‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 393 sur 562 · DICTÉE · texte numérisé non relu

DICTÉE

DIGESTION

de nos traités spéciaax d'histoire on de géographie. Restent les textes composés uniquement en vue de l'étude de tel ou tel paragraphe de la grammaire. Ze genre de dictées, aui donne lieu à Tapplieation directe et immédiate des règles par les élères, ii*est pas à dédaigner; mais ces qualités pradaues sont trop souYent balancées parla tuIganté d'un style bizarre et tourmenté. On a essayé de tourner la difficulté en donnant des morceaux choisis de nos meilleurs auteum comme exercices d'orthographe usuelle, et des phrases déuchées comme exercices de syntaxe orthographique. Nous approuTons Yolontiera la première partie du système, mais en rejetant absolument la seconde. Selon nous, les phrases détachées sont généralement buiales, dépourrues d'intérêt, tout au plus bonnes à remplir les exemples d'écriture, et utiles seulement pour des exercices de vive voix ou au tableau. Enfin quelques auteun ont choisi les passages les plus intéressants de nos grands écrivauis, et y ont elissé discrètement des adjectifs tels que demi^ quelque^ même et trois ou quatre participes passés, essayant ainsi de tout concilier en émaillant une belle page de français de quelques bonnes difficultés, orthographiques. Le père Girard, dans son Coura éducatif de Langue maternelle, traite ce procédé de profanation; le mot est séyère et certainement exagéré. Un maître, en dictant un devoir, peut ajouter un mot ou en changer un autre dans l'intérêt de ses élèves sans manquer pour cela de respect à nos classiques ; pourvu toutefoift qu'il agisse avec ménagement et qu'il prévienne ses jeunes audlteura. En résumé, un sujet Intéressant et instructif pris chez nos meilleu» écrivains et assez difflcile au point de vue orthographique pour que l'on puisse se dispenser de remanier le texte, voilà la dictée que le maître doit préférer ; c'est là d*ailleura la seule méthode adoptée aujourd'hui dans nos examens publics.

Peut-en faire de la dictée un exercice à double fin, une leçon de chose en môme temps qu'une leçon de mots ? En d'autres termes peutron se servir de U dictée pour le fond et pour la forme^ de telle sorte que non seulement elle soit instructive, mais qu'elle se compose, par exemple, d'un résumé d'histoire, d'une leçon de sciences, d*un récit de voyages, d'une description de phénomènes naturels ou de produits de Tindustrie ? Ce double usage d'un môme exercice nous semble généralement difflcile et sujet à bien des inconvénients. La science est une chose, la langue en est une autre. Dans la pratique scolaire, il est assez malaisé d'appeler tout ensemble l'attention de l'enfant sur des Cûts hbtoriques, scientifiques, géographiques et stir les mots et leur orthographe, n faut an moins oue les deux exercices se succèdent sans se confonare, que le même morceau dicté soit d'abord relu et expliqué au point de vue de la grammaire, puis repris comme leçon à étudier au point de vue des idées. C'est en ce sens que nous indiquons, dans ce dictionnaire même, par exemple, à la suite de certains articles de sciences, d'histoire ou de littérature, sous le titre de Lectures et dietéesi un grand nombre de morceaux qui nous paraissent pouvofar être donnés en dictée et en même temps servir à compléter l'étude de la question.

:*• Comment fautai corriger la dictée? — Les maîtres usent de divera procédés pour la correction de la dictée ; les uns font écrire le texte au tableau par un élève, les autres font simplement épeler chaque mot fur le cahier, d'autres enfi!n font aussi épeler le devoir, mais en donnant à chaque élève une copie autre que la sienne à corriEer. Dans le premier cas, les élèves doivent à la fois suivre sur le tableau et sur leur brouillon, c'est-à-dire relever, tantôt leura erreura, tantôt celles de leur camarade; ce double effort lasse bien vite Tattention.

Quand un élève épelle à haute voix, ses condisd* pies doivent de même signaler ses fautes et corriger les leura ; le premier travail est facile à constater, mais il est presque impossible de contrôler le second. Au contraire, si l'on confie à un écolier la copie d'un concurrent, l'amonr-propre est en jeu. 1 émulation est surexcitée ; que le nudtre ne craigne rien : c on «e voit d'un autre œilqt^on ne voit son prochain ; » autant le petit correcteur était lent à trouver ses fautes, auUnt il sera attentif et prompt à biffer d'un trait celles du voisin. Nous avons souvent essayé de ce moyen que nous nous permettons de recommandera BOf . les institutenn ; presque toi:4oun la correction était scrupuleuse,

sévère, trop sévère même Le correcteur avait

marqué plus de fautes qu'il n'y en avait.

rj. Dussouchet.l

DIGBSTION.— Zoologie, XXIU. — Définition. ^ La digestion est la fonction de nutrition i>ar laquelle rbomme comme les animaux prends introduit dans son corps des substances dites substances alimentaires^ qui y sont transformées par l'action de liquides, lef sucs digestifs, de ikçon à être rendues absorbables en partie.

