ESPAGNE PT PORTUGAL — 697 — ESPAGNE ET PORTUGAL
véritable» steppes arides comme les déserts de l'Asie on de 1 Afrique. Si le sol y porte par places de superbes moissons, cela tieat souvent a des nappes d'eau souterraines qui rafraîchissent le sou9-«ol et les racines des plantes. La contrée n'offre presone pas d'arbres. Les rivières, à sec pendant Véiin, peuvent alors servir de routes. . Sar le rivage de la Ifféditerrsnée, les écarts de température entre les chaleurs de Tété et les froids de riûver deviennent bien moindres. La végétation, fa:veri8ée par des irrigations très soignées, atteint nn superbe développement, qui a fait la repu* tation de la huer ta de Valence.
Dans le reyaume de Murcio, le climat devient vé« rîtablement africain. Les vallées arrosées à grand peine sont encore admirables. A Elcbe, sur les confina du royaume de Valence, on trouve une des rares forêts de palmiers qui croissent en Europe. Ailleurs ce sont des orangers, des grenadiers, des bananiers et des nopals* sur lesquels se développe la cochenille. A Tombre des arbres frui* tiers le sol produit encore d'autres cultures. Mais sur les plateaux desséchés, on ne trouve que le sparte ou alfa qu'on récoite maintenant en si grande quantité sur les plateaux de TAlgérie*
Au pied de la Sierra Nevada» lac6te, tournée an midi, serait encore plus brûlante pendant Tété, si les neiges, qui fondent sur la montage, n'y entx«tenaient un peu de fraîcheur. A Gibraltar, à Bfialaga, la température moyenne de l'année a*élèv6 à 17 ou 18«, et le séjour aes villes devient intoléra^ ble, an moment des grandes chaleurs* pour les Européens qui se réfugient alors sur les montagnes voisines. Dans cette région croissent le café, le coton^ la canne à sucre, les arachides et autres cultures tropicales, et ^n outre on trouve vivant à fétat sauvage autour de Gibraltar les singes, que Ton ne rencont^ que dans les pays très chauds^ L'Asdaiousie, qui se revêt au printemps, ou plutêt en février, de la plus admirable végétation, est brûlée en été. On n'y trouve plus d'eau que dans le lit des rivières. Sur les bords même du Genil, qui parcourt la vallée si Justement vantée de Grenade, on traverse de véritables steppes. A Touf st de Tembouchure du Guadiana, le rivage de XAlgarte^ abrité au nord parla Sierra de Monehique,jK)rte encore le même nom que les Maures lui avaient donné en même temps qu'au Maroc, (pays do l'occident) et de fait les rives des deux pays se ressembient. La douceur du climat en ferait un excellent séjour d'hiver pour les malades qui vont chercher à recouvrer la santé à Madère.
OêoCprepfaie poUtiqpis et èoonomiqrns. — GéoorapBii AGRICOLE. — L'Ëspaguo offro dos genres de culture bien différents suivant los climats de ses di* verses régions. Dans la Vleille-Castille on récolte beaucoup do blé. Les terres des environs de Valladolid sont particulièrement fertiles sous ce rapport et on exporte une partie de leurs grains pour 1 An-
SIeterre ou pour la France par le port de Santaner. L* Aragon et FEstramadure produisent aussi du blé, mais, dans toute cette régbn du centre de l*Espagtte l'agriculture souffre des ravages des troupeaux transhumants. La finesse de la toison des mérinos a fait accorder de trop grands privilèges aux producteurs de cette source de lidiesses pour le pays. Pendant l'hiver leurs moutons
Salsseat dans les plaines de FEstramadure, de la ianche^ ou dans les montagnes de Murcio^ puis à mesure que les pâturages naturels disparaissent sous riniluence de la sécheresse, les bergers remontent vers les montagnes des Castilles, de l'Aragon, du royaume de Léon et des Cantabres, et
Ï tendant ce parcours leurs troupeaux, pénétrant ibrement dans les chamjM sans clôture, y broutent et détruisent des moissons en herbe. Sur les bords de la Méditerranée, le blé fait
place au mais, et au riz qui pousse dans les lagunes ou albuferas du littoral. On cultive le seigle dans les Pyrénées, et l'orge dans toutes les provinces.
