ESSENCES (INDUSTRIE). — 688 — ÉTAIN
5° Condensation des parfums sous un volume très petit, et sous une forme indéfiniment conservable comme l’a fait remarquer Millon et comme l’a vérifié, depuis plusieurs années, L. IXaudin;
6° Plus-value de 100 pour 100 sur les rendements de presque tous les parfums;
7° Emploi de liquides extrêmement volatils, parmi lesquels on peut citer:
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Le chlorure d'éthyle . . 9°
Le chlorure de méthyle. — 23'»
Extraction successive des matières sapides et odorantes d’un produit alimentaire. — L'extraction des odeurs et des parfums se complique si l’on agit sur des produits alimentaires, comme le café, le thé ou le cacao. En effet, l’extrait complet renferme non seulement i’arome, mais encore la partie sapide et la couleur.
Dans ce cas spécial, la machine à circulus dans le vide de L. Naudin peut servir sans qu’on ait rien à modifier à sou agencement.
On traite alors la matière alimentaire par des dissolvants appropriés dans un ordre raisonné, et l’on opère toujours la distillation à basse température.
C’est ainsi que, pour le café, la graine torréfiée et moulue mise au contact de l’éther, puis de l’alcool et de l’eau, cède à chacun de ces solvants l’arome, la partie sapide et la couleur, qui réunis ensemble, après distillation du solvant, forment un extrait reproduisant fidèlement l’odeur et la saveur de la solution aqueuse de café qu’on a l’habitude de préparer dans la vie domestique (Brevets Naudin et Schneider, n05 130,127 et 145,657).
Nature chimique des parfums. — Il est un point important sur lequel nous dirons quelques mots : nous voulons parler de la nature chimique des parfums, qu'on ne doit pas confondre avec ces essences. A cet égard, voici comment s’exprime Millon dans son mémoire sur la nature des parfums.
« Le parfum des fleurs est un principe fixe ou rarement volatil, inaltérable ou peu altérable à l’air et dont la fleur ne renferme que des traces impondérables. Il est décomposable par la chaleur dès qu’on excède les limites de température de l’aimosphère; il est presque toujours soluble sans décomposition apparente dans l’alcool, dans l’éther, dans les corps gras et dans un grand nombre de liquides, tels que le sulfure de carbone, le chloroforme, la benzine, elc. Le parfum est presque indéfiniment diffusible dans l’air, c’està-dire qu’il s’y répand et y dénote sa présence par une odeur suave, sans que son poids en soit all'ecté d’une manière sensible à nos méthodes actuelles d’appréciation. Il est également diffusible dans l’eau, et en versant quelques gouttes de solution alcoolique dans l’eau celle-ci s’aromatise admirablement. »
Des expériences inédites de L. Naudin montrent qu’en général les essences ne sont que le véhicule du parfum. Si l’on fait bouillir, en effet, pendant quelque temps, les essences de citron, de bergamote, d’orange, de limette, de cédrat avec des traces de soude caustique, l'odeur spéciale à chaque essence disparait pour faire place à une odeur commune qui rappelle celle de l’essence de térébenthine.
Cette expérience très simple tendrait à confirmer l’opinion de Millon. Cependant on ne doit
point se hâter de généraliser ces distinctions entre le parfum et l’essence; car il est des cas où l’odeur propre à une essence ne provient pas d’un parfum tel que l’entend Millon. On pourrait citer l’essence de wintergreen ou salicylate de méthyle. La même observation peut être faite sur les essences à fonctions d’éther, de phénol ou d’alcool.
Quoi qu’il en soit, la méthode d’extraction des parfums par les solvants volatils mettra à la portée du chimiste des corps inaltérés, tels qu’ils existent dans le végétal, et sur la nature chimique desquels tout est à faire.
Nous ajouterons, pour terminer, que lorsque ce nouveau procédé sera résolument entré dans le domaine de la pratique, la thérapeutique trouvera probablement, dans les parfums purs, une source nouvelle de recherches et peut-être découvrira-t-on le moyen de les appliquer comme médicaments. Laurent Naudin.
É TAIN. — L’étain subit, sous l’influence du froid, une modification particulière qui a été signalée par Eritzsche \Compt. rend., t. LXVII, p. 11(16]. Des blocs d’étain de Banca, exposés aux froids rigoureux de 1867 à 1868 à Saint-Pétersbourg, avaient pris un aspect boursouflé et une structure prismatique; certaines portions s’étaient même réduites en une poudre cristalline. Ils présentaient des cavités à surface brillante, tandis que les parties cristallines étaient mates. Ayant exposé de l’étain au froid artificiel (vers — 40°, ou même à quelques degrés au-dessous de0°), Fritzsche a observe des phénomènes analogues.
Il est à remarquer que ces phénomènes ne se produisent qu’avec l’étain à peu près pur. D’après Oudemans, des chocs réitérés activent cette transformation; des blocs d’étain expédiés par chemin de fer de Rotterdam à Moscou, en hiver, arrivèrent à destination réduits en petits cristaux gris. Cet étain ne renfermait que 0,30 70 de matières étrangères [Institut, 1872, p. 1421.
C. llammelsberg a comparé la densité de l’étain dans diverses circonstances. L’étain, déposé par voie galvanique, est on cristaux quadratiques qui ont pour densité 7,178 (11. Miller), 7,143- 7,166 (llammelsberg); après la fusion, la densité remonte à 7,203. L’étain, cristallisé sous l’influence du froid, a montré une densité do 7,195 et de 7,310 en fusion. Ce changement commence déjà à s’effectuer dans l'eau bouillante. Ces différences sont attribuées par liammelsberg au dimorphisme de l’étain Weulscli.chem. Gesellsch., 1870, p. 724]. Levvald admet que la rupture des blocs d’ètain par le froid est provoquée par la dilatation des couches extérieures sous l’influence d’un froid brusque [Dingl. polyt. Journ., t. CXCVI, p. 369].
On obtient de l’étain en longues agrégations cristallines par l’électrolyse du chlorure stanneux, en adoptant la disposition suivante, recommandée par Stolba. On remplit jusqu'au bord, d’une solution légèrement acide et peu concentrée de chlorure stanneux, une capsule de platine enduite extérieurement de paraffine, sauf le fond, qu’on fait reposer sur une lame de zinc amalgamé, dans une capsule de porcelaine, et l’on remplit celle-ci d’eau additionnée de 1/20 d’acide chlorhydrique jusqu’au bord de la capsule de platine, de manière que les surfaces liquides se confondent. Il s’établit un faible courant qui décompose lentement le chlorure stanneux [Chem. Centralbl., t. V, p. 130].
Erdmann avait déjà signalé en 1875 une modification grise de l’étain. A. Schertel a retrouvé cette modification dans d’anciennes médailles et bagues emmurées depuis plusieurs siècles dans