‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 440 sur 589 · C. — ORTHOCYMÈNE · texte numérisé non relu

C. — ORTHOCYMÈNE

Lorsqu’on chauffe légèrement la solution éthérée de toluène orthobromé et de bromure de propyle normal en présence de sodium, une réaction se déclare qu’il est bon de laisser achever ensuite à 8-10°. Le produit de la réaction, que l’on distille sur du sodium, fournit un liquide réfringent, bouillant à 181-182°; c’est, l’orthocymène C10H14.

Acides sulfonés, C|0Ht3.SO3H. — L’acide sulfurique transforme l’orthocymène en deux acides sulfoniques que l’on sépare au moyen de leurs sels barytiques; ces deux acides ne cristallisent pas. Le premier, correspondant au sel le moins soluble ou acide a, se forme surtout lorsqu’on opère à une basse température; l’acide p prend naissance à une température élevée.

Le sel barytique de l’acide a est en cristaux étoilés renfermant une molécule d’eau; le sel cuivrique (C'°H13S03)sCu -f- 4I120 est en fines aiguilles, et le sel potassique est en cristaux rhombiques renfermant K lls O.

Les sels barytique et cuivrique de l’acide p sont des masses sirupeuses; traités par le perchlorure de phosphore, ils donnent un chlorure sirupeux que l’ammoniaque change en amide orthocymène-sulfonique, cristallisée en tables brillantes‘[A. Claus et H. Hansen, Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 897].

D. — MÉTACYMÈNE.

Ce carbure bouillant à 176-177°, 5 a été obtenu comme le précédent, mais en substituant le toluène métabromé au toluène orthobromé. 11 est demé d’une odeur aromatique et possède une densité de 0,863 à 16°.

L’acide sulfurique le converiit en deux acides sulfoniques que l’on sépare par cristallisation des sels barytiques. L’acide a, correspondant au sel le moins soluble, prend naissance lorsqu’on opère à basse température; son sel de baryum

(C10H13SO3)!Ba -f U20

est en lamelles; le sel de cuivre est en tables renfermant 4 H2 O; le sel de plomb cristallise avec 3 et le sel de calcium avec 2 mol. d’eau; le sel potassique est anhydre.

Le perchlorure de phosphore transforme ces sels en chlorure à 140-150°. Ce chlorure est en aiguilles fusibles à 175° solubles dans l’éther.

L’acide p se forme à une température élevée; son sel de baryum cristallise en aiguilles avec une mol. d’eau [A. Claus et T. Stüssner, Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 899].

Le carbure obtenu par Kelbe, par distillation de la portion de l’huile légère de résine insoluble dans la soude, est un cymène qui donne de l’acide isophtalique par oxydation. 11 fournit deux acides sulfones^ le sel de baryum de l’un renferme 1 molécule d’eau, et son amide fond à 73°; le sel barytique du second acide est cristallin, son amide fond à 108°. L’auteur croit que ce cymène est le méla-isopropylloluène. Rien ne le prouve, et nous le mentionnons sans assigner une constitution établie à ce carbure [Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 1157]. M. Wassermann.

CYMOPHENOL. — Voyez Thymol, t. III, p- 413.

CYMYLYQUE (ALCOOL). — Syn. de Cuminique (ALCOOL), t. I, p. 1015.

CYXANCIIINE ET CYNANCIIOCEIUNE. — Voyez Cïnanchol.

CYNANCHOL.

— 608 — CYNURÉNIQUE (ACIDE).

