BASSE-GOUR
bdnstriel, il est important que la ptrtie du poulailler devinée aux poules couveuses soit isolée et communique avee une petite cour particulière où ces poules et leurs poussins ont seule accès.
Le cfaoii du coq est une chose importante dans one basse-cour. Quand cet animal ne présente pas Qoe énergie aufllsante. le plus grand nombre des sols des poulea sont clairs, c'est-à-dire ne sont pas fécondés. On estime que, dans la généralitéjLes cas, il faut un coq pour dix poules.
La ligueur da coq dure généralement trois ou
ÎDitre ans. Il en est de même de la fécondité m poules. D'après des observations répétées, une P<jule bonne pondeuse donne environ 80 œufs la première année, 120 la deuxième et la troisième, sO la quatrième, et ensuite de moins en moins.
Tous les grains peuvent servir de nourriture aux {wales, mais ils ne peuvent pas former leur nourritare exclusive. Les criblures de moulins sont une excellente nourriture. Il en est de même dos insectes du fumier, de la viande qu'il faut savoir donner avec parcimonie, des détritus de légumes ei de salades.
Les jeunes poussins demandent des soins partieoliers. Pour le premier âge, le pain blanc émietté, k millet blanc, les œufs durs hachés sont les meilleurs aliments ; le petit blé doit être donné un peu plaa tard. Quand les poulets ont quitté leur mère^ il laot leur donner un supplément de nourriture composé de criblures ; pour que les autres volailles De les en frustrent pais, il faut leur donner cette Doarriture à part. Il en est de même pour les Jeunes pousses de légumineuses ou de salades qu*il est important de leur donner aussi pour les rafraîchir.
U régularité dans la distribution de la nourriture de la baaae-cour doit être observée avec le plos grand soin. Le matin et le soir sont les deux moments les plus favorables.
Les races gallines sont nombreuses en France : il en est beaucoup qui se lont remarquer par leur précocité, la qualité de leur chair, leur aptitude à donner beaucoup d'œufs. Les races les plus estimées sont:
l' La race de Crèvecœur, à laquelle se rattachent les races de Houdan, de la Flèche et du Mans ; 2* Les races de Bresse ;
3* Les petites races de Barberieux, de Caussade, de Sologne, etc.
Les races étrangères les plus estimées sont les races cochincblnoises de Dorking, Brahma-Poutra, deBréda, de Hambourg, de Padoue, etc. Mais ce sont plutôt des races de volière que des races destinées au basses-cours ordinaires ; elles demandent des soins spéciaux qu*on ne peut leur donner partout. Les meilleures pondeuses sont les poules de la Flèche, de Bruges, du Brésil, le coucou de France, ies iavaoaises.
L engraissement des volailles est une industrie spéciale, qui se fait le plus souvent avec des appavQiUde gavage dont il n y a pas lieu de s'occuper id.
U en est de même de Tincubation artificielle, fendant longtemps, on a cherché en vain des appareils permettant de remplacer la poule couveuse et de faire venir des poussins à volonté. Aujourd'hui le problème est résolu. Avec une dépense relativement faible, on peut faire éclore autant d'œafs qu*on le désire et augmenter dans des proportions colossales le nombre de poussins produiu d«ns U basse-cour. La production des poulets P« rincabation artificielle est devenue une industrie florissante autour de Mantes, dans le département de Seine-et-Oise. *
Colombier, — On connaît un très grand nombre de races de pigeons qui, toutes, paraissent destendre du pigeon biset ou fuyard qui peuple encore la plapart des fermes. Le nombre des variétés est
aujourd'hui presque infini; il en est quelques-unes qui présentent des caractères très curieux.
Toutes les races de pigeons vivent à Tétat demisauvage. Ces oiseaux errent pendant le Jour pour chercher leur nourriture, et ils rentrent la nuit au colombier. Les races qui s'accommodent de la vie de volière sont rares ; la plupart ne la supportent que lorsque la volière est spacieuse, entretenue avec une grande propreté et surtout ouverte nue partie de la Journée.
Dans les maisons de campagne, le pigeonnier est souvent un objet de luxe air on entretient avec soin, sans compter avec les dépenses qui peuven en résulter. Dans les exploiutions rurales, les colombiers doivent être une source de profits. On leur donne souvent la forme de tour ; mais, au point de vue de Téconomie et de Tinstallation, la forme carrée est peut-être préférable.
Le colombier aoit être éubli sur un terrain see et dans la partie la plus tranquille de la ferme. U est bon de ménager à ses divers étages des gale* ries ou parties saillantes de 25 centimètres environ. Dans l'épaisseur des murs, ou mieux accolés à ceux-ci, sont établis des nids ou pondoirs, en nombre d'un lîers plus grand que celui des paires d'habitanU. Ces nias sont en osier, en planchettes^ ou même en maçonnerie.
On accuse souvent les pigeons de dég&ts dans les champs ; ces dégâts ne sont sérieux que quand on ne leur donne pas à la ferme une nourriture suffisante. Celle-ci doit surtout consister en grains et en criblures.
Les produiu du colombier se composent des pigeonneaux qu'on vend, des pigeons réformés et engraissés, des plumes, et enfin du fumier ou colombine. Un colombier de 300 paires de pigeons peut donner un bénéfice de 175 & 180 francs par an, que Ton obtient sans dépenses considérables.
Quand on n'a qu'un petit nombre de pigeons, on établit souvent le colombier à une ouverture de toit, sur la ferme ou sur une annexe.
Canard. «~ De tous les oiseaux de basse-cour, le canard est le plus facile à élever. On en connaît de nombreuses variétés dont les naturalistes sont unanimes à retrouver la souche dans le canard sauvage.
Les variétés les plus estimées sont celles de Rouen et de Toulouse.
Les jeunes canards demandent après leur naissance des soms analogues à ceux réclamés par les poussins. Il ne faut pas les laisser aller a Teau avant l'âge de dnq à six jours. Leur développement se fait rapidement, car ils sont d'une voracité exceptionnelle.
L'engraissement des canards se fait avec des farmeux, des racines cuites, des elands concassés, etc. Dans quelques parties de la France, cet engraissement et la préparation des foies gras forment une importante industrie.
Oies, — L'oie est un des oiseaux les plus utiles dans la basse-cour. On en connaît, en France, deux variétés : l'oie commune et l'oie de Toulouse. Cette dernière a une taille un peu plus grande, et elle atteint un poids plus considérable ; ses formes sont épaisses et ramassées, ses pattes courtes, son ventre tombant
L'oie vit à l'eut demi-sauvage; elle aime à parcourir les vergers, les prairies, les vignes, etc. .mais il est bon de lui réserver des pâturages spéciaux, ou de la mener sur les chemins en herbes, sur les chaumes après la moisson. Les oies destinées à l*engraissement doivent être séquestrées.
