ENCYCLOPÉDISTES
L'empire perse, fondé par Cymt an vx* aièele, détruit par Alexandre dans la seconde moitié du iv« ; V. Perse,
L*empire macédonien, dont Philippe prépara la
Suissance, et qui, après la mort d'Alexandre, se émembra rapidement; V. Grèce.
L'empire des Séleucidea (dn m* an i** siècle], dont les frontières, au temps de sa plus grande puis* sance, furent à peu près les mêmes que celles de r empire perse ; V. Grèce,
L'empire parthe (du milieu dn m* siècle avant J.-G. au commencement du m* siècle après J.-G.)»
3ui réunit sous sa domination on grand nombre e provinces enloTées à l'empire des Séleuddes.; V. Perse.
L'empire des Sassanides (du ni* au tii* siècle de notre ère), qui reconstitua l'empire perse; V. Perse.
L*ompire romain, qui s'étendit d'abord sur l'Italie (ni* siècle avant J.-C.)t puis successivement sur tout le bassin de la Méditerranée et sur l'Europe centrale et occidentale. A la fin dn iv« siècle de notre ère, il se partagea en deux moitiés; Y. Rome.
L'empire romain d*Orient, ou empire grec, appelé aussi Bas-Empire ou empire byzantin (du xv* auxv* siècle) ; V. Grèce et Rome.
L'empire latin de Constantinople, qui se substitua pendant cinquante-sept ans à l'empire grec (zm* siècle) ; Y. Croisades.
L'empire romain d'Occident, qui dura de 895 à 476; Y. Rome.
L'empire arabe ou des Icbalifes, fondé au vu* siècle, partagé au vin*, puis successivement démembré, du X* au XV* siècle ; Y. Khalifes.
L'empire franc, fondé par Charlemagne. qui régna sous le titre d'empereur d'Occident; définitivement dissous en 887 à la diète de Tribur ; Y. Charlemagne.
L'empire allemand, dont les souverains prétendirent aussi reconstituer l'empire d'Occident, sous le nom de Saint-Empire romain de la nation germanique. Il dura de 962 à 1806. — Un nouvel empire allemand, comprenant vingt-cinq États confédérés, s'est formé en 1871; Y. Allemagne.
L'empire mongol, fondé par Gengis-Kban (zm* siècle), démembré à sa mort, rétabli par Tamerlan (xiv* siècle), puis définitivement ruiné. Au XTi' siècle, Babour, descendant de Tamerlan, fonda en Inde l'empire dit du GrandrMoool^ qui dura Jusqu'à la conquête de l'Inde par les Anglais au xvm* siècle; Y. Mongols et Inde.
L'empire turc ou ottoman, qui se substitua à l'empire arabe au xiu* siècle, et à l'empire grec au Ts* ; Y. Turcs.
L'empire russe, qu'on fait dater du règne divan lY le Terrible, lequel prit le premier le titre de tsar (c'est-à-dire César) en 1647 ; Y. Russie.
L'empire français, de 1804 à 1815, et de 185) à 1870; V. Napoléon /** et Napoléon III.
L'empire d'Autriche, dont l'origine remonte à la destruction du SaintrEmpire germaniaue par Napoléon en 1806 ; Y. Autriche (au supplément).
L'empire du Maroc, déuché du khalifat des Fatimites au xi* siècle, et resté depuis lors un État Indépendant; Y. Khalifes.
L'empire du Mexique, fondé plusieurs siècles avant la découverte de rAmérique, et qui tai détruit par Cortex. De nos Jours, deux tentatives ont été faites pour substituer au Mexique le résime impérial au gouvernement républicain : celle d'Iturbide (1822) et ceUe de Maximilien (1862-1866); Y. Mexi^e.
L'empire d'Haïti. Cette lie, république indépendante depuis la fin du siècle dernier, a formé à deux reprises un empire nègre, sous Dessalines (1806 1806) et Soulouque (1849-1859); Y. Hispanoaméricaines (Républiques).
I L'empire du Pérou, gouverné par les Incas à ' l'époque de la découverte de l'Amérique, et aui I taX détruit par Pixarre ; Y. Pérou.
L'empire du Brésil, autrefois colonie portiifisaisey Eut indépendant depuis 1822 ; Y. Portugal. I L'empire anglais des Indes; Y. Àngkttrre «t ' Inde.
I L'empire du Japon, gouverné par le mikado; ¥, ' Orient.
