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COMPOSÉES

COMPOSITION

Usages das Compoeftes. — Tribu des Chicora- €ées, — Dans la tribu des Ghicoracées nous citerons:

l» Les laitues t laitue officinale, laitue Tireuse, laitue romaine, laitue sauvage ou scarole ; toutes ces laitues se mangent cuites ou en salade ; de la laitue Tireuse et de la laitue officinale, on eitrait par des incisions pratiquées à la tige un suc qu'on appelle le lactucarium et qui est employé comme succédané de Topium ; il convient d'ajouter oue, pour augmenter 1 activité du lactucarium, les pnarmaciens y ajoutent de Topium.

2* La ScoTMonére dBspagne dont on mange la racine crue ou cuite ; les jeunes pousses fournissent une excellente salade.

3* Les Salsifis, qui sont employés de la même manière que la Scorzonère.

4* Le Pissenlit ou dent de lUm, mangé en salade.

à* Les Chicorées, chicorée sauvage, chicorée endive ; toutes se mangent en salade ou cuites. Avec la chicorée sauvage on fait un sirop amer très employé pour purger les jeunes enfants et comme fébrifuge. La racine de la chicorée sauvage recueillie en septembre, coupée en tranches, séchée, puis torréfiée et réduite en poudre, est vendue sous le nom de chicorée noire ; elle donne par décoction un breuvage désagréable et laxatif qu on mèie au café, surtout dans les pays du Nord. C'est à tort ou'on Ta considéré comme succédané du café. L'abus de la chicorée donne au visage une couleur terreuse tout à fait caractéristique. La poudre de chicorée peut s'enflammer spontanément lorsqu'elle est emmagasinée en grande quantité.

Tribu des Cynarées, — Dans la tribu des Cynaries, nous citerons : 1* la Bardane, dont les feuilles et les racines sont employées contre les maladies chroniques de la peau soit en lotions, soit comme dépuratifs ;

2* V Artichaut cultivé, dont les jeunes inflorescences sont mangées crues ou cuites; sa racine très amère passo pour diurétique ;

S* V Artichaut cardon, dont la côte médiane des feuilles attendrie par Tétlolement forme un mets facile à digérer, servi sur les tables sous le- nom de cardes:

4» Le Carthame des teintui*iers (ou Safranum à cause de sa ressemblance avec le safran). On extrait de ses capitules, à l'aide d'un alcali et en précipitant par un acide végétal, une couleur rouge dont on se sert pour teindre la soie, et que les dames emploient sous forme de laque pour se teindre le visage et les lèvres.

5* Les Carlines, plantes qui tirent leur nom de Charlemagne parce que sous le règne de ce prince on les a employées contre la peste. Leur racine très odorante a comme caractère particulier d'être fendue dans toute sa longueur, et n'est plus employée aujourd'hui que pour son odeur très -persistante qui rappelle celle de la violette. Les racines des Costus, plantes originaires de l'Inde, voisines des Garlmes, se vendent comme rhizome d'iris de Florence.

Tribu des Sénécionidées. — Dans la tribu des Sénécionidées nous citerons : 1*" V Arnica des montagnes, dont toutes les parties, très odorantes, peuvent être employées soit comme poudre sternutatoire, soit comme vomitif léger, soit en solution alcoolique contre les contusions, les plaies : employé à fortes doses, l'arnica peut devenir un poison. Ses contre-poisons sont l'opium et le tannin.

2* Les Immortelles, très employées comme plantes ornementales.

3* La Tanaisie vulgaire, employée comme vermifuge.

4** Les Armoises, parmi lesquelles nous cite-

rons : le Semen-conira cTAlep, dont les eapitales Jouissent de propriétés vermifuges : on en extrait une matière blanche cristalline : la Santonine, plus active que le 8emen-contra lui-même; la arande Absinthe, qui donne une essence verte féorifuge dont la solution alcoolique est très employée comme boisson ; YBstraaon, usité pour parfumer la salade et le vinaim; fe Gén^i, qui fournit une liqueur verte succédanée de la chartreuse.

6* Le Pyrèthre du Caucase, dont les capitules pulvérisés forment une poudre Insecticide.

6** Les Camomilles, dont la Camomille romaine est la seule employée comme stomachique, mais est souvent falsifiée avec la camomille vulgaire.

7* Les Achillea ou Mille feuilles, dont les feuilles pilées sont appliquées sur les coupures pour arrêter l'écoulement du sang.

8« Le Cresson de Para, dont les capitules rubéfient la muqueuse de la bouche et sont employées comme succédanés du Gochlearia.

9* Le grand Soleil des jardins, dont les fruits fournissent une huile grasse propre à l'éclairage et à la fabrication des savons.

10* Le Topinambour, dont la souche virace traçante donne des bourgeons monstrueux, tubéreux, fort employés pour nourrir les bestiaux pendant l'hiver.

11* Le Madi des Chinois, çui fournit une huile usitée pour la table en Abyssinie, mais oui ne sert en France qu'à falsifier l'huile d'arachiae.

Tribu des Astéroîdées. — Dans la tribu des Astéroldées nous citerons : W Année officinale^ dont la décoction est employée en lotions contre les démangeaisons dartreuses.