CYNANCHOL. — Le latex du Cynanchum acutum récolté dans les régions aralo-caspiennes, se sépare avec le temps en une résine et un liquide aqueux contenant du chlorure de potassium : fait intéressant, vu que le sol sur lequel croît cette plante est riche on chlorure de sodium. La matière résineuse est formée en partie par une substance cristallisable dans l’alcool ou le sulfure de carbone, et que Boutlerow a désignée sous le nom de cynanchol, en la représentant par la formule empirique C1SH2*0 [Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 396]. Hesse, en soumettant un échantillon du cynanchol de Boutlerow à des cristallisations fractionnées, est parvenu à le scinder en deux matières très voisines, la cynanchocérine et la cynanchine. La première cristallise en aiguilles étoilées, fusibles à 145-146", et très peu solubles dans l’alcool froid. La cynanchine, par contre, forme des lamelles rhombiques, fusibles à 148- 149°, plus solubles à froid dans l’alcool. Ces deux matières, qui se rapprochent beaucoup de l’échicérine et de l’échitéine, sont solubles dans l’éther, le chloroforme, tandis que les alcalis et les acides ne les dissolvent pas. L’acide nitrique donne un dérivé nitré; l’acide sulfurique concentré les dissout et prend une coloration jaune, avec fluorescence verte [O. Hesse, Liebig’s Ann. Chem., t. CXCII, p. 182; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 107].

CYNENE. — Le principe oxygéné qui forme la majeure partie de l’essence de semen-coritra, bout à 173-174° sans décomposition; D = 0,913 à 20°; il renferme C = 75,5; H = 11,7, d’après les dernières analyses de Faust et Homeyer. Sous l’influence de l’anhydride phosphorique ou du sulfure de phosphore, cette essence perd de l’eau et se convertit en un hydrocarbure, le cynène, bouillant à 175° (t. I, p. 1130). Graebe avait envisagé ce corps comme un hydrure de cymène C10H16, mais d’après Faust et Homeyer, cet hydrogène carboné est identique avec le cymène lui-même. H donne un acide sulfoné dont le sel de baryum renferme (C1(lHl3.S03)sBa -f- 31I20, composition qui est celle du cymène-sulfonate ordinaire [C. Graebe, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 680 ; — A. Faust et J. Homeyer, ibid., 1874, p. 1427].

CYNURÉNIQUE (ACIDE), — Syn. Kynurénique [acide), C,0H7AzO3-j-H2O. — Il a été découvert par Liebig dans l’urine de chien ; celle-ci en est quelquefois assez riche pour que l’acide se dépose spontanément; généralement, il faut d’abord concentrer l’urine à 1/3, soit directement, soit après l’avoir précipitée au préalable par l’acétate de plomb et enlevé le plomb par l’hydrogène sulfuré; le liquide évaporé est acidulé par l’acide chlorhydrique et abandonné à lui-même pendant quelques jours dans un endroit frais. L’acide cynurénique qui se dépose est dissous dans l’ammoniaque étendue, ce qui élimine l’acide urique, puis décoloré par le charbon et reprécipité par l’acide acétique de la solution j chaude et peu concentrée. En répétant cette opé- j ration plusieurs fois, on l’obtient tout à fait pur j [J. Liebig, Ann. Chem. Pharm., t. LXXXVI, ! p. 125; t. CVIII, p. 354; t. GXL, p. 143; — j O. Schmiedeberg et O. Schultzen, ibid., t. CLXIV, j p. 155; Bull. Soc. chim., t. XVIII, p. 465]. lia ; été étudié tout récemment par Kretschy [Monatshefte f. Chem., t. II, p. 57].

L’acide cynurénique cristallise en aiguilles brillantes à quatre pans ou en aiguilles incolores, fines et petites, formant une poudre blanche, soyeuse. Il renfermeC'°H7 Az03-j-II20, formule que doublent Schmiedeberg et Schultzen. Il perd son eau à 150°. Il est très peu soluble dans l’eau pure (dans un peu plus de 10Û0 p. d’eau bouillante) ou dans l’eau aci-

dulée, assez soluble dans les acides concentrés; l’acide nitrique chaud ne paraît pas l’attaquer, l’alcool bouillant en prend une assez grande quantité,l’éther des traces. L’acide iodhydrique ne l’altère pas à 180°. Chauffé avec précaution, l’acide fond vers 257-258°, en dégageant abondamment du gaz carbonique et laissant une base, la cynurine (voyez plus loin) (Schmiedeberg et Schultzen) ;

C10 H7 AzO3 = COs + C9H7AzO.