On estime que dix mères et deux mâles produisent en moyenne 300 œufs par an. La première ponte, la seule utile pour l'Aevage, n'atteint que le tiers du chiflTre total.
L'industrie de l'engraissement des oies à Toulouse et à Strasbourg est célèbre depuis loag-
BATRACIENS
BATRACIENS
temps. Par un engraissement poussé à Textrème et des soins spédaux, on développe chez ces animaux la maladie du foie Kras.
La plume et le duvet de Toie sont utilisés ; on les recueille avec soin, les Jeunet oisons sont plumés à Tige de deux à trois mois ; quantaux oies adultes, on leur fait cette opération environ deux ou trois fois par an.
Dindon. — Beaucoup moins répandu dans les basses-cours que les précédentes espèces, le dindon est surtout élevé pour sa viande. On distingue, en France, trois variétés du dindon domestique : la blanche, la grise et la noire.
Le dindon doit occuper dans la basse-cour un b&timent spécial analogue au poulailler. La dinde est excellente couveuse, et on l^emploie souvent à couver les œufs de poule. Des soins minutieux doivent lui être donnés pendant l'incubation.
Lapin. — Le lapin est ranimai de toutes les basses-cours ; c'est surtout celui de la basse-cour du petit cultivateur.
On distingue trois variétés du lapin domestique : le lapin gris, le lapin argenté, le lapin d'Angora. Ces oeux dernières sont les plus estimées.
On élève le lapin dans des clapiers. On donne ce nom à des cabanes disposées dans une petite cour pavée et entourée de murs à fondations assez profondes. Les cabanes des m&les et celles des femelles doivent être isolées.
A cbaaue portée, on ne laisse généralement aue les six plus beaux lapereaux à la mère. La mère doit être nourrie avec un soin plus grand quand elle a ses petits. — La première condition de réussite dans un clapier, c'est d'y entretenir une excessive propreté, de nettoyer souvent les cabanes, et d'enlever toutes les déjections qui les salissent. — Le lapin peut être une source de profits relativement élevés quand il est élevé avec soin.
[H. Sagnier.]
BATRACIENS. —Zoologie, XX. — (Etym,: dn grec batracot, grenouille). — Les Batraciens, confondus autrefois avec les lézards et les tortues sous le nom de Quadrupèdes ovipares, furent isolés par Brongniart, en 1805, et formèrent un ordre dans la classe des Reptiles, En 1816, de Blainirille alla plus loin, et établit la classe des Batraciens ; mais cette manière do voir n*a été généralement adoptée que tout récemment.
CLASSiriCATlOIl.
On les divise en trois ordres, dont deux seulement appartiennent à l'Europe ; ce sont les Anoo- RBk, à tronc ramassé, sans queue, mais munis de quatre membres; les Urooèlbs, à tronc allongé, possédant des membres et une queue.
Les ANOuais d'Europe ont été répartis par Duraéril dans les trois familles des HyUeformes^ des Bu foni formes et des Rani formes.
Les HylM formes sont caractérisés par les disques ou pelotes visqueuses qui terminent les extrémités de leurs doigts et de leurs orteils, et
Îiermettent à ces animaux d'adhérer aux surfaces isses. En rapport avec cette organisation. Us ont des mœurs arboricoles. En outre ils possèdent des dents à la mâchoire supérieure et au palais. Notre Rainette verte (Hyla viridis, Laur.) est le seul représentant du groupe en Europe.
Les Bufonifotmes n'ont pas les extrémités des doigts dilatées, et ne possèdent de dents ni à la mâchoire ni au palais. Cette famille comprend le le genre Crapaud (Bufo), dont la France possède deux espèces, le C commun (B. rulgaris, Laur ) et le C. calamité (B. calamita, Laur.). Une troisième espèce, le C. vert (B. viridis, lAur.j est européenne, mais a été signalée à tort dans la faune française.
Enfin les Rani formes n'ont pas les extrémités des doigts dilatées, et ont la mâchoire supérieure
et le palais armés de dents. Les progrès de la science ont amené la nécessité de démembrer ce groupe trop hétérogène. Les dix espèces qui le représentent en Europe (la France en possède huit), paraissent devoir être réparties dans les quatres familles suivantes :
I. Ranidés. — Le seul genre GrenouiUe (Rana) représente chez nous cette famille, et peut à son tour se décomposer en deux sous-genres ; Tun d'eux, celui des Aguatiquee, ne contient que la grenouille verte; et l'autre, celui des Terrestres {R. tempwwria, L.) comprend trois espèces européennes. Deux d'entre elles, VAgiie (A. agilis, Thomas), méridionale, et la Rousêe (it. /iscttr Rœsel), septentrionale, habitent la France.
II. Pélobatides. — Deux genres et trois espèces d'Europe et de France : les Pelotâtes brun (Pelotâtes fUscus^ Laur.) du Nord, et cu/ZH^pMe (P. cultripes, Guvier) du Midi; et le Péiodyte pcnctué (P. punctatu», Dugès), ce dernier très-répandu dans notre patrie, et s'étendant fort pen au-delà.
m. Bomtvnatorides. — Deux cenres européens, chacun d'une espèce. L'une d'elles, le Diseoglosse (Discoglossus pietus, Otth.), habite le pourtour et les lies de la Méditerranée, mais reste étrangère & la France ; tandis que l'autre, le Sonneur {Bombinator igneus, Laur.) est fort commune dans Ics^ localités calcaires ou argileuses de notre patrie.
IV. Alytides. — Un seul genre et une seule espèce, VAlyte accoucheur {Alytes obgtetricans, Laur.) excessivement commun par toute la France dans la plaine comme dans la montagne où il s'élève Jusqu'à 1,000 mètres d'altitude.
L'ordre des UrodAlbs (à queue apparente) se divise en deux sections: l'une, sous le nom de Caducitranches, comprend les espèces dépounmes, dans l'âge adulte^ de branchies et même de toute trace de perforation des côtés du cou; elle ne contient que la famille des Salamandrides ; l'autre^ sous la désignation de Pérennibranches ou Trémadotères (cou percé), renferme les espèces dont le cou reste perforé durant tonte In vii».
Nous no parlerons que des Salamandrides et nous citerons d'abord deux salamandrides exotiques, VOnychodactyle au Japon [Onychodactylui Schlegeli, Tschudi), remarquable par la uille considérable qu'il atteint (plus d'un mètre), et par les étuis cornés qui enchâssent les extrémités de ses doigts ; et le Siredon Humboltii, du Mexique^ acclimaté dans nos aquariums, et longtemps classé dans la famille précédente, alors que l'on ne connaissait que sa larve branchiée, V Axolotl mexicanus.
