‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 444 sur 562 · ÉTATS GÉNÉRAUX — 715 — ÉTATS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

ÉTATS GÉNÉRAUX — 715 — ÉTATS GÉNÉRAUX

«x& faee da roi comme ses égaux, ainsi qa*en té* n&oigne la fin de rordonnance royale : « Voulons m et aYons octroyé anxdites gens qui nous ont « octroyé lesdits subsides oue les Chartres données m à Saint- André soient et demeurent en leur force « et vertu. »

1356, 13S7, 1358. — Après le désastre de Poitiers, le dauphin Charles réunit aussitôt les Ëtats k Parie. Les malheurs effroyables qu*aYaient causé l'impéritie et les désordres au roi et de la noblesse, avaient porté à son comble Tirritation du peuple auquel s allia le clersé. Sous Tinfluence de leurs diefs» Jacques, archevêque de Lyon; Jean de GraoQ, archevêque de Reims; Valérien deLuxeml>oiirg ; Jean de Picquigny, gouverneur d'Artois ; Robert le Coq, archevêque de Laon; Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris; de ces deux derniers surtout, qui paraissent avoir inspiré et dirigé toutes les délibérations, de réformateurs les Éuu devinrent révolutionnaires, et pendant un instant eurent vraiment le caractère d'assemblée nationale.

Dès le début, ils annoncèrent clairement leurs intentions, en déclarant fièrement « qulls ne bem soigneraient point tant que les gens du conseil du « roi fussent avec eux, » et en accusant, non sans raison, les offlders de la couronne « de n'uvoir eu « égard dans les conseils qu'ils avaient donné, ni « à la crainte de Dieu, ni à l'honneur du Souve- « rain, ni à la misère du peuple ; de n'avoir eu en « vue que leur intérêt particulier, s'occupant unim quement du soin d'acquérir des possessions, « d'arracher des dons excessifs, de se faire confé- « rer les uns aux autres ou à leurs amis les di- « gnités et les charges, et surtout d'avoir caché au « roi la vérité. » Ce langage hardi fut suivi d'effet. En 13S7, le dauphin fut obligé de rendre une grande ordonnance dont voici les principales dispositions :

Les États se rassembleront deux fois par an ; en leur absence, trente-six élus assisteront le prince ; d'autres élus seront envoyés dans les provinces pour surveiller les fonctionnaires de tout ordre. Les impôts seront votés et levés par les Êuts, qui en surveilleront l'emploi. Les monnaies seront invariables. Tout homme sera armé ; les nobles ne devront plus guerroyer entre eux; les soldats ne seront payés que par les Ëtats. La justice sera rendue sans grands frais et sans retard. Le droit de prise et de chevauchée sera aboli.

Cette ordonnance était bien toute une révolution qui plaçait le roi sous la tutelle des États et mettait entre les mains de ceux-ci ou de leurs délégués toute l'administration de la France, car, dit Froissard : « Ces trente-six personnes devaient être « souvent à Paris ensemble pour ordonner des « besoignes du royaume^ et toutes matières se c devaient rapporter par ces trois États ; et dec valent obéir tous prélats, tous seigneurs, toutes « communautés des cités et des bonnes villes à ce « que ces trois États ordonneraient. »

Cependant, après avoir feint de céder à la volonté des États, le dauphin s'efforçait d'annuler les effets de l'ordonnance de réformation, et d'empêcher les trente-six commissaires d'agir. Alors, poussés par Marcel, les Parisiens se révoltèrent et çnassacrèrent les maréchaux de Champagne et de Normandie, principaux conseillers du dauphin, dans son appartement et sous ses yeux (22 février 13&3). Bffrayé, le dauphin sortit de Paria et alla se mettre k la tête de ta noblesse qui, ainsi que le clergé, avait presque cessé de paraître aux Etats, et se disposa à revenir sur la capiule, dont llarcel organisa la défense. Cest à ce moment que les paysans du nord de la Franco tentèrent M grande insurrection qu'on appelle la Jacquerie*, Les Parisiens firent un moment cause commune avec les paysans ; mais ceux-ci furent promptement

écrasés par la noblesse. Bientôt après, Marcel fut assassiné (1*' août 1358) et tons les fruits de la révolution furent perdus.