ENCTCLOPBDISTCS. — Littératnre française, XX. — On appelle de ce nom les écrivains du dix-huitième siècle qui collaborèrent à YRncyétopédiCt et que permet de grouper sous la m^oie dénomination, non seulement leur participation à la grande œuvre de d'Alembert et de Diderot, mais aussi l'analogie do leurs doctrines, la communanté de leurs aspirations politiques et philosophiques. On sait ce que voulait être, dans la pensée de ceux qui dirigèrent cette mémorable entreprise, le dictionnaire oénéral des connaissances humaines qui parut de 1751 à 1771 sous le titre d'Enq^dopédie. Cette immense publication n'aspirait pas seulement à résumer les travaux accomplis, à noter avec exactitude l'état de la science : elle prétendait inaugurer un esprit nouveau, donner de runité aux tendances un peu confuses du siècle, être enfin ie programme de l'avenir, le code dû progrès, et selon l'expression d'Henri Martin, la < BiUe de la perfectibilité. »
Mais les Enr yclopédistes eurent à lutter contre des résistances tenaces qui génèrent la liberté de leur travail. L'œuvre fut plusieurs fois interrompue. Dès 1752, après la publication des deux premiers volumes, l'impression fut interdite par axrèt du conseil du roi. Les papiers de Diderot furent saisis^ les deux volumes supprimés. Cependant l'année suivante, gr&ce à l'Influence du directeur de la librahrie, Lamoignon de Malesherbes, la cour céda et la publication reprit en 1758, avec le troisième volume. Pendant six ans le travail des Bnorclopédistes continua paisiblement, à peine troublé par les plaisanteries inoffensives des Palissot et des Fréron; mais en 1759 un nouvel orage surrint. qui faillit tout perdre. Le conseil du rm, le pariement, l'archevêque de Paris frappèrent à la fois sur l'Encyclopédie. C'est alors ôue d'Alemben décourage se retira de l'œuvre. Diaerot, plus persévérant, s'obstina, et il poursuirit l'impression de l'ouvrage. Il réussit enfin à le mener à bonne fin après vingt ans d'elTorto, à travers les menaces et les persécutions, malgré les oondanmations répétées du clergé et les hésitations d'un goaTemement tantôt complaisant, tantôt hostile.
Exposés à tant de haines, les Encyclopédistes oe sont pas toujours allés jusqu'au bout de leur pensée. Ils durent consentir à bien deê^ oenœssions, et user de ménagements. « Yous acceptes, leur écrivait YolUire, des articles dignes du Joanal de Trévoux. » Diderot fut encore celui qui garda le plus son franc parler, mais il ne put éviter les mutilations et les coupures que l'imprimeur Lc^too, en homme prudent, faisait subir à ses épreuves, même après le bon à tirer. Quand Diderot s*aper> eut de la fraude commise, il éult trop tard pour la réparer, et il fallut bien qu'il se résignât, non sans colère. C'est alors que, prenant au sérieux los vagues avances de Catherine u, il caressa un moment l'idée de refaire l'iïii^c/op^dielibrement et sans réticence, à l'usage des Russes. « Si Je ne refais pas VEncyclopédte pour vous, écrivait-il an générai Betd^, ministre de l'impératrice, Je ne reux plus en entendre parler. Ou vous Taures telle que Je la con- ?ois, ou elle restera à mes compatriotes telle qu'ils ont voulue Elle n'est encore que trop bonne pour cette canaille-làl »
Ne prenons pas à la lettre les vivacités de Diderot et le Jugement irrité qu'U portait lui-même sur son œuvre. Malgré ses imperfections, l'fncy-
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iftMMt> reste ^^ monument remarquable, n rafilnit poar eh être conTaincu, d^énumérer les nome des'hommes de talent on de génie qui y mirent la Boio. Sons kê ordres de deux généraux en chef, on rit s'organiser tonte une armée de traTaillenrs, animée d'an même esprit, on plutôt une Traie assocUtion laïque, une Téritable congrégation : I Jene serai content, écrivait Voltaire, quelorsoue rm m*apprendrei que les frirei dînent ensemble m moins une fois par semaine. »
in premier rang des collaborateurs de Diderot et de d'AlembeK, il (ant citer pour la philosophie Voluire, HeWétlus, Gondillac^ a'Holbach, Jaucourt. IHm des ooTriers les plus laborieux et les plus penétérants de VEnq/ch/>édie; pour la littérature, Xanoontel, Dudos, de Bros es, Saint-Lambert, Montesquieu qui donna Tarticle sur le Goût; pour la gnmmiire, Dumarsais ; pour la médecine, Barthex ; pour le droit, Boucher d'Argis ; pour la théologie, l'ibbé Morellet et le calviniste Polier; pour Thistoire, Raynal, Mably; pour Téconomle politique, Tarxot,Necker, Quesnay, Gondoreet; pour la musique, J.-J. Rousseau, qui écrivit aussi l'article iwtmie poHtique; pour Hiistoire naturelle, Buf- Ton, Oanbenton ; pour les arts et métiers, un ingénieur des colonies, Le Romain, un fabricant Ijonnais, Buisson, et Diderot lui-même qui, se fusant pour la circonstance, grâce à la souplesse de son génie, industriel et méicaniden, étudia avec passion et décrivit avec minutie les instruments et les machines. De cette multitude d'eflbrto individuels devait nécessairement sortir une oeuvro collective puissante, d'où l'on a pu détacher, en réunissant les articles d'un ménne auteur, des livres considérables, tels que les tUmmtt de litttraturt de Marmontel et le Dieiiomutire phUosojihique de Voltahre.
