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DRAMATIQUE

la pose réguliàre des tuyaux, la trancliee est comblée avec U terre qu*on en a retirée, mais celle-ci est placée avec les précautions nécessaires pour ne pas modifier la position des tuyaux. Avant de combler la partie la plus élevée de chaque tranchée, on bouche le dernier tuyau avec une pierre, pour empêcher Feutrée dans ce tuyau de la terre délayée par Feau.

L'établissement d*un drainage comporte quelques travaux accessoires qu'il reste à indiquer. En premier lieu vient la construction des regards qu*on place aux points de fonction des tuyaux collecteurs. Ces regards sont des ouvertures qui permettent de Juger comment se fait l'écoulement des eaux. Us sont le plus souvent formés par des tuyaux à emboîtement placés verticalement et rennes à leur partie supérieure par une large pierre plate. — Les bouches des drains, soit dans un talus de fossé, soit à l'origine d'un fossé, doivent aussi être construites avec des dispositions spéciales pour empêcher Tintroduciion des animaux, les obstructions, etc. ; le plus souvent, elles sont munios d'uno grille de fer encastrée dans la maçonnerie.

La fabrication des tuyaux de drainage est du ressort d'une industrie spéciale. Ce n'est que dans des cas extrêmement rares et tout à fait exceptionnels que des agriculteurs ont été amenés à les fabriquer eux-mêmes.

Législation du drainage. ^ Lorsque les avanlages du drainage furent bien établis en France, on s'occupa de prendre des mesures législatives pour faciliter cette importante amélioration foncière. La plus grave difficulté était dans l'écoulement des eaux provenant des terrains drainés ; elle a été lovée par la loi du 10 juin 1854.

En vertu de cette loi, tout propriétaire qui veut assainir son fonds, par le drainage ou un autre mode d'assèchement, peut, moyennant une Juste et préalable indemnité, en conduire les eaux, souterrainement ou à ciel ouvert, à travers les propriétés qui séparent ce fonds d'un cours d'eau ou de toute autre voie d'écoulement. Les maisons, cours, jardins, parcs et enclos attenant aux habitation» sont toutefois exceptés de cette servitude. Les propriétaires des fonds voisins ou traversés ont la faculté de se servir des travaux faits, pour l'écoulement de leurs propres fonds. Dans ce cas, ils supportent une part proportionnelle dans la valeur des travaux dont ils profitent, les frais résultant des modifications que l'exercice de cette faculté peut rendre nécessaires, et enfin une part contributive dans l'entretien des travaux devenus communs.

Une autre disposition importante de cette loi est telle qui autorise les propriétaires oui veulent, ptf des travaux d'ensemble, assainir leurs terres ' par le drainage , à se constituer en associa- ! tions syndicales. lies travaux que voudraient oxé- 1 ^ter les associations syndicales, les communes ou les départements, pour faciliter le drainage, ou tout autre mode d'assèchement, peuvent être déclarés d'utilité publique. Cette dernière disposition ^e la loi a reçu plusieurs applications importantes ; des résultats considérables ont été obtenus par l association de propriétaires en vue du drainage, notamment dans le département de Seine-et-Marne. [Henry Sagnier.]

Ouvrages à oonsoltar. — Itutruetions pratiques sur

^omo^e, réunies par ordre da miDÎstre de l'agncolturc. -- Tmté du drainagêt par J<-À. Barrai. ~ Droite du drai- ««î'-parLedereT^

OftAM^TloCE (Genre) et DHAIIE. —Littérature ^tHyle,IIL~ Le genre dramatique embrasse toutes iw œuvres littéraires qui ont pour caractère de Jnettre en scène une action {drama en grec signifie •J^on). Le drame^ — dans le sens étymologique du JJMi-* c'est la suite des événements dont l'enchalaernent forme l'intérêt de la pièce représentée ; mais > PasTit.

on a donné à ce mot, depuis la fin du XVin* siècle, un sens plus étroit que nous expliquerons ci-dessous.

Le genre dramatique comprend trois grandes divisions : œuvres tragiques, œuvres comiques^ et œuvres mixtes ou tragi'Comioues,

La première division embrasse elle-même la tragédie proprement dite et l'opéra sérieux^ qu'on appelait autrefois tragédie lynque ou drame lynque.

La seconde contient toutes les formes diverses de la comédie, depuis la farce jusqu'à la comédie de mœurs; en y ajoutant les soties du moyen âge, la parodie, le vaudeville, l'opéra comique, etc.

Dans la troisième se place le drame, ainsi défini par le Dictionnaire de t Académie : « Pièce de théâtre en vers ou en prose, d'un genre mixte entre la tragédie et la comédie, dont l'action, sérieuse par le fond, souvent familière parla forme, admet toutes sortes de personnages ainsi que tous les sentiments et tous les tons. »

Nous parlons ailleurs de la tragédie * et de la comédie^; nous n'avons ici qu'à dire quelques mots du drame proprement dit.

On en pourrait rechercher les origines dans l'antiquité grecque et romaine, mais il ne s'est réellement constitué qu'au xvi* siècle. Les deux grands créateurs du drame moderne sont biiakcspeare et Calderon. — V. l'article Shakespeare, et sur Calderon, l'article Espagne (littérature).

En France, les débuts du drame au milieu du xviii« siècle furent difficiles, peu brillants et longtemps contestés. Un auteur médiocre, qui n'est plus connu aujourd'hui que par une éplgramme de Piron (V. Comédie), La Chaussée, eut le premier ridée de donner au public des pièces ofi'rant à la fois l'intérêt de la tragédie et le picjuant de la comédie : au lieu de 'princes et de soldeurs, les personnages y sont de simples bourgeois ; au lieu d'actions héroïques et d'iniortunes légendaires, ce sont les événements, les sentiments, les passions de la vie commune qui attachent et qui touchent le spectateur, non sans que de temps à autre un incident comique vienne le faire sourire.

Cette innovation fut repoussée d'abord comme contraire à toutes les traditions classiques : la séparation complète des genres était, comiue la règle des trois unités, un de ces dogmes dont l'esprit français ne pouvait concevoir alors le renversement. D'ailleurs La Chaussée n'avait pas assez de talent pour forcer l'admiration, même avec l'appui que doinia Voltaire au genre nouveau, dans lequel lui-môme fit quelques essais.

Diderot tenu avec plus de succès l'application de la même idée dans le Fils naturel et le Père de famille. Sedaine écrivit la meilleure pièce du genre, le Philosophe sans le savoir (1705); enfin Beaumarchais dans Eugénie, dans les Deux amis (1770), et dans la Mère coupable (179*2), acheva d'introduire cbes nous le drame bourgeois.

Mercier, auteur de plusieurs pièces du même genre, fut en outre un des premiers promoteurs du drame historique.

En Allemagne, la fin du xviii* siècle et le commencement de celui-ci furent marqués par l'avènement du drame, tel que le conçurent Lessing, Goethe et Schiller (V. Allemagne^ Littérature, au Supplément).

Victor Hugo lança en 1827, dans !a préface de Cromwell, le manifeste du drame nouveau, qu'il caractérisait par l'alliance des deux éléments si lonfftemps séparés, le tragique et le comique, le sublime et le grotesque, et qui rompt avec toutes les règles étroites de l'ancien thé&tre classique, en introduisant une liberté de formes, une ampleur d'action, u ne variété de tons, une richesse et une mobilité de style jusqu'alors inconnues. Hemani (1830} et Ruy Blas (1838) sont les deux œuvres

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