‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 113 sur 562 · SOLES · texte numérisé non relu

SOLES

Blé. Avoine.

Avoine. Jachère.

Jachère. Blé.

Dans la deuxième rotation, les mêmes récoltes K succéderont, dans le même ordre, dans chacune ies soles.

U nécessité des assolements a été reconnue de U\u temps. Les Grecs et les Romains savaient que U terre a besoin de repos ; ils avaient même posé tes principes de l'alternance des céréales et des lé- {Qmineoses. Le moyen âge a continué les mêmes errements. Hais ce sont les agronomes du xvni* siècle auxquels revient l'honneur d'avoir vulgarisé ^ prindpes rationnels de la succession des cul- Uires, appliqués pour la [«emière fois dans les rlandres, et qui de là se sont répandus dans les 2Qires pays. Enfin au xix* siècle appartient la uiëorie complète des assolements mise en lumière par les savants modernes et principalement par les recherches de M. Boussingault, à sa célèbre ferme

ûcBechelbronn.

ieaacoQp d'hypothèses ont été présentées en vue

d expliquer la nécessitai des assolements. On a

voulu d*abord en trouver la cause dans l'antipathie que les plantes possèdent pour elles-mêmes ou pour certaines autres plantes. D'autres ont supposé

Sue chaque végétal puisait dans le sol un suc parculier nécessaire à sa nourriture propre, qu'il en épuisait ainsi la terre sans enlever les sucs nécessaires à d'autres végétaux. On a voulu aussi que les plantes excrètent dans le sol des principes nuisibles à la végétation des unes des autres. Quelques-uns ont vu enfin dans Tidentité de formo et de dimensions des racines la cause qui rend difficile le retour non interrompu des mêmes plantes sur le même sol* Toutes ces hypotlièses ont été successivement détruites par les progrès de la science agricole; aucune d'elles ne peut plus être admise aujourd'hui.

■Les véritables lois des assolements reposent à la fois sur les besoins des plantes et sur les nécessités de l'entreprise agricole. On peut donc les diviser en deux catégories : lois physiologiques et loisculturales.

La première loi des assolements dérive de la nécessité de préparer le sol. On comprendra, sans qu'il soit besoin d'autre explication, que les plantes doivent se succéder dételle manière qu'entre la récolte qui précède et U semaille qui la suit, il y ait un espace de temps suffisant pour que les travaux de culture, labours, épandage d'engrais, etc., puissent être exécutés d'une manière convenable. Dans les terres même les mieux cultivées, il arrive chaque année qu'une certaine quantité de sraines de plantes adventices est apportée soit par les vents, soit par d'autres causes, et que ces graines germent et se développent au milieu de la récolte. Parmi les plantes cultivées, les unes, comme les céréales semées à la volée, n'opposent aucun obstacle au développement de cette végétation parasite ; elles sont dites plantes salissantes. D'autres, au contraire, sont dites nettoyantes : ce sont ou bien des racines semées en lignes entre lesquelles on peut effectuer de fréquents binages, ou bien certaines plantes légumineuses, telles que les vesces, les pois, otc., qui, sous le développement de leur végétation, étouffent les plantes adventices et en arrêtent la multiplication . Au point de vue de la propreté du sol, il est donc nécessaire de faire succéder une récolte nettoyante à une récolte salissante.

Troisième lui physiologique : les diverses plantes cultivées n'enlèvent pas au sol les mêmes quantités de principes fertilisants ; les unes sont plus épuisantes que les autres. D'un autre côté, les récoltes faites en vue de la vente, telles que les céréales, les plantes industrielles, sont en grande partie exportées du domaine, et les éléments qu'elles ont enlevés au sol ne peuvent plus y revenir. Au contraire, les plantes fourragères, consommées sur la ferme, ne sont qu'en partie exportées sous forme de viande, do lait, do laine, etc. ; une partie imoortante, au contraire, de leurs principes, non assimilée par le bétail, revient aux champs sous forme de fumier. Il en résulte que, pour compenser la perte provenant de la vente des

