EAU OXYGÉNÉE. — 673 — EAU OXYGÉNÉE
métal aui se dépose au pôle négatif [Journ. chem. Soc., 1876, t. II, p. 152]. |
Les mêmes auteurs ont reconnu que 1 eau est décomposée lentement par un couple zinc-cuivre obtenu en recouvrant de cuivre des feuilles de zinc par immersion dans une solution de sulfate de cuivre. 11 se dégage de l’hydrogèno et il se forme de l’hydrate de zinc. La décomposition est lente. Avec une feuille de zinc de 2 i4 millimètres sur 5 centimètres, on obtient dans les premières vingt-quatre heures 1 17 centimètres cubes d'hydrogène; cette quantité diminue peu à peu jusqu’à ne plus être que de 10 à 12 centimètres cubes par vingt-quatre heures. Vers 100°, la décomposition C3t infiniment plus rapide qu’à la température ordinaire [Chem. News, t. XXV, p. 145, et t. XXVI, p. 1 09] .
L’aluminium, associé au platine, agit comme le couple zinc-cuivre [loc. cit., t. XXXII, p. 150].
Le platine décompose l’eau, avec dégagement d’hydrogène, en présence du cyanure de potassium; il se forme du platocyanure de potassium
4KCy + 211*0 -f Pt = PtCy4 K* + 2 K II O + H*
[Deville et Debray, Compt. rend., t. LXXXII, p. 241).
Ebullition de l'eau. — Le retard dans l’ébullition de l’eau s’observe très bien, d’après Tyndal, avec l’eau provenant de la fusion de la glace sous une couche d’huile. Cette eau est exempte do gaz et bout à une température bien supérieure à 100°. L’ébullition a lieu alors si brusquement que tout le liquide est projeté hors du vase. 11 est bon de recouvrir ce dernier d’une cloche pour faire l’opération sans danger [Bull. Soc. chim., t. XIX, p. ;1 14]. Ed. Willm.
EAU OXYGENEE. — Préparation. — Pour obtenir le peroxyde d’hydrogène pur, Thomsen recommande, comme l’avait déjà fait Weltzien, d’employer le peroxyde de baryum précipité.
A cet effet, on précipite l’eau oxygénée brute par l’eau de baryte, en ayant soin de fractionner la précipitation de manière à rejeter la première partie contenant les impuretés, telles que l’alumine et l’oxyde de fer. Le peroxyde de baryum précipité est facilement attaqué par l’acide sulfurique étendu et froid; on peut employer pour cela de l’acide étendu au cinquième. L’excès d’acide est ensuite précipité par la baryte [ Deutsch .
C. Hoffmann obtient une eau oxygénée faible en traitant par l’acide fluosilicique le peroxyde de potassium, tel que le fournit la calcination du potassium dans un courant d’air Mnn. Chem. Pharm., t. CXXXVI, p. 188].
Formation. — Les réactions oxydantes que possède l’acide sulfurique étendu qui a été soumis à l'électrolyse ne sont pas dues, comme on l’a admis jusqu’à présent, à du peroxyde d’hydrogène, mais bien, ainsique l’a montré Berthelot, à la présence de l’acide persulfurique f.lnn. Chim. Phys. (5), t. XIV, p. 354].
. Présence dans l air et dans les eaux mêtèo~ nques. — Cette présence avait été annoncée par bcnoenbein. Niée par Houzeau, elle a été au contian e affirmée de nouveau par H. Struve \Journ.
p' 50:iJ et Par Em- Schoene [Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. 3U2J. D’après blruve, la neige renferme plus de peroxyde d'hvdrogene que la grêle et que la pluie d’orage et celle-ci plus que les pluies ordinaires. Les résultats annoncés par Schoene sont différents. Il a constate dans la pluie des quantités de peroxyde d hydrogéné variant de 0raer,04 à 1"'v par litre suivant les conditions. La proportion est la plus faible dans les pluies tombant après une grande secheresse. Les pluies tombées avec les vents
Su PPL.
équatoriaux sont plus chargées d’eau oxygénée que celles qui sont amenées par les vents polaires. La proportion de peroxyde d’hydrogène va en diminuant depuis le solstice d’été jusqu’à l’équinoxe d’automne. La neige en contient moins que la pluie. La rosée et le givre naturels ne paraissent pas en contenir. Schoene pense que le peroxyde d’hydrogène se trouve dans l’atmosphère à l’état de vapeur, et que sa production est due à l’action de la lumière.
Action sur les métaux. — L’or, l’argent, le platine attaquent l’eau oxygénée avec un dégagement plus ou moins vif d’oxygène. L’attaque est énergique si la liqueur est alcaline ; elle l’est moins avec une liqueur neutre. Enfin, si la liqueur est acide, le dégagement d’oxygène est lent. Dans le premier cas, l’oxyde métallique formé, étant instable, se décompose instantanément. Dans le dernier cas, il se combine avec l’acide. Il s’ensuit que l’eau oxygénée en solution acide est un dissolvant des métaux : ainsi, l’argent se dissout dans l’acide sulfurique au dixième additionné d’une solution d’eau oxygénée à 20 °/0. Un mélange d’acide chlorhydrique et d’eau oxygénée dissout l’or et le platine. Le mercure et le cuivre se dissolvent de même [Fairley, Journ. Chem. Soc., 1877, p. 1],
Action des halogènes. — Le chlore, le brome, l’iode décomposent l’eau oxygénée en mettant l'oxygène en liberté. L’ozone agit de même. Cette décomposition s’accomplit plus facilement que celle de l’eau. L’hydrogène paraît donc retenu moins énergiquement par O* que par O; et c’est à celte affinité relativement faible qu’il faut, suivant Weltzien, attribuer le pouvoir réducteurdu peroxyde d’hydrogène. Avec cette interprétation, tout l’oxygène mis en liberté proviendrait du peroxyde; c’est ce qu’expriment les équations suivantes :
Ag* [O + H*]0*=Ag* + H* O + O»,
2 KMnO*[0* -f 4H*]0* = 2KHO + Mn*II6 0’ -f 4 0*.
Cette opinion, on le voit, est l’opposé de celle de Schoenbein et de Brodie, qui fait résider le pouvoir réducteur de l’eau oxygénée dans l'affinité de l’oxygène de cette dernière pour l’oxygène des corps en présence. Les expériences de Schoene [Liebig’s Ann., t. CXCVI, p. 239] ont confirmé les vues de Weltzien à cet égard.
Action des oxydes. — Cette action a fait l’objet d’une étude approfondie de la part de Em. Schoene [Liebig’s Ann. Chem., t. CXCII, p. 257, et CXCII I, p. 241]. En voici les résultats essentiels :
Les oxydes alcali no-terreux donnent naissance à l’hydrate de peroxyde M" O2 -f-a;H*0. Alais la formation de ce composé est précédée de celle d’une combinaison de peroxyde alcalino-terreux et de peroxyde d’hydrogène. Le composé
BaO*. II* O*,
par exemple, se produit lorsqu’on ajoute de l'ammoniaque à une solution de peroxyde d’hydrogène renfermant du chlorure de baryum. C’est une poudre cristalline composée de prismes clinorhombiques microscopiques, offrant les faces m et p. Elle est extrêmement altérable et se dédouble au-dessus de 0° en hydrate de peroxyde
BaO*.II* O
et oxygène; cette décomposition se manifeste par l’opacité que prennent les cristaux.
La soude agit sur le peroxyde d’hydrogène en produisant un mélange des composés
et
Na* O*. 8 II* O Na* O*. 211*0*.