Le titre exact de cet Immense répertoire de la science du dix-huitième siècle était ainsi conçu : Ejieychpédie ou dictionnaire rationné dei sciences, des (D'ts e/ métiers, par une société de gens de Uttra, mis en ordre parDmmtLOT, et quant à la partif mathématique par d' Albioiert.
Le prospectus que Diderot publia en 1750, et le discours préliminaire que d'AJembert plaça en tête de rourrage, marquent nettement dès Tabord Fesprit des Encyclopédistes. Diderot parait surtout préoccupé de la nécessité de Joindre aux conmtlspances littéraires et sdentiflques les études pratiques et les connaissances usuelles. Son but est de glorifier les arts mécaniques, de vulgariser les iorentions de l'industrie, de préparer les progrès matériels de Thumanité. « Nous nous soonnes con- Ttincus. disait-il, de l'ignorance dans laquelle on est sur la plupart des objets de la vie, et de la Décessité de sortir de cette ignorance. » Diderot voulait apprendre aux hommes des classes supérieures le respect du travail manuel, et pour cela leur raconter l'histoire de l'origine ot des progrès des métiers. D'AIembert prend les choses de plus uot, et son Discours est un essai de philosophie générale. Sans doute il résout à la façon de Locke le problème de l'origine des idées; il voit dans les •ens le principe de nos connaissances ; mais à côté des sensations il place le sentiment^ le sentiment du bien, prindpe de la morale, et le sentiment du beaii, principe de l'art. Quant à la classification qu'il propose pour tes sciences, d'Alembert a peut-être eu tort de reprendre le système de Bacon, fondé, comme on sait, sur la distinction des facultés de 1 esprit humain (mémoire, imagination, raison) ; mais il a corrigé sur plusieurs points la théorie du pmloBophe anglais, notamment par le sobi qu'il a pns de marquer le développement historique, la ouation natoreile et comme la généalogie des wonces et des arts.
\pvt les infidélités inéviubles d'une exécution (onflée à un si grand nombre d'hommes, parmi
lesquels, à côté d'excellents ouvriers, se trouvaient Quelques manœuvres médiocres, on peut dire que \ Eneychftédie a tenu les promesses de ses fondai teurs. Elle est l'image exacte et l'expression la plus complète du dirt-hvjtième siècle ; elle en prépare les réformes les plus importantes; elle ea accepte les hardiesses et les erreurs ; elle s'emparede son esprit critiaue, négatif et novateur: elle est enfin comme la préface théorique de la Révolution française.
En politique, les Encyclopédistes sont les élèvea de Montesquieu et de Rous eau. Ils attribuent au pouvoir comme origine le consentement du peuple, et comme condition de durée, la préoccupation de l'intérêt général. Ils admettent le droit à l'insurrection contre « le tyran. » c Les hommes n'ont Jamaisprétendu se livrer sans réserve à des maîtres arbitraires, ni donner les mains à la tyrannie et à l'oppression, ni conférer à d'autres le droit de les rendre malheureux. » (Article Pouvoir), — « La volonté générale est toujours bonne. » (Article Droit). Les Encydopédistes considèrent la libertécomme le premier des avantages sodaux. Ils prodament la liberté de penser et d'écrire, et ils endonnent eux-mêmes l exemple. Us se défient de» corporations, des corps particuliers qui sont un danger pour l'Eut, et qui doivent disparaître dès qu'ils cessent d'être utiles à la sodété, cette utilité sodale étant leur senle raison d'être. Dans i'exerdee de la souveraineté, ils distinguent avec Montesquieu trois pouvoirs, lo pouvoir l^slatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir Judidaire. G)mme lui encore, ils séparent les formes de gouvernement en trois catégories: les gouvernements monarchiques, aristocratiques, démocratiques, et manifestent leur préférence pour un gouvernement mixte, composéde ces trois éléments.