On rappelle que l’acide urocanique se comporte d’une manière analogue (t. III, p. 610). L’eau de brome accomplit à froid déjà le môme dédoublement, mais la cynurine se transforme alors en un dérivé bromé [Brieger, Zeitschr. physiol. Chem., t. IV, p. 89].

L’acide cynurénique n’est pas un composé aromatique; il vient se ranger dans la série quinoléique; la potasse en fusion ne donne aucun corps aromatique, mais l’acide chlorhydrique à 240" ou mieux la poudre de zinc, fournissent de la quinoléine :

G10 H7 AzO3 + H2 = CO2 -j- H2 O + C9lI7Az.

Il suffit de chauffer l’acide avec de la poudre de zinc dans un courant d’hydrogène, pour obtenir une très notable quantité de cette base [M. Kretschy, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1673],

L’acide cynurénique est un acide monobasique faible; il rougit le tournesol, mais ne décompose pas le carbonate de baryum (Liebig; Meissner et Shepard). 11 s’unit même à l’acide chlorhydrique et donne le sel C)0 H7 AzO3, HCl, que l’eau dédouble aisément (Brieger).

Sel d’ammonium. — Très soluble et anhydre.

Sel de potassium, C10H6AzO3K -f 2H20. — Aiguilles soyeuses, efflorescentes, très solubles.

Sel d'argent, C10lFAzO3.Ag -f I120. — Précipité blanc, insoluble dans l’eau, même à chaud.

Sel de baryum, (C10H6AzO3)2Ba + 3H20.

( 4 a H2 O, d’après Kretschy). — Aiguilles

incolores, souvent groupées en étoiles, très peu solubles dans l’eau; en présence d’un excès de baryte, le sel se dissout beaucoup plus facilement, et le gaz carbonique précipite de cette solution du carbonate et du cynurénate de baryum.

Sel de calcium (Ci«HSAz03)2Ca -f 2H20. — Aiguilles fines et soyeuses, un peu plus solubles que le sel de baryum.

Sel de cuivre. — Précipité vert jaunâtre, cristallin, à peine soluble à chaud; contient 2 H2 O.

Le rôle physiologique de l’acide cynurénique n’est pas connu, et l’on ignore, de même, quelles sont les conditions dans lesquelles il apparaît en grande quantité dans l’urine de chien. Voici les rares faits que l’on a publiés à ce sujet. En très petite quantité, il ne paraît faire défaut dans l’urine d’aucun chien, mais sa proportion est soumise à des variations très notables, suivant les sujets. D’après Voit et Richter [Zeitschr. Biol., 1865, t. I, p. 315], il augmente avec la quantité de viande ingérée par l’animal (0sr,397 par vingt-quatre heures, le chien étant à jeun; ler,898 par vingt-quatre heures, le chien prenant 2000 grammes de viande! ; les matières amylacées en diminuent la quantité; le sulfate de sodium est sans action; résultat opposé aux observations de Seegen [Wien. Acad. Ber., t. XL1X, p. 24J.

L’urine de chien contiendrait en outre, et d’une manière constante, une certaine quantité d'acide urique [G. Meissner et C. U. Shepard, Unters. über Entsteh. der Hippurs. im Organ., Hannovre, 1866], tandis que d’autres observateurs n’ont rencontré cet acide qu’après une alimentation fortement animale [Voit et Richter; — Naunyn et Riess, Arch. Anat. Physiol, 1869, p. 381].

