FLAVOC.OB ALT1QUES (COMBINAISONS
— Voyez CoBALTAMINES.
FLAVOPURPURINE, C14H805. — L’histoire de cette matière se rattache directement à celle de l’acide anthraflavique (Suppl., p. 181) et de l’anthraflavone (Suppl., p. 183).
Schunk et Rômer, en traitant par la potasse fondante l’acide anthraflavique, ont obtenu la ilavopurpurine CllH805 ou trioxyanthraquinono isomère de la purpurine et de l’anthragallol [Schunk et Rômer. Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 678].
La Ilavopurpurine est soluble dans l’alcool, d’où elle se dépose en aiguilles d’un jaune d’or, anhydres; l’acide acétique la dissout également. Les solutions sulfuriques de flavopurpurine sont rouge-brun, les solutions potassiques rouges, les solutions dans l’ammoniaque et dans le carbonate de sodium sont jaune-orangé.
La flavopurpurine bout au-dessus de 330° et se sublime en aiguilles jaunes.
Diacétylflavopurpurine , Cu FI6(C* H3 0)s O5. — On dissout la flavopurpurine dans l’acide acétique anhydre bouillant : par refroidissement, il se dépose des lamelles jaunes peu solubles dans l’acide acétique et moins encore dans l’alcool.
Ces lamelles constituent le dérivé diacétique, fondent à 238° et se subliment dès 125°.
Triaeétylflavopurpurine, C,flH3(CtIl30)30s. — On l’obtient en chauffant à 180° la flavopurpurine avec de l’anhydride acétique; elle se trouve dans les eaux mères du dérivé précédent en raison de sa plus grande solubilité dans l'acide acétique. La triaeétylflavopurpurine cristallise en aiguilles jaune d’or, se sublime à 150° et fond à 195°. Elle est insoluble dans la potasse.
Dibensoyl flavopurpurine, C^H^C’HSO^O5. — Préparée par le chlorure de benzoyle; aiguilles jaune clair groupées ; fusibles à 208-210°.
Tribromoflavopurpurine, C14 H5 Br3 O5. — Elle s’obtient en ajoutant du brome à une solution . acétique bouillante de flavopurpurine; par le j refroidissement de la liqueur, on obtient des ! aiguilles jaunes, fusibles à 284° [Schunk et Rômer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. * 1821], \
Constitution. — La flavopurpurine diffère de ses deux isomères, la purpurine et l’anthragallol, au point de vue de la constitution, en ce que ces deux derniers produits renferment leurs trois oxhydryles phénoliques dans un même groupe phényle, tandis que pour la flavopurpurine ils sont répartis sur les deux noyaux benziques de l’acide mètaoxybenzoïque primitif [Rosenstiehl, Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 43 4] .
Analyse. — On peut, caractériser la flavopurpurine en présence de l’alizarine et de la purpurine par sublimation; la première se volatilise à 160°, la seconde à 110° et la troisième à 170°. Après la sublimation fractionnée, on examino les cristaux au microscope (Schunk et Rômer).
A. Etard.
FLUOR. — Ose. Loew attribue à du fluor libre l’odeur que répand la fluorine de Wœlsendorf. Ce fluor résulterait d’après lui de la dissociation, sous l’influence d’une faible élévation de température, du tétrafluorure de cérium associé au fluorure de calcium. Cette opinion a été combattue par Brauner [ Deutsch . chem. Gesellsch.,
Acide fldoriiydrique. — La densité de l’acide fluorhydrique gazeux, observée à la température de 25°, peu au delà de son point d’ébullition (19°, 5), est, d’après W. Mallet, égale à 49,66 (H = l), ce qui donne pour son poids moléculaire le nombre 39,32 correspondant à la formule F12HS. Le poids du litre est égal à 16r,759. Dans une première expérience, Mallet avait trouvé pour la densité 21,06; mais le gaz était souillé de pentafluorure de phosphore provenant de l’anhydride phosphorique qui avait servi à dessécher l’acide fluorhydrique. L’expérience était faite dans des ballons de 4 litres environ, enduits intérieurement de paraffine, ainsi que les tubes amenant le gaz [Journ. Amer. Chem.,
La chaleur de neutralisation de l’acide fluorhydrique est supérieure à celle des autres hydracides. La neutralisation de la soude par l’acide fluorhydrique, en solution aqueuse, dégage 16,272 calories. La production du fluorhydrate de fluorure de sodium par
Na Fl -f- aq. et II Fl + aq.
absorbe 288 calories [Thomsen, Poggend. Ann., t. CXXXV1II, p. 2011.
