ACONITINE
ACONITINE. — ho —
A. Stoerkeanum, napellus, variegatum ). Cette proportion est la plus faible clans les tiges, plus lorte dans les feuilles, et encore plus forte dans les fleurs. Elle varie d’ailleurs avec le développement de la plante et s’accroît notablement jusqu’au moment de l’épanouissement complet des fleurs; c’est ainsi que des fleurs fraîches à peine ouvertes d’/l. Stoerkeanum ont donné 0,3118 % d’alcaloïdes, tandis que des fleurs complètement épanouies eu contenaient 0,7294 °/0 [Pliarm. Jour n. a Transact. (3), t. IV, p. CIO, 1 87 ij . Les alcaloïdes des aconits se trouvent probablement clans les plantes sous forme d’aconitates. A. Henninger.
ACONITINE. — Nous décrirons ici les trois alcaloïdes définis que l’on a retirés des aconits, savoir: l’aconitino et la picro-aconitine extraites de l’Aconitum napellus et la pseudo-aconitine, principe actif de 1 ’Aconitum ferox.
Aconitine, C33ll43AzOt2. — Cet alcaloïde a été obtenu à l’état cristallisé par Groves, et plus tard par Duquesnel, qui lui avait assigné la formule C27IP°Az010 [Th. -B. Groves, Pharm. Journ., t. VIII, p. 108; Bull, de la Soc. chim., t. VII, p. 539; — II. Duquesnel, Ann. de Chim. et de Pliys. (41, t. XXV, p. 151].
Les procèdes d’extraction décrits par ces chimistes ne fournissent pas un produit pur, et Wright y a substitué le suivant, qui présente du reste des analogies avec celui de Duquesnel.
La racine d’aconit napel est épuisée par l’alcool concentré contenant une petite proportion d'acide tartrique; la liqueur alcoolique est évaporée, et l’extrait est exposé à l’air dans des vases plats, pour éliminer totalement l’alcool. On le reprend ensuite par l’eau, on sépare par le filtre la résine précipitée, on enlève à la solution les dernières traces de résine en l’agitant avec de l’essence de pétrole, et l’on additionne .e liquide aqueux de carbonate de potassium en léger excès. L’aconitine se précipite à l’état impur; elle est reprise par l’éther, qui laisse une petite quantité de substance humique; la solution éthérée étant distillée, la base est transformée en tartrate, précipitée de la solution aqueuse de ce sel par le carbonate de sodium et dissoute une seconde fois dans l’éther. L’alcaloïde contient encore des corps amorphes dont on ne peut le débarrasser qu’en faisaut cristalliser son bromhydrate à plusieurs reprises. Finalement on le met en liberté par le carbonate de sodium et on le fait cristalliser dans l’éther, auquel on peut ajouter, avec avantage, de l’essence de pétrole. La liqueur aqueuse d’où l’aconitine brute a ôté séparée par le carbonate de potassium contient une base amorphe, différente de la picro-aconitine (apo-aconitine?),ct qui peut en être précipitée par l’iodo-mercurate de potassium; cette base est envisagée par Wright comme un produit d’altération de l’aconitinc [G.-H. Beckett et G. R. Aider Wright, Report Meet. Brit. Assoc., 1875, 2° part., p. 37; — C. R. Aider Wright, Journ. Chem. Soc. London, 1877, t. I, p. 143].
L’aconitine cristallise en tables anhydres, rhombiques, dont deux angles opposés sont souvent tronqués. Elle est très soluble dans l’alcool, 1 éther, la benzine et surtout le chloroforme, insoluble dans l’eau, la glycérine et le pétrole léger ou lourd. Précipitée de ses sels, elle constitue une poudre blanche légère, contenant de l’eau qui se dégagé a 10U°; elle commence à s’altérer vers Elle est lévogyre. Elle possède une saveur faiblement amere et produit sur la langue un picotement particulier (Duquesnel).
Laconitine possède une laible réaction alcaline et forme avec les acides des sels définis,
parmi lesquels le nitrate se distingue par la facilité avec laquelle il cristallise. Le chlorhydrate forme des prismes à base rhombe, terminés par des sommets dièdres; il contient 3 II2 O. Sa solution précipite en blanc jaunâtre par le chlorure platinique et en jaune par le chlorure d’or. Le chlorure mercurique y produit un précipité blanc caséeux. Le sulfocyanate de potassium, le tannin, l’iodo-mercurate de potassium, précipitent la solution en blanc; ce dernier réactif trouble encore des liqueurs ne contenant que 0,00005 % d’alcaloïde. L’iode précipite en brun.
L’aconitine se dissout à froid, sans coloration, dans l’acide nitrique; avec l’acide sulfurique, elle fournit un liquide jaune qui se colore rapidement en violet rouge; l’acide phosphorique très concentré la colore vers 85° en violet.
