CYANIQUE (ACIDE
se dédouble par l’action do la chaleur en acide cyanique et diphénylamine, suivant l’équation
C°<jï(C«H*)* = CO = AzH + AzH (C6H5)*
[Michler, Deutsch. chcm.Gcsellsch., 1876, p. 715].
L’acide cyanique et ses dérivés métalliques ou alcooliques O = C= Az R ne renferment donc pas le groupe cyanogène CsAz, tandis que les éthers cyaniques de Cloëz Az=C-OR le renferment; aussi réserverons-nous à ces derniers le nom de cyanates, attribuant aux premiers le nom d 'isocyanates.
L’oxygène ou les oxydants, tels que l’acide hypochloreux, transforment l’acide cyanique en eau, acide carbonique et azote. La chaleur de combustion est de 2290 calories.
L’acide isocyanique se transforme spontanément en cyamelide en dégageant 410 calories (gr.) par gramme [Troost et Hautefeuille , Compt. rend., t. LXIX, p. 48 et 202].
Une molécule d’aldéhyde réagit sur 3 molécules d’acide cyanique en formant l’acide trigènique. L’acroléine donne de même un acide, l’acide allyltrigénique, en longues aiguilles incolores, assez peu solubles dans l’eau, solubles dans l’ammoniaque . Le sel d’argent est insoluble [Melms, Deutsch. cliem. Gesellsch., 1870, p. 759].
Le chloral donne une réaction différente. Deux molécules de chloral se soudent par l’intermédiaire d’une molécule d’acide isocyanique,
c cis-c h<o>cxAoH^ch'c C13
(voyez Suppl., p. 451).
Cyanate de potassium. — Bannow aurait obtenu, par l’action de la potasse sur le paracyanogène, un composé isomérique avec le cyanate de potassium, et qui serait le véritable cyanate de potassium. Le même corps se produirait par l’action du chlorure de cyanogène liquide sur une solution concentrée de potasse.
Ce cyanate cristallise en longues aiguilles. Lorsqu’on le fait bouillir longtemps avec un alcali, et que l’on précipite après neutralisation par le nitrate d’argent, on obtient un précipité blanc représenté par la formule C2Az8Ag [Bannow. Deutsch. chem. Gesellsch., 4871, p. 253].
L’isocyanate de potassium se comporte avec les sels des acides amidés comme avec le sulfate d’ammonium, en fournissant des urées substituées. C’est ainsi qu’avec le sulfate d’acide amidobenzoïque il fournit l’acide oxybenzuramique ou uramidobenzoîque [Menschoutkine, voyez t. II, p. 703, art. Oxybenzuramique).
L’isocyanate de potassium est capable de former des sels doubles avec les cyanates de platine et de cobalt. Ce dernier, assez stable, est en grandes tables quadratiques d’un beau bleu; celui de platine est moins stable [Blomstrand, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 202].
Isocyanate de benzyle, C6HJ- CH2AzCO. — Le chlorure de benzyle réagit énergiquement sur l’isocyanate d’argent, et l’on obtient par distillation un produit distillant entre 175 et 200°, qui est l’isocyanate de benzyle, encore mélangé de chlorure de benzyle. Traité par l’ammoniaque alcoolique, il fournit de belles aiguilles blanches de monobenzylurée. L’eau le dédouble en dibenzylurée [Letts, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872,
^ Isocyanate decrésyle, CO Az- C6II4-C II3. U se produit parle dédoublement delà crésyluréthane sous l’influence de la chaleur, ou mieux de l’anhydride phosphorique :
„n/OC!lI5 C0^AzH.C«H*-CH8 = C2 II5- O II COAz. C6 II4 -Cil*.
C’est un liquide très irritant, bouillant à 185°. Sa densité de vapeur est 64,6.
Isocyanate d'éthyle, COAz.C*H5. — Lorsque l’on laisse pendant plusieurs jours l’éthylcarbylamine en contact à froid avec de l’oxyde d’argent, elle se transforme en isocyanate d’éthyle 0=C=AzC2H5 [A. Gautier, Bull. Soc. chim., t. XI, p. 220].
L’éther isocyanique et le mercaptan, chauffés à 120° en tubes scellés, donnent la combinaison
^ Az II. C2 H5 •s SC* II5.
C’est un liquide incolore, plus dense que l’eau, bouillant à 204-208°. Les acides le dédoublent en mercaptan, éth.vlamine et acide carbonique [Hofmann , Deutsch. chem. Gesellsch., 1869,
L’éther isocyanique se combine aux éthers des acides amidés en formant des composés insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther, cristallisant généralement bien. Ces composés sont de véritables urées substituées [Cahours et Gai, Compt. rend., t. LXXI, p. 462].
La succinimide s’unit également à l’éther isocyanique en formant le composé
C4 H* O2. H Az. C O. Az (C* H5),
qui, par l’action des acides étendus, se transforme en acide éthylsuccinurique
mmrv^AzlI-CO -AzH. C*II5 0 H u\OH,
cristallisé en aiguilles fusibles à 67° [Menschoutkine, Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 451].
Isocyanate deméthy le, CO Az. CH5. — La métylcarbylamine, oxydée par l’oxyde de mercure, se transforme intégralement en isocyanate de méthyle (A. Gautier).