Fluorures. — P. Guyot effectue le dosage des fluorures solubles en opérant sur le précipité de fluorure double qu’ils donnent dans une solution de chlorure ferrique. On verse cette dernière dans une quantité connue de la solution de fluorure à analyser, additionnée de succinate ammonique; on s’arrête lorsque le précipité, d’abord blanc, prend une teinte brune. On peut aussi employer le sulfocyanate de potassium comme indicateur [ Compt. rend. , t. LXXXI, p. 274]. Ed. Willm.
FLUORANTHÈNE,
c>3 II ‘0 =
C6HWCII — CFI C6 II3— Cil
— Ce carbure d’h ydrogène a été découvert par Fittig et Gebhard. 11 se rencontre dans les carbures
FLUORANTHÈNE. — 831 — FLUORANTHÈNE.
solides que l’on obtient par distillation fractionnée des huiles lourdes du goudron de houille. Pour le séparer du pyrène avec lequel il est mélangé, il faut avoir recours à la combinaison picrique.
Après avoir séparé, par cristallisation dans r’alcool, les produits très solubles du mélange contenant le pyrène, on dissout la masse cristalline jaunâtre dans l’alcool et on y ajoute une solution alcoolique d’acide picrique. Si on opère avec des solutions concentrées, le nouveau carbure se dépose en même temps que le pyrène à l’état de combinaison picrique , si les solutions sont très étendues, il reste dans les eaux mères. On fait recristalliser les dépôts les plus solubles à plusieurs reprises dans l’alcool, et ces nouvelles cristallisations, ainsi que les cristaux obtenus par concentration des premières eaux mères, sont soumis à de nouvelles cristallisations dans l’alcool tant qu’il se dépose encore du picrate de pyrène.
On décompose alors le picrate par de l’ammoniaque, et on fait cristalliser le mélange des carbures, qui ne renferme que peu de pyrène, dans l'alcool. On obtient ainsi du fluoranthène, renfermant encore un peu de pyrène. Pour l’obtenir tout à fait pur, on le transforme de nouveau en picrate, on le soumet à plusieurs cristallisations dans l’alcool jusqu’à ce que le picrate qui se dépose présente le point de fusion de 182-183°. Alors on décompose cette combinaison par l’ammoniaque, et on fait cristalliser une dernière fois le carbure dans de l’alcool bouillant.
Fittig et Liepmann ont indiqué une méthode plus rapide pour séparer le fluoranthène du pyrène. Ces chimistes soumettent le mélange des deux carbures à une distillation fractionnée sous une pression de 60 millimètres. La portion qui, à cette pression réduite, passe entre 240 et 250° est formée ‘presque exclusivement de fluoranthène et l'enferme peu de pyrène, que l’on en sépare facilement par cristallisations fractionnées du picrate [Fittig et Liepmann, Liebig's Ann. Chem., t. CC, p. 1 ; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 601 J.
Le fluoranthène cristallise en tables brillantes, incolores, du système clinorhombique, offrant les faces p, a1, m; rapport des axes : 1,495 : 1 : 1,025; angle = 82° 50’; clivage suivant p; angles m m — 68°; p a1 = 36° 40’. Il est peu soluble dans l’alcool froid, soluble dans l’alcool bouillant, l’éther, le sulfure de carbone et l’acide acétique glacial. Il fond à 109°. Sa densité de vapeur est de 6,63 (calculé 6,57). [Fittig et Gebhard, l.iebig’s Ann. Chem., t. CXCIII, p. 142; Bull. Soc. chim., t. XXXII, p. 239J.