Eu Europe cette famille est représentée par treize espèces dont neuf seulement se trouvent en France, et sont réparties en trois genres.
Le senre Soiomoncfre, caractérisé par une queue arrondie et par la présence de parotides sur les côtés de la nuque, comprend la Salamandre commune (Salamœidramaculosa, Laur.), répandue par toute la France; et la notre (S. atra, Ijuir.}, spéciale aux Alpes, vivant Jusqu'à 3 000 mètres d'aici* tude, et ne descendant guère au-dessous de 850 mètres.
Le genre Euprocte a la queue aplatie en rame comme les Tritons, mais est toujours dépourvu de la crête qui orne au printemps le dos des mâles de ces derniers. Une espèce française habite leslacs élevés des Pyrénées, et une autre européenne est signalée en Sardaigne et en Sicile.
Enfin le genre Triton compte en Europe et en France six espèces qui sont: le Crété (Tmoncrûtatus,lAUT.)y le Triton de Biasius IT. Blasii, de l'Islej, le Marbré {T. marmoratus, Latr.), VAipestre {T. alpestris, Laur.), le Ponctué {T. parisinus, Laur.), et le Palmé {T. palmatus^ Schneid.>.
Le Triton de Biasius n'a Jusqu'à présent été^ trouvé qu'en Bretagne. Tous les autres se rencoo-
BATRACIENS
BATRACIENS
trentaox enrirons de Paris; le Marbré et le Palmé seuls paraissent exister dans le midi.
Au trois ordre» qui composent de nos Jours la ehsse des Batraciens, il conyient d*en ajouter un qoatrième, si Ton Tout tenir compte des espèces qui ont Téca dans les temps géologiques. Cest cehi des DinoàéUraeiens ou Labyrinthodcntes, uàmva pour la plupart gigantesques, dont on irooTe les débris dians les terrains du trias et dans ceaxde Tétage cariwnifère. Les trois ordres actellement existants ont eu d'ailleurs des représenunts depuis des époques très-reculées, et Gudiy a récemment signalé Texlstence des Urod^ jusque dans le terrain primaire.
Le tableau suivant comprend toutes les espèces françaises, et permettra darriversanstrop de peine lu Dom de Tune quelconque d*entre elles. Il suffit, ôUQt donné un batracien qu*on veut classer, de se poc«rfoceessiTementles questions indiquées et de M reporter, sulTant la réponse, à Tun des deux floiséfos indiqués à droite, Jusqu'à ce qu'on trouve ie nom de Yespéce,
Koos donnons ici ce tableau complet pour un double motif, d*abord pour serrir de spécimen des ttbleani dicbotomiques dont on se sert aujourd'hui dus toDs les traités d'histoire naturelle, et qu'un iu&tateur doit au moins savoir lire, ensuite parce que les batraciens, étant communs chei nous f( d'uM chasse aisée, sont peut^tre, de toutes ks espèces animales, celle qu'il est le plus facile ds {lire étudier aux élèves, à ceux des écoles norouïes surtout: la distinction des principaux types est k la fois assex nette et assex délicate pour donner lieo à un excellent exercice d'observation n ponr initier l'élève aux principes de la classiflcaiioo Mturelle.
Batraoiens de France.
1 \ Corps nmataé. Pas de qneae ordre Anovre$. t
( Cofps tlloogè. Une queae ordre VrodéUs, 12
I ( Exbémitis des doigts dilatées.
'|5oo !
espèce i. Baihette,
I Pu d« dénis à la mAcboire supérieure et au pa-
1\ l*is genre Crapaiu/. 8
iDesdeoU ,V.... 4
I \ Papille horizontale genre Grenouille, 0
j Poirillc Terticale ou triangulaire 6
■ i Papille triasgalaire espèce ii. Sotmevr.
I Papille nrtiSile. 6
I I Uo éperoD corné an talon genre Pélobate, 11
1 Pu d'éperoD 7
Laatae an peu éehaocrée en arrière, corps élance. espèce m. Petodyte,
UBfue entière, corps ranasié... espèce ir. Algte,
Cb pli cvlaaé le long dn tarse, une glande paroCi* diforme sur la jambe ....... espèce t. Calamité,
Pu de pli cutané le long dn tarse, ni de glande porotidirorme sur la jambe. . espèce ti. Commun,
Dents vomériennrs entre les orifices internes des atrioes espèccTii. Verie.
Dents Tomériennes en arrière des orifices internes des narines 10
Qo^ad on ramène en avant le long du corps le membre postérieur, le talon arrÎTe au niveau de l'œil on de la narine espèce nu. Bousse,
Duis les mêmes conditions, le talon dépasse grandefteat reitrémité du museau. , espèce IX. Agite,
Crine convexe entre les feux, éperon jaunâ-
tre..
Mae plat entre les
espèce x. Brun,
yeux , éperon noir.
espèce xi CuUrq>ède,
Qttae arrondie genre 5a{ama7idrtf. 14
Qoeae aplatie ,. la
hinùi de crfte dorsale espèce xn. Euproete,
tM crête chez le mâle au temps du frai.
genre Triton, 15
**e jotaleinent noire espèce xm. Notre,
■wc tacbéede noir et de jaune,espèoe xit. Commime.
Sons la gorge, un repli cutané bien apparent, jamais
les pieds palmés ,.,, l(^
Pli sous-gulairc absent ou à peine indiqué, pieds
palmés ou lobés chex le mâle au temps du frai... i^ Tentre nnicolore, orangé. Crète du mâle basse et
rectiligne espèce xv. il /nes/re.
Tentre à grandes taches, ou finement piqueté. Crète
du mâle élevée. 17
Tentre finement piqueté de blane sur un fond lavé de brun et d'orangé. Dos vert, marbré de brun.
• • ..••.. eapèce xri. Marbré,
Tentre à grandes tachas noires sur ibod orangé ... . IS Dos vert, marbré de bmn. espèce xvii. de Blatius. Dca noirâtre on bran fauve à taehes noires.
•• espèce xvm. Crété.
Chei le mâle, au temps du frai, pieds lobés ; crête élevée et dentelée ; pas de plis saillants le long des flancs; queue acuminée... espèce xix. Ponctué, Chex le mâle, au temps dn frai, pieds palmés; crête basse et rectiligne : un pli saillant, aussi élevé que la crête, séparant le dos des flancs ; queue carrément tronqsée, et terminée par un petit filet. • espèce ix. Paùné.
orgamisàtisn.
