‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 573 sur 589 · FERMENTATION DU GLYCÉRATE DE CALCIUM · texte numérisé non relu

FERMENTATION DU GLYCÉRATE DE CALCIUM

De la bouse de vache ou de l’eau de lavage du foin non bouillie donnent lieu au développement de plusieurs microbes dans un milieu contenant du glycérate calcique; on remarque surtout un micrococcus sphérique et un autre en cellules allongées et réunies en chapelets. L’acide acétique est le produit principal

il est accompagné de traces d’acide formique et succinique et d’une petite quantité d’alcool éthylique [A. Fitz, Deutsch. chem. Gesellsèli., 1879, p. 474].

FERMENTATION DU MALATE DE CALCIUM. — Plusieurs microbes peuvent entrer en action.

1° Dacille succinique. — Morphologiquement, il se confond avec le bacille éthylique de Fitz, mais il n’est pas identique avec lui. Ce bacille succinique se présente en petites baguettes ténues, réunies quelquefois par couples. La fermentation qu'il détermine est très active et se termine en 5 jours; elle s’accomplit d’après l’équation

qui a été vérifiée par le dosage des acides formés. Il se produit en outre une trace d’alcool éthylique.

2° Microbe butyrique. — Quelquefois dans la fermentation précédente on voit apparaître de l’hydrogène libre et l’on obtient surtout de l’acide butyrique. Le microbe est encore inconnu.

3° Bacille propionique. — Ce ferment est un bacille court qui, pour 536r,6 d’acide malique détruit, fournit 18 grammes d’acide propionique, 6 grammes d’acide acétique et une trace d’acide succinique et d’alcool, probablement d’après l’équation

3 C4 H« O3 = 2 C3 H3 O* + C2 H4 02-F 4 C O2 + IIsO.

Ce même microbe se montre sans action sur le succinate de calcium [ Deutsch . chem. Gesellsch., 1878, p. I89G, et 1879, p. 481].

fermentation de l’asparagine. — Ce phénomène, observé déjà par Piria, est provoqué par un microbe du genre bactérium très répandu

dans l’eau ordinaire, et auquel M. Miquel a donné le nom de bactérie commune. C’est un organisme mobile, formé d’un, de deux, ou rarement d’un nombre plus grand d’articles. Ces articles renflés à leurs extrémités mesurent environ lp.,5 sur une largeur de Op.,5. Une température de 48-49° maintenue pendant 2 heures tue la bactérie commune et ses germes en présence d’eau.

Elle se développe bien dans une solution d’asparagine contenant les sels nutritifs et chauffée à 30-36° ; mais, pour prospérer, elle a besoin d’oxygène : aussi faut-il avoir soin de faire traverser les vases par un courant lent et continu d’air filtré. Dans ces conditions, 8 à 10 jours après l’ensemencement de ce ferment, la totalité de l’asparagine a disparu et l’on trouve à sa place un peu de carbonate d’ammonium, du succinatc ammonique et une substance mucilagineuse; il s’est dégagé, en outre, une quantité de gaz carbonique correspondant à la moitié du carbone de l’asparagine employée [P. Miquel, Bull. Soc. chim., t. XXXI, p. 101].

FERMENTATION DE L’ACIDE TARTRIQUE. — Les milieux contenant des tartrates exposés à l’air ne tardent pas à se remplir de microbes ; la nature de ceux-ci varie avec la base qui sature l’acide.

Tarthate ammonique. — One solution contenant 1 °lo d’acide tartrique neutralisé par l’ammoniaque et une petite quantité de sels nutritifs entre en fermentation à l’air et se remplit d’un microbe très semblable au Bactenum termo. Ce ferment peut ensuite attaquer le tartrate ammonique en solution cinq fois plus concentrée et en achever le dédoublement en 6 à 8 semaines à une température de 25 à 30°. Les produits principaux sont les acides carbonique, succinique et acétique; ce dernier était toujours accompagné d’une certaine quantité d’acide formique; on a obtenu pour 2 kilogrammes d’acide tartrique un peu plus de 500 grammes d’acide succinique; l’équation

3 C4 H6 0«= C4H60'*-]-2C2H402-(-4 CO2 -j- 2I120

en indiquerait 524 grammes [F. Kônig, Deutsch. chem. Gesellsch., 1881, p. 211; 1882, p. 172J.

Tartrate calcique. — 1° M. Pasteur a décrit très complètement les phénomènes de la fermentation de ce sel sous l’influence d’un bacille qui se montre spontanément dans un milieu composé de 2 litres 1/2 d’eau, 100 grammes do tartrate calcique pur, 1 gramme de phosphate ammonique, 1 gramme de phosphate magnésien, 0sr,5 de phosphate de potassium et 0sr,5 de sulfate d’ammonium. Ce bacille, qui vit à l’abri du contact de l’air dans le dépôt de tartrate calcique, constitue un exemple frappant d’être anaérobie. Les produits qu’il engendre n’ont été étudiés qu’accessoirement par M. Pasteur, qui a trouvé les acides acétique et propionique formés d’après l’équation

[Pasteur, Études sur la bière, p. 274 et suiv.].

2° Un milieu contenant du tartrate calcique étant ensemencé avec de la bouse de vache, on voit se développer plusieurs microbes, parmi lesquels un micrococcus ovale et un autre rond, comme dans la fermentation du glycérate de calcium; vers la fin apparaissent un bacillus et un bactérium; à aucun moment M. Fitz n’a observé l’organisme décrit et dessiné par M. Pasteur comme l’agent de la fermentation précédente, preuve que plusieurs microbes peuvent faire fermenter le tartrate calcique. Les produits de cette nouvelle fermentation, si peu homogène, étaient l’acide acétique accompagné de pe-

tites quantités d’acide butyrique et d’alcool éthylique. L’équation suivante

C4H«0« = C2II402 -f 2 CO2 -f H*

représente le phénomène principal [A. Fitz, Deutsch. chem. Gesellsch.. 1879, p. 475].

Page 1