Fittig et Gebhard croient que le fluoranthène est identique avec 1 ’idryle que Goldschmiedt a trouvé dans le « stuppfett » des mines de mercure d’Idria [Goldschmiedt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 2048].
Picrate de fluoranthène,
C15 H10 + C6II3 (AzO*)8 O.
— Ce composé se dépose en aiguilles rouge-jaunâtre par le refroidissement d’un mélange des solutions alcooliques de fluoranthène et d’acide nicriaue. Il fond à 182-183°.
Dibromofluoranthène, C15H8Brs. — Lorsqu’on ajoute du brome, peu à peu, à une solution refroidie de fluoranthène dans le sulfure de carbone, il se dépose des cristaux jaunes, qui, après cristallisation dans le sulfure de carbone bouillant, se présentent en aiguilles vertes.
Le dibromofluoranthène est peu soluble dans l’alcool, l’éther et l’acide acétique glacial. Il fond à 204-205° (Fittig et Gebhard).
Trinitrofluoranthène , C15U7(Az02)5. — Ce
composé se forme lorsqu’on introduit du fluoranthène dans de l’acide nitrique fumant. Il se dépose des cristaux que l’on dissout dans l’acide en chauffant. Par le refroidissement le trinitrofluoranthène cristallise en aiguilles brillantes jaunes qui ne fondent pas à 300°, peu solubles dans les dissolvants ordinaires (Fittig et Gebhard).
Fluoranthène-quinone, C15II802. — Ce composé se forme en même temps que l’acide diphénylèncacétone- carbonique lorsqu’on oxyde le fluoranthène au moyen du mélange chromique. La quinone ne se produit qu’en très petite quantité, car elle se transforme on acide carbonique et en eau par l’action du mélange oxydant.
Pour l’isoler des produits de l’oxydation, qui surnagent le liquide, on épuise ceux-ci par une solution de carbonate de sodium, et on reprend le résidu par le bisulfite de sodium. L’acide chlorhydrique précipite de cette solution une substance qui semble être une hydroquinone, et qui se change par cristallisation dans l’alcool, ou par l’action du chlorure ferrique en quinone.
La fluoranthène-quinone cristallise en aiguilles rouges fusibles à 188°, solubles dans l’alcool et l’acide acétique cristallisable. Elle se combine avec le fluoranthène et donne un composé qui cristallise en aiguilles rouges, fusibles à 102°, de Informulé CI5I1802 + 2C15II10. Ce composé se forme lorsqu’on mélange les solutions alcooliques de ses deux constituants, et il (orme la majeure partio du résidu de la préparation de la quinone, après séparation de l’acide qui prend naissance en même temps [Fittig, Gebhard et Liepmann].
Acide diphénylène-acétone-carbonique, C1 *U303. — Pour préparer cet acide, on traite le fluoranthène (2 p.) par un mélange de 10 p. de dichromate de potassium et de 15 p. d'acide sulfurique étendu de 3 fois son volume d’eau. Fittig et Liepmann emploient le mélange brut de pyrène et de fluoranthène, car l’acide dont il s’agit peut être facilement isolé du produit de la réaction. On chauffe au bain de sable 100 gr. du mélange avec 600 gr. de dichromate additionné de 1000 gr. d’acide sulfurique étendu de 5 volumes d’eau. On conduit l’opération très lentement, de façon qu’au bout de deux jours elle soit terminée. On sépare par décantation les produits qui surnagent, on les pulvérise, on lave à l’eau chaude et on reprend le résidu par une solution étendue et chaude de carbonate de sodium. On décompose la solution sodique par l’acide chlorhydrique, on transforme le précipité en sel de baryum, que l'on purifie par cristallisation dans l’eau pour en isoler ensuite l’acide.
L’acide diphénylène-acétone-carbonique cristallise en aiguilles orangées, fusibles à 191-192°, peu solubles dans l’eau chaude, solubles dans l’alcool et l’éther.
