‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 438 sur 589 · I. Sulfocyanate d’ammonium (fig. 31) — Lcsap · texte numérisé non relu

I. Sulfocyanate d’ammonium (fig. 31) — Lcsap

Fig. 31. — Disposition générale des appareils servant à la fabrication du suifocyanate d’ammonium.

A A', A", autoctaves où se produit la réaction ; — B, pompe alimentant les autoclaves en ammoniaque et sulfure de carbone; ce, tuyaux servant à l'alimentation des autoclaves; — dd, tuyaux servant à l’extraction des produits do la réaction et à leur conduite dans l’alambic ; — EE, alambic servant à la distillation des pioduits do la réaction et ses accessoires; — F cylindre à coke ; — GG, échangeur de température ; — HH, réservoirs où se rendent les produits gazoux de la distillation; — G' G', échangeur de température, placé sur le second réservoir;— F' F', cylindre à coke, placé au-dessusdu second réservoir; — L, cloche pour recueillir les gaz.

pareils suivants sont nécessaires pour la fabrication de ce produit :

1° Une pompe aspirante et foulante, toute en fer, analogue à celle qu’on emploie dans la fabrication de la glace par l’ammoniaque.

2° Une série d’autoclaves en fer forgé, essayés à haute pression. Chaque autoclave est muni d’un agitateur à palettes, d’un manomètre, d’un thermomètre et de trois robinets, destinés : l’un à amener les liquides venant de la pompe, l’autre à livrer passage à volonté aux gaz accumulés dans l’autoclave; le troisième, enfin, sert à la décharge. Les autoclaves sont entourés d’une enveloppe à vapeur; ils communiquent chacun par un système de tuyaux avec la pompe alimentaire et l’alambic. Les manomètres, dont les parties

! en contact avec les gaz doivent être en fer ou en | platine, sont munis chacun d'un tube qui plonge i dans le liquide; sans cette précaution, ils sont j bientôt faussés par le sulfure d’ammonium qui se sublime sur la membrane ou dans le tube ! cintré.

3° Un alambic, chauffé par un serpentin en fond de cuve. Cet alambic est surmonté d’une capacité cylindrique qui en constitue une partie importante et que nous appelons le Déverseur;

(I) Dans lo courant do cos recherches, j'ai joui do la collaboration précieuse do T. H. Norton, R. Hollon et A. Adair; ces messieurs ont puissamment contribué à l’établissement des principes scientifiques qui guident la fabrication. J. T.

CYANURES METALLIQUES. — 596 — CYANURES MÉTALLIQUES.

ce dernier est destiné à opérer une séparation complète entre la vapeur venant de l’alambic et la solution entraînée à l’état vésiculaire. Un coup d’œil sur le dessin (fig. 31, EU) suffit pour en comprendre le mécanisme : la vapeur vésiculaire est amenée par un tube qui entre dans le réservoir d’une vingtaine de centimètres environ; elle s’y sépare complètement en vapeur d’eau, gaz ammoniac et hydrogène sulfuré d’un côté, qui s’échappent tous par un tube placé sur le dôme du réservoir, tandis que les particules du liquide entraîné se réunissent et reviennent à l’alambic par un tube qui plonge dans le liquide à distiller.

4° Un échangeur à surface surmonté d’une colonne à coke et établi au-dessus d’un récipient spacieux, destiné à recueillir les liquides condensés. Une petite pompe aspirante et foulante vient puiser du liquide dans le récipient et le déverse en pluie continue dans le haut de la colonne à coke et à travers l’échangeur; on assure ainsi une condensation complète de la vapeur ammoniacale et on empêche les obstructions qui pourraient être causées par des dépôts de sulfure d’ammonium. — Un deuxième récipient muni d’un échangeur et d’une colonne à coke, ces derniers' disposés en reflux, assurent la retenue des parties liquides qui pourraient être entraînées.

5° Une cloche à gaz, de la contenance de 15 mètres cubes environ, qui fait office de régulateur.