CYNURINE — 60) — CYSTINE.

cynurine, C9H7AzO, ou la formule double, d'après Schmiodeberg et Schultzen. — On chauffe l’acide cynurénique au bain de sable a 265°, et l’on maintient la chaleur tant qu’il se dégage du gaz carbonique; on dissout la masse brune dans l’eau, on décolore la solution par le charbon et on l’abandonne à l’évaporation. La cynurine cristallise en prismes clinorhom biques, brillants et transparents, groupés en géodes assez solubles dans l’alcool froid, solubles dans 210 p. d eau à 15°, très solubles à chaud. La base est généralement anhydre; lorsque la cristallisation s’est opérée rapidement, elle retient 3 H2 O. La cynurine attire un peu d’acide carbonique à l’air; elle fond à 201°, et n’est pas volatile sans décomposition.

Le chlorure ferrique colore la cynurine en un rouge carmin peu intense, le réactif de Millon en vert jaune. Distillée sur la poudre de zinc, elle donne de la quinoléine; avec l’amalgame de sodium, on obtient le composé C18H20Az!O2, insoluble dans la soude.

L’anhydride acétique n’attaque pas la cynurine à 140°; à une plus haute température, il y a décomposition profonde. Le chlorure d’acétyle réagit facilement sur cette base et donne un corps dicomposable par l’eau. Un mélange de chlorure phosphorique et d’oxychlorure la convertit en un produit de substitution, dont le chloroplatinate renferme (C9 H6 Cl Az O, II Cl)2, Pt Cl4 (Kretschy).

Chlorhydrate (C9H7AzO)*HCl + 2H*0. — Grands prismes clinorhombiques ou aiguilles, brillants, peu stables.

Chloroplatinate (G9H7 AzO,HCl)*,PtCl4+ 2H20. — Précipité jaune, peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool.

Cynurine tribromée, C9H‘Br*AzO. — Lorsu’on ajoute de l’eau de brome à une solution e cynurine ou à de l’acide cynurénique délayé dans l’eau bouillante, on obtient un précipité floconneux jaune qui semble renfermer

C9H3 BrkAzO.

Une partie du brome de ce composé y est faiblement unie, et est enlevée lorsqu’on le dissout dans l’alcool bouillant; par refroidissement, on obtient de très fines aiguilles blanches de cynurine tribromée, peu solubles, que l’on purifie par cristallisation répétée. Ce corps est dénué de propriétés basiques : bien au contraire, il se dissout dans les alcalis et en est précipité par les acides Brieger [foc. cit.]. A. Henninger.

CYNUKIXE. — Voyez Cyndrénique (acide).

CYOPINE. — Nom donné par Delore à la matière colorante du pus bleu.

CYPRITE de Glocker (Min.). — Voyez Chal-

COSINE.

CYKTOL1THE (Min.). — Zircon altéré, variété de malacone; de Rockport (Mass).

CYSTINE, C8H7AzSOs. — Ce composé remarquable et à peine connu constitue la substance de certains calculs extrêmement rares de la vessie ou du rein, chez l’homme ; il y a été découvert par Wollaston, en 1810; on le rencontre aussi à l’état de sédiment urinaire dans la cystinurie [Ann. Chim., t. LXXVI, p. 22, 18101; à l’état physiologique, on ne l’a encore trouvé ni dans les tissus ni dans les humeurs de l’homme; le rein du boeuf en contient des traces, d’après Cloëtta, mais pas d’une manière constante [Ann. Chem. Pharm., t. XCIX, p. 289J. Scherera rencontré la cystine dans le foie d’un buveur mort du typhus [Jahresb. Chem., 1857, p. 561]; Dewar et Gamgee, enfin, l’ont rencontré dans la sueur (?).

Depuis Wollaston, la cystine a été surtout étudiée par Lassaigne [Ann. Chim. Phys., t. XXI11, p. 328] ; par Baudrimont et Malaguti, qui reconnurent les premiers sa forte teneur en soufre

S u pp L.

