II. — Une pile de bois a 9",50 de long^ 4 ",56 de
large et 1 m. de haut; combien contientelle de stères?
Réponse : 30S«S3« m. ~ Une pièce de bois en grume^ de forme cylindrique, a 0",42 de diamètre et 4»,50 de longueur; quel est son volume?
Réponse ; 6«»<"«»,23.
IV. — Une pièce de bois en grume, ayant la forme d'un tronc de câne^ a 0«,48 et 0»,82 de diamètre à ses deux bouts; et sa génératrice a 8",60; comàien contient-elle de dédstères?
Réponse : 4«e»»S579, ou près de 4««to*,6.
CUBE. — Arithmétique (Ê. N.), XLIX. — Le cube d'un nombre est le produit de trois facteurs égaux à ce nombre.
Le cube d'un nombre composé de deux parties est égal au cube de la première, plus trois fois le carré de la première multiplié par la seconde, plus trois fois la première multipliée par le carré de la seconde, plus le cube de la seconde.
On peut vérifier ce théorème en effectuant le cube de la somme de deux nombres quelconques, qu'il est plus simple d*appeler ici a et b.
ab + b*
a« H- 2a«6 h- ab* -f- a«6 4- 2«6» -f 6*
fl3 4-3û*A + 3a6» + 6»
Conséquences. —1. Le cube dtun nombre composé de dizaines et d'unités est égal au cube des •dizaines, + 3 fois le carré des dizaines X par les unités^ + Zfois les dizaines Xpar le carré des unités^ 4- le cube des unités,
(d 4- 1/)« =r d» -f 3d*M + 3dM« + a».
Cette propriété sert de base à Textraction de la racine cubique.
2. La différence entre les cubes de deux nombres consécutifs e^t : 3 fois le cart^ du petit nomhv 4- 3 fois ce nombre + i.
(n+1)» — n»«8»»4-3n4-l- Cette propriété peut servir à faire une table do «ubes à l'aide de simples additions. En effet, la •différence entre deux différences consécutives ou •différence seconde, est égale à 6 fois le nombre moyen :
Et la différence entre ces différences secondes ou différence troisième est constante et égale à 6.
On pourra donc par de simples additions revenir de la différence troisième aux différences secondes, aux différences premières et aux cubes.
Le tableau suivant, qu'on peut prolonger Indéflniment, indique la marche du calcul. Un nombre
quelconque est égal à la somme de celui qui est au-dessus et de celui qui est à la droite de ce dernier.
Nombres.
Cubes.
Difll l'«.
Dtff. î«.
Diff. 3«. J
8. Le cube d'une fraction est une fraction qui a pour numérateur le cube du numérateur de la fraction donnée, et pour dénominateur le cube de son dénominateur.
C'est une conséquence évidente de la multiplication des fractions (V. Fractions).
4. Le cube d'un nombre décimal a trois fois autant de chiffres décimaux que le nombre luimôme ; car, si on l'écrivait sous forme de fraction ordinaire, on devrait tripler le nombre des xéros au dénominateur.
Le calcul des carrés, des cubes, des racines carrées et cubiques se fait aisément à Taide de Is Règle à calcul ou de V Abaque *. Ce sont les seules méthodes prati()ues dans les applications ordinaires de l'industrie. Les calculs plus précb se font à l'aide des logarithmes. [P. Robin.]
CUBE. — Géométrie, XXIII. — V. Polyèdres.
CUBE. (Minéralogie). — V. CrUtal,
CUCURBITACÉES. — BoUnique, XIX. vEtym. : du latin cucurbita, courge, citrouille.) Définition, — Les plantes dont l'ensemble forme la famille des Gucurbitacées appartiennent aui Phanérogames dicotylédonées angiospermes. On ne sait si on doit les considérer comme gamopétales, c*est-à-dire à corolle formée de pièces adhérentes, ou comme dialypétales, c'est-à-dire à corolle formée de pièces distinctes. Brongniart les rapportait à ce dernier groupe, et les plaçait i côte des Bégonias,
Caractères botaniouM. — Les graines des Oncurbiucées sont aplaties ; leur tégument pea épais, dont la surface devient mucilagineuse as contact do l'eau liquide, protège un embryon volumineux à tieelle très courte, à cotylédons très développes, plans, foliacés. Leur albumen est fort peu développé. Certaines de ces graines sont employées comme vermifuges.
A la germination, la graine est fixée au sol psr la surface de son tégument devenue mucilagineuse au contact de Teau ; l'embryon se gonfle, fait éclater le tégument qui s'ouvre comme une boite; sur le côté de la tige de l'embryon se forme un renflement nommé talon, qui écarte les detix
{>arties de la coque de la graine ; en même temps a racine se développe et s*implante dans le sol; alors rembrvon, tiré d'une part par la racine, s'appuyant d^autre part sur le tégument par l'intermédiaire de son talon, sort complètement de son enveloppe, se redresse, prend une direction verticale et étale dans l'air ses cotylédons qui sont épigés. Ces cotylédons verdissent et se comportent x;omme des feuilles ordinaires.
La racine des Cucurbitacées est pivotante, cbarnue, ou fibreuse et à renflements charnus.
CUCURBITACÊES — 545 — CUCURBITACÉES
La tige des cacurbitacées est grimpante ou rampante, et pour cette raison peut atteindre une assea grande longueur, tout en conservant un diamètre relativement petit; elle est herbacée et annuelle, quelquefois sous-frutescente et vivace, couverte de poils rudes au toucher. Elle s'accroche aux plantes voisines, aux arbres, au moyen de vrilles simples ou rameuses qui naissent isolément au niveau des feuilles.
Les feuilles des cucurbitaeées sont alternes, pétiolées, simples, à nervation palmée, dentées ou
£almilobées ou même palmatifides ; de même que i tige, elles sont couvertes de poils rudes.
Les fleur» jaunes eu blanches, quelquefois violettes ou rouges, sont isolées sur la tige, ou groupées en panicules ou en grappes. Elles sont ordinairement unisexuées monoïques , quelquefois dioîques et très rarement hermaphrodites.
Les fleura m&les ou fleurs ne présentant que des étamines sans pistil sont constituées comme il suit : 1* un calice campanule à cinq lobes. — 2* Une 'ooroUe gamopétale insérée au fond du calice; cette corolle est plus ou moins profondément divisée en cinq lobes. -- 3** Les étamines insérées vers la partio inférieure de la corolle au nombre de deux et demie ou de cinq. Quand il y en a deux et demie, on remaraue trois ûlets bien développés, gros et courts, aont deux portent chacun deux loges d'anthère et constituent deux étamines complètes, tandis que le troisième ne porte qu'une seule loge ; il forme donc avec celle-ci une demi-étamine ; les anthères sont soudées entre elles, leurs loges sont sinueuses. Dans le cas où il y a cinq étamines normales, quatre sont soudées entre elles deux à deux» et la cinquième est libre. Les anthères sont toujours extrorses, c'est-à-dire que leur ligne de déhiscence regarde la corolle.
