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CHAUX

k la fois les Testîbules, les escaliers et un grand nombre de pièces. Le foyer est en dessous de toutes les parties à chauffer ; il communique la plus grande partie de sa chaleur à de l'air que l'on distribue ensuite par un système de canaux bien établis partout où il est nécessaire.

Le calorifère à Yapeur d'eau existe plus ou moins perfectionné dans toutes les usines où Ton dispose d'un moteur à vapeur ; des tuyaux de distribution et de transport, convenablement enveloppés, conduisent la vapeur dans des récipients à grande surface extérieure destinés à la condenser et à transmettre à l'air, au travers de leur enveloppe, la chaleur provenant de cette condensation.

Le calorifère à circulation d'eau chaude est surtout remarquable par la régularité de ses effets, et la durée du chauffage qu'il procure ; il était déjà mis en usage par les Romains dans leurs étuves et leurs thermes, mais il n'est économique que dans les grands établissements publics.

[Haraucourt.]

CHAUX. ~ Chimie, XV et XVH. — {Êti/m. : du latin caiciSt dont on a formé le nom du métal le cal' ctum) — Les alchimistes donnaient ce nom & un grand nombre de substances d'aspect terreux, telles que les oxydes de zinc, de mercure, de plomb ; ils disaient chaux de zinc, chaux d'étain, chaux de plomb. Depuis Lavoisier, jce nom désigne exclusivement rox;^de de calcium plus ou moins pur. C'est le chimiste anglais Davy qui, le premier, confirmant ainsi les prévisions de notre immortel Lavoisier, démontra qne la chaux était un oxyde de calcium en en extrayant ce métal au moyen de la pile de VolU, en 1807. Depuis, MM. Liès-Bodart et Jobin ont pu l'obtenir en notables proportions, en décomposant l'iodure de calcium par le sodium. Le calcium est un beau métal Jaune, brillant, inaltérable dans l'air sec, mais très altérable à l'air humide.

La chaux vive pure contenant 72 p. 100 de calcium, on peut dire que ce métal, qui n'existe pur qu'en très petite quantité dans les laboratoires, est cependant un des éléments les plus répandus dans la croûte terrestre, puisque la chaux combinée aux acides carbonique, silicique et phosphorique, est une des substances qu'on y rencontre le plus communément.

Propriétés de la chaux. — Chaux vive ou anhydre. -^ Chaux éteinte. — Chaux grasse. — Chau.x maigre. — Chaude hydraulique. — La chaux se présente en général sous forme de morceaux gris,

flus ou moins durs ; quand elle est pure, comme on obtient en calcinant au blanc des morceaux de marbre blanc, elle est incolore et s*appelle chaux grasse.

Si elle provient de la calcination de calcaires terreux chargés d'argile, de sable et quelquefois d'éléments ferrugineux, elle s'appelle chaux maiere ; elle est alors d'un gris plus ou moins foncé. La cJaaux est infusible aux températures les plus élevées ; à l'air elle se sature à la longue d'humidité et d'acide carbonique, et retourne à l'état de carbonate de chaux ; mise en contact avec l'eau quand elle a été fraîchement préparée, elle l'absorbe en produisant un sifflement comme un fer rouge plongé dans l'eau, puis elle s'échauffe, foisonne et se délite, c est-à-dire se fendille et tombe en poussière seclie ; en même temps elle s'échauffe considérablement (la température peut atteindre 300*), et une partie de l'eau se dégage sous forme de fumée.

Si on continue à ajouter de l'eau, la poussière sèche se mouille, la chaux se refroidit, forme alors une pâte qui est un hydrate de chaux et qu'on appelle chaux éteinte. C*est dans cet état qu'on remploie à la fabrication des mortiers en la mélangeant à du sable ou à des matières siliceuses Dulvérisées.

La chaux éteinte délavée dans Teau doiiiie Tine liqueur blanche qui est le lait de chaux; elle s'y trouve seulement en suspension, car elle est trb peu soluble dans l'eau ; à 15* il faut 778 parties d'eau pour dissoudre une partie de chaux ; si l'eau est bouillante, il en faut 1270 parties, car la solubilité de la chaux diminue au fur et à mesure aue la température s'élève; c'est pour cela qu'une dissolution limpide de chaux se trouble quand on la chauffe.

La chaux est une base puissante ; elle ramène an bleu le tournesol rougi, et elle sature la plupart des acides, même les plus énergiques.

Elle forme avec le sucre un véritable sel, un scacharate de chaux. Cette propriété est utilisée dans l'extraction du sucre pour en retarder la fermentation.

La chaux peut aussi se combiner avec hd grand nombre d*acides organiques avec lesquels elle forme des sels insolubles ; axuud est-ello souvent employée dans l'extraction de C4*s acides.

On a donné le nom de chaux hydraulique k une chaux contenant de 15 à 20 p. 100 d'argile, qui a la propriété de durcir dans Teau, et qui sert à caose de cela à fabriquer des mortiers spéciaux utilisés 4ans les travaux de maçonnerie sous-marins.

Les calcaires argileux naturels qui servent à la fabrication de la daux hydraulique sont quelquefois remplacés par des mélanges convenables de chaux et d'argile pulvérisés. Ainsi à Meudon, près Paris, on fabrique de la chaux hydraulique en combinant un mélange de craie et d'argile.

Etats de la chaux dans la nature ; principaux sels de chaux . '— La chaux n'existe et ne peut exister dans la nature qu'à l'état de sels, puisqu'elle se combine très facilement à l'eau et à 1 acide carbonique. Ses principaux sols naturels sont : 1* les calcaires ou carbonates de chaux ; 2* le gypse ou sulfate de chaux ; a* le phosphate de chaux ; 4* le silicate de chaux ; 5* le chlorure de calcium ; 6* le fluorure de calcium, ou spath fluor; et enfin l'azotate de chaux.

Calcaires. — On donne le nom de calcaire à tous les carbonates de chaux naturels ; rien n'est plos facile que de reconnaître un calcaire, car il fait effervescence avec tous les acides, même avec le vinaigre.

Le rôle des calcaires est extrêmement impo^ tant, soit au point de vue industriel, soit au point de vue géologique. Il suffit, pour s'en convaincre, de savoir que la craie, le marbre la pierre à bitir, l'albâtre, la pierre lithographique, etc.^ sont des calcaires.

Ce sont là les principaux, mais aucune espèce géologique ne présente un plus grand nombre de variétés.

A l'état cristallisé, «le carbonate de chaux constitue le spath d'Islande et Taragonlte. Le premier se rencontre en beaux çros cristaux transparenu de forme parallélipipédique oblique et jouissant de la double réfraction, c est-à^ire qne les objets vus à travers suivant certaines directions paraissent doubles, n a reçu à cause de cette remarquable propriété de très curieuses applications dans certains instruments d'optique. L'aragonite, an contraire, qu'on rencontre beaucoup plus souvent, cristallise en prisme droit à base rectangle. Le carbonate de chaux est donc dimorphe, puisou'o» le rencontre sous deux formes cristallines différentes. Les collections minéralogîques du Muséuan de Paris contiennent les variétés les plus belles et les plus nombreuses d'aragonite et des carbonates de chaux divers.

Les marbres sont formés de carbonates de chaux plus ou moins purs; leurs différentes couleurs tiennent à des matières étrangères. Tous les carbonates de chaux sont décomposés à une haute température en acide carbonique et en chaux.

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M. Danbrée, en chauffant fortement de la craie àixns on canon de fvBll aolidement fermé de manière qae Tadde carbonique ne pût point se dégager, a obtenu aprèb le reftDldissement une subsunce plus ou moins analogue au marbre, ce qui porte à penser que ces calcaires cristallins ont dû 6tre « formés dans certaines conditions de pression «t de tempénture qui ont déterminé leur fusion sans qn*il8 se soient décomposés.

