‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 449 sur 562 · NOMS. ADJECTIFS. ADVERBES · texte numérisé non relu

NOMS. ADJECTIFS. ADVERBES

fée «

fai néant er, ant, é.

affai

contre fai re, lant, t.

défiûre, tant, %

for fai re, .... t

re (foç) onn er, ant, é.

parfaire ••..

refai re, Bant,t...

iatia fti re, sant, t...

bien lu re, eant, t...

mal Caire, «ant, t.. .

mé U\ re

mana (faet) ur er, ant, é.

faiseur, faisable, infaisable.

façon, façonnier.

facilité, facile, faeilement.

faculté, facultatif.

facture, facteur, faction, fac- Uoux, faction fiai re, factorerie, factotum, factice.

fécond, fécondation, fécondateur, fécondité, infécondité.

fainéant, fainéantise.

affaire, affairé, contrefaçon, eontrefaetenr,

contrefaiseur.

défaite, forfait, forfaiture.

parfait, imparfait (Voyes plus bas : perfection, etc.)

satisfaction , satisfactolre , satisfaisant

bienfait, bienfaiteur, bienfaisant, bienfaisance.

malfaiteur, malfaisance, malfaisant.

méfait.

manufacture, mannfaoturler«

VERBES. PAATICIPB3

con fi re, aant, t.

décon fi re, t .

effi

of fi eier, ant,é.

pro fi ter, ant, é..

suf fi re, eant . . .

mrtifi.

aeidi fier, ant, é...

déi fi er, ant, é. . • édi fi er, ant, é...

fklsi fi er, ant, é. , justi fi er, ant, é.,

modt R er, ant, é...

mort! fi er, ant, é. . .

morbi fl

muni fi

mysti fi er, ant, é. . .

noti fier, ant, é...

ossi fi er, ant, é...

paci fier, ant, é...

pontl fi er, ant, é. . .

puri fier, ant, é.

putréfier, ant, é,

pani fi er

qnalt fl er, ant, é.

rami fi er, ant é. , rare fi er, ant, é. ,

reeli fi er, ant, é..

rubé fi er, ant, é. , iaeri fi er, ant, é. .

sancti fier,ant, é., seienttfl

slgni fier, ant, é.

sirapli fl er, ant é. .

•oUdi fl er, ant é.

ipéci fi er, ant, é. ,

stupé fi er, ant é. .

torré fi er, ant, é. .

tumé fi er, ant ^"

Téri fi er, ant, é. .

vitrifier, ant, é...

Tîvi fier, ant, é...

veni fi er, ant, é.

af fect er, ant, é

af feet ionn er, ant é.

déCwt

ef faet a er, ani, é.

indéfect

per fect ionn er, ant, é. .

réfeel.

préfet..

NOMS. ADJBCTIF8. ÂDmBBS

confiture, eonfitnrier, coe-

fiseur, confiserie.

déoonfiCare.

efficaee, cfficndté, eflScncc-

ment inefffeane, ineffica*

cité, inefficacement office, officiant officiât efE-

cialité, ofBeier. officine,

officinal, olficiet offieieex,

officiellement, olBciease-

ment profit profttabla.

suffisance, suffisant, eaff-

samroent, insuffi9ance, in.

suffisant insuffitammeot.

artifice, artificier, artilictel,

artificieui , aitifidellc-

ment artificieiucment acidification, acidîfinble.

déîQeatien.

édifice, édifleation, réCdifier,

réédifieaUon.

falsifieatîoo, fnlsifienlenr.

justification, jwtifinble, jas-

tificatif.

modifieationy modifieatif.

mortificatioB.

morbifiqne.

munificence.

mystification, mystificateir.

notification, ossification, pacification, paetflqae, peô-

ftcateur, pâcifiqueiDent pontife, pontificat, pontifical,

pontifiealemcnt purification, purificatoire, putréfaction, potréfkîL panification, qualification, qunlifieatev,

qualifientif.

ramification, aréfaction, raréfaetif, rare- Il

fiant, rectification, rubéfaction, rubéfiant, sacrifice , saerificnlcar, sacri*

ficatnre.

sanctification, scientifique , sotealiflqne-

raent.

sijpiificatiott, tignificnlif, ta-

sifrnifianee, iattignifiant simplification, solidification.

pécification, spécifique, spécifiquement stnpélaetion, stupéfait, torréfaction, tuméfaction.

vérificaiioi^ vérifteataor, vé-

rifiable.

vitrification, TÎtrifiable.

viviflcation, TÎ^ifique, réfi-

Tifier, révivification.

versification^ versificateur.

affectation, affectatif.

affection, affectueux, alfee-

tuensement défection, défectaenté, dé-

fectneux, dtfsctif, défec-

eflet, efledif, aOèeUvemcnt, ineffeeiif.

ndéfecUbiUlé, indéfectible.

perfection , perfecttooiiement, perfectibilité, perfectible, imperfectioa,!»nerfectibiUlé, isBfNrfectl-

réfectien, réfectoire, préfet, préCaetara.

ËTYMOLOGIB

ÊTYMOLOGTB

L*exainen attentif de ce tableau permet de se rendre conapte de l'ordre suivi pour le dresser.

Etabli en deux colonnes, comme celui de la famille de agir, dans le cours moyen, il se dlyise en <ltiatre séries :

La première présente l'ensemble des mots dérlrés soit de la racine primitiTO foà, soit des racines modifiées par la forme du participe présent fais et du participe passé fat/, soit d'autres formes ^e la même racine, feu:, fact, fee. Deux autres formes de racines, /f, fect^ n étant employées que précédées d'initiales pour former des mots composés, se trouvent dans les séries suivantes.

La seconde série présente, par ordre alphabétique des préfixes, les mots composés avec les racines précédentes et tous les dérivés qui en naissent.

La troisième et la quatrième série contiennent, dans un ordre analogue, les composés, les dérivés et les juxtaposés des racines fi et fect, qui ne sont employées que précédées de préfixes.

Ce çrand nombre de mots appartenant & une seule famille, ayant tous une idée commune par le radical, et des nuances diverses par les préfixes et les désinences, montre Tavanta^e de la connaissance des familles de mots, a puisque l'étude bien faite d'un seul radical met en évidence les acceptions d'une série de mots considérable, et on fait «aillir graduellement la valeur et les nuances par le rapprochement méthodique auquel cette étude donne lien. »

Dans cette troisième partie du cours, Tinstituteur s'attachera aussi à faire appliquer aux élèves les principes qu'ils ont étudiés, de façon à ce qu'ils puissent se rendre compte de la vraie valeur des mots et en corriger même quelques-uns, qui sont m^ri à propos usités.

Ainsi, comme le dit M. B. Julllen dans son cours sQpérienr de grammaire, on verra que c'est à tort que l'on appelle bouillotte un petit vase en cuivre étamé pour faire bouillir de l'eau ; le véritable nom est une bouilloire, la terminaison oire indiquant l'instrument ou le lieu d'une action. La bouillotte est un Jeu de cartes.

De même, quand des enfants s'élancent les uns après les autres sur un bassin glacé ou sur un ruisseau congelé, sur un terrain couvert de neige durcie, ils y font, non pas une glissade, comme on le dit ordinairement, mais une glissoire. La glissade, d'après le sens de la terminaison ade, est l'acte de ceint qui glisse : chacun des glisseurs en fait successivement une grande quantité.

Le lieu où l'on se promène est encore un promenoir, et non une promenade : « J'ai étendu mes jptromenoim sans qu 11 m'en ait coûté beaucoup », écrit H<B* de Sévigné à son cousin Bussy. En effet, elle avait acheté des terres, et allongé les allées od «lie se promenait. Si elle avait dit : « J'ai allongé mes promenades », Bussy aurait cru que sa santé à' étant fortifiée, elle allait se promener plus loin qu'auparavant. Cet exemple est curieux, ajoute M. Jullien, parce qu'il montre que si le langage ordinaire prend, par figure, certains mots pour d'autres d'un sens très voisin ou analogue, si l'on dit très bien, par exemple, nous avons de jolies promenades uutow de cette ville, au lieu de jolis promenoirs, il y a cependant des cas où cette substitution ne peut plus se faire sans inconvénient ; et alors il faut reprendre le mot propre, même quand il est moins usité.

Les Jours de la semaine où l'on peut travailler, les jours non fériés, sont de môme des Jours ouvrables, c'est-à-dire où l'on peut ouvrer (faire œuvre de ses mains, se livrer à son travail), et non pas, comme on le dit souvent, des jours ouvriers.

En outre, de môme que dans le cours moyen, bien entendu, et aussi dans le cours élémenuire, Tinstituteur donnera de temps en temps des •:* Pautik.