Les fleurs femelles ou fleurs plstillées, dépour- •vues d*étamines, diffèrent extérieurement de la fleur m&le, en ce qu'on aperçoit, au-dessous de leur calice, un renflement dû à la présence de l'ovaire. Le calice et la corolle des fleurs femelles ne (Ûffèrent pas de ceux de la fleur m&le. Au centre de la fleur, on voit le pistil. Ce dernier se compose d*un ovaire dit infère, parce qu'il est au-oessous du calice et de la corolle, et d'un style «ourty trifide, portant trois stigmates épais, lamelieux ou franges. Il est formé par trois ou cinq carpelles dont les placentas pariétaux très développés portent de nombreux ovules. Ceux-ci sont anatropes et bitégumentés.
Le fruit dos cucurbitaeées est charnu, plus rarement sec; on le nomme pépon ou péponide. Celui des melons, des courges, des concombres, ne s'ouvre pas ; celui de i'ecballie, qui croit en Provence, se détache de son pédoncule et lance par sa partie inférieure toute la pulpe et toutes tes grames qu'il renferme. Dans d'autres cas, le fruit s'ouvre an moyen d'un opercule, ou bien ses parois se brisent d'une façon irrégulière.
Usages des oaourbitaaèas. — 1"* Brycne, — Les racines de nos bryones indigènes (bryone blanche, bryone dioique) ont des propnétés purgatives qui les font employer en pharmacie . Cette plante se rencontre aains les endroits couverts de buissons. Les Abyssiniens recherchent à titre d'aliment la racine d'une autre bryone, qui croit spontanément dans leur pays, et qu'on nomme bryone abyssinienne.
2* Ecballie, — Les fruits et les racines de cette plante ont aussi des propriétés purgatives. On ne la cultive plus guère aujourd'hui qu'à cause de la singularité qui caractérise la dissémination de ses graines. On appelle quelquefois ses fruits des péurds, bien que la matière projetée soit un liquide inucilagineux«
do Coloquinte, — Les fruits de cette plante sont 3< Partie.
doués d'une très grande amertume. Les anciens s'en servaient comme purgatif ; aujourd'hui Oiicore, dans les campagnes, les médecins font entrer la coloquinte dans plusieurs médicaments.
4* Luffa» '— Les lufia sont originaires de l'Indo et de 1 Arabie. Avant leur maturité, leurs fruits sont comestibles ; après la maturité, ces fruits dépouillés de leur ecorce, puis séchés et lavés à plusieurs reprises et blanchis au soleil, fournissent de très belles éponges fort employées dans l'Inde. Les graines des luffa sont purgatives.
S» Les cucw'bites^ qui tirent leur nom de la forme et du volume de leurs fruits, et qui ont fait donner ce nom à la famille tout entière, comprennent : la courge, la citrouille, le potiron, dont les fruits comestibles sont employés en marmelade pour faire des tartes ou des soupes. Les graines du potiron sont employées efficacement contre le tœnia ou ver solitaire. Aux cucurbites se rattachent le pâtisson ou artichaut d Espagne, les fausses oranyes, les /'at^^e» |}oire9 ; ces dernières plantes sont cultivées comme plantes d'ornement. Dans les campapes du midi de la France, on fait sécher leurs fruits sur les armoires où ils simulent des ornements de poterie grossière.
60 Les gourdes, dont le nom est tiré de l'usage qu'on fait de leurs fruits. Une fois mûrs, ces fruits sont séchés, perforés par une ouverture pratiquée près de leur sommet; on fait sortir leurs graines; le réservoir obtenu se recommande, comme bouteille portative, par sa grande légèreté et aussi comme mauvais conducteur de la chaleur, ce qui permet aux liquides qui y sont enfermés de se tenir frais plus longtemps. Parmi les gourdes les plus connues, nous citerons la gourde du pèlerin, la gourde trompette, la gourde de Corse. Les gourdes ne mûrissent que dans le midi de la France ; on sème leurs graines au printemps et on récolte leurs fruits à la fin de l'été. Il se fait on commerce local assez considérable de ces sortes de bouteilles.
1** Les concombres, — On distingue deux variétés de concombres. L'une est Jaune, elle s'emploie quelquefois comme aliment^ et ses fruits se mangent crus assaisonnés de sel et de vinaigre. Ces mômes fruits fournissent un cosmétique très recherché^ qui se fait en mélangeant leur suc à de la graisse de veau. L'autre variété de concombres, de couleur verte ou jaunâtre, porte le nom vulgaire de cornichons. Leurs fruits, cueillis avant la maturité, et confits dans le vinaigre, sont employés comme condiment. Les concombres se sèment sur les couches à melon, de décembre à la lin de mars, et en place dans des trous recouverts de fumier et de terreau en avril et mai. Pour obtenir certaines variétés hâtives, on les taille d'une façon spéciale. Les cornichons se sèment en place en avril, mai et juin.
8* Le melon, plante voisine des concombres, dont les fruits sont mangés crus soit après le potage, soit au conmiencement du dessert. Le melon est très indigeste ; aussi convient-il d'absorber une petite quantité de vin riche en alcool après l'ingestion de cet aliment. Chez quelques personnes le melon provoque des vomissements et détermine quelquefois tous les caractères d'un empoisonnement. La culture des melons n'est facile et productive que dans les pavs méridionaux. Dans les pays du Nord, on les élevé sous châssis et sous cloche presque jusqu'à la maturité ; les soins nécessaires pour mener à bien les quelques fruits obtenus font de ceux-ci un mets de luxe. Nous ne pouvons indiquer ici le détail des opérations de la Uille, du renouage, du repiquage, qui constiti^ent cette culture.
9*" Le pastèque ou melon d'eau a des fruits ana lègues à ceux du melon, verts à l'extérieur, rose à l'intérieur; cette chair rose très aqueuse et tre
CUIR
CUIR
rafraîchissante ne peut être appréciée que dans les pays chauds. \C,-E. Bertrand.]
CUIR. — Chimie, XXVII. — On appelle cuir, d'une façon générale, toute peau rendpe imputrescible. Quelquefois, dans le langage ordinaire, on appelle aussi cair la peau épaisse naturelle du bœuf, du cheval, du rhinocéros, etc.; on dit môme le cuir chevelu pour désigner la peau du crâne de Thomme.
Les préparations des diverses espèces de cuirs constituent plusieurs industries de la pins grande importance : la tannerie en tète, la mégisserie, la chamoiserie, la maroquinerie, etc. L'ensemble de ces diverses industries représente en France un produit annuel dépassant doO millions de francs.
Cuirs crus; peaux conservées, — On donne le nom de cutr^ cru9 ou cuirs verts aux peaux fraîches oui viennent directement de l'abattoir, et celui ae peaux sèches ou peaux salées aux peaux qui nous sont fournies par l'Amérique du Sud et qu'on a desséchées ou salées pour qu'elles puissent se conserver pendant la traversée. Buenos- AVres, Bahia, Fernambouc nous expédient aujour* dliui des quantités considérables de peaux salées et de peaux sèches ; elles sont principalement employées à faire des cuirs forts, utilisés dans la fa- Drication des semelles de chaussures, des courroies et de tout ce qui, dans la carrosserie et la sellerie, exige un cuir dur et épais.