Voici comment fonctionnent ces appareils :

La pompe alimente les autoclaves avec du sulfure de carbone, de l’ammoniaque liquide à 20 °/0 et une certaine quantité des liquides ammoniacaux qui proviennent de la condensation des eaux de distillation de l’alambic. Aussitôt qu’un autoclave a reçu sa charge, le robinet d’entrée est fermé et l’agitateur est mis en mouvement. On chauffe par la vapeur jusqu’à ce que le thermomètre, logé dans un tube à huile plongeant dans le liquide, indique 100°; on ferme alors l’arrivée de la vapeur et l’on continue l’agitation jusqu’au moment où le manomètre marque ■13 atmosphères; l’opération ôtant alors terminée, on cesse d’agiter et l’on ouvre le robinet de décharge qui communique par un tube avec le fond de l’autoclave; le liquide est expulsé violemment par la forte pression qui règne dans l’autoclave et se rend dans l’alambic.

Ce liquide, une solution ammoniacale de sulfocarbamate d’ammonium et du sulfure de carbone non attaqué, est chauffé à 105-110°. Il reste dans l’alambic une solution aqueuse de sulfocyanate d’ammonium. Les produits distillés, composés d’eau, de sulfure d’ammonium, d’hydrogène sulfuré et de sulfure de carbone, se dirigent dans les récipients et à travers les échangeurs; ils y abandonnent complètement l’eau et le sulfure d’ammonium, qui rentrent de nouveau dans la fabrication, comme on l’a vu, tandis que l’hydrogène sulfuré s’échappe des appareils de condensation , entraînant avec lui une certaine quantité ^de sulfure de carbone, quelle que soit la perfection des appareils de condensation (t). Ce phénomène de gazéification, en présence d’un exces d’hydrogène sulfuré, est bien connu des fabricants de sulfure de carbone, auxquels il cause des pertes sérieuses de ce produit.

On est arrivé à neutraliser complètement les effets de cet entraînement, qui absorbait près de 20 % du sulfure de carbone employé en dirigeant le courant gazeux dans une huile quelconque, notamment l’huile lourdo de pétrole, le sulfure de carbone est presque entièrement

(l) Voyez les curieuses expériences do Berthelot sur la vaporisation du sulfure do carbone en présence do gaz inertes [Ann. Cliim. Phys., (4), t. XXVI, p. 470].

absorbé, tandis que l’hydrogène sulfuré qui s’échappe est pour ainsi dire pur; l’huile saturée de sulfure de carbone n’a plus qu’à être distillée pour abandonner le produit absorbé et pour devenir apte à une nouvelle absorption. L’appareil méthodique établi sur ces bases, en faisant entrer dans la fabrication la presque totalité du sulfure entraînée, assure au rendement du sulfocyanate d’ammonium une grande constance et une abondance dépassant les prévisions (plus de 95 % de la théorie) (t).

Métaux à employer pour les appareils ci-dessus. — A l’exception du serpentin de l’alambic, tous les appareils décrits doivent être en fer ou en fonte. Le fer est point ou peu attaqué tant qu’il est en présence d’une certaine quantité de sulfure d’ammonium, qui exerce sur lui une action protectrice incontestable. Le serpentin seul de l’alambic ne doit pas être en fer, si l'on veut éviter d’obtenir [des solutions de sulfocyanate d’ammonium chargées de sulfocyanate ferreux et rougissant fortement à l’air, par l’oxydation du sel ferreux. La raison de l’attaque est dans la dissociation graduelle d’une petite quantité de sulfocyanate d’ammonium en ammoniaque et acide suîfocyanique, aussitôt que le liquide a perdu par la distillation la majeure partie du sulfure d’ammonium; l’acide sulfocyanique mis en liberté dissout une proportion correspondante de fer et produit du sel ferreux; la quantité du fer dissous est en raison inverse de la rapidité de l’évaporation.

