‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 435 sur 589 · II -Az · texte numérisé non relu

II -Az

Az - II

IIAz= C C= AzH

E. Drechsel envisage la mélamine comme une base primaire (?) renfermant le groupement monatomique G3 A/,5 II4, le mélam comme une base secondaire renfermant deux fois le même groupement :

/ C3Az6II4 Az -II \II

Mélamine.

/ C3 Az5 H4 Az- C3Az5 H* \ H Mélam.

[Journ. prakt. Chem. (2), t. XI, p. 284].

Modes de formation et 'préparation. — La mélamine se trouve parmi les produits de l’action de l’ammoniaque sur l’oxychlorure de carbone [G. Bouchardat, Bull. Soc. chim., t. XI, p. 353].

Elle se forme par l’action des acides chlorhydrique et azotique étendus sur les acides thioprussiamioues [A. Claus et Seippel, Deutsch. chem. Gesellsch ., 1874, p. 233] ; en quantité notable lorsqu’on chauffe la guanidine en solution phénolique à 160° [M. Nencki, Journ. prakt. Chem. (2), t. XVII, p. 237; Bull. Soc. chim., t. XXXl, p. 407] ; par l’action des acides chlorh3’drique et azotique, du perchlorure de fer et du permanganate de potassium sur la cyanomélamidine (C7H15Az130) [S. Byk, Journ. prakt. Chem. (2), t. XX, p, 328].

Pour préparer la mélamine, on fait bouillir pendant une vingtaine d’heures 25 grammes de mélam avec 100 grammes de potasse dissoute dans deux litres et demi d’eau et l’on évapore; on obtient ainsi 10 à 11 grammes de mélamine [Glaus et Henn, Liebig’s Ann. Chem., t. CLXXIX, p. 120; Bull. Soc. chim., t. XXVI, p. 159].

Propriétés. — La mélamine, maintenue audessous de son point de fusion, fait entendre un crépitement et se sublime en partie en petits cristaux. Fondue, elle grimpe le long des parois et se décompose (Liebig).

Chauffée avec précaution dans un courant d’hydrogène, elle peut être sublimée sans éprouver une décomposition sensible.

Elle se dissout en quantité appréciable dans l’alcool bouillant et cristallise par le refroidissement. Elle est a^sez soluble dans la glycérine chaude et se dépose en beaux cristaux par un repos prolongé [E. Drechsel, Journ. prakt. Chem. (2), t. XIII, p. 330; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 112).

Le bromure d'ethyle n’agit pas à 105° sur la mélamine sèche; si l’on ajoute une grande quantité d’eau (20 fois le poids du bromure

employé), celui-ci disparaît peu à peu et la réaction se termine au bout de huit heures environ; on trouve alors dans le tube des cristaux nacrés de bromhydratc de mélamine, tandis que la solution x-enferme de l’alcool; la mélamine peut saponifier ainsi jusqu’à seize fois son poids de bromure d’éthjde.

L’iodui-e d’éthyle agit d’une manière analogue [Claus et Ilcnn, mém. cité].

Le chlorhydrate de mélamine,

2 C3II3Az6 . HCl + H3 O,

est en faisceaux d’aiguilles brillantes magnifiques, peu solubles dans l’alcool [S. Byk, Journ. prakt. Chem. (2), t. XX, p. 328].

Le sulfate de mélamine est connu à l’état anhydre, et hydraté, tantôt avec 1 1/2 ÎIsO, tantôt avec 2 II* O :

Sulfate anhydre, C3II«Az3. H3 SOL — On dissout à chaud le sulfate hydraté (2 II* O) dans l’acide sulfurique étendu de deux à quatre fois son volume d’eau. Petits prismes rhombiques bien définis. L’eau reproduit le sulfate primitif [M. Nencki, Journ. prakt. Chem. (2), t. XVII, p. 237; Bull. Soc. chim., t. XXXI, p. 407].

