C8II802 = CMRO-CH = CH-CO-CH
—Ce produit, découvert par Schmidt, qui méconnut sa véritable nature, a été étudié par Claisen, qui a fixé sa composition. 10 p. de furfurol, 500 p.
d’eau, 15 p. d’acétone et 10 à 15 centimètres cubes de soude sont chaudes doucement au bain d’eau. Le liquide neutralisé est extrait par l’éther et la solution éthérée distillée dans le vide (p = 33 à 35 millimètres). Les deux tiers du produit formé bouillent à 135-137°. Le reste se fige en une masse qui parait être la difurfurylidène-acétone :
(C3 IR 0)s C3 IR O.
Le produit qui a distillé se fige en une masse cristalline, fusible à 39-40°, brunissant à l’air en répandant l’odeur du furfurol; ce corps, qui est la furluracétone, se dissout dans l’eau bouillante, d’où il se dépose cristallisé par refroidissement. Il est soluble dans le chlorure d’acétyle, avec formation d’une liqueur rouge clair qui passe après quelque temps au vert émeraude, coloration que l’eau détruit. Des traces de ce corps colorent l’acide sulfurique en jaune brunâtre, qui à chaud devient d’un rouge de vin sombre intense fGustav Schmidt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1881, p. 574, et L. Claisen, ibid., p. 2468].
FURFURACRYLIQUE (ACIDE),
C7H®03 = CMR O - C H = C H - C O* H.
— Pour préparer ce produit, Baeyer chauffe 8 heures a l’ébullition 1 partie de furfurol, 2 d’acétate de sodium et 4 d’anhydride acétique. La masse refroidie, dissoute dans du carbonate de sodium en solution chaude, donne par addition d’un acide un précipité d’acide furfuracryliquc d’un poids égal à celui du furfurol employé. A l'état de pureté, ce corps se présente en grandes aiguilles incolores, fragiles, d’odeur rappelant l’acide cinnamique, fusibles à 135°, volatiles sans décomposition et même déjà avec la vapeur d’eau, peu solubles dans l’eau froide (environ 500 parties), plus solubles dans l’eau chaude. L’acide chlorhydrique concentré le dissout avec une coloration verte assez stable. L’acide sulfurique concentré donne aussi un produit vert.
Traité par l’amalgame de sodium, il donne l’acide [urfuropropionique,
C7H803 = CMRO-CIR-CIR-COMI,
fusible à 50-51°, d’odeur analogue à celle du précédent, mais plus forte.
L’acide chlorhydrique concentré le colore en jaune, et donne a chaud une solution d’un jaune rouge qui contient un nouvel acide non volatil.
FURFURACRYLIQUE (ALDEHYDE),
C7IRCR = CMRO-CH= CH-COH
[Gustav Schmidt, Deutsch. chem. Gesellsch , 1880, p. 2342]. 1 partie de furfurol, 2 parties d’aldéhyde dissoutes dans 200 parties d’eau et additionnées de 5 parties de soude aqueuse à 10 %, étant chauffées à 40-45° laissent déposer lentement une huile cçdorée en jaune, qui vers
50 à 60° passe à l’état de masse brune épaisse.
51 un peu avant ce moment on neutralise par l’acide sulfurique, ou mieux par l’acide tartrique, l’huile se sépare en abondance. On la réunit avec de l’éther et on soumet la solution éthérée à la distillation. A 210°, on arrête l’opération. Le liquide se prend en une masse de cristaux, qui sont purifies par cristallisation dans l’eau et sublimation.
Ce composé fond à 51° et se fige à 24°. Il se volatilise sans peine avec la vapeur d’eau et bout au-dessus de 200° en se décomposant partiellement. Cette aldéhyde donne avec l’aniline et l’acide acétique une coloration verte, avec la solution sulfureuse de fuchsine une coloration d’un rouge violet magnifique.
L’oxyde d’argent le transforme en acide furfuracrylique.
FURFURAMIDE. — 8M — FURFU ROBUTYLÈNE.
FURFITRAMIDF. Cl3H>2Az803, t. I, p. 1505. — Le furfurol aqueux, mêlé à cinq volumes d’ammoniaque et abandonné à lui-même en agitant fréquemment pendant quelques jours, laisse déposer de la furfuramide qui est pure après une cristallisation dans l’alcool. Elle fond à 117° sans altération. L’acide azoteux la décompose en furfurol et ammoniaque.
Elle se combine avec l’essence de moutarde en solution alcoolique au bain d’eau. Le corps formé Cl5II12Az203 -(- CSAzC3H8 se présente en aiguilles blanches, soyeuses, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, fusibles à 118° et décomposables à 135*. On obtient de même le composé phénylé C'3H'2Az203 + CSAzC«Il3-F 11*0, corps bien cristallisé d’un blanc de neige.
La furfuramide ne se combine pas avec les aldéhydes [Rob. Schiff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 1186).
Furfurine, t. I, p. 1505. — Cet isomère de la furfuramide fond à 116° (R. Schiff). La furfurine, traitée par le sulfure de carbone, se colore en rouge sans s’altérer. Elle ne donne pas de carbylamine avec la potasse alcoolique et le chloroforme. Elle ne se combine pas à l’essence de moutarde ni aux aldéhydes. Le fer et l’acide acétique la laissent inaltérée. Traitée par l’anhydride acétique à une douce chaleur, elle fournit Vacétyl. furfurine, amas de petits cristaux très stables, dédoublés seulement par les alcalis fondus. En solution acétique, elle donne avec le brome un hoxabromure qui se précipite par addition d’eau et qui est peu stable. L’acide azotique concentré détruit l’acétylfurfurine.
Une solution de sulfate de furfurine additionnée d’azotite de potassium laisse déposer un composé jaunâtre, cristallin, insoluble dans l’eau et l’éther, mais aisément soluble dans l’alcool. 11 fond à 94-95° en un liquide rouge ; sa composition répond à la formule C30H27 Az5015. Il forme un chloroplatinate cristallisé en larges aiguilles assez facilement solubles dans l’eau, moins dans l’alcool et l’éther (G30 H27 Az5015, H Cl)* Pt Cl».
Avec l’azotate d’argent ammoniacal, on obtient un sel double argentique très stablo.
Ce même corps C30H27Az5O15 s’obtient aussi quand on traite le sulfate de furfurine en solution alcoolique par l’acide azoteux; toutefois, si l’eau est complètement exclue, on obtient un corps qui sc décompose à 82° en se colorant et se carbonisant (R. Schiff).
En présence de potasse et d’oxygène, la furfurine luit dans l’obscurité (Radzitzewski).
E. Demarçay.
FURFURANE, C4H40. — Baeyer a donné ce nom, qui a été généralement accepté, au composé découvert par Limpricht et décrit par lui sous le nom de tétraphénol (t. III, p. 354).
La constitution de ce composé parait jusqu’ici pouvoir être représentée par la formule
Cil = CH CH - CH ' O '
sans qu’il y ait de raisons bien solides de l’admettre plutôt qu’une autre.
Atterberg [Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 879] a trouvé dans les produits de distillation du bois de pin différents composés qui paraissent être le furfurane et ses homologues supérieurs, sylvane C6H90, etc., mais mêlés à des hydrocarbures dont il n’a pas été possible de les séparer.
Henninger a fait connaître un nouveau mode de production du furfurane, qui consiste à faire agir le dihydrofurfurane C4ll60, dérivé de l’érythrite, sur le perchlorure de phosphore ; la réac-
tion s’accomplit à froid, et il se forme du gaz chlorhydrique et du furlurane en proportion très notable (voyez Suppl., Éiiythiute).