Idée générale de tappareil et du travail diges^ tifs. — L'appareil digestif a la forme d'un tube ouvert à ses deux extrémités, en haut et en avant par la bouche, en bas et en arrière du tronc par l'anus. De la bouche il descend voTticalement dans le tliorax (œsophage), suivant l'axe médian du corps ; après avoir traveroé le diaphragme, il se dirige, dans l'abdomen, d'abord de droite à gauche en se dilatant (estomac) , puis, rétréci et tubulaire» alternativement de gauche à droite et de droite à gauche jusqu'à la région inférieure et droite de l'abdomen {intestin grêle). A ce niveau son calibre augmente (vros intestin), il remonte à droite et en dehora des anses de l'intesUn grêle Jusqu'à l'es» tomac, devient alora transverae pour redescendre à gauche, et après s'être projeté en arrière, il s'ouvre à l'extérieur par l'anus. Dans toute son étendue, l'appareil digestif est tapissé par une membrane de nature muqueuse, modification de la peau, commençant aux lèvres buccales, et se terminant à l'anus, où elle se modifie de nouveau en peau. La muqueuse, sous laquelle rampent des vaisseaux, peut se laisser traveraer : 1* de dehora en dedans par des substances alimentaires transformées sous 1 Influence des sucs digestifs ; et 2* de dedans en dehors par les liquides que laissent exsuder les vaisseaux sanguins et qui effectuent sur les substances alimentaires des transformations les rendant absorber blés. Les glandes par l'intermédiaire desquelles sont veraés ces liquides sont elles-mêmes des replis profonds de la muqueuse.

Division de Vétude de la digestion. — La digestion est la plus longue à étudier dos fonctions de nutrition, et voici le plan que nous suivrons pour l'exposer :

I. Anatomie de Tappareil digestif proprement dit chez l'homme, comprenant : 1* une région aur dessus du diaphragme (bouche, œsophage); 2" %me région au-dessous du diaphragme (este* mac, intestin grêle, gros intestin).

n. Anatomie des organes annexes, comprenant les dents et les glandes (glandes salivaires, foie, pancréas).

m. Physiologie de la digestion^ comprenant : P les phénomènes mécaniques: 2» les phénomènes chimiques (sucs digestifs, aliments, action des sucs digestifs sur les aliments) ; 8** les phénomènes instinctifs (faim et soif}.

lY. Etude de l'appareil digestif dans la série animale.

L Anatomie ob l'afparbil digestif PROPREnm DIT. Bouche. ^ La bouche est la partie supérieure

DIGESTION

DIGESTION

da tube dicestif. C'est un entonnoir ouvert en avant, au dehors, par sa partie étasée entre les lèvres, et en arrière, dans ie pharvnx, par sa partie rétréde, le gosier; elle est située au-dessous des fosses nasales, dont elle est séparée par le pidais, et en arrière des os inférieurs de la face. Elle comprend une partie ossetue^ que nous pouvons appeler le squelette buccal, soutenant des parties molles^ musculeuses, qui en forment les parois et sont elles-mêmes recouvertes à Textérieur par la peau, et dans Tintérieur par la muqueuse qui a pfis naissance sur les muscles des lèvres. Enfin, en arrière des lèvres, implantés dans les os. nous trouvons une double rangée horizontale et superposée d*organes très durs, disposée chacune en arcado convexe antérieurement : ce sont les dents (V. Dents),

1. Squelette de la bouche. — Il est formé par les os maxillaires et les os palatira. Il v a deux os maxillaires supérieurs et un os maxillaire inférieur. Les deux premiers forment deux pièces parfaitement symétriques, articulées Tune et Tautre en avant, et représentant ensemble un fer à cheval convexe en avant, fixé à la base de la face, et sur le bord libre duquel sont ouverts, chei Taduite seize cuis-de-sacs appelés alvéoles : dans chaque alvéole est implantée une dent. Les deux os palatins forment un plancher horizontal comblant la concavité du maxillaire supérieur, et séparant les fosses nsr sales de la bouche. Le maxillaire inférieur a la forme d*un fer à cheval situé parallèlement audessous des maxillaires supérieurs; à chacune de ses extrémités postérieures s'élève une branche os- ;seuse, montante, se dressant en arrière des maxillaires supérieurs et allant s*appuyer à la base du crâne, en avant du trou de Toreille. Cest sur ce double point de contact que la m&choire inférieure est mobile, grâce à Taction des muscles insérés à sa surface et sur les côtés du crâne. Le bord supérieur de ce dernier os est creusé de seize alvéoles dentaires correspondant aux alvéoles de la mâchoire supérieure.

