‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquéeChapitre 587 sur 589 · GH = CII · texte numérisé non relu

GH = CII

Csino* = CH -C-CHO v O '

(t. I, p. 1504). — [Limpricht, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 211; — Gudkow, Deutsch. chem. Gesellsch., 1870, p. 425 et Bull. Soc. cliim., t. V, p. 391; Bischoff, Deutsch. chem. Gesellsch., t. VII, p. 1081 ; — Stenhouse, Ann. Chem. Pharm., t. CLVI, p. 199 et Bull. Soc. chim., t. XV, p. 113; — Baeyer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1872, p. 25; 1877, p. 357, 695 et 1358 et Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 277, t. XXV1H, p. 381 et t.XXX, p. 78; — H. Schiff, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 773, Liebiy’s Ann. Chem., t. CCI, p. 356; — Rob. Schiff et Tassinari, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877 , p. 1787; — Heill, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 936, et Bull. Soc. chim., t. XXIX, p. 128; — Radzizewski, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 321 et Bull. Soc. chim., t. XXV11I, p. 167 ; — E. Fischer, Deutsch. chem. Gesellsch., 1877, p. 1626 et 1332; 1880, p. 1334 et Bull. Soc. chim., t. XXX, p. 289; — P. Tœnnies, Deutsch. chem. Gesellsch., 1879, p. 1200 et Bull. Soc. cliim., t. XXXIII, p. 128; — Gust. Schmidt, Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 2340 et 1881, p. 574 et 1459; — L. Claisen, A. Atterberg, Deutsch. chem. Gesellsch., 1880, p. 879; — O. Wallach, Deutsch. chem. Gesellsch., 1881, p. 751 ; — G. H. Ciamician et M. Dennstedt, Deutsch. chem. Gesellsch.. 1881, p. 1058 et 1475 ;

— Foerster. Deutsch. chem. Gesellsch., 1882, p. 230 et 322.

Modes de production. — On peut extraire du son par l’acide sulfurique très étendu d’eau (2 'A % d’acide) le principe furfurogène. Il est alors mêlé de sucre et de dextrine. En utilisant ce fait que ce principe n’est pas digéré par les porcs nourris de son, on peut l’extraire des excréments de ces animaux. On obtient un corps gommeux insoluble dans l’alcool, soluble dans l’eau, que l’acide azotique ne transforme pas en

8/|5 — FURFUROL,

acide mucique. Le son en contient de 15 à 20 °/0 (Gudkow). .

Dans la préparation de lagarancine par I acide sulfurique sur la garance il se produit du furfurol accompagné d’un isomère dont on le débarrasse en le traitant par de l’acide sulfurique étendu additionné d’un peu de dichroraate de potassium (Stenhouse).

Le furfurol se produit encore en grande quantité dans la distillation du bois chauffé au-dessous de 200° (H. B. Heill), ou quand on chauffe le bois en vase clos avec de l’eau vers 170° pendant quelques heures (Greville Williams, Hugo Millier). Aussi l’a-t-on rencontré dans l’acide acétique tiré du bois. Enfin Foerster a montré qu’il se produisait en petite quantité par l’action des acides étendus sur une solution de sucre à l’ébullition et même déjà à la longue à 38°. Une solution de sucre passablement concentrée (1 de sucre pour 5 d’eau) en fournit des traces par une longue ébullition. Aussi en trouve-t-on dans tous les liquides fermentés naturels et dans leurs produits de distillation (vins, bières, alcools mauvais goût).

Propriétés. — Le furfurol bout à 161° et se conserve pendant des mois sans altération sous l’eau (Stenhouse).

Traité par l’urée en présence d’un peu d’acide, le furfurol en solution aqueuse donne naissance à une magnifique coloration violette qui disparaît après quelque temps en même temps qu’il se forme des flocons amorphes noirs, insolubles dans tous les réactifs. Le furfurol en solution aqueuse, même ancienne, ne donne qu'une coloration rose. Cette coloration se produit, quoique mal, avec l'allantoïne, mais non avec les amides sulfurées, les acides urique, oxalurique, parabanique, cyanurique, glycocholique, l’alloxane, la creatine, la taurine. On voit très bien cette réaction en ajoutant une goutte d’acide chlorhydrique (D = 1,10) à un cristal d’urée gros comme une tête d’épingle recouvert d’une goutte de solutiou concentrée de furfurol. La couleur passe du jaune au vert, bleu, violet, pourpre (Hugo Schiff).