Par le refroidissement de la solution bouillante, on obtient le sulfate

(C3Il6Az6)2HaS04 + 2 H2 O,

en fines aiguilles [E. Drecbsel, Journ. prakt. Chem. (2), t. XI, p. 284] et quelquefois le sel (C3H6Az6)2 . II2 S O4 + 11/2 H* O, sans qu’on connaisse les circonstances qui favorisent la formation de l’un ou l’autre sel [même recueil, t. XIII, p. 330]. Enfin, S. Byk {Mém. cite) a décrit un sulfate de mélamine possédant la composition (C3 H6Az6)2 . IPSO4 + 1/211*0.

J. -II. Jaeger prépare le sulfate de mélamine en traitant le mélam pulvérisé par six fois son poids d’acide sulfurique concentré (la température s’élève à 120°). Le mélange, maintenu au bain-marie pendant une demi-heure, puis filtré sur de l’amiante, est additionné d’alcool et le précipité est traité par l’eau bouillante; par le refroidissement, le sulfate de mélamine (avec 2 II* O) se dépose en fines aiguilles.

Si l’on chauffe à 150° le mélange de mélam ou de mélamine et d’acide sulfurique, il se forme beaucoup de mousse, la température s’élève à 210°, et il se produit l’ammélide de Gerhardt (CiII4Az402) [Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 1554; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 8. — Voyez aussi, S. Gabriel, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 1165; Bull. Soc. chim., t. XXV,

Le sulforyanate, C3Az6II6.HSCAz, se forme lorsqu’on fait agir l’ammoniaque liquide à 150- 160° sur le persulfocyanogène [J. Ponomareff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1792]; il se trouve dans le mélam brut (obtenu en maintenant le sulfocyanate d’ammonium à 250° jusqu'à solidification) , sous forme de petits prismes blancs, tapissant les cavités du produit boursouflé; on le sépare facilement au moyen de l’eau bouillante, qui le dépose par le refroidissement en cristaux prismatiques jaunâtres, solubles dans l’alcool et sublimables [A. Claus et Lindhorst, même recueil, 1876, p. 1915; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 167].

D’après Ponomareff, ce sel est en petites aiguilles, peu solubles dans l’eau froide, insolubles dans l’alcool et l’éther, et partiellement sublimables. La potasse le décompose en mélamine et en sulfocyanate de potassium.

Mélamine et azotate d’argent. — Une solution chaude de mélamine et de nitrate d’argent fournit par le refroidissement la combinaison cristallisée C3Ii6Az6 . Ag AzO3 (Liebig). Si l’on

CYANAMIDES. — 381 — CYANAMIDES.

chauffe celle-ci avec une solution saturée de nitrate d’argent en excès, elle se dissout et l’on obtient par le refroidissement de belles aiguilles d’un composé diargentique C»H8 Aï6. 2 Az03Ag; l’ammoniaque convertit cette dernière en diargent-mélamine C3Az8H*Ag2, poudre amorphe blanche [C. Zimmermann, Deutsch. chcm. Gesellsch., 1874, p. 288; Bull. Soc. clïm., t. XXII, p. 164]. , .

Le composé CPH8 Az8 .2 Az03Ag se produit lorsqu’on fait bouillir le sulfure de mercure, provenant de la préparation de la cyanamide par l’action de l’oxyde mercurique sur la sulfo-urée, avec de l’acide azotique étendu, évaporant la solution et traitant le résidu par l’azotate d’argent; il se dissout dans l’eau bouillante, qui le dépose

par le refroidissement en belles aiguilles soyeuses C. O. Cech et B. Dehmel, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 249].

Formomélamine, C3Az8H5 (CO II). — Un composé, possédant peut-être cette constitution se forme par l’action de la cyanamide sur l’éther oxalique à 110-120°; c’est une matière jaunâtre, infusible, peu soluble dans l’alcool [E. Mulder, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1631; Bull. Soc. chim., t. XXIII. p. 549],

Mélamines homologues.