2. Parties charnues de la bouche,— Les muscles buccaux sont des ligaments contractiles allant extérieurement d'une mâchoire à l'autre, sur la surface profonde desquels s'étend la muqueuse labiale, et dont la surface externe est recouverte par la peau. C'est dans un espace inter-musculaire horizonUl, appelé lèvres, situé en avant des arcades dentaires, que la muqueuse prend naissance. Elle se réfléchit sur les mâchoires pour former les gencives, s'enfonce dans les alvéoles en contournant les racines .deutaires, recouvre le palais jusqu'à son bord postérieur; à ce niveau, elle se détache des 08 palatins et tombe librement au fond de la bouche comme un rideau membraneux qu'on nomme voiU du po/air, séparant la bouche du pharynx. Le bord inférieur de ce voile est taillé en forme de voûte présentant à sa partie moyenne une clef de voûte charnue, la luette. A droite et â gauche, le voile du palais est adhérent aux parois buccales, et on observe dans cette région, symétriquement à gauche et à droite, un petit corps d'aspect spongieux, de nature glandulaire, qu'on nomme amygdales. — > Enfin, la langue est un organe musculaire remplissant la concavité du maxillaire inférieur, libre en haut et en avant, attaché en bas et en avant à la mâchoire inférieure, en arrière à l'os hyoïde, petit os situé au-dessus du bord supérieur et antérieur du larynx. Ce dernier organe, ainsi que nous le verrons dans une leçon ultérieure, est placé en avant du pharynx et s'ouvre en haut dans celui-ci. Par sa racine laryngienne, la langue s'attache à l'os hyoïde, de même qu'un petit appareil cartilagineux (c'est-à-dire, de consistance demiosseuse) dressé verticalement, Vipiglotte, recouvert comme elle par la muqueuse.

RégUm buccales. — La partie de U bouche si-

tuée entre les muscles externes (formant les joues et les lèvres) et les mâchoires, se nomme le vestibule. La région située en arrière des dents, en avant du pharynx, au-dessus de la langue et aodessous du palais, s'appelle la bouche proprement dite. Nous savons que le palais est U cloison horizontale séparant les fosses nasales de la bouche. On appelle plancher de la bouche respaoe intermaxUlaire inférieur; isthme du oofier^ l'ouverture postérieure de la bouche dans le pharynx : oo ir trouve, en haut, le bord inférieur du voile du pa> ais et la luette : latéralement, les amygdales dai.i les piliers du voile palatin ; en bas, la racine de U langue et l'épiglotte.

Pharynx. — Le pharynx est une gouttière situ^^e en arrière de la bouche et en avant de U colonue vertébrale ; elle est ouverte :

Îen avant dans les foties nasalM.

latéralement dtni f oreille moyenne par Fintermédiaire d'un petit oondoit, U trompe dlSustache.

2* Dtat ta région moyenne et en aoant, dans la bouche, pu

Tisthme da gosier.

3* Inférienre- J en avant dam le larynx, ment et. . . ( enarriéredii» l'œsophage.

On peut considérer le pharynx comme une sorte de carrefour où se croisent les deux appareils respiratoire (ouvert au dehors par les fosses nasales) et digestif (ouvert extérieurement entre les lèvres;. — La surface du pharynx et celle de la trompe d'Eustache sont* tapissées par le prolongement de la muqueuse buccale.

Œsophage, — C'est un conduit vertical et médian s étendant du pharynx à l'estomac, appliqué en avant de la colonne vertébrale et en arrière da conduit respiratoire Ja trachée-artère), aux dépens duquel il se dilate lorsqu'il est traversé par des substances alimentaires.