Tonnage. — Le tannage a pour but principal de former une véritable combinaison de la peau avec le tannin ou acide tannique. Une peau ainsi pénétrée de cette substance est dite tannée : elle est imputrescible, et peut supporter l'humidité sans s'altérer. Le tannin est fourni par l'écorce du chêne principalement ; celle-ci est séchée, puis réduite en poudre dans des moulins dits moulins à écorce. Les Ardennes, la Nièvre et quelques contrées de la Bourgogne font un grand commerce d'écorces de chêne destinées à la tannerie. On tanne aussi avec l'écorce de saule, de bouleau (cuirs de Russie), avec le sumac, l'écorce de châtaignier, et enfin nous avons vu à l'Exposition universelle des cuirs parfaitement tannés, quoiqu'on peu pâles de couleur, avec le bois d'Amérique dit le Quebraco. La poussière d'écorce s'appelle tan, et on donne le nom de tannée au tan en partie épuisé. La dissolution roussâtre de la tannée dans l'eau ost une liqueur acide (acide tannique et acide gallique), dans laquelle on plonge les peaux avant de les soumettre à l'action du tan neuf.
Le tannage proprement dit est précédé et suivi de diverses opérations que nous allons successivement décrire.
1" Le pelanage ou plainage ou plantage. — On débarrasse d'abord les peaux des parties inutiles, telles que la queue, les cornes, les oreilles, qu'on appelle Vémouchet; puis on les lave à l'eau courante pendant plusieurs jours ; on les étire au chevalet, et enfin on les place dans des cuves contenant de l'eau de chaux. Cette opération dure à peu près un mois. Tous les huit leurs on les sort de la cuve, et on les retrempe dans de l'eau de chaux de plus en plus concentrée.
Epilage ou débourrage. — Les peaux qui ont été passées à la chaux sont gonflées, ramollies, et le poil peut en être facilement arraché; on l'enlève alors en les raclant à rebrousse-poil avec un couteau rond émoussé, puis avec un morceau de grès qui les rend unies. Quand on a préalablement traité les peaux par la soude, Tépilage se fait très facilement. Les peaux ne sont pas encore soumises au tannage; elles doivent être d'abord gonflées, afin que le tannin puisse les pénétrer complètement. Pour produire le gonflement nécessaire, on les met pendant une quinzaine de Jours dans de la tannée, où elles subissent en même temps un premier tannage.
Tannage proprement dit. — Le tannage se fait dans des cuves cylindriques de 3 à3 mètres de ditmètre, et autant de profondeur; on y dispose les peaux horisontalement, par couches séparées pv do tan ; elles restent ainsi pendant un temps variable, de deux à six mois; on renouvelle alors le tan et on retourne les peaux, puis on les laisse ainsi de nouveau pendant un temps qui Tarie de troii I quatre mois.
Cuirs forts, ^ Avant l'épilage des cufars forts, on soumet les peaux pendant un ou deux jours i une température de 30* dans des chambres spéciales, ou bien on fait agir sur elles de la vapeur chaude ; il s'y produit un commencement de putréfaction qui rend l'épilage très facile. On les plonge ensuite dans un bain de tannée acidoié par de l'acide sulfhrique, puis enfin dans les cuves a tannin où elles restent pendant près de deux ans.
A leur sortie des cuves, les cuirs sont sédiés lentement, puis fh>ttés avec du tannin sec, et soomii au martelage ou à une ^nde pression sons des planches chargées de pierres, de manière à les rendre lisses et unis. Les cuirs bien tannés ne doivent pas offrir, quand on les coupe, la raie blanche qui indique qu'ils n'ont pas été assez nourris, ce qu'on désigne par crudité des cuirs.
Divert procédés de tannage. — La longue durée du tannage des peaux, qui exige par conséquent de la part du tanneur une grande avance de capitaux, a souvent tenté les inventeurs, et de nombreux procédés de tannage rapide ont été essayés, mais sans grand succès ; nous indiquerons seulement les principaux, en faisant remarquer Uniefois (jue 1 action du tannin sur les peaux parait devoir exiger un temps assez long pour que l'ancien procédé que nous venons de décrire et qoi est encore presque exclusivement employé, sdt considéré comme de beaucoup le meilleur.
Depuis longtemps déjà on a essayé de transformer les peaux en cuir par Taction de l'acide suilsrique étendu d'eau ; aujourd'hui l'usage de cet acide corrosif n'est pas complètement abandonné, quoioue les résultats qu'il donne soient en général très mauvais; il ne faut pas confondre l'emploi de l'acide sulfurique comme moyen de tannage rapide, avec l'usage qu'on en fait pour faciliter l'épilage et le gonflement des peaux.
On appelle tannage au sippage un moyen de tannage assez rapide qui vient, paratt-il, do Danemark, et qui consiste à comprimer la dissolution concenu^e du tan dans des sacs formés des peau que l'on veut tanner.
Un autre procédé consiste à suspendre les peau dans des caisses où on a mis du tan et où on fait le vide. Dans le procédé Gibbon, on Introduit le tan sous une forte pression dans les peaux cousue» en forme de sacs. Enfin on a même essayé d'activer le tann;ige en soumettant les peaux à TactioD de courants électriques dispersés.
Corroierie. — En sortant du tannage, les euirs qui ne sont pas destinés à faire des semelles sont ramollis avec de l'eau, puis assouplis par no battage au moyen d'une bigorne en bois; ensuite on leur donne une épaisseur uniforme en les raclant du côté de la chair avec un butoir ou couteau émoussé, puis du côté des poils avec uncouteau à revers ; on les fait ensuite sécher ; enfin on les tire à la paumelle, opération qui consiste à les frotter fortement sur l'une et l'autre des faces avec un outil de bois appelé joaumeZ/e.
Les cuirs subissent ensuite différents traitemeots^ variables selon les usages auxquels on les destine, et dans les détails desquels nous ne pouvons pas entrer ici. Nous dirons seulement que les cuirs en suif, qui sont principalement employés par les bourreliers, sont des cuirs 'imbibés de suif parles deux faces ; les cuirs de vaches grises sont des cuirs en suif préparés avec soin ; lès cuirs en huile
CUIR
CUIR
sont préparés comme les précédents, seulement un a remplacé le suif par de Thuile de poisson. L.es cuirs dits vaches de cire sont les cuirs fins du bounelier; les euirt façon (fAngleterrty qui servent aux harnais, ont conservé la nuance fauTe naturelle.
Jiégisserie. ~ Le mégissier prépare les peaux non pelées oui serrent à faire des fourrures, les peaux blanches de la ganterie et les doublures de chaussures. Ce ne sont pas à proprement parler des peaux tannées. On les traite par un mélange d*aliin et do sel qui donne du chlorure d*aluminium. Les peaux qui doivent perdre leur poil sont, avant toute autre préparation, traitées par un mélange de chaux et de sulfure aarsenic.
Chamoiserie, -^ Cette industrie prépare spécialement les peaux destinées aux vêtements. Elle utilise principalement les peaux de chamois, de daim, de bouc, de chèvre, a*agneau ; elles ne sont nullement tannées, mais assouplies par une absorption d'huile.
Maroquinerie, — Autrefois tous les maroquins nous venaient de TOrient ou du nord de l'Afrique ; on ne les fabrique en France que depuis cent ans.
Les maroquins sont des peaux de chèvre ou des peaux de mouton, qu'on appelle alors moutons maroquinéSf qui, après avoir été tannées à la noix de galle ou au sumac, sont ensuite colorées en Jaune, en bleu, en violet ou en rouge : ces dernières sont les plus belles. On a aussi dos maroquins noirs. La couleur rouge est due à la cochenille. Le Jaune est obtenu par l'épine- vinette, le noir par un mélange de rouille et de vinaigre faible, le bleu par l'indigo. Le violet s'obtient en passant successîTement les peaux dans du bleu et dans de la cochenille.
