ÉLAM
ÉLASTICITÉ
dont 5250000 habitants pour TEgypte propre, près de 4000000 pour le Darfour, et le reste réparti dans les autres provinces du Soudan. La majorité de la population est musulmane ; dans l'Egypte proprement dite, on compte quelques cent mille coptes chrétiens, et environ quatre-vingt mille catholiques et protestants, la plupart Européens. Le Soudan renferme, k côté de tribus musulmanes, un grand nombre de tribus idolâtres.
Les principales villes sont : le Caire, capitale de la vice-royauté ; Alexandrie, le grand port de TEgypte sur la Méditerranée; Port>Safd et Sues, aux deux extrémités du canal de Suez ; Beni-souef, Siout, Kenéh, Assouan, dans VËgypte propre; Dongolab, dans la Nubie; Khartoum et Gondokoro* dans les provinces du Soudan ; Qosséîr, Souakim Massaouah, Zéla, Berbera, ports importants sur la mer Rouge et à rentrée du détroit de Bab-el- Mandob. Le Nil et les canaux mettent en rapports faciles la plupart de ces localités. Depuis plusieurs années on a construit nombre de chemins de fer. Outre la ligne d'Alexandrie au Caire et du Caire à Suez, le Delta possède huit lignes d'importance moindre. Une ligne partant du Caire, et allant au-
Ê^urd'hui jusqu'au delà de Siout, dessert la flautegypte. Enfin, on a commencé récemment à construire une ligne qui, partant de la seconde cataracte, ira aboutir à Khartoum, et de là, s'il y a lieu, rayonnera dans le Soudan.
L'armée et la flotte, assez nombreuses, sont bien disciplinées et bien conduites, mais sans qualités miliiaires. Le commercé et l'industrie, concentrés pres(|ue entièrement entre les mains du Khédive et des étrangers, sont assez florissants. Par malheur les finances ont été mal administrées, et les embarras que le Khédlvo s*est créés par des emprunts dont il a peine à payer les intérêts, amèneront tôt ou tard des complications f&cheuses, et peut-être la ruine de l'empire que la famille de Héhémet- Ali a fondé sur le vieux sol des Pharaons.
[G. Maspero.l
ÉLAM. — Histoire générale, II. — Chez les Perses Ouvayâ^ chez les Grecs Elymaîs et Stuiane. C'est le pays situé à l'est et vers l'embouchure du Tiffro. entre la partie inférieure de ce fleuve, le golfe Persique et les montagnes qui bordent au sud le plateau de l'Iran. Le sol, fertile en céréales dans les parties avoisinant le fleuve, devient boisé et rocheux à mesure qu'on s'élève vers l'intérieur. Il est arrosé par plusieurs rivières dont la principale, rOulai (Eulœos), va se Jeter dans le Tigre.
L'Elam a été de bonne heure le centre d'un empire civilisé, dont la grandeur est contemporaine du premier empire chaldéen. La race qui l'habitait était identi(|ue, pour l'origine et la langue, aux premiers bablunts de la Médie et de la Chaldée (V. Chaldie el Médie) \ elle employait un système d'écriture cunéiforme presque en tout point semblal.le au système babylonien (V. Cunéiformes)^ et qu'on commence à déchiffrer sans trop de peine. Les villes principales éulent Suse (Shou hnn) et Badaka [Madak^ou), Vers le xx* siècle avant notre ère, une des principales tribus de TElaro, celle des Kassi (Kossiens, Clssiens), soumit la Chaldée. et dunna à Babylone une dynastie qui a fourni
Êlusieurs rois célèbres : Khoudour-Nakhounté. hammourabi ^V. Chaldée), Chassés de Chaldée, le» rois d'Iillam se maintinrent indépendants et furent, pour les rois de Babylone d'abord, plus tard pour les rois d'Assyrie, des ennemis redoutables (V. Assyrie). Us ne furent définitivement soumis à l'empire de Ninive que par Assourbanhabal, entre 666 et 640. et, après la chute de l'empire niniviie, passèrent aux mains des Chaldéen» ^625), et bientôt après à ct'tles des Perses (vers 540). Darius I*' flt de leur ville, Suse, une des capitales de l'empire pcîrse.
Tout ce qu'on sait Jusqu'à présent de l'Elam
montre que ce pays a Joué un grand rôle dans l'histoire primitive de l'Asie antérieure. Peat^tre aurons-nous un jour, quand on aura fouillé les ruines de ses villes, assez de monuments pour nous permettre de rétablir son histoire. En ce moment,
{>re8que tous les documents que nous avons sur ui se trouvent dans les textes cbaldéens et assyriens. [G. Maspero.i
ÉLASTICITÉ. — Physique, V et X. — Uélasticlté est la propriété qu ont les corps de reprendre leur forme primitive lorsque certaines causes extérieures l'ont modifiée et que ces causes cessent d'agir. C'est ahisi' qu'une lame d'ader fixée p» une extrémité et libre à l'autre, courbée, puis abandonnée à elle-même, revient à sa première position et reprend sa forme après une aént d'oscillations.
