ACTIVITÉ
on a placé son argent en achetant det actions à un cours donné, connaissant le dividende annuel. C'est une simple règle de trois (V. ce mot).
Si, par exemple,on a acheté des actions du Comptoir d'escompte au cours de 809 fr., et que le dividende ait été de él'^jSO, on aura à résoudre cette question :
Si 809 fr. ont rapporté 41 '',50, que rapporteraient 100 fr. ? MultipUani 41'%50 par 100, et divisant le produit par 809, on trouve pour le taux demandé 5",129... ou à peu près 5M3.
Pareillement, si 1 on a acheté des actions du chemin de fer du Nord an cours de 1007 '',50 et que le dividende ait été 62 fr., on dira :
Si 1007'',50 ont rapporté 62 fr., que rapporteraient 100 fr.? Multipliant 6*2 par 100, et divisant le produit par f007'%50, on obtient pour le taux du placement, 6'% 158... ou à peu près 6'% 15.
5. Enfin on peut avoir à résoudre un problème dans lequel figurent à la fois des actions et dos rentes. Tel est le suivant : Au 9 octobre 1777, la r^nte â />. 100 était au cours de 69, et les actions du Crédit foncier étaient cotées 64 1",25. On demande quel devrait être le dividende, et par suite le bénéfice de la Compagnie, pour au'il y ait avantage à choisir le second placement f 11 faut d*abord cher' cher quel devrait être le dividende pour que les deux placements fussent également avantageux : c'est une simple règle de trois.
Si 69 fr. rapportent 3 fr., que rapporteront Gil",35 au même taux ? Multipliant 64l",25 par 3 et divisant le produit par 69 (ce qui revient à diviser 64l",25 par 23), on trouve 27",88. Tel devrait être le dividende. Il faut en déduire le bénéfice de la Compagnie. La valeur nominale d^une action étant 500 fr., les 5 p. 100 de cette valeur donnent 25 fr. ; si Ton retranche ces 25 fr. du dividende 27'%88, le reste 2'',88 représentera les | du bénéfice par action ; on aura donc celui-ci en divisant 2'%88 par |, ce qui donne 3<^,60. Par suite, le bénéfice lotal sera le produit de 3'%60 par 60000, nombre des actions, ce qui donne 2160000 fr. Il faudrait donc, en définitive, que le bénéfice de la Compagnie dépassât cette somme pour qu'il y eût avantage à acheter plutôt des actions qu^ des rentes.
[H. Sonnet].
ACTITITÉ. - Psychologie XVI. — {Btym. puissance ou faculté d'agir,)
D'après certains systèmes philosophiques, Taotivité serait le caractère universel des êtres. Affir serait synonyme d'exister. Telle est, par exemple, la doctnnede Leibniz, qui Jusque dans la matière la plus inerte prétend voir des forces agissantes. Écartons ces hypothèses métaphysiques et contentons-nous de reconnaître avec le sens commun, que l'activité appartient à un grand nombre d'êtres, sinon à tous.
L'activité se présente donc sous un grand nombre d'aspects, selon la nature des êtres où elle se manifeste. Mais, avant d'indiquer ces différentes formes, il est possible de donner une définition générale de l'activité, c'est-à-dire d'analyser les éléments communs que renferme toute activité, quelle qu'elle soit.