Cuirs préparés (fune façon spéciale. Basanes. — Les basanes sont des peaux de mouton d'assez faible valeur, employées cependant à de nombreux usages. On en fait des dessus de tables, des portefeuilles, des fauteuils, des étuis, des garnitures de chapeaux, des tapisseries. Les reliures de livres se font avec des basanes préparées à l'alun.
Chagrin. — On appelle ainsi un cuir tanné, solide et grenu, qu'on prépare en Orient avec de la croupe de cheval ou d'âne. Les petits mamelons qui caractérisent le chagrin s'obtiennent en faisant sécher les peaux après les avoir saupoudrées de ffraine de moutarde. Eh Europe on fabrique des imitations de chagrin en comprimant des peaux de mouton avec des planches mamelonnées artificiellement.
Cuirs de Russie. — On appelle ainsi des cuirs préparés à la façon ordinaire, puis plongés pendant plusieurs Jours dans une décoction d'écorce de saule et de bouleau. Les bons cuirs de Russie ont une asses grande valeur; ils se conservent très bien, et ont une odeur caractéristique.
Cuirs de Hongrie. — Ce sont des cuirs non épilés, mais rasés et préparés au chlorure d'aluminium ; ils sont généralement très forts, et sont surtout utilisés dans la sellerie.
CtftP bouilli. — Le cuir bouilli sert à fabriquer des casques militaires, des tabatières, des bouteilles, des chapeaux, etc.; on l'obtient en soumettant le cuir à 1 action d'un mélange bouillant de cire et de résine.
Cuirs vernis. — Les cuirs vernis sont très employés dans la sellerie, la carrosserie et la fabrication des chaussures ; pour les préparer on soumet la peau, qui a été soigneusement tannée, à un ponçage répété, qui ajpour but de la rendre propre à recevoir Vaporit. On la recouvre ensuite par les deux Dices d un mélanee de minium, d'huile de Un, de craie et d'ocre. Quand celui-ci est bien sec, 00 la recouvre d'un nouveau mélange de minium, d'huile et de bleu de Prusse (V. Cyanogène), La
peau est alors prête à recevoir le vernis. Les ver* nia sont de différentes couleurs ; le noir, qui est le plus employé, consiste en un mélange de minium, d'huile, oe bleu de i'russe, de bitume de Judée et de vernis au copal. La fabrication des cuirs vernis, qui est connue en Angleterre depuis cent ans, a été introduite en France dans les premières années de ce siècle par Plummer de Pont* Audemer ; cette fabrication a été depuis perfectionnée par Nys et par M. Ghapman de Pont-Au*demer.
Statistique. -^^orMs avons dit au commencement do cet article que la tannerie était une industrie desplus importantes; nous pouvons ajouter que la tannerie française ne le cède à aucune autre, surtout au point de vue de la qualité et de la beauté doses produits. L'Exposition dé 1n78, où elle était^ représentée par 800 exposants de cuirs, de peaux^. de matières tannantes et de matériel se rattachant à l'industrie des cuirs, a comfirmé cette sapériorité d'une manière éclatante. « Pour les gros cuirs, la véritable raison de cette supériorité, dit un homme compétent en ces matières, M. J.-B. Moulin, pourrait oieu être dans ce fait, que la plupart de nos tanneurs français se sont applqués à conserver le vieux principe du tan et du temps. Les cuirs qui attiraient dans la section française l'attention des connaisseurs, et qui étaient incontestablement supérieurs aux cuirs étrangers, étaient des cuirstannés à l'écorce de chêne et restés longtempsen tannerie. » Coci correspond parfaitement à. ce que nous disions plus haut des autres procédés.
Voici quelques chiffres que nous extrayons du journal la Halle aux Cuirs, et oui donneront au^ lecteur une idée asses exacte, sinon complète, de^ l'importance de la tannerie en France.
Us ont été pris sur les étato de douane de 1876.
ImportatloBi. Biportatioiii. Totau
Peaax brutes 157 S7S 891' 35167 339' 192 430 690*
Pelleteries 11 356 16S 4 222 849 15 579 011
Peaax lucéparéea . 35 579 609 77 595 824 111175 433 OuTragea en peaux
et en cuirs 2 870 627 157 491 235 160 361 862-
On estime le nombre des animaux abattus annuellement en France à 1,&00,0< 0; Paris seul livre à la consommation les cuirs de 2l»,000 animaux, et ces chiffres ne font que s'accroître.
Tableau des animaux abattus à Paris en J877 :
Bœufs 145087
Vaches 61552
Taureaux 13 189
Nous recevons annuellement de l'étranger environ deux millions de cuirs représentant un poids de 3K,592,838 kilog. Les pays d où nous tirons principalement les cuirs bruts nécessaires à notre industrie sont: le Chili, le Pérou, les Etats-Unis du- Nord, le Brésil. TUru^ay et le Rio de la PlaU. En dehors de l'Amérique, les autres parties du: monde nous envoient peu de cuirs ; ceux du llaroc et du Sénégal arrivent surtout à Marseille.
C'est principalement à Londres qu'arrivent lescuirs des Indes, de la Chine, dos colonies anglaises, du Cap, d'Australie, etc.
Nous recevons d'Europe une grande quantité de cuirs bruts d'Allemagne, de Hollande, de Suisse. Les peaux de buffle se rencontrent sur les marchés d'Amsterdam et de Rotterdam On tanne aussi maintenant des peaux de crocodile et de serpent.
L'industrie de la préparation des peaux est extrêmement ancienne. l3e tout temps les hommes se sont servis de la vêtir.
sont servis de la peau des animaux pour se r. Ils l'ont d'abord employée à VétsA brut et»
CUIVRK
CUIVRE
Bimpletnent sëchée ; puis Us ont appris à lai donner plas de solidité et à la rendre imputrescible, d'abord par renfiimage, ensuite en 1 imprégnant de solutions astringentes et tannantes. 11 y a bien peu de villages aujourd'hui en Europe qui ne possèdent pas au moins une ^tannerie. Les cenires les plus importants de cette fabrication en France sont : Givety Pont-Audemer, Saint-Saens, Romans, Château-Renault, Sanlieu^ Hemichemont, Levroui. Grenoble est le centre d'un grand commerce de pelleterie ; la petite ville de Saint-Junien (Haute- Vienne) compte trente établissements de mégisserie qui préparent annuellement plus de 500,000 peaux de mouton représentant une valeur de 2,000,000 de francs. Annonav,qui depuis longtemps est en France à la tète de la mégisserie, emploie à cette industrie plus de 20U0 ouvriers préparant chaque année de 12 à 15 millions de peaux.
[Alfred Jacquemart.]
CUIVRE. ^ Chimie, XIX. » (Etvm. : du latin Cuprum ; du ^ec Kypros, Chypre, lie où il parait avoir été exploité dès la plus haute antiquité). Formule chimique : Cu; équivalent rapporté à l'hydrogène, 31.
