‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 498 sur 589 · ESSENCES. — 683 — ESSENCES (INDUSTRIE · texte numérisé non relu

ESSENCES. — 683 — ESSENCES (INDUSTRIE

\° Un nitrile bouillant à 253°, 5, C2II°Az, que la potasse alcoolique dédouble en ammoniaque et acide phénylpropionique C9II10O2, identique avec l’acide homotoluique do Erlenmeyer.

2° Un hydrocarbure cristallisant en beaux dodécaèdres, qui n’a pas été étudié Jllofmann, Deutsch. chem. Gesellscli., 1874, p. 520].

Essence de cajeput. — La distillation fractionnée de cette essence permet d'en isoler une huile bouillant à 176-179° et ayant pour composition C10H,8O,l ecajeputol (t. I, p. 699). Ellese combine avec 2 atomes de brome, en donnant le bromure C10 H18 O Br2, que la chaleur dédouble en H Br et cymène.

Lecajeputol traité par P2 S5 don ne un mélangé de terpène et de cymène [A. Wright, Chem. News, t. XXIX, p. 183 et Bull. Soc. chim., t. XXII, p. 397J.

L’essence de niaouli est identique avec l’essence de cajeput (Robinet).

Essence d'eucalyptus. — Voyez Eucalyptus.

Essence de géranium. — L’essence de géranium est formée en majeure partie d’une huile Cio iiiso bouillant à 232-233°, nommée gêraniol. C’est un liquide incolore, très réfringent, sans action sur la lumière polarisée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther. Son odeur, qui rappelle celle de la rose, le fait employer en très grande quantité en parfumerie où l’on la vend sous le nom d 'essence de roses indienne.

Le gêraniol ne se solidifie pas à — 15°; il s’altère lentement à l’air. Il se combine avec le chlorure de calcium eu donnant des cristaux

2 Ci» 1118 0 + CaCl2,

décomposables par l’eau et la chaleur.

La potasse fondante, le permanganate ou l’acide chromique donnent avec le gêraniol de l’acide valèrianique et de l’acide succinique. Le gêraniol, traité par les acides, donne naissance à des éthers : le chlorure, C.IIJ II17 CI, se forme par l’action de l’acide chlorhydrique gazeux sur le gêraniol; c’est un liquide juunùtre, sans action sur la lumière polarisée, se décomposant par la distillât ion.

L'iudure, le bromure de gêraniol prennent naissance par l'action, à froid, de l’iodure ou du bromure de potassium sur une solution alcoolique de l’éther chlorhydrique. On prépare de même le cyanure, le benzoaie, etc. Ce sont des liquides oléagineux, se décomposant à la distillation et par la plupart des réactifs.

L’éther du gêraniol, Cao H81 0, se forme lorsqu’on chauffe le chlorure de gêraniol avec 3 ou 4 fois son poids d’eau ou de la potasse alcoolique; c’est un liquide incolore, plus léger que l’eau, d’une odeur de menthe, bouillant à 187-196°.

Traité par le chlorure de zinc, le gêraniol perd de l’eau et donne un hydrocarbure liquide, le géianiène C10 II l#. Il bout à 162-164", est sans action sur la lumière, polarisée, et donne un chlorhydrate liquide [0. Jacobsen, Ann. Chem.

Pharm., t. CLVII, p. 232].

Essence d’iva. — On obtient ce produit en distillant les tiges et les feuilles de VAchillea moscliata. C’est un liquide vert-bleuàtre, d’une odeur et d’une saveur rappelant celle de la menthe. Sa densité à 15° = 0,9346. Elle distille entre 180 et 210’, en laissant un résidu résineux soluble dans l’éther.

La partie qui distille entre 180-190“ a pour formulcC1" H‘0O2. Elle possède une saveur chaude et amôre (Planta Reichenau, Ann. Chem. Pharm. t. CLV, p. 145].