L Espagne produit beaucoup de vins. Dans les Castilles et 1 Aragon, la vigne erolt, pour aind dire, sans culture. Mais les vins, mal soignés, envmagasinés dans des vases en terre ou transportés dans des outres, sont grossiers, et ne conviennent qu*à la consommation intérieure. Dans rAndalousie, au contraire, les vins de Xérès sont très recherchés par les Anglais qui en consomment dans tous les pays du monde sous le nom de Sherry^ Les vins de Malaga et ceux d'Alicante, sur la côte de la Méditerranée, sont également très estimés • On récolte, en outre, dans le royaume de Valence et la Catalogne, une grande quantité de vins ordinaires, qui viennent depuis quelques années en France suppléer aux vides causés par les ravages du phylloxéra. Sur la cête de la mer de Biscaye» le raisin ne viendrait plus à maturité, et le vin est remplacé comme boisson par le ddre. Cest encore un des points de ressemblance entre cette région et la Bretagne française.
L'olivier est très répandu en Espagne sur le littoral méditerranéen, dans l*Estramadure et TAndalousie, mais, comme pour les vins, les huiles sont mal fabriquées et peu estimées.
JL.es fruiu de uble sont très abondants. Les oranges de Valence ont une grande réputation, mais il en vient aussi de Malaga et de l'Andalousie, ainsi que des figues et des grenades. Malaga a la spécialité des raisins secs. La Catalogne envoie en France des amandes et des abricots qu'elle récolte plus tôt que nous.
Maigre la renommée des chevaux andalous^ l'Espagne possède un très petit nombrt^ de ces animaux. Les mulets et les ânes y sont plus nombreux, et la France fournit à TEspagne une parUe des premiers, entre autres les mules qui font les attelages de luxe. Les moutons, dont nous avons déjà parlé, forment le bétail le plus nombreux. On élève encore beaucoup de porcs, en Estramadurê notamment Les bètes à cornes se rencontrent surtout dans les pâturages de la Galice, et les navires anglais viennent en charger des troupeaux entiers dans les ports de Vigo ou de la Corogne pour les marchés de l'Angleterre. En Andalousie, les éleveurs ont un autre but ; ils produisent ces beaux taureaux de combat dont les Espagnols sont si grands amateurs.
En résumé, l'agriculture espagnole est peu avancée : la difficulté des communications, la sécheresse du climat, les ravages des troupeaux, la concentraUon de la propriété entre les mains do grands propriétaires, les troubles des gjuerres civiles, les mauvais errements dans la fabrication des produits, font surtout obstacle à ses progrès.
