‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 320 sur 562 · CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

CHRISTIANISME

rammoniaq[iie et recommencer plasienrs loto cette double expérience. (V. Acides et Bcues,) — On versera quelques gouttes d*acide sur de U craie, efferrescence ; remarnuer que c^est la base de la fabrication de Teau ae Selts et en môme temps celle du chlorure de calcium, employé à dessécher le gax quand il a été calciné. — On mettra dans un petit tube à analy^se quelques gouttes d'acide pur incolore; on essaiera, sans réussir, d*y dissoudre une mince feuille d'or. On fera le môme essai dans an antre tuhe avec de Tacide azotique pur ; puis on mélangera les deux liquides, et on verra Tor se dissoudre et disparaître instantanément. -~ On pourra aussi préparer Tacide gaseux si on a une cave à mercure. Sinon on versera dans un ballon quelques gouttes d'acide sulfurique sur du sel marin, pour montrer Teifervescence qui se produit même à froid : on approchera une allumette du col da ballon, elle s'éteindra : ou on appochera un papier bleu de tournesol, il rougira; enfin une ba- Sette de verre mouillée d'ammoniaque, et on verra i fumées épaisses de chlorhydrate d'ammoniaque. [Alfred Jacquemart.]

CHRISTIAmsiIE. — Histoire générale, XVI.

"{Etym. : du mot grec Chnst, traduction de l'hébreu i/esne, oint, sacré.) — Pour ce qui concerne l'instruction religieuse, voir, dans la I** Partie^ rartide Religion et ceux auxouels il renvoie.

Nous n'avons à retracer ici que l'histoire extérieure du christianisme, considéré dans ses rapports cénénux avec le développement de la société module, dans son influence sur cette forme de la cÎTilisation qu'à bon droit on nomme encore la t cMlisation chrétienne ».

Au cours de cet article, nous renverrons aux différents meu qui traitent plus spécialement quelques parties détachées de ce vaste sujet.

I. Le christianisme avant Constantin. — L'Église primitive, — Les débuts historiques du christianisme sont assez mal connus. La Judée, où les apôtres commencèrent leurs prédications, était dans Tempire romain une petite province obscure et lointaine sur laquelle se portait pou Tatteotion des historiens; aassi, tant que la nouvelle religion ne s'adressa qu'au peuple Israélite et à ses voisins immédiats, elle fat à peine connue des Rooiains. ^

^ fut le grand apôtre des Gentils, saint Paul, qui, en affirmant que la doctrine nouvelle s'adressait à tous, et en la prêchant lul-môme avec éclat dans les principales cités de l'Asie Mineure, de la Grèce et de l'Iulie, lui donna le caractère d'un grand événement intéressant le monde romain.

Acquitté à Rome une première fois, il y revint, y Ut de nombreux prosélytes et y subit le martyre, suivant la tradition, avec saint Pierre, sous Néron, TursTan 66 ou 66 de notre ère.

Quelques années après (70), la prise de Jérusalem, la destruction du Temple et la dispersion du penple hébreu appelèrent l'attention et la haine pQbli()ue, non seulement sur les Juifs, mais sur les dirétiens, qui furent longtemps confondas avec eux.

Us dix persécuHom, — C'est avec Néron, on >sn 64, que commence la série des persécutions qui se déchaînèrent contre eette « secte» détestée des u>s, redoutée des autres, mal connue de tous, cette Mcte contre laquelle rhistorien Tacite résumait [pas les griefs de Topinion publique, quand il isccusait de «la haine du senre humain». On usure que Néron avait lui-même fait allumer 1 immense incendie qui détruisit en 61 une partie « Rome. Quoi qu'il en soit, ce ftit le prétexte et J^^isnal d'atroces supplices infligés aux chrétiens. Pn a attribué à Néron les plus monstrueuses iijTentions : dans certaines nuits d'orgie il donna, *t^n, au peuple le spectacle de chrétiens mis en jwu et enduits de résine pour servir de flamw«w vivants dans les jardins du palais.

La tradition chrétienne affirme que depuis lors, sauf quelques intervalles d'apaisement et d'oubli relatifs, l'Église naissante fut sans cesse en butte aux traitements les plus barbares; elle énumère comme suit les dix époques où la persécution sévit le plus cruellement :

Frindpu

Néron

DomitleB...

Trajan.....

Mara-Auièle.

lO».

Sévère

Maximin....

Décius

Valérien

Anrélien...* 37M75.

Galérius et Diodétien.

. Saint Pierre, saint Paul (Rome), saint.

Marc (Âlexandrisi), saint Gervais et:

saint Prouis (Milan)..

Saint Jean (Pathmos).

Saint Ignace (Rome).

Saint Justin (Rome)r saint Pothin (Lyon), saint Marcel (Ghàlon), saint Bénigne (Dijon) et saint Symphorien (Autun).

Saint Irénée (Lyon)* Plusieurs évoques.

Saint Etienne et saint Sixte (Rome).

Saint Saturnin.

(Toulouse), saint Savinien , évoque

de Sens.

«Ère des martyrs.»