Aucune autre assemblée des Etats n*eut plus Jamais autant d'importance et surtout ne montra autant de hardiesse. Institués pour venir en aide an pouvoir royal, on les verra maintenant déchoir à mesure que celui-ci grandira, puis disparaître complètement pendant près de deux siècles (1614- 1189), c'est-à-dhre pendant oue le pouvoir du roi sera absolu et incontesté. Néanmoins de 1358 k 1614 ils furent encore bien des fois convoqués.

En 1359, ils repoussèrent le traité conclu par Jean avec Edouard. En 1369, sous Charles V, ils dé* cidèrent que Tappel des barons du midi contre le prince de Galles devait être reçu. En 1413, sous Charles Vf, ils approuvèrent la fameuse ordonnance caàocfùennet rédigée par les docteurs de l'Université. En 1439 et en 1444, tout en aidant Charles VI à accomplir ses utiles réformes^ ils abdiquèrent en quelque sorte entre les mahas du roi. en éublissant une taille perpétuelle qui permit £ celui-ci de se passer d'eux désormais, pour pourvoir aux nécessités de la guerre. En 1468, sous Louis XI, ils décidèrent à Tours que la Normandie ne pouvait être distraite du domaine royal et que, suivant l'ordonnance de Charles V, le frère du roi n'avait droit qu'à une rente de 1200O livres.

En 1484, pendant la Jeunesse de Charles VIII, on put croire un instant que les grands leurs de 1357 éuient revenus. Les Etats lurent élus dans des conditions toutes nouvelles où l'esprit de la France moderne s'affirmait déjà. Ils n'eurent plus rien de féodal. « On convoqua ia totalité des habitants libres du royaume, paysans aussi bien qu*occlésiastic^ues, nobles et gens des villes, à l'exception de ce qui restait des serfs. Les hommes libres de toutes les paroisses furent invités à envoyer des délégués au chef-lieu des prévôtés, où ces délégués choisirent entre eux des électeurs qui allèrent nommer des députés dans les chefs-lieux des baiU liages ou des sénéchaussées. Les élections dans le tiers se firent ainsi à trois degrés. Les ecclésiastiques et les nobles élurent directement leurs députés, sans que les évoques et les grands barons eussent plus de droit que les autres. Il y eut ainsi complète égalité dans chacun des trois ordres, comme s'ils eussent été trois démocraties à côté l'une de l'autre. »

L'assemblée se réunit à Tours, le 15 Janvier. Ses revendications furent aussi complètes que le temps le comportait, et ses cahiers de doléances rédiges sans la moindre faiblesse. L'attention du roi fut appelée sur tout : religion, finances, armée, justice, administration. Cependant aucune réforme ne fut réalisée. L'esprit public était trop faible et l'assemblée ne se sentait sans doute pas poussée par la nation. Il ne résulta de sa réunion que le vote de la taille, la constitution du conseil du roi, et d'éloquents et hardis discours, parmi lesquels celui du sire Philippe de la Roche Pot, où se trouvent ces paroles bien étonnantes pour l'époque : « La royauté est une fonction, non point un iiéric tage, et ne doit point, à l'instar des héritages,, c être nécessairement confiée à la garde des tu-

« teurs naturels, des plus proches du sang

« L'histoire nous enseigne et j'ai appris de mes • pères, qu'au commencement les rois iiirent c créés par la volonté du peuple souverain. On « élevait au rang suprême les plus vaillants et les c plus sages, et chaque peuple élisait ses chefs

« pour son utilité Quiconque possède par

« force ou autrement, sans le consentement du « peuple, le gouvernement de la chose publique, « n'est qu'un tyran et un usurpateur du bien 9 d^autrul. »

Jusqu'en 1614, les assemblées qui suivirent n'ont

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