L’aconitine est instable; les acides étendus et chauds la transforment en apo-aconitine,
C*8H*> Az O11,
en lui faisant perdre une molécule d’eau; on emploie de préférence l’acide tartrique pour opérer nettement cette déshydratation. Lorsqu’on traite l’aconitine par les anhydrides acétique ou benzoïque, on obtient les dérivés acétiques de l’apoaconitine C33H10(C2H!!O)O11 ou le dérivé benzoïque C33 H40 (C7 H8 O) 0 1 1 ; ce dernier composé se forme aussi lorsque l’aconine (voir plus loin) est chauffée avec ae l’anbydride benzoïque.
Les alcalis dédoublent, à chaud, l’aconitine en acide benzoïque et en une nouvelle base, l 'aconine C«Il33AzOii :
C33IIMAz01! -f- H20 =C!6H33AzO‘i +C7il°0’-.
Les alcaloïdes décrits sous les noms de napelline et d’acolyctino ne sont probablement que de l’aconine impure.
S’appuyant sur ces faits, Wright et Luff attribuent à l’aconitine la formule suivante :
| O II
Cs8H33Az07 g|J
Elle constituerait l’éther monobenzoïque de l’aconine. L’apo-aconitine serait son anhydride. Nous retrouverons des relations analogues entre la pseudo-aconitine et sesdérivés [Aider Wright et Luff, Deulsch. chem. Gesellscli., t. XI, p. 1267, 1878].
Les réactions de l’aconitine sont sensibles; mais, pour caractériser avec certitude cet alcaloïde dans une expertise, il faut recourir à l’action physiologique. D’après Gréhant et Duquesnel, i’aconitine détruit la faculté motrice des nerfs en agissant sur leur terminaison périphérique : l’animal conserve la sensibilité tant que les nerfs moteurs permettent les mouvements réflexes. A petite dose, les propriétés physiologiques de l’aconit sont analogues à celles du curare.
Picro-aconitine, C31 H4SAz010. — Cet alcaloïde a été obtenu par Beckett et Wright ( loc . cit.) dans une préparation d’aconitine faite en grand sur 100 kilogrammes de racine d’aconit napel, préparation dans laquelle on avait employé de l’alcool acidulé par l’acide chlorhydrique. Vers la fin de l’extraction, ce véhicule n’enlevait que de faibles proportions d’aconitine cristallisable, mais de grandes quantités de picro-aconitine. C’est une poudrea morphe, très amère, qui ne paraît pas être toxique; ses sels cristallisent; le chlorhydrate renferme
C31H<8AzO10,HCl + 1 */2II20.
ACONITINE. — kh — ACON1TIQUE (ACIDE).
Los auteurs ne se prononcent pas sur la question ilo savoir si la picro-aconitine a préexisté dans l’échantillon de racine employé, ou bien si elle a été formée pendant le traitement.
PSEUDO - ACONITINE, Cs6H*BAz O12. C’est le
principe actif cristallisé de la racine d’.4conitum ferox, et il est identique, d’après Wright, avec un alcaloïde d’origine inconnue, qui pendant quelque temps a été livré au commerce sous le nom d’aconitine, mais qui en différait par ses propriétés et avait reçu de Wiggers le nom de napelline, de Ludwig celui d’acro-aconitine, et de Flückiger celui de pseudo-aconitine. Wright a adopté ce dernier nom. On peut l’extraire de la racine par un procédé analogue à celui décrit plus haut par l’aconitine. L’extrait commercial d ’Aconitum ferox (l’aconitine des droguistes) en contient de 00 à 80 °/„.
La pseudo-aconitine est cristallisable et fusible vers 104-105°. D’après Flückiger, elle est moins soluble que l’aconitine dans l’éther, le chloroforme, l’alcool; elle possède une saveur brûlante; l’acide phosphorique ne la colore pas [F.-A. Flückiger, Arch. der Pharm. (2), t. CXLI, p. 190; 1870]. La pseudo-aconitine est plus vénéneuse que l’aconitine. Son nitrate cristallise facilement. L’acide chlorhydrique étendu et chaud convertit la pseudo-aconitine en apopseudo-aconitine
C36H'*7AzO'i,
fusible à 102-103°.
L’acide ou l’anhydride acétique transforme à 100° la pseudo-aconitine en un dérivé acétique de l’apopsoudo-aconitine, C36H46(C2H30) AzO11. Ce dérivé est cristallin et fond vers 115°; il forme un nitrate et un chloraurate cristallins. Avec l’anhydride benzoïque, on obtient de même le corps benzoylé C30H4C(C7H5O) AzO11.
Lorsque la pseudo-aconitine est chauffée à 100° avec de la potasse alcoolique, elle se dédouble en acide diméthylprotocatéchique
et une base, la pseudo-aconine C27HMAz09 : C36H49Az012 + H2 O = C9H10O4 + C27ID>Az09.
Si l’on élève, dans cette réaction, la température vers 140°, la pseudo-aconine formée d’abord perd une molécule d’eau et se transforme en apopseudo-aconine C27H39Az03. Ces deux dernières bases sont incristailisables.
Comme l’aconitine, la pseudo-aconitine contiendrait, d’après Wright et Luff, 3 groupes d’hydroxyle et un reste d’acide aromatique. La formule