Peau. — La peau des Batraciens est nue, c'està-dire dépourvue de poils, de plumes et d*écailles, et muqueuse, c'est-à-dire privée d'épiderme corné. Elle est criblée, à sa surface extérieure, d'une grande quantité de pore» ou trous, orifices excréteurs des glandes cutanées. Celles-ci sont de deux sortes. Les unes sont des glandes muqueuses, dont la sécrétion est destinée à lubréfler répidenne et à prévenir sa dessiccation ; et les autres sont des glandes à venin.
Venin, — - Ces dernières sécrètent un suc visqueux, blanchâtre et odorant. L'odeur, et aussi Vi mode d'action physiologique de ce liquide, toujours toxique, varie d'une espèce à l'autre. Les glandes à venin paraissent exister chez toutes les espèces do Batraciens anoures et urodèles ; elles sont seulement moins nombreuses chei certaines, comme les grenouilles, ou leur produit est moins toxique. Tantôt elles sont disposées sans ordre dans tonte l'étendue du téeument externe ; et tantôt elles s'aocumulent de préférence en certaines régions : dans la queue des tritons par exemple ; sur le tronc, des deux côtés de la colonne vertébrale des salamandres ; sur les côtés de la nuque des crapauds et des salamandres. Dans ce dernier cas elles forment deux bourrelets très apparents que Ton connaît sous le nom de parotides.
De nombreuses expériences ont établi la nocuité de ce venin, même sur des animaux volumineux, quand il est introduit dans la circulation ou dans les voies digestives. On a tué des chiens atec quelques gouttes de ce liquide, et môme avec la substance obtenue par sa dessiccation et conservée depuis plusieurs années. Une étude déjà ancienne et cependant assez complète sur ce sujet a été publiée par Gratiolet et Gloéz. Le principe actif du venin du crapaud, d'après les analyses de ces auteurs, serait un alcaloïde soluble dans Téther, dans l'alcool et dans l'eau.
Il ne faudrait pas conclure, de ce qui précède, que les Batradena soient des animaux dangereux. Ils n'ont, dans leur sécrétion cutanée, qu'une arme défensive, destinée à les protéger contre les animaux carnassiers qui voudraient en faire leur proie. Encore certaines espèces qui, comme la couleuvre à collier, se nourrissent prôsque exclusivement de Batraciens, font-elles peu de cas de ce moyen de défense, et avalentrelles les crapauds qu'elles rencontrent sans en paraître incommodées. Mais, en revanche, que Ton présente à un lézard irrité la parotide dun crapaud, et l'on verra le Saurien, après l'avoir mordue, tomber en convulsions et périr en quelques instants.
Il y atout lieu de supposer que le venin des Bstradens, ingurgité ou inoculé à dose suffisante.
BATRAGIBNS
BATRAGIBNS
prodainit sor Thomme la même action délétère qae Ton a constatée sur 4*autre8 animaux et notamment sur le cbien ; mais les Anonres, pas plus oue les Urodàles, n'ont aucun moyen de le faire pénétrer dans notre économie.
Ils ne sont même pas susceptibles de le lancer à distance, ainsi que le croit le vulgaire. Le liquide qu'ils émettent d'ordinaire quand on les tourmente n'est que de l'eau presaue pure qui encombrait leur Tessie et dont ils se débarrassent, soit pour alléger, leur fuite, soit plutôt instinctiToment tous l'influence de la peur.
Quand même quelques gouttelettes de virus auraient accidentellement atteint les yeux, la bouche ou les narines, un simple lavage immédiat à grande eau, en dissolvant l'alcaloïde et entraînant mécaniquement les particules solides qui pourraient irriter l'épiderme. suffira à prévenir tout danger.
On peut aussi impunément prendre les Batraciens à la main, quand même cet organe présenterait des écorchures.
Le venin des Batraciens, du moins celui de quelques espèces, est susééptible d'exercer à distance une certaine action sur la muqueuse olfactive. Ainsi l'anatomiste qui dissèque un Sonneur dans un appartement clos est habituellement pris d'un coryza violent, qui cosse d'ailleurs aussitôt que l'on s'éloigne du lieu de l'opération.
Mue, — Les Batraciens éprouvent très fréquemment le phénomène delà mue. La peau, comme on sait, se compose de deux couches : le derme, de nature fibreuse (c'est lui oui, tanné, devient le cuir), et l'épiderme, formé de cellules adhérentes entre elles. Dans le phénomène de la mue, c'est seulement une partie superficielle de la couche épidermique qui est éliminée.
Chez les Urodèles, les cellules caduques, en s'isolant des cellules sous-jacentes, conservent leur union réciproque, de fagon à former un tissu continu qui s en va d'une seule pièce, se détachant d'abord autour de la bouche, se retournant comme un gant Jusqu'aux extrémités des doigts et de la
âueue, et conservant finalement la forme générale e l'animal qu'il revêtait. Les Anoures, à terre, s'aident de leurs pattes dans cette opération, se déshabillant en quelque sorte de leurs propres mains ; puis ils avalent leur vieille peau. Quant aux Urodèles, dont il est aisé d'observer le mode do procéder dans un aquarium, on les voit, au moment de la mue, s'agiter dans tous les sens, faire mille contorsions, et se frotter avec frénésie aux plantes aquatiques et à tous les corps dont ils peuvent s aider.
Coloration. ^ Nous ne pouvons abandonner cette rapide description de la peau des Batraciens, sans dire quelques mots de son mode de coloration. Quelques espèces, comme l'alyte, le crapaud commun, sont constamment revêtues d'une livrée terne et obscure ; tandis que d'autres, parmi lesquelles nous citerons les crapauds vert et calamité, le triton marbré, sont parées de couleurs éclatantes. Tout le monde connaît la robe vert tendre de la rainette. La nature et l'agencement des couleurs varient d'ailleurs chez ces animaux, non-seulement d'une espèce à l'autre , mais même chez les divers indiviaus d'une même espèce, suivant l'âge, le sexe, la saison, et d'autres conditions indéterminées. Bien plus, la plupart des Batraciens possèdent, à un deéré plus ou moins élevé, la propriété de modifier les teintes do leur robe a'un insunt à l'autre, comme fait le caméléon. La rainette est surtout remarquable à cet égard, et sa couleur verte habituelle peut passer au bleu et au noirâtre d'une part, et d'autre part au Jaune et même au blanc Jaunâtre. Les diverses nuances du brun Jaunâtre ou rougeâtre forment la base de la coloration des Batraciens. C'est d'ordinaire sur un fond semblable que ressortept les uches vertes ou bleues. Jaunes,
orangées ou rouges. Le blanc domine le plus souvent sur les faces inférieures du corps, les teintes foncées régnant de préférence sur les faces supérieures.