Estomac. — C'est une dilatation du tube digestif située immédiatement au-dessous du diaphragme, ayant la forme d'une poire couchée horizontalement et transversalement sur son grand ixe, présentant sa grosse extrémité (grosse tutéronU ou gros cul-de-sac) à eauche ; sa pointe (petite tth bérosité ou petit cul-ae-sac) est à droite et releice. L'œsophage s'ouvre dans la grosse tubérosité, et sa communication avec l'estomac se nomme cardia (mot grec signifiant cœur)^ parce que cette région n'est séparée de la pointe du cœur que par l'épaisseur du diaphragme. De la petite tubérosité part l'intestin grêle, et la communication entre l'estomac et la suite du tube digestif se nomme pylore (en grec : porte). Enfid, le bord supérieur de l'estomac se nomme petite courbure et le bord inférieur grande courbure.

Au point de vue de la structure, l'estonuc a ses parois constituées par trois tuniques superposées : 1* la tunioue interne ou muqueuse^ dans répaisseor de laquelle sont des replis glandulaires, les follicules gastriques^ formes chacun par la réunion de petits tubes en cul-de-sac ouverts à la surface de la muqueuse par un seul orifice ; — 2* la tuoiqae moyenne ou mu«cu/eu«e, qui est formée de fllsments musculaires se contractant indépendanunent de U Yoionté [fibres musculaires organiques) et disposés surdeux couches principales, Tune dans laquelle les fibres sont longitudinales, l'autre dans laquelle les fibres sont transversales. Au pylore et au cardia, les dernières sont très serrées et disposées en anneau ; cet anneau musculaire est semblable à ceax qui resserrent, ouand ils sont en contraction, IV nus et le col de la vessie. Ces muscles annulaires se nomment des sphinctef*s ; -^ 3* la tum'qne externe, prolongement de la membrane correspondante étendue tout autour de l'intestin ; elle est de nature dite séreuse; nous parlerons plus loin de sa dlsposliion.

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Iniettin gréte, — Nous avoni décrit plus haut renscmble de cette partie du tube alimentaire. On la diTÎse en plusieurs régions, dont les noms sont, en 8*éloignant de l'estomac et en allant vers le gros aitestin : le duo€lemim [en latin : clotoome, parce que s« lenteur est d^eniiron douxe traters de doigts) ; le jéjunum (en latin : à jeun^ parce que Tabsorption y est si intense que cette partie est toujoiirB yide) ; et Viléon (en grec : oui décrit <U$ arconvolutUmê). — Les paroU de llntestin grôle possèdent les mêmes tuniques oue celles de Testomac, placées dans le môme ordre. La muqueuse présente des replis en profondour, les glandes intestintUee^ et des repUs en saillie, savoir : 1* les valmUes ecnnivente$^ sortes de rides transversales en relief qui augmentent l*étendue de la muqueuse en sorface sans qu'elle occupe un plus grand espace ; 2* les vilheitéSt qui sont de petits soulèvements filiformes de la muqueuse coiffani l'extrémité des vaisseaux chylifères (vaisseaux absorbants ; V. Absorption).

ùroM intestin. — Avant d'en décrire les diverses divisions, nous devons nous arrêter sur la région où rintestin grêle se Jette dans le gros intestin, dans la partie inférieure, antérieure et droite de la cavité abdominale. Cette région se nomme iUo^ cœcale. L'intestin grêle y rencontre le gros intestin latéralement et par la gauche de sa paroi ; audessous de ce confluent celui-ci se termine en un col-de-sae, le cœcumt puis il remonte verticalement. La muqueuse de l'iléon se prolonge dans le CŒCum on un repli en forme de lèvre horizontale, faisant fonction de soupape à deux valves, qui s'ouvrent du colon dans le cœcum : on appelle cette soupape valvule iiéo-cœcale^ ou barrière des apothicaires^ parce que les liquides introduits par ranus pour laver les intestins ne peuvent, à cause de la disposition de cet appareil se fermant sous leur pression, pénétrer dans l'intestin grêle. La région ascendante du gros intestin se nomme colon ascendant, A la hauteur de la grande courbure de l'estomac ce tube devient horizontal et se dirige de droite à gauche, pour former le colon transverse; puis, parvenu au côté gauche de la cavité abdominale , il redescend verticalement, constituant le colon descendant. Par une double inflexion, qui se nomme l'S tlioquet le gros intestin est alors projeté en arrière de la masse intestinale générale, devient vertical, descend suivant l'axe médian du corps sous la dénomination de rectum, et se termine en s'ouvrant au dehors dans un espace intermuscalaire recouvert par la muaueuse qui s'v modifie en peau, et qui est Vanus. Un sphincter l'orme de concbes musculaires dont les unes obéissent à la volonté, dont les autres en sont indépendantes, ferme Torifice anal ou lui permet de s'ouvrir.