Le carbonate de chaux est complètement Insoluble dans Tean, mais il se dissout dans Veau chargée d*acide carbonique. Le bicarbonate de chaux qui se fonne alors est peu stable, il se décompose à rair en abandonnant la moitié de son acide carbonique : "C^est là Texplicatlon de certaines incrusutiODS calcairei dues à certaines sources ainsi que ces colonnes de pierres naturelles qu'on trouve dans certaines grottes et qu*on nomme stalactites et stalagmites.

G*est encore au bicarbonate de chaux ramené à réut de carbonate insoluble par Tébullition qu*on doit les dépôts si nuisibles qui se forment dans les chaudières à vapeur.

Indépendamment des calcaires de contexture et d'aspect si divers que nous avons cités, toat en ne donnant que les principaux, nous devons encore mentionner le test des mollusques et celui des crustacés, les coquilles d'œufs d*oiseaux, composés de carbonate de chaux asses pur, et les os des animaux vertébrés qui en contiennent une certaine proportion.

Suif aie de chaux, — Gypte ou pierre à^pidtre» — Le Rypse est du sulfate de chaux hydrate ; on le rencontre en masses considérables dans les environs de Paris ; il s'y trouve dans les couches inférieures des terrains tertiaires. U est blanc, inodore, très dur. A la température ordinaire 1000 parties d'eau n'en dissolvent que 2 parties ; sa solubilité augmente jusqu'à 3&*. Vers 100* il abandonne son eau. A 130* la déshydratation est complète, il consume alors le plAtre. Dans cet état il a la propriété de former avec l'eau une bouillie qui se durcit en quelques minutes; c'est là le princioe de ses nombreuses applications. En reprenant Veau qu'elles ont perdu par la cuisson, les parcelles du sulfate de chaux cristallisent finement et forment une masse durcie. Quand le plAtre doit servir au moulage U doit se prendre en 7 ou 8 minutes au plus et en 5 au moins ; cette durée dépend principalement de son origine et aussi de la durée et de la température de sa cuisson.

La pierre à plâtre se rencontre en France principalement à Montmartre, Belleville, Montreuil, Argenteuil, Greil, Vaux; dans le Puy-de-Déme, dans la Céte d'Or, dans Saône-et-Loire et dans les environs d*Aix. L'extraction se fait quelquefois à ciel ouvert, le plus souvent par carrières souterr raiaes. Quelquefois le sulfate de chaux hydraté se rencontre en cristaux ayant Is forme de fer de lance et susceptibles de clivage en lames extrêmement minces qui présentent le phénomène des anneaux colorés. Ces lames détachées avec un canif sont extrêmement transparentes ; chaaflTées quelques secondes à la flamme d'une lampe, elles deviennent blanches, opaques et pulvérulentes.

Albâtre, — Quelquefois le sulfate de chaux se présente en masses demi-translucides dores, blanches, ou bien colorées et formées de cristaux prismatiques entrelacés : c'est l'aibàtre.

Préparation du pUUre, — La cuisson de la pierre à plfttre se fait dans des fours formés de murs surmontés d'une couverture en tuile à claire-voie. On forme avec les plus gros moellons ' plusieurs voûtes construites à sec, et sur celles-ci , on place des fragments de plus en plus petits, au i fur et à mesure qu'on s'élève^ La transformation ' da gypse en plâtro est opérée toujours en moins |

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de douze heures ; on pulvérise sous le moule et on tamise.

Phosphate de chaux. — Le phosphate tribaslque de chaux, PhOi 3 CaO, constitue Télément principal de la partie minérale des os ; il est blanc, insoluble dans l'eau, mais se dissout dans les acides ; il sert à préparer le phosphore (V« Phosphore) .

Le phosphate neutre (PhO*, 2 CaO, HO) se rencontre dans les concrétions urinaires (pierre de la vessie) ; et le phosphate acide (PhO>, CaO, 1B0) existe en dissolution dans quelques liquides de l'économie animale.

Sous forme d'os, le phosphate basique de chaux est depuis longtemps employé comme engrais. « Les os de cuisine ou d'équarrissage, les débris des fabriques de boutons, les nombreux squelettes d'animaux qui, depuis si longtemps blanchissent à l'air dans les pampas de Buenos Ayres ; enfin, assure-t-on, les détritus des champs de bataille eux-mômesont été l'objet d'une exploitation industrielle qui a eu pour effet la fertilisation extrèmementremarquablede contrées entières.» f Bobierre.)

£n traitant le phosphate basique par l'acide sulfurique, on obtient un phosphate plus riche en acide phosphorique et plus soluble, et qui aujourd'hui, sous le nom de superphosphate. Joue un rôle considérable dans le commerce des engrais chimiques. D'après M. G. Ville le phosphate du commerce renferme de 15 à 18 p. 100 d'acide phosphorique.

Coprolithes, — On a donné le nom de coprolithes à des excréments fossiles extrêmement riches en phosphates de chaux. Ces singulières pierres découvertes et étudiées de 1822 à 1829 par M. Buckland ressemblent à des cailloux oblongs de 2 à 4 pouces de long et de 1 à 2 de diamètre. Ils sont aujourd'hui l'objet de nombreuses exploitations dans la Meuse, les Ardennes, le Pas-deH^alais, etc., grâce à M. Dessailly de Grandpré, qui a le plus contribué à répandre l'usage de ce riche engrais.

Hypochhrite de chaux (CIO, CaO). —Pans le commerce on donne le nom de chlorure de chaux à un mélange d'hypochlorite et do chlorure qu'on obtient en faisant agir le chlorure gazeux sur la chaux éteinte. Le chlorure de chaux est blanc, pulvérulent, et répand une odeur de . chlore ; il bleuit le tournesol, puis le décolore; il est employé comme désinfectant.

Azotate de chaux. — On le rencontre sur le sol des caves, le long des murs humides, dans les habitations abandonnées, et quelquefois à la surface du sol sous la forme d'une neigette grls&tre. Il se trouve aussi mélangé à l'azotate de potasso (salpêtre) qu'on ramasse à la surface du sol en Espagne, en Egypte et au Pérou.

Fluorure de calcium. — C'est le spath fluor des minéralogistes. C'est une substance blanche ou colorée, rayant le calcaire, mais qui est rayée par le verre. On le rencontre dans les environs de Parif*, en Auvergne, et dans la plupart dos contrées de l'Europe ; les faux ruhis, les fausses émeraudes, les fausses topazes sont fabriqués avec le spath tluor traité par l'acide sulfurique. Cette pierre donne de l'adde fluorhydrique qui attaque le verre à froid et sert ainsi à la gravure sur verre.

Préparation de la chaux, — On emploie principalement les calcaires impropres à la construction, comme la craie, le calcaire de Saint-Jacques en Jura, le calcaire dur de Château-Landon. La pierre à chaux doit être portée à une température élevée; pour cela elle est placée en moellons dans des cylindres de briques que l'on revêt d'argile, ou qui sont garnis de briques réfractaires ; on chauffe au bois. La calcination dure plusieurs jours. Quelquefois on forme des tas cylindriques de couches alterna-

CHEMINS DE FER

CHEMINS DE FER

tlves de calcaires et de combvstibles auxquels on met le feu.

Usaget de la chaux, — La chaux est smtoat employée à la fabrication des mortiers.

