ACIER. — 42 — ACONIT
Il semblerait aussi que les radicaux polyatomiques, tels que O, S, etc., soient seuls propres à donner des acides ternaires de la première catégorie, puisque ce sont les seuls susceptibles de fournir des radicaux composés analogues à l’hydroxyle. Il n’en est pourtant rien, et les acides chlorés, fluorés, etc., méritent à cet égard une mention spéciale. Ils paraissent en effet offrir une constitution tout à fait analogue à celle des composés oxygénés. Ainsi les acides fluosilicique, chloroplatinique, chloroaurique, etc., correspondent à tous les points de vue aux acides silicique, platinique, aurique, etc. Il est très remarquable que dans cette circonstance Fl2, Cl2, etc., jouent le même rôle que O, S, etc. Toute la série des fluosels et des chlorosels nous offre la môme circonstance. On sait d’ailleurs que Marignac a démontré le remplacement isomorphique de O par Fl2 dans certaines combinaisons.
De ce qui précède il résulte donc que les corps hydrogénés des constitutions les plus différentes peuvent être des acides plus ou moins énergiques, suivant le caractère plus ou moins électronégatif du radical uni à l’hydrogène. La conséquence est qu’on ne saurait donner une définition exacte du caractère acide ; que ce caractère même, purement relatif d’ailleurs, ne correspond pas à une division naturelle, et que ce serait en vain qu’on chercherait une réaction qui, commune à tant de corps si différents, permît de les séparer nettement des substances prétendues neutres ou basiques. C’est ainsi qu’on aurait pu penser que, parmi les corps organiques, la présence du groupe carboxyle CO.OH entraîne toujours avec lui la propriété acide; il n’en est rien : l’acide diamidobenzoïque
C«fl3 (Az H2)2 CO2 II
est, grâce au caractère fortement électropositit des deux groupes AzH2, une base qu’on ne peut en aucune circonstance combiner, à la potasse par exemple. Par contre, certaines combinaisons à caractère alcoolique et aldéhydique, telles que le glucose, doivent à l’accumulation de l’oxygene dans leur molécule la propriété de se combiner aux bases. E. Demarçay.
ACIER. — Voyez métallurgie nu Feu.
ACOLYCTINE. — L’extrait sec d'Aconitum lycoctonum renferme cette base. Pour la préparer, on épuise l’extrait par l’acide sulfurique, on neutralise la solution sulfurique avec du carbonate de sodium, et l’on évapore à siccité. La masse sèche traitée par l’alcool cède à celui-ci deux matières, l’acolyctine et la lycoctonine. On les sépare en évaporant la solution alcoolique, et en reprenant le résidu par l’éther, qui dissout la lycoctonine, tandis que l’acolyctine reste. On la purifie par cristallisation, et on obtient alors à l’état d’une poudre blanche, soluble dans l’eau, l’alcool et le chloroforme. Elle possède une réaction alcaline et une saveur amère [Hübschmann, Jahresb. ftir Chem., 1866, p. 483]. Elle est peutêtre identique avec l’aconine (p. 43).
ACONELLINE (pour la préparation, voyez t. I, p. 61). — Cette hase, retirée de VAconitum napellus, est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther et le chloroforme. Elle cristallise facilement de sa solution alcoolique, qui dévie le plan de la lumière polarisée à gauche. Traitée par les acides sulfurique ou nitrique, elle se colore en rouge de sang. Elle forme des sels qui possèdent une réaction acide au tournesol, même s’ils contiennent un excès de base. Le chlorhydrate est cristallisable et fournit un chloroplatinate jaune [T. et H. Smith, Journ. de Pliarm. et de Chim. (4), t. I, p. 142]. Elle semble se confondre avec la picro-aconitine (p. 43).
ACONIXE. — Voyez Acoxitine, Suppl., p. 43.
ACONIQUE (ACIDE), C«II*OL - L’acide îtadibromopyrotaitiique, porté à l’ébullition avec un excès de carbonate de sodium, perd deux molécules d’acide bromhydrique et donne naissance à l’acide aconique (voyez 1. 1, p. 60).
L’acide aconique est soluble dans l’alcool et l’éther, et cristallise en belles aiguilles fusibles à 151°. Tous les sels de cet acide sont solubles dans l’eau; ils cristallisent facilement et se forment lorsqu’on traite des carbonates par une solution aqueuse d’acide aconique. L’acide aconique est monobasique.
Lorsqu’on chauffe l’acide aconique avec de l’eau de baryte, il se dédouble en acide formique et en acide succinique. En même temps il se formo une petite quantité d’un carbure d’hydrogène et un acide huileux (C5II6Os?).
Aconate de baryum, (C«H304)2Ba +• 2‘/2H20. — Il est en fines aiguilles, qui perdent leur eau a lo0°.
Aconale d’argent, C5H3Ag04. — La solution chaude de ce sel laisse déposer par le refroidissement des tables brillantes.
Aconate de cuivre, (CMFO^Cu -f 4 H2 O. — Il forme des prismes bleus très brillants.
Aconate de zinc, (CsIl304)2Zn -f- 8H20. — Ce sel cristallise en grands cristaux mesurables, qui fondent dans leur eau de cristallisation au-
dessous de 100°.
Aconate de méthyle, C5H3OLCH3. — On le prépare en décomposant l’aconate d’argent par l’iodure de méthyle. Il forme de longues aiguilles, fusibles à 85°, solubles dans l’alcool et l’éther.
F. Meilly admet pour l’acide aconique la formule de constitution
CII x C-CO