Mais nulle persécution ne pouvait étouffer le christianisme. Depuis longtemps, le paganisme n'était plus une religion : non seulement tous les esprits cultivés y avaient renoncé ; les philosophes avaient protesté contre cet amas d'absurdités, les uns, comme les stoïciens, en cherchant à constituer une doctrine morale complètement indépendantede la vieille mythologie, les autres, comme Lucien, en livrant les dieux et los prêtres aux sarcasmes d'une satire sans frein ; mais la foule elle-même accusait d'Imposture les oracles, les aneures, les pontifes ; elle se détournait avec dé^ùt de ces crovances puériles ou honteuses. En vain quelques politiques essayèrent-ils d'opérer, dans une sorte de religion ofBcielle, la fusion de tous les cultes, de toutes les croyances, de toutes les idoles du monde ancien. Cet immense pèle-mèle ne pouvait qu'achever le paganisme expirant.

C'est au milieu de ce monde en décompositionque grandit une doctrine religieuse forte, sévère, absolue, se présentant avec l'autorité d'une révélation divine, parlant aux hommes le plus sublime langage et le plus simple qu'ils eussent jamais entendu, venant de si haut qu'elle ne connaît plus aucune des distinctions du vieux monde, romain ou barhare, esclave ou libre, s'imposant à l'esprit par un enchaînement de dogmes indestructible, àla conscience par une morale qui s'appelle encore aujourd'hui la morale de l'évangile, au cœur par un merveilleux épanouissement des sentiments les plus purs et les plus élevés dont notre nature soit capable, à l'imagination mémo par une suite incomparable de mystères et de miracles, s'appuyant enfin sur un miracle plus puissant que tous les autres : l'obstination invincible des fidèles, la multitude inépuisable des martyrs et l'exemple quotidien de l'héroïsme. TertuUien l'a dit : « Le sang des martyrs est la semence des chrétiens. » Ajoutez qu'à une époque où ils n'étaient pas encore divisés par les sectes et les hérésies, les chrétiens joignaient à tous leurs autres avantages celui d'une discipline et d'une hiérarchie fortement organisée, a De

cmilSTIANISMB

GHRISTUNISMB

i» Bxetafne auE rives de TËuphrate, un chrétien voyageant avec one lettre de son évoque trouvait ■or toute Ift route aide et protection. Secouru s'il était pmvre, soigné sll éuit malade, il rencontrait psmont de» frères, un si^ne lui servait de parole, et, sans se comprendre, ils s'entendaient. « (Duroy.) Il n*est donc pas étonnant que Constantin, frappé de la puissance de cette religion, l^ait fait asseoir avec lui sur le trône impérial.

Ûi. La cnnnmnsMs db Cokstantin a i*éTABussBlaiiit oDVOOVom TEMPOREL DBS PAPES. — Daus LEm- ^»jrt'roMatii. — Au commencement du quatrième «ièclè; ilx empereurs se disputaient TEmpire romain i Gonviantbi; le plus habile, le plus actif, le plu»* hardi dtex tous, comprit le premier que « se déotorer pvor les chrétiens, c'était mettre de son côté «ne force immense : il mit la croix sur ses otendwAs et se fit dresser une statue à Rome tenant là croix à lamain. En 813, il donnaà Milan un édlt\de toiéranceot restitua aux chrétiens leurs biens, tout en- évitant de promulguer contre les païens dea édita menaçants; si ses monnaies portaient dHRi €/M le monogramme du Christ, de 1 autre on y voyait -irae divinité païenne. La même année où il ovooiina de célébrer le repos religieux du dtmanobe, il publia une loi sur la consultation des arus-

Sices. Et lorsqu'il eut fondé Constantinople, pour onnerà Pempire une capitale chrétienne, chaque anaée il fit porter dans le cirque sa statue ayant en osain une image de la Fortune. » (Dumy.)

Beu à peu cependant la religion chrétienne déviait exclusivement la religion de TEut. Si Constantin lui-«iôme oublia plus d une fois qu'il étoit chaétien, avec lui cependant, et après lui, l'mfluence delà doctKne et de la morale chrétiennes se fit sentir' dans la législation, dans le gouvernement, dans lèsfiMBW» f t dans les institutions sociales. ^ V. Kidavm§e^ FemtntB, et dans La I" PAaiiB l'article Pérêê éè i'JÎ^/tie,.«t:«aiix auxquels il reovoie.

QfÊMiu à rJàglise olle-mèrae, elle constituait aoa unité dogmatique et hiérarchique, d'abord par les décisions théologiques des conciles, puis par l'excfaision, etf H faut bien le dire, par la persécution dsa-bététique»; enfin, dans l'Eglise latine du moins, vm \tt aouveraiscté spirituelle conférée au pape. Vk B§li$e, C4meilest Hérésies^ Papauté.

