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DISCOURS

Tan m une fonne de gouvernement laissant encore moins de place à Tinitiative populaire, et concentrant Tautorité aux mains d*un seul. De leur côté, les patriotes accusaient Tincapacité des directeurs. Treilliard, dont Télection éuit entachée d*un vice do forme, Ait sacrifié et remplacé par le républicain Gohier. Puis Laréveillère et Merlin lurent forcés de se démettre (30 prairial an VII, 18 Juiii 1799);. on les remplaça par Roger-Ducos et Moulins.

Un moment, sous la pression des dangers extérieurs et intérieurs (la Vendée s'était de nouveau soulevée), il sembla que Vexaltation patriotique de 1793 allait renaître. Les patriotes ressuscitèrent lo club des Jacobins sous le nom de Société du Manège, et réclamèrent des mesures énergiques. Les Conseils votèrent la loi des otages (12 Juillet 1799). Mais la majorité du Directoire, dominée par Sieyès, et appuyée sur le Conseil des Anciens, réaeit contre l'esprit révolutionnaire; bientôt la Société du Manège ftit dissoute et les Journaux papotes suspendus.

\ouveaux triomphes des années républicaines. — Le Directoire venait de placer à la tète de Tannée d'Italie le Jeune général Joubert, sur lequel Sieyès fondait de grandes espérances : mais il fut battu et tué à Novi (15 août 1799). Un mois auparavant, Naples avait dû capituler. L'Italie tout entière, sauf Gènes, était retombée aux mains de la coalition.

Souvaroir vainqueur franchit alors les Alpes au Saint-Gothard, pour aller rejoindre en Suisse les Autrichiens et une autre armée russe sous Korsakofr, et accabler Masséna. En même temps une armée anglo-russe débarquait en Hollande. 11 semblait que la France ne pût échapper à l'invasion, lorsque soudain tout changea de face. Les Anglo-Russes furent battus à Bergen par Brune (19 septembre)^ et forcés de se rembarquer; et presque en même temps, Masséna remportait sur Korsakoff l'immortelle victoire de Zurich (25 septembre), qui sauva la France. Souvaroff, oui n'avait pu opérer sa Jonction avec KorsakofT, fut rejeté derrière les Alpes après plusieurs Jours de combats terribles, et se retira en Bavière.

Le 18 brumaire. Fin du Directoire. — Bonaparte avait quitté l'Egypte en apprenant les revers de la France. Lorsqu'il débarqua à Fréjus (9 octobre), la coalition était repoussée. Mais à l'intérieur, les dissensions des partis offraient & l'ambitieux général Toccasion désirée pour s'emparer du pouvoir. S'alliant avec Sieyès, qui pensait faire de lui un simple instrument de ses propres projets, il résolut de changer la constitution par un coup de force. Barras et Roger-Ducos, ainsi que la majorité du conseil des Anciens, entrèrent dans le complot. Les journées des 18 et 19 brumaire an VIII ([) et 10 novembre 1799) mirent fin au régime du Directoire. (V. Consulat et Napoléon /•».)

Ce gouvernement avait rendu sa chute inévitable par ses fautes et sa mauvaise administration. Toutefois, la réussite du 18 brumaire tint à des causes plus profondes que les actes personnels des membres du. Directoire, dont quelques-uns, d'ailleurs, furent des républicains intègres et sincères. Les classes auxquelles la Révolution venait de donner le pouvoir, enrichies des dépouilles des anciens privilégiés, et peu soucieuses des libertés démocratiques, ne songeaient plus qu'à leurs intérêts matériels : c'est h leur égoisme et à leur incapaciié politique, bien plus qu^aux défauts de la constitution ou à la médiocrité des gouvernants, qu'il faut attribuer la fâcheuse issue de cette première tentative d'organisation républicaine en France.

Reconnaissons, en outre, que si l'époque du Directoire offre trop souvent, à lintér eur, un triste spectacle de corruption et de désordre, jamais la France ne fut plus grande à rexiéricur

que dans ces années mémorables où l'esprit républicain animait encore ses armées, et où ses victoires n'avaient pour but que la défense de son territoire ou l'affranchissement des peuples. Le mouvement intellectuel, durant cette période, mérite aussi d'être signalé : les sciences matiiématiques, physiques et naturelles étaient représentées à l'institut par Lagrange, Laplace, Berthollet, Monge, Fourcroy, Jussieu, Lamarck, Daubenton, Cuvier, etc.; la peinture, la sculpture, la musiqne, par David, Houdon, Méhul, Gretry. Les écrmini de la Décade pnilosophique^ D<)unou, Dupais, Cabanis, Destuti de Tracy, Ginguenô, etc.. continuaient avec talent la tradition des Encyclopédistes, tandis que la poésie et la littérature d'Imagination offraient des noms comme ceux de H.-J. Chénier, Lebrun, N.Lemercier, Bernardin de Siint- Pierre, M"* de Staèl. Ce mouvement, plein de brillantes promesses, fut brusquement interrompu: avec la perte de la liberté et l'avènement du régime militaire commença la décadence littéraire et scientifique qui allait caractériser l'empire.

DISCOURS. — Littérature et style, IV etX. - Bien que nous ne songions aucunement à faire revivre dans les écoles normales les anciens conri de rhétorique des collèges, il peut être utile de familiariser les élèves -maîtres avec quelques-aoes des idées les plus simples et des expressions let plus usitées en ce qui concerne l'art oratoire.

Le discours est un morceau oratoire, c'est-à-dire une suite de phrases destinées à être dites et non lueSf et qui doivent être enchaînées avec art, de manière à convaincre un auditoire.

Quelque différents que puissent être les sujets traités, il y a cependant des règles naturelles à observer : on ne peut dire tout à la fois, ni laisser les idées venir pêle-mêle, au hasard ; l'homme le plus inculte, l'enfant même, quand il veut persuader, sait bien qu'il y a, comme on dit vulgairement, une manière de s*y prendre, une certaine habileté à déployer soit pour bien commencer, soit pour bien continuer, soit pour bien finir.

Ces règles de l'art de persuader, règles devinées, pressenties par quiconoue parle avec une certaine conviction et avec un vif désur de succès, l'ancienne rhétorique les avait quelque peu lourdement classées et étiquetées : résumons seulement celles qui font partie de l'instruction élémentaire et dont chacun aura dans la vie mille occasions de faire un utile emploi.

Un discours se compose ordinairement de six parties ; voici les noms que la rhétorique leur donne :

!• Vexorde ou le début. — L'orateur débute : suivant qu'il parle devant une grande assemblée ou devant un petit nombre de personnes, suivant qu'il est ému, Inquiot, embarrassé, ou au contraire transporté par la passion, sûr de son droit, impatient de le faire triompher, le ton différera. De là l'exorde par insinuation^ début timide, modeste,

3ui semble fait pour donner le temps à roratenr e se rassurer, et qui en même temps doit servir à lui concilier la faveur, la bienveillance, Tindalgence même de l'auditoire ; ou bien Vexorde ex abf^ptOt par lequel il entre en matière avec une sorte de violence impétueuse, sans préparation et sans précautions oratoires.

2* La proposition ou l'exposé de la thèse, — H faut qu'on sache bien, dès le début, ce que vons voulez démontrer, afin de ne plus le perdre de vne dans le cours des démonstrations qui vont suivre. C'est pourquoi, dans une ou deux phrases nettes, précises, lumineuses, vous exposez votre thèse, vous indiquez le plan que vous allez suivre, vous appelez fortement Tattention sur l'idée principale dont tout le discours sera le développement.

?o La narration ouïe récit des faits, — Dans un

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