Isocyanate de naphtyle, C O Az. C10 H1. — Lorsque l’on distille la naphtyluréthane avec de l’anhydride phosphorique, on obtient l’isocyanate de naphtyle. C’est un liquide incolore, bouillant à 269-270°, presque inodore. La triéthylphosphine le solidifie immédiatement [Hofmann, loc. cit.].
Isocyanate dephènyle. — Voyez Piiénylcarbimide,
t. II, p- 882.
Isocyanate de xényle. — S’obtient par la distillation sèche de la xényluréthane. C’est un liquide très réfringent et peu irritant, bouillant à 200°.
CYANOCABBONATES. — Voyez Carbone, Suppl., p- 417.
CYANOCHALCITE (Min.). — Silicophos-
phate de cuivre hydraté, compacte, d’un bleu d’azur. Trouvé à Nischne Tagilsk (Oural.)
Dureté, 4,5. Densité, 2,79.
CYANOGIIBOÏ TE (Min.). — Sulfate de potasse et de cuivre en croûtes salines, formées sur les laves du Vésuve dans l’éruption de 1855.
CYANOEOBME. — Ce composé aurait pour formule CH(CAz)5, mais il n’est pas connu avec certitude. Fairley veut l’avoir obtenu en chauffant du chloroforme à 100° avec du cyanure de potassium et une petite quantité d’alcool ; il le décrit sous forme de masse pâteuse non volatile,
que l’étain et l’acide chlorhydrique transi
raient en tétryline-trwmine C4 H7 (Az H*)8, base volatile au-dessus de 150° Uourn. chem. Soc. London, 1864, (2), t. II, p. 362). G. Bquchardat n’a pu confirmer ces indications de Fairley. En 1871, Pfankuch est revenu sur le cyanoforme, qu’il prépare en faisant agir du cyanure de potassium sur un mélange de chloroforme et d al-
CYANOGÈNE. — 585 — CYANOGÈNE.
cool, ce dernier en faible quantité. Ce corps constituerait une masse dure, blanc-jaunatre, amorphe, ou bien de petites aiguilles ; 1 acide rhlorbvdrioue le transformerait au bain-marie en ad C&ne-tricarbonicfue C H(CO«Hp tribasique, cristallisant en petites aiguilles.
Le cyanoforme engendre, d’après Pfankuch, avec l’iodure mercurique, la combinaison
2 C II (C Az)9, 3 H g Is,
que l’on obtient en chauffant à 100° un mélange d'alcool, d’iodoforme et de cyanure de mercure ; il existerait, de même, le composé ammomque
C II (C Az)3, 3AzII4I,
et d’autres combinaisons d’iodures métalliques et de cyanoforme [Fr. Pfankuch, Journ. prakt. Chem. (2), t. IV, p. 38; t. VI, p. 971.
Toutes les indications du mémoire de Pfankuch, qui sont cependant présentées avec une grande précision, sont au moins douteuses. Claus et Broglie n’ont pu reproduire aucun des corps mentionnés, et Kolbe a exprimé également des doutes sur l’exactitude des affirmations de son préparateur [A. Claus et Broglie, Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 225; — H. Kolbe, Journ. prakt. Chem., (2), t. XVII, p. 287]. A. Henninger.
CYANOGÈNE. — Le cyanogène est formé avec absorption de chaleur ( — 38 calories) en partant du carbone à l’état de diamant [Berthelot, Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 385].
Le cyanogène peut être liquéfié par une pression de 6 atmosphères à la température ambiante. 11 dissout alors avec la plus grande facilité le camphre, l’hydrate de chloral, le sulfure et les chlorures de carbone, ainsi que l’iode, avec une coloration rouge. L’acide picrique et le phosphore s’y dissolvent moins facilement. Le soufre, le sélénium, le tellure, le magnésium, les oxydes, les résines y sont insolubles.
L’acide iodique, l’iodate de potassium et l’acide sélénieux le colorent en rose, malgré leur très faible solubilité [Gore, Chem. News, t. XXIV, p. 303].
La solution aqueuse de cyanogène brunit rapidement en présence des alcalis (voir t. I, p. 1075). Les acides lui font, au contraire, subir une hydratation régulière dont le terme ultime est l’oxalate d’ammonium.
Lorsqu’on fait passer un courant de cyanogène dans de l’acide chlorhydrique concentré, celui-ci reste incolore. Après douze heures, il se sépare des cristaux d’oxamide et les eaux mères renferment de l’oxalate d’ammonium.
L’acide iodhydrique agit de même, mais il se sépare de l’iode et l’on retrouve dans les eaux mères de l’acide cyanhydrique et de l’iodure d’ammonium [Schmitt et Glutz, Deutsch. chem. Gesellsch., 1868, p. 66].
Un grand excès d’acide iodhydrique dissous agit comme réducteur. Il se forme ae l’ammoniaque et de l’hydrure d’éthyle C2H6. On trouve en même temps une petite quantité d’oxyde de carbone et d’acide carbonique provenant probablement de la décomposition d’un peu d’oxalate formé d’après l’équation précédente.
Le gaz iodhydrique sec décompose au rouge sombre le cyanogène en ses éléments [Berthelot, Bull. Soc chim., IX, p. 178].
Lorsque l’on fait passer un courant de cyanogène dans de l’acide iodhydrique d’une densité de 1,96, maintenu en ébullition, on obtient du glycocolle en quantité très notable d’après l’équation