Un mortier est un mélange intime de chaux et de silice puWérisée et mouillée (sable ou scories) ; à la longue il se forme un Téntable silicate de chaux, qui durcit et unit ainsi fortement les matériaux entre lesquels il a été placé. La chaux est aussi extrêmement employée en agriculture, non-seulement à Tétat de plâtre et de phosphate et de calcaire, mais à Fétat de chaux rive ou éteinte. On la mélange quelquefois au fumier.

La chaux est aussi employée dans les sucreries et dans les raffineries, dans Tépuration du gax, dans les savonneries ; on en a fait usage il y a quelaues années pour assainir les champs de bataille ne la guerre franco-allemande.

Ciments, — On donne ce nom à des chaux hydrauliques qui se solidifient pour ainsi dire immédiatement au contact de Teau ; ils proviennent de la caldnation de calcaires naturels très argileux ; les plus connus sont ceux de Vassy, Chartres, Grenoble, Boulogne-sur-Mer. Le Portland anglais si renommé est fabriqué en calcinant un mélange d*argile et de craie.

Chaux des eaux naturelles, — La chaux se rencontre dans presque toutes les eaux naturelles, soit à rétat de sulfate (eaux des puits de Paris) , soit à rétat de chlorure ae calcium, soit à Téut de bicarbonate. Sa présence est facile à constater: les moindres traces de chaux dans une eau y produisent un trouble blanchâtre quand on y verse quelques gouttes d'oxalate d*ammoniaque.

La présence de la chaux dans les eaux qui servent de boissons est nécessaire à la nourriture des os, qui sans cette substance ne prendraient pas la consistance nécessaire ; d'un autre côté les eaux trop chargées de sels de chaux ont un goût terreux, cuisent mal les légumes, décomposent ie savon au lieu de le dissoudre. On comprend donc qu'au point de vue do Thygiène publique et privée, 1 appréciation de la quantité de chaux oue contient une eau naturelle soit une question des plus importantes et des plus délicates de l'analyse chimique. [Alfrçd Jacquemart.]

CHEMINS DE FER. — 1. Des ohemins de fer en gênerai. ~ Définition. — Tout le monde sait ce qu'on entend aujourd'hui par chemin de fer. C'est une chaussée régulière, sur laquelle sont posées bout à bout des barres de fer nommées rails. Ces rails servent non-seulement à la circulation des roues, mais encore à leur imprimer leur direction.

Historique, — De tout temps on a cherché à diminuer la résistance à la traction des voitures en faisant circuler celles-ci sur une matière résistante, pierre, bois ou fer. Par économie, on est conduit à diminuer la largeur de celle-ci Jusqu'à la largeur môme de la roue. Mais alors il faut que la roue soit assujettie, soit par sa forme, soit par celle du rail, à ne pas s'en séparer. On ne sait au Juste à quelle époque on a commencé à faire circuler dans les mines les waçons transportant du charbon sur des rails en bois, et quel a été le premier inventeur de la voie ferrée proprement dite.

Les chemins de fer ne sont entrés véritablement dans la pratique que lorsqu'on eut inventé la loco' motive. Par sa puissance de traction^ la vitesse qu'elle peut atteindre, et l'économie qu'elle présente sur les moteurs animés, cette machine a oflfert de tels avantages que les chemins de fer ont pour ainsi dire acquis immédiatement le mo- ' nopole des transports. j

Sans doute la navigation possède encore l'avan- 1 ta<;e du bon marché ; mais il est souvent contre- ' balancé et au delà par la lenteur à laquelle elle !

est soumise, les chômages imposés par les gelées on Tentretien des canaux, et surtout par limpossibiliié où se trouvent le plus sourent les bateaux de transporter les marchandises depuis leur point d*origlne Jusqu'au point où elles sont employées, sans transbordement ni manipulation accroissant les frais de ces transports. ^

Cest Stephenson qui, en 1829, a construit la première locomotive pratique employée sur le ehemia de fer do Liverpool à Manchester, le premier des chemins anglais. En France on a construit d'abord un petit chemin de fer aux enTirons de SaiDi" Etienne, pour le transport des houilles.

La première ligne aboutissant à Paris a été la liffne de Porta à Saint-Germain^ ouYerto en 1837.

En quarante ans, de 1837 à 1877, on a construit en France 23,000 kilomètres do chemins de fer, en nombre rond, ce qui place notre pays à Ton des premiers rangs sous le rapport de la longueur des chemins de fer comparée à Tétendae du territoire qu'ils desservent. A cet égard, noas no sommes dépassés que par la Belgique, le grandduché de Luxembourg, la Grande - Bretagne, la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas.

En 1850, le réseau français ne comprenait que 2850 kilomètres; en 1867, 15730; en 1874, 30600 et en 1877, 22830.

En cette même année 1877, rÂllemagne possédait 27956 kilomètres; les Iles Britanniques 26,378; la Russie 19971.

En 1877, l'Europe possédait 140550 kilomètres; l'Asie H 100; l'Afrique 2410; TOcéanie 8490 et l'Amérique 148 530. C'est dans cette dernière partie du monde que la construction a eu le plus d'activité depuis rinpft ans. En 1857 l'Amérique n'avait encore que 1950 kil., la 74* partie du réseau qu'elle possédait vingt ans plus tard.

Exposé succinct du fonctionnement des chemins de fer. Puissance de traction de la locomotive, — Sans entrer dans les détails techniques de la construction des locomotives, disons que celles-ci marchent d'autant plus vite qu'elles produisent dans un temps donné une plus grande masse de vapeur, et qu'elles traînent un train d'autant plus lourd que la tension de cette vapour est plus élevée. Ajoutons que cette puissance de traction ns peut s'exercer qu'autant que les roues de la locomotive adhèrent suffisamment aux rails pour ne pas tourner sur place. C'est le frottement dei roues de la locomotive sur les rails qui la force à avancer. Et comme ce frottement est proportionnel an poids de la locomotive, celle-ci devra être d'autant plus pesante qu'on voudra lui faire remorquor nn poids plus considérable. — V. Loeomotine.

Dans l'histoire de la locomotive, qui est inséparable de celles des chemins de fer, il faut citer trois noms : Cugnot, né en 1 725, à Void (Meuse), à qui l'on doit les premiers essais tentés, en 1763, poor appliquer la vapeur au mouvement des voitures ; Georges Stephenson, né en 1781 aux environs de Newcastle (Angleterre), qui construisit la première locomotive en 1814 ; Marc Séguin, né à Annonay ea 1786, à qui l'on doit la chaudière tubulaire qu'il inventa en 1826, ce qui permit d'augmenter Ii puissance des locomotives. En 1828, G. Stephenson et son fils complétèrent l'invention de Marc Séguia en activant le tirage des locomotives par la projection dans la cheminée de la vapeur sortant des cylindres après avoir agi sur les pistons.

Tracé delà voie, — Quant au tracé de la voie, celle-ci ne doit pas offrir de pentes considérables, -sur lesquelles la locomotive serait impuissante à avancer, ni dos courbes de petit rayon, ior lesquelles les trains risqueraient de dérailler, surtoaC lorsqu'ils marchent à grande ritesse. Cependant des circonstances particulières ont conduit à admettre des pentes qui atteignent Jusqu'à 20 millim. pv mètre dans les pays de monugnes, et à construire

CHEMINS DE FER

CHEMINS DE FER

des eonrbes de 200 ou 300 mètres de ravon setilement, où Von évite les risques do déraillement en inclinant le nWeau de la voie du côté du centre delà courbe et en ralentissant dans ces points la vitesse de marche.

Études préliminaires et concession d'une ligne de chemin de fer. — On conçoit aisément que TétQde d*un chemin de fer en projet soit fort compliquée, tant au point de vue des difficultés de la constraction, qu*on cherche à simplifier autant

a ne possible, qu*au point de vue des intérêts ont on s*efforce de desservir le plus grand nombre, pour augmenter le trafic de la ligne.