On obtient des liquides renfermant très peu de fer en faisant le serpentin en étain, qui est peu attaqué par les solutions sulfocyaniques. Mais pour obtenir des solutions tout à fait pures et exemptes de fer, on doit avoir recours à l’aluminium. Ce dernier métal, préparé avec soin et débarrassé des scories qu’il renferme par un puissant laminage et martelage, devient d’une résistance à toute épreuve envers les solutions sulfocarboniques qu’il s’agit d’évaporer. On a construit un alambic entièrement en aluminium et cet appareil est d’un excellent usage.

Pour obtenir du sulfocyanate cristallisé dont la consommation dans les arts croit tous les jours, on n’a qu’à évaporer à 125° la solution de sulfocyanate d’ammonium et à l’abandonner à la cristallisation dans des réservoirs en bois doublés d’étain.

Si l’on veut obtenir du sulfocyanate d’ammonium pur, se gardant blanc à l’air, avec des liquides provenant d’un alambic en fer, et renfermant par conséquent du sel ferreux, on n’a qu’à précipiter ce dernier par le sulfure d’ammonium (les eaux de condensation des récipients) ou bien à faire entrer un courant d’air dans la solution additionnée d’une petite quantité d’ammoniaque ; tout le fer est précipité à l’état de sulfure ou de peroxyde; le liquide clarifié par le repos et filtré, est évaporé dans une bassine en étain et traité comme il vient d’être dit.

II. Sulfocyanate de calcium (fig. 32). — La fabrication de ce produit se fait dans un seul appareil qui se compose de quatre parties : 1° le réservoir à distiller (A) chauffé par un serpentin tubulaire et renfermant un panier percé en tôle, destiné à contenir la chaux ; ce réservoir est muni d’un thermomètre et d’un robinet de décharge; il communique par deux tubulures avec, 2° le déverseur, analogue à celui qui a été décrit précédemment; 3° un échangeur à surface; 4“ un récipient avec serpentin refroidi par un courant d’eau.

Le maniement de cet appareil est des plus

(1) Ce procédé d’absorption a été breveté le 31 mai

CYANURES MÉTALLIQUES. - 597 - CYANURES MÉTALLIQUES.

simples. On charge le réservoir avec les solutions de sulfocyanate d’ammonium venant de l’alambic, on introduit dans le panier la quantité de chaux nécessaire, on ferme lappaietl et l’on chauffe rapidement par la vapeur a 1-5 . L’ammoniaque aqueuse distille, se condense dans l’échangeur et vient couler dans le récipient par un tube qui descend au fond; il passe assez d’eau pour former une solution ammoniacale de

Fig. 32. — Appareil pour la décomposition du sulfocyanate d’ammonium par la chaux.

A, chaudièro de distillation; — B, serpentin do chauffage à vapeur ; — cc, panier on tôle perforée ; — II. robinet d’extraction; — t, thermomètre; — K, déverscur; — F, dégagement du déverseur ; — G, retour à la chaudière ; — H, échangeur à sulfure ; — L, récipient; — mm, tuyau plongeur amenant les produits de la distillation ; — n, serpentin do refroidissement; — p, robinet de décharge; — q, niveau d’eau.

20 % environ qui rentre dans la fabrication

Les solutions de sulfocyanate de calciurr moussent énormément; elles passeraient avec ls plus grande rapidité dans le récipient si elles n’étaient interceptées sur leur passage par le deverscur; clans ce dernier, la séparation esl remarquablement complète ; le sulfocyanate calcique retourne continuellement au réservoii a chaux, tandis que la vapeur ammoniacale seule est admise dans l’échangeur.