étymologies intéressantes, curieuses, historiques ou anecdotiqucs, ayant trait, autant qujs possiole, à des faits qui se sont passés dans le pays ou désignant des localités voisines, connues de Tenfant.

Les noms de plusieurs rues de Paris offrent aîns* l'exemple de noms substitués à d'autres par ignorance ou par corruption de terme. La rue nommée aujourd'hui rue aux Ours est dans ce cas. Au zm* siècle, cette rue était habitée en général par des rôtisseurs ; c'était la rue où ton cuit les oës, la rue où l'on cuit les oies; plus tard elle fut simplement désignée par le nom de rue as oës, as oues : c'est aujourd'hui la rue atuff'Ours»

Nous disons en parlant de quelqu'un qui est allé fort loin, qui tarde à revenir : « Il est allé Je ne sais où, au diable au vert. » Que signifie cette locution : au diable au vert?

Il y avait autrefois un ch&teau voisin de Paris, qui s'appelait le château de Vauvert. Ce château passait, au xin* siècle, pour être habité par des revenants. En 1258, Louis IX en fit don aux Char treux pour y fonder un couvent. Pendant quelque temps encore, la crédulité populaire prétendait que le diable n'avait point abandonné le manoir, et qu'on y entendait, certains jours, des bruits insolites et étranges. Les curieux s'y rendaient, et, comme beaucoup ne revenaient guère Qu'à la fin de la journée, fort tard, on disait alors de quelqu'un qui, sorti depuis quelque temps, tardait à rentrer : « Jli est sans donto allé an diable de Vauvert. » c'est-àdire voir le diable de Vauvert; puis on a dit aller au diable Vauvert, et enfin aller au diable au veri. La rue qui conduisait à cette abbaye s'appela naturellement la rue d'Enfer.

L'origine du mot pataquès Ipas-t-à qui est-ce), qui désigne une faute grossière de liaison dans fa conversation ou la lecture, n'est pas moins curieuse. Voici comment la raconte M. Larousse. Un jeune homme se trouvait, dans une loge du Théâtre-Français, à côté de deux dames d'une toilette fort brillante, mais dont la conversation répondait peu à leur parure. Ce Jeune homme aperçoit à terre un mouchoir brodé. Il le ramasse, et, s'adressant à l'une de ses voisines : a Madame, lui dit-il, ce mouchoir est sans doute à vous? — - Non, monsieur, répond-elle, i7 n'est ooint-z-à moi. — Il est donc à vous, madame? dit-il à l'autre. — Non,, monsieur, répondit celle-ci, il n'est pas^t-à moi. — Ma foi, reprend le Jeune homme, en se tournant vers le parterre, il n'est ças-T-à l'une, il n'est point-z-à l'autre. Je ne sais vraiment-z-alors pas-t-a qd'bst-cb. » — L'aventure fit grand bruit, et la réponse du Jeune homme parut si plaisante quu l'on donna le nom de pcu-t-a qu'est-ce (pataquès) à toute liaison faite contrairement aux lois de l'usage, soit au moyen d'un t, soit au moyen d'un f •

Analyse ètymologiqpM.

Quelques exercices d'analyse étymologique pourront de temps en temps permettre au maître de faire réviser dans les trois cours, proportionnellement aux développements donnés, les notions étudiées.

Cette analyse consiste à décomposer les mots d'une phrase par rapport à l'étymologie, c'est-àdire à indiquer les primitifs et les dérivés, les simples et les composes, à revenir des diverses branches au tronc et à la racine, quelquefois à indiquer les divers rejetons d'un mot donné.

En voici un exemple, emprunté au cours de M. Jullien, et qui a pour texte une phrase de Monuigne : Certes, c'est un sujet mei^eilleusement vain, divfirs et ondoyant, que C homme; il est malaisé d'y fonder un jugement constant et uniforme.

Gimm, adrerbe, mot simple et primitif. Oa en a tiré les mois certain, certitude, certifier, certificat, etc., et les composés incertain, incertitude.

Cv. KST, mots simple»-

BUPHORBIACÉES — 738 — EUPHOREIACÉES

les

Ur, not liinple et primitir, « formé wnèmê, unité, vnir, unUm, tmigw, et lei compotes réunir, rétmiùH, désunir, détunion»

SoiiT, autrefois êubjei ou tubjeet, mot composé de tub, qui Tcut dire tous, dessoui» et de j>^ vena ât jeter. Le sujet est donc proprement ce qui eAjeté dessous, c'est-à-dire ce sur quoi Ton traTaille. — Sujet a formé le dériré sujétion, et les composés assujettir^ assujsttissemtnt,

MnTBiLLiDsnBirr, dérité de merteMsux, par la terminaison adverbiale ment, » Merveilleusement, par sa terminaison, signifie plein de meroeUles ; merveille a formé le composé s'émerveiller.

yint, m, mot simple et primilif, a formé les dériTés vainement, vanité, vaniteux, se vanter, vantard, vanterie, et les composés ê*évanomr, évanùbissement.

DiTias, SI, mot composé dtt di, particule inséparable, et y. vers, Tenu de verttr, tourner ; divers signifie donc, au jropre, 9111 se tourne d'un côté et d'un autre. — U a formé es dérivés diversion, diversité, diversement, diversifier.

ONnoTART, du Tcroe ondoyer, tiré lui-même du mot onde; il a formé ondoiement.

Qci, La, mots simplei.

HoBBB, mot simple, qui a formé beaucoup de dérivés comme hommage, humain, humanité, humaniser, et de composés comme inhumain, inhumanité, surhunuan.

Il, bst. mots simples.

MALAisa, mot composé de moi pris comme préfixe, et de aisé venu de aise.

Hm, T, mots simples.

Fonna, mot simple, dérivé de fond, a formé ltti->mème les dérivés fondation, fondateur, fondement, fondamental et le composé refonaer,

Ur, mot simple.

JnonisRT, mot simple dérivé de juge et de juger, par la terminaison substantive ment; juge a formé plusieurs composés comme adjuger, forjuaer, préjuger»

Gorstaut, mot compose du préfixe eo, eom, eon, et du participe bypothétique étant (venu du verbe radical eter\, qu'on retrouve dans le dérivé stance et dans les composés constance, inconstance, inconstant, circonstance, distant, distance, instant, instance^ instamment, prestance, sub' stance, substanter, substanttel, rester, restant.

Et, mot simple.

UHiroaHs, mot composé de im et déforme, qui lui-même a produit plusieurs composés adjectifs comme conforme, difforme, tnforme, réforme, uniforme, et les substantifs dérivés conformité, difformité, ré formation, uniformité.

Ces notions d'étymologie intéresseront Tivement nos élèves, cela n'est pas douteux. Elles jetteront un jour tout nouveau sur Tétude encore si aride de la grammaire ; elles donneront la clef de bien des anomalies apparentes ; elles justifieront aux veux des élèves aes orthographes qui, jusqu'à ce Tour^ leur avaient paru inexplicables ; elles répandront rintérôtet la vie dans tous les exercices do langue : lecture, dictées, analyses, récitations, etc.

Complétées par quelques exercices de synonymie, elles feront acquérir aux élèves cette netteté dans les idées et cette ciarté dans Texpression dont nous parlions au début de l'article, et sans lesquelles il est impossible de bien parler et de bien écrire. Puis, la rectitude que rintelligence gagnera par ce travail, la souplesse d'esprit qui on sera nécessairement la conséquence, ne seront pas sans effet sur les travaux et les progrès ultérieurs des élèves ; et c'est ainsi que se justifiera pleinement le mot de Platon : « La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses, »

(Les ouvrages qui peuvent èbe utilement consultés ont été indiqués à l'article Étymologie de la i'* Partie.)

[A. LftnientJ

EUPHORBIACÉES. — BoUnique, XXV. ~ Les Euphorbiacées sont des Phanérogames dicotylédouées angiospermes.- Les pétales de leurs fleurs sont libres ou nuls, indépendants du calice et insérés sous l'ovaire. Chaque fleur ne contient qu'un petit nombre d'éumines. Réunies aux antidesmées et aux forestiérées, elles forment la classe des Crotoninées de Brongniart.

Caractèraa botaniqpaes. — Le volume des graines des euphorbiacées varie depuis celui d'un grain do [ mil (euphorbes indigènes, mercuriales) jusqu'à celui d'une petite noix (noix de Bancoul ou aleurites).

Ces graines sont arrondies, à surface chagrinée, |

plus rarement lisse (ricin) ; en général, eQes présentent vers leur micropyle une sorte de ooilie celluleuse sèche, nommée caroneufe; le tégument de ces graines, très épais, fort dur, contient souvent de grandes quantités de carbonate de chaux; il protège un cmbrvon droit à cotylédons larges et plans ou à cotylédons semi-cylindriques ; c«t embryon est presque toujours enveloppa par on albumen abondant, charnu, oléagineux. Rarement la radicule de l'embryon correspond au micropvle de la graine ; cette particularité l'a fait qualifier d'embryon hétérotrope.

La racine des euphorbiacées est fibreuse, parfois tubéreuse (Jatropha Manihot) ; elle renferme un suc laiteux très acre, surchargé de caofatdioue» d'amidon, et de principes vénéneux.

La tige des euphorbiacées est dressée, de £mensions et de consistance variables. Dans les espèces des pavs tempérés, elle est généralement petite, herbacée, termhiée par une ombelle de rameaux dont l'ensemble constitue rinfloresoencd. ou bien elle se ramifie dès la surface dn sol et chaque branche setermhie elle-même par une ombelle. Dans les régions tropicales, certaines euphorbiacées présentent une tige ligneuse dont les dimensions ne le cèdent en rien aux troncs les plos gros et les plus élevés ; d'autres ont une ii& charnue épaisse, triangulaire, quadransalaire €*a cylindrique, avec ou sans cannelures loDgimdinales ; cette tige donne à la plante la physionomie d'une plante grasse. Les cétes des tiges de ces euphorbiacées dites cactiformes présentent des épines géminées ou solitaires, droites oa recourbées, très acérées. Le sommet de ces tiges grasses est souvent revêtu d*une sorte d'étoupe blanche ou grise, dont l'origine est mal connue ; cette perruque a fait désigner ces euphorbes soos le nom vulgaire de têtes de vieillards. Quelle que soit sa forme, la tige des euphorbiacées contieot on suc analogue à celui de la racine.

Un petit nombre d'euphorbiacées (Xylopbylk) présentent des rameaux fasciés, c'est-à-dire adhérents entre eux sur une longueur variable, d'apparence foliacée, que Ton appelle eladodes.

Les feuilles des euphorbiacées sont alternes, opposées ou verticiUées , sessiles ou pétiolées, souvent accompagnées de stipules. Leur lioabe es; entier, ou denté, à nervation pennée ou palmée. Dans les euphorbiacées cactiformes, les ieuil2es« très petites, écailleuses, sont caduques.

L'inflorescence des euphorbiacées est axillaire ou terminale ; parfois elle consiste en une ombeUe dont les rameaux plusieurs fois bifurques se terminent par des cymes (euphorbes Indigènes; ; d'autres fois c'est une grappe, ou un épi (ricin,, ou encore une cyme bipare (épurge).

Les fleurs des euphorbiacées sont monoïque» (ricin, etc.) ou dioiques (mercuriale), exceptionnellement hermaphrodites.

Dans les cas oCi la fleur mâle a pliis d'une étamine, elle présente un calice et parfois aussi o^e corolle; les étamines sont alors au nombre de cinq. dix, ou en nombre indéfini ; libres (mercuriale] on adhérentes par leurs filets; ces étamines adhérentes sont oisposées en groupes plus ou moin» éloignés les uns des autres ches le ricin ; chez les ricinocarpus, elles forment une seule masse centrale. — Dans le genre Euphorbe, la fleur mâle ne se compose que d'une seule étamine, accompagnée parfois d'une écaille; un grand nombre de c^s fleurs mâles monostaminées se groupent autour d'une fleur femelle ; tout cet ensemble est protégé par une double enveloppe diversement colorée, qoi ressemble de loin à une fleur. — La déhiscenee des antiières se fait par une fente longitudin^e antérieure ou latérale, ou par un pore oblong.

La fleur femelle se compose d^un pistil protégé par un calice, accompagné ou non d une corail^.

EUPHORBIAGÉES

EUPHORBIAGËBS

Ce ptsiU est forma de trois cftrpelles oobdrents et ▼erticillés, snnnontôs d'une colonne centrale ou style, qni se divise en autant de branches qnMl y a de carpelles. Les ovules, au nombre de un ou deux dftna chaque loge de ToTaire, sont anatropes et bitégamentés, pourvus d*un richo réseau vasculaire dans la région commune à la secondine et au nucelle, à micropyle long et très sinueux. Le fruit

des euphorbiacéeb est une capsule dont chaque loge, à la maturité, s*ouYre par une lente longitudinale. Excoptionneilement, lo fruit du manco-' nlllier est une drupe comparable à une petite pomme.

Glaaelllcation des Euphorblaoèee. — M. MQIIer d*ArgoTle a classé les Eophorbiacéêa de lamani^ sulvanie :

Loges

Loges OT»- I nenacs uniova-

Loflpesova- |

rieanes • btoTolées I

I/>Çe8 ovariennes nnioTU locs • •. •

oomiBORs tni-CTLiiiOAiQcia. — Sténolobéet» UoTidées ; calice à préflonisoa Tolvaire i Càtétiéu.

I Calice à préflondaoo Talreire • î Âmpéréet.

Cidioe à préHoraiiOQ quincondale 3 JRidaoearpéeM.

cotitÀDom wLim, — Platylobée»,

) CaUee à préfloraieon TalTtire... 4 BriiéUée$.

1 Calice à prèfloraisoQ qninconciale 5 Phyllanthée»,

Calice à préfloraisoo talTaire 6 Aealyphéei,,,,

Anthèrei infléchiee dans le bouton 7 Crotonéet

Calice à priflo- \

quinoondale.

Anthères dans le

InToluere aniseinel ». 8 B^omanéei,.

Inrolacre ) Fleurs mAIes polyandres 9 DaUehampién, bi-sexael f Flenrs miles monandres 10 Euphorbiieet»m% \

HcreuHales, HaoTClIft ou Tournesol, Ricin, Aleoritet.

Groton.

HanoeniUier, Sablier, Manioc. Àrfore à suif, Siphonia ou»

Buphorbss.

Usages des Eaphorblaoèes. — 1* Genre Euphorbe. — A. Euphorbes grasses, — VSuphorbe des anciens (Afrique, Arabie, Inde), VEuphorbe des CanarieSy VEuphorbe officinale (Ethiopie), donnent par incision de leur tigo un suc employé comme yésicant. — VEuphorbe résinifère (mojitagnes arides du Maroc, Mogador) fournit la gomme-résine d'euphorbe . Cette substance est importée en Europe par la voie de Mogador ; elle se présente à létat de larmes irrégulières, jaun&tres, demitransparentes, friables, percées de deux trous, dans lesquels on retrouve les aiguillons géminés do la plante ; cette gomme-résine est un caustique violent, employé autrefois comme vésicant ; son activité surpasse celle de la cantharide. Réduite en poudre, elle provoque Téternuement ; Ténergie avec laquelle elle agit Ta fait à peu près complètement abandonner.

B. Euphorbes à tiges et feuilles normales, — Le suc cfe presque toutes nos euphorbes indigènes est purgatif. La partie corticale de la racine de beaucoup d*entre elles peut être employée comme vomitif. La plus connue et la plus usitée, VÉpurge, fournit en outre, par compression de ses graines, une huile purgative délaissée aujourd'hui à cause des accidents fréquents de régurgitation qu*olle provoquait.

La racine de VEuphorbe ipecetcuanha (Amérique septentrionale) est très- employée comme vomitif. — VEuphorbe à feuilles de thym est employée dans rinde comme vermiAiffe pour les enfants en bas âge. — VEuphorbe à feuilles de millepertuis (Amériaue tropicale) est employée efficacement contre la dyssenterie. — VEuphorbe balsamique fournit nn suc très recherché des habitants des lies Canaries, (^ui remploient à la préparation d*une gelée alimentaire. ~ VEuphorbe à feuilles cotonneuses laisse échapper de ses blessures un suc tellement vénéneux que les Caraïbes y plongent leurs flèches pour les empoisonner. — VEuphorbe phosphorescente donne un suc phosphorescent dont les sorciers brésiliens se barDouillent le visage lorsqu'ils veulent en imposer dans les cérémonies nocturnes.

2* Genre Mercuriale. — La Mercuriale annuelle ou foirole, qu*on rencontre fréquemment dans les Jardins, autour des maisons, est employée en

lavements comme laxatif, en cataplasmes commeémollient. Cuites dans Teau légèrement salée et lavées à Teau bouillante, les feuilles de la mercuriale annuelle sont mangées en Allemagne en guise d'épinards, la coction ayant suffi pour les débarrasser de leurs principes purgatifs.

La Mercuriale vivace est beaucoup plus active que la mercuriale annuelle ; elle croit dans les bois; on la distingue de sa congénère par sa tige moins élevée et légèrement velue. Introduite dans restomac, elle peut provoquer de jzravcs accidents.

3* BfADRBLLB OU TOURNESOL. — Cette plante croit dans le midi de la France, en Espagne, en Iulie et dans tout le Levant. De ses fruits et de ses rameaux fructifères, on extrait une matière colorante rou^e. Cette matière, répandue sur des carrés de toile grossière, se vend sous le nom de tournesol en' drapeaux. Pour fabriquer lu tournesol en dnpeaux, on récolte les rameaux fructifères avec leurs fruits ; le tout est écrasé, fortement pressé ; il s'en écoule un suc vert ; les drapeaux y sont plongés, puis exposés dans des cuves de pierre à Taciion de vapeurs ammoniacales diluées ; ils y deviennent rouges. On répète cette opération une seconde,, puis une troisième fois; finalement, on fait sécher les drapeaux. Ce tournesol est employé pour colorer les fromages de Hollande, des p&tes, des conserves, et môme des liqueurs.

4* Genre Excgbcaria. — L*E\C(Bcaria Agalloca, ou arbre aveuglant des lies Moluques, est un arbre de haute taille dont le bois est très recherché à cause de sa couleur brun-rougeàtre, tachetée de noir ; le suc de cet arbre est tellement vénéneux qu'une goutte suffit pour provoquer la cécité ; c'est à cette propriété que la plante doit son nom vulgaire.

5" Genre Mancenillier. — Le mancenillier de rAmérique intertropicale est un arbre dont la tige laisse suinter un suc laiteux, tellement vénéneux que son contact sur la peau provoque des brûlures profondes. Le fruit du mancenillier rappelle de loin une petite pomme ; sa chair, tendre, est gorgée de principes vénéneux qui en font un poison violent. Les propriétés toxiques du suc et des fruits du manceniller ont été Torlgino de fables encore aujourdliui très répandues, bien qu'elles aient été démenties par Josoph Jacquin. Cest ainsi qu'on

EUPHORBIAGÉES

EUPHORBIAGÉES

prétendait que le voyageur imprudent qui s'endor^ mait à l'ombre du mancenilher no se réveillait

Î' >luS} que la pluie ou la rosée qui en lavait les éuilles, venant à tomber sur la peau, produisait TefTot d'un vésicatoire.

G" Genre Hura ou Sablier. —Le latex dvL Sablier élastique est encore plus vénéneux que celui du mancenillier, son compatriote. Boussingault et Rivero, qui voulurent en faire l'analyse, rien que pour 8*en être approchés, furent atteints d'érysipèle. Le fruit du Sablier est une capsule composée de douze à dix-huit coques renfermant chacune une graine de couleur brique, dont la grosseur et la forme rappellent celle d'une graine de courge. A la maturité, toutes ces coques se fendent Ion gitudinalement en deux valves ; ces dernières se séparent avec fracas ; le bruit produit équivaut à un coup de pistolet. Le fruit du SabUer, cueilli at'ant sa maturité complète et bouilli dans Thuile, perd son élasticité ; débarrassé de ses graines, qu'on extrait par un orifice qui se produit naturellement à la partie supérieure de chaque loge, autour de la colonne centrale, U sert de sablier. C'est de là qu'est venu le nom vulgaire de cette plante.

7* Genre Siphonib ou HÉvi. — La Siphonie élastique ou Uévé de la Guyane est un arbre de 16 à 20 mètres de hauteur ; le diamètre de son tronc peut atteindre O^^SO centimètres. Son suc laiteux se concrète R Talr en une masse élastique nommée caoutchouc. Pour obtenir le caoutchouc, on pratique des incisions dans le tronc de Thévé. Les Indiens ont l'habitude d'appliquer couche par couche, sur des moules en terre, le caoutchouc encore très fluide. Les moules les plus employés ont la forme d'une gourde ou d'un oiseau. Les Indiens n'appliquent une nouvelle couche de suc sur la forme que lorsque les couches précédentes sont complètement sèches. Quand ils jugent que l'épaisseur du caoutchouc est suffisante, ils cassent le moule intérieur et en font sortir les débris par un orifice pratiqué tout exprès. On fabrique avec le caoutchouc des tissus élastiques, des étoffes et des chaussures imperméables . Tout le caoutchouc du commerce ne provient pas exclusivement de l'hévé de la Guyane ; diverses plantes, appartenant les Unes à la famille des Morées ou à celle des Ârtocarpées, les autres à la famille des Apocynées, en fournissent des quantités notables.

8"* Genre Manihot ou Manioc. — Parmi les nombreuses espèces du genre Manioc, deux seulement sont utilisées ; ce sont le Manioc doux et le Manioc amer; tous deux sont cultivés dans toute la région intertropicale de l'Afrique et de l'Amérique. La racine du Manioc doux ne renferme aucun principe vénéneux : elle se mange cuite à l'eau ou sous la cendre. La racine du Manioc amer renferme un suc très vénéneux. Pour s'en débarrasser, on dépouille la racine de sa partie corticale, {)uis on la réduit en pulpe au moyen d'une râpe ; a pulpe est placée dans un sac de palmier, suspendu par une de ses extrémités à une forte traverse horizontale ; à l'autre extrémité du sac est suspendu un seau fort lourd. L'élongation du sac, aidée au besoin par une torsion, comprime la 'pulpe^; le liquide qui s'en échappe s'accumule dans le seau. Quand la pulpe a perdu tout le suc qu'elle renfermait, sans l extraire du sac qui la contient, on la fait sécher en suspendant le sac dans la cheminée. Pulvérisée, elle fournit in farine de manioc» Le liquide recueilli dans le seau a entraîné ce que l'on appelle la fécule de manioc; on la sépare du liquide en décantant ce dernier ; on la lave à plusieurs reprises, puis on la fait sécher. Ces deux produits, la farine et la fécule de manioc, sont employés l'un et l'autre comme aliments légers. La fécule, que les indigènes appellent Moussacne ou Cipipa^ est vendue en Europe comme arrow-t^oot, lorsqu'elle n'a subi aucune préparation, et sous le

nom de tapioca, lorsqu'elle a été séchée préalablement sur des plaques métalliques fortement chauffées. La radne de manioc, râpée, pressée, séchée et tamisée, puis légèrement torréfiée, porte le nom de eouaque et se mange en potage. Cette même racine rftpée et pressée, puis étendue encore humide sur une plaque de fer chauffée, se cuit, ei forme un biscuit nommé pain de cossu ve,

9" Genre Ricin. ~ Le Ricin commun est aoe plante annuelle de deux à trois mètres de hauteur, dont les belles feuilles palmatifides loi ont fait donner le nom de Palma Christi. Ses graines d'no brun noir, marbré de gris, renferment un albumen charnu dont on extrait, par simple expression à froid, une huile purgative très employée aujourd'hui ; on la désignait autrefois sous le nom d'huile de Palma CUnsti. Les Chinois, en séparant soigneusement les embryons et les aibumens des graines de ricin, retirent de ralbomen une boile douce comestible, nullement purgative, et de Teiobryon une huile purgative extrômement énergiqQe. C'est cette dernière qui donne au mélange veodi dans notre pays sous le nom d'huile de ricm se§ propriétés spéciales. L'huile de ricin du commerce provient en grande partie des ricins cultivés anx environs de Nîmes ; on en importe aussi de l'Amérique, du Sénégal et de l'Inde. Le nom de ricin vient de la caroncule qui surmonte le microp\id de la graine ; cette caroncule ressemble, en elfâ, à la tique des chiens vulgairement nommée iiaai.

Le Ricin arborescent d'Afrique est considéré, depuis Wildenow, comme une espèce différente da notre ricin commun.

10** Genre Jatropha. — Les graines du Jairth pha Curcas (Amérique tropicale) foomisseut ane nulle employée dans la fabrication des savons fins. Cette huile est purgative comme celle du ridn, mais ne peut être utilisée comme médicament, parce que les graines qui la fournissent sont rances quand elles arrivent en Europe.

11* Genre Croton. — Le Croton tiglium est un arbuste des lies Moluques dont toutes les parties sont purgatives. Ses graines, appelées gravis de lillt/i renferment une huile fixe très employée en pharmacie, soit comme purgatif, soit comme rubéfiant. Il sufBt d'en frotter Tabdomen pbur purger fortement ; mais en môme temps elle soulève à !a surface de la peau une grande quantité de pasmles pleines de sérosité. Cette action corrosive montre qu'il ne faut l'employer à l'intérieur qu arec les plus grandes précautions.

L'écorce du Croton Eluteria^ arbrisseau des .intilles, vendue dans le commerce sous le nom à'écorce d-i Cascarîlle, a des propriétés stimulantes, toniques, fébrifuges qui la font employer contre les vomissements et la dyssenterie.

Outre ces genres principaux, nous mentionnerons encore quelques espèces remarquables.

V arbre à suif de In Chine {Stillingia seôiftra], aujourd'hui naturalisé dans la Caroline, a des graines recouvertes d'une substance cireuse, blanche, employée pour la fabrication des chandelles végétales.

Des graines de V arbre à t huile du Japon {Elaococca vetTucosa), on retire une huile propre à l'éclairage.

Les graines de YAleurites triloba, désignées aoi Moluqucs et à Ceylan sous le nom de noii de Bancoulf renferment une amande comestible dont on retire aujourd'hui de très grandes quantités d'huile.

L'écorce de VAndassu^ grand arbre du Brésil, jetée dans un cours d'eau ou dans un étang, enivre, les poissons, que les Indiens prennent alors i la mahi. A la cuisson, le principe vénéneux disparaît et les poissons peuvent être mangés sans aucun danger.

VEmolic, arbrisseau du Malabar, donne on fruit

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comestible, vendu autrefois en Europe souii le nom de Mirobalan Emblic» et employé aujourd'hui par les Indiens pour le tannage des cuirs.

Les fruits du Rcttlera tinctoria sont recouTerts d*une poussière rouge utilisée dans TAsie méridionale pour teindre la soie en ronge. Cette substance est nommée Kamala,

Aux euphorbiacées, Brongniart rattachait les Buracées, dont le type le plus connu est le buis. Le bois de buis est Jaune, dur, compacte, susceptible d*un beau poli ; la finesse de son grain le fait employer pour la gravure sur bois.

fC-E. Bertrand.]

EUROPE. — Géo^aphie générale, Vn^ VIII, IX, \IX. — Configw*atton oénéraie, position géographique. — Considérée dans sa configuration générale et au point de vue de sa position géographique sur le globe, TEurope n*06t qu'un appendice de TAsie : elle tient à cette partie du monde comme une presqu'île à un continent. L'isthme est formé )>.ir 1 Oural, longue chaîne d'environ 2 000 kilom., «l'une hauteur moyenne de 1 400 à 1 600 m., et d'une largeur de 80 à 160 kilom. L'Europe est la plus grande (si on laisse en dehors rAirique) des péntnsules rattachées à l'immense tronc asiatique.

Considérée en elle-même comme un continent à part, l'Europe reproduit, dans des proportions moindres, les formes essentielles de l'Asie. Comme eette partie du monde, elle a au centre une grande chaîne de montagnes, les Alpes, qui formo le noyau de presque tout son système orographique, et qui est, pour ainsi dire, son épine dorsale, son ossature centrale. C'est autour oe c^tte ossature que le tronc se développe, et c'est autour d'elle que les membres s'étendent et viennent s'articuler an tronc principal : telles sont la Grèce, l'Italie, rEspagne avec le Portugal, le Jutland et la Scandinavie. Mais tandis que le tronc asiatique est un quadrilatère qui ne présente à la mer que deux ôfttés , dont l'un appartient aux régions arctiques, le tronc européen forme un triangle qui de l'Oural, sa base, an golfe de Biscaye, son sommet, va en diminuant de largeur, de telle sorte oue la pntie orientale seule, c]est-à-dire les plaines oe la Russie, prolongement occidental des plaines asiatiques, présente une grande masse de terres. Il en résulte que les presqu'îles européennes sont mieux détachées que celles de l'Asie*, découpées par des gol- <ffe8 plus nombreux et plus profonds, et que, pav suite, le tronc lui-même est accessible par mer sur une étendue de côtes relativement plus grande. On peut dire de l'Europe ce que Montesquieu dit de la Grèce : « C*e8t une grande péninsule dont les caps semblent avoir Mi reculer les men, et les golfes s'ouvrir de tous côtés, comme pour les recevoir encore. » (Esprit des lois, XXI, 7.) L'Europe, en eff'et, offre un développement de côtes dont n*approehe, proportion gardée, aucune autre partie du monde. Pour 2258 kilom. carrés de terre lerme, elle a 7 kilom. 1/2 de côtes ; pour la môme étendue de côtes, l'Amérique et l'Australie ont 4000 kilom. carrés déterre ferme, l'Asie 5600, l'Afrique 8 400. Cette riche articulation, si favorable aux communications, à l'échange des idées et des produits, a puissamment contribué à multiplier et à développer les centres de culture et de commerce. C'est par là surtout que l'Europe est devenue et est destinée k rester le principal foyer de la civilisation.

Cette civilisation rayonne sur le monde entier autant par la position géographique de l'Europe que par l'activité expansive de ses peuples. Elle est, en efl^et, le véritable centre de l'univera. En contact avec l'Asie par sa frontière orientale, elle communique encore avec elle par la mer intérieure

3ui la rapproche au sud plutôt qu'elle ne la sépare e l'Afrique, qu'elle touche presque par ses trois presqu'îles méridionales ; à l'ouest, l'océan Atlan-

tique ne forme entre elle et rAmérique qu^nnétroit canal, si on le compare au Pacifique dont l'immensité présente, entre l'Amérique et l'Asie, comme un aolme qui va s'élargissant à partir du détroit de Behring, où les deux continents ne se rapprochent que par leurs extrémités les plus incultes et les moins peuplées.

Latitudes et longitudes; dimensions; bornes, — Le point le plus septentrional de l'Europe est le cap Nord, par 71* latitude: le point le plus méridional est le cap Matapan, par 36* latitude ; le plus occidental est le cap Roca par 13* longitude ouest ; le j>lus oriental, l'Oural, près de la source de la rivière Kara, par 63* longitude est. Elle s'étend donc sur 36 degrés de latitude et sur 75 de longitude. Sa plus grande longueur, du cap Saint- Vhicent à l'embouchure de la Kara, est de 5565 kilom.; sa plus grande laideur, du cap Nord au cap Matapan, de 3860 kUom. De ce dernier cap elle est encore éloignée de 1 450 kilom. de la zone torride, et par le cap Nord, elle ne s'étend oue de 495 kilom. dans la zone glaciale arctique : elle est donc située presque tout entière dans la zone tempérée du nord . Elle est bornée au nord par l'océan Glacial arctique, k l'ouest par l'océan Atlantique, au sud par la Méditerranée, TArchipeL le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore ou détroit de Consuntinople, la mer Noire et le Caucase ; à l'est, par la mer Caspienne, le fleuve et les monts Oural, et la Kara. De ce côté, les anciens plaçaient la limite de l'Europe et de TAsie au Don {Tanàis). La ligne de démarcation moderne a l'avantace de marquer plus complètement et plus nettement la séparation des deux parties du monde. Toutefois il convient de remarquer que des deux côtés le sol offre les mômes caractères : au nord, ce sont les toundras, immenses marécages glacés qui, par les plus fortes chaleun d'été, ne dégèlent^ qu'à un demi -pied de profondeur; au sud, ce sont les steppes. Dans cos plaines désolées, où errent les Samoyèdes et les Kirghiz, l'Europe et l'Asie semblent se confondre.

MerSf golfes, détroits, — Des cinq océans, deux seulement baignent l'Europe : l'océan Glacial arc^ tique et l'océan Atlantique.

L'océan Glacial pénètre par la mer Blanche et ses golfes (golfe de Dvina, d'Onega, de Kandalaskaia) dans Pintérieur des terres et forme, avee elle, les presqu'îles de Kanin et de Kola.

L'océan Atlantique baigne toute la côte occidentale de l'Europe depuis le cercle polahre arctique Jusqu'au détroit de Gibraltar. Il forme quatre mera ouvertes et trois men intérieures. Les quatre mera ouvertes sont : 1« la mer du Nord avec les golfes de Murray et de Wash sur la côte de la Grande-Bretagne; du Zuydersée, de Dollart et de Jabde sur les côtes de Hollande et d' Allemagne; le Skager- Rack et le Cattégat entre le JuUand et la Scandinavie ; 2* la mer d'Irlande, avec le canal du Nord et le canal de Saint-Georges ; 3* la Manche ou le Canal, avec le détroit du Pas-de-Calais ;4* le fpolfe de Gascogne ou de Biscaye. Les trois men intérieures sont : 1* la mer Baltique, ouverte à l'ouest par trois détroits : le Sund, le grand et le petit Belt ; puis enfermée entre la Suède, le Danemark, la Russie et l'Allemagne, où elle forme les golfes de Bothnie, de Finlande, de Riga ou de Livonie, et de Dantzig, et les lagunes de Stettin, du Frische- Haff et du Kurische-Haff; 2* la mer Méditerranée, qui communique avec l'océan Atlantique par le détroit de Gibraltar. Elle se divise en deux grands bassins, séparés par une ligne tirée du cap Bon, sur la côte de la régence de Tunis, au cap Boco à l'extrémité sud-ouest de la Sicile. Dans le bassin occidental, elle forme les golfes de Valence (canal des Baléares), du Lion et de Gênes, le détroit de Boni t'acio entre la Corse et la Sardaigne, la mer T^r* rhénienne entre ces lies et l'iulie, et le détroit de

EUROPE

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Messine entre Htalie et la SIdIe. Dans le bassin orienUl, elle forme le golfe de Tarente, la mer Ionienne avec les solfes de Patras, de Lépante (on de Gorinthe), d*ArU; le canal d'Otrante; la mer Adriatique, avec les ffolfes de Manfrédonia, de Venise, de Triesteet deFiame;]a mer Egée ou rArchipel, avec les golfes de Nauplie, d'Eglne, de VoIo,de Salonique, de Gontessa ou de Rendina, et d*Enos; la mer du Levant, qui baime la côte asiatique entre les Iles de Rhodes et de Chypre; 3* la tner Noire, avec les Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore on détroit de Constantinople, le détroit d*Iénikalé ou de Kertch, la mer d'Aiof et la mer Putride.

Pre$qu^iieSt Ues^ caps. — Nous avons déj^ mentionné les principales presquMles de TEurope, •dont elles formentenviron la cinquième partie. Partout, à l'aide de ces nombreuses articulations, la ner alterne avec la terre ferme. Dans Tocéan Glacial se déuchent les presqulles de Kanin et de Cola, entre lesquelles pénètre ta mer Blanche; entre l'océan Atlantique, ta mer du Nord et la mer Baltique, la Scandinavie avec les caps Nord, Lindesness -et Falsterbo, et le Jutland avoc le cap Skagen ; -dans la Manche, les presqu'îles de Normandie (Cotentin), avec le cap de la Hague, et de Bretagne avec la pointe Saint-Matthieu ; entre rAtlantique

• et la Méditerranée, la presqu'île des Pyrénées avec les caps Finistère, Roca, Sainte Vincent, Trafalgar, Palos et Creuz; entre la mer Tyrrhénienne et FAdriatique, la presqu'île de l'Apennin avec les caps Spartivento et Leuca, et Tlstrie avec le cap Promontore; entre l'Adriatique, la mer Ionienne et l'Archipel, la presqu'île des Balkans et du Pinde, terminée par le cap Maupan ; entre la mer Noire et la mer d'Azof, la Crimée.

L'Europe n'est pas moins riche en lies (495,000

'k. c). Dans l'océan Glacial : les lies Lofoden, Kalgonef, Vaigatch, Nouvelle-Zemble, et Spitzberg, qui porte sa limite septentrionale au 80" latitude.

' Dans l'océan Atlantique : les Iles F&rOer, l'Islande sous le cercle polaire arctique et sur le chemin de TAmérique ; les Iles Britanniques (Shetland, Orcades, Hébrides, Grande-Bretagne, Irlande, Scilly).

* Dans la mer d'Irlande : Man et Anglesey. Dans la

> mer du Nord : Texel, Helgoland. Dans la mer Baltique : Seeland, Fionie, Laaland. Bornholm;

' Œland, Gothland ; Oesel, Dago, Aland ; RQgen, Use-

dom, Wollin. Dans la Manche : Wight, Aurigny,

' Guemesey, Jersey. Dans le golfe de Uascoene :

' Ouessant, Sein, Belle-Ile, Noirmoutiers, U^ d*Yeu,

Ré, Oléron.Dans la Méditerranée : Baléares, Corse,

Sardaigne, Elbe, Sicile, Lipari, Egades, Malte. Dans

* l'Adriatique et la mer loniemie : lies Dalmates ou

* lUyriennes, lies Ioniennes. Dans TArchipel : Can-

- die, Cyclades, Néçrepont, Lemno, Imbro, Tasso.

Le relief du sol^ montagnes^ plateaux, plaines, volcans, lacs. — Une ligne droite, tirée des bords

* de l'Ems au cap Apcheron sur la mer Caspienne, partage le tronc continenul en deux régions dis-

- tinetes t au nord sont les pays de plaines, au sud 'les pays de montagnes.

Les plaines occupent deux tiers du continent. An nord-ouest, elles s'étendent jusqu'à la mer, et 111 Ome an delà. De ce côté. Jusqu'à une asses . grande distance, la mer est moins profonde que les *lacs de la Suisse, et les côtes qu'elle baigne sont si basses qu*il faut les protéger par des digues.

- Les plaines qui s'abaissent vers la mer Baltique sont bordées d'un côté de lagunes (lagunes de Stet-

^ tin, des Frische et Kurische-Haff), de l'autre d'in-

* nombrables lacs (Ladoga, Onega, Salma, Pei- 1 JUS, etc.). Celles de Test, qui vont se confondre au nord de la mer Caspienne avec les steppes de 4* Asie, se terminent sur l'Océan Glacial et la mer fïoiro par des côtes plus élevées de quelques cen-

> laines de pieds que l'Intérieur.

Les montagnes de l'Europe n'ont pas l'aspect

imposant, gigantesque de celles de l'Asie ou do l'Amérique. L'altitude du Mont-Blanc, point colminant des Alpes (4810 m.), ne dépasse guère

3ue la moitié de celle du mont Everest (8 840 m.) ans l'Himalaya, et n'atteint pas aux deux tiers da Sorata (7 500 m.) dans les Andes; en Afrique même, sous l'équateur, le Kilimandjaro dresse sa cime plus hautaans la région des nei^s étemelles (6 1 15 m.). Mais dans aucune des parues du monde les montagnes n'alternent aussi régoUèrement avec les plaines, et n'exercent, par suite, une anssi salutaire influence sur le cUmat, en formant de Téritables lignes de partage des courants atmosphériques.

Nous avons dit que les Alpes forment le noyao du système orographique de l'Europe. Du ham do Mont-Blanc on volt l'arôte se développer avec ses ramifications depuis la Méditerranée et la vallée da Rhône à l'ouest Jusqu'à l'Adriatique et aux plaines du Danube à l'est, sur une superficie de plus de 264000 kilom. carrés. D'un côté elle se lie à l'Apennin qui traverse la péninsule italienne, de l'antre aux Balkans et au Pinde qui traversent U péninsule gréco-turque. Sous la môme laUtode à peu près s'élèvent aux extrémités de TEurope deax chaînes qui présentent cette analogie de s'étendre entre deux mers : dans l'est, le Caucase, dont le plus haut sommet, l'Elbrous (5660 m.), appartient au versant asiatique; dans l'ouest, les Pyrénées, qui culminent an mont Maladetta (pic Netboo, 3 482 m.). Elles se lient parles monts Ca!ntabres,leiir prolongement occidental, à la chaîne Ibérique dent les contre'forts constituent les plateaux des den Castilles et dépassent au sud, avec la Sierra Nenda (Cumbre de Mulhacen, 8 570 m.}, l'altitude des Pjknées.

Les plaines du Danube et les vallées du Rhin et du Rhône séparent les montagnes de TEurope méridionale de celles de TEurope centrale. Ces dernières forment de l'est à louest les groupes suivants : 1* les Karnathes, oui décrivent un grand arc de cercle replie sur le Danube entre Orsova et Presbourg, se liant d'une part au système det Balkans par les Alpes et le plateau de 'Transylvanie, au défilé des Portes-de-Fer ; de l'autre as plateau de Bohème par les monts Besiddes ^ Sudètes; 2* le quadrilatère des montagnes qui bo^ dent ce dernier plateau : hauteurs de MoraTie, Forêt de Bohème, Ersgebirge et monts des Géants; 3* les monugnes de l'Allemagne centrale, d'an côté entre le Danube, le Main et le Rhin : le Fidi* telgebirge, le Jura Franconien, les Alpee de Sonabe et la Forêt-Noire ; de l'autre, entre le 3lain, U Saale et le Rhin : le Frankenwald, le Thnringe^ wald et le Hars; 4* le Jura, entre TAar et le Rhône ; 5* les Vosges, entre le Rhin et la Moselle; 6"* les monts Faucilles, le plateau de Langres et ii Côte-d'Or, avec la forêt de TArgonne et des A^ dennes, les monts du Morvan ot le plateau d'Or léans, entre les vallées de la Seine et de la Loire; 7* les Cévennes et les monts d'Auvergne, principal relief du plateau central de la France, avec le Plomb de Cantal, le Puy-do-Sancy et le Puy-de- Dôme.

En dehors de ces différents systèmes qui se lient les uns aux autres, à l'extrémité orientale des vastes plaines de la Russie, au delà de la mer Baltique et de la Manche, s'élèvent trois groupes isolés : rOural, aux confins de l'Asie ; les monts KiOlen, entre la Norvège et la Suède ; les monts Gramptana, Pen* nins et Cambriques, dans la Grande-Bretagne.

Le sol de l'Europe ne recèle plus de loyer de feux souterrains qu^aux deux extrémités du continent. Dans le midi une traînée de volcans s'étend à travers la Méditerranée : les principaux sont le Vésuve (1 l&O m.), près de Naples. et l'Etna (3340m.) en Sicile. L'Ile Stromboli, la plus septentrionale dos Lipari, et l'Ile Santorin, une des plusméridi^

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nales des Cyclades, sont éealement volcaniques. Dans le nord, aux confins des régions arctiques, rislande est couverte de volcans en activité, dont le plus considérable est THékla (1560 m.). Cette Ile renferme aussi des sources d'eau bouillante, dont Tune, le nand Geyser, Jaillit à une hauteur de 29 mètres. On grand nombre de volcans éteints ont laiBsé leurs traces dans les montagnes du centre de l'Allemagne et de la France (monts d*Auvonsae).

I/Enrope n*a qu*un grand lac qui puisse être considère comme une mer intérieure, et elle le partage avec l'Asie : c*est la mer Caspienne

iie 32&0 kilom. carrés), dont les eaux sont salées. .es antres peuvent se partager en quatre groupes : 1* ceux de Russie : lac Ladoga, le plus grand du continent (18 270 kil. c), Onega, Peipous, Ilmen, Bielo, et les nombreux lacs répandus entre la mer Blanche et les golfes de Bothnie et de Finlande ; r ceux de Suède : lacs Wener (5 215 kil. c), Meiar,Wetter, Hielmar ; 3* ceux d'Ecosse et d'Irlande : Loch Lomond, Lough Neagh ; 4* ceux de la région des Alpes : lacs Balaton (660 kil. c.)« Neusiedl (Hongrie) ; Léman ou de Genève, le plus grand de la Suisse (578 kil. c), de Consunce, des Quatre- Canlons, de Zurich, de Neuchâtel (Suisse), de Garde (360 kil. c), de Côme, Majeur (Hante-Italie).

Ligne de partage des eaux; veraantSf bassins; neuves et rivières, — Une suite de hauteurs, traversant transversalement TEurope de la pointe de Tarifa à la mer de Kara, forme sa ligne de partage des eaux. Elle se compose de la Sierra Nevada, de la chaîne Ibérique, des monts Cantabres depuis la source de l'Ebre, des Pyrénées occidendcntales et centrales Jusqu'au pic de Carlltte, des Corbièros occidentales, des Cévonnes, de la CôtedOr. du plateau de Langres, des monts Faucilles, du Ballon d* Alsace, du Jura septentrional et central , du Jorat , des Alpes Bernoises , Lépontiennes. Grises, Algaviennes, des hauteurs qui couronnent le lac de Constance, de la Foret- Noire jusqu'à la source du Danube, des Alpes de Souabe, du Jura Franconien, du Fiditelgebirge, de la For6t de Bohème, des hauteurs de Moravie, des Sudôtes et des Karpathes occidentales Jusqu'à la source dn Dniester, des collines de Pologne, du plateau de Valdaî, des monts Uwalli et de TOural septentrional.

Cette ligne de faite partage l'Europe en deux mnds versants, abaissés, 1 un vers les mers qui la baignent au nord et à l'ouest, l'autre vers celles qui la baignent au sud et à Test. Chacun de ces versants est subdivisé par des arêtes hydrographiques, qui se rattachent à l'arête principale, en un certain nombre de versants secondaires et de basfins entre lesquels ces montagnes distribuent les eaux dont elles sont les réservoirs.

L'Europe est admirablement arrosée. Découpée de tous les côtés par de nombreuses mers intérieures et par des golfes profonds, elle n'a pas de fleuve qui approche, pour la longueur de son cours, du Misussipi (6 600 kil.), du Nil (6 380 kil.), de TAmaxone (5 710 kil.), du Yang-tse-Kiang (S 200 kil.). Son système fluvial, comme son système orographiqne, est loin d^avoir les vastes dimensions de ceux des autres continents. Mais dans aucune partie du monde les eaux ne sont aussi également distribuées dans toutes les directions ; aucune n*a un aussi grand nombre de fleuves et de rivières navigables.

Ceux dont le cours est le plus long appartiennent au versant de l'est, où le tronc a son principal développement. A Texception d'un seul, tous le parcourent dans lo sens de sa plus grande largeur, c'està-dire du nord au sud, et arrosent les vastes plaines qui s'étendent au nord de la mer Caspienne et de la mer Noire ; ce sont : le Volga, le plus grand fleuve de l'Europe (3 190 kil.), l'Oural (l 710 kil.), <i^i se Jettent dans la mer Caspienne; le Don

(1 200 kil.), dans U merd'Asof ; le Dniepr (1 7S0 kil.), le Dniestr (800 kil.), dans la mer Noire. Le Danube est le seul fleuve de ce versant qui coule dans le sens de la plus grande longueur du tronc, dont il forme la grande artère méridionale (2820 kil.).

La forme péninsulaire du versant ou sud ne permet pas un développement considérable aux cours d*eau qui Tarrosent : la Maritza (475 kil.), la Strouma ou Karasou, le Vardar, la Vistritza, la Salambria, dans l'Archipel; le Pô (6S3 kil.), l'Adige (445 kil.), dans rAdriatique: le Tibre (370 kil.), TArno, dans la mer Tyrrhémenne. Seul le Rhône, dont le bassin appartient au tronc continenUl, approche de 1 000 kil. (810 kil.). L'Ebre, le plus grand fleuve de la presqu'île des Pyrénées sur ce versant, n'a que 616 kil.

Le versant occidental, dont l'extrémité sud-ouest appartient seule à laformation péninsulaire, va s'élargissant depuis la pointe de Tarifa Jusqu'aux montagnes d'où descend l'Elbe : le Guadalquivir (520 kil.), le Guadiana(780 kil.), le Tage (883 kil.). le Duero (772 kil.), la Garonne (594 kil.), la Loire (1 100 kiL), dans TOcéan ; la Seine (683 kil.), dans la Manche ; laMeuse (653 kU.), le Rhin (1 300 kU.), le Wesor (520 kU.). l'Elbe (1 195 kil.), dans la mer du Nord. A ces grands bassins fluviaux il faut ajouter les bassins secondaires rl'Adour, la Charente, la Vilaine, la Somme, l'Escaut, TEms, et les cours d'eau do la Grande-Bretagne et de l'Irlande : la Tamise, rOuse, l'Humber, le Forth, dans la mer du Nord; U Severn, la Qyde et le Shannon, dans l'Océan.

A partir de la source de l'Ëlbe, la ligne de faite s'infléchit vers le nord-est Jusqu'au plateau de Valdaî, puis à l'est Jusqu'à l'Oural septentrional, parallèlement à la mer Baltique et à 1 océan Glacial, qui, pénétrant dans le tronc continental par le golfe de Finlande et par la mer Blanche, ne permettent pas un grandi développement au système fluvial du versant du nord. Les principaux fleuves sont: l'Oder (890 kU.), la Visiule (I 040 kil.), le Niémen (853 kil.), U Duna (1 040 kil.), la Neva (66 kU.), qui sert d*écouIcment au lac Ladoga, la Dvina (1 190 kil.;, la Petchora (965 kil.).

Quant aux cours d'eau de la péninsule Scandinave, ils forment un groupe à part, partagé entre le versant du Skager^Rak, auquel appartiennent le Glommen et la Gotha-Elf, et celui du golfe de Bothnie, où se Jettent la Tornéa, la Lulea, la Pitéa, rUméa, l'Angermann-Elf, la Liusna-Elf et la Dal-Elf.

Climat; flore et faune, •— L'Europe est la seule partie du monde qui ne touche sur aucun noint à la zone torride, dont la pointe de Tarifa^ par 36* lat., est éloignée de 12 1/2 degrés ; et elle n'a dans la sone glaciale que son extrémité septentrionale, 6 à 7 degrés. Elle est donc située presque tout entière dans la xone tempérée du nord. Les 7/9"** du continent sont au-dessous de 100 mètres d'altitude et 1/30^ seulement s'élève au-dessus de 1 000 mètres. Ces conditions générales de température, relatives à l'altitude et à U latitude, sont modifiées par difl'érentes influences particulières. La principale est celle de la mer qui touche l'Europe et la pénètre sur une si grande étendue de côtes. La mer s'échaufl'e plus lentement que la terre sous l'action des rayons du soleil, mais elle conserve plus longtemps U chaleur emmagasinée. La différence y est moins grande entre la chaleur du Jour et celle de la nuit, entre l'été et l'hiver. Le climat maritime, par suite, est relativement chaud en hiver, froid on été. La température des deux saisons est ainsi adoucie par le voisinage de l'Océan. Les lies Britanniques ont rarement de la neige en hiver, et le froid n'y descend guère au-dessous de 12*. Dans les lies F&rôer, il gèle à peine en hiver, par contre l'été est si froid quil y tombe parfois de la neige. L'Atlantique communique, en outre, aux

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contrées qu'il baigne, la chaleur que le Gulfstream, auquel ses eaux serrent de lit, apporte des régions intertropicales, où 11 a sa source, et dont l'uifluGnce se fait sentir Jusque sons les latitudes boréales. Il suit de là qyCk mesure qu'on s'éloiene de la mer, c'est-à-dire qu'on s'avance dans la direction de Test, la température va s'abaissant. Les vents de l'ouest, qui arrivent d'une mer chaude sur les côtes de TEurope, exercent la même influence. En s'élevant sur les monts Scandinaves, ils se refroidissent ; l'hamidité dont lis se sont chargés, en passant sur Timmense bassin de l'Atlantique, se résout en pluie et en neige. Arrivés à l'est de ces montagnes, ils ont perdu ce

3u'il8 contenaient d*eau ; c'est pourquoi les pluies imlnaent en Europe à mesure qu'on s'éloigne de la mor, c'est-à-dire dans là direction de l'ouest à l'est. Or la pluie tempère les froids de l'hiver ainsi que les chaleurs de 1 été; pour cette raison encore, ics uns et les autres augmentent de l'ooest à l'est.

L'éloignement des grandes masses d'eau de la zone tempérée n'est pas la seule cause des rigoureux (h>ias d'hiver et des chaleurs sèches d'été qui régnent dans les plaines du nord-est. Les uns et les autres y sotit apportés encore par le vent d'est oui souffle de la Sibérie. De ce côté l'Europe subit l'influence du contact de l'Asie. Elle subit ae même au sud celle du voisinage de l'Afrique. Hais la Méditerranëe tempère l'ardeur des vents brûlants qui soufflent de ce continent, et qui se font sentir, par moments, en Espagne, la plus chaude des trois péninsules méridionales, et en Italie, où ils passent môme quelquefois pai^dessus les Alpes. Toutefois les monta^^nes qui séparent ces péninsules du tronc continental sont d'importantes lignes de partage de climats entre le versant méridional et le versant septentrional.

La flore et la faune de l'Europe sont en harmome avec sa géographie physique, et ne présentent, comme elles, que des tvpes moyens, adoucis par la nature du sol et l'influence du climat. Les espèces aux formes gigantesques manouent dans le règne végétal comme dans le règne animal. La terre n'a pas la fertilité exubérante des contrées fntertropicales ; elle ne produit pas ces plantes au Jet puissant^ aux couleurs éclatantes, aux parfums pénétrants, et elle ne recèle dans son sein qu'une très petite quantité de métaux précieux. L'espèce desbètes féroces n'y est représentée que par l'ours, le lynx et le loup, dont le domaine est assez restreint. Mais elle produit en abondance les plantes, les animaux et les métaux utiles. Tous les genres de céréales s'y récoltent : Forge, le seigle et l'avoine Jusque vers la limite de la zone glaciale, le blé jusqu'au 6*2* degré, le mais et le riz Jusqu'au 43*. La vigne réussit Jusqu'au b^, dans des conditions spéciales. Enfin le palmier, cet arbre tropical, le dattier, le giroflier, le figuier, Tolivler, le citronnier, l'oranger trouvent la chaleur qui leur est nécessaire dans les trois péninsules méridionales et sur les côtes de la Méditerranée.

Superficie; population; comparaison avec les autres parties au monde, — La superficie de l'Europe est de 986S842 kilom. carrés. Elle est quatre fois et demie plus petite que l'Asie, quatre fois plus petite que l'Amérique, trois fois plus petite que 1 Afrique, et elle n'a guère qu'un million de kilom. carrés de plus que l'Australie. Elle est donc la plus petite des parties du monde, cette dernière exceptée.

Sa population est de 312 millions et demi d'habitants, soit 32 par kil. carré. Mais elle est très inégalement répartie ; la Belgique, où la densité de la population est la plus forte, on compte i81 ; la Scandinavie, où elle est la moindre, 8 par kilom. carré. Au quatrième rang des parties du monde pour la superficie, l'Europe est au deuxième rang pour la population : après l'Asie, qui a 800

millions d'habitants, mais avant l'Afrique, qui en a environ 200 millions, l'Amérique, qui n'en a que 85 millions, et l'Australie qui en a 4 1/2.

Races et religions, — Trois races principales peuplent l'Europe : 1* la race latine, à Tonest et au sud (France, Espagne, Portugal, Italie, Roomanie, parde de la Suisse et de la Belgique) : H millions; 2« la race germanique, au centre et an nord-ouest (Allemagne, partie de l'Antriebe, de la Suisse et de la Belgique, Pays-Bas, États Scandinaves, Angleterre) : 9\ millions; 3* la race «lave, à l'est (Russes, Polonais, Tchèques, Wendes, Mo raves, Serbes, Croates, Slovènes, Dalmafces, ]ft»ménégrins. Bulgares) : 82 millions.

A «es trois grandes familles de la race «aucasique il faut ajouter : 4* les Grecs (partie méridionale de la péninsule des Balkans et du Pinde Candie, Cyclades) : 2 millions et demi; S* les Albanais ou Amautes (Albanie* Epire) : 1 millkm et demi ; 6* les Celtes (Bretagne, pays de Galles, Irlande, Haute-Écosse) : 10 millions ; 7* les Lecumt ou Lithuaniens, sur les golfes de Finlande et àe Riea : 2 millions.

Ces sept peuples, qui forment les IG/IÎ"** de b population européenne, appartiennent à la nce caucasique, et parlent des idiomes qui se rattachent à la grande langue indo-européenne.

Viennent ensuite : 8"* les Basques ou Euskariens. dans les Pyrénées occidentales : 1 million ; 9* k» Finnois (Magyares ou Hongrois, Fionois, Unh niens, Bsthoniens, Lapons, Samoyèdet) : 12 millions et demi; 10* les Tatars-Mongols (Tores, Tatars, Kalmouks), dans la nresqu'lle des Balkans et dans la Russie méridionale : environ 4 milUoos et demi; U* les Juifs, dispersés dans toute Marope : 6 millions ; 12« les Tziganes, d'origîiie hindoue (Hongrie, Turquie, Espagne) : un demi-millioo.

Le christianisme domine presque unlverselleffleiit en Europe. Il se divise en trois srandes conumnions : l*le catholicisme romain, dans le sud et le sud-ouest, parmi les peuples de race latine : lis millions ; 2* le protestantisme, au centre et dans le nord, parmi les peuples de race germanique : Tt millions ; 3* le catholicisme grec, dans l'est, parmi les peuples de race grecque et slave : €9 millioos. Le reste appartient au Judaïsme : & millions, à l'islamisme : 7 millions, et à des sectes diverses.

Les Etats; formes de gouvernement; superficû, population^ densité de la poptdation, — I/Europe est divisée en 23 Étata, savob : 1* quatre empires : la Russie avec le grand-duché de Finlande, msnarchie absolue; l'Allemagne, empire fédéradf et constitutionnel, composé de 25 États confédéiés, dont trois villes libres, et de la province d'Alsace- Lorraine ; l' Autriche-Hongrie, empire constitutionnel ; la Turquie, monarchie absolue, avec URoumélie orientale, province autonome; 2* onze royaumes constitutionnels ; dans le nord : Suède avec Norvège, Danemark; dans l'ouest : Belgique, Pays-Ba» ou Hollande avec le grand-duché de Luxembourg, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande ; au sud : Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Roumanie, Serbie ; 8* quatre républiques : F^nce. Confédération suisse, république d Andorre, enclavée entre la France et l'Espagne, république de San MariDO. enclave de l'Italie ; 4* quatre principautés : Hootenésro, Bulgarie, Liechtenstein, Monaco.

Chacun de ces Etata est, dans ce dicttonnaire. l'objet d'un article géographique spécial. Toutefois, le Danemark, la Suède et la Norvège forment no seul article : Scandinaves (Etata) ; le Portugal est réuni, pour la géographie, à V Espagne ; la Grande* Bretagne et l'Irlande sont décrites au mot Angkterre, qui entre davantage dans l'usage courant ; U Belgique, par un accident de mise en pages, a dû être renvoyée au supplément ; tous les Etata de U Péninsule des Balkans, Roumanie, Serbie, Bulgarie et Monténégro, font avec la Turquie l'objet d'oo

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