S réduits exportés, il faut combiner l'assolement e manière que la production des engrais sur la forme soit, autant que possible, égale à leur consommation. Cette condition est impossible à remplir d'une manière absolue. On supplée à l'insuffisance du résultat par l'achat d'engrais complémentaires venant du dehors. L'agriculteur qui n'achète pas d'engrais épuise fatalement sa terres c'est une question de temps plus ou moins long, mais le résultat final est inévitable. — Pour ces engrais comme pour ceux produits dans la ferme, ils doivent toujours être appliqués, dans l'assolement, aux plantes les plus épuisantes. En règle générale, l'application des fumures doit être faite de telle manière que le sol ait le degré maximum de ferti*'

ASSOLEMENTS

ASSOLEMENTS

lité qui conyient k chaque plante, mais sans le dépasser.

Comme conséqtience de celte loi, on peut ajouter qu'il convient de faire succéder à une culture avide principalement de certains éléments nutritifs, une autre culture moins avide des mêmes principes.

Telles sont les lois physiologiques des assolements. On en tirera la conséquenœ suivante pour la culture des céréales, qui est la principale parmi celles auxquelles s'adonne ragricuHure française,

Les cultures de céréales ne peuvent être entreprises sans risques sur un terrain qui présente un état de fertilité considérable, parce qu'elles sont alors exposées k verser. Elles doivent donc être

E récédées par des cultures épuisantes, qui réduisent i terre à Tétat de richesse que les céréales peuvent supporter. Mais les oéréales peuvent venir sur le sol immédiatement après les fourrages légumi* neux, quoique la richesse de la terre soit plus grande que celle qu'elles exigent, parce que celle-d consiste surtout en débns végétaux, lents à se décomposer et qui ne fournissent que graduellement les principes qu'ils contiennent.

Il faut maintenant indiqfuer les lois eulturales des assolements.

La première loi est celle qui résulte des forces disponibles pour les besoins de la culture. Les diverses récoltes exigent des travaux d'une grande inégalité ; les unes demandent à certaines époques des attelages nombreux; les autres, au contraire, n'exigent que des attelages restreints à d'autres moments. Les époques des semailles, celles de l'enlèvement des récoltes, varient également beaucoup. Dans réublissement de son assolement, le cultivateur devra combiner ses soles, de manière que ses travaux soient répartis d'une manière à peu près égale entre les divers mois de l'année, s'il conserve toalours ses animaux de trait ; dans le cas où il achète à certains moments des animaux qu'il doit revendre quelques mois plus tard, les travaux doivent être échelonnés, de manière qu'il ne soit pas obligé de faire des achats trop nombreux ne correspondant pas avec la nourriture dont il peut disposer.

Il faut également tenir compte de la nature des produits des diverses récoltes, et de leur destination, suivant qu*Hs doivent être portés sur le marché ou consommés dans la ferme. Il est, en efiét, de la plus hainte impoirtance pour l'agriculteur, sauf dans quelques cas exceptionnels, le voisinage des villes par exemple, de toujours produire sur l'exploitation les denrées qui sont nécessaires k la consommation de celle-ci, soit pour le bétail de trait, soit pour le bétail de rente. Le prix de ces demies, quand elles sont achetées, est toujours beaucoup trop élevé, et parfois on éprouve les plus grandes difficultés à se les procurer. D'un autre oêté, les cultures industrielles, telles que la betterave, le lin, le chanvre, etc., ne doivent être entreprises que lorsqu'on 8*est assuré de débouchés pour la vente et que les frais de transport, de préparation, ou autres accessoires, ont été supputés avec soin.

La dernière loi culturale des assolements se rapporte aux avances exigées par chaque nature de récoltes ; c*est la question du capital d'exploitation. Quelque avantageuse que paraisse une culture, si l'agriculteur ne peut pas faire les avances nécessaires, il doit y renoncer. C'est, en effet, une loi économique générale dans toutes les industries q^ue les opérations doivent toujours être proportionnelles au capital dont on dispose. L*agriculture n'y échappe pas plus qu'aucune antro industrie.

