXIV, p. 272], ’

Êtliyldicyanodiamide , voyez Etiiylcïanamide p. 575. ’

La dibensoydicyanodiamide, (C Az*HC7H50)4

SurrL.

| se produit à l’état de sublimé blanc lorsqu’on soumet la tribenzoylmélamine à la distillation sèche. Elle est en cristaux bien développés, fusibles à 112°, très solubles dans l’alcool, moins solubles dans l’éther, peu solubles dans l’eau. L’éthylate de sodium ne précipite pas la solution alcoolique fG. Gerlich, Journ. prakt. Chem. (2), t. XIII, p. 270; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 113].

Le pararn de Beilstein et Geuther (t. I, p. 1053) est identique avec la dicyanodiamide [R. Engel, mém. cité).

Dicyanodiamidine.

La dicyanodiamidine ne se forme pas par l’action de la cyanamide sur Purée ou du cyanate de potassium sur le sulfate de guanidine; mais elle se produit aisément lorsqu’on fond un sel de guanidine avec de l’urée :

CH5Az3 -f- CO Az4H4 = C4II6Az40 -f- AzII3.

La constitution de la dicyanodiamidine est donc celle que Strecker lui assigne par la formule

Az II II O

II2 = Az — C — Az — t — Az= H8;

c’est une urée dans laquelle un groupe Az H2 est remplacé par le reste guanidinique.

Préparation. — On chauffe à 150-160° une partie de carbonate de guanidine sec avec 2 à 2 1/2 parties d’urée sèche. Quand le dégagement de l’ammoniaque s’est ralenti, quand le carbonate de guanidine s’est dissous, on laisse refroidir; on dissout dans l’eau et l’on précipite la solution aqueuse, additionnée de soude caustique, par le sulfate cuivrique. Le précipité rose est traité par l’hydrogène sulfure qui met la base en liberté; on n’a ensuite qu’à saturer la solution aqueuse par l’acide dont on veut préparer le sel.

La base libre s’obtient facilement par l’action de l’oxyde d’argent sur le chlorhydrate. La solution est très alcaline et absorbe avidement l’acide carbonique de l’air; évaporée sur l’acide sulfurique, elle prend une consistance sirupeuse, puis fournit des cristaux de la base libre, sans doute, qui ressemblent à ceux de l’urée et se dissolvent dans l’alcool. La solution alcoolique dépose un léger précipité cristallin par l’addition d’éther. La solution aqueuse donne un précipité gélatineux violet avec le sulfate de cuivre, et des précipités blancs amorphes avec le nitrate d’argent et le chlorure de mercure.

Pour isoler la dicyanodiamidine, Haag avait décomposé son sulfate par le carbonate barytique et avait obtenu des cristaux présentant la composition C2H8Az402 qu’il prit pour l’hydrate de dicyanodiamidine (C4H«Az40.H20), l’affinité de la dicyanodiamidine pour l’acide carbonique lui ayant échappé : en effet, la solution obtenue renferme, non pas la base libre, mais son carbonate ; lorsqu’on l’évapore au bain-marie, elle fournit un résidu qui laisse déposer des cristaux durs et brillants par l’addition d’alcool, mais ces cristaux sont non l’hydrate de dicyanodiamidine, mais le carbonate de guanidine qui ; présente la môme composition et qui résulte de la décomposition du carbonate de dicyanodiamidine :

(Cs II6 Az4 O 4 Iis CO3) j us o = CAz3II3.H2C03 -]- CO8 -f Az II3 ;

cette décomposition se fait môme à froid, mais plus lentement.

Bicarbonate de dicyanodiamidine,

C*H6Az*0 . H*C O3.

— Ce sel, très peu soluble, se produit lorsqu’on

CYANAMIDES.

traite la solution du carbonate neutre par un courant de gaz carbonique. Le dépôt cristallin, lavé à l’alcool et séché dans le vide, se présente au microscope sous forme d'aiguilles concentriques. 11 exige 150 p. d’eau à 18° pour se dissoudre; la solution aqueuse se décompose par la chaleur. Chauffé, il commence à s’altérer vers 50°, puis fond vers 60-65° et perd, à 100° environ, 32 p. 100 de son poids; le poids reste ensuite constant jusque vers 170°; le résidu est composé de carbonates de dicyanodiamine et de guanidine.

Lorsqu’on décompose le carbonate ou le sulfate par la baryte' en excès et qu’on chauffe au bain-marie la liqueur filtrée, elle se trouble et dégage de l’ammoniaque; la solution renferme de l’urée :

C O (Az H2) (Az3 H4 C) + 2 If20 = C O (Az H2)8 + CO2 + 2 Az H3.

