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ESSENCES (INDUSTRIE

L’extraction des essences et des parfums ayant été décrite au t. I, p. 1273, nous ne reviendrons sur ces méthodes que pour en montrer toutes les défectuosités et marquer le progrès accompli depuis Millon jusqu’à ces deux dernières années.

Les essences et les parfums s’obtiennent par la distillation à la vapeur d’eau, l’enfleurage à chaud ou à froid, et l’expression.

Distillation d la vapeur d'eau. — On peut adresser à ce procédé deux reproches graves : la destruction d’une partie du parfum occasionnée par la haute température à laquelle on est obligé d’avoir recours, et la modification profonde subie par la portion du parfum non détruite, au contact delà vapeur d’eau à 101)“.

Il est de fait que les essences obtenues par ce procédé primitif ne représentent jamais le parfum dans toute sa suavité. Inévitablement un pareil produit possède toujours une odeur de cuit, que les parfumeurs et les distillateurs traduisent par l’expression de goût d’alambic.

D'un autre côté, la quantité de parfum détruite par la vapeurd’ eau peut s’élever dans certains cas à 50 °/„.

Enfleurage à chaud. — Ce procédé, qui consiste à charger de parfums des corps gras fixes, présente les mêmes inconvénients que ceux énumérés pour la distillation à la vapeur d’eau.

Enfleurage à froid. — L’inconvénient principal de ce mode opératoire vient de ce que la graisse, sous l’influence de la fermentation partielle des fleurs et de la haute température du climat où se font ces opérations, rancit de manière à altérer sérieusement la pureté du parfum.

D’autre part, le matériel mis en œuvre est assez important pour atteindre dans certaines usines plusieurs centaines de mille francs.

Enfleurage à froid par l'huile. — L’enfleurage à froid se fait en imprégnant d’huile des toiles de coton sur lesquelles on jette les fleurs (oranger ou jasmin), que l’on renouvelle tous les jours. Ce dernier mode a en outre le désavantage de laisser perdre au moins 50 °/„ du parfum, car la fleur, même après un séjour de 24 heures sur la graisse ou l’huile, n’est jamais épuisée.

Ainsi, que l’enfleurage se fasse à chaud ou à froid, les parfums sont altérés, gardent un goût de rance et sont détruits ou perdus en partie.

Expression. — De tous les systèmes actuellement employés, l’expression représente, sans contredit, le meilleur. Malheureusement, ce procédé ne s’adresse qu’à une classe restreinte d’essences: celles de citron, de bergamote, d’orange, de cédrat, de limette. Les produits tirés de l’écorce de ces Hespéridées ont une suavité incomparablement supérieure à celle des essences obtenues par distillation.

Premier essai par l’éther. — Les choses en étaient là, lorsque en 1835 Robiquet décrivit un mode d’extraction du délicat parfum de la jonquille par l’éther [Joum. de Pharm. t. XXI, p. 335). Aucune tentative industrielle ne fut faite dans ce sens.

En 1850, Millon, chef du Laboratoire central de Chimie à Alger, dans un remarquable mémoire sur la nature du parfum des fleurs et sur quelques fleurs cultivables en Algérie [Joum. Pharm. t. XXX, p. 281 et 407). fit mention d’une série d’expériences visant l’emploi pratique des dissolvants en général, à l’effet d’extraire industriellement le parfum des fleurs. Ces dissolvants étaient le chloroforme, le sulfure do carbone, l’éther, l’alcool méthylique, la benzine, l’alcool vinique, etc.; mais il donne nettement la préférence à l’éther.

Son collaborateur Ferrand prit, pour cet objet, un brevet, n“ 22,404, le 17 janvier 1855. Il ne nous

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