Les parois du gros intestin sont constituées par la couche muqueusCf recouverte de la mtaculeuse que recouvre elle-même la séreuse,

La séreuse intestinale, qu'on appelle le péritoine (du grec péri, autour, et teinâf étendre), a la disposiuon de toutes les séreuses recouvrant les viscères (coeur, poumons, cerveau). Le péritoine est constitué dans son ensemble par deux sacs membraneux emboîtés Tun dans l'autre et en continuité par leur bord, de sorte que le sac interne est le prolongement du sac externe. Le premier se moule exactement sur les anses intestinales et sur la surface extérieure de l'estomac : c'est le feuillet viscéral; le sac externe est libre : c'est le feuillet oariétcU, Entre ces deux feuillets est un liquide ait sérosité^ sécrété par les deux surfaces en contact, et qui rend facile le glissement des deux fouilleu l'un sur l'autre pendant les mouvemenu des viscères iMomlnaux. De nombreux vaisseaux circulent dans le péritoine.

n. AmrcxBs db l'appareil digestif. — Ces anttexe«, à part les dents, étudiées dans un article spé-

cial, sont glandulaires; ce sont: les glandes sali" vaires^ le foie, le pancréas, — Toutes les glandes digestives annexes ont la même forme : ce sont des glandes dites en grappe composée, c'est-àrdire des appareils alTectant la disposition de çrappes creuses, dont les éléments ne sont visibles qu'à la loupe, et qui s'ouvriraient par leur pédoncule & la surface de la muoueuse dont elles ne sont que des replis profonds. C'est autour des grains que vient circuler, dans un très riche réseau vasculaire, le sang dont les glandes retirent les éléments divers des sucs digestifs. Toutes ces glandes déversent donc leur produit sur la muoueuse digestive, à l'exception cependant de la gUuide hépatique (glsnde faisant partie du foie et sécrétant la bilo), qui emmagasine le liquide qu'elle élabore dans une poche, la vésicule biliaire ou du fiel, d'où il ne sort que suivant les besoins par un canal qui vient l'y chercher, le cholédoque t débouchant dans le duoaenum.

1* Glandes saUvaires. ~ Elles sont au nombre de trois paires, les parotides, les sublinguales et les sous-maxillaires, La première est entre Toreille et la mAchoire inférieure ; son canal (canal de Sténon) va s'ouvrir dans le vestibule sous les Joues. Les noms des autres indiquent leur situation, de chaque côté et au-dessous de la langue.

2« Pancréas, — Situé derrière l'estomac et ayant la longueur de son grand axe, le pancréas communique par son canal avec le duodénum au même point que le cholédoque.

3* Foie, — 11 est formé de deux glandes, laalande hépatique et la glamle glycogène, ayant chacune une mission bien différente, et dont les éléments, quoique distincts, sont enchevêtrés.

La glande hépatique seule intéresse la digestion, parce que c'est elle qui élabore la bile ; nous en connaissons delà la structure intime, mais il nous reste à parler de l'ensemble du foie.

C'est la plus volumineuse des glandes du corps. De couleur brun-sombre, il recouvre le duodénum sur lequel U retombe pour le séparer du diaphragme. Entre cette partie du tube digestif et le foie est située la vésicule du fiel, dont le fond dépasse un peu le bord inférieur de celui-ci. Nous verrons ailleurs que la deuxième glande entrant dans la composition du foie est chargée de préparer les éléments du sucre nécessaire à l'économie.

m. Physiologie de la digestion. — 1. Phénomènes mécaniques, — Les phénomènes mécaniques de la digestion ont pour but : 1* la division des substances alimentaires, division indispensable pour que les sucs digestifs les pénètrent dans toutes leurs parties; 2* la progresswn de ces subsunces dans le tube digestif; 3* l'expulsion des matières fécales formées de tout ce qui n'a pu être absorbé pendant le travail digestif.

Ces phénomènes sont les suivants : La préhension, acte par lequel la substance alimentaire est saisie et portée du dehors à la bouche. ^ La mas^ tication, ou la division de la substance alimentaire sous les dents, qui les coupent, les déchirent, ou les écrasent, grâce au balancement de la mâchoire inférieure. — h' insalivation, ou l'épanchement de la salive pendant la mastication, c est-à-dire d'un liquide qui, humectant les corps hachés par les dents, en facilitent le passage dans le gosier; la salive est également utile pour la gustation, et à cause de l'action chimique qu'elle exerce sur certains aliments. — La déglutition, acte par lequel les substances alimentaires vont de la bouche à l'estomac. Pour cela, l'épiglotte s'abaisse sur le larynx, qui, du reste, va au-devant de cette soupape en se soulevant en même temps que le pharynx qui, lui, se dirige vers la substance alimentaire ; pendant ce mouvement, le voile du palais oblitère en se relevant la communication entre les fosses nasales et la bouche ; de sorte que le tube digestif est la seule voie ouverte, — > Les

