ACÉTYLÈNE. — /|0 — ACÉTYLÈNE
varie avec la pression, par sauts brusques. Sous une pression de 0m,41 , il peut subsister 12 % d’acétylène; pour 0"',31, il reste 6,5 %; pour O"1, 23, 3,5, et pour 0m 10, 3,1 °/u.
MM. Arn. et Paul Thénard [Bull, de la Soc. chim , t. XXI, p. 251 1 ont étudié l’action de l’effluve électrique sur l’acétylène dans un appareil spécial ; il y a condensation et formation d’un peu de polymère liquide et d’un polymère solide. A l’air, le premier s’évapore et laisse une masse écailleuse amorphe. L’action de l’effluve a aussi été étudiée par de Wilde [Comp/. rend., t.LXXV, p. 118, et t. LXXVI1I, p. 218; Bull. Soc. cliim., t. XXI, p. 441] et par M. Berthelot [Bull, de la Soc. chim., t. XXVI, p. 98],
L’hydrogène peut être fixé en petite quantité sur l’acétylène : le produit principal de la réaction est semblable au corps solide signalé par MM. Thénard; ce corps, décomposé par la chaleur dans une atmosphère d’azote, a fourni du charbon et des gaz composés d’acétylène, de crotonylène, d’éthylène, d’éthane et d’hydrogène.
L’acétylène donne un spectre de lignes spécial quand on fait passer l’étincelle dans un tube où ce gaz est mêlé à l’hydrogène sous une faible pression [Berthelot et Richard, Compt. rend., t. LXX, p. 256, et Bull, de la Soc. chim.. t. XIII, p. 193J.
Action des oxydants. — L’acétylène abandonné pendant six mois en présence de l’oxygène et de la potasse donne de l’acide acétique; la même réaction s’accomplit plus rapidement quand le gaz est mis en dissolution dans l’eau, en présence d'acide chromique [Berthelot, Compt. rend., t.LXX, p. 256, et Bull, de la Soc. chim., t. XIII, p. 193, et t. XIV, p. 113].
La chaleur de combustion de l’acétylène a été déterminée indirectement sous l’influence du permanganate de potassium [Berthelot, Compt.
rend., t. LXXXII, p. 24], et par combustion directe [Thomsen, 1873, Deutsch. chem. Gesell., t. VI, p. 1533] la combustion complétée2 H2 -f- O5 fournit 562 110 calories, la combinaison de C2 avec H2 en absorbe 48 270.
Action des réducteurs. — L’effluve électrique détermine la fixation de l’hydrogène sur l’acétylène, mais en môme temps la polymérisation de ce dernier. L’acide iodhydrique saturé le transforme en vase clos et à chaud en éthane [Berthelot, Compt. rend., t. LXIV, p. 710 et 760.]
Action de l’azote. — Sous l’influence de l’étincelle électrique, l’acétylène se combine avec l’azote pour former de l’acide cyanhydrique ; cette combinaison se fait intégralement si l’on emploie un excès d’hydrogène et si l’on absorbe l'acide cyanhydrique par la potasse [Berthelot, Compt. rend., t. LXVII, p. 1141]. Il y a lieu d’admettre que la formation des cyanures aux dépens du carbone, de l’azote et du carbonate de potassium, sous l’influence delà chaleur, est précédée de celle d’un acétylénure de potassium (corps qui existe en effet.), lequel se combine avec l’azote comme le fait l’acétylène sous l’influence de l’étincelle.
Action de l’acide cyanhydrique. — Si l’on fait passer un mélange d’acétylène et d'acide cyanhydrique par un tube chauffé au rouge, il se forme de la pyridine [Ramsay, Compt. rend., t. LXXXIV, p. 614J
2 C2 H2 -j- CHAz = C5II8Az.
Action de l'ammoniaque. — Si l’on substitue, dans l’expérience précédente, l’ammoniaque à l’acide cyanhydrique, on obtient une petite quantité de pyrrol C’'H5Az (Ramsay).
