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CHÉNIER

peu pour apprécier André Chénier. Elles suffisent du moins pour donner même à ceux qui ne le liront Jamais tout entier, quelque idée de ce qu'il a été» hélas 1 et de ce qu'il eût pu être. H y a un mot de lui que nous ne voudrions pas oublier, parce qu'il donne le secret de ce charme particulier qui lui appartient et qui le (ait tant aimer :

L'art ne fait qnt des vers, le ccenr seul est poèfe.

Ap^ridaiion de quelques critiqueM, — « André Chémer vivant eût été le srand poôte français, immédiatement antérieur à M. de Cbâte«atiriand, lequel date du christianisme renaissant, du cul le restauré, et d'un ordre de sentiments spiritualistes que le génie d'André Chénier n'eût sans doute pas accueilli. Us eussent eu de commun pourtant et d'étroitement rapproché l'adoration du beau antique. Mais la destinée d'André Chénier fut autre; la hache intercepta cette seconde moitié de sa vie. Ce qu'il avait écrit dans la première et au sein d'une retraite d'étude et d'intimité ne parut que trente ans plus tard : et il se trouva, par son influence au milieu de la restauration, conteroporaio de Lamartine, de Y. Hugo, de Béranger* Grice à cet anachronisme qui eût glacé tant d*autres, les poésies d'André Chénier, nées comme à part de leur siècle, ne pouvaient tomber plus à propos, et elles se firent bien vite des admirateurs d'élite qui les poussèrent au premier rang dans l'estime.

« L'influence posthume d'André Chénier sur nos poètes contemporains fut grande, et, selon moi, presque toujours heureuse. »« (Sainte-Beuve.)

— « Quoiqu'il fût aisé de choisir, dans les esuis didactiques d'André Chénier, des vers pleins d'an et de goût dignes de plus sévères modèles* son charme est surtout dans ces pièces inventées d'après les Grecs, dans ces idylles retrouvées, où l'imagination seule s'est donné l'étnotion immédiate et pittoresque d'un temps qui n'est plus. Tels sont : YÀveuglet le Jeune i/a/ade. Enfin, ce ebarme se retrouve, plus grand peut-être, dans rémotioa Intime du poète, attendri sur le sort de la Jeune Captive. Bien qu'André Chénier soit un poète habile, ce qu'il est surtout, c'est un poète ému. Son art est plein de candeur. Rien, dans notre langue, ne surpasse la douceur sracieuse et passionnée de ses élégies : c'est la seule idée qu'il nous soit permis d'en donner ici. Je ne puis vous lire même cette

idylle si pure, le Jeune Ma'ade^ où les plus charmanU souvenirs de la Grèce, l'ardeur de la tendresse d'une mère, le désespoir et la joie de l'amour, sont retracés avec une ineffable harmonie. Les vers les plus mélodieux de Lamartine ont reçu peut-être l'inspiration de cette poésie et ne l'ont point effacée. Et puis n'oublions pas cette autre idylle qui, comme VAristonoùe de Fénelon, semble une page d'un manuscrit grec, mais traduite par quelque chose de mieux qu'un moderne, cette touchante et sublime idylle de V Aveugle. » (Villemaîn.)

— « La lecture des œuvres d'André Chénier assure à l'auteur de Y Aveugle et de la Jeune Captive un rang glorieux et irrévocable. Bien que les poèmes que nous connaissons soient peu nombreux, ils sont empreints d'une telle beauté, d'une si ha^ monieuse éléçance, que l'admirateur ne les abandonnera jamais. » (Gustave Planche.)