DIGESTION

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mouvements êtûmacaux ont pour but de diviser de nonvean U sabstance alimentaire, afin qae le sue gastrique, s'épanchant des glandes de Vestomac, puisse le pénétrer et agir sur certains aliments pour les rendre absorbabies. — Les mouoemenU intestinaux appelés vermiculaires font progr^ser les substances dans le tube digestif en les éloignant toujours de Testomac; en môme temps les sucs digestiA qui s'épanchent des glandes digèrent certains aliments, Tabsorption se produit, et les résidus constituant les matières fécales s'accumulent dans le rectum, jusqu'à ce qu'ils soient oxpiulsés par le dernier acte mécanique, la dé/éçatien.

2. Phénomènes chimiques. -* Les phénomènes chimiques de la digestion sont ceux qui font subir aux aliments les transformations nécessaires pour (|ue ceux-ci soient absorbés par la muqueuse digestive.

Pour Qu'un phénomène chimique se produise il faut qu il y ait au moins deux corps en présence, et comme résultat de cette présence, naissance d'un ou de plusieurs composés nouveaux. Nous ayons donc, dans la chimie digestlve, à étudier les élé*monta en présence, è'est-à-dire les sucs digestifs et les aliments, et l'action des sues digestifs sur les aliments.

Les sucs digestifs sont : la salive^ le suc gastri- Que, le suc pancréatique, la bile et lesueintestinfiL Toutes ces humeurs, produites par les glandes que nous ayons étudiées déjà, contiennent : une proportion d'eau supérieure à 90 p. 100, à l'exception de la bile qui n'en contient que 85 ; des sels en dissolution, et des principes acti& de nature toute particulière et n exerçant leur action que sur des substances déterminées. Le principe actif de la salive est la ptyaline, celui du suc gastrique la pepsine, celui du suc pancréatique la pancréatine, La composition exacte du suc intestinal est encore peu connue ; quant à la bile, elle a plutôt une action mécanique qu'une action chimique proprement dite.

Et maintenant, qu'est-ce qu'un aliment ?

On appelle aliment un corps capable d'être absorbé, soit immédiatement, soit après avoir subi certaines transformations dues à l'action des liquides digestifs. Il est rare que l'aliment soit introduit dans le corps sous sa forme simple ; il fait le plus souvent partie composante d'une substance plus ou moins complexe qu'on appelle substance alimentaire. Veau, le sel marin et un grand nombre de sels, le /er, etc., sont des aliments d'ort^tne minérale contenus dans un grand nombre de substances alimentaires. Les aliments d'origine orga^ nique, c'est-à-dire qui proviennent des tissus des corps vivants, se divisent en trois classes : 1* les féculents, ex. : Tamidon (dans les farines) et les sucres, ex. : le sucre de lait (dans le lait), le sucre de raisin (dans les fruits sucrés, le miel et les boissons fermentées) ; — 2» les azotés, ex. : le gluten (qui accompagne Tamldon dans les farines), falbumine (contenue dans le blanc d'œof et dans le sang) ; — 3» les graisses, ex. : l'huile et la graisse. — L'organisme réclame des corps de chacune de ces trois classes : aussi, l'alimentation doit-elle être variée. Le réle de chaque aliment dans la profondeur des tissus, les proportions qu'il en faut absorber pour que les pertes matérielles incessantes de tous les tissus soient réparées^ les qualités relatives des substances alimentaires, sont des questions fort intéressantes, mais qui sont plutôt du domaine Ue l'hygiène. Ce dont nous avons à parler ici, au point de vue de la physiologie dieestive, ce sont îles transformations qu'ont à subir, pour être absorbés, les aliments de chaque catégorie. Tous ceux qui ne sont pas déjà solubles, à l'exception des graisses, le deviennent dans les sucs digestifs. Les fécules deviennent solubles en se transformant en sucre de raisin sous l'influence de la ptyaiine

et de la pancréatine. Les aliments asotés deyien* nent solubles quand ils ont subi l'action de la pepsine. Les graisses, en présence de la pancréatine et sans doute des sels de la bile, sont réduites en une sorte de pouiaière liquide, formée d'une multitude doMpeâtes gouttelettes en suipenaion dans le liquide actif, et sont alors capables d*ètre absorbées a cet état de division extrême. ^Ce mélange intime des graisses avec certains liquides se nomme émulsion; le lait est une émulsion natareUe.