Définition générale de Vactivité. — Le premier fait qui nous ftrappe dans un être doué d'activité, c'est qu'il change. Les changements d'état, la feuille ou la fleur qui se déploie sur une tige végétale, les mouvements qui s'accomplissent dans les membres d'un animal, la succession des sentiments et des pensées qui se suivent dans la conscience humaine, toutes ces modifications trahissent l'activité Mois ces changements seraient inexplicables, s'ils n'étaient pas les résultats des mouvements d'une force intérieure, force physique dans ies corps en général, force vitale dans la plante, force motrice chez les animaux, force intelligente chez l'homme. Le second élément compris dans
l'idée d'activité, c'est donc la conception d'une
Suissance cachée qui se développe, et qui en se éveloppant détermine un changement. Enfin, on ne comprendrait pas que cette force obéit ainsi à la loi du mouvement, du changement incessant, si l'on n'admettait pas, en troisième lieu, que nécessairement ou liorement, aveuglément ou avec conscience d'elle-même, elle tend à un but et à une fin. La plante fleurit pour se reproduire, l'animal se meut pour satisfaire son appétit et ses divers besoins physiques : l'homme açt pour atteindre le but qu'il désire et qu'il conçoit. Xà inconsciente, ici réfléchie, l'activité pout toujours être définie : li développement d^une force qui tend à une fin.
Différentes formes de Vcmtivité. — Le végétal qui naît, croit et meurt, agit en un sens ; mais cette activité est sourde et obscure, elle ne se rend nullement compte d'elle-même. Déjà chez ranimai nous rencontrons une activité plus haute, plus complète : l'animal qui se meut, qui a des désirs et qui le sent, qm possède une certaine conscience de lui-même, l'animal soufl^re et jouit ; son activité est déjà consciente à quelque degré ; mais enfermée dans un cercle infranchissable, elle est uniforme, aveugle, elle se répète dans des actes toujours les mêmes : c'est cette activité qu'on appelle V instinct.
L*homme résume en lui toutes les formes inférieures de l'activité et y en ajoute d'autres. A l'activité végétative de la plante, à l'activité instincUve de l'animal, il joint une activité qui lui est propre, activité réfléchie, pleinement consciente d'elle-même, qui sait où elle va, qui connaît le but qu'elle poursuit, qui délibère avant de le poursuivre, qui calcule les moyens les plus sûrs de l'atteindre, qui enfin se détermine librement par sa propre ini« tiative : c'est Vactivité volontaire ou la volonté.
Les instincts louent un grand rôle dans la vie humaine, chez 1 enfant surtout, alors que la raison n'est pas encore éveillée. L'action de téter, le mouvement des yeux qui cherchent la lumière, tous les premiers actes de l'enfant sont les manifestations de ces forces irréfléchies, dont l'ensemble constitue l'activité spontanée ou Vinstincf.
Chez l'homme mûr, l'instinct s'efface sans disparaître tout à fait, pour faire place, soit aux déterminations réfléchies de la volonté, soit aux mouvements involontaires de Vhabititde : troisième mode de l'activité humaine. Elle est iiréflécble, machinale, aveugle, comme l'instinct, elle en a tou^ les caractères apparents. Aussi l'a-t-on appelée la seconde nature de l'hooime. Et d'autre part, certains philosophes modernes tendent à croire que les instincts no sont que les habitudes acquises
far nos ancêtres et transmises selon les lois de hérédité psychologique. Quoi qu'il en soit, l'habitude ne diffère de l'instinct que par son origine. Tandis que l'instinct naît avec nous, l'habitude s'acquiert. Elle est le résultat d'une action plusieurs fois répétée. L'instinct est comme le berceau, le premier éveil de la volonté : l'habitude, au contraire, c'est la volonté endormie.
Considérée dans ses caractères intrinsèques, l'activité humaine affecte donc trois formes : l'instinct,, la volonté, l'habitude. Mais, si nous l'envisageons dans les objets auxquels elle s'applique, le corps, l'intelligence, le caractère, nous aurons une autre division: Vactivité physique, Vactivité intellectuelle, Vactivité morale. De ces trois domaines, le premier est celui où se développe surtout Tinstmct. C'est, au contraire, la volonté qui domine dans les deux autres, puisqu'elle est le principe de l'attention de l'esprit et de l'énergie du caractère.
Sous ses différentes formes, l'activité est le fond de la nature humaine : nous ne vivons physiquement et moralement que parce que nous agissons de manière ou d'autre. Et, lorsqu'elle s'exerce dans le sens de nos énergies naturelle8,.elle est un»