GsoeaiFBiB ihdustbirujb. — Mines. — L'Espagne est très riche coproductions minérales. Le fer y est répandu sur un grand nombre de points ; mais les mines les plus célèbres sont celles des provinces basques. A Sommorostro, près de Bilbao, la montagne n'est qu'un immense bloc ferrugineux. C'est là que s'approvisionnaient les célèbres armuriers de Tolède. Maintenant l'exploitation en est si active que les eaux de la rivière de Bilbao sont constamment rougies jusqu'à la mer par les débris qu'elles entraînent. Les usines françaises et allemandes s'approvisionnent à Sommorostro, et PortU' galète, le port de Bilbao, en tire une importance qui le place au troisième ou quatrième rang parmi les ports de l'Espagne. Naguère encore, les carlistes, maîtres de cette région, tiraient de là du minerai, que les fourneaux et les forges du voisinage transformaient pour eux en armes et en proiectiles de guerre. Du côté de la Méditerranée, Cartha- ' cène est un autre grand port d'exportation du
minerai de fer exploité dîna le vo{8inag;e et qui ▼a alimenter les hauts fourneaux de Marseille et des environs. Alméria est le centre de la production minière du versant de la Sierra Nevada, où se trouvent, avec le fer, du cuivre, du plomb etde Tareent. Le plomb, généralement uni à Targent, forme de très riches glsemento sur divers antres points de TEspagne. Le plus important est celui qui groupe plusieurs milliers d^ouvriers, adonnés à cette exploitation, autour de Linarès, petite localité du naut bassin du Guadalquivir, dans la province de Jaen. On en tire 310 000 tonnes de minerai par an. Les mines de cuivre étaient déjà connues et exploitées par les Phénidens, les Carthaginois, les Romains. Dans Touest de rAndalousie, au nord du port de Huelva, les mines du Rto-Tinto ne renferment pas moins de 300 millions de tonnes de minerai exploitables. (E. Reclus.) Celles de T/êorsiSj moins riches, sont cependant plus activement exploitées ; elles produisent une ffrande quantité de pyrites, qui servent à fabriquer la moitié des 500 000 tonnes d'acide sulfurique, produites annuellement par les usines de l'Ecosse; et la cinquième partie du cuivre produit dans le monde entier sort des mines de Tnarsis. (E. Reclus}.
L'Espagne possède à Almaden, au nord de la Sierra Morena,, une des deux mines de mercure exploitées en Europe. Elle produit 1 200 tonnes de mercure par an.
Le minerai de zinc se trouve notamment dans les monts Cantabres, et Santander ou de petits ports voisins en chargent des navires entiers pour les usines belges de la Vieille-Montagne.
Les principaux bassins houillers sont ceux de Gijon, dans les Asturies ; de la province de Palenda, dans le royaume de Léon ; de Belmez, au nordouost de Cordoue ; de la source du Ter, dans la Catalogne.
L'Espagne possède des marais salants à l'embouchure de l'Ebre et aux environs de Cadix, et jBn outre des gisements de sel sur plusieurs points de l'intérieur. Dans la Catalogne, la montagne de Cardona forme un immense hloc de sel gemme haut de 100 mètres et dont la masse renferme 800 millions de mètres cubes de sel. (E. Reclus). L'Estramadure possède des gisements de phosphate de chaux, maintenant très recherché comme engrais.
On trouve, en Espagne, de nombreuses sources d'eaux minérales, notamment sur le versant des Pyrénées et dans les Cantabres.
L'industrie est peu développée dans 6e pays. Bàreelone^ toutefois, qui occupe le premier rang sous ce rapport, renferme d'importantes manufactures de coton, des fabriques de toiles, de draps, de soieries, de dentelles, de produits chimiques, de machines, et des sucreries.
Les manufactures de tabacs, et celle de Séville au premier rang, occupent un grand nombre d'ouvriers. Séville fabrique aussi des porcelaines, et Cordoue des alcarazas, vases en terre poreuse où l'eau se rafraîchit. Les armes k feu se fabriquent dans les provinces basques, ainsi que le chocolat, qui Jouit d'une grande réputation comme celui de Rayonne.
GioGRAPBiB coHmmciALB. — L'Espagno ne communique avec la France que par deux chemins de fer placés à chaque extrémité des Ppénées: la ligne de Rayonne à Saint-Sébastien, qui se continue par Rurgos et Valladolid et appartient à la grande ligne de Paris à Madrid, ~ et la ligne de Perpignan à Rarcelone qui suit le littoral de la Méditerranée. Entre ces deux voies ferrées, le Roussillon communique aisément avec la Cerdagne espagnole par le col de la Perdie, J*elativement peu élevé, qui sépare la vallée de la Têt de celle de la Sègre, et que dessert une route carrossable reliant Perpignan à ^
Lérida. Les deux Tersants de ce col appaxtiennent à la France.