III. Sulfocyanate de potassium. — Ce produil est fabrique dans des chaudières cylindriqueouvertes chauffées à feu nu et munies d'agitateurs avec racloirs. On y prépare une solutior concentrée bouillante de sulfate de potassiuir dont on prend un léger excès par rapport ai sulfocyanate de calcium, on ajoute la solution de ce dernier par petites portions, en agitant, à l’é bullition ; le sulfate de calcium se dépose rapide ment par le repos. La solution de sulfocyanatf

de potassium, séparée par le filtre-presse, renferme encore un peu de sulfocyanate de calcium qu’on précipite par une petite quantité de carbonate de potassium (2 à 3 °/o de carbonate suffisent). La solution filtrée est évaporée à 125° et abandonnée au refroidissement; elle laisse déposer tout le sulfate et le chlorure qu’elle renfermait et ne contient plus que du sulfocyanate de potassium pur. Ce dernier est évaporé et fondu à 300° dans une bassine en fonte. Préparé ainsi, le sulfocyanate de potassium ne renferme ni chaux ni acide sulfurique, deux impuretés qui, en quantité un peu notables, le rendraient tout à fait impropre à une transformation intégrale en ferrocyanure.

IV. ' Ferrocyanure de potassium. — On n’a pas pu arriver pendant longtemps à la production économique du ferrocyanure, ayant partagé l’opinion généralement admise qu’il faut du fer réduit pour décomposer le sulfocyanate de potassium. Cette opinion est absolument erronée. Le fer réduit par le charbon ('), quels que soient les soins qu’on apporte à sa fabrication, renferme toujours une quantité très notable d’oxyde ferreux qui, pendant la fusion avec le sulfocyanate potassique, transforme une certaine proportion de ce sel en cyanate de potassium, qui se décompose parles traitements ultérieurs, et diminue d’autant le rendement en prussiate. On areconnu au contraire que le fer porphyrisé, obtenu en broyant des déchets de fonte, se prête admirablement à la désulfuration du sulfocyanate de potassium.

On a étudié avec une attention particulière la question de savoir à quelle température il faut chauffer le mélange de sulfocyanate de potassium et de fer, et l’on est arrivé à reconnaître que la désulfuration qui commence déjà vers 350° n’est complète qu’aux environs de 450°, et qu’enfin la température de 550° est une limite qu'il est dangereux de dépasser en grand.

Les conditions nécessaires pour l’obtention d’un bon rendement en ferrocyanure de potassium sont multiples:

1“ Le sulfocyanate de potassium doit être absolument pur et sec;

2° Le fer doit être métallique, débarrassé de rouille et d’impuretés;

3° Le mélange des deux matières doit être excessivement intime;

4° La fusion doit se faire à la température constante de 450°; cette condition est indispensable ;

5” La masse fondue doit être maintenue à l’abri de l’air, aussi bien pendant la chauffe qu’après le refroidissement.

Voici comment nous réalisons toutes ces conditions :

Le sulfocyanate de potassium, fondu à 300° et pulvérisé après refroidissement et division dans un appareil spécial, est mélangé intimement avec du fer pulvérisé et bluté dans un malaxeur clos à l’abri ae l’humidité. Le mélange est introduit rapidement dans des caisses munies de couvercles à fermeture suffisante.

Ces caisses sont introduites dans une étuve à double paroi (fig. 33), remplie de soufre dans son enceinte extérieure, et chauffée à feu nu, de manière à maintenir le soufre en vive ébullition. La partie supérieure de l’étuve porte un tube de quelques piètres de hauteur dans lequel le soufre distillé se liquéfie et reflue continuellement.

(1) Pour connaître ,1a teneur d'un for réduit on fer métallique, on doit mesurer l'hydrogèno qui so dégage par la dissolution de la matière dans l’acide sulfuriquo étendu. A l’aide do cette méthode, on a pu se convaincre quo cortains fers réduits du commerce, réputés purs, renfermant à peine -10 p. 100 de fer métallique. J. T.

CYANURES MÉTALLIQUES. - 598 — CYANURES MÉTALLIQUES.