— tt André Chénier est un poète grec, mais il vit du souffle des âges modernes ; la nouveauté de son génie est dans l'intime fusion de ces deui natures. Gardons-nous bien de conclure que, fanatique admirateur de la Grèce, il frappe d'anathème tout ce qui n'est pas elle : loin de là, c'est l'originalité qu il enseigne au nom des Grecs. Le premier de ses poèmes est un hymne en l'honneur de l'inspiration. Imitez les Grecs ; il entend par là : soyei comme eux de votre nation, soyez de votre tempi, soyez vous-même : il faut

CHEVAL

CHEVAL

F«ire« efi s'êlM'gnmiit d*eni avec on soin jaloux G» qu'eaxHoéaie iU Canicnt, i'Ub TiTaicnt parm

parmi toqs.

Q «Tait senti, en écrivant, que toute pensée puissante B^ crée, tout d'abord, sa fornm à elle-m6me. Voilà pT où il était novateur; mais il voulait aussi, et fiar là, il «e rattachait aux élégantes traditions du dix-septième siècle, que cette expression, née du même iet que la pensée, se façonnât et s'arrondit, ponr ainsi dire, sous la main patiente de Tartiste. lies manuscrits de Ghénier qu'on a retrouvés et bliés pnnous révèlent bien sa manière de composes, qui résultait de Textrème mobilité de sa penrée et de son imagination. D'abord il conçoit le plan dans sa tète, puis il Jette rapidement sur le papier la suite incomplète de ses idées. La plume ne peat suivre le mouvement impétueux de sa penaéet ®t laisse à peine après elle quelques mots qui indiquent que la poésie a passé par là, mais qa'elle doit y repasser. Ce sont des phrases inachevâes, des mots tracés à demi ; puis, par moment, la pensée s'arrête, l'inspiration s'en empare, et de la plome du poète tombe un de ces délicieux fragments qui éclatent çà et là sur l'informe canevas. Ensuite le poète, redescendu tout d'un coup à la prose, continue en courent son plan enflammé. Ce plan achevé, il -le laisse là parmi d'autres ; quelque jour il le reprendra.

11 explique quelaue part ce travail de sa pensée : tta importun lui aemande des nouvelles de ses diverses œuvres comutencées, il lui répond par une magnifique description du travail des fondeurs, et il «Joute :

Mol ja suis es foodeur. De mes écrits en foole Je prépare longtemps et la forme et le moule, Puis sur tous i la fois Je fais couler rairain, Kîen n^est fait aajoordliui, tout sera fait demain.

Hélas 1 pour ces admirables ébauches le lendemain ne vint pas I » (Â. de Lstour.)

CHETAIi ET RACES CHEVALINES. — Agriculture, XIV. — Le cheval représente, parmi les animaux domestiques, le type le plus complet du moteur animé : sa raison d'être est de servir d'agent pour les travaux les plus variés. La domestication du cheval remonte aux premiers ftges de lliumanité ; toujours il a été produit pour le même but, donner du travail. Ce t^vail est de diverses sortes, suivant qu'on demande au cheval de porter rbomme ou de traîner des fardeaux plus ou moins lourds h des allures plus ou moins rapides. De là la distinction de chevaux de selle, de chevaux de service ou de luxe, de chevaux de trait léger et de chevaux de gros trait. Les agriculteurs produisent toutes ces variétés de types, dans des proportions plus ou moins considérables suivant les conditions dans lesquelles ils sont placés, et suivant les débouchés. La remonte de l'armée forme aujourd*bui en France un des principaux débouchés pour les dievaux de selle et ceux de trait léger ; le commerce prend, su contraire, les chevaux de senrice formés pour traîner à des allures rives des voitures légères ; quant aux chevaux de gros trait, ils sont surtout achetés par les entreprises de roulage et de transport, et par les agriculteurs. Il y a quelques races dont les sujets répondent directement à Tun de ces buts déterminés : tels sont le cheval arabe, parmi les chevaux de selle ; le cheval de race boulonnaise, pour les chevaux de gros trait ; le cheval de race percheronne, pour le cheval de trait léger. Mais le plus souvent, la plupart des races repondent incomplètement à un but déterminé précis ; les eflTorts des éleveurs doivent tendre à en corriger les défauts et à en développer les aptitudes.

