C‘5II1609 + 2 II2 O
et que ces deux glucosides donnent, par la fermentation ou par l’action des acides étendus, deux dérivés isomériques de la formule C9H6CP + H2 O, savoir; la daphnétine etl’esculétine. La daphnétine se prépare en opérant directement sur la daph-
nine impure contenue dansl’extrait alcooliquedes Daphné Mezereumet D. alpina, tel qu’on le trouve dans les pharmacies. On dissout cet extrait dans l’alcool, puis on le traite par un courant d’acide chlorhydrique; ce dernier ne doit pas être employé en trop grand excès, car, à chaud, après avoir transformé la daphnine en daphnétine, il attaquerait cette dernière et la détruirait. Après avoir chauffé la solution chlorhydrique de daphnine pendant un certain temps, on l’évapore au bain-marie, puis on reprend par l’eau bouillante. La solution aqueuse, additionnée d’une petite quantité d’acétate neutre de plomb, laisse déposer les matières colorantes brunes et les impuretés qu’elte contient, sous la forme de précipité plombique. Après cette première purification, on précipite la daphnétine par le sous-acétate de plomb, on décompose ce précipité par l’hydrogène sulfuré et on fait cristalliser le liquide préalablement décoloré par le noir animal.
La daphnétine cristallise en prismes brillants jaunâtres, fusibles à 253-256° en tube capillaire, avec un léger commencement de décomposition. Ces cristaux sont à peu près insolubles dans la benzine, le chloroforme et le sulfure de carbone. Les acides sulfurique et chlorhydrique concentrés les dissolvent en prenant une coloration rouge; l’eau précipite de cette solution de la daphnétine inaltérée. Par une digestion prolongée avec de l’acide chlorhydrique à 100", la daphnétine se transforme en un produit amorphe peu soluble. Les alcalis caustiques ou carbonates la dissolvent en prenant une teinte orangée, ces solutions s’altèrent par une longue exposition a 1 air.
DAVYUM.
DAPHNINE. — 611 —
La daphnétine réduit les sels d’argent et les solutions alcalines de cuivre; elle forme des combinaisons altérables avec les hydrates de baryum et de calcium, et précipite les sels de plomb fC. Stünkel, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1091.
Acétyle-daphnétine, 0 11= (CMP O) 0‘.— On fait chauffer la daphnétine pendant plusieurs heures avec de l’anhydride acétique ou du chlorure d’acétyle en excès; le produit de la réaction est précipité par l’eau froide et purifié par quelques cristallisations dans l’acide acétique ou l’alcool qui, par évaporation lente, dépose l’acétyle-daphnétine en gros cristaux légèrement teintés de jaune.
L’acétyle-daphnétine fond à 129-130'’; elle est très soluble dans l’éther, la benzine et le chloroforme, moins soluble dans l’alcool; la soude la dissoutavec unecoloration rougefFünkel, foc. ct£-J-
Acétyle-daphnétine tétrabromee,
C9 H Br4 (C2 II3 O) O4.
— Ce dérivé se prépare en faisant digérer l’acétyle-daphnétine à 100° avec une solution de brome dans l’alcool très étendu d’eau. Au bout de quel-
3ues heures, la solution décolorée laisse déposer es cristaux très peu solubles dans l'alcool, l’éther et le chloroforme, et qu’on peut facilement débarrasser, par l’action do ces dissolvants, de l’excès de brome ou d’acétyle-daphnétine qu’ils pourraient contenir. Le dérivé tétrabromé de l’acétyle-daphnétine fond à 290° environ en se décomposant, et se colore en rouge au contact de la soude.
Benzoyle-daphnétine, C9H5(C7H50)04. — On fait réagir du chlorure de benzoyle à 100° sur de la daphnétine soigneusement desséchée ; on traite le produit obtenu par l’eau, puis on le fait cristalliser dans l’alcool. On obtient ainsi la benzoyle-daphnétinc en aiguilles blanches groupées, fusibles à 1 19-150°, insolubles dans l’eau et dans l’éther, solubles dans l’alcool bouillant, dans l’acide acétique, la benzine et le chloroforme (Stünkel).
Les agents oxydants n’ont jusqu’à présent donné aucun résultat avec la daphnétine ; il en est do môme pour les réducteurs. L’amalgame de sodium transforme la daphnétine en une résine, les autres réducteurs ne réagissent pas ; tel est le cas du sulfhydrate d’ammonium et du chlorure stanneux.
Par la distillation sèche, la daphnétine se transforme en partie en ombelliférone ou oxycoumarine, et comme sa formule ne diffère de celle de l’ombelliférone que par un atome d’oxygène en plus, on peut la considérer comme une oxyombelliférone dérivant d’un phénol triatomique au mémo titre que l’ombelliférone dérive de la résorcine, phénol diatomique (Stünkel).
La constitution de la daphnétine déduite de l’étude de ses réactions et dérivés peut donc s’exprimer par la formule :
Ce h3 — OH