Etats du cuitfre dans la nature. — Le cuivre se rencontre assez fréquemment à Tétat libre (natif), ce qui explique comment 11 a été probablement le métal le plus anciennement exploité. On le trouve ainsi dans les sables, en Rolivie, aux Etats- Unis, en Espagne. On le trouve aussi en dendrites^ en lamelles et en masses arrondies plus on moins grosses, dans les roches qui avolsinent les dépôts de sulfures, de carbonates et d*oxydes de cuivre ; on cite une masse de cuivre natif trouvée au Canada et qui pesait 3000 kilogrammes. Mais ce sont les minerais d'oxyde {cuivre oxydulé), de carbonate (cuivre carbonate vert, vert de montagne ou malachite; cuivre carbonate oleu,cuivre azuré ouazurite), et surtout le sulfure de cuivre et de (er (cuivre pyriteux, cuivre jaune ojx chalkopyrite), que l'on exploite le plus en grand. On les rencontre principalement en filons dans les Gornouailles, en Norvège, en Hongrie, en Allemagne. Dans le Harz, au Mexique, dans les Pyrénées, et à Sainte-Marie dans les Vosges, on exploite un sulfure à base de cuivre, de zinc, d'arsenic, de fer et d'argent ; ce dernier métal on est souvent la principale richesse.
Métallurgie, — Pour séparer le cuivre du fer et du soufre, on soumet le minerai à des opérations trop longues et trop compliouées pour être décrites ici ; qu'il nous suffise ae dire qu'après un premier traitement on obtient un produit appelé matte qui contient beaucoup de matériaux étran- -;ers; en poursuivant le traitement, la matte se
uate de cuivre). L'acide sulfurique Tattaquc à chaud en donnant du sulfate de cuivre (vitriol bleu) et de l'adde sulfureux. Il se dissout daas l'acide azotique, en donnant de Tazotate de cuivre et du bioxyde d'azote. Quand on chauffe do cuivre avec du soufre, la combinaison B*opère vivement avec incandescence. Enfin le enivre chauffé brûle dans le chlore (V. Combustion et Chlore). Le cuivre est très ductile et très nulléablo ; on en fait des feuilles assez minces poar être faiblement translucides et laisser passer la couleur verte.
Usages. — On se sert du cuivre pour fabriquer un grand nombre d'ustensiles de cuisine. Dana ce cas il doit être étamé, car le vinaigre, les corps gras attaquent le cuivre, et forment avec lui des combinaisons verdàtres, dont l'absorption par les organes digestifs peut présenter de grands dangers. Nous ajouterons cependant que quelques médecins et chimistes soutiennent absolument qae les composés du cuivre sont inoffensifs. Le cuivre est employé au doublage des navires ; il sert à la fabrication des fils électriques; il est aussi extrêmement employé à l'éUt d'alliage (V. Alliages-. Les alliages du cuivre et de l'éuin sont : le bronze des canons Jaunes ; le chrysocale, le tombac qai contiennent en outre du zinc ; le laiton ou cuivre Jaune, le plus employé peut-être, d'une composition qui varie avec les usages auxquels on le destine ; mais il est toujours principalement formé de cuivre et de zinc ; quand il doit être martelé, il contient 70 p. 100 de cuivre, 30 de zinc
Les épingles ordinaires sont du laiton étamé ; le maillechort, très employé dans la fabrication des services de tablo, est formé de cuivre, de zinc et de nickel. Enfin le cuivre est employé à la fabrication des monnaies d'une valeur inférieure à Ofir. 50.
Principaux composés du cuivre. — Sulfate de cuivre, ou couperose bleue, ou vitriol bleu. — Le sulfate de cuivre a pour formule CuO.SO'iSHO. C'est un beau sel bleu qu'on rencontre dans le commerce sous forme de gros cristaux parallélipipédiques obliques, qui sVsffleurissent à l'air sec. Vers lOO*" ils deviennent blancs en perdant les quatre cinquièmes de leur eau: plongés idora dans une liqueur qui contient de Teau, ils reprennent la forme cristalline et rebleuissent. Us ont une saveur méullique, styptique et désagréable. Au blanc le sulfate de cuivre se décompose, et donne comme résidu de l'oxyde de cuivre ; à A* les crisuui se dissolvent dans trois parties d'eau, à 100» dans 0,55 d'eau. La dissolution bleue donne avec Tarnmoniaq^ue un précipité blanc qui se redissout dans
lébarrasse du fer et du soufre, et produis le cuivre ^^ excès en donnant une belle liqueur bleu foncé
,..,••. f-Ao «,•-»,« ^« -.,; — /or « .«..V w, ,.__. q^'on voit souvent à la vitrine des pharmaciens
et qu'on appelle Veau céleste. Une lame de fer qu on y plonge se recouvre immédiatement d'une couche do cuivre rouge qui permet de reconnaître îï^ de cuivre (Wuru).
Préparation du vitriol bleu. — On Tobtient es grand dans les arts en grillant le sulfure de enivre ; on lessive ensuite la masse avec de l'ean chaude. Le sulfate de cuivre ainsi obtenu contient du sulfate de fer dont on le débarrasse ensuite.
Usages. — Le vitriol bleu est fort employé dans la galvanoplastie, dansla teinturerie, et dans la fabrication des couleurs; il sert en outre à chauler le blé.
noir, très riche en cuivre (95 p. 100). En projetant sur le métal en fusion un peu d'eau froide, on obtient une plaque solide a contour irrégulier, appelée cuivre rosette. Ce cuivre est cassant; on le fond enfin sous une couche de charbon, et il devient le cuivre rouge ductile qu'on livre au commerce. On obtient du cuivre très pur, dit cuivre de cément, en précipitant par le feu le cuivre des eaux qui ont servi au lavage des minerais.
Propriétés du cuivre. — Le cuivre écroui a pour densité 8,9; sa couleur rouge permet facilement do le reconnaître; c'est après le fer le métal le plus tenace. Un fil de cuivre de 2»» de diamètre supporte sans se rompre un poids de 136 kilogrammes. Frotté entre les doigts, le cuivre dégage une odeur spéciale désagr&ble; il fond vert 1 160«, et en se refroidissant il cristallise en cube. Chauffé au blanc, il dénne des vapeurs qui brûient avec une flamme verte caractéristique. Un fil de cuivre introduit dans la flamme de la lampe à alcool la verdit immédiatement. Le cuivre se conserve parfaitement à l'air sec, mais, dans l'air humide, 11 se recouvre de vert-de-gris (hydrocarbo- 1
Carbonate de cuivre. — Le eari>onate de coivw existe dans la nature (malachite et^asurite), mais celui qu on emploie dans la peinture à l'huile sous le nom de vert minéral est préparé en versant da carbonate do potasse ou de sonde dans un sel de cuivra. La patine verte qui se forme à l'air à h surface du cuivre et des bronzes, et qui est connue sous le nom de vert de gris, est un carbonate de cuivre hydraté.
CUIVRE
CUNÉIFORME
Acétate de cuivre» — Ce sel est connu dans le commerce sons le nom de verdet cristallisé ; on le rencontre sons forme de beaux cristaux verts ayant pourformole GaO, G«HSO>, HO, et résulUnt de la combinaison de l'oxyde de cuivre avec l'adde acétique*.
Chauffé k Tair, il brûle avec une flamme verte. Dans le midi de la France, on le prépare en plaçant dans dos pots de grès des lames de cuivre alternant avec des couches de marc de raisin. Ce sel est employé en grand dans la fabrication d'un grand nombre de couleurs, et principalement du vert de Sehweinfurt (mélange d'arsénite et d'acéute de cuivre).