On peut dire, d'une manière générale, qu'il est pen avantageux d'établir un chemin de fer si le trafic doit donner moins de 60 à 80000 tonnes de mardiandises transportées annuellement sur toute la ligne, ou s'il ne donne pas une recette équivalente en voyageurs.

Aussi la construction d'un chemin de fer n'est-elle jamais coomiencée qu'autant oue les plans définitifs en ont été approuvés par 1 autorité supérieure. Les ineéniflurs de l'Ëtat examinent les plans au point de vue technique, comme ils sont ensuite chargés de vérifier leur bonne exécution avant la réception et la mise en exploitation de la ligne. Les agents de TÉtat sont aussi chargés en tout temps de contrôler l'entretien et Texploitation de tous les chemins de fer.

Chemins dintérét général et d'intérêt local, — Suivant les intérêts qu'ils sont appelés à desservir, les chemins do fer se classent en chemins d'intérêt général et en chemins d'intérêt local. Les premiers sont concédés par l'État seulement; les seconds par les conseils généraux. Hais la compétence de ceuxci est bornée à l'étendue de leor seul département et l'État a le droit de s opposer à des concessions qui constitueraient des lignes de grand parcours, et sous le nom d*intérôt local, échapperaient à sa dépendance.

En 1877, il y avait 2,165 kilomètres de chemins d'intérêt local, contre plus de 20,300 kilomètres de chemins d'intérêt général.

Dépenses de construction et subventions, — Ces chemins sont généralement concédés à des compagnies qui les construisent avec les fonds du public et les subventions que leur fournissent l'État, Uss départements, les conmiunes ou les particuliers sous (iorme de contributions pécuniaires, de constructions de travaux d'art, d'abandon de terrains. Pour encouiager le développement des chemins de fer et obtenir des compagnies la construction de lignes considérées commo insuffisamment rémunératrices, ces compagnies ont souvent obtenu de l'État ou des départements une certaine garantie d'intérêts pour une partie ou la totalité des fonds employés. Si les obligations des grandes compagnies françaises jouissent Justement d'une si grande faveur auprès du public, c'est que le revenu en est garanti pour la plupart par l'État français. On a dépensé jusqu'à présent plus de dix milliards pour la construction des chemins de fer français. L'État pour sa part a fourni la septième partie de ces dépenses environ. Quand les compagnies arriveront au terme de leur concession, dont la durée a été généralement fixée à 99 ans, les chemins de fer deviendront la propriété de l'Eut, sauf le matériel qui appartient en propre à la compagnie.

Avantages de CÉtat, — Ainsi l'Etat a de grands avantages au développement des chemins de ler. Ils seront sa propriété dans l'avenir, et en outre, ils sont la source de gros revenus, par les impôts dont ils sont directement grevés, et l'accroissement général du commerce et le développement de l'industrie, qu'ils favorisent.

L'État s'est réservé le droit de racheter dans certaines conditions les lignes concédées, et actuelle-

ment il possède et exploite directement un certain réseau.

Les autres lignes sont entre les mains de six grandes compagnies qui embrassent tout le territoire de la France et de quelques compagnies secondaires.

n. Deaorlption des ohemlns de fer français. — Réseau de la compagnie de V Ouest (2520 kilomètres). — La compagnie dite de Y Ouest possède quatre grandes lignes :

La première de Paris au Havre, par Mantes et Rouen, qui projette un embranchement de Rouen à Dieppe, et un second de Beuzeville à Fécamp ;

La deuxième d^ Mantes à Cherbourg, par Êvreux, Lisieux, Caen, qui projette un embranchement de Lisieux à Honfleur et à TrouvUle, et un second de Lison à Saint-Lô ;

La troisième de Pam à Granvûte^^sx Versailles, Laiglo, Argentan. Fiers et Vire ;

La quatrième de Paris à Brest, par Versailles, Chartres, Le Mans, Laval, Vitré, Rennes, Saint- Brieuc et Morlaix, qui projette un embranchement du Mans à Angers, et un second de Rennes à. Saint-Malo.

Le réseau de la compagnie de l'Ouest comprend en outre un certain nombre de lignes secondaires : de Paris à Dieppe, par Andrésy (embouchure de rOise), Pontoise, Glsors, Goumay et Neufch&tel ; du Mans à Caen, par Alençon, Argentan et Mézidon (sur la ligne de Mantes à Cherbourg}; de Caen & Laval par Fiers et Mayenne ; de Rennes à Redon ;. de Saint-Brieuc à Pontivy.

Dans la banlieue de Pans,la compagnie de TOuest possède les lignes de Paris à Saint-Germain et de Paris à Versailles (rive droite et rive gauche).

Compagnies secondaires situées au milieu du réseau de VOuest, — Les compagnies secondaires de cette région desservent : les lignes de Vitré à la baie du Mont-Saint-Michel, par Fougères, et d'Elbeuf à Dreux, par Louviers.

Réseau de la compagnie dOrléans (4 380 kilomètres). — La compagnie ^Orléans possède neuf grandes lignes :

La première de Paris à Bordeaux, parBrétigny, Êtampes, Orléans, Bloîs, Tours, Poitiers, Angoulôme, Contras, Libourne, avec un embranchement de Libourne à Bergerac;

La deuxième de £r^%ny à Tour^, par Dourdan,. Cbàteaudun et Vendôme;

La troisième de Tours à Samt-Nazaire^ par Saumur, Angers, Nantes et Savenay ;

La quatrième de Nantes à Brest, par Savenay, Redon, Vannes, Aurav, Lorient, Quimpcr et Chàteaulin, avec un embranchement d'Auray à Pon-

La cinquième de Poitiers à La Rochelle et à Rochefort par Niort ;

La sixième d'Orléans à Toulouse ^ par Vierzon, Ch&toauroux, Limoges, Brives, Figeac et Capdenac, Lezos et Tessonnières ;

La septième de Limoges à Cotdras, par Périgueux, qui projette un embranchement de Périgueux à Brive, et un second de Périgueux à Agen par Monsempron-Libos, d'où part le chemin de Libos à Cahors;

La huitième de Tours à Saincaize (près de Nevers) par Vierzon et Bourges ;

La neuvième de Saint -Sulpice-Laurière (au nord de Limoges) à Gannat, par Guéret, Montluçon et Commentiy, qui projette un embranchement sur Aubusson, un second de Montluçon h Bourges par Saint-Amand, et un troisième de Gommentry à Moulins.

La compagnie d'Orléans possède en outre les lignes secondaires suivantes :

D'Orléans à Gien; de Tours au Mans; de Nantes à la Roche-sur- Yon ; d'Angers à Niort, par Cholet et Bressuire ; de Poitiers à Saiiu-Sulpice-

CHEMINS DE FER

CHEMINS DE FER

Laarlère, par Montmorillon ; de Brive à Tulle ; de Figeac à Arvant (sur la ligne de Saint-Germain-des- Fossés à Nîmes), parÂurillac et Murât; de Gapdenac à Rodez par Aubin, avec embranchement sur Decazeville ; de Lezos à Montauban ; de Tessonkiières à Albi.

Dans la banlieue de Paris, la compagnie d'Orléans possède la petite ligne de Paris à Sceaux et àLimours.

Réseau de VÉtat, — Le réseau querÉtat a récemment constitué en rachetant les réseaux des anciennes compagnies de la Vendée, des Charentes et d'Orléans à Châlons, est presque entièrement englobé dans le réseau de la compagnie d'Orléans.