L'élevage du cheval demande les plus grands soins. En outre, Il faut aux Jeunes ponlams de l'espace pour prendre leurs ébats dès le premier

âge. Eniln, à toutes les époques de sa vie, le cheval exige une nourriture substantielle. Il ne faut donc entreprendre Téleva^^e que lorsque les conditions nécessaires sont réunies. La bonne alimentation et l'hygiène doivent surtout entrer en ligne de compte. Souvent les écuries sont mal disposées au point de vue de la salubrité; elles sont trop peu aérées et la litière est souvent entassée pendant trop longtemps sous les pieds des animaux. Pour le cheval plus que pour tout autre animal, la propreté est une condition indispensable de la santé.

La plupart des chevaux de selle et de service doivent être castrés pour satisfaire aux exigences du commerce. L'opération de la castration doit être faite dès le premier Age, dès que l'animal a été reconnu par l'éleveur comme ne présentant pas les qualités requises pour être conservé en vue de la reproduction. Autant que possible, le Jeune cheval doit être castré avant le sevrage L'opération, qui doit être faite par un médecin vétérinaire, no présente alors aucun danger, et elle atteint complètement le but qu'on en attend.

Examinons maintenant les principaux types de chevaux.

Le cheval de selle peut être considéré comme parfaitement représenté par le cheval anglais de pur sang. La tête est fine, avec un œil vif, des oreilles petites et mobiles, bien plantées sur la tête. Lo corps est élancé ; l'encolure mince, longue et droite, la poitrine étroite, mais profonde ; le dos court, la croupe large, droite et bien remplie. Les Jambes sont longues et fines, l'épaule est inclinée en avant. Ce type n'est pas exactement celui de l'étalon entraîné pour les courses à grande ritesse; mais ce dernier est un nroduit artificiel dans lequel les qualités de forme au cheval de selle sont exagérées au point de devenir parfois de véritables défauts.

Le cheval de service ou 'de luxe est très bien représenté par le cheval de demi-sang anglo-normand. Sa taille est de 1*,60 environ. La tête, quoique un peu grosse, ne manque pas d'élégance, quand le chanfrein est droit. L'encolure est plus courte que dans le cheval de selle, et l'épaule mieux garnie de muscles. Le corps, quand l'animal est en bon état d'entretien, est cylindrique, sans maigreur sur les côtes. La croupe est large et ample ; les membres sont musculeux, mais encore assez fins. La poitrine doit être bien développée, large et profonde.

Le cheval boulonnais est le type du cheval de gros trait. Sa taille est élevée ; la tête est forte, avec la bouche petite, les ganaches lourdes, l'œil ouvert, mais petit. « Le col est épais, dit A. Sanson, donnant à l'attache de la tête un empâtement peu gracieux; l'encolure forte, rouée, parait courte; elle porte une crinière touflTue et double, rarement longue; le poitrail est large et très-

f>roéminent ; la poitrine ample, à côtes très arquées ; e garrot bas et noyé dans les masses musculaires latérales ; le dos est un peu bas ; les reins sont courts et larges: la croupe est courte et arrondie, fortement musclée, faisant saillie en arrière des lombes et dirisée par un sillon médian ; la queue est touffue. Le corps est court, cylindrique^ près de terre. L*épaule est peu oblique, bien unie à la naissance de l'encolure; les membres forts, aux articulations puissantes et larges, ont des tendons volumineux et bien écartés des canons courts et solides ; le pied est bon. » Le cheval de gros trait est généralement aussi remarquable par sa docilité que par sa puissance et son énergie.

Le cheval de trait léaer est parfaitement caractérisé par le cheval percheron. Ce cheval, d'un tamr pérament vif, est alerte, énergique et propre à traîner à des allures rapides de lourdes charges. « Les grands trotteurs n'y sont pas rares. La tête

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