Les cas d'albinisme, complet ou partiel, ne sont pas excessivement rares ches les Batraciens. Cet état est produit, conune on sait» par l'absence on par la diminution notable da pigment noir. Le pigment jaune en pareil cas ne subit pas d'ordinaire de modifications. Aussi les albinos des Batraciens, alors même que l'albinisme est absolu et qu1lt ont la pupille rouge, ne sont-Ils pas blancs, niais le plus souvent colorés en Jaune plus on moins Intense.
Locomotion — Les plus terrestres de tous les Urodèles sont les Salamandres. La commune ne passe à l'eau que quelques instants dans sa Tie, le temps d'y déposer ses larves; et la noire, dont les petits naissent à 1 eut parfait, est même dispensée de cette visite. Aussi ces deux espèces sont-elles tout à fait inhabiles à la natation, et se noient-elles dans nos aquariums, si aucun objet émergeant de l'eau ne leur fournit un point d appui. Mais nos tritons vivent à Teau trois et quatre mois de l'année, de février à mai et Juin, tout le temps que dure leur frai; et ils s'y montrent vraiment tout à faitàleor aise. Tandis qu'à terre ils se traînent péniblement à l'aide de leurs membres petits et grêles, incapables de sauter et même de courir ; à l'eau, leur queue aplatie en rame, et garnie sur abs deux bords dune minoe membrane qui vient encore augmenter sa surface, leur fournit un puissant moyen de locomotion. Quelques espèces ont ea outre les membres postérieurs palmés, mais elles ne se servent de ce moyen accessoire, qui d'ailleurs n'appartient qu'à l'un des sexes, que dans le cas où aucune émotion violente ne les excite. Quand ils sont pressés de fuir, ou même quand ils ont à parcourir un trajet d'une certaine longueur ; quand
Par exemple, ils viennent respirer à la surface de eau, ils laissent leurs membres retomber le long du corps, et progressent à l'aide de vigoureuses impulsions de la queue. Ils s'élancent brusquement, dans les directions les plus inattendues, et d'ordinaire se laissent .filer un instant pour repartir ensuite dans un autre sens. D'ailleurs, môme à l'eau, ils ne nagent pas to^|ours. En gonflant légèrement leurs poumons, ils peuvent se maintenir immobiles à la surface; en tes vidant un peu, Us rendent leur densité supérieure à celle du liquide , et on les volt alors marcher au fond de l'eau sur le sol ou sur les plantes aquatiques, le corps soulevé, les extrémités des pattes appuyant à peine sur l'obstacle qui les supporte.
La plupart de nos Anoures sont surtout terrestres, n'allant à l'eau que pour frayer, et le temps du frai ne durant d'ordinaire que quelques Jours pour chaque individu, alors même qu'il se poursuit plusieurs mois pour l'espèce entière. L'alyte, comparable sous ce rapport à U salamandre terrestre, ne se rend à la mare ou à la flaque d'eau vo^ sine que pour donner le Jour à sa progéniture; et, le plus souvent, il ne perd pas pied pendant que ses œufs baignent dans Teau ou ils doivent
De tous nos Batraciens assurément les plus agiles nageurs sont les grenouilles vertes. Qui n'a pris plusir au bord d'une mare, par un Jour d'été bien ensoleillé, à voir ces animaux, à la moindre alerta, s'élancer quelquefois de plusieurs mètres de haut,
{>longer la tête la première, décrire sous Teau une égere courbe et revenir à la surface contempler robJet.de leur frayeur. Si aloirs ils ne se trouvent
{»as rassurés, ils plongent de nouveau, et cette bis s'enloncent dans là vase ou se cachent au milieu des plantes aouAtiques. lU nagent .surtout à l'aide de leurs membres postérieurs. Leurs brss restent immobiles, ramenés le long du corps, peo-
BATRACIENS
BATRACIENS
^ant qii*aTec leon pied» plus ou moins palmés (la -^lalmare m^vnokce losqu^au bout des orteils ches la grenouille Terte), Ils prennent un point d'appui sur ^'élément liquide et se pouasont en avant.
A terre, la démarche des Anoures varie suivant
respèce. Le crapaud commun marche gravement;
fliais il progresse de préférence par petits sauU.
Le talamite, dont les membres sont beaucoup plus
courts, est à peu près incapable de sauter; mais
sa démarcbe ordinaire est assez rapide. A le voir
courir, on dirait une souris. Mais il ne peut soute-
Dîr lonrtemps cette allure, et s*arrète tous les 2
ou 3 mètres pour reprendre baleine et observer
ce qui se passe autour de lui. La grenouille agile,
as contraire, dont les membres postérieurs ont
une longueur considérable, marche peu volontiers,
mais fait des bonds de 2 à 8 mètres.
/fous avons vu plus haut que les rainettes ont les doigts termines par de petits coussinets. Un liquide visqueux suinte de nombreuses glandes locées dans l'épaisseur de ces coussineu, et fkit adhérer ces organes aux surfaces les plus lisses ; et cette adhérence est encore augmentée par un mécanisme assez compliqué que nous n'avons pas le loisir de décrire ia. Du reste, quand une rainette grimpe contre une surface polie, elle ne se sert pas seulement de ses doigts; son ventre humide, étroitement appliqué contre Tobstacle, lui fournit encore un puissant concours dans cette opération. Tous nos tritons, nos petites espèces de Batraciens anoures, et même les autres quand, dans leur Joune Age, elles sont encore d*un poids peu considérable, n'ont pas les doigts dilatés de la rainette, et ils parviennent cependant à s'échapper des aquariums où on les conserve» si Ton n'a pris la précaution de recouvrir ceux ci d'un grillage métaliiqne. Us adhèrent avec leur ventre contre la paroi verticale et lisse, glissant sur elle sans s'en écarter, se tirant ou se poussant avec les pattes, jusqu'à ce qu'ils parviennent^ non sans peine, au but de leurs désirs.
Ainsi les Batraciens sont adaptés à la vie aquati* que, à la vie terrestre, et même Jusqu'à un certain point à la vie aérienne. Ce n'est pas tout. La plupart de ces animaux sont nocturnes, et tous disparaissent pendant la saison rigoureuse. Pendant le Jour et durant l'hiver ils mènent une vie souterraine. Jamais absolument engourdis, comme on l'a souvent dit, mais inactifs et presque entièrement immobiles. Plusieurs espèces sont susceptibles de fouir le sol pour se creuser une retraite, quoique généralement ces animaux préfèrent s'abriter sous des pierres, sous des troncs d'arbres, dans des fissures naturelles du sol, ou dans des trous creusés par d'autres animaux. Los crapauds calamités cependant, dans les terrains sablonneux où ils se tiennent de préférence, creusent assez volontiers, à l'aide de leurs membres antérieurs, des Saleries où ils habitent plusieurs ensemble. Hais eux de nos espèces, les pélobates brun et cultri* pède, sont armées au talon d'un ergot cartilagineux revêtu d^une couche résistante d'éplderme corné, sorte de pelle qui leur permet d'écarter le sable dans lequel ils s'enterrent. Quand, après leur promenade nocturne, l'aurore vient les surprendre, iU s'arrêtent là où ils se trouvent; Us s assoient sur leur arrière-train, et^ pivotant de droite et de gauche, ils trouent le sol, repoussent le sable autour d*eux ; à mesure qu'ils s'enfoncent, le sable retombe sur eux et les recouvre. Us descendent ainsi à une assez grande profondeur, pour remonter la nuit suivante à la surface du sol.