A la question des assolements se ratuche celle des cultures dérobées. On entend par cultures dérobées une ou plusieurs plantes, que l'on introduit, en dehors de l'assolement, sur une sole, de manière à avoir sur une même surface, dans une année, deux ou trois récoltes. Cest surtout pour

avoir des fourrages oue Ton a recourt aux culturel dérobées. — Ijob lois qui réciaaent ees coltom ont été résumées par M. de Cttspaiin dans la foN mule suivante. U iaut : 1» que la durée de la pé> riode végétative soit aases crande pour embrasier la durée de la production de ces récoltes; 3* que l'état de la terre après la première récolte soit tel qu'il soit possible de faire immédlfliMneni les cultures pour la récolte qui doit suivra f S* que l'oo puisae disposer d*engrait suffisants pour obtenir la production de ces récoltes succesvvee. En effet, si l'on veut demander davantage à la ienre, il faat lui donner des engrais en proportion. La qaestioo des matières fertilisantes est celle qui donûoe toute agriculture productive.

Les préceptes qui viennent d*èCre donnés doivent êtrô complétés pardes ezemplesd'assolements. Leur histoire est le tableau des progrès suceesâb de l'acricultnre.

L'assolement radimeotaire est rassolement biennal, Jachère et céréales, l'assi^inent des temps anciens, celui qui est malheureiuement entm

{pratiqué sur de trop grandes surfaces. En deuxième igné, vient l'assolement triennal avec jachère, celui qui a été déjà indiqué plus baut : lacbëre, blé, avoine. Ce sont les assolements dans tesqueli la terre reste une année sans produire et par conséquent sans rapporter.

La suppresaioiK de ces assolements a toujours été considérée comme un progrès par les agrtcolteun progressifs, qui les ont remplacés par la cultm» alterne, dans laquelle chaque année la terre porte une récolte dlffârente de celle qn^elle avait portée l'année précédente. L'alternance des récoltes foa^ ragères avec les récoltes épuisantes permet de nourrir un bétail plus nombreux, de proddire pis» de fumier, d'accroître par conséquent la prodnctioD et le profit. L'assolement le plus simple est biennal ; il se compose ainsi : l* plantes sarclées ; 2* céréales. C'est à cette catégorie que se rapporte encore l'ancien et célèbre assolement flamand, qui est triennal :

1* Plantes sarclées, frimées, ou cultures oléigi> neuses fumées;

3* Céréales;

8* Trèfle, ou autres plantes fourragères.

Il y a de très nombreuses variantes de la culture alterne. Les assolements sont plus ou moins longs; de trois ans, ils passent à cinq, à sept, à neuf ans. Voici l'exemple d'un assolement de sept ans :

1* Racines, avec fumure;

30 Céréales;

8* Trèfle;

4* Céréales;

6* Fourrages verts, avec demi-fùmure ;

6* Plantes oléagineuses, coba, navette;

7* Céréales.

Cest à cette catégorie qu'appartient l'ancien issolement deGrignoii, qui étaù de huit ans, comme il suit t

i» Pommes de terre ;

2* iVoment de mars;

3» Trèfle ;

4» Froment ;

5» Fèves ;

6» Colxa ;

7' Blé ;

8* Sole de fourrages divers.

Dans les réglons od la culture Industrielle a pri» une grande extension, là où la betterave occupe une grande partie du sol, pour donner des ricines à travailler, soit aux sucreries, soit aux distilleries, les andens principes de la nécessité de produire sur une notable partie de la surface de l'exploitation des fourrages, pour nourrir le bétail et accroître le fumier, ont été profondément modifiés. L6S résidus de ces usines donnent, en efl'et, sous forme de drèches ou de pulpes, une abondante et eicei-

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