Combinaisons métalliques. — L’acétylénure de cuivre réagissant sur l’iodure d’éthylène ne four-
nit pas de carbures liquides; on obtient seulement des gaz et un corps iodé cristallisable [Carstanjen et Schertel, Bull, de la Soc. chim., t. XVI, p. 278]. Dans une solution d’iodomercurate de potassium addilionnée de potasse, l’acétylène donne un précipité faiblement explosif de la formule C2IlIlgl-] HgO; on peut en régénérer l’acétylène par l’acide chlorhydrique [Basset, Bull, de la Soc. chim., t. XII, p. 270],
Action de l’acide sulfurique. — En traitant l’acétylène par l’acide sulfurique, M. Berthelot avait obtenu l’acide vinylsulfurique, qui, décomposé par l’eau, lui avait fourni l’hydrate d’acétylène ou alcool vinylique C2H3. OH. MM. Lagermark et Eltekoff f Bull, de la Soc. chim., t. XXVIII, p. 107 1 ont mis en doute ces résultats ; à la place de l’alcool vinylique, ils ont obtenu de l’aldéhyde crotonique, et ils admettent que ce corps se produit par polymérisation de l’aldéhyde ordinaire, qui se forme d’abord par hydratation de l’acétylène,
M. Berthelot [Bull, de la Soc. chim,, t. XXVII. p. 540] suppose que les auteurs précédents n’ont pas opéré dans les mêmes conditions que lui ; d’après lui, l’hydrate d’acétylène brut contiendrait deux corps, dont l’un n’est pas un alcool; l’autre, environ un dixième du produit, forme des éthers avec les acides acétique et benzoïque.
L’acétylène se combine facilement avec l’acide sulfurique fumant, et fournit un acide acélyléno-sulfurique, bien différent de l’acide vinylsulfurique, puisqu’il résiste à l’action de l’eau bouillante. Le sel de potassium de ce nouvel acide cristallise difficilement; fondu avec de la potasse, il fournit du phénol [Berthelot, Bull, de la Soc. chim., t. XI, p. 373].
Action du chlore. — Les chlorures d’acétylène s’obtiennent, d’après MM. Berthelot et Jungfleisch [Compt. rend., t. LXIX, p. 542, et Bull, de la Suc. chim., t. XIII, p. 16], par l’action du perchlorure d’antimoine sur l’acétylène. Il se forme un composé cristallin C2H2SbCls, que Ton décompose par l’eau ; les liquides chlorés sont rectifiés pour séparer le bichlorure du tétrachlorure; on obtient de préférence l’un ou l’autre, suivant qu’on a employé un excès d’acétylène ou de perchlorure d’antimoine.
Le dichlorure d’acétylène bout vers 55°; il s’altère lentement à l’air humide; chauffé en vase clos, il donne du charbon et de l’acide chlorhydrique. Avec la potasse alcoolique à 100°, il fournit de l’acide acétique [Berthelot, Compt. rend., t. LXIX, p. 567].
Le tétrachlorure d’acétylène bout à 147°; chautl’é envase clos à 300°, il donne de l’éthylène trichloré et de l’acide chlorhydrique. Maintenu à 360°, pendant 100 heures, il se transforme intégralement en benzine perchlorée et acide chlorhydrique. Avec la potasse alcoolique, il fournit une certaine quantité d’acide glycolique [Berthelot, loc. cit.\.
Action du brome. — L’acétylène absorbé par le brome pur recouvert d’une couche d’eau ne donne que du tétrabromure, corps liquide dont la densité à 21° est de 2,848 ; celle du bromure d’éthylène bibromé est de 2,88 à 22° (Reboul). On peut distiller ce perbromure en présence d’un courant de vapeur d’eau ; l’acide nitrique et l’acide sulfurique concentrés l’attaquent en dégageant du gaz chlorhydrique; chauffé à 190°, il donne du gaz chlorhydrique et de l’éthylène tribromé; cet éthylène tribromé est liquide et bout à 162-1 03°. Un éthylène tribromé, cristallisé et fondant à 175", se forme pendant la préparation ■ du tétrabromure : c’est un polymère du pre-1
ACIDES
AC II IL LÉ IN K. —ci-
mier. Le tétrabromure est attaqué par le sodium et donne de l’acétylène bromé, spontanément inflammable, de l’éthylène tribromé et de l’hydrogène [ SabanejefT, Licbiy's Ann , t.CLXXVIII, p. 109, et Bull, de la Soc. chim., t. XXV, p. 405]. Avec la potasse alcoolique, il fournit de l’acétylène et de l’acétylène bromé ; l’alcool ammoniacal donne de l’éthylène tribromé liquide, et l’acétate de potassium, de l’acétate d’éthyle, de l’acide acétique et de l’éthylène tribromé liquide. Si l’on traite le tétrabromure par le chlore, on obtient un composé de la formule C* Cl4 Br- [Bourgouin, Bull, de la Soc. chim., t. XXIII, p. 173]. Ce corps parait identique avec le bromure d’éthylène perchloré. Par l’action du brome sur le tétrabromure, on obtient le bromure C* H Br#, fusible à 56-57° ; la mesure des cristaux a permis d’identifier ce corps avec le bromure d’éthylène tribromé de M. Reboul. Enfin l’action prolongée du brome fournit le sesquibromure de carbone.