[Journ. Pharm. Chim., t. XXIV, p. 633]; par Thaulow [Ann. Chem. Pharm., t. XXVII, p. 197]; par Marchand {Journ. prakt. Chem., t. XVI, p. 255] ; par Dewar et Gamgee [Pharm. Journ. Transact., 1870, p. 385 ; 1872, p. 144], et d’autres savants. Sa formule établie par Gmelin C3 H7 Az SOs et confirmée par les analyses de Grote, est adoptée généralement, quoique Gamgee ait proposé une formule moins riche de 2 atomes d’hydrogène.

On ignore entièrement la constitution de la cystine ; on sait seulement que le soufre en est éliminé facilement à l’état de sulfure, du moins en partie ; que, par conséquent, il n’y est pas contenu à l’état de groupement sulfonique; les essais de synthèse qu’on a entrepris (action de l’aldéhyde-ammoniaque sur le sulfocyanate de potassium; action de la chaleur sur l’allylsulfonate ammonique ; action de l’ammoniaque sur le chlorure allylsulfonique) ont tous donné des résultats négatifs [Voir à ce sujet : E. Külz, Dissertation inaug., Marbourg, 1871; Jahresb. Thierchem., 1872, p. 366],

Les calculs de cystine sont faciles à reconnaître; ils sont jaunâtres, translucides, rayés par l’ongle, à cassure cristalline. L’extraction de la cystine de ces calculs ou des sédiments urinaires est très simple : il suffit de les mettre en digestion avec de la potasse ou de l’ammoniaque qui dissout le principe organique, et de précipiter la solution bouillante par l’acide acétique; on peut aussi abandonner à l’évaporation lente la solution ammoniacale.

La cystine cristallise en lamelles ou en tables hexagonales, incolores, inodores, d’une densité de 1,71, insolubles dans l’eau et dans l’alcool, solubles dans les acides minéraux et dans l’acide oxalique ; les acides acétique et tartrique et d’autres acides végétaux ne la dissolvent pas. Elle forme, avec les acides, des combinaisons ue l’on obtient en aiguilles par l’évaporation e3 solutions à une douce chaleur ; ces sels étant très instables, n’ont pas été obtenus avec une composition constante. Les alcalis et leurs carbonates et bicarbonates, l’ammoniaque, dissolvent très aisément la cystine ; le bicarbonate d’ammonium n’est pas dans ce cas.

Chauffée, la cystine fond, puis se décompose en se boursouflant et dégageant des vapeurs d’odeur fétide particulière qui brûlent avec une flamme bleu verdâtre. Les alcalis bouillants en séparent le soufre à l’état de sulfure; l’eau de baryte à 150° donne du sulfure et du sulfite; la potasse alcoolique fournit à 130° du sulfure et une substance non cristallisable, exempte de soufre, à réaction fortement acide. L’acide nitrique la dissout aisément; l’acide nitreux, dirigé dans de l’eau tenant de la cystine en suspension, la transforme en acide sulfurique et un corps réduisant le nitrate d’argent (acide pyruvique?) ; il ne se forme pas d’acide oxalique. L’étain ou le zinc et l’acide chlorhydrique dégagent à froid de l’hydrogène sulfuré avec la cystine. Lorsqu’on ajoute du nitrate d’argent à une solution ammoniacale de cystine, il ne se produit aucun trouble, mais l’acide nitrique occasionne dans la liqueur un précipité jaune, qui semble constituer une combinaison de cystine et de nitrate d’argent (Dewar et Gamgee).

L’origine et le rôle physiologique de la cystine sont inconnus; sa présence dans les urines, qui est moins rare qu’on ne l’avait cru, coïncide, dans quelques cas, avec l’état de santé; généralement, on observe certains symptômes morbides, très variables du reste, et dont la corrélation avec la production de cystine n’est pas démontrée. Il est à remarquer que cette cystinurie affecte souvent les membres d’une même famille. L’albumine accompagne et précède souvent la cystine.

CYTISINE.

Celle-ci est toujours en petite proportion ; la quantité maximum observée est de 0sr,5 pour vingtuatre heures. La présence de la cystine coïncierait, d’après un cas étudié par Niemann, avec une diminution de l’acide urique et une augmentation des sulfates de l’urine. Ebstein, par contre, n’a pas trouvé cette corrélation dans deux cas étudiés par lui.