Les corps présentent de très grandes différences au point de vue de l'élasticité ; les uns, comme le caoutchouc, peuvent subir de très grandes déformations et revenir encore à leur premi» éttt; d'autres, comme l'argile ou la cire, conservent les diverses formes qu'on leur donne successivement. On dit que les premiers sont très élastiques, tandis que les seconds le sont très peu ou pas du ioql
L'éner|[ie avec laquelle un corps résiste à une déformation ou tend à reprendre son premier volume, d'abord modifié, s appelle force élasUfue, force de ressort ou tension. Si on la consiaère comme la mesure de l'élasticité, on est conduit à considérer comme parfaitement élastiques les corps tels que les liquides et les gaz, qui reprennent toujours leur volume, quelque modifiation qu'on lui ait fait subir, aussi le verre et Tader trempé qui reviennent à leur premier eut lorsque la force qui les pressait cesse d'agir et se rompent quand cette force est trop grande. Les antres corpi ne sont pourvus que d une élasticité limitée ; ii les efforts dépassent une certaine intensité, ils ne reprennent plus leur forme, mais ils conservent tout ou partie de la déformation qu'on leur a donnée.
1. Elasticité des solides. — Un corps solide peut être déformé sous des actions diverses, suivant qu'on le tire, qu'on le presse ou qu'on le tord; et dans les différents cas, son énergie à reprendre sa forme primitive est variable ; on i donc été conduit à distinguer plusieurs genres d'élasticité; on les désigne sous les noms d'élasticité de tension, de compression, de flexion et de torsion.
Lorsqu'un fil, spécialement un fil métallique, est fixé aune de ses extrémités, et qu'on exerce à l'autre des tractions variables en y suspendant sa poids que l'on augmente graduellement, le fil s'allonge de plus en plus, tout en resunt capable de reprendre sa première longueur, quand cessert la force ; à moins que celle-ci n'ait été trop grande et n'ait déterminé un allongement permanent eu dépassant la limite d'élasticité. L'allongement temporaire ou élastique est soumis à des lois simples : il augmente avec la longueur du fil etea proportion de la cliarge supportée; mais il est inverse du diamètre ou de la surface de la secUos. On le détermine par l'expérience pour les méuos usuels, et pour chacun d'eux on a calculé le nombre de kilogrammes qu'il faudrait faire agir i l'extrémité d'un fil de un millimètre carré de section pour l'allonger d'une longueur égale à la sienne en supposant que cela fût physiquemat possible. Les nombres trouvés ainsi sont les coefficients d'élasticité des métaux. C'est le fer qui, toutes choses égales, s'allonge le plus; maii son allongement est peu considérable : un fil de fer d'un centimètre carré de section et de 3 mètres et demi de longueur ne s'augmente que d'on dixième de mlUimètro sous une charge de 100 kilogrammes.
ÉLASTICITÉ
ÉLASTICITÉ
Au lieu de tirer un fil ou une barre prismatique dans le sens de sa longueur, on peut supposer le corps appuyé sur une base inébranlable et le cbar^r a*un poids qui le comprime sans le faire fléchir. On met ainsi en Jeu Vékuticité de corn» preuion. Le corps diminue de longueur, sous l'action de la force comprimante, de la même Quantité dont il s'allonserait si l'effort lui était appliqué par traction. La force élastique suit les mêmes variations que dans la tension, et les coefficients d*élasticité permettent d'en calculer la valeur.
Quand une barre est fixée par un e de ses extrémités, on peut la déformer en la ployant, et elle revient à sa première forme quand on n'a pas dépassé certaines limites. C'est Vélasticiié de flexion, celle dont les applications sont les plus nombreuses. Les différents ressorts dont nous faisons usage sont des lames fléchies ou roulées en spirale qui, par leur tendance à reprendre leur forme première quand on les tendues, entraînent avec elles, par leur force de réaction, les rouages ou les pièces qu'elles doivent faire mouvoir. C'est aussi à la flexion que les brins de laine ou de crin des coussins doivent leur élasticité ; ils agissent comme de menus ressorts tendus par le poids supporté. Avec le temps, leur souplesse se perd, non pas qu'ils aient perdu de leur élasticité; mais parce que les filaments se sont enchevêtrés, feutres, et forment une agglomération où les diverses partie^ entravent mutuellement leur force de ressort. C'est si vrai qu'on rend au crin et K la laine leur élasticité première en les cardant ou en les battant pour les .défeutrer.
Enfin on développe dans un fil, en le tordant, une élasticité spéciale dite de torsion, qu'il est très facile de rendre manifeste ; elle n'est utilisée que dans quelques appareils de physique.
Tous ces phénomènes d'élasticité reposent évidemment sur les forces moléculaires. L'énergie qui anime une lame quand elle reprend sa forme première est occasionnée par le dérangement des molécules que la courbure a produit; la force élastique est le résultat, la conséquence du changement de forme imposé au corps. Alors môme que ce changement est le moins évident, il existe et peut toujours être rendu sensible. Ainsi une bille d'ivoire tombée sur une table de marbre rebondit et remonte presque à la hauteur d'où elle est descendue, sans qu*elle paraisse avoir changé de forme. Hais sa force élastique considérable est due à une déformation et au retour brusque des molécules à leur première position ; car Si la bille tombe sur une surface huilée, elle marque son conuct suivant un cercle et non pas sur un point, rendant ainsi évident l'aplatissement momentané qu'elle c subi.
n. Elasticité des liquides. — L'élasticité des liquides peut être mise en évidence par deux expériences : une goutte de mercure sur une lame de verre bien propre, on une goutte d'eau sur une surface huilée^ prend naturellement la forme sphé- Tique; on peut l'aplatir et l'allonger; mais elle redevient ronde quand on l'abandonne à ellemême. Si dans un mélange convenable d'alcool et d'eau, dont la densité est égale à celle de l'huile, on dépose de ce dernier liquide, il y prend la forme d'une sphère parfaite qui, déformée, revient à sa première forme.
L'élasticité ne peut être développée dans les liquides que par la compression. Il faut de très grands effons pour diminuer un peu le volume d'une masse d'eau ; et celle-ci réagit et renvoie la pression qu'elle a reçue.