En philosophie, les Encyclopédistes sont les disdples de Bacon, de Locke, de Newton, beaucoup*
1>lu8 que de Descartes. Us n'admirent guère dans a philosophie cartésienne que les théories mathématiques. Us préfèrent la physique à la métaphysique, et se dféfient des idées pures. Ils admettent cependant l'existence de Dieu. « L'existence de Dieu, pour être reconnue, n'aurait besoin que de notre sentiment intérieur, quand même lo témoignage des autres hommes et celai de la nature entière ne s'y Joindraient pas. » (Articles Dieu et/¥ovidence). Us critiquent l'idéalisme de Berkeley, et ne peuvent se résoudre à douter du monde exté* rieur. Quant aux religions positives, ils prêchent la tolérance, et la pratiquent eux-mêmes. En résumé, ils professent dans les questions philosophiques un rationalisme ferme, mais discret, et s*il faut leur reprocher quelques erreurs de doctrine, ii n'est que Juste de reconnaître l'excellence de leurs intentions. Sans le vouloir peut-être. M. Nisard a /ait de leurs prindpes le plus bel éloge en disant : « L'esprit des Encyclopédistes, c'est la raison se détournant de tout ce qui la dé-
Sasse et se portant exclusivement sur les choses ont elle peut se rendre compte; détachant les yeux du ciel pour s'abaisser vers la terre et s'y fixer. »
Une des nouveautés les plus importantes de i*J?ncyclopédie^ ce ftit la place accordée aux questions économiques. Il serait peut^tre diifidle de ramener à une doctrine unique les idées qu'y exposèrent sur l'agriculture, le commerce et rindustrie les économistes comme Turgot et les physiocrates comme Quesnay. Mais tous les Enqrclopédistes sont au moins dPaccord pour repousser les privilèges, le monopole des corporations industrieUes, pour réclamer la libre drculation des produits, et en général la liberté commerciale (artides Uoi^ trise. Jurandes et corporations). D'autre part les Encydopédistes combattirent avec vivadté l'accroissement des biens de main-morte, c'est-à-dire l'ac-
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caparement des richesses par les corporations religieuses (article Mam-morte). Signalons aussi leurs Yues justes et neuves sur la monnaie, sur rintôrôt de Targent, sur Tassiette et la jpercoption de l*impôt. Malgré des erreurs de deuil, les économistes de VBneyclopt^die ont contribué à constituer une science nou?ello. Ils eurent le mérite de placer au-dessus de toute autre considération l'intérêt général, et de viser au soulagement des classes populaires. « Gloire, grandeur, puissance d*un royaume, que ces mots sont Tains et vides de sens muprès de ceux de liberté, aisance et bonheur des «n^ts I » (Article Impôt),
Gomment s*étonner après cela de llnfluence que V Encyclopédie exerça sur la marche des idées au dix-huitième siècle? Gomme l*a fait remarquer H. Pascal Duprat dans son livre sur les Encyclopédistes, elle eut la puissance d'une institution. € Ce n'était plus un seul homme marchant isolément à l'assaut des abus ou des préjugés : c'était une légion qui entrait en campagne et livrait bataille au passé! »
Les écrivains de la dernière moitié du dix-huitième siècle se sont inspirés presque tous des doctrines de Y Encyclopédie: ils la citent ou la copient. Les cahiers de la Révolution ne firent souvent que reproduire les réclamations des EncyclopédistM. Mais avant même que la Révolution n'éciatit. un certain nombre des réformes sollicitées par \Encyclopédie furent consenties par le gouvernement. La liberté du commerce des grains fut proclamée dès 1764. Gomme intendant de la généralité de Limoges, et ensuite comme ministre de Louis XVI, Turgot eut l'occasion de réaliser quelques-uns des progrès qu'il avait réclamés comme rédacteur de ^Encyclopédie^ par exemple la liberté du travail, et la suppression, momentanée il est vrai, des maîtrises et des Jurandes. Même dans notre siècle il est pennis de* dire que l'influencede VEneyclopédie est encore vivante, et son positivisme discret « peut-être inspiré en partie le système d'Auguste Comte.
En résumé, V Encyclopédie a été un brillant essai de propagande scientifique. Elle a voulu, non sans succès, faire servir les connaissances qu'elle vulgarisait au progrès de l'espèce humaine et au développement du bien-être matériel. Elle a, «ans doute, commis quelques excès dans l'entraînement de sa critique négative ; mais elle a racheté ses fautes par son ardent amour de l'humanité, par son lèle pour la liberté, par les vérités qu'elle a proclamées, comme la souveraineté de la raison en philosophie, et la souveraineté du peuple en politique. Dans la Déclaration des droits de f homme et dans les œuvres utiles de la Révolution française, il est impossible de ne pas entendre comme un écno prolongé du grand bruit que produisit l'Encyclopédie,
[Gabriel Gompayré.]