La recherche de la cystine dans un sédiment ou un calcul est très simple ; la solubilité dans l’ammoniaqne et la forme hexagonale que présentent les cristaux sous le microscope suffisent pour la caractériser. A. Iienninger.

CYTISINE, C20H27Az3O. — La cytisine a été découverte par Husemann etMarmé dans les semences du Cytisus Laburnum.

On fait macérer pendant deux jours les graines concassées avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, puis on filtre et on neutralise par la chaux; le liquide est additionné d’acétate de piomb, dont on enlève l’excès par l’hydrogène sulfuré; après avoir neutralisé avec du carbonate de sodium et évaporé, on précipite en solution légèrement alcaline par le tannin. Les flocons de tannate, rapidement lavés, sont traités au bain-marie par de la litharge délayée dans de l’eau jusqu’à ce qu’une prise d’essai ne se colore plus par le perchlorure de fer. A ce moment on dessèche, etl’on épuisele résidu par l’alcool ; après l’évaporation de celui-ci il reste un sirop qui, traité

DAPHNÉTINE.

par de l’acrde azotique concentré et six ou huit volumes d’alcool, laisse bientôt déposer de beaux cristaux d’azotate de cytisine.

La cytisine s’obtient sous forme d’une matière huileuse, lorsqu’on décompose à chaud son azotate par de la potasse très concentrée. On la dissout dans l’alcool absolu, et, après avoir précipité la potasse de cette solution par un courant de gaz carbonique sec, on laisse cristalliser.

Les cristaux de cytisine ne sont pas déliquescents; leur saveur est amère, puis caustique; ils fondent à 154°, 5 et se subliment en longues aiguilles. La cytisine est soluble dans l’eau et dans l’aicool étendu, presque insoluble dans la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone et l’éther; elle déplace l’ammoniaque de ses sels.

Le chlorhvdrate et l’azotate de cytisine sont seuls cristallisables.

Les solutions de cytisine précipitent en jaune orangé par l’iodomercurate et le triiodure de potassium, ainsi que par l’eau de brome. Le chlore ne donne pas de réaction. L’acide nitrosulfurique colore la base en jaune orangé, l’acide sulfurique pur est sans action.

La cytisine se rencontre dans la plupart des cytisus. Elle est vénéneuse et provoque des vomissements à la suite desquels la mort survient par asphyxie [A. Husemann, Zeicsch. Chem-, 1869, p. 677]. A. Etard.

DAMBONITE, C8H‘606. — Voyez 1. 1, p.1131. La dambonite, traitée par le mélange sulfo-nitrique, fournit une masse gommeuse translucide, qui, versée dans l’eau, se transforme en flocons de nitrodambonite. Cette substance cristallise dans l’alcool; elle est insoluble dans l’eau et détone par le choc [P. Champion, Compt. rend., t. LXXIII, p. 114].

DAMBOSE. — Voyez Dambonite, 1. 1, p. 1131. Le mélange des acides nitrique et sulfurique la transforme en un dérivé nitré qui cristallise dans l’alcool; le choc le fait détoner, et aussi une température de 100° [Champion, Compt. rend., t. LXXIII, p. 114].

DANBÜRITE (Min.). — La forme cristalline de la danburite, qui avait été considérée comme anorthique, est, en réalité, orthorhombique, mm= 122°52'; a1 a1 (sur p) = 97"7'. Les cristaux ressemblent beaucoup à ceux de la topaze.

DAPHNÉTINE, C9 IIe OL — La formule anciennement admise pour ce corps était C19H1',09 induement doublée et matériellement erronée; cette erreur n’était que la répétition de celle commise sur la daphnine dont la daphnétine dérive.

Rochleder [Wiener Alcad., 1863] a montré que la daphnine renferme comme l’esculine

Page 1