Triméthylmélamine, C3H3(CII3)3 Aze.3H20. — La méthylcyanamide qui se produit par l’action des oxydes métalliques sur la monométhylsulfourée se polymérise avec la plus grande facilité en se transformant en triméthylmélamine. Cette dernière possède une réaction alcaline très prononcée; elle cristallise dans l’alcool en prismes incolores, dans l’eau en aiguilles soyeuses, déliées, renfermant 3 II2 O et devenant anhydres à 100°. Elle se sublime sans fondre; l’acide chlorhydrique la décompose sans donner de triméthylamméline.

Le chloroplatinate,

C3 H5 (C II3)3 Az8. 2 H Cl. Pt CH,

cristallise en lamelles fort peu solubles dans l’eau et l’alcool [A. W. Hofmann, Deutsch. chem. Gesellsch., 1870, p. 264; Bull. Soc. chim., t. XIV, p. 161. — E. Baumann, Deutsch. chem. Gcsellsch., 1873, p. 1372; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 308].

Triethylmélamine , C3 II3 (C2 Il5)3Az6. — Cristaux feutrés blancs, obtenus par la désulfuration de la monéthylsulfo-urée , en solution aqueuse ou alcoolique, à l’aide de l’oxyde de plomb ou de mercure, et évaporation répétée de la solution concentrée sirupeuse. La triéthylmélamine n’est pas le produit direct de la réaction; le premier produit est l’éthylcyanamide de Cahours et Cloëz [Compt. rend., t. XXXVIII, p. 354], matière sirupeuse, dénuée de propriétés basiques; mais, sous l’influence prolongée de la chaleur du bain-marie, cette dernière se polymérise et se transforme en triéthylmélamine; elle acquiert alors une réaction alcaline et la faculté de cristalliser.

L’acide chlorhydrique décompose facilement la trièthylmélamine en la transformant en chlorhydrate de triéthylamméline :

C3H3(C2II5)3 Az8 + H2 O = C3II2(C2H5)3AzsO + AzH3.

Chauffée pendant longtemps en vase clos avec de l’acide chlorhydrique, elle se transforme en cyanurate d’éthyle :

C3H3 (C2H5)3Az8 + 3 H2 O = C3(C2HS)3 Az®03 + 3 AzH8.

Le chloroplatinate,

C3 H3 (C2 H8)3 Az8 . 2 H Cl. Pt CP,

est en cristaux fibreux, rayonnés, solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool [A. W. Hofmann, p. 264; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 5:1; t. XIV,

Triphénylmélamine, C3H3Az6(C8H5)3. — La phénylcyanamide se transforme déjà à la température ordinaire en triphénylmélamine, et cette transformation est d’autant plus rapide que la matière est plus pure.

La triphénylmélamine, purifiée par plusieurs cristallisations dans l’alcool, est en beaux prismes pyramidés, insolubles dans l’eau froide, peu solubles dans l’eau bouillante, solubles dans l’alcool et l’éther, surtout à chaud. La solution aqueuse saturée bouillante la dépose par le refroidissement en aiguilles capillaires, fusibles à 162-163°.

L’acide chlorhydrique bouillant la transforme en cyanurate de phényle :

Cr (C6 II8)3 H3 Az8 -f- 3 H* O = C3(C6H5)303Az3 + 3 AzH3.

Le chloroplatinate,

C3(C8HB)3II3Az8 . 2 HCl. Pt Cl»,

est un précipité jaune, cristallin [A. W. Hofmann, Mém- cités].

Pseudotriphènylmélamine, [C® Az8 (C6 H5)3 II3] n. — Prismes jaunes, infusibles à 360°, qui se subliment pendant la distillation sèche de la tribenzoylmelamine. L’alcool la précipite de sa solution phénolique chaude sous forme d’une poudre jaune, cristalline, à peine soluble dans les dissolvants ordinaires [G. Gerlich, Journ. prakl. Chem. (2), t. XIII, p. 270; Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 113].