BNGRAIS ET AMENDEMBIfTS. — Agriculture, in. — L'influence des engrais, dans l'exploitation agricole, n'a pasVesoln d'être démontrée. C'est de l'abondance des engrais dont le cultivateur peut disposer et qu'il utilise, que dépend la richesse des récoltes, quelles que soient celles-ci. Le meilleur moyen d'améliorer les champs, tout en leur demandant des produits abondants, c'est de fumer beaucoup. La pratique universelle est ici complètement d'accord avec la théorie. Malheureusement un trop grand nombre de cultivateurs, tout en déplorant leur pauvreté en engrais, montrent dans le traitement de ceux qui sont à leur disposition une incurie si grande, qu'ils paraissent en ignorer complètement la valeur. Il faut donc insister d'une manière toute spéciale sur le rôle des engrais, leur valeur et les moyens d'en tirer le meilleur parti.
Les engrais dont le cultivateur peut disposer sont de deux sortes : ceux qu'il produit dans U ferme I
et ceux qu'il achète. Le fumier est le principal àa
la première catégorie ; les seconds fomentée que l'on appelle les engrais complémentaire^ engrais de commerce. Il faut donc étudier successÎTemezit le lumier. puis les autres engrais de la ferme, ecla les engrais commerciaux. L'étude dés amendeâneats viendn ensuite.
Fumier. — On donne le nom génériq;ae de fumier aux pailles qui ont servi de litières aux animaux domestiques, qui sont mélangées à leurs excréments, et qui, après ce mélange, ont anbi on degré plus ou moins avancé de décomposition. Le fumier est donc un mélange d'une composition fort compliquée, et qui présente des éléments assez différents suivant les animaux dont il provient* suivant la nature des pailles ou autres végétaux qui ont servi de litières, suivant encore la constitution des animaux domestiques et la nourriture qnlla om reçue.
Le fumier le plus ordinaire est celui qui proviem des bêtes à cornes, nourries à retable. Quand let bêtes ont reçu une litière suffisante et assex fré-
auemment renouvelée pour absorber toutes les éjections, le fiimier ou elles produisent pèse d€ 800 à 400 kilog. par métro cube à sa sortie éb retable ; au bout de quelque temps, sous rinflaeace du tassement, son poids s'élève de 700 à 800 kikg. Il renferme alors 70 pour 100 de son poids en eau. et 32 de matières organiques. D'après M. Bousdngault, la richesse en acide phospborique est àe OM,ei en azote de o.&9 pour 100. Hfttons-nous d*!- Jouter que ces nombres ne sont que des moyennes, et que, par conséquent, dans les circonstances particulières, ils peuvent varier dans des limites asiex grandes.
Quand il est sorti de l'étable, le fomler n*estpu
f>ropre à être conduit dans les champs. Enfoui dam e sol, il ne se décomposerait qu avec une trèi grande lenteur et ne donnerait pas les résnitiu qu'on est en droit d'en attendre. Il Ikat donc Im consarrer, dans la cour de la ferme, une plicc spéciale où il séjourne pendant un certain Vbm^ et où il doit être l'objet d'un traitement panicolier qui en développe les qualités. De là le tas de fomler, la fosse à fumier, qu'on rencontre dans toutes les fermes. Rien n'est plus important pour le c<ivateur que de soigner son tas de funiier, et ttpendant rien n'est plus commun qu'un tas de f»mier non seulement mal soigné, mais encore complètement abandonné et perdant, sous Tofl même du fermier et sans que celuid s'en pr^ cupe, une grande partie de sa valeur. Cepenéut tes soins à donner au fumier sont très simplet et I n'exigent que peu de travail, mais ils demanéest de la persévérance.
La rosse à fumier consiste en une fosse creusée à 80 centimètres ou un mètre de profondeur, e: d'une surface variant suivant la quantité de tam^ produite, c'est- krdire d'après le nombre des animaux qu'on nourrit. La fosse est parfois supprimée, et l'on se borne à choisir un emplacement bien ni* vêlé et sur un point de la cour. Le fond doit htn imperméable, et légèrement incliné dans on sens, de manière à diriger les liquides qui s'écoulent ds fumier dans une autre fosse, appelée citerne oi fosse à purin. Ce nom de purin est le nom àoorté aux liquides qui sortent du (ùmier. Il est bon qae la fosse soit abritée ou placée au nord, de maiiièn à éviter une dessiccation trop grande sous llofluence du sol. Lorsqu'on n'a pas fait une fosse, il faut entourer le tas par uno rigole qui gobduit au réservohr à purin le liquide sortant du fs* mier. Enfin, il convient d'entourer le tas ou la fo6s« par un talus de manière à éviter le lavage ptf les eaux pluviales venant des autres parties de li cour.
Il est indispensable que le fumier soit constusment humide, afin que la fermentation puisse lï
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fiTelopper. SHl est bien tasfé, et sMl en arrive jaçiue Jour des étables, cette fermentation ne client pas tumultuenee, et il n*y a pas ii craindre c perte par Tévaporation des gaz et des vapeurs, es litières nouvellement apportées modèrent la lialeur développée par la putréfaction, et absoront les principes volatils dont il importe d'em- 6cher la déperdition.
