N O — CO
A. Étard.
DAPHNINE, C‘»H«09 + 2(1*0. - L’extraction et les propriétés de ce corps ont déjà été décrites par divers auteurs, qui lui attribuaient la formule Ç3'll340<9 + 2H20, s’écartant du multiple de la formule vraie par CH2 O. Rochleder a donné la composition exacte deladaphnine vérifiée depuis par l’étude de ses produits de dédoublement [Rochleder, Wien. Alcacl., 18631.
La daphnine est un glucoside que les acides ou
les ferments dédoublent en daphnétine et en glucose, selon l’équation suivante :
Cl5H1609 -f H20 = C9 H6 O4 + C«II|!0«.
La daphnine étant le glucoside de la daphnétine, on peut, en partant delà formule de celle-ci et avec le môme degré de probabilité, représenter la daphnine par la formule :
G6 H* — c h = C H ç \ o -CO
A. Étard.
DATDRINE, C17H**Az03. — On trouve dans le commerce la daturine, principe actif du Datura Stramonium, sous deux formes : la daturine lourde et la daturine légère. La daturine lourde est un mélange d’atropine et d’hyoscyamine riche en atropine; par une série de cristallisations fractionnées on peut en séparer cette dernière base à l’état pur, mais il vaut mieux transformer le mélange des alcaloïdes en chloraurates qu’on sépare facilement par cristallisation. Le chloraurate d'hyoscyamine est en tables brillantes, fusibles à 159-160°, tandis que celui d'atropine qu’on trouve dans les eaux mères du précédent est sans éclat et fond à 135-139°. De ces sels on peut, par l’action de l’hydrogène sulfuré, séparer à l’état pur les deux bases dont le mélange const itue la daturine : l’hyoscvamine fusible à 108°, 5 et l’atropine fondant à 113, 5-114", 5.
La daturine légère est une poudre blanche faiblement cristalline, fusible à 90-95° et constituée presque exclusivement par de l’hyoscyamine. On peut en séparer le peu d’atropine qu’elle contient en transformant le mélange en chloraurates comme ci-dessus [A. Ladenburg, Deutsch. chem. Gesellsch., , 1880, p. 909]. A. Étard.
DAUBREELITHE (Min.). —Sulfure de chrome et de fer FeCr2S4, en grains noirs cristallins clivables, trouvés dans les fers météoriques de Bolson de Mapini (Mexique). Fragile. Soluble dans l’acide azotique.
Densité, 5, , 01.
DAVRECENITE (Min.). — Silicate d’alumine hydraté, avec manganèse et magnésie. Les rapports d’oxygène dans 11!0, Si O2, Al2 O3, MnO, MgO sont 2 : 6 : 3 : 3/4 : 1/4. Matière blanche ou rosée, asbestiforme, trouvée à Sart-Close (Salin- Château).
DAVYUM. — Nom d’un métal que S. Kern pense avoir découvert dans un sable platinifère et qu’il en retire après la séparation de l’iridium et du rhodium par le procédé Bunsen [Ann. Chem. Pharm., t. CXLVI, p. 205; Bull. Soc. chim., t. XI, p. 308]. Les eaux mères obtenues après la séparation de ces métaux ont été chauffées avec un excès de chlorure et d’azotate d’ammonium; et le précipité rouge qui s’était formé a été calciné. S. Kern a obtenu ainsi une mousse métallique, fusible au chalumeau oxhydrique en un régule d’un blanc d’argent (600 gr. de minerai en ont donné 0 gr. 27) : c’est le davyum.
La densité du davyum est égale à 9,388 à 25°. Ce métal est dur à froid, malléable à chaud. Il est facilement attaqué par l’eau régale et faiblement par l’acide sulfurique bouillant en donnant un sulfate orangé peu soluble. Le poids atomique du davyum parait être intermédiaire entre 150 et 154.
Les solutions de davyum donnent, avec la potasse, un précipité jaune; avec l’hydrogène sulfuré, un précipité brun, qui est noir après des- | siccation, et qui est facilement attaque par les sulfures alcalins. Le sulfocyanate de potassium
DAWSONITE.