2* Le Dahlia, la Verge d'or, les Asters, les Reines-' marguerites, les Pâquerettes, connus de tout le monde comme plantes ornementales.

Tribu des Eupaioriacés, — Dans cette tribu nous citerons : !• lePai ttdne ou Tussilage, dont les capitules, d'une saveur douce et aromatique, sont employés contre la toux.

2* Les Eupatoires, dont les racines sont purgatives. L'Eupatoire aromatique de Cuba sort à parfumer les cigares de la Havane.

[G. E. Bertrand.]

COMPOSITION. ~ Littérature et style, II. *— (Ètym. : du même mot en latin.)

Sous ce titre nous essayons de résumer, non pas toutes les règles de l'art d'écrire, mais les notions qui nous paraissent les plus indispensables pour l'enseignement populaire.

Composer, écrire, rédiger, c'est toujours un double travail : c'est d'abord savoir penser, ensuite savoir s'exprimer. Celui qui veut écrire (et qui n'a pas à le faire en mainte occasion 7) a besoin :

1* De bien choisir et de bien disposer ses idées;

2* De bien choisir et de bien disposer ses expressions.

Tel est le point de départ tout naturel de l'étude des règles de la composition.

Esquisse d^une leçon préliminaire : nécessité de cette étude. — Rendre sensible aux élèves non seulement des écoles normales, mais aussi des écoles primaires, cette nécessité d'apprendre à écrire, c'est leur donner la première leçon de c rhétorique », comme on disait autrefois, et ce n'est pas une tAche bien difficile.

Vous voulez parler, c est que vous avez quelque chose à dire. Si vous n'aviez qu'une idée, qu un sentiment à exprimer, ce serait bientêt fait : un mot, un geste, un cri suffiraient souvent. Mais vous avez d'ordinaire plusieurs choses à dire, plusieurs faits à raconter, plusieurs raisons à donner, plusieurs sentiments k exprimer. Comment allezvous vous y prendre ? Que vous ayez à vous exprimer de vive voix ou par écrit, il faut savoir au juste ce que vous avez à dire et comment vous 1 allés dire. De vive voix, on peut, à la rigueur, se per-

GOMP06ITION

COMPOSITION

mettre do raconter un pea à tort et à travers. On commence, on B*arrète, on recommence, on est interrompu, on se reprend. Tant bien que mal, en y mettant pins on moins de temps, tantôt en intéressant, tantôt en assommant ceux à qui l'on parle, on vient tonjonrs à bont de 8*en faire entendre.

Jfaia quand on écrit, la tftcbe devient plus ardue* La plume à la main, vous ne ponves plus voas permettre tout le bavardage, toutes les redites, toutes les expressions incorrectes et obscures qid vous écbappent dans la conversation. Un interlocuteur, s'il ne vous comprend pas, vous arrête, vous interroge, vous oblige à vous expliquer mieux : le regard, le geste, la physionomie, tout TOUS aide à foire saisir votre pensée ou votre sentiment. Mais le lecteur n*a rien pour le guider, rien que la feuille de papier sur laquelle sont tracés des signes très durs et très intéressants s'ils sont bien choisis et bien disposés, très obscurs et très ennuyeux dans lo cas contraire. Vous n*aves pas le temps d'écrire, et il aurait encore moins celui de lire tout ce qui vous passe par la tète,

tout ce que vous auries dit peut-être dans quelques minutes d'un entretien familier. Il faut donc (aire efTort pour ne dire que le nécessaire, pour le

dire en termes clairs,dans un ordre raisonnable,d'une manière facilement intellimble,et propre à laisser eniln l*impreBBion que vous désires produire dans Te^

frit de votre lecteur. -— Tel est le fondement de art d'écrire, la raison d'être de la « rhétorique », la nécessité même, et surtout dans l'enseignement primaire,de8 « exercices de composition et de style ».

Régies essentielles et parties principales de la composition, — On a divisé de plusieurs façons le sufet qui nous occupe, et il importe assez peu qiron préfère telle division à telle autre. Nous avons indiqué en commençant celle qui nous semble le mieux convenir à l'enseignement populaire.

II y a deux choses à considérer dans la composition : le fond et la forme^ la pensée et l'exprèssioHf les ta^M et les mots. Quelque stjetque vous ayez à traiter, la parole n'est faite que pour la pensée. Quelle est donc la pensée ^ue vous avez à exprimer? Voilà la première question. Sous quelle forme, en ouels termes, par quelles expressions allez-vous la communiquer à autrui? Voilà la seconde.

Mais chacune de ces deux questions se subdivise à son tour. Vous n'avez pas seulement à choisir les idées, il faut les classer, les présenter dans un certain ordre, les enchaîner d'une façon qui satisfasse et votre esprit et celui du lecteur. De même vous n'avez pas seulement à choisir des expressions convenables, elles demandent à être dis* posées, arrangées, coordonnées de manière à plaire, à attacher, à intéresser, à persuader.

Ainsi on pourrait réduire l'art de U composition, pris dans ses éléments naturels, à quatre parties :

Quant au fond :

parfétodeda Plan.

Quant à la forme :

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