L’oxydation de la dicyanodiamidine, déterminée par l’action du chlorate de potassium sur la solution chlorhydrique étendue, fournit de la guanidine :

2 [C O (Az H2) (Az3 H4C)] +30 = 2 CAz8Hs + 2 CO2 + Az2 + H20.

Le chlorhydrate et le sulfate de dicyanodiamidine supportent une température de 160° sans se décomposer. Chauffés plus fort, ils se détruisent en produisant de l’ammoniaque, des sels ammoniacaux et une matière blanche amorphe, douée de faibles propriétés alcalines, analogue sans doute aux guanamines de Nencki [12. Baumann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 446, 1766; 1875, p. 708; Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 165 ; t. XXIV, p. 70; t. XXV, p. 73].

La dicyanodiamidine partage avec le biuret et la biguanide la propriété si caractéristique de produire des combinaisons rouges, par l’ébullition avec l’oxyde de cuivre et la soude caustique. Cette communauté de réaction s’explique par l’analogie de contitution :

Biuret.

Dicyanodiamidine.

Biguanide.

AzII2

AzH2

AzH2

C = Az H

C Az= H

Az - H

Az - H

Az - H

C = AzH

AzII2

AzH2

AzH2

[B. Rathke, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 783].

Sulfodicyanodiamidine ( thiodicyanodiamidiné), C2IIeAz4S =

AzH II S

If2Az — C — Âz — C — AzH2.

Certaines substances, comme le chlorosulfure de carbone C S Cl2 et le pentachlorure de phosphore, agissent sur la sulfo-urée d’une manière toute particulière; elles enlèvent une molécule d’hydrogène sulfuré à deux molécules de ce corps :

2 SC (AzH2)2 + P Cl8 == PSC13 + 2 HCl + C!H8Az4S.

La matière produite, la sulfo-dicyanodiamidine, ne se forme jamais qu’en quantité minime et sa séparation est longue et difficile. Voici comment il faut opérer :

Le mélange intime de trois molécules de sulfo-urée avec une molécule de pentachlorure de phosphore est introduit dans un flacon spacieux et chauffé très graduellement à 100° ; on le maintient ensuite à cette dernière température pendant cinq à six heures. La masse refroidie et

CYANAMIDES.

concassée est débarrassée du chlorosulfure de phosphore par un lavage au sulfure de carbone, puis dissoute dans l’eau froide, filtrée et évaporée à un petit volume (pendant l’évaporation, il se dépose du soufre). Par le refroidissement, la majeure partie du chlorhydrate de sulfo-urée se dépose en cristaux qu’on sépare par filtration des eaux mères et qu’on fait recristalliser plusieurs fois en joignant chaque fois les eaux mères aux premières eaux; ces dernières sont traitées ensuite par l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline; le chlorhydrate de sulfo-urée est transformé en sulfo-urée moins soluble, et il se précipite du phosphate d’ammonium peu soluble. La sulfo-urée est éliminée par cristallisation fractionnée; elle entraîne avec elle une certaine quantité d’acide persulfocyanhydrique.

Les eaux mères finales peuvent être traitées par deux procédés différeuts : l’un consiste à ajouter à la [solution alcaline une solution concentrée bouillante d’oxalate d’ammonium, et ensuite de l’acide oxalique jusqu’à réaction acide très prononcée. Par le refroidissement, il se dépose de l’oxalate de sulfodicyanodiamine qu’on n’a plus qu’à purifier par cristallisation dans l’eau bouillante.

Le second procédé est fondé sur l’emploi du chlorure de plomb. A cet effet, la liqueur, additionnée d’acide chlorhydrique en excès, est chauffée à l’ébullition, puis agitée avec autant de chlorure de plomb humide qu’elle peut en dissoudre. Par le refroidissement, la sulfo-urée se dépose presque tout entière à l’état de composé chloroplombique à peu près insoluble. La solution filtrée et concentrée est bouillie de nouveau avec du chlorure de plomb, puis refroidie, filtrée et évaporée à siccité au bain-marie; le résidu est épuisé par l’alcool bouillant. La solution alcoolique fournit par l’évaporation du chlorhydrate de sulfodicyanodiamidine qu’on purifie par cristallisation répétée dans l’eau.