— 612 — DÉHYDRACÉTIQUE (ACIDE).
y produit une coloration ou un précipité rougo, suivant la concentration.
Le davyum ne parait donner qu’un seul chlorure stable. Ce dernier est cristailisable et déliquescent, très soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. Ce qui le caractérise surtout c’est de donner, avec les chlorures de potassium et d’ammonium, des sels doubles insolubles dans l’eau et très solubles dans l’alcool absolu; le chlorure double de davyum et de sodium est insoluble et dans l’eau et dans l’alcool; l’eau bouillante n’en dissout que 0,08 %.
Le sulfocyanate de davyum se dépose par le refroidissement de sa solution concentrée en cristaux rouges.
On obtient un cyanure double de davyum et de potassium en dissolvant le chlorure de davyum dans une solution de cyanure de potassium. Il cristallise en prismes.
Le spectre du davyum, observé en faisant volatiliser le métal entre les charbons d’une lampe électrique, présente une raie entre A et B, deux raies entre B et C, 3 entre C et D et entre D et E, deux entre E et F, et un plus grand nombre entre F et G et entre G et H. Ed. Willm.
DAWSONITE (Min.). — Hydrocarbonate d’aluminium et de sodium
Al2 O3, Na2 0, 2 C O2, 2 H2 O =] Al2 (C O3 Na)2 (O H)4.
Trouvé, au Canada, en petites masses rayonnées ou fibreuses, doublement réfringentes, d’un blanc nacré, transparentes, ou translucides, contenues dans les fissures d’un petrosilex gris formant dyke dans le trachyte de Montréal. La même substance en fibres beaucoup plus ténues, d’un blanc soyeux parfois jaunâtre, a été retrouvée à Pian Caslagnaio (Toscane) dans un grès jaune ou gris dolomitique.
Dureté, 3. Densité, 2,40.
Caractères. — Soluble avec effervescence dans l’acide chlorhydrique. Change à peine d’aspect au chalumeau et ne fond pas.
Forme cristalline. — Clinorhombique, d’après les caractères optiques.
DÉCACRYLIQUE (ACIDE). — Acide gras accompagnant la cérine (alcool pbellique de Siewert, t. II, p. 792), l’eulysine (voir plus loin), l’acide corticique et un tannin (Supp., p. 527), dans l’extrait alcoolique du liege (cet extrait forme 10 °/0 de l’écorce). Il se dépose de la solution alcoolique avec les dernières parties de cériue à l’état de masses jaunes amorphes; le liège en fournit 2,5 °/0. Soluble dans 1200 p. d’alcool froid et 52 p. d’alcool bouillant; fusible à 86°. Il renferme C10H18O2. Son sel potassique est peu soluble dans l’alcool.
eulysine. — Le liquide alcoolique qui a laissé déposer l’acide décacrylique fournit'après évaporation complète une masse solide d’où l’eau bouillante extrait l’acide corticique et le tannin, tandis que l’eulysine reste. Purifiée par un traitement à l’alcool, qui efl dissout un dixième, elle renferme C21 II36 O3; elle fond à 150° [M. Siewert, Jour», pralct. Chem-, t. CIV, p. 118].
DÉUARBUSNIQUE (ACIDE), Ci«H1605. — Acide résultant d’un dédoublement de l’acide usnique sous l’influence de l’alcool bouillant. Voir Usnique (aride), t. 111, p. 612.
DEHYDRACETIQUE (ACII>E)C8 H8 O4.— [Oppenheim et S. Pfaff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 935 et Bull. Soc. cliim.. t. XXVI, p. 35G; — OppenheimetPrecht, Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 323 et 1699 et Bull. Soc. chim.. t. XXVII, p. 299]. L’acide déhydracèlique se prépare avec facilité en faisant passer dans un tube en fer rempli de pierre ponce et chauffé au-dessous du rouge sombre des vapeurs d’éther acétylac«ltiquc. Le tube est en communication avec
différents condenseurs que l’on trouve à la fin de l’opération remplis d’une masse cristalline d’acide déhydracétique; on le purifie par cristallisation. On en obtient ainsi 23,5 % de l’éther acétylacétiqnc employé.
