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ESSENCES (INDUSTRIE

; parait pas que Millon et Ferrand aient eu conl naissance de l’expérience de Robiquet, faite vingt ans auparavant. Quoi qu’il en soit, les résultats annoncés par Millon étaient importants, et des essais en grand furent tentés; on dut néanmoins abandonner bientôt ce nouveau procédé, pour plusieurs raisons:

1° A cause du danger réel de manier d’énormes quantités d’éther eu vases ouverts.

2“ Parla perteconsidérabledu dissolvantsubieà chaque opération et à cause de l’impossibilité de pouvoir chasser les dernières traces de solvant retenues par le parfum. Déjà eu 1857 le docteur Quesneville avait annoncé, dans son Moniteur scientifique (p. 2(5), la médiocre valeur pratique du procédé.

Depuis, de nouvelles tentatives ont été faites, mais la méthode des solvants ne s’est pas généralisée, pour les raisons indiquées plus haut. Parmi les brevets ayant trait à l’application des dissolvants aux parfums, nous citerons :

G. Ville, n° 47,285 (1860), chlorofurme;

Egrot, n" 61,274 (1863), chloroforme;

Ilirtzel, n° 61,486 (1864), pétroles légers.

Aucune de ces modifications de la méthode de Millon n'a pu subir l’épreuve de la pratique.

Le rapport officiel de l’Exposition de 1867 montre qu’à cette époque la question des solvants n’était pas résolue et qu'on n’avait découvert aucun mode nouveau d’extraction des parfums (p. 408). A l’exposition de 1878, le rapporteur annonce, comme perfectionnement digne d’ôtre noté, la substitution de la vapeur au feu nu dans le chauffage des appareils (p. 112); on ne parle point de l’emploi des dissolvants volatils.

Il est cependant juste de citer les efforts persévérants de Piver pour remplacer l’enfleurage ordinaire par ce qu’il appelle la Méthode pneumatique [voyez t. I, p. 1215 et brevet Piver, n° 41,090, 1859).

Appareil de M. L. Naudin. — En 1879, Laurent Naudin eut l’idée de reprendre les expériences de Millon et chercha à écarter les causes d’insuccès du principe fécond découvert, il y a vingt-quatre ans, par ce savant distingué. Naudin imagina alors l'appareil suivant (fig. 48), basé sur la distillation des solvants en vases clos, dans le vide et à très basse température.

Les fleurs, feuilles, etc., sont introduites dans le digesteurAet déposées dans un panier indiqué en U. Le joint étant fait, ou obtient le vide en ouvrant le robinet t. Par l’effet seul du vide, on fait monter du récepteur R par le tube nul une quantité de solvant déterminée à l’avance par un trait marqué sur le regard en verre. Après avoir laissé les matières en contact avec le solvant pendant un temps qui n’excède pas un quart d’heure, on fait passer, par le tube GH, le liquide du vase A dans le vase B dans lequel on a préalablement fait le vide.

L’eau provenant des fleurs est décantée dans un récipient spécial par le tube I. Un regard en verre E' permet de séparer nettement les deux couches liquides. On laisse alors écouler par le tube E le dissolvant chargé de parfum dans l’évaporateur C.

On ferme la communication entre B et C et on l'établit entre C et le frigorifère F, puis on fait le vide.

Le réfrigérant F est refroidi énergiquement par un des procédés connus : ammoniaque, acide sullureux ou chlorure de méthyle. Pendant le cours de la distillation, la température de l’évaporateur est maintenue au degré de celle de l'atmosphère ambiante; à cet effel, on restitue, au moyen d’un courant d’eau ordinaire dans la chemise en tôle, la chaleur latente empruntée au solvant liquide par sa transformation en vapeurs. Tout le solvant distille rapidement de G

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