Poar que le fumier se fasse bien, il faut que le as ne soit ni trop élevé, ni trop bas. La hauteur iiaximuna doit être de 1 mètre 50 % 2 mètres. /enlèvement et le chargement sur les charrettes tour le transport dans les champs peut alors se 'aire facilement.
Le purin doit être recueilli avec le pins grand soin, comme il a été dit plus haut. On remploie à arroser le tas, soit à Taide d*une écope, soit avec Dne pompe dont il existe aujourd'hui beaucoup de bons modèles. Trop souvent on voit, dans les villages ou autour des fermes, le purin se perdre dans les ruisseaux des chemins. Cette pratique est absolument déplorable. Le purin est, en effet, une des parties les plus riches du ftimier^ il renferme la presque totalité des matières salines contenues dans les déjections des animaux et primitivement dans les fourrages. Dans tous les pays bien cultivés, on attache un grand prix au punn. La quantité qui n*est pas employée à l'arrosage du fumier est répandue sur les prairies naturelles ou artificielles dont elle accroît puissamment la végétation.
L*arrosage du fumier avec le purin permet de régler la marche de la fermentation, pour produire la décomposition convenable suivant qu'on doit employer le fumier pour telle ou telle nature de plantes, k Vautomne ou à Thiver, etc.
Un des agronomes français les plus éminents, M. Girardin, résume comme il suit les conditions de bon traitement du fumier:
1* Recueillir tout le purin dans un réservoir, placé de manière \iu*il soit facile de reverser, au besoin, ce liquide sur le fumier ;
2* Ne laisser arriver sur le fumier aucune eau étrangère ;
%• Garantir le fumier d'une évaporation trop prompte et des lavages opérés par les eaux pluviales;
4* Tasser fortement le fumier à la surface pour que Tammoniaque produite par la fermentation dans le centre de la masse ne s*en échappe point, et toucher et remuer le tas le moins possible ;
5« Donner à remplacement du fumier une largeur suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'élever les tas à une trop grande hauteur;
&* Faire sur cet emplacement assez de divisions pour que l'ancien fumier ne se trouve pas toujours enfoui sous lo nouveau ;
y Disposer remplacement de telle sorte que les voitures puissent en approcher facilement, et qu'il ne faille pas de trop grands efforts pour enlever les charges un peu lourdes.
L*évaporation des gaz azotés est une des principales causes de déperdition du fumier, quand la fermentation est devenue trop active. On peut obtenir, à cet égard, d'excellents résultats en répandant à la surface du tas une légère couche de ^Ifate de chaux ou plâtre qui fixe l'ammoniaque. Quelques agriculteurs, et notamment M. de Bébaguo, se sont très bien trtfuvés de l'emploi, dans le même but, dn sulfate de fer ou couperose verte, qui est employé pour la désinfection des vidanges, tne excellente pratique consiste aussi à saupoudrer de temps en temps le fumier, dans les étables, avec du phosphate de chaux fossile; c'est le meil Icar moyen a'accroUre sa richesse en acide phospnorique.
IV eu nécessaire de ne pas laisser trop longtemps tt même litière, mais d'ajouter à celle-ci tous
les deux Jours au moins de la paille fratrJie. On enlève les litières tous les dix ou douze Jours. Le piétinement opéré par les animaux rend la paille plus molle, la brise, de telle sorte que sa transformation devient beaucoup plus facile.
Des recherches faites par M. Thenard sur les réactions qui se produisent dans, le fumier, il résulte que la masse doit avoir fermenté pour donner son maximum d'effet utile; mais il est essentiel que cette fermentation n'ait pas atteint les dernières hmites. Le fumier trop décomposé, transformé en beurre noir, suivant l'expression consacrée, est en partie insoluble et a perdu une partie notable de sa valeur. La pratique permet de constater les divers états de fermentation, et le point le plus propice pour l'épandage dans les champs.
Pour enlever le fumier, il convient ae procéder par tranches verticales, et non par couches horizontales. Par cette manière de faire, on mélange ensemble les couches de diverse profondeur, dans lesquelles la décomposition est inégale, et on obtient une masse plus homogène. Dans les champs, il est essentiel d'enfouir le fiimler le plus rapidement possible, pour éviter les déperditions, d'autant plus considérables que Tengrais est resté plus longtemps étalé sur le sol. Le fumier enfoui ne perd plus rien.