Usages médicaux deesels de cuivre. — Plusieurs wXs de cuivre sont employés en médecine ; à l'extérieur ce sont des stimulants et des corrosifs. Les pilules dites de Gerbier, employées contre les cancers, contiennent du sous-acétate de cuivre. En An^eterre le sulfate de cuivre est employé comme vomitif ; il est aussi en usage dans le traitement de certains ulcères fongueux ; à l'intériçur il stimule et irrite les muqueuses.
Action torique des sels de cuivre. — On a con- 8Uté que 30 à 40 grammes de sulfate ou d'acétate de cuivre introduits dans l'économie peuvent mettre la vie en danger. Dans d'autres cas des doses beaucoup plus fortes n'ont pas occasionné la mort. Le cuivre se rend principalement dans le foie et les reins. Après la mort on constate que la muqueuse da canal digestif est rouge, épaissie, érodée, quelquefois perforée. Les Sjrmptbmes d'empoisonnement par le cuivre sont ceux des poisons irritants: saveur cuivreuse, acre, langue sèche, soif excessive; l'abdomen est ballonné et douloureux, le pouls est petit, irrégulier, rapide. Le malade a des selles abondantes et sanguinolentes, des crachotements continuels; des mouvements convulsifs, des tremblements tétaniques, ou bien une insensibilité complète précèdent la mort.
La saveur styptique ainsi que la coloration bleue des sels de cuivre peuvent souvent mettre en garde contre leur présence dans les aliments.
Mais les ouvriers qui les manient Joumenement peuvent être sujets à un empoisonnement chronique qui, il faut le dire, est cependant assez rare ou plutôt assez bénin quand il se 'IVroduit. La colique de cuivre, oui est bien I moins dangereuse que la colique de plomb, est laccompagnée de vomissements bilieux et de .diarrhée.
I Contrcpoisom, — On a^ini^trel* au malade la plus grande quantité possible de blancs d'œufs délayés dans de l'eau, puis on provoque les vomissements. Si le poison est déjà dans les intestins, 'on administre un purgatif; on traite les colioues par les boissons émollientes et .les potions nuileiues. On ordonne aussi le lait, le sucre, la limaille de fer qui agit en précipitant le cuivre (Wurtz).
Ciramitances particulières dans lesquelles on peut être empoisonné par le cuivre. — Le cuivre nst très employé soit à l'état métallique, soit à V6lat de combinaison ; il n'est donc pas rare qu'il donne lieu à des accidents plus ou moins graves. Les plus nombreux résultent d'aliments prépara dans des vases en cuivre et dont la nature provoque l'oxydation du métal ; car, chose à retenir, les confiseurs se servent constamment de vises en cuivre sans le moindre inconvénient, parce que le sucre quMls emploient agit comme désoxydant.
' Certaines espèces de thé vert ne doivent leur belle couleur qu*à la présence du carbonate de enivre, qui est un poison. Le vert de Scheele et le Uert de Sehweinfurt, qui sont également toxiques, , Bntrent souvent dans la coloration des bonbons et ' 9velquefois dans celle des conserves*
Le sulfate de cuivre a trop souvent servi h voiler l'aspect anormal des farines avariées.
[Alfred Jacquemart.]
CULTURE. — Agriculture, I. — On comprend sous le nom générique de culture l'ensemble des travaux par lesquels l'homme tire du sol les produits végétaux dont l'obtention est le but de l'agriculture. Les labours, les semailles et plantations, les travaux de récolte, etc.> sont autant d'opérations de culture. Suivant que ces opérations ont pour but telle ou telle nature de produits, elles forment un ensemble déterminé : ainsi, on dit culture du blé, culture des arbres fruitiers, culture des légumes, etc.
A côté de cette signification générique, le mot culture a trouvé plusieurs autres applications. La principale est celle dans laquelle cette expression est employée pour désigner l'étendue Klative d'une exploiution agricole. Ainsi on dit : petite culture, moyenne culture, grande culture, comme synonymes de petites exploitations, exploitations d une étendue moyenne, et exploitations d'une étendue considérable. En France, dans le langage ordinaire, une exploitation appartient à la petite culture, quand son étendue ne dépasse pas 20 hectares ; Jusqu'à 100 hectares, une exploitation appartient à la moyenne culture ; au delà de 100 hectares, elle entre dans la grande culture. On a beaucoup discuté sur les avanu^es et les inconvénients de la petite culture ; en fait, la production du sol a augmenté presque toujours à mesure que l'étendue des exploitations est devenue plus restreinte. Mais il ne faut pas confondre la division de la propriété avec le morcellement ou parcellement, qui consiste dans la division des héritages en parcelles séparées et souvent éloignées les unes des autres. Le parcellement offre, au contrafre, de graves inconvénients que la réforme de la loi sur les partaffes pourrait seule faire disparaître.
On dit encore : système de culture, pour désigner l'ensemble des méthodes adoptées dans l'exploitation d'un domaine. On trouve sur ce sujet des détails suffisants aux mots Assolementê et Exploitations rurales.
Les deux expressions culture intensive et culture extensive sont souvent employées, par opposition l'une à l'autre. On doit entendre par culture extensive celle qui se contente des moyens d'exploitation tfrés du sol môme du domaine et de ses produits. La culture intensive est, au contraire, celle qui, pour entretenfr et accroître la production du sol, a recours aux engrais commerciaux. Cette ligne de démarcation est la seule qui puisse logiquement séparer ces deux systèmes d'exploitaUon.
Le mot culture entre dans la composition de mots qui désignent les différentes brandhes de Texploitation du sol. Ainsi : agriculture, ou culture des champs ; arboriculture ou culture des arbres ; horticulture ou culture des Jardins ; praticuUure, ou culture des prairies ; sylviculture, ou culture des forêts ; sériciculture, ou exploitation des teri à soie ; viticulture, ou culture de la rigne, etc.
[Henry Sagnier.]
CULTURE (Instruments de). — V. Insttuments aratoires.
CUNÉIFORME (Écriture). — Histoire générale, n. » (Etym. : en forme de coin.) On devrait plutôt dire en forme de clou, d'après 1 aspect général du principal élément J qui entre dans la composition de cette écriture. Les Anglais ont parfois substitué à répithète cunéiforme ou cunéatique, employée d'ordinaire, l'épithète arrow-headeaià t€te de flèche), qui n'a pas été adoptée dans l'usage commun.
L'écriture cunéiforme se compose actuellement de trois éléments, dont la combinaison donne naissance à une foule innombrable de caractères:
CUNÉIFORME
CUNÉIFORME
l»le coin, J, occupant toute la hauteur de la ligne ou ▼, n'occupant que la moitié ou le tiers de la hauteur de la ligne : 11 se rencontre couché horicontalement »— >, et quelquefois, incliné selon la diagonale, pointe en haut r^ ou pointe en has ^^» 2* ^, formé de deux coins reliés par le sommet et formant un angle obtus; S« le triangle ^, qui ne se rencontre qu*en relation arec le coin ordinaire tjr, ou répété trois fois -^4. Tous les signes de récriture cunéiforme dérivent de la multipUcatipn et de la combinaison de ces trois signes : |f , composé du coin vertical trois fois répété rous ses trois formes différentes, répond à la lettre a, par exemple; XÇr à la syUabo tha, etc. Gravés sur la pierre ou sur le métal dans les inscriptions de bon style, les caractères ont toujours la forme du coin, ou des formes s* en rapprochant. Dans les inscriptions cursives tracées à la pointe, le coin est remplacé par une simple ligne partout identique en largeur :4tfr pour rf Tff"i ®^ **"*^ ^® *'***®* ^" "** Jusqu'à présent aucun manuscrit assyrien ou chaldéen, qui nous apprenne quelles formes prenaient les caractères, quand on les traçait, à l'encre, sur du papyrus ou sur du parchemin.