Chtm les Barbares. — En Germanie. — L'Empire romain était A peine conquis à la religion nouvaU« que «elie^oi était déjà portée par de courageux «I ardents nûaaionnaires jusque <mez les peuples, alora emsfondus sous le nom de Barbares, qui aféebelaiinaient le ions des frontières de l'Empire. Dès le quatrième siècle, les Goths, les Suèves, les Vandales, les Burgundes, les Lombards connurent le cfariatianisme, mais ceux qui les y convertirent étaient des prêtres ariens : ces peuplades ne reçurent donc pas la pure doctrine catholique, et ce fut UM dea raisons qui contribuèrent plus tard à leur aasnjettîsaement aux Francs. (Y. Clovis.)

En (iaule. — La Gaule étant une province romaine, les premiera apôtres du christianisme qui en lunent aussi les martyrs, y avaient prêché la foi neoveUe dès le deuxième siècle. Après l'invasion des Francs, et ieur conversion en masse (V. Cloffis), elle fit de mpides progrès, bien que les criowa dont est pleine 1 histoire de ces premiers siècles témoiapientasses combien la doctrine chrétienne était loin d'avoir pénétré les cœurs et les •aractères.

Qttuit au r6le social et politique du christi*- Blsna ainsi imjplanté cbes les Barbares, M. Guixot, eherdkant à l^ap|»récier en quelques traits, le réanme ainsi dans son Histoire de la civilisation en hranœ : « Trois résuluts étaient consommés au dnqidème siècle :

«< 1* La séparation de la société religieuse (les fidèles, le peuple) de la société ecclésiastique dergéf monastèro»), e) la domination de la société

eoelésiasiioue sur la société reli^euse ; résolut d& surtout à l'extrême inégalité intellectuelle et sociale qui existait entre le peufite et le clergé chré tien;

« 2* La prédominance du système aiistocratiqttfl dans l'organisation intérieure de la société ecclésiastique: rinterventien des simples prêtres dans le gouvomement de l'Eglise devient de jour en jour plus rare et plus faible, le pouvoir se concentre de plus en plus entre les mains des évèques ;

« S* Enfin, quant aux rapports de la société reiigiouse avec la société civile, de l'Eglise avec l'Etat, le système qui prévaut est celui de l'alliance, de la transaction entre des puissances distinctes, mais en contact perpétuel. »

En Angleterre et en Irlande. — D*après U tradition, saint Patrick porta la fol chrétienne en Irl&ode vers 430. Mais, les conquérants germains de la Grande-Bretagne, les Analo-Saxons, ignorant li langue erse que parlaient les Irlandais, étaient encore païens à la fin du sixième siècle; ce fat le pape saint Grégoire I*' (|ui envoya, pour les convertir, le moine Augustin avec quarante missionnaires (596) : il avut renuirqué, dit-on, dans oo marché de Rome, des esclaves à vendre, Angles de nation. « S'ils étaient chrétiens. avait>il dit en admirant leur noble maintien, ce ne seraient plus des Angles, mais des anges. • En 637, le Witenagemot ou « assemblée des sages » do Northumbei- Und décida Tadoption de la foi nouvelle; les autres provinces Timitèrent. En Ecosse, aussi à la fin do sixième siècle, Goiumban, qui avait fondé un moaustère sur un rocher des lies Hébrides, travei^t sur son bateau d'osier les détroita de la BreUgne septentrionale, avait prêché trente ans l'Evan^e aux Pietés et aux Scots.

Dernières missions en Germanie. — Les dersières missions accomplies dans l'Europe centrale et septentrionale eurent pour objet la conversion des Bataves, des Bavarois, des Alamans, des Frisons, des Thuringiens, des Saxons. Les Irlandiis Kilian et Columban, T Anglais Willebrord et surtout son disciple saint Winirid ou saint Boniface, « l'apôtre de la Germanie », en furent les principaux auteurs. Boniface, soutenu par Charles-Martel, avait installé des évoques et était lui-même placé à la tète de la métropole, Havence (746) ; malgré son grand âge, il résigna ses foncdu>ns pour retourner dans les bois de la Frise païenne comme simple missionnaire. On jour où û devait confirmer un ce^ tain nombre de néophytes, il fut assailli par ane troupe de païens et égorgé avec ses compagnons sur les boras du Zuyderzée (7à5). Pépin vengea sa mort, et Charlemagne acheva au prix de nombreuses campagnes et de sanglantes exécutions la soumission des Saxons an christianisme.

Le christianisme hors de l'Europe. — En Oricfli, le christianisme fit des conquêtes moins sûres et moins étendues : il ne se maintint qu'en Arménie, où il subsiste encore ; il fut presque anéanti en Perse par la persécution; les succès rapides et merveilleux de l'islamisme arrêtèrent la propagation de la fol chrétienne en Asie et en Efôrpte. L'expansion du mahométisme fut telle quilne fallut rien moins ou'un eflbrt général de la chrétienté pour en arrêter l'invasion : de là les Crmsades*,

La découverte du nouveau monde lui valut on nouvel empire. (V. Colonies.)

Pouvoir temporel des pape». ^ Y. Papauté.

IIL Ll CKRI9T1ANI8HB DinirB LA FOHDiTfOK Ot

pouvom TEMPOBBL icsqo'a LA. aéPoaMs. — V. Eglise* V. aussi Papatttéf Lonciles^ Schismes^ hérisiiSi Réforme.

Page 1