Essence de muscade. — Gladstone admettait que l’essence de muscade est formée d’un hydrocarbure (myristicène) C10H '; et d’un composé

oxygéné Cl0Hl4O (myristicol) [Gladstone, Journ. dietn. Soc., (2), t. X, p. 1].

Wright a pu en extraire par distillation :

1° 70 °/0 d’un hydrocarbure C10H16 bouillant à 163-161°.

2“ 15 °/0 d’un mélange d’un hydrocarbure bouillant à 175-179° et d’un peu de cymène.

3° Un composé Cl0H16O bouillant à 212-218°.

4° Un liquide nC10IIisO2 (?) bouillant de 260- 290°.

5° 2 “/„ environ d’une résine [A. Wright, Chem. News, t. XXVII, p. 82].

Essence de niaouli. — Elle est obtenue par la distillation des feuilles du niaouli, qui est l’arbre le plus répandu à la Nouvelle-Calédonie, et qui se confond très probablement avec le Melaleuca leucodendron ; ce dernier fournit l’essence de cajeput. Aussi, d’après les travaux de G. Robinet, l’essence de niaouli est-elle chimiquement identique avec celle de cajeput [Thèse de l’École de Pharmacie de Paris, 1874].

Essence de panais. — L’essence obtenue par distillation des graines du Pastinacasativa est un liquide incolore neutre; sa densité à 17°, 5 = 0,8672. La majeure partie distille entre 2 14- 245° et constitue du butyrate d’octyle C,s H14 O2 [Renesse, Ann. Chem. Pharm., t. CLXVI, p. 8(U.

Essence de peupliek. — Les bourgeons de peuplier fournissent une huile essentielle distillable avec la vapeur d’eau et bouillant à 260-261° d = 0,9002. Elle a pour formule nCIBli16.

Essence ü’iiëracleum spondylium. — On a vu (t. I, p. 1279) que cette essence est formée surtout d’acétate d’octyle. Elle renferme en outre des butyrates d’éthyle et d’hexyle et les éthers octyliqucs normaux des acidescaproïque,caprique et laurique. L’essence n’est abondante que dans les fruits très mûrs et conservés longtemps au contact de l’air [W. Mœslinger, Deutsch. chem. Gesellscli., 1876, p. 998].

Essence de persil. — L’essence de persil contient, comme l’ont indiqué Lœwig et Weidmann, un corps oxygéné crislallisable et un terpène bouillant vers 160°. Ce terpène possède une forte odeur do persil. Sa densité à 12° = 0,865. Son pouvoir rotatoire [a] j — 30°, 8. L’acide chlorhydrique le transforme difficilement en un chlorhydrate solide fusible à 115-116°. Traité par l’iode, il donne de l’acide iodhydrique et du cymène [Von Gerichten, Deutsch. chem. Gesellscli., 1876,

Essence de roe. — Voyez t. II, p. 1376.

M. Ilanriot.

ESSENCES (INDUSTRIE).— L’extraction des essences et des parfums constitue, pour la partie sud-est de la France et l’Algérie, une industrie très importante, puisqu’elle se chiffre annuellement par la somme de 37 millions de francs, dont 17 millions pour l’exportation.

Cette industrie nous a été transmise à travers les siècles sans modifications notables. Tels qu’étaient dans l’Inde ou chez les Arabes les modes d’extraction des essences, la préparation des eaux ou des huiles de senteurs, tels nous les pratiquons aujourd’hui.

N’est-il pas curieux de retrouver dans les écrits anciens la description textuelle des principes servant de bases aux procédés employés couramment dans la parfumerie? Les découvertes de la mécanique ontseules aidé au perfectionnement de l’outillage et, par suite, conduit à une fabrication plus économique. Il faut bien l’avouer, l’art du parfumeur se traîne péniblement dans la routiue. Les efforts des praticiens ont porté, non sur l’extraction des parfums si riches et si variés que nous offre la nature, mais sur la composition des mélanges de parfums, qui exercent en ce moment toute l’habileté du parfumeur.

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