Au début, les signes éuient de véritables dessins, représentant l'objet exprimé. Ainsi l'étoile y^ à huit branches figurait d'abord Véioilet j)ui8 l'idée do dieu. L'ignorance des dessinateurs fit bientôt perdre à ces objets leur forme première, et substitua aux traits du dessin régulier des traits qui rappelaient vaguement la forme primitive de 4'objet : -^|^ pour l'étoile. Les signes, ainsi modifiés, subirent pou & peu un travail de simpliflcation qui en dénatura entièrement l'aspect: 1 étoile devint m4^ »^. En fait, les caractères de récriture cunéiforme, tels que nous les rencontrons dans Tusage courant, ne sont plus aue de vériublespaqueta de clous, disposés pour la plus grande commodité de l'écrivain ou du graveur, et de telle ma- .nlère qu'il est presoue toujours Impossible den •reconnaître la distribution primitive.
L'écriture cunéiforme n'est pas d'origine sémitique. Elle parait avoir été inventée par le ueuple de race inconnue qu'on appelle tantôt Soumir, Untôt Akkad {V. Chaldée), Elle servit 4'abord à écrire la langue de ce peuple, laquelle, déjà hors d'usage vers le xx« siècle avant notre -ère, continua de servir de langue liturgique en Chaldée jusque vers l'époque gréco-romaine. Elle -•e compose en partie de syllabes, en partie d'idéogrammes, mais présente cette particularité que chaque signe est poluphone, en d'autres termes, «ert à rendre plusieurs sons. Ainsi \] se lisait o, comme lettre, puis comme idéogramme mou^ se mettait devant les noms de canaux, répondait aux Idées A'eftu et de fils. Cette variété de sons, de «ens et d'emplois, était une des difficultés do la Jecture des textes écrits en caractères cunéiformes ; •elle ne produisait pas cependant autant de confusion qu'on pourrait croire. Le contexte des signes ^voisins montrait aux Ghaldéens instruits, et montre
première, la prononciation an, dimer, dingir, répondant aux Idées de dieu et de ciel. Dans la langue sémitique, dieu se dit ilou : le ciel, shamoû, shami: Vétoite, knkkahou: ces valeurs ilcu,ihanii^ kakkakou, vinrent s'ajouter aux valeurs on, dàner, dingir, qui existaient déjà. Do plus, le Sémite qai, voyant »»*4- dans le sens de Dieu, le lisait Uou, garda & ce signe la valeur an lorsqu'il s'agit d'écrire des mots de sa langue qui renfermaient la syllabe an : lishanou, la langue, put s'écrire ►^TTT t;p' »ft— T >7^ li'Sha-Àis-nou, et ainsi de suite pour tous les signes* Les idéo^ammes d'emploi courant gardèrent leur valeur idéographique, mais substituèrent aux prononciations anciennes des prononciations sémitiques : Vf garda la valeur de fils, mais se prononça habM dans les textes sémitiques. Les colonies chaldéennes qui fondèrent Nlnive (V. Assyrie), emportèrent avec elles le système ainsi modifié, et le conservèrent
Eresque intact jusqu'à la fin de l'empire assyrien, es seules différences ou'on ait notées jusqu'à présent entre les caractères nlnlvites et les caractères babyloniens sont de simples différencei d'agencement dans la répartition des clous qui forment chaque caractère, et sont asses insignifiantes pour ne créer aucune difficulté de lecture.
De Babylone d'abord, puis de Nlnive, le système d'écriture cunéiforme se répandit chez les peuples voisins. Les Elamltes (V. Elam) furent les premiers à l'adopter. Leur langue parait n'être qu'un dialecte de la langue parlée par les inventeurs de l'écriture cunéiforme : aussi le syllabaire est-il à peu près le même. Quelques-unes des inscriptions trouvées à Suse pourraient bien remonter jusqu'au xxii' ou xxiii* siècle avant notre ère. Vers le viii* siècle avant notre ère, les Arméniens empruntèrent le système nlnivite, qu'il? adaptèrent à leur langue en le modifiant légèrement. Nous avons des inscriptions de plusieurs de leurs rois dont on comprend le sens, grâce aux idéogrammes qui sont les mêmes que dans l'assyrien, mais sans pouvoir toujours lire les mots. Un peu plus tard, les peuples non aryens de Médie, qui pariaient un langage apparenté à celui de l'Elam, firent un emprunt analogue à l'Assyrie. Malheureusement, les seules inscnptioai que nous ayons en leur langue datent de l'époque perse.
Elamltes, Arméniens, Hèdes avalent consenre assez fidèlement les procédés et les valeurs attribuées aux signes par les premiers inventeurs: les Perses modifièrent profondément le .systèine pour l'adapter aux exigences des dialectes aryens. Ils négligèrent tous les idéogrammes, sauf on ou deux, prirent, parmi les syllablques, «» <™ petit nombre de signes, auxquels ils attribuèrent une valeur fixe de syllabe, ou même de lettre simple, et arrivèrent à composer une écriture complètement différente de récriture dont elle est dérivée. Peut-être faut-il ratucher encore aux écritures cunéiformes l'écriture chypriote, tnau c'est un point qui n'est pas encore suffisamment démontré.
L'usage de chacun des systèmes d'écriture cunéiforme disparut avec la puissance politique ou la prospérité commerciale du peuple qai
•aux assyriologues, si le signe éUit pris dans sa va „« ^..^r— v z-v .v , - - ■ é^nre
leur alphabétique ou dans une de ses valeurs idée- s'en éuit servi. Après le vi« siècle on ne itoutb '- sens des mots voisins indiquait' plus d'inscriptions ninivites, m dmscripuon»
sraphiiiues : le
.presque toujours, d'une manière évidente, laquelle .des valeurs idéographiques était nécessaire au développement de la phrase.