Tétraphénylmélamine , C3H2(C6H5)1 Az8. —

Elle se forme lorsqu'on chauffe la diphènylguanidine à 170°, à l’état d’une matière résineuse, cassante, qui devient cristalline par une série de dissolutions dans l’alcool et de précipitations par l’eau; elle se dépose dans l’alcool en aiguilles feutrées, fusibles à 217°, peu solubles dans l’éther, insolubles dans l’eau, non distillables.

L’acide chlorhydrique alcoolique réagit sur elle à 100°; l’acide aqueux concentré la décompose à 280° avec production d’acide carbonique, d’ammoniaque et d’aniline, sans trace de diphénylamine. La potasse la détruit à une température très élevée.

Le chlorhydrate, C3 H2 (C8 H5)*Az8 . H Cl, s’obtient en beaux prismes blancs, allongés et rhomboïdaux, par dissolution de la base dans l’acide chlorhydrique concentré chaud, addition d’alcool et refroidissement.

Le chloroplatinate,

[C3 H2 (C8 H8)* Az8 . H Cl]2 Pt CI*,

est un précipité amorphe jaune, se transformant rapidement en un amas d’aiguilles rhombiques enchevêtrées.

L’azotate, très peu soluble, se dépose par le refroidissement en fines aiguilles.

Par l’action de la chaleur sur la dicrésylguanidine, on obtient une matière analogue, constituant sans doute la tétracrésylmélamine,

C3H2(C7H7)* Az8 ;

le chlorhydrate est en fines aiguilles concentriques, peu solubles dans l’alcool, presque insolubles dans l’eau [A.-W. Hofmann, Ann. Chem. Pharm., t. LXXIV, p. 79 ; Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1736; Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 75; — W. Weithet R. Ebert, Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 912; Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 1081.

Pcrphénylmelamine. — Voyez Diphénylcyanamide, p. 756.

CYANAMIDES. — 582 — CYANAMIDES.

Monobenzoylmélaminc, C3 II15 (C7 (I5 0)° Az. — Le produit de l’action à chaud du chlorure de benzoyle sur le sodium-cyanamide est épuisé par l’éther, puis traité par l’eau. Par l’addition d’ammoniaque à la solution aqueuse, la monobenzoylmélamine se précipite sous la forme d’une masse volumineuse blanche, assez soluble dans l’eau, plus soluble dans les acides étendus.

Tribenzoy hnélamine , C3 H3 (C7 HsO)3 Az. — On opère comme pour la préparation de la benzoylcyanamide, mais en chauffant pendant plusieurs jours- La partie insoluble dans l’éther est lavée à l’eau tant que celle-ci dissout du chlorure de sodium ; le résidu est constitué par de la tribenzoylmélamino. C’est une poudre jaune, fusible à 275° en se décomposant, à peu près insoluble dans les véhicules ordinaires; l’acide sulfurique et le phénol la dissolvent, ce dernier avec une belle coloration jaune; l’eau et l’alcool la précipitent. Chauffée avec de l’eau ou des alcalis, elle sc décompose en fournissant de l’ammoniaque et de l'acide benzoïque.

Par la distillation sèche, elle subit une destruction totale; il se dégage des gaz carbonique et cyanhydrique, et il se produit du benzonitrile, de la dibenzoyle-dicyanodiamide et de la pseudotriphénylmélamine [E. Gerlich, Mém. cité].

Constitution de la mélamine. — La formule que nous avons assignée à la mélamine, et qui peut s’écrire plus simplement (C3Az3) H3 (Az H)3, possède l’avantage de faire ressortir son analogie avec la dicyanodiamide (C2Az2) H2(AzH)2 (formule de Strecker), et d’expliquer avec facilité la transformation graduelle de la mélamine en amméline, ammélide et acide cyanurique :

C3 Az3H(AzH)20, C3Az3II3(AzH) O2, Amméline. Ammélide.