Quant à la ouantité à employer, elle varie, pour une surface déterminée, suivant la nature du sol, la récolte qu'on veut obtenir, celle qui a précédé, le soin avec lequel le fumier a été préparé. Mais il importo plus de se préoccuper du poids que du volume. Pour un assolement de trois ans, une bonne fumure, dans le nord, est estimée à 40,000 kilog. par hectare ; une forte fumure, de 50,000 à 60,000 kilog. ; une fumure ordinaire à 30,000 kilog., et une fumure faible à 20,000 kilog. Mais il faut ajouter oue ces appréciations sont celles des cultivateurs les plus avancés. Que de régions dans lesquelles les cultivateurs qui emploient 20,000 à 25,<'00 kilog. de fumier par hectare pour un assolement de trois ans, passent pour faire une bonne et non une faible fumure.
Autre* engrais de la ferme, — En dehors du fumier, le cultivateur peut se procurer, sans grands frais, des quantités assez considérables d'engrais, en mélangeant ensemble diverses substances qui se perdent lo plus souvent, telles que balayures de cours, résidus de cuisine, plâtras, feuilles mortes, limons, matières fécales, mauvaises herbes, débris de paille, de fourrages, etc. En stratiflant ces substances avec de petites quantités de fumier, on forme des composts dont la richesse est variable suivant les substances employées, et est parfois considérable. Le cultivateur peut ainsi se procurer de grandes ressources, en partant de ce principe que, dans une forme bien administrée, aucune substance animale ou végétale ne doit se perdre, mais que tout doit être employé à augmenter la fécondité dn sol.
Dans le pays de Gaux, d'après M. Girardin, les cultivateurs ont la vieille habitude de former de distance en distance, sur leurs champs, des tas on meules d'enerais qu'ils composent avec des terres ramassées dans les rues et chemins, dans les cours des fermes, partout où on en trouve, aux-
guelles on ajoute parfois un peu de fumier d'étable. emués et retournés de temps en temps, arrosés avec des purins ou des eaux chargées de matières organiques, ces composts peuvent donner d'excellenu résultats. Les terres entretenues humides et mêlées de matières animales ne tardent pas à acquérir des propriétés fertilisantes remarquables. Entrait humain. ~ Les déjections humaines peuvent être employées soit à l'eut naturel, comme dans le nord de la France, et alors elles portent le nom d'engrais flamand; soit après un traitement qui les dessèche et les transforme en poudrette.
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Uengrais flamand est rectieilli, dans les habitations, dans des citernes closes avec soin ; le cultivateur Tentoie chercher à la Tille dans des tonneaux, puis le remet dans une citerne située le plus souvent au milieu des champs, où il fermente lentement pendant plusieurs mois avant d^ètre répandu sur les champs. Pour l'épandage, on emploie des tonneaux arroseurs ou des cuves qu*on vide k l'aide d'écopes. L*engralB flamand est répandu avant ou immédiatement après les semailles. Ses effets sont remarquables, à la condition qu*on évite pour l'épandage les Jours de fortes chaleurs ou de grandes pluies, et qu^on choisisse de préférence les temps couverts ou de brouillard.
La poudrette est obtenue par la séparation, des matières solides et liquides des vidanges, en faisant séjourner celles-ci dans de grands bassins. Les matières solides enlevées avec des dragues sont desséchées à Tair. Au bout d'un temps assez long, elles forment une poudre brune qui est employée comme engrais. Ce procédé de fabrication a l'inconvénient de laisser perdre une grande partie des principes fertilisants que renferment les matières fécales.
Engrais de villes, — Les boues et immondices des rues des villes peuvent être employées comme engrais avec grand avantage. On en fait un grand usage dans tout le nord, ainsi que dans le rayon de Paris. Les boues forment un engrais chaud très estimé dans la culture maraîchère.
La décomposition des matières organiques qui entrent dans les boues est facilitée par des manipulations qui en font un excellent terreau.
Engrais verts, — Certaines récoltes sont assez souvent enfouies en vert pour augmenter la fertilité du * sol. Les plantes dont la croissance ost rapide «ont les plus propres à cette opération. Elles doivent être semées dru, de manière à fournir une plus grande quantité de feuilles et de tigelles.
Engrnis commef^entx, — Le fumier de ferme est l%ngrais naturel ; mais il n'est pas sufRsant pour maintenir la fertilité du sol, et surtout pour en accroître la production. Il ne peut, en effet, restituer à celui-ci qu'une partie des principes que les récoltes consommées par le bétail renfermaient , il ne peut rendre les matières contenues dans le blé ou les auu*cs produits vendus aux marchés, pas plus que celles qui constituent la viande du bétail, le lait, etc. L'agriculteur 2ui veut augmenter la fertilité de ses champs est onc obligé de chercher ailleurs des principes constitutifs de cette fertilité. Tout agriculteur progressif est donc acheteur d*engrais complémentaires du fumier produit dans sa ferme. Les sources auxquelles il peut s'adresser sont nombreuses, et il peut choisir suivant les nécessités de son exploiution, les prix d'achats, etc. Le commerce des engrais a pris, depuis trente ans, un développement qui est un indice de la marche progressive de l'agriculture.