Respiration. — Tous les Batraciens anoures et orodeles respirent d'abord, à l'aide de branchies, Tair dissous dans l'eau; leurs poumons se développent de très bonne heure, mais c'est seulement après que ces animaux ont subi leurs méumorpho- •ei et quand ils ont atteint l'eut parfait, que les
poumons restent leurs seuls organes de respiration. Encore faut-il fairo exception pour les Pérennibranches, de l'ordre des Urodèles, qui, bien que
Courvus de poumons, ne perdent Jamais leurs ranchies.
Un simple repli de la peau de la gorge, tenant lieu des ouïes des poissons, recouvre en avant les branchies chez les larves d'Urodèles. Chez les têtards d'Anoures, ce repli vient se souder au téeument en arrière des branchies, en fermant celles-ci dans une cavité, dite c Uambrt branchiale^ qui ne communique en arrière avec l'extérieur que par un seul orifice arrondi, le spiracuium^ placé sur la ligne médiane et inférieure du corps chez certaines espèces, sur le côté gauche chez les autres. En avant, la chambre branchiale communique avec la cavité buccale par des ouvertures étroites et allongées, symétriquement disposées à droite et à gauche, et au nombre de <}uatre paires. Ainsi l'eau qui doit servir à la respiration branchiale est avalée par la larve de Batracien ; elle passe, par les fentes branchiales, dans la chambre branchiale; et, après avoir baigné les branchies, elle est expulsée par le spiraculum chez les têtards d'Anoures, tandis qu elle communique largement avec l'eau ambiante chez les larves d*Urodèles.
Les poumons des Batraciens ne sont pas logés dans une cavité thoracique distincte de la cavité abdominale, et susceptible de s'agrandir ou de se restreindre par le jeu des côtes et du diaphragme. Les côtes des Batraciens sont en général nulles ou rudimentaires, et le diaphragme n'existe pas chez eux. Privés de ce mécanisme de soufflet qui, ches les Mammifères, les Oiseaux et une partie des Reptiles, attire l'air de l'extérieur et le rejette alternativement, ils en sont réduits, pour gonfler leurs poumons, à avaler l'air de rextérieur, de la même façon que leurs larves avalaient l'eau pour baiçner leurs branchies. La bouche étant close, l'onflce des narines étant fermé par la langue et aussi par un mécanisme spécial des os du nez, le plancher buccal se soulève et vient comprimer Tair dans la cavité buccale, n suffit de regarder un crapaud ou une grenouille, pour remarquer ces mouvements caractéristiques de sa gorge, qui s'élève et s'abaisse alternativement et sans discontinuer. Chassé de la bouche, l'air entre par la glotte dans les poumons, plus facilement extensibles que l'cBSophaee. Quant à l'expiration, elle a lieu un peu par 1 élasticité propre des poumons, mais surtout par la contraction des muscles de l'abdomen qui resserrent la cavité générale» et viennent presser sur ces oroanes.
Hais un troisième mode de respiration, fort peu développé chez la plupart des vertébrés. Joue eues les Batraciens un rôle considérable : c'est la respiration cuunée. L'échange gazeux entre le corps et l'animal et l'eau ou l'atmosphère se fait largement à travers la surface entitoe de la peau dépourvue d'épiderme cumé et richement vascularisee. Ainsi la peau entière des Batraciens joue dans l'eau le rôle d'une branchie, et dans l'air celui d'un poumon. Privées de leurs poumons, et n'ayant aosolument que la respiration cutanée à leur disposition, des grenouilles ont pu vivre trente et quv rante jours dans du sable humide. D'autres, maintenues, au moyen d'un filet, dans un courant d'eau sans pouvoir approcher de la 8ur£use, ont conservé la vie pendant plusieurs mois.
Du reste, en temps ordinaire, quand la température est peu élevée et qu'aucune émotion extérieure ne vient surexciter leur activité, les Batraciens consomment une fort petite quantité d'oxygène; et, de même qu'ils sont susceptibles de supporter de longs jeûnes, ils peuvent encore dans ceruins cas résister à une diminution considérable d'air.
BATRACIENS
BATRACIENS
Séquestration. — Cela explique le cas intéressant et bien établi de crapauds trouvés dans des cavités complètement closes, où ils étaient enfermés quelquefois depuis asses longtemps : dans des troncs d*arbres, dans des creux de rochers, dans de vieilles constructions
L'amour du merveilleux est allé Jusqu'à prétendre qu'on en avait trouvé au milieu de roches anciennes, dans des cavités sans issues ; et que, par suite, ces animaux, contemporains de la formation de ce rocher, étaient enfermés là depuis des milliers de siècles, n n'y a pas lieu de s'arrêter à de pareils dires. Hais il est certain, des expériences nombreuses l'ont démontré, que les crapauds et les Batraciens en général peuvent vivre fort longtemps séquestrés dans des corps poreux et humides. Dans Tétat d'inaction forcée où Us se trouvent alors, leur vie, très peu active, fait une très petite consommatioo de substance, et l'air qui filtre à travers les pores de la pierre sufRt à leur respiration peu exigeante. Mais il leur faut une certaine humidité, sans quoi ils se dessèchent et meurent rapidement.
La première expérience, pour élucider la question qui nous occupe, fut faite en 1771 : on renferma devant l'Académie trois crapauds dans des boites séparées et scellées avec au plâtre. Dixhuit mois après, les boites forent ouvertes, et deux des trois crapauds forent trouvés vivants. Cette expérience a été souvent répétée depuis, et a réussi aussi bien avec des grenouilles ou des tritons qu'avec des crapauds.