Ce réseau de l'État comprend six lignes principales :

La première va de Tours aux Sables crOionne^ par Loudun, Bressuire et la Roche-sur-Yon ;

La deuxième de Poitiers à Sat/mtir, par Loudun;

La troisième de la Roche-sur-Yon à Coutrcs, par la Rochelle, Rochefort, Saintes, Pons, Jonzac ;

La quatrième de Saintes à Limoges^ par Cognac et Angoulème ;

La cinquième d'Orléans à Chàlons-sur-Marne, par Montargis. Sens et Troyes;

1^ sixième d'Orléans à Dreiix, par Chartres.

L'État possède en outre, dans la Loire-Inférieure, la petite ligne de Nantes à Pornic, oui projette un embranchement sur Paimbœuf; et dans Indre-et- Loire, la ligne de Tours à Loches, tète de la ligne qui doit relier Tours et Montluçon, par Châteauroux.

Des compagnies secondaires exploitent les lignes de Pons à Royan et à Marennes.

Réseau de la compagnie du Midi (2 250 kilomètres). «- La compagnie du Midi possède cinq grandes lignes :

La première de Bordeaux à Cette, par Langon, Agen, Montauban, Toulouse, Gastelnaudary, Carcassonne, Narbonne, Béziers et Agde ;

La deuxième, de Bordeaux à ffendaye, sur la frontière d'Espagne, par Lamothe, Morcenx, Dax et Rayonne. (Avec la ligne de Paris à Bordeaux, ce chemin forme la ligno la plus directe à suivre pour aller de Paris à Madrid.) Cette ligne projette un embranchement de Lamothe à Arcacbon ;

La trol&ième, de Toulouse à Bayonne par Boussens, Montréjean, Tarbes, Lourdes, Pau et Puyoo, qui projette un embranchement de Montréjean à Luchon. et un second de Puyoo à Dax, qui met Pau en communication directe avec Bordeaux ;

La quatrième, de Morcenx à Tarbes , par Montde-Marsan et Vic-de-Bigorre, est reliée à la ligne de Bordeaux à Cette par un embranchement qui va de Vic-de-Bigorre à Agen, en traversant Auch.

La cinquième, de Narbonne à la frontière d'Espagne par Perpignan et Port-Vendres, qui constitue la route la plus directe vers Barcelone et la côte espagnole de la Méditerranée.

La compagnie du Midi possède encore d'autres lignes secondaires : de Toulouse à Auch ; de Toulouse à Tarascon-sur-Ariége, par Pamiers et Poix ; de Gastelnaudary à Carmaux-les-Mines, par Castres et Albi, avec embranchement de Castres à Mazamet; de Beziers à Millau, par Bédarieux, avec embranchement de Bédarieux à Graîssessac.

Compagnies secondaires enclavées dans le réseau du Miai, — Diverses compagnies secondaires possèdent dans les Pyrénées-Orientales, la ligne de Perpignan à Prades ; dans la Gironde, la ligne du Méaoc, qui va de Bordeaux au Verdon à l'emboucha re de la Gironde.

Réseau de la compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée, -> Cette compagnie, qui est la plus considérable de toutes les compagnies françaises, puisque son réseau atteint presque 6,000 kilomètres, possède dix grandes lignes :

La première, de Paris à Marseille j par Melun, Fontainebleau, Moret, Montereau, Sens, Joigny, la

Roche, Tonnerre, Nuits-sous-RaTières, Dijon, Beaune, Chagny, Chalon-sur-Saône, BfAcon, Saint- Germain-au-Mont-d'Or, Lyon, Vienne, Saint-Rambertrd'Albon, Valence, Livron, Montélimar, Orange, Avignon, Tarascon, Arles, et projette de petits embranchements de Nults-sous-Ravières à ChâtiUoasur-Seine et de SaSnt-Rambert à Annonay.

La deuxième, de Paris à Lyon par le Bourbcnnais, se détache de la ligne précédente (dite de Bourgogne), à Moret, passe k Montargis, Gien, Nevers, Saincaixe, Moulins, Saint- Germain-des- Fossés, Roanne, Tarare et Saint-Germain-an-MoDtd'Or, où elle rejoint la ligne de Bonrgogne. Cette ligne projette un embranchement de Saint-Germain-des-Fossés à Vichy. Montargis est relié à Paris par une seconde ligne qui passe à Malesherbes et Corbeil, et rejoint la grande ligne de Paris à Lyon, à Villeneuve-Saint-Georges, près deParis.

La troisième, de Saint-Germain-des-Fossés à Nîmes, par Gannat, Riom, Glermont-Ferrand, Arvant, Brioude, Alais.

La quatrième, de Tarascon à Cette, par Nîmes, Lunel et Montpellier.

Les deux grandes lignes de Paris à Maijieille et de Paris à Ntmes sont reliées entre elles par une série de lignes transversales. De La Roche (Yoniiej une liçne va à Nevers par Auxerre et Clamecy.

La ligne de Nevers à Chagny passe par Deciie, Cercy-la-Tour, Étans, le Creuset, Montchanin, et projette un embranchement d'Étang à Chagny par AutunetÉpinae,d*où une ligne va au Portrd'Ouclie, sur le canal de Bourgogne, pour le transport des houilles d'Épinac.

La ligne de Moulins à Montchanin passe par Digoin, Blanzv et Montceau-les-Mines.

Plus au sud, Clermont-Ferrand est relié à Saint- Etienne par Thiers et Montbrison ; Roanne à Lyon par Saint-Étienne, Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Givors.

La ligne de Saint-Étienne au Puy est prolongée Jusqu'à Saint-Georges-d'Aurac, près de Langeac, sur la ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Nîmes.

De Livron, sur la ligne de Lyon à Marseille, part un chemin de fer qui traverse le Rhône et gagne Alais, en projetant un embranchement sur Hrivis et un second sur Bessèges. « La cinquième grande ligne du réseau de Lyon va de Di;07t à Betfort, par Auxonne, D61e, Besançon, Montbéliard, et projette des embranchements de Dijon à Is-sur-Tille (entre Dijon et Lanores, c est là quo le réseau se soude à celui de TEst). d' Auxonne à Gray, de Besançon à Vesoul, de Montbéliard à Delle, vers la frontière fouisse.

La sixième ligne va de Dôle à Pontarlier, par Mouchard et Andelot, et se bifurque à Pontsrfier pour se diriger d'un côté vers Neuchàtel et de l'autre vers Lausanne. Quand le Simplon sera percé, cette dernière ligne constituera un des tronçons de la ligne la plus directe de Paris à Milan, de Londres en Onent.

La septième ligne va de Mâcon au Mont-Cenis,

Ear Bourg, Ambérieu, Culoz, Aix-les-Bains, Chaméry, avec un embranchement d' Aix-les-Bains à Annecy, et constitue actuellement la grande rout^ de Paris en Italie.

Les trois lignes précédentes sont reliées entre elles par un chemin qui va de Besancon à Bourg, par Mouchard et Lons-le-Saunier, et constitue la route la plus directe de Besançon ou de Strasbourg vers Lyon et Marseille.

La huitième ligne va de Lyon à Genève^ en em-

Sruntant d' Ambérieu à Culoz la ligne de Mftcon aa [ont-Cenis.

La neuvième va de Lyon à Marseille par laToiu*du-Pin, Rives, Moîrans, Grenoble, Veynes, Sisteron, Saint-Auban, Manosque, Pcrtuis, Aix, et projette des embranchements de Veynes à Gap, àt Saint-Auban à Digne.