On obtient la base libre en traitant la solution aqueuse, étendue et bouillante de Poxalate par l’eau de baryte et précipitant l’excès de cette dernière par le gaz carbonique. La sulfodicyanodiamidine se dépose par le refroidissement de la sol ution filtrée en cristaux, appartenant au type clinorhombique, vitreux et transparents, quelquefois porcelanés, assez solubles dans l’eau froide, peu solubles dans l’alcool ; la solution possède une réaction alcaline très prononcée. Chauffée à 100°, la base fond et se transforme en son isomère, le sulfocyanate de guanidine. Traitée en solution aqueuse, acidulée par l’acide azotique, par le nitrate d’argent, elle précipite du sulfure d’argent, immédiatement même à froid, et se convertit en dicyanodiamide (*) :

C2Il6Az'>S = H2 S + C2H*Az‘;

cette réaction la distingue nettement de la sulfo-urée, qui n’est pas attaquée à froid par l’azotate d’argent en solution azotique.

Le chlorhydrate , C2 116 Az4 S. H Cl, est en beaux cristaux rhombiques, vitreux, à réaction acide, très solubles dans l’eau et l’alcool. Le chlorure de platine produit un précipité amorphe.

L’oxalate, 2C2H6Az4S . C2H2 O4 + 2 II2 O, se dépose par le refroidissement de sa solution aqueuse concentrée en petits cristaux grenus, à réaction acide, modérément solubles dans l’eau chaude, peu solubles dans l’eau froide, solubles dans les alcalis et les acides concentrés. A 100° il perd son eau de cristallisation fB. Rathke, Deutsch. chem. Gesellsch, 1878, p. 962].

(1) La réaction inverse ne donnerait-elle pas naissance à cette base intéressante, si difficile à préparer par le procédé qui vient d'être décrit ? J. T.

CYANAMJDES. — 579 — CYANAMIDES.

Triphénylsulfodicyanodiamidine,

AzII C6H5 S

H!C6.HAz — C — Az — <ü — AzH.C6 II5

Cette combinaison se produit par l’union directe de la diphénylguanidine avec le sulfocyanate de phényle, à froid et en solution benzémque. Elle est peu soluble dans la benzine et Palcool bouillant, très soluble dans le chloroforme; ce dernier la dépose par l’évaporation en croûtes incolores, cristallines, fusibles à 150°. La solution acide est désulfurée facilement par le nitrate d’argent.

Le chlorhydrate, Cs<>II>8Az4S . H Cl, est en cristaux verdâtres, solubles dans l'alcool. Si l’on verse la solution alcoolique dans une grande quantité d’eau, le sel est dédoublé entièrement et la base libre se précipite [B. Rathke, même recueil, 1879, p. 774].

Acide amidodicyanique, C2H3Az30 =

0=C <JZZ ^ C = Az H.

L’acide amidodicyanique a été découvert en 1868 par F. Hallwachs. Il se produit par l’action de l’eau de baryte sur la dicyanodiamide :

C2IPAz* + H* O = AzII3 -f C2H3Az3 O,

et, par l’union de la cyanamido avec le cyanate de potassium, à l’état de sel potassique :

iCH*Az* + KOCAz = C*H*Az3OK.

Ce dernier mode se prête le mieux à la préparation de l’acide. A cet effet, on mélange les deux corps dissous dans l'eau dans le rapport 1:2 et l’on abandonne la solution pendant vingtquatre heures; au bout de ce temps, la cyana-

Imide a disparu complètement. La solution aqueuse est digérée au bain-marie pour détruire l’excès du cyanate de potassium, puis additionnée d’acide azotique en excès et de nitrate d’argent ; il se précipite de l’amidodicyanate d’argent blanc caséeux (ou en obtient près de 80 % de la proportion théorique).

L’acide amidodicyanique libre se produit rapidement lorsqu’on chauffe à 60° un mélange de cyanamide et d’acide cyanique secs; à une température plus élevée, la réaction est violente et amène une décomposition profonde.

Pour préparer l’acide amidodicyanique à l’aide de la dicyanodiamide, on fait bouillir cette dernière avec de l’eau de baryte assez concentrée, jusqu’à ce qu’une portion du liquide, traitée par l’acide azotique et l’azotate d’argent, ne fournisse plus par le refroidissement les cristaux caractéristiques du nitrate d’argent-dicyanodiamide ; en employant 20 à 30 grammes de dicyanodiamide, il faut chauffer de trois à quatre heures; il se produit de l’acide carbonique et il se dégage de l’ammoniaque. Lorsque la réaction est terminée, on précipite l’excès de baryte par l’acide carbonique, on chauffe à l’ébullition, on filtre, on additionne la solution, maintenue chaude au bain-marie, d’acide azo- ! tique jusqu’à réaction acide faible mais durable, et l'on ajoute ensuite du nitrate d’argent. Le rendement est très faible, à cause de la décomposition partielle de 1 acide amidodicyanique par l’eau de baryte :

CslI3Az30 = C II2 Az2 + CO AzII.