Le furfurol paraît se combiner au chloral-ammoniaque (R. Schiff et Tassinari). Il réagit très violemment sur l’acide nitreux. En solution éthérée l’action ne se produit qu’après évaporation de l’éther et elle est alors d’une grande violence. Il se forme des produits résineux.

Produits de condensation avec les amines. — Stenhouse a découvet t ces produits qui se font remarquer par la belle couleur rouge de leurs sels. 48 gr. de furfurol dissous dans 400 gr. d’alcool étant additionnés de 65 grammes de chlorhydrate d’aniline, on observe une coloration rouge et un dépôt de cristaux à reflets irisés de chlorhydrate de furfurodianiline, ,C17IIl802Az2,HCl. Ce corps est insoluble dans la benzine, le sulfure de carbone et l’eau ; il est décomposé par cette dernière à 100° de même que par li s acides et les alcalis. Il se dépose de sa solution alcoolique bouillante en aiguilles rouge-pourpre, inaltérables à l’air à l’abri de la lumière. On obtient de même l’azotate en plus gros cristaux, et le sulfate qui se décompose par cristallisation dans l’alcool. L’ammoniaque concentrée décompose ces sels et donne la base libre, masse brune, amorphe, d’aspect de cire à cacheter, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’éther et l’alcool.

La [urfurotoluidine s’obtient de même ; c’est un corps plus stable que le précédent, pulvérulent, amorphe. Ces sels sont semblables aux précédents.

H. Schiff a obtenu de même les corps suivants :

1 Furfurodiphénylamine. — La diphénylamine

'.F-DliFURdL.

FURKUR0NITRILE.

(2 molécules) so combine à 150° avec le furfurol " (-1- -molécule); on obtient une masse cristallisée, donnant avec l’acide chlorhydrique un sel bronzé soluble en rouge intense dans l’alcoej, qui s'obtient aussi directement comme les chlorhydrates précédents. Ce sol se décompose par recristallisation dans l'alcool. Le chlorure de platine le colore en vert.

La furfaronitraniline,

C6 H4Az O*. Az Hs, C5 H4 O2,

s’obtient par l’action du furfurol sur la solution alcoolique de la nitraniline. Elle est en croûtes cristallines jaune de chrome. Ces cristaux se décomposent à 100° en perdant de l’eau. Le chlorhydrate s’obtient eh petites lamelles d’éclat cuivré, solubles dans l’alcool avec une couleur rouge cràmo.isi intense, un excès d’acide chlorhydrique fait disparaître la coloration.

Le paramidophénol s’unit au furfurol avec élimination d’eau :

C6H4. O IL AzH2 -f C5 H 4 O* = H2 O -F C6H4.0H.Az.CsII40.

Pour préparer cdtte oxyfurfuraniline, on mélange les solutions aqueuses étendues des deux corps. Ce sont des prismes jaune clair fusiibles en se décomposant à 180-182°, facilement solubles dans l’alcool. Ce corps se colore en vert à l’air et à la lumière. Son chlorhydrate s’obtient en évaporant à 50-60° la solution alcoolique de la base avec du chlorhydrate d’ammoniaque; c’est une masse cristalline colorée comme les cantharides, facilement soluble dans l’alcool, difficilement dans l’eau avec une coloration rouge de fuchsine.

Avec la mctacrésylène-diamine on obtient un composé C7H6Az2(C5H40)2, en petites aiguilles orangées; ce corps décompose à 120-125° et donne un chlorhydrate dont la solution rouge-cramoisi est décomposée par une grande quantité d’eau.

Avec Vorthocrésylènediamine , A. Ladenburg [Deutsch. chem. Geseilscli., 1818, p. 595] a obtenu un corps isomère en prismes minces, blancs, d’éclat soyeux, fusibles à 115-116°. Ses sels sont beaucoup plus stables que ceux des corps précédents et Ladenburg ne mentionne pas qu’ils soient colorés. Ce corps a donc vraisemblablement une constitution qui l’écarte des corps précédents.