CHEMINS DE FER

CHEMINS DE FER

Elle se relie avec la ligne du Mont-Cenis par Vembimnchement de Grenoble à Cbambéry et avec ta ligne do Lyon à la Méditerranée par la vallée du Rhône, an moyen des chemins de Moirans à Valence par Saint>Marcellin, de Pertnis à Avignon par Cavaillon, d*Aix à Rognac.

La dixième ligne va de MarteilU à Menton par Toolon» les Arcs, Cannes et Nice, en projetant des embranchements, sur Hyères, des Arcs à Dragmgnan et de Cannes à Grasse : elle se prolonge Joaqu^à Gènes en Italie.

Compagnies secondaires enclavées dans le réseau de Paris- f.yon- .Méditerranée. — • Diverses compagnies secondaires possèdent la ligne de Chalonsur-Saône à Lyon par Bourg et les Dombes ; la ligne de Boorg à Nantua, qui doit être prolongée Jusqu'à Bellegarde sur la ligne de Culoz à Genève.

Réseau de la compagnie de tEst (?710 kilomètres). — La compagnie de Y Est possède ou exploite huit grandes lignes :

La première, de Paris à Avricourf, par Meaux, Bpernay, Châlons-sur-Mame, Vitry-le-François, Biesme, Bar-le-Duc, Lérouville, Gommercv, Pagny- «ur-Mense, Toul, Frouard, Nancy, Blaln ville et LunéTille, et constitue une fraction de la grande route de Paris à Vienne, et dans toute TAllemaene méridionale. Cette ligne projette un embranchement de Lunéville à Saint-Die, par Baccarat.

La deuxième, de Paris à Mulhouse^ par Gretz, Romilly, Troyes, Bricon, Ghaumont, Lan grès, Port d'^Atelicr, Vesoul, Lure et Belfort, projette des embranchements de Romilly à Oiry (près Épemay), de Troyes à Chàtillon-sur-Seine, par Bar-sor-Seine ; do Bricon à Chàtillon-sur-Seine ; de Cbalindrey (près Langres) à Is-sur-Tille ; de Chalindrey et de Vesoul à Gray; de Belfort à Délie.

La troisième, de Biesme à Chaumont^ par Salnt- Diâer et Bologne, constitue une des communications directes entre le nord et le sud -est de la France, sans passer par Paris. Elle projette un embranchement de Bologne à Pagny-sur-Meuse, par Neufchiteau.

La quatrième, de Biainville à Port d'Atelier, par Êpinal, met le réseau des Vosges en communication avec Nancy d'une part, et Dijon de l'autre. Elle projette un embranchement d'Ëpinal à Remiremont. La cinquième, CHEpemay à Givet et Namur, en Belgique, par Reims, Rethel et Mézières, projette des embranchements de Reims à Laon et de Mézières à Hirson.

La sixième, de Châlons à Reims, par Saint-Hiiaire-au-Temple, dessert le camp de Chàlons. Cest de Saint-Hilaire que part la ligne directe de Metz par Sainte-Menebould, Verdun et Conflans- Jamy.

La septième, de Frouard à Mets, par Pont à- MouBSon et Pagny-sur-Moselle.

La huitième, de Pagny sur-Moselle à Mézières, suit la frontière et passe par Conflans^amy, Longuyon, Montmédy et Sedan. Elle projette des embranchements de Longuyon à Thionville, de Longnyon à Longwy et Arlon, de Longwy à Luxembourg.

Dans la banlieue de Paris, la compagnie de TEst possède la ligne de Paris à Brie-Comte-Robert par Vincennes.

Compagnies secondaires enclavées dans le réseau de VEst. — La ligne de Lérouville à Sedan suit le cours de la Meuse par Saint-Mihiel et Verdun ; la i Ugne des Vosges relie Saint-Dié à Remiremont. { Réseau de ta compagnie du Nord (2250 kilomètres). — Ce réseau met Paris en communication | avec les ports les plus rapprochés de l'Angleterre, ! la Belgique et rAllcmagno du Nord.

Il comprend deux grandes lignes et un grand nombre d'embranchements importHuts à cause dos grandes villes et des régions très riches par Tin- i

dustrie, le commerce et Tagriculture que ces chemins de fer traversent.

La première, de Paris à Calais, par Saint-Denis, Chantilly, Creil, Clermont, Amiens, Abbeville, Etsples et Boulogne, projette un grand embranchement d* Amiens à Mouscron (entre Lille et Gand) par Arras, Douai, Lille, Roubalx et Tourcoing, et un sous-embranchement de Douai à Mons en Belgique par Valenciennes.

Entre ces deux branches, Arras est relié à Dunkerque par Lens, Béthune et ffazebrouck; et Calais avec Lille par Saint-Omer et Hazebrouck. Ce dernier chemin, continué vers Tournay, en Belgique, constitue une des routes de Bruxelles on Angleterre.

La seconde grande ligne va do Creil à Hautmont, près de Maubeuge, où elle se bifurque en deux tronçons : Tun se dirige vers Mons et Bruxelles, c'est la route la plus directe de Paris à Bruxelles ; le second suit la Sambre et passe par Erquelines, Charleroi, Namur et Liège. C'est la grande route de Paris à Cologne, Bcrbn et Saint* Pétersbourg. Cette ligne, de Paris à ErquelineSy traverse Compiégne^ Tergnler, Saint-Quentin.

La troisième grande ligne va de Paris à Hirson, sur la frontière de Belgique, par Soissons, Laon, Vervins, et projette un embranchement de Soitsons à Reims.

Il y a une seconde route de Paris à Creil par Saint-Denis, Pontoise, Beaumont, et une seconde route de Paris k Amiens par Epinay, Beaumont et Beauvais.

De Laon part un chemin, circulant autour de Paris, qui passe à laFère, Tergnier, Amiens, Abancourt, Serqueux (ligne de Paris à Dieppe par Pontoise), Buchyoùil se divise en deux tronçons. L*un d'eux gagne Rouen par Darr\etal, l'autre se dirige vers le Havre par Clères (ligne de Rouen à Dieppe) et Motteville (ligne de Rouen au Havre).

Beauvais est un erand centre de chemins de fer qui rayonnent de là sur Creil, Abancourt, Gournay, Gisors. Dans la Somme, Doullens est relié à Amiens et à Béthune par SaintrPoL Dans le Pas-de-Calais, Arras est relié à Ëtaples, par Saint-Pol et Montrenil, Saint-Omer avec Boulogne. Dans le Nord, il part de Lille une ligne qui par . Orchles , Saint-Amand , Valenciennes , Aulnoye , Avesnes, Hirson, suit presque constamment la frontière belge. Lille est relié à Saint-Quentin par Orchies, Somain, Bouchain, Cambrai et Busîgny.

Le long de la mer du Nord, une ligne va de Calais à Fumes, en Belgique, par Gravellnes et Dunkerque. Saint-Omer est relié à Gravelines par l'embranchement de Watten (entre Saint-Omer et Calais) à Gravelines, qui suit TAa.

Compagnies secondaires enclavées dans le réseau du Nord. — La compagnie Picardie et Flandres possède une ligne qui de Saint- Just (Oise, entre Clermont et Amiens) croise à Chaulnes la ligne de Tergnier à Amiens, passe à Péronne et aboutit à Cambrai. Dans le Nord la ligne de Somain à Péruwelz, par Denain et Anzin, relie entre eux les divers centres d'exploitation de la compagnie houillère d' Anzin.

La compagnie du Tréport possède la ligne du Tréportà Abancourt (sur la ligne de Rouen à Amiens) qui suit la Bresle, etla ligne du Tréport à Doullens qui traverse à Longpré le chemin d'Amiens à Abbeville.