C3 Az3 H3 O3.

Acide cyanurique.

Dans chacune de ces phases, un groupe bivalent AzH" est remplacé par un atome d’oxygène, également bivalent, et il se forme en môme temps de l’ammoniaque :

R AzH + H2 O = AzH3 + RO.

Le noyau commun à tous les dérivés de la mélamine présente quelque analogie avec le noyau benzénique par le groupement de ses atomes ; (C3Az3)H3 est sexvalent:

AzH

jl

Dans les dérivés alcooliques de la mélamine, •c’est l’hydrogène du noyau qui est remplacé par les groupes alcooliques. De là la facilité avec laquelle ils se transforment en cyanurates, par , l’élimination des groupes imidés extra-radicaux :

Az C2H5

HAz= = AzH O —

H8C2Az Az C2H5

I = AzH Triéthylmélamine.

Az C2 II5

(\ro

H5 C2Az Az C2 II5

C = O Cyanurate d’éthyle.

On conçoit d’ailleurs des phases intermédiaires, comme la triéthylméamméline, et de nombreuses isoméries.

Si l’on admet dans la mélamine et dans ses dérivés l’existence d’une chaîne fermée (C3Az3), on comprend pourquoi ces composés ne peuvent pas subir la substitution d’un quatrième groupe imidé sans que leur molécule en soit profondément ébranlée ; la chaîne s’ouvre et le noyau se brise en plusieurs endroits.

ACIDE MÉLIDOACÉTIQUE.

L’acide mélidoacétique, (C3 Az® H5) C H2-C O O H, se forme par l’action de l’éther monochloracétique sur la sodium-cyanamide; il doit être considéré comme une mélamine dont un atome d’hydrogène est remplacé par CH2-COOH,le reste univalent de l’acide acétique.

Pour préparer ce corps, on dissout 5 grammes de sodium dans l’alcool et on mélange la solution refroidie, par petites portions, avec une solution de 10 grammes de cyanamide dans 20 centimètres cubes d’alcool; le tout est agité avec son volume d’éther absolu. On ajoute ensuite à la bouillie, séparée par décantation du liquide éthéro-alcoolique, 15 grammes d’éther monochloracétique et 5 grammesdecyanamide, dissous dans

10 centimètres cubes d’alcool, et l’on chauffe au bain-marie dans un appareil à reflux pendant plusieurs heures. Lorsque la réaction est terminée, on dissout le contenu du ballon dans de l’eau additionnée d’un peu de soude, on filtre et on ajoute de l’acide acétique jusqu’à réaction acide faible.

11 se produit un précipité qu’on lave à l’eau et qu’on dissout à chaud dans de l’acide chlorhydrique étendu, employé en quantité suffisante pour empêcher toute cristallisation par le refroidissement. La solution filtrée et refroidie est saturée par le gaz chlorhydrique; il se forme un précipité blanc de chlorhydrate mélidoacétitjue, qu’on purifie par trois ou quatre cristallisations dans l’eau chaude, additionnée d’une petite quantité d’acide chlorhydrique. Le chlorhydrate ainsi obtenu, dissous dans l’eau et traité par l’ammoniaque ou le carbonate d’ammonium, fournit l’acide mélidoacétique libre , à l’état d’un précipité blanc amorphe. Si la précipitation s’est faite à chaud, la solution filtrée fournit par le refroidissement une certaine quantité d’acide mélidoacétique sous la forme d’une poudre cristalline, crayeuse à l’état sec, devenant très électrique par le frottement, et s’échauffant sensiblement lorsqu’on la triture avec une petite quantité d’eau froide.

L’acide mélidoacétique se dissout dans l’eau en quantité assez notable, quoique lentement, et se dépose par un refroidissement très gradué en belles aiguilles blanches, par un refroidissement rapide en superbes paillettes, douées après dessiccation d’un bel éclat argenté; la solution aqueuse est neutre. Il est insoluble dans l’alcool et l’éther.