Le sel de baryum, (C14H708)2Ba -f 4HsO, est en aiguilles soyeuses groupées en mamelons; le sel de calcium renferme 2 112 O. Le sel d’argent forme un précipité jaune-verdâtre (Fittig et Gebhard).
Acide mononitrodiphénylèn e- acétone- carbo-
nique, Cu H7 (Az 02)03. — Il seforme par l’action de l’acide nitrique fumant et tiède sur l’acide diphénylène-acétone-carbonique. Il cristallise en aiguilles brillantes jaune d'or, fusibles à 245-246", peu solubles dans l’eau et l’alcool, solubles dans l'acide acétique glacial. Le sel de baryum, renfermant 4 11*0, est en fines aiguilles jaunes (Fittig et Liepmann); chauffé avec de la poudre de zinc, il fournit un corps rouge et du diphénylène-méthane ou fluorène.
L’acide diphénylène-acétone-carbonique chauffé
FLUORANTIIÈNE. — 832 — FLUORÈNE.
avec de la chaux, ou mieux seul, donne de la diphénylène-acétone et du gaz carbonique (Fittiget Gebhnrd); traité par l’amalgame de sodium, il se transforme en acide fluorénique, C14H10O2, isomérique avec l’acide lluorène-carbonique, ou diphénylène-acétique de Friedlânder.
L’acide fluorénique cristallise en aiguilles fusibles à 245-246°. Son sel de baryum,
(CuIl902)2Ba -f 3 1-I* O, est en écailles argentées ; le sel de calcium, (C14II902)2Ca + 2 % H* O, en aiguilles blanches.
L’éther éthylique, Cl4II902.C2fps, cristallise en prismes brillants, fusibles à 53°, 5 (Fittig et Liepmann).
Chauffé avec de la chaux, l’acide fluorénique fournit du fluorène. Le mélange chromique convertit l’acide fluorénique en acide carbonique et en eau. Le permanganate de potassium, en solution alcaline, le change en acide diphénylèneacétone-carbonique (Fittig et Liepmann).
Acide isodiphénique, C14 11 10 O. — Lorsqu’on introduit de l’acide diphènylène-acétone- carbonique dans de la potasse fondante, il se transforme en acide isodiphénique. Pour purifier cet acide, on dissout le produit dans l’eau, on précipite par l’acide chlorhydrique et on soumet le précipité à une cristallisation dans l’eau chaude.
L’acide isodiphénique cristallise en aiguilles fusibles à 216°, peu solubles dans l’eau bouillante, solubles dans l’alcool. Le sel de baryum renferme 6 H2 O, dont il perd 5 à 130°, la dernière molécule entre 190-200°. Le sel de calcium renferme 2 H2 O; le sel d’argent est un précipité blanc (Fittig et Gebhard).
L’éther éthylique est un liquide épais; Y éther méthylique, C1 4 H8 O4. (CH3)2, est en cristaux anorthiques, fusibles à 69°, 5; formes: h1, g1, p, b a ; la face g1, très développée, donne aux cristaux un aspect tabulaire. Angles : h1 p = 59° 31'; g 1 h1 — 71°30’ ; gip = 97° 44' ; rapport des axes = 0,9368 : 1 : 0,5634. Angles des axes a = lll°13'; p = 125° 50'; y = 63° 9'. Quelques cristaux sont maclés suivant g1 (Calderon).
Chauffé avec de la chaux, il donne de la diphénylène-acétone. Oxydé par le mélange chromique, il fournit de l’acide isophtalique (Fittig et Liepmann).
Constitution du fluoranthène et de ses dérivés. — La transformation du fluoranthène en fluorène, par oxydation et réduction successives, sans formation de produits secondaires, démontre la relation intime entre ces deux carbures.
Ils se trouvent dans les mêmes rapports que lephénanlhrèneavcc le diphényle, c’est-à-dire que le (1 uoranthènc ren ferme C2 de plus que le fluorène, résultant probablement de la substitution du groupe C21I2 à deux atomes d’hydrogène de ce dernier carbure. La constitution serait donc