Enfin les grandes compagnies du Nord, do l'Est, de Paris-Lyon-Méditerrannée, d'Orléans, et de 1 Ouest possèdent les deux chemins de fer de ceinture de Paris, le premier compris tout entier dans rcncolnte des fortifications. Le deuxième, dit de grande ceinture, n'est encore qu'en partie construit ; ses points principaux doivent ôtre Saint- Denis, Nogent-sur-Marne, Villeneuve Saint-Geor ges, Versailles, Argenteuil.

GHÉNIER

GHÉNIER

Beaucoup d*autres lignes sont en eonstruction, ou concédées, ou projetées seulement. Toutes celles que nous venons de citer ont été construites avec même largeur de Tole, de sorte que les mômes wagons peuvent y circuler partout et même sur les chemins des p^s voisins qui ont tous adopté, à Texception de réspagne, la largeur de la voie française. Si par économie on prenait une voie plus étroite, les chemins ainsi constniiu ne seraient plus qu*une annexe et non pas une partie intégrante du réseau.

L'administration a fait récemment dresser en France un tableau des divers chemins utiles restant à construire, de sorte que le réseau va sans cesse en augmentant. Notre description ne comprend du reste que les lignes les plus importantes parmi celles qui sont déjà mises en exploitation.

[G. Meissas.]

CHjfiflER (André-Marie de). — Littérature française, XXI. — Poète français, né à Constantinople en 1762, décapité à Paris le 25 Juillet 1794 (7 thermidor an II). André Chénier n*est pas seulement un poète des plus gracieux, des plus mélodieux et aussi des plus savants en Fart de la versification, il a été, en outre, sinon le réformateur de la poésie française, du moins un « initiateur » et un « rénovateur, » le précurseur du dix-neuvième siècle,

Saint-Lambert, Lemierre, Tabbé Delille étaient, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, les poètes en crédit. Notre poésie, réduite au genre purement descriptif, avait perdu la simplicité, la sr&ee, la vérité, aussi bien que Tenthousiasme, la fraîcheur et Jusqu'à la dernière trace d'inspiration Ivrique. Elle languissait, elle n'avait plus d'âme. André Chénier, dans la fréquentation des poètes grecs, retrouva le feù sacré.

Il se proposa de réchauffer netre poésie au contact du génie antique. Comme Jadis Ronsard, mais avec plus de tact et de réserve, il voulut emprunter aux anciens le secret de leur pureté et de leur oerfection littéraire, tout en restant moderne et i^ançais. C'est lui qui a dit :

Sur des pentert nouveaux faisons des vers antiques.

Mais répoque qui vit naître notre poète était peu favorable a la littérature. Bien d'autres réformes passionnaient alors les esprits que la réforme du goût, et lorsque André Chénier mourut, à trenteet un ans, ses poésies toutes manuscrites n'étaient connues que de quelques intimes, de quelques délicats amis des lettres. Ses œuvres ne furent publiées pour la première fois qu*en 1819, c'est-àdire vingt-six ans après sa mort.

André Chénier était fils d'un consul général de France et d'une jeune Grecque célèbre par son esprit et par sa beauté, Santi Lhomaka^ dont la sœur fut la grand'mère de M. Thiers. Tout enfant, André fut confié aux soins d'une sœur de son père, i et c'est à Carcassonne, dans le bas Languedoc, sous le soleil du midi de la France, qui devait tant lui rappeler le soleil de l'Attique, qu'il promena ses Jeunes rêveries. Son père étant venu à Paris, il fut | mis avec ses frères au collège de Navarre ; c'est là qu'il traduisit les poètes grecs dans ses heures de loisir : sa mère lui avait appris de bonne heure à en goûter la grâce et la délicatesse.

Au sortir du collège, à vingt ans, il entra comme sous-lieutenant dans le régiment d'Angoumois. Mais la vie de garnison^ oisive, frivole, ne pouvait convenir à ses goûts. Au bout de six mois, il donne sa démission, revient à Paris, se remet à l'étude, recherche le commerce de tous ceux dont il aime le savoir, dont il admire le génie et qu'il considère comme ses maîtres, qu'il se propose pour modèles, artistes, savants, écrivains : David, Le Brun, Lavoisier.

A cette époque, André ne songeait pas exclusive- '

ment à la poésie, il abordait avec ardeur, avec pa^ sion toutes les sciences. Mais ses forces le trahirent: par suite d'excès de travûl. il tomba dangereusement malade ; ses amis, les frères Trudalne, remmenèrent avec eux en Italie; en 1787, il partit pour Londres comme attaché à l'ambassade française ; il y était encore quand éclata la Révolation.

André Chénier ne s'était jusqu'alors occupé que de poésie lyrique et d'imitation des poètes grecs; il avslt déjà montré à quelques amis ses idylles, ses églogues, quelques fragments de poèmes antiques; mais ne Jugeant point son talent mûr, amoureux du beau et difficile pour lui-môme, il conservait ses manuscrits pour les polir.

Plus tard il les classa lui-même en trois portefeuilles ; l'un renfermait les morceaux qu'il Jugeait à peu près achevés et qu*il destinait à nne publication prochaine; le second, ceux qui demandaient une retouche; le troisième portefeuille contenait des ébauches, des esquisses, des projets.

Les événements de 1789 éveillèrent chez lui une autre fibre ; le poète se sentit citoyen : « Eût-il été digne de la poésie, s'il n'eût aime la liberté? » II revint à Paris et d'abord accueillit avec enthousiasme la grande émancipation. Il chanta le Jeu de Paume dans une ode adressée au peintre Louis David :

Reprends ta robe d*or, ceins ton ridie bandeau, Jeane et divine poésie I

C*est là qu'il salue

La sainte Liberté, fille dn sol français,

et qu'il se plaît à répéter :

. . . qne la liberté mâle Des arts est le ffénie heureux, Que nul talent n'est fils de la faTenr royale. Qu'un pays libre est leur terre natale.

C'est là qu*il célèbre en strophes enflammées la prise de la Bastille :

D*nn roi facile et bon corrupteurs détrônés.

Riez, mais le torrent s'amasse.

Riei, mais des volcans les feux emprisonnés Bouillonnent. Des lions si longtemps enchaînés

Vous n*attendies plus tant aaudaœ !

Le peuple est réveillé. Le peuple est sonvetain....

Déraciné dans ses entrailles.

L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté. Yole, débris infime et cendre inanimée ; Et de ces ^ands tombeaux, la belle Liberté

Altière, étiocelante, armée,

Sort. Comme un triple foudre éclate an haat des deux,

Trois couleurs dans sa main aaile Flottent en lon^ drapeau. Son cri victorieax Tonne : i sa toiz, qui sait, comme la voix des dieux.

En homme transformer l'argile, La terre tressaillit I

Mais déjà, dans cet hynme à la liberté, André Chénier marquait bien les limites qu'il ne franchirait Jamais, et tout en chantant la chute de la tyrannie, il prémunissait d'avance l'opinion publique contre une autre et pire forme de la tyrannie :

Mais au peuple surtout sautez l'abus amer

De sa subite indépendance.

Contenez dans son l;f cette orageuse mer,

Dirigez sa bouillante en»inoe!

Peuple I ne croyons pas «pe tout nous soit permis.

Craignes vos courtisans avides, 0 peuple souTerain I A votre oreille admis. Cent orateurs bourreaux se nomment vos amis.

ils Boufûent des feux homicides.

Et d'avance (1791) il semble prévoir et décrire les plus hideuses scènes de la Terreur.