De cette manière, la température à l’intérieur de ! l’étuve est maintenue avec une grande constance aux environs de 450°. Lorsque l’opération est terminée, on fait entrer les caisses dans une étuve hermétiquement close, refroidie par un courant d’eau et on les y laisse jusqu’à complet refroidissement. La masse fondue, traitée par l’eau, fournit de 30 à 35 °/„ de son poids de ferrocyanure cristallisé, qu’on obtient à l’état de pureté par une série de filtrations et de cristallisations.

Fig. 33. — /.titre d soufre.

A, étuve; — b, porte de l'étuve; — cc, support des caisses, contenant le mélange à chauffer; — D, enveloppe à soufre; — e, tuyau à reflux ; — g, écran pour empêcher la perte de chaleur par rayonnement ; — FF, fourneau et ses accessoires.

potassium, le ferrocyanure de potassium seul ilomm naissance à un produit d’oxydation apte à régénérer la matière primitive sous l’influence de l’oxyde ferreux en solution alcaline, tandis que toutes les autres matières oxydées ne sont pas affectées par ce dernier agent.

Les liqueurs suivantes sont nécessaires :

1° Une solution saturée de permanganate de potassium.

2° Une solution titrée du même sel dont chaque centimètre cube correspond à un centigramme de IOFeCy6. 3 H20.

3“ Une solution étendue de sulfate de fer (50 à 100 grammes au litre).

Voici comment on doit opérer :

Une quantité mesurée de la solution à analyser, renfermant environ 3 grammes de ferrocyanure, est introduite dans un flacon en verre mince gradué à 500 centimètres cubes. Après avoir acidulé par l’acide sulfurique, on ajoute la solution concentrée de permanganate jusqu’à ce que la coloration rouge ne disparaisse plus après une agitation de quelques minutes; on abandonne ensuite la solution au repos pendant une demi-heure environ.

Lorsque l’oxydation est terminée, on ajoute un grand excès de soude caustique et on porte la solution à l’ébullition en agitant continuellement. On ajoute ensuite à la solution chaude du sulfate de fer jusqu’à ce que le précipité devienne noir par la formation d’oxyde magnétique; la solution refroidie est additionnée d’eau jusqu’à la marque et filtrée; on en prend alors une portion quelconque, disons la moitié, et l’on dose le ferrocyanure de potassium par le permanganate titré, après avoir ajouté de l’acide sulfurique jusqu’à réaction acide. Il est facile apres de calculer la teneur totale en prussiate.

Méthode à l'alcool. — La méthode suivante, basée sur l’insolubilité du ferrocyanure de potassium dans l’alcoôl aqueux, donne des résultats assez exacts dans l’analyse des eaux mères renfermant 15 % au moins de ferrocyanure.

On fait couler 10 cc. de la solution dans 70 cc. d’alcool à 95 °/0, additionné préalablement d’un peu d’acide acétique. Le ferrocyanure de potassium se sépare à l'état d’une poudre farineuse cristalline, facile à filtrer. Ce précipité est filtré et lavé par l’alcool à 90° jusqu’à réaction neutre; on sèche sur le filtre à 100°, on dissout dans l’eau et l’on dose par le permanganate titré. J. Tcherniac.

CYANURE DE GLUCINIUM. — Selon

Méthodes analytiques employées pour le dosage du ferrocyanure depotassium. — La masse fondue brute (métal) donne avec l’eau une solution renfermant, indépendamment du ferrocyanure de potassium, de petites quantités des matières suivantes : sulfocyanate, sulfures et sulfites, thionates et matières organiques. Des nombreuses méthodes proposées, parmi lesquelles nous no citerons que celle de Erlenmeyer, fondée sur la précipitation du ferrocyanure à l’état de bleu de Prusse [Zeitschr. Chem. 1859, p. 199] comme étant incontestablement la plus exacte, mais aussi la plus longue, aucune n’est absolument satisfaisante. Le procédé suivant, confirmé par des centaines d’analyses, est d’une exécution très rapide et donne avec constance des résultats exacts (à 2 millièmes près). Un dosage complet ne demande pas plus d’une heure. Ce procédé est fondé sur ce fait que lorsqu’on traite une solution acidulée do prussiate brut par le permanganate de

divers auteurs, entre autres Toczinsky [Zeitschr. Chem., 1871, p. 275], ce cyanure n’existe pas. La glucine ne se dissout pas dans l’acide cyanhydrique.