Pour obtenir l’acide amidodicyanique libre, on traite le sel d’argent, en suspension dans l’eau | tiede, par l’acide chlorhydrique, en ayant soin

de tenir le premier en excès. L’acide se dépose par le refroidissement en petits cristaux groupés en rosettes ou en longues aiguilles, renfermant C2Il3Az30. Chauffé dans un tube, il commence à se décomposer vers 100°, fournit un sublimé blanc, puis subit un commencement de fusion, donne un sublimé jaune formé d’aiguilles et laisse un résidu brun clair. La solution aqueuse se décompose par l’évaporation et laisse déposer peu à peu un corps peu soluble; les acides concentrés la décomposent avec effervescence, surtout à chaud, en dégageant l’odeur de l’acide cyanique ; elle décompose les carbonates et précipite le nitrate d’argent; traitée à une douce chaleur par l’oxyde de cuivre précipité, elle le dissout et fournit le sel de cuivre qui cristallise par le refroidissement. D’après E. Baumann [Deutsch. chem. Gesellsch. , 1875, p. 708; Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 73], l’acide amidodicyanique est dissous à 00-70°, sans dégagement de gaz, par l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau, et transformé en biuret :

0C<A^ CAzH -f-H*0

r,r ^AzH*

— UL^AzH.COAzII2.

Sel d'ammonium, aiguilles incolores.

Sel d’argent, C2 H* Az3 O Ag. — Poudre blanche amorphe, insoluble dans l’eau bouillante, peu soluble dans l’acide azotique étendu, soluble dans l’ammoniaque. L’acide azotique suffisamment concentré le dissout à l’ébullition en le décomposant en partie.

La solution ammoniacale étendue dépose le sel anhydre par l’évaporation lente en petites aiguilles transparentes, réunies en faisceaux, inaltérables à l air; par le refroidissement gra. dué de la solution ammoniacale cbaude on obtient des tables brillantes d’une combinaison ammoniacale, qui deviennent opaques à l’air en perdant de l’ammoniaque.

Le sel de baryum, Ba (C2 H2 Az3 O)2. 3 H2 O, obtenu par le sel d’argent et le chlorure de baryum, est en cristaux incolores, excessivement solubles dans l’eau. Lorsqu’on le fait bouillir avec de l’alcool aqueux, il le sépare en deux couches; il est peu soluble dans l’alcool absolu bouillant et se dépose par le refroidissement en petits cristaux cubiques. A 130", il devient complètement anhydre.

Sel de cuivre, Cu(C2H2Az30)2.4H20. — On traite le sel d’argent à une douce chaleur par une solution neutre de chlorure cuivrique et on fait cristalliser la solution filtrée. Cristaux d’un bleu céleste, peu solubles dans l’eau froide, perdant 3 H2 O à 90° et se décomposant à 100°.

Sel basique, C2 H Az3 O Cu . 2 H2 O, probablement

r„ ^ C2 H2 Az30 u ^ OH

[W. Lossen Zeitschr. Chem., 1870, p. 354]. — Ce sel se dépose à l’état d’une poudre vert foncé insoluble lorsqu’on porte à l’ébullition la solution aqueuse du sel précédent. Il est soluble, à froid dans les acides minéraux et à chaud dans l’acide acétique; chauffé au-dessus de 100°, il perd 10% d’eau, puis se décompose vers 120°.

Ces deux combinaisons cuivriques fournissent les caractères les plus distinctifs dont on dispose pour la recherche de l’acide amidodicyanique.

Le sel de potassium, C2H*Az*OK, se forme, comme nous l’avons vu, par l’union directe de la cyanamide avec le cyanate de potassium. Pour l’obtenir pur, on traite le sel d’argent par le chlorure de potassium. Il est très soluble dans l’eau et cristallise difficilement. Par l’évaporation

CYANAM1DES. — 580 — CYANAMIDES.

lente à l’air sec il se dépose en croûtes efflorescentes. L’acide sulfurique concentré le dissout sans le noircir, en donnant lieu à un abondant dégagement de gaz carbonique et en développant l’odeur de l’acide cyanique.

Le sel de sodium, CsIlsAz3ONa, ressemble en tout point au sel potassique [F. Hallwachs, Zeitscnr. Chem., 1808, p. 515; Ann. Chem. Pharm., t. CLIII, p. 293; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 220].

mélamine ( Tricarboheximide ).

Mélamine, C3H6Az6 =

Az II

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