S. Phénomènes instinctifs. -^ Ce aout ceux qui avertissent l'homme et l'animal qu'ils doivent manger ou boire; c'est par conséquent Itfaù^ etUsoty.

Tout le monde connaît la sensation particulière de la faim ; d'abord agréable quand on peut l'appeler appétit, puis de plus en plus pénible si elle se prolonge. Des expériences très précises ont

{trouvé que ce Sentiment ne résidait pas dans 'estomac seulement, mais que c'était plutôt le rôsulut d'un besoin de réparation ressenti par l'organisme tout entier. La soif est, de môme, la sensation particulière invitant à introduire l'eau dans le tube digestif, parce que tout l'organisme en a besoin. Si la muqueuse buccale est particulière* ment desséchée, c'est qu'elle est sans cesse soumise à l'action de l'air qnl pénètre dans Tappareil respiratoire ou s'en échappe.

IV. Digestion daks la sérib amduls. — Nous serons très bref sur ce sujet, parce oue, si l'appareil digeatif présente queloue particularité dans ua

rupe, c'est en faisant l'étude de celui-ci que noos signalerons. Nous allons seulement indiquer d'une façon très générale comment il se modifie depuis les types inférieurs jusqu'à l'homme.

Ches les animaux les plus simples, les protozoaires, il n'y a pas de cavité viscérale ; le corps est formé par une substance homogène transparente, molle, que peuvent pénétrer les substances alimentaires ; elles sont digérées dans l'intérieur de cet organisme simple qu'elles traversent, puis sont rejetées à l'état de matières fécales par un point différent de celui par lequel elles ont pénétré. En s'élevant dans la série animale Jusqu'aux polypes (corail, hydre d'eau douce), on trouve le corps creusé d'un cul-de-sac tapissé par un repli interne du tégument extérieur ; c'est l'esquisse d'une cayité viscérale, à laquelle est dévolue la fonction d'absorber les aliments comme celle de respirer. Enfin parait, dans le groupe des rayonnes, le tube digestif ouvert à ses deux extrémités par la bouche et Fanus, devenant de plua en plus complexe quand on s'élève dans le règne animal et servi par un plus grand nombre d'annexés. Chez les invertébrés, les glandes salivaires apparaissent dans Tembranchement des annelés : los insectes, par exemple, en sont pourvus ; la plupart des mollusques en ont également. Le foie n'existe comme organe distinct que chez les mollusques assez élevés; il existe aussi ches les crustacés ; dans d'autres classes, il est représenté par des organes différents, mais auxquels on attribue la fonction hépatique (insectes, arachnides). Ches les vertébrés, 1 appareil de la digestion est plus ou moins semblable à celui de l'homme ; il présente plus de complication chez les oiseaux et certains mammifères herbivores, les ruminants. Les annexes sont aussi les mômes que chez l'homme, mais les dents n'existent jamais chez les oiseaux, peuvent manquer aux reptiles (tortues) ; les glandes salivaires font toujours défaut chez les poissons, et la vésicule biliaire ches quelques animaux : le cheval et le pigeon sont dans ce cas. Au point de vue de la longueur et de la complexité, noua indiquerons une loi absolue : c'est que le tube digestif est d'autant plus court et moins compliqué, que l'animal est plus camassie;. Observations. — Nous recommandons, sur le sujet de la digestion, la lecture de VHistoire dune

DILATATION

DILATATION

bouchée de pain, de Jean Blacé (librairie Hetzel). — Il est facile d'ouvrir le corps de rats, de lapins, de poules, de pigeons pour étudier le tube digestif des mammifères et des oiseaux : pour cela, il faut inciser longitndinaiement la paroi abdominale, saisir nne anse quelconque de rmtestin, et le dérouler, en n*exerçant pas de trop fortes tractions, et en le séparant, avec la pointe d'un petit couteau, des parties environnantes ; on pourra faire ainsi sortir tons loi viscères abdominaux Jusqu'au diaphragme chez les mammifères, et jusqu en haut chez les oiseaux. Si Ton veut étudier la bouche d'un lapin, on pourra scier la tète en deux, verticalement et longitndinaiement,- par sa partie moyenne, La coupe montrera la cavité crânienne en haut, audessous les fosses nasales, au-dessous enfin la boache et le pharynx. Il est évident que ces petites dissections, toutes simples qu'elles soient, doivent être effectuées par des mains prudentes et pratiquées sur des animaux frais, les coupures déterminées par les instruments ayant servi à couper de la chair pouvant être très dangereuses surtout si la pièce n'est pas récemment morte.