CYANURES DE MERCURE. — L’acide cyanhydrique déplace de l’acide chlorhydrique en réagissant sur le chlorure de mercure. Cette réaction s’explique par la différence des chaleurs de formation du cyanure de mercure (-|- 15e, 48) et du chlorure (+ 9,46). La réaction inverse s’accomplit si l’on fait agir sur le cyanure de mercure le gaz chlorhydrique ou de l’acide chlorhydrique fumant très concentré qui renferme de l’acide anhydre simplement liquéfié : dans ce cas, l’acide cyanhydrique est déplacé [Berthelot, Compt. rend., t. LXXVII, p. 388].

Le cyanure de mercure, ainsi que l’a montré Boeckmann, s’unit aux sulfocyanates. Clève a décrit un certain nombre d’autres composés du mémo ordre [Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 71].

CYANURES MÉTALLIQUES. - 599 - CYANURES MÉTALLIQUES.

Le sel de potasssium, HgCy2 + KCyS, cristal lise en aiguilles blanches et brillantes, inaltérables à l’air, très solubles dans l’eau chaude Sel d’ammonium, HgCy* + AzH Cyb. il ressemble au précédent.

Sel de sodium, HgCy* -f NaCyS + 211- Aiguilles incolores se déshydratant a 1 air.

Sel de baryum, 2 Hg Cy* + Ba (Cy S)* + 4 II-O.

— Tables nacrées à quatre ou six pans, solumes dans l’eau chaude, inaltérables à l’air.

Sel de stronti um, 2 Hg Cy* + Sr (Cy S)* + •* II* 0,

— Tables nacrées perdant 2H*0 à l’air.

Sel de calcium, 2HgCy* + Ca(CyS)* + 811*0.

— Grands cristaux tabulaires, plus solubles que les précédents. Ils perdent sur l’acide sulfurique 5 11*0, les trois molécules d’eau restantes ne s’en vont qu’à 140°.

Sel de magnésium,

2 HgCy* +.Mg(CyS)* + 411*0.

— Groupes d’aiguilles inaltérables à l’air.

Sel de zinc, 2 HgCy* + Zn(CyS)* + 411*0.

Petits prismes peu solubles et inaltérables à l’air.

Sel de zinc-ammonium,

2 HgCy* + Zn(CyS)* + 3AzII3.

— Aiguilles brillantes, décomposables par l’eau, et ne perdant pas d’ammoniaque à 100°.

Sel de cadmium,

2 HgCy* + Cd (Cy S)* + 411*0.

—Soluble dans l’eau chaude, inaltérable à l’air. Sel de manganèse,

2 HgCy* + Mn (Cy SI* + 411*0.

— Aiguilles peu solubles.

Sel de fer, 2 HgCy* + Fe(CyS)* + 411*0. — Tables hexagonales, microscopiques, verdâtres, ne changeant pas à l’air.

Sel de cobalt, 2 HgCy* + Co(CyS)* + 411*0.

— Précipité jaune, peu soluble à froid, soluble à chaud et se déposant à l’état cristallisé. Ce sel perd son eau à 110° et devient bleu.

Le sel de nickel est amorphe, verdâtre et peu soluble.

Sel de cuprammonium diammonié,

2 Hg Cy* + Cu (2 Az H*, Cy S)*.

— On prépare ce sel en laissant oxyder à l’air une solution de sulfocyanate cuivreux dans l’ammoniaque, et en la précipitant par du cyanure mercurique.il cristallise en tables brillantes d’un bleu foncé, inaltérables à l’air, môme à 100°.