Bientôt il va plus loin : son caractère, son talent, . ses liaisons personnelles lui font prendre de plus en ; plus en horreur les Jacobins. Renonçant à lal&ngtie des muses, il se Jette avec passion dans l'arène politique. Il se présenta, dans l'automne de 1791 , comme

GHÉNIER

GHÉNIER

candidat à rAuemblée législatiTe ; avant échoué, il demanda aa journalisme la tribune dont il avait besoin, n attaqua violemment la Révolution dans lo Journal de Paria, organe du parti feuillant ou royaliste constitutionnel ; son propre frère Marie-Joseph, patriote exalté, lui répondit dans le Moniteur^ et il en résulta entre eux une polémique acerbe, qui dora six mois, et qui eut alors beaucoup de retentissement. C*ost dans le Joutmal de Paris qu'André Chénier publia, en avril 1793, la satire célèbre oue lui inspira la fête orf[:amsée, surla proposition de GoUot aHerbois, en l'honneur des soldats suisses du régiment de Ghiteauvieux, qui avaient été condamnés aux galères après les tristes événements de Nancy, et que FAssemblée législative Tenait de gracier. Pour la postérité, André Chénier n*est plus qu*un poète harmonieux, pur et tendre ; elle a oublié Thomme politiquo. Les contemporains, au contrabre, ne connurent pas le disaple fervent et inspiré des muses antiques : ils ne voyaient dans André Chénier que le polémiste ardent, Thommo de parti, intrépide, mds emporté et quelquefois injuste : c'est ce qui explique — sans atténuer le crime des bourreaux — comment André finit par devenir victime des haines Qu'il avait soulevées.

Lors oe la condamnation de Louis XVI, il rédi-

gea pour le roi une lettre éloquente demandant Yappel au veuple. Quelques mois plus tard, tandis <{ne son frôre Marie Joseph faisait applaudir au

théâtre ses tragédies républicaines, et siégeait à la Convention parmi les plus fougueux monu-

Sards, André écrivait son ode à Charlotte Cory:

Kon, D<m, je ne yeax point fhonoreren silence, Toi oui crus par U mort ressusciter la France, B deToaas tes jours à punir des forraits,

Fille grande et sublime !

Un scUèrat de moins rampe dans cette fange : la vertu t'applaudit I

La Terreur avait commencé : André Chénier dut 86 cacher; son frère, bien que leur amitié eût été un moment troublée par les dissentimento politiques, lui trouva un asile à Versailles. Quand il eut l'imprudence d'en sortir à la fin de 1793, relevant k peine d'une grande maladie, la situation était bien aggravée. Son frère lui-même était soupçonné de « modérantisme ». Un hémistiche de sa dernière tragédie : « Des lois et non du sangl » passait déjà pour un mot séditieux à Vadresse de Robespierre. Au mois de mars 1794, André apprend l'arrestation d'un de ses amis, M. Pastoret. Il va porter des consolations à la famille du détenu. Ce jour-là précisément un émissaire du comité de sûreté générale y faisait une visite domiciliaire. André Chénier ne garda pas de ménagements avec lui; le misérable, abusant, comme il n'était que trop facile à une telle époque, des moyens dont il disposait, le fit arrêter et conduire à la prison de Saint-Lazare. Le père de Chénier et son frère MarieJosoph firent en vain des efforts désespérés pour obtenir sa mise en liberté. La leale chance de salât était de le faire oublier, on f réussit pendant quelques semaines. Malheureulement son père finit par croire qu'il vaudrait mieux tenter de le défendre ouvertement; il écrivit un mémoire, fit des démarches qui ne servirent, hélas I qu'à appeler sur le malheureux poète l'attention de Fouquier-Tinville. Le dossier d'André Chénier qui jusqu'alors, grâce à la connivence du parquet, avait été placé le dernier sous tous les autres, fut demandé par Taccusateur public, «i le 7 thermidor, André comparaissait devant le tribunal révolutionnaire. L'un oes principaux griefs relevés contre lui fut la pièce de vers où il avait attaqué CoUot d'Herbois deux ans auparavant. Le même jour, à six heures du soir, il fut exécuté *iir la place de la barrière du Trêne. Deux jours

après, le 9 thermidor rendait la liberté à ceux des prisonniers que Téchafaud avait épargnés ; quel-

2ues heures de silence de plus, et Andbré eût té sauvé sans doute.

Bien des détails d'un douloureux intérêt se rapportent à ces derniers jours de sa rie, à sa captivité, à sa mort. Dans cette prison de Saint-Lazare, il retrouvait la même illustre société qu'il avait connue ailleurs, les chefs de la noblesse, plusieurs de ses anciens amis, voués à la mort comme lui. Un épisode surtout de ces tristes jours nous a valu un poème immortel, un des plus purs d'André Chéniei:. Parmi ses compagnes de captirité se trouvait une délicate jeune fille de dix-huit ans, Mu« de Coigiiy. Elle avait peur de la mort, elle pleurait; André Chénier l'entondit, et dans les loUirs que lui faisait la prison,

ÀQz douces lois des vers il plia les aooenis De sa boache aimable et naive.

Ainsi fut composée la Jeune Captive, c un des chefs-d'œuvre de la poésie moderne •, adit Villemain : c'est bien le chant d'adieu d'une jeune fille, c'est bien l'accent de la jeunesse, le parfum de l'innocence, c'est bien la mobile et luxuriante profusion d'aimables symboles qui plaît à une imagination de dix-huit ans, c'est bien l'idéal de la S race virginale renfermé dans une élégie antique u plus pur dessin :

L'épi Daisiant mârit de la fans respecté ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l'été

Boit les doQi présents'de l'aurore; Et moi, eomme lui belle, et jeune eomme lui, Quoi que l'heure i>réseiite ait de trouble et d'ennui^

Je ne teux point mourir encore.

Qu'un stoiqne aux yeux secs yolt embrasser la mort. Moi je pleure et j'espère; au noir souCQe du nord

Je plie et relèTe ma tête.

S'il est des jours amers, il en est de si doux t Hélas! aval miel jamais n'a laissé de dégoûts t

Quelle mer o a point de tempête ?

L'illusion féconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs pèsent en vain,

J*ai les ailes de l'espérance.

Échappée aux réseaux de l'oiseleur eruel, Plus TiTe, plus heureuse, aux campagnes du ciel

Philomèle chante et s'élance.

Est-ce à moi de mourir? Tranquille je m'endors. Et tranquille je Teille, et ma Teille aux remords

Ni mon sommeil ne sont en proie.

Ha bienTenne au jour me rit dans tous les ^cux ; Sur des fronts abattus mon aspect en ces lieux

Ranime presque de la joie.

Mon beau Toyage encore est si loin de sa fin I Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin

J'ai passé les premiers à peine.

Au banquet de la Tie à peine commencé, Un instant seulement mes IcTres ont pressé

La coupe en sses mains encor pleine.

Je ne sois qu'au printemps, je toux Toir la moisson^ Et comme le soleil, de saison en saison.

Je Tcux acheter mon année.

Brillante sur ma tige et l'honneur du jardin, Je n'ai tu luire encor que les feux du matin;

Je veux achoTer ma journée.

C'est aussi dans cette prison de Saint-Lazare qu'André Chénier écrivit ces vers si souvent cités, interrompus, dit une légende, apocryphe du reste, par l'arrivée du « messager de mort » :

Gomme un dernier rayon, comme un dernier séphjra

Anime la fin d'un beau jour.

Au pied de Téchafaud j'essaie encor ma lyi«. Peut-être est-ce bientôt mon tour;

Peut-être aTant que l'heure en cercle promenés

Ait posé sur l'émail brillant.

Dans les soixante pas où sa route est bornée.

Son pied sonore et Tigilant,

Le sommeil du tombeau fermera ma paupière t Atant que de ses deux moitiés

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