Voix. — La glotte des Batradens anoures est pourvue de cordes vocales qui ne se retrouvent pas chez les Urodèles. Aussi, si ces derniers sont a peu près muets, toute leur voix se réduisant à un petit bruit sec et peu distinct qu'ils émettent quelquefois quand on les prend à la main, ou même sans provocation apparente, il n'en est certes pas de même des Anoures. Chez eux chaque espèce a son chant particulier qui, s'il n'est pas harmonieux, est parfois très puissant. Du reste ce n'est qu'au temps du frai qu elle le fait entendre, demeurant muette tout le reste de Tannée. Seule, la rainette fait exception à cette règle ; et, durant l'automne, surtout par les temps orageux, elle pousse du haut des arbres et du milieu des buissons quelques notes isolées, ne rappelant, il est vrai, que bien faiblement ces chœurs formidables qui assourdissaient les oreilles de l'habiunt des campagnes durant les belles nuits d'avril et de mai. Cette musique avait paru Jadis bien désagréable aux abbés de Luxeuil, puisque au nombre des obligations de leurs serfs était celle de battre l'eau des étangs pour faire taire ces Batraciens.
Le chant de la rainette peut s'exprimer par les syllabes : karak, karak, rapidement et longtemps répétées, et rappelle un peu le bruit d'une forte crécelle.
Nos paysans le confondent d'ordinaire avec le chant de la grenouille verte, pourtant bien différent. Celui-ci, qui se fait entendre en été, après que la rainette s'est tue, auoique beaucoup plus varié, n'est guère plus agréable. Mais qui n'a entendu, par les belles nuits d'été, le long des chemins, et aux abords d'un village, une voix douce et fiùtée, imitant jusqu'à un certain point le son loinuin d'une cloche de cristal? CNsst le chant mélancolique de l'alyte accoucheur. Un grand nombre de ces voix se répondent l'une à l'autre et produisent un effet qui n'est assurément pas dépourvu de charmes. Si, s'éloignant un peu plus des maisons, on s'arrête durant les chaudes soirées de Juin auprès d'une fonuine ou d'une petite flaque d'eau, on entendra souvent un chant voisin du précédent, mais plus timide encore, celui du sonneur à ventro orangé. Il se compose de deux notes plus basses que celle de l'alyte, la première
un peu plus élevée que la deuxième. Elles sont émises l'une à la suite de l'autre, et répétées sans interruption, lentement d'abord, pois de plus en plus vite. L'onomatopée houhou^houhou^ AouAotc... reud assez bien leur effet. Le sonneur est d'ailleun susceptible de varier un peu cette musique. Il prélude quelquefois par un ramace assez varié, miis très faible, semblable d'abord au gazouillement d'un oiseau qui rêve, mais qui peu à peu se modifie et passe avec ménagement à ses habituels houhmt Beaucoup moins gracieux est le cri du gentil péiodyte. On peut le comparer au craquement d'un soulier neuf. On l'entend quelquefois dans les fossés qui bordent les chemins.
Plusieurs espèces d'Anoures sont douées d'un orgauD accessoire de chant, d'une sorte de caisse de résonnance qu'on désigne sous le nom de vesne vocale. Le mUe, qui toujours est le plus bavard, quand la femelle n'est pas absolument muette, eo est seul pourvu. C'est une sorte de sac élastioue, simple ou double, occupant le dessous de la gorge ou les côtés du cou. II est apparent seulement quand il est gonflé ; néanmoins en dehors de cette circonstance, sa présence est indiquée, soit par une gorge plus lâche et plus pigmentée, comme cela se voit chez la rainette et le calamité, soit
fiar une paire de fentes latérales à traTers lesqueles il fait hernie quand l'air le remplit, coomie cela a lieu chez la grenouile verte.
Les Batradens anoures ont la faculté de chanter sous l'eau, en dehors de toute communication avec l'air extérieur. Ce fait, oui paraît paradoxal ao premier abord, peu se vérifier aisément dans un aquarium; il suffit pour cela de maintenir sous l'eau un mâle au temps du frai, et de le faire chanter, en lui pressant le ventre ou les flancs.
Circulation. — Les Batraciens sont, comme les Reptiles et les Poissons, des animaux à circulation incomplète, et par suite k température variaàle. Leur cœur, comme celui des reptiles^ présente deux oreillettes, et un seul ventricule dans lequel se fait le mélange des sangs artériel et Teineux. L'oreillette gauche, qui recevait le sang des branchies dans le Jeune âge, le reçoit des poumons dans l'état parfait, et le corar présente la même disposition générale après comme aVant la métamorphose.
Le système lymphatique, qui sert d'intermédiaire entre le sang et les éléments des tissus, et apporte à ceux-ci l'oxygène et la nourriture, est chez les Batracieni construit sur le même type qae chez les Reptiles. Chez les uns comme chez les autres, il est muni, en différents points de son trajet, de vésicules pulsatiles connues sous le nom de centra lymphatiques. La facilité avec laquelle se détache la peau des Batraciens anoures, de la grenouille verte par exemple, tient à la présence chez eux de grands espaces lymphatiques sous-cutanés, ^ui, dans la plus grando partie de son étendue, isolent la peau des parties sous-jacentes.
Digestion. — Les Batraciens anoures à l'étot parfait, et les Urodèles durant toute leur vie, se nourrissent de proie vivante. Dès qu'un petit animal a attiré leur attention, ils l'observent et ne se saisissent qu'après avoir constaté qu'il fait des mouvements ; car, dans le choix de leur nourriture, ils paraissent ne se diriger que d'après les indications de la vue. Et ce sens les trompes quelquefois. On sait qu'une des manières de capturer la grenouille verte consiste à agiter au-devant d'elle à l'extrémité d'une ligne, un objet quelconque, un morceau de drap rouge, par exemple ; le Batracien croit apercevoir un être animé, se précipite sur lui, et se prend k l'hameçon. D'ailleurs ces animaux sont très voraces, dévorant à peu près tout ce qui remue et n'est pas trop gros pour le calibre de leur bouche. J'ai vu une énorme grenouille verte en train d'avaler une rainette; une autre
BATRACIENS
BATRACIENS
^nouille de grande taille a englouti, sous mes yetu, une Jeune souris; et, le lendemain, elle déjeunait encore d'un lézard de petite taille.
Dans ces conditions le batracien s*élance sur sa proie, la goeale ouverte, et la saisit entre ses mâcboires; mais, d'ordinaire, c^esten projetant sur eui leur langue gluante et extensible, que les Batraâeas anoures 8*emparent des petits animaux, in- •cetet, vers* mollusques, etc. A cet effet cet crguie chei plusieurs d*entr'eux n*est fixé que par sa portion antérieure au plancher de la bouche, et M trouve libre dans tout le reste de son étendue.