Sel de plomb, HgCy* + Pb(CyS)*. — On a obtenu ce sel par double décomposition entre le sel de potassium et l’acétate de plomb.

A. Étard.

CYANURES D’OR. — Cyanure aüropotassique, AuCAz, KCAz. — La meilleure préparation consiste à dissoudre l’or fulminant dans du cyanure de potassium.

La solution de ce sel double n’est pas précipitée par les sels ferreux; l’acide oxalique et l’acide sulfureux en précipitent à chaud du cyanure d’or. Le chlorure mercurique est sans action à froid ; à chaud, il donne du protocyanure d’or [Lindbom, Bull. Soc. chim.,t. XXIX, p. 4161. Cyanure auricopotassique,

Au (C Az)3, K C Az -f- 1 ^ H*0.

— ; p°ur que ce sel se forme dans la réaction du trichlorurc d’or sur le cyanure de potassium, il faut que le sel aurique soit parfaitement neutre autrement il se dégage un gaz (CO*?) et on obtient le sel précédent. L’auricyanure de potassium cristallise en grandes tables solubles dans l’eau chaude et dans l’alcool. A l’air sec, ces cris-

taux perdent II* 0, mais la 'A molécule 11*0 qui. reste ne peut être chassée avant 200 . Le sel commence à se décomposer vers 280°, entre en, fusion au rouge sombre, et n’est pas complètement décomposé, même par une chaleur très, forte. Le chlore et le brome sont sans action, sur lui ; l’iode se dissout dans sa solution chaude, déplace deux Cy, et forme le sel AuCAzI*,KCAz [Lindbom, loc. cif.]. ' .

Cyanure auropotassique iodé,

KCAz, AuCAzI* + 11*0. \>

— Le cyanure auropotassique s’unit directement à l’iode, le sel formé possède la (composition ci-dessus et cristallise en aiguilles minces d’une couleur brun foncé. Il est soluble dans l’eau chaude et dans l’alcool ; à 90°, il dégage de l’iode.

Cyanure auropotassique bromé,

KCAz, AuCAz Br* + 3 H*0.

— Se forme comme le précédent. Par évaporation sur l’acide sulfurique, il donne de minces aiguilles jaunes. Ce sel, plus stable que la combinaison iodée, peut être obtenu par l’action du brome sur cette dernière. A 130°, on n’observe pas d’altération ; à 150°, il y a départ de brome.

Cyanure auropotassique chloré,

KCAz, AuCAz Cl* + H*0.

— Les sels précédents, traités par du chlore, perdent de l’iode et du brome, et il se forme le dérivé chloré ; celui-ci est très soluble dans l’eau, il cristallise en aiguilles presque incolores, perd son eau dans le vide et se décompose à 160°.

Cyanure AunosoniQUE, NaCAz, AuCAz. — On le prépare en décomposant le sel barytique par du sulfate sodique. Il forme des écailles anhydres, peu solubles dans l’eau froide et dans l'alcool.

Il se décompose à 200° (Lindbom). Ce sel s’unit à l’iode et produit un sel cristallisé en écailles brunes qui perdent une grande partie de leur iode par dessiccation.

Cyanure aurosodique bromé,

NaCAz, AuCAz Br* + 211*0.

— C’est un sel très soluble, qui perd déjà son eau de cristallisation à 100°.

Cyanure auroammoniacal, AzIHCAz, AuCAz.

— Obtenu par double décomposition entre le sel barytique et le sulfate d’ammonium. Il forme des lames blanches très solubles qui commencent à se décomposer vers 100°.

Cyanure aurobarytique,

Ba[(CAz)*Au]* + 2 H* O.

— On prépare ce sel en faisant réagir l’acide cyanhydrique à 40-50° sur un mélange de cyanure d’or et de carbonate de baryum. Il cristallise en écailles blanches et brillantes, blés dans l’alcool et dans l’eau froide, devient anhydre.

Cyanure aurobarytique iodé,

Ba[(CAz)*AuI*]* -j- 1011*0.