La furfurobenzidine, C12H8Az2 (C5M40)2, obtenue comme les composés précédents par l’union directe des deux corps en solution alcoolique, forme de petites aiguilles jaunes insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool et très solubles dans la benzine. Les solutions de ces sels sont colorées en rouge intense. Le chlorhydrate hydraté est en lamelles d’éclat cuivré; ce sel est peu stable, le sulfate l’est moins encore.

L’acide métamidobenzoïque s’unit au furfurol et donne le composé C8H'*C02H.AzH2,C8H'02, poudre veloutée d’un rouge vif, dont la solution aqueuse, surtout lorsqu’elle est acidulée d’acide chlorhydrique, est d’un très beau rouge.

L’éther métamidobenzoïque se combine aussi au furfurol. La combinaison d’un jaune clair se colore en rouge violacé par les acides.

L’acide amidocuminique donne de môme de petits cristaux rouges avec le furfurol.

Les deux acides amidosalicyliques (1.2 3 et 1.2.5) donnent de même de petites aiguilles rouges prenant un éclat métallique par le frottement et dont les solutions sont d’un beau rouge bleuâtre, et se colorent encore plus vivement quand on les acidulé par l’acide chlorhydrique.

Les amines et acides amidés de la série grasse ne donnent pas de combinaisons de cet ordre.

En présonce do la diméthylaniline et du chlorure de zinc, le furfurol donne une combinaison

incolore, basique, fusible vers 70° qui tend k s'oxyder en se colbrant en rouge (Fischer).

Avec la phénylliydr.izino on obtient de môme un corps C6 lI8Azsll.CsH40, en lamelles à peine jaunes, fusibles à 96", solubles dans l’alcool et l'éther, et que les acides dédoublent aisément en furfurol et phénylhydrazine (Fischer).

Produit de condensation avec l’uréthane. — Le furfurol dissout aisément l’uréthane; en ajoutant à la solution une goutte d’acide chlorhydrique, on voit se produire une réaction qu’on modère par d’abondantes affusions d’eau froide, et le liquide se prend en masse.

Le composé formé, insoluble dans l’eau, cristallise dans l’alcool ou l’éther. Il forme des aiguilles soyeuses semblables au sulfate de quinine, C4. H'1 0 - G II (Az H -C O - O G2 II8)2, fusibles à 169°, sublimables en petites quantités sans altération et dédoublables par les arides étendus avec régénérations du furfurol (Bischofl).

Le furfurol, môlé à de la résorcine ou à du pyrogallol, donne sous l’influence de l’acide chlorhydrique une magnifique substance bleu indigo soluble en vert dans l’eau. L’acide chlorhydrique précipite cette solution en donnant des flocons lolous (Baeyer).

Le furfurol, grâce à sa fonction aldéhydique, forme très aisément des produits de condensation avec un grand nombre d’autres corps. Ces réactions, découvertes par Baeyer, ont été étendues par Schmidt, Claisen, etc. C’est ainsi que Baeyer a montré que le furfurol se comportait avec l’anhydride acétique et l’acétate de sodium comme l’aldéhyde benzoïque dans la réaction de Perkin. Schmidt a montré d’une manière analogue que le furfurol et les aldéhydes de la série grasse se combinaient en perdant de l’eau sous l’influence de la soude aqueuse. Tous ces produits, acides et aldéhydes furfuroacrylique, furfurcrotoniques furfurangéliques et leurs dérivés acides furonique, etc., seront décrits à leur nom respectif.

E. Demarçay.

FUUFUROL1QUE (ALCOOL),

— Ce composé se prépare en traitant le furfurol par la potasse en solution assez concentrée pour que l’action commence de suite. La masse cristalline obtenue est épuisée par l’éther et la solution éthérée évaporée est additionnée d’eau et distillée tant qu’il passe du furfurol. Le résidu, concentré au bain d’eau, constitue l’alcool furfurolique. Ce composé ne peut être distillé sans résinification de la majeure partie; il est soluble dans l’alcool, l’éther et dans 20 parties d’eau. Les acides le transforment en une matière rouge; l’acide chlorhydrique donne avec lui une coloration verte pareille à celle qu’il produit avec le furfurol en présence des phénols (Baeyer). Il semble former l’hydrate 3 C8H60î,2H-’0. La potasse la décompose en donnant les acides formique. acétique et succinique |H. Limpricht, Bull. Soc. chim , t. XIX, p. 465].

FURFUROKITRILE,

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