A l'intérieur de FEspagne, le réseau des chemins de fer est encore très peu développé, leor longueur totale ne dépasse pas 6 000 kilomètres. Cest à peu près le quart de ce que.' nous possédons en France. Et dans ce pays, qui manque de voies navigables, les voies ferrées sont indîspea. sables au développement de Tagricnlture, de l'exploitation des mines, des manufactures. Mais les obstacles naturels rendent cette constroctlon très dispendieuse, et les agitations politiques, ri fréquentes en Espagne, ont empêché Jusqu*à présent les chemins espagnols d'atteindre un trafic rémanérateur pour les capitaux dépensés. Le diemin du nord de 1 Espagne, entre Saint-Sébastien et Rurgoi, traverse continuellement des travaux d*art, tunneli, ponts, viaducs, dont la destruction par Tarmée carliste a été une perte considérable à laquelle s'ajoutait rimpossibilité d*exploiter la ligne pendant de longs mois. Ce même chemin trarerse la sierra de Guadarrama, entre Avila et Madrid, à une altitude plas élevée que le tunnel du mont Cenis. Cest par une suite imposante de défilés et de tunnels à travers la Sierra Morena, qu'au passage de DespeRaperros on descend de la plaine ri monotone de la Manche dans les riantes Tallées de l'Andalousie. Entre Cordoue et Malaga, le chemia de fer, qui suit le Guadalhorce, ne trarerse pas moins de dix-sept tunnels pour franchir U sierra côtlère.
Porf^. — Parmi les ports de l'Espagne, Bareekme tient le premier rang. Cest une belle ville de pi^ de 200 6oO habitants, l'une des plus importantes des rivages de la Méditerranée, et Tandon port da royaume d* Aragon, qui a Joué un rôle prépondérant dans la Méditerranée occidentale, quand U était maître de Naples et de la Sicue.
En descendant au sud la côte espagnole, on trouve Tarragone, aujourd'hui déchue, mais qui eut
E eut-être un million d'habitants sous les Romains. l'Ëbre étant obstrué par une barre à son embouchure, c'est un canal, aboutissant au port des Alfaques, qui sert de débouché à son bassin. Ce
f>ort est situé au sud de la péninsule formée par es alluvions de l'Ëbre. Un peu au nord de Valence, Murviédro occupe la place de Tandenne Sagonte, riche ville détrtute par Annibal.
Valmce est, comme Rarcelone, une Tille industrieuse, déplus de cent mille habitants. Le Graa lui sert de port. Au delà du cap de la Nao, qd se projette vers les lies Raléares, AOeante (30000 hab ) a l'avantage d'être le port le plus rapproché de Madrid, auquel il est relié par une roie ferrée. A l'ouest du cap dePalos, Cttrtfiagène{2Sù00ïuh.\ dont le nom rappelle l'origine carthaginoise, n'est pas seulement oort de commerce pour Texportatioa des minerais. Cest une place forte imprenable antrement que par la famine, un excellent port militaire et une escale pour les navires qui de France se dirigent *vers le port d^Oran. Au cap de Gâta, le rivage tourne à l'ouest pour passer devant Almériâ (27 000 hab.), puis Malaaa^ le second' port de l'Espagne. C^est une villo ue près de cent mille h> bitants, dont la fondation remonte aux Phénideni, et qui, comme Rarcelone, tire son importance de la richesse des produits de la région voisine et de son industrie propre. Parmi ses usines on peat citer ses fabriques et raffineries de sucre. £rt6raifar, isolé sur son rocher, qu'une étroite langue nblonneuse relie à la terre ferme, tout hérissé de forts et percé de galeries souterraines, d'où les canons sont partout prêts à tirer, abrite le pavillon britannique qui s'y est éubli par surprise et qai surveille Jalousement le passase de TAtlantique dans la Méditerranée. Des milliers de navires en* trent chaque année dans son port pour se rantall- 1er dans ses entrepôts ou y prendre des nouvelles.