Chauffé dans un tube, l’acide mélidoacétique fournit d’abord un sublimé cristallin, puis se charbonne en donnant lieu à un abondant dégagement gazeux. Chauffé avec de l’eau à 160°, il se dissout; la solution renferme du carbonate d’ammonium et dépose par le refroidissement une multitude de flocons transparents. La potasse et l’eau de baryte le dissolvent avec dégagement d’ammoniaque et production d’un nouvel acide soluble.

Action physiologique. — Après l’injection d’une solution légèrement alcaline d’acide mélidoacétique dans la veine jugulaire d’un chien, l’urine de cet animal contenait de l’hémoglobine, de l’albumine, des carbonates et une petite quan-

CYANAMIDES. — 583 - CYANIQUE (ACIDE).

tité de la matière injectée; au bout de quelques jours, l’animal avait recouvré sa santé.

Mélidoacétate de potassium. — La solution de l’acide dans la potasse donne, par l’addition d’alcool ou d’une lessive concentrée de potasse, un précipité cristallin, très soluble dans l’eau et attirant l’acide carbonique de l’air.

Le sel sodique ressemble au sel de potassium.

Azotate d’acide mélidoacétique,

C5 H8 Az602 . H Az O3 + H20.

Ce sel se dépose complètement par le refroidissement d’une solution d’acide mélidoacétique dans la moindre quantité possible d’acide azotique chaud; on le purifie par cristallisation dans l’eau bouillante. Il est en magnifiques losanges incolores, enchevêtrés. Chauffé, il détone légèrement.

Azotate d’argent et acide mélidoacétique, C5II8Az8Os. Az 03Ag + II2 O.

On l’obtient en ajoutant une solution concentrée d’azotate d’argent à une solution bouillante d’azotate d’acide mélidoacétique; il se dépose par le refroidissement en fines aiguilles incolores, assez solubles dans l’eau bouillante, presque insolubles dans l’eau froide. La chaleur le décompose.

Le chlorhydrate, C5H8AzeO* .HCl, est en superbes aiguilles blanches , presque insolubles

Idans l’acide chlorhydrique concentré, peu solubles dans l’eau froide, assez solubles dans l’eau bouillante. La solution aqueuse, additionnée de sulfate d’ammonium, produit un précipité cristallin, soluble dans l’acide sulfurique étendu.

Le phosphate mélidoacétique, précipité par l’alcool et dissous dans l’eau bouillante, se dépose par le refroidissement en belles aiguilles.

Sulfate (C5 H8Az60*)*. H2SO* -j- 4 H20. — On dissout l’acide mélidoacétique dans une petite quantité d’eau bouillante et l’on y ajoute par petites portions de l’acide sulfurique étendu. Le sulfate se dépose par le refroidissement en prismes volumineux.

L'acide mélidoacétique offre de frappantes analogies avec l’acide urique et ses dérivés : la même insolubilité, la même capacité de cristallisation de ses composés salins; enfin, sa combinaison avec l’azotate d’argent présente les caractères généraux qui distinguent les composés correspondants de la guanine, de la xanthine ou de la sarcine, notamment la grande insolubilité dans l’acide azotique étendu froid [E. Drechsel, Journ. prakt. Chem. (2), t. XI, p. 284 ; Bull.

I Soc. chim., t. XXIV, p. 467].

DICYANIMIDE.

D’après A. Bannow, on obtient le compos potassique de la dicyanimide en fondant ai rouge du cyanure de potassium avec du para cyanogène. La masse fondue, traitée par l’eau fournit une solution jaune, très fluorescente, qu renferme du cyanure de potassium, de la pota9 sium-dicyaninnde et des produits de transforma tion du paracyanogène, observés par Jacobseï 6t n/T1?01011"”, \Deiitsch. chem. Gesellsch., 1871 p. Jt7J; on précipite ces derniers par l’alcool, oi ajoute de l’acide azotique et l’on élimine l’acid. cyannydnque par le vide. La solution, entière ment debarrassée d’acide cyanhydrique, produi par 1 addition d’azotate d’argent un précipit.

imide ina terable à Ia lumière> d’argent dicyan CAz

Az~CAz

XAg.