— Écailles brunes et brillantes, peu perdant déjà une partie de leur iode à pérature ordinaire.

Cyanure aurobarytique bromé,

Ba[(CAz)*AuBr*]* + 10 II*. O.

— Aiguilles allongées, très solubles dans l’eau et l’alcool.

Cyanure aurobarytique chloré,

Ba[(CAz)*AuCl*]* + 811*0.

— Prismes allongés très solubles, perdant la moitié de leur eau dans le vide.

peu solu- A 100° il

stables, la tem-

CYANURES -METALLIQUES. — 600 — CYANURES MÉTALLIQUES.

Cyanure aurostrontique,

Sr[(CAz)2Au]2 + 3 H2 O.

— Mamelons composés de cristaux mal définis, préparés comme le sel barytique.

Dérivé iodé, Sr[(CAz)2AuI2]2 -f 10II2O. — Écailles noirâtres, peu solubles, à l’éclat métallique.

Dérivé bromé, Sr[(CAz)2AuBr2]2 + æHsO. — Ce sel est très soluble dans l’eau et dans l’alcool; il fond au-dessous de 100° et se décompose bientôt.

Dérivé. chloré, Sr[(CAz)2AuCl2]2 -f 8H20. — Prismes blancs aplatis.

Cyanure auuocalcique, Ca[(CAz)2Au]2-|-3H20.

— Préparé comme le sel barytique, ce corps forme des croûtes cristallines très solubles et perd la totalité de son eau à 160°.

Cyanure aurocalcique iodé,

Ca[(CAz)2AuI2] + 10II2O.

— Écailles brunes d’un éclat métallique.

Dérivé bromé, Ca [(CAz)2AuBr2]2 -f- 10H2O.

— Aiguilles jaunes très solubles.

Cyanure aurocadmique , Cd [Au (C Az)2]2. — Précipité obtenu avec le sel potassique et le sulfate de cadmium. Il cristallise dans l’eau bouillante en petites écailles blanches.

Dérivé bromé, Cd [Au(CAz)2Br2] -f 6H20. — Aiguilles très solubles d’un brun jaunâtre.

, Cyanure aurozincique, Zn[Au(CAz)2]2. — Ecailles hexagonales obtenues par double décomposition. Il s’altère à 250e1.

Dérivé bromé, Zn [Au (CAz)2 Br2]2 -f- 8 H2 O. — Lamelles jaunes, très solubles dans l’eau, perdant 7 II2 O à 100°.

Dérivé chloré, Zn [Au (CAz)2 Cl2]2 -f 7 H2 O. — Prismes blancs, très solubles, dérivés du précédent par l’action du chlore.

Cyanure aumcocoealtique. — Précipité blanc insoluble dans l’eau.

Cyanure aurocobaltique.

Co [Au (CAz)2]2 -f- 9 H2 O.

— Le mélange des solutions de cyanure auropotassique et d’azotate de cobalt le laisse déposer par évaporation spontanée en petits cristaux jaune -rougeâtre, assez peu solubles dans l’eau et l’alcool. Il perd de l’eau à 100°, devient anhydre à 150° et se détruit à 310°.

Dérivé iodé, Co[Au(CAz)2I?]2 -f- 10 H20. — Prismes d’un brun-noirâtre , moins solubles que les dérivés analogues.

Dérivé bromé, Co [Au (CAz)2 Br2]2 4- 9H20. — Prismes d’un jaune-brunâtre aplatis, peu solubles dans l’eau, plus solubles dans l’alcool.

Acide aurocyanhydrique. — Obtenu en solution en traitant le sel de baryum par l’acide sulfurique étendu et en évaporant dans le vide. Cet acide n’est pas stable : il se transforme en cyanure d’or et en acide cyanhydrique par la concentration [Lindbom, loc. cif.j. A. Étard.

CYANURE DE PHOSPHORE, PhCy3. — Voy.

Page 1