Mais il n*en saurait être de même chez les Urodèles. dont la langue n*est généralement libre que nir ses bords et un peu en arrière. Ils en sont réduits à pincer leur proie entre leurs deux mâchoires. On conçoit tout le service que doivent leur rendre en pareil cas les dents nombreuses, acérées et courbées en arrière, qui garnissent le pourtour de leurs mâchoires^ et se montrent encore à leur palais, disposées en deux lignes longitudinales et plus ou moins flexueuses. Rien n^est d*ail- Icm plus aisé que de voir des tritons prendre leor repas dans un aquarium. Qu'on leur donne quelques vers de terre ou quelques lar/es de Chi- Tooomes, vulgairement appelées vers rouges ; dès qa*ils ont vu cette proie, ils Tobservent, ils s*en approchent cauteleusement. Tout d'un coup, ils se précipitent sur elle et s'en emparent. Le ver a beau se débattre, il est solidement maintenu ; tous se« mouvements ne servent qu*& hAter son ingurptttion. U est avalé peu à peu, par petites secousset. le triton se reposant quand il est fatigué, et reorsoant ensuite ses mouvements de déglutition.
L'alimentation exclusivement animale des Batradeosesten rapport avec la brièveté et la simplicité de leur tube digestif. Uœsophage se continue directement avec l'estomac, sans valvule ni rétrécisiement; à celui-ci fait suite un intestin grêle, relativement court et peu (lexueux, qui débouche brruqnement dans le rectum fort large et rectiligne. 11 n'y a pas de cœcum. Mais l'intestin des larves d'anoures est excessivement long, et enroulé aor hii-mème comme un peloton de ficelle. On peat observer cette disposition sur l'animal vivant, erice à la transparence de sa paroi abdominale. La forme de l'appareil digestif est encore ici corrélative de la nature des aliments qu'il doit digérer. Les têtards, en effet, se nourrissent de cuiières appartenant aux deux règnes, animal et végétal, donnant la préférence à celles oui ont rabi an commencement de décomposition. Ils sont omnivores. Ils sont très friands de leur propre chair, dévorent leurs camarades morts ou malades, et même se mangent réciproquement la queue, quand on néglige de les nourrir suffisamment. Leur voracité a été utilisée pour la confection des squelettes de petits vertébrés, qu'il serait, sinon impossible, du moins difficile et fastidieux de préparer an scalpel.
Les Batraciens ne boivent pas. Cest par leurs té^ments perméables et richement vascularisés qa ils absorbent l'eau dont a besoin leur économie. La grande porosité de leur peau explique comment à^ Batraciens peuvent résister à une haute température extérieure, comment en particulier des grenoulleK peuvent s^exposer à toutes les ardeurs don soleil d'été sans en paraître incommodées. Leur peau agit à la façon oes vases de terre que Ton nomme alcarazas. Le liquide qui transsude et s'évapore suffit à refroidir le vase comme le corps de l'animal. Mais, si cette situation se pro- V^nseait, la grenouille, qui perd peu à peu de son {Mids, finirait par succomber desséchée. Quand la dessication n'a pas dépassé certaines limites, un ûnple bain rend promptement à l'animal tout le poids qn'il avait perdu.
Ls porosité de la peau explique encore pourquoi |
les espèces terrestres, et môme toutes les espèces durant leur séjour terrestre, ont des mœurs à peu près exclusivement nocturnes, ne se laissant aller à sortir de jour que par les temps pluvieux* En dehors de cette circonstance, elles restent tout le jour Upies dans leurs retraites humides ; mais, le soir, quand tombe le serein, elles recouvrent leur activité, n'ayant plus à craindre le contact d'un air trop sec, et pouvant même absorber de l'eau en se traînant contre les plantes couvertes de rosée.
Reproduction. — Les œufs des Batraciens anouros sont fécondés extérieurement, au moment de la ponte, comme ceux de la plupart des poissons. Ils sont entourés d'une enveloppe mucilsRinease nt transparente, et d'ordinaire réunis un grand nombre ensemble; leur masse affecte alors la forme, soit d'une pelote arrondie et grosse environ comme la tète d un homme (grenouilles), soit de deux cordons plus ou moins étirés et emmêlés eu un lourd écheveau (crapauds), soit d'un cordon unique, plus court, plus gros et d'un diamètre plus irrégulier (pélobates).
Le nombre des œufs pondus par une femelle. est considérable.
Certaines espèces ne se reproduisant qu'à une époque de l'année fixe et limitée, des millions d œufs se développent k la fois dans certaines eaux. Parvenus k l'état parfait, les jeunes Batraciens s'abritent sous les pierres, les feuilles mortes, les débris de bois, auprès des mares qu'ils viennent de quitter. Qu'un ora^e éclate alors, et l'on verra ces petits animaux, quittant leur retraite aux premières
gouttes de pluie, couvrir les champs et les chemins 0 leurs innombrables légions. Ainsi s'explique tout naturellement un fait quia donné lieu aux plus fabuleuses croyances. Les anciens prétendaient que les jeunes grenouilles naissaient de la poussière desséchée des chemins fécondée par les grosses gouttes de pluies ; ou que, se formant de toutes pièces dans les airs, elles tombaient avec les pluies d'orage. Cette dernière opinion s'est perpétuée jusqu'à nos Jours. Assurément, on ne croit plus à la vénération spontanée des grenouilles; mais bien des auteurs ont admis Texislence des pluies de crapauds, les expliquant à l'aide de trombes atraosphérioues.
Les œufs de la plupart des Anoures sont pondus à l'eau, et les embryons éclosent au bout de quelques jours, encore tout à fait informes, et ne possédant même pas les premiers rudiments de l'appareil digestif. Les branchies n'existent pas encore; elles ne se montrent que quelques Jours après la naissance, et sont d'abord externes ; mais bientôt, à mesure que se forme la chambre branchiale, les rameaux extérieurs de ces branchies s'atrophient, pendant que de nouveaux bourgeons, poussant sur les mêmes troncs, produisent des branchies internes. Bientôt, des deux côtés de la base de la queue, on voit poindre les membres postérieurs. Les membres antérieurs se développent simultanément, mais sous la peau, en arrière de la cavité branchiale. Au moment de la métamorphose seiûement, ils percent leur enveloppe. Alors la queue se résorbe graduellement ainsi que les branchies, la chambre branchiale s'oblitère, le bec tombe, la bouche s'agrandit, et le petit batracien est en tout semblable à ses parents. Seul, parmi nos espèces indigènes, l'alyte accoucheur ne pond pas à l'eau. Le mile emmêle en un paquet les œufs pondus sous forme d'un chapelet, et au nombre d'une quarantaine environ, passe ses Jambes au milieu de leur masse et les garde ainsi sur ses cuisses, Jusqu'à leur maturité. Alors U se rend à l'eau et les œufs éclosent. Le têtard vient au monde bien plus avancé oue ses congénères, fort alerte, et présentant déjà l'aspect qu'il conservera Jusqu'à la métamorphose.
BATRACIENb