Les peuples de langue sémitique qui adopt rent iJe système cunéiforme le compliquèrent de valeurs nouvelles empruntées aux mots de leur langue, d'étoile «^f- signifiant I>f>tt, avait, dans la langue
arméniaqucs ; après le Vf, plus d'inscriptions mediques et elamltes, et seulement quelques rare» inscriptions persanes ; après le ii« siècle de notre ère, plus d'inscriptions chaldéennes. Lon8*3* avant l'invasion arabe, on peut dire que les sys» mes d'écritures cunéiformes avaient cessé a eire 1 employés. Ils restèrent inconnus jusque ?eri i»
CYANOGÈNE
— 8Cl —
CYANOGÈNE
Un du xvi« siècle, époque à laquelle le yoyagenr htlien Pietro delU Valle en rapporta quelques tpécimens en Europe. G*est en 1801 que le iSTant allemand Grotefend commença le déchiffrcment par le système pêne, le plus simple de tous. Moins de anquante ans plus tard, 1 étude des inscriptions trilingues de Bisoutoun, rédigées en persan, en médique et en babylonien, donna à UM. Oppert et Rawlinson la clef des systèmes chaldéensetmédiques. En moins de trente années le déchiffirement a fait des progrès considérables. On ne peut pas oncore affirmer que tous les textes connus Jnsqu*à présent soient aisés à lire. Les textes religieux sont remplis de difOcuités qu'on n*i pas toutes surmontées ; mais les textes historiques, sauf quelques passages, peuvent être traduits couramment par les trop rares savants qui s'occupent de leur étude. [G. Maspero.j
CTANOGiCNB. CYANURES. — Chimie, XV. — En 1S14, rillustre chimiste français Gay-Lussac, en étudiant la composition du bleu de Prusse, découTTlt un gax incolore, d*une odeur de kirsch, composé de carbone et d'axote, C*Ax, qu'il fut amené à considérer comme un radical composé, joaant dans les combinaisons métalliques où il entre le même rôle que les corps simples de la iamille du chlore : Tiode, le brome, le fluor. C'était là une importante découverte, car pour la première fois on considérait une molécule composée se combinant aux métaux comme un corps simple et pouvant être séparée de ses combinaisons sans so détruire. C'était en germe la théorie des radicaux organiques qui, trente ans plus tard, devait porter tant de lumière dans les réactions complexes que présentent les composés organiques (V. Chimie organique). Cette découverte rendait compte de la composition de l'acide prussique, de celle du prussiate de potasse, et enfin de celle du bleu de Prusse, découvert un siècle plus tôt par Diesbach de Berlin. Gay-Lussac, considérant le nouveau corps comme le radical de ces composés, rappela cyanogène^ de kyanos, bleu, et de getmnô^ j'engtindrè, an lieu de l'appeler^ conformément à la Aomenclature, un carbure d azote.
Propriétés du cyanogène, — Le cyanogène est un gaz incolore qui se liquéfie à ^ 25* au-dessous deO**; il se solidifie à— 34*. Sa densité est 1.8,c'est-à-dire que, dans les mêmes conditions que l'air, il pèse l.H fois plus à volume égal. Un litre de cyanogène renferme 1 litre d'asote et 1 litre de vapeur de carbone. Il a une odeur pénétrante qui rappelle celle de l'acide prussique et des amandes amères. Il brûle avec une flamme purpurine très Jolie et caractéristique. Il est délétère, mais à un degré beaucoup moindre que l'acide prussique. Un litre d'eau peut dissoudre 4 à 5 litres de cyanogène. Cette dissolution se décompose au bout de quelques jsors en donnant par évaporation un dépôt brun contenant de Vurée, du carbonate, du cyan hydrate et de l'oxalate d'ammoniaque ; la lumière favorise cette décomposition. L'alcool dissout 20 à 30 fois 90n volume de cyanogène.
Le cyanogène peut se combiner directement au potassium en donnant du cyanure de potassium.
Préparation du cyanogène et circonstanceê dan$ iesquellet il $e produit. — Gav-Lussac l'a obtenu pur en décomposant par la chaleur le prustiate ou ojanure de mercure. C'est encore comme cela <)[u*on le prépare dans les laboratoires. L'opération «e fait dans une petite cornue de verre portant un tabe qui par l'une de ses extrémités plonge dans U cnve à mercure ; on chaufl'e à la lampe à alcool. *^
Le sel se décompose en cyanogène et en mercure <]ui se condense en gouttelettes sur les parois. On trouve au fond de la cornue une substance noire charbonneuse qu'on a appelée paracvanogène^ parce que l'analyse chimique I '
1 analyse cliimique lui a trouvé la môme com-
position qu'au cyanogène. Le cyanogène ne 9% rencontre pas dans la nature, mais on le trouve, paralt-il, dans le gax qui se dégage des hautsfourneaux; il prend naissance dans l'action de l'air à chaud sur un mélanoe de charbon et d'alcali ; enfin il se rencontre dans les produits de la distillation sèche de l'oxalate d'ammoniaque.
Combinaiions du cyanoaène avec Coxygène. -^ Le cyanogène, en se combinant à l'oxygène, forme quatre acides qu'on peut considérer comme des corps isomères (Y. Chimie organique) : ce sont l'acide eyanique^ l'adde /Ulminique, l'acide cyanu^ rtqve, et l'acide cyany ligue.
Le premier s'obtient en condensant par let froid les produits de la distillation de Vurée ; c'es à un liquide incolore, d'une odeur vive analogue celle de l'acide acétique; il irrite les yeux: une
Soutte sur la peau y produit une brûlure. 11 forme es cyanates avec l'oxyde d'argent^ l'ammoniaque.
L'adde fulminique existe en combinaison a vee l'oxyde de mercure dans le sel détonant appelé fulndnate de mercure, qui sert à la fabrication des amorces. C'est un sel très dangereux qui détone par le choc (explosion terrible de la rue Béraoger, 1878).
Nous ne dirons rien ici des deux autres acides.
Acide cyanhydriaue ou prussique. — L'acide prussique a été découvert en 1780 par Scheele, chimiste suédois, le contemporain et presque l'égal de Lavoisier; c'est la seule combinaison du cyanogène avec l'hydrogène. Par ses propriétés chimiques, cet acide se rapproche des acides chlorhydrique, iodhydrique, bromliydrique, fluorhydnque.
Son nom lui tai donné par Scheele parce qu'il l'obtint pour la première fois en traitant le bleu de Prusse par l'acide sulfurique.
On a pensé que cet acide était connu des prêtres de rancienne Egypte, qui s'en servaient pour empoisonner ceux qui révélaient les secrets de l'art sacré.
L'acide cyanhydrique existe dans le pécher, IV mandier, le laurier-cerise, le cerisier ; c'est lui qui donne son odeur au kirsch, ainsi qu'aux noyaux des fkniits d'un grand nombre de rosacées. Il prend naissance dans l'action des acides sur les pruatiates.
Propriétés de tacide pru%siqueou cyanhydrique. — Cet acide constitue à la température ordinaire un liquide incolore, très volatil, d'une odeur d'amandes amères, rougissant faiblement le tournesol ; sa densité est 0.7 ; il brôle facilement avec une flamme pAle ; le résultat de la combustion est de l'eau et de l'acide carbonique. Il est soluble dans l'eau ; cette dissolution se décompose rapidement en donnant naissance à de l'ammoniaque. H en est de môme de l'acide pur, mais cependant sa décomposition est plus lento. L'acide liquide pur est extrêmement volatil ; si on en évapore quelques gouttes sur une feuille de papier, une portion se solidifie par suite du fk'oid produit. L'acide cyanhydrique donne dans les sels d'argent un précipite blane soluble dans l'ammoniaque.
Si on chaufl'e dans un verre de montre quelques gouttes d'une solution étendue d acide prussique avec une goutte de sulfhydrate d'ammoniaque, et qu'on y ajoute une goutte de perchlorure de fer, on obtient une coloration rouge-sang (Wurtz).
En médecine on l'emploie à l'état de dissolution dans l'eau comme antispasmodique. C'est le plus violent poison que l'on connaisse.
Préparation. — C'est Gay-Lussac qui a indiqué cette préparation. Il est prudent de le préparer à l'air ou bien dans une salle aérée et vaste. On l'obtient en chauffant doucement du cyanure de mercure et de l'acide chlorhydrique; les vapeun doivent passer dans un tube rempli de morceaux de craie qui retieonent les vapeurs d'acide chiorhydri*