Le dibromure d'acétylène peut s’obtenir en petite quantité en traitant à 180" en vase clos le perbromure par l’argent ou le mercure. Il se produit aussi quand on fait passer de l’acétylène dans du brome étendu d’alcool; la condition de la production du dibromure parait être la dilution du réactif. Le procédé le plus commode, d’après M. Sabanejeff [Bull, de la Soc. chim., t. XXVII, p. 369], consiste à traiter le tétrabromure par le zinc ; ainsi préparé, le dibromure constitue un liquide incolore, bouillant à 106- 109°, dont la densité à 22°, 7 est de 2,2023.
J.-A. Le Bel.
AUHLLÉlNE, CS0H38AzïO15. — Ce principe amer découvert par Zanon dans le mille-fleurs se rencontre aussi en grande quantité dans l’extrait aqueux d’iva ( Achillea moschatu). Cet extrait est épuisé par l’alcool absolu, la solution est concentrée et additionnée d’eau : il se précipite une matière qui a reçu le nom de mosenétine. Le liquide filtré est agité avec de l’hydrate de plomb, filtré à nouveau, traité par l'hydrogène sulfuré et évaporé à siccité. Enfin le résidu est épuisé par l’alcool qui ne dissout que I’achilléine.
L’achilléine est une base, sa réaction est alcaline, et elle forme des sels avec les acides. Ni l’acétate ni lo sous-acétate de plomb ne la précipitent. L’acide sulfurique étendu et bouillant la dédouble en sucre, ammoniaque, principe volatil aromatique, et en achillétine. Celle-ci est une poudre brune, amorphe, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l'alcool, dépourvue de toute amertume; elle renfermerait C" H 17 Az O7 [A. de Planta-Reichenau, Ann. der Chem. il. Pharm., t. CLV, p. 145].
ACHILI.ETIXE. — Voyez Aciiilléine.
ACIDALBURIIXE. — Les chimistes allemands ont donné ce nom au produit de transformation de l’albumine par l’action des acides étendus ; ce produit est probablement identique avec la syntonine.
ACIDES. — On a montré dans le tome I de cet ouvrage (voyez Acides, Basicité) que les acides organiques étaient caractérisés par la présence du groupe carboxyle CO. OH, que leur basicité était égale au nombre de ces groupes contenus dans la molécule, leur atomicité étant égale au nombre total des groupes hydroxyles (OH); en sorte que l’atomicité d’un acide qui renferme
mCO.OII et nOU
est égale à m -f- n. Bien qu’en général il en soit effectivement ainsi, la fonction acide existe pourtant dans certains composés indépendamment de la présence du groupe carboxyle.
Le caractère plus ou moins acide d’un corps
hydrogéné provient, en effet, uniquement du caractère plus ou moins électronégatif des radicaux situés dans le voisinage de l’hydrogène. C’est ainsi que dans le groupe CH'" l’hydrogène peut prendre un caractère acide si une ou plusieurs des atomicités restantes du carbone sont satisfaites par des groupements très électronégatifs. Par exemple, les nitro, dinitro, trinitrométhane sont très acides. De même encore l’acide acétylacétique possède les propriétés d’un acide (très faible a la vérité), parce que les deux atomicités restantes d’un groupe CH2 sont satisfaites par deux groupes carbonyles