[G. Philippon.l

DILATATION. — Physique, XV. — La dilatation est Taugmentation de volume que prennent les corps sous l'influence de la chaleur. Tous les corps, qu*ils soient solides, liquides ou gazeux, augmentent de dimensions, se dilatent, en un mot, quand ils gagnent de la chaleur ; ils se contractent quand ils en perdent. Quelques substances paraissent faire exception à cette loi générale : telle est l'argile dessédiée qui se contracte quand on la met dans le feu ; mais c'est qu^elle subit un changement dans sa nature chimique, puisque le volume ne reprend pas sa valeur primitive après le refroidissement.

On montre facilement la dilatation et la contraction que les corps éprouvent quand leur température B*élève ou s'abaisse.

Une tige métallique s'allonge quand on la chauffe et ne peut plus tenir entre deux obstacles fixes où elle entrait d'abord. Si Tune de ses extrémités est fixée et ^ue Tautre appuie contre la petite branche d'un levier coudé dont la grande branche est une aiguille se mouvant sur un cadran, l'aiguille rend visible la dilatation de la Uge chauffée. Une boule métallique qui pa^se aisément dans un anneau, quand elle est froide, n'y peut plus passer lorsqu'elle est chaude, et elle ne reprend ses premières dimensions <^u*en perdant la chaleur qu*on lui avait donnée. Voilà pour les solides.

Si l'on chauffe un ballon surmonté d'un tube fin et plein d'eau colorée, on volt la colonne liquide s'élever. Enfin, quand on prend à la main un ballon auquel on a soudé un tube en 8 contenant un liquide dans sa coudure inférieure, on voit l'index liquide se déplacer comme sous une pression de 1 mtérieur : c'est le gaz qui, en se dilatant, occupe un Tolome plus grand (|ue celui qu'il occupait.

1. Dilatation des soluiee, — Si dans un corps solide l'une des dimensions est très grande par rapport aux autres, comme cela a lieu dans une corae métallique ou dans une longue barre de fer, l'allongement dans le sens de la longueur est très grand par rapport à celui des autres dimensions; on néglige ces derniers pour ne s'occuper que du premier, et on nomme dilatation /tn^atre l'accroissement de longueur que subit une barre en s'échauffant, tandis qu'on nomme dilatation cubique l'augmentation de volume de la môme substance.

a) Dilatation linéaire, ^ L'expérience a montré que lorsqu'il s'agit de coi*ps homogènes, comme les métaux, la dilaution est sensiblement uniforme pour des températures qui ne dépassent pas 100*, c'est-à-dire que si une barre s'allonge d'un millimètre, par exemple, pour un échauffement de 90**, elle s'allongera de 2 millimètres pour 60*. Il l« Pabtxe

suffit dès lors de connaître pour chaque substance la dilatation produite pour 1*.

On appelle coefficient de dilatation linéaire d'une substance l'allongement que subit l'unité de longueur (c'est-à-dire le mètre) pour chaque degré dont on ta chauffe.

La recherche des coefficients de dilatation ne manque pas de difficulté, parce que l'allongement est toujours très faible, même sur une barre de plusieurs mètres chauffée d'un assez grand nombre de degrés. La mesure directe ne pourrait pas donner la précision nécessaire ; il faut avoir recours à des moyens détournés pour obtenir des résultats exacts. Nous ne pouvons pas décrire avec détail les opérations faites par d'habiles physiciens dans ce genre de recherches; nous nous bornerons à en exposer le principe.,

Une barre de 4 mètres a l'une de ses extrémités fixée à un obstacle solide, et elle repose sur des galets dans une auge. L'autre bout appuie contre un levier vertical supportant une lunette horizontale. L'auge est d'abord remplie d'eau que l'on amène à 0* par de la glace. On note alors la division d'une mire éloignée oui est visible dans la lunette. On chauffe l'eau de la caisse, et à chaque observation on en prend exactement la température. L'extrémité libre de la barre, en s'allongeant, fait incliner le levier et la lunette, on voit alors par celle-ci une autre division de la mire. Un calcul simple permet de trouver rallongement de la barre d'après la distance des deux divisions vues sur la mire, la disunce à laquelle elle est placée et la longueur du levier.

Voici, en millionièmes de mètre, les coefficients trouvés pour les principaux métaux.

Ader non trempé

— trempé.

Fer en fil

- forgé >.

Platine

Or

Cairre

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