En dissolution concentrée, l’acide déhydracétique est coloré en jaune, ou en rouge orangé par le perchlorure de fer.
Son éther méthylique, C8 II7 O3 (OC II3;, obtenu par l’action de l’iodure de méthyle sur le sel d’argent, forme des prismes jaunes à quatre pans qui fondent à 91°.
L’ éther éthylique, C8 II7 O3 (OC2 H5), préparé d’une manière analogue, fond à 91", 6.
h’amide, C8H703(AzH2), se prépare aisément par l’évaporation d’une solution ammoniacale d’acide déhydracétique. On l’obtient en aiguilles cristallines réunies en boules. Elle fond à 208°, 5 et se sublime sans décomposition; ce phénomène commence déjà à 130". Elle se dissout aisément dans l’alcool, l’éther et l’eau chaude, peu dans l’eau froide, bien que sa solution dans l’eau chaude reste longtemps sursaturée après le refroidissement.
h’amide phénylée, C8 H7 O3 (Az H . C6 II5), s’obtient quand on chauffe l’acide avec de l’aniline, dont finalement on enlève l’excès par un acide étendu. Ce sont de fines aiguilles blanches, facilement solubles dans l’alcool et l’éther, fusibles à 115°, volatiles avec la vapeur d’eau et se décomposant quand on veut les distiller seules. Elle est soluble dans l’acide chlorhydrique étendu et donne un chloroplatinate instable. L’acide concentré la dédouble en aniline et en acide déhydracétique.
Soumis, en solution chloroformique, à l’action du chlore, l’acide déhydracétique fournit un dérivé monochloré en petits cristaux solubles dans l’alcool. Cet acide chlorodéhydracétique C8H7C1 0 fond à 93°. Le rendement est peu satisfaisant. Une action prolongée du chlore fournit un produit liquide.
On obtient de môme, par l’action du brome à 46°, un acide bromodéhydr acétique, C8H7Br04, en petits grains cristallins jaunâtres, fusibles à 134". Ici encore il se produit beaucoup de résine.
L’hydrogène naissant, produit par le zinc et l’acide chlorhydrique, enlève de l’oxygène à l’acide déhydracétique en solution alcoolique et donne un produit, fusible à 187° environ, qui ne colore pas le perchlorure de fer.
L’acide déhydracétique, humecté d’oxychlorure de phosphore, réagit vivement sur le pentachlorure de phosphore. Il faut employer 2 moléc. de ce dernier pour 1 moléc. d’acide. Le produit de la réaction, versé dans l’eau, abandonne une résine fortement colorée. Traitée par une lessive de soude étendue, celle-ci laisse à l’état insolublo une substance cristalline qui se dépose de sa solution alcoolique en aiguilles faiblement rougeâtres. Ce composé, qui fond à 101°, présente la composition d’un chlorure déhydracétique C8 II6 Cl2 O2.
Il ne bout pas sans décomposition, mais distille avec la vapeur d’eau et se décompose vers 206°, en présence de cet agent en repassant à l’état d’acide déhydracétique.
Les acides concentrés et chauds n’attaquent pas l’acide déhydracétique; tels sont les acides chlorhydrique, azotique et sulfurique, môme presque bouillant. Par contre, les alcalis le dédoublent aisément. Mêlée à un grand excès de lessive de soude et chauffée, sa solution écume fortement : il distille de l’acétone et il se forme de l’acétate et du carbonate de sodium, conformément à l’équation :
C8II804-f 3 II2 O = 2C2H40J + C02 + C3II«0.
DÉHYDROMUCIQUE (ACIDE). — 613 — DENSITÉ.
L’eau de baryte ou l’eau de chaux le décomposent, de même, par une chauffe de 8 heures à 160°. Il se produit pourtant, en outre, une petite quantité d’une substance qui possède les propriétés de l’orcine (soluble dans l’eau, l’éther, la benzine, saveur douce, coloration violet rouge par le perchlorure de fer, rouge pâle par l’ammoniaque et l’air). Il se pourrait, d’après ces réactions, que l’acide déhydracétique eût une constitution ana-
logue à la suivante :