On donne parfois aux engrais du commerce la dénomination d'engrais chimiques, par opposition au fumier. Cette désignation est tout à fait impropre, et doit être bannie du langage précis ; elle n\, en effet, qu'un résulut, c'est de Jeter de Tobscurité sur le rôle dos uns et des autres, et de faire croire, en faveur des engrais commerciaux, à une puissance spéciale et à un but particulier ou'ils ne peuvent avoir. Leur action varie suivant leur composition et les conditions dans les- (](uelles ils sont employés ; mais ce qui domine la situation, c'est qu'ils ne peuvent que compléter le fbmier. La question de savoir si les engrais commerciaux peuvent remplacer celui-ci est oiseuse au point de vue pratique. Toute exploitation agricole produit nécessairement du fumier, et elle doit remployer ; en outre, c'est l'engrais le plus natu-
rel, et quand même cela ne serait pv, ee ne peut être que son insuffisance qui force à avob recoin aux engrais commerciaux. Il n'y a donc pas Ûea, pour l'agriculteur, de se préoccuper de ragricalture par l'emploi exclusif de ces engrais, d'aatam
S lus qu'en France les produits animaux éunt ceu ont la valeur augmente le plus, il est sollicité k en produire davantage et par suite à augmeoter U masse de ses ftimiers.
On sait (V. Chimie agricole) qae les piincipesqn'Q est le plus nécessaire de rendre aa sol sont l'azote, l'acide phospfaorique, la potasse et la chaux. Cest donc d après leur richesse en ces divers prind-
{»es et d'après la rapidité de leur assimilation par es plantes que les engrais commerciaux doWeiit être Jugés.
Les engrais commerciaux peuvent être dÎTisés, suivant leur origine, en engrais organiques et eo engrais inorganiques.
Les principaux engrais orwmigues sont :
1* Le guano du Pérou, formé par raccamoUtion de fientes d'oiseaux de mer sur les côtes de l'Océan pacifique au Pérou. Il se présenie sm la forme d'une poudre grossière, d'une couleur jaune plus ou moins foncée, avec une forte odev ammoniacale. Il ost principalement riche en mitièf» organiques azotées et en phosphates ;
t* Les os d'animaux, oui sont une source précieuse de matière azotée, d'acide phosphoriqoe et de chaux. Il est donc important oe ne pas lës perdre ;
3* Le noir animal, qui est le résultat de la carbonisation des os en vases clos, et les ceodres d'os;
4* Le sang desséché, les débris de laines, de cornes, de matières animales, etc.;
5* Les tourteaux ou gâteaux formés par les résidus solides que Ton obtient par l'extracUon de l'huile des graines ou des fruits des plantes oléagineuses. Il y a un grand nombre de tourteau, le S lus souvent désignés sous lePnom de la plante où ils proviennent . Les principaux sont ceoi de lin, de colza, d'oeillette, de cameline, d'anchide, etc. Leur richesse est aussi très variable.
Parmi les engrais inorganiques, les principaux sont :
1* Les phosphates de chaux fossiles, prindpar lement recherchés pour leur richesse en adde phosphoriqae. Les phosphates de chaux se reocontrent dans la nature, soit à l'état de coproUthes, soit sous la forme de gisements stratiflés. La principaux gisements en France sont ceux du Pasde-Calais, des Ardennes, du Quercy. Leur richesse est très variable. Pour être employés, ils doiveot être réduits en farine. L'acide phosphoriqae ij rencontre à l'état de phosphate tribasiqae de chaux insoluble dans l'eau.
Pour rendre l'acide phosphorlque plus rapid^ ment soluble, on traite les ^ phosphates par l'acide sulfurique, et on obtient des superphosphates. Le» os peuvent être traités de la même manière pov donner des superphosphates d'os.
2* Le sulfate d'ammoniaque, qui renferme 20 à 21 p. 100 d'azote. Ce sel est principalemeot ejtru't des eaux des usines à gaz.
8* Le nitrate de soude, qui renferme 15 à 16 p. 100 d'azote. Le Pérou renferme des gisemeoli considérables de nitrate de soude qui est importé en Europe pour les beftoius de l'industrie et del'igriculttire.
Comme beaucoup de branches de commme, U vente des engrais commerciaux peut être Tobjet de fraudes parfois difficiles à saisir, et qui moi d'autant plus dangereuses que le cultlTateor livré à lui-même ne peut s'en apercevoir que lorsQQ® ^ récolte est faite. C'est pourçiuoi une loi, qu ^^^ de 1867, a établi des pénalités rigoureuses cootn ceux qui, en vendant ou en mettant en Tente des