L’argent-dicyanimide est un peu soluble dans l’eau chaude; chauffée à l’état sec, elle se décompose avec boursouflement, comme le sulfocyanate mercurique.

Le chlorure de potassium produit du chlorure d’argent et de la potassiuin-dicyanimide cristallisant en fines aiguilles. L’hydrogène sulfuré donne naissance à la dicyanimide libre qui n’a pas été analysée [A. Bannow, Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 2202]. J. Tcherniac.

CYANAMIDOCARBONATES. — Voy. Suppl., p. 573.

CYANHYDRIQUE (ACIDE), CAz IL — Préparation. — - Voici la préparation recommandée par A. Gautier pour l’acide cyanhydrique anhydre inaltérable. Dans une cornue tubulée munie d’un tubede sûreté, on place4 p. de sable siliceux, 10 p. de cyanure jaune, 14 p. d’eau préalablement mélangée à 8p. d’acide sulfurique ordinaire. Un long tube ascendant incliné permet le dégagement , exclusif des vapeurs cyanhydriques, qu’on dirige dans un long tube vertical à chlorure de calcium, j et finalement dans un serpentin et un ballon entourés de glace. On obtient ainsi 18 p. d’acide anhydre pour 100 p. de cyanoferrure [Ann. Chim. Phys. (4), t. XVII, p. 122].

Propriétés. — L’acide cyanhydrique pur cris- | tallise à — 14° et bout à 26°, 1 : il est incolore, inaltérable à l’air et à la lumière. Ses cristaux sont nacrés, cireux et flexibles, et paraissent orthorhombiques (Gautier).

L’acide cyanhydrique ne forme pas de combinaison définie avec l’eau.

On sait que l’acide cyanhydrique s’altère sous l’influence de la chaleur; chauffe à 100° en vase clos à l’état anhydre pendant quelques heures, il se transforme en une masse noire compacte sans qu’il y ait de dégagement de gaz [P. de Girard, Compt. rend., t. LXXXIII, p. 344].

L’acide anhydre peut éprouver une décomposition dite spontanée dans certains cas; de Girard (loc. cit.) a constaté que l’altération avait lieu lorsque le chlorure de calcium dont on se sert pour la dessiccation de l’acide était alcalin ; dans ce cas, il se forme du cyanure de calcium qui, décomposé par l’eau de l’acide humide, donne du formiate de calcium et de l’ammoniaque qui passe dans le ballon où l’on reçoit l’acide sec, et provoque la décomposition de cet acide comme Millon l’a montré.

Antérieurement, A. Gautier [loc. cit.] avait montré que la présence d’un acide minéral agissait comme conservateur de l’acide cyanhydrique en décomposant le cyanhydrate ammonique.

Suivant N. Socoloff, dans les recherches toxicologiques, l’acide cyanhydrique ne passe pas dans les premières portions du liquide distillé, mais dans celles qui viennent après; ce qui semble indiquer que cet acide formerait des combinaisons organiques assez stables avec certains éléments anatomiques, combinaisons qui exigeraient un certain temps avant d’être détruites parles acides. A. Étard.

CYANIQUE (ACIDE). — Les réactions de l’acide cyanique conduisent à l’envisager comme la carbimide

r // A z II L ^O.

C’est ainsi que l’hydrogène naissant le transforme en formiamide CII O. AzII2 [Basarow, Deutsch. chem. Gesellsch., 1871, p. 409]. De même, la diphénylurée non symétrique,

CO

^AzII2 Az (C6 II8)*,

CYANOFORME.

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