‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 464 sur 562 · POUDRE · texte numérisé non relu

POUDRE

rhinocéros. Des ossements humains ont été retirés des dernières coulées du volcan de Denise, près du Puy. Los allurions quaternaires, préglaciaires et glaciaires, ont fourni en abondance des silex taillés par lliomme. A cette époque une vaste mer couvrait tout le nord de la Russie et de rAUemagne ; TAngleterre était réunie à la France. Enfin les œuvres de Thorome ont été rencontrées en France abondamment associées à des ossements de renne, de saïga, de tétras, toute une faune qui actuellement ne se retrouve plus que vers le pôle. On doit donc en conclure que Thomme fossile existe bien réellement. [G. de Mortillet.]

FOUDRE. — Météorologie, XI. — Décharge brusque et violente de rélectricité des nuages sur un objet terrestre. Cette décharge est toujours accompagnée de lumière, de chaleur, de bruit et d'effets mécaniques exigeant quelquefois une très grande puissance d'action.

Le trajet de l'électricité est rendu subitement lumineux, ce qui constitue Yéclair^ dont le nom est devenu lo symbole d'une courte durée. La durée de l'éclair est en effet tellement courte qu'elle échappe aux moyens de mesure Jes plus délicats ; mais elle laisse néanmoins dans rœil une impression prolongée qui n'est pas sans danger pour la vue. Les cas de cécité complète et irrémédiable, produits par un vif éclair, ne sont pas très rares.

L*éclair n*est jamais rcctiligne. Son trajet est toujours irrégulier et sinueux; en^i les lignes brisées, à angles très peu ouverts, par lesquelles on le représente souvent, et que Ton voit quelc^uefols dans le ciel, ne sont qu'un effet de perspective. Les objets terrestres traversés par la fouare sont portés brusquement à une température d'autant plus élevée qu'ils offrent à son passage une plus grande résistance. La sève des arbres peut en être brusquement volatilisée, ce qui les fait éclater comme une chaudière à vapeur surdiauffée et les réduit en frac^ments nrojetés au loin. Les corps plus secs, moms conaucteurs du fluide et plus combustibles, peuvent prendre feu. Le sol sableu^ et sec peut être fondu sur une épaisseur qui atteint jusqu'à près d'un mètre, mais sur une faible largeur, ce oui produit les fulguriUi, Des murs entiers ont été arrachés en bloc de leur fondement et transportés à distance. Chaque coup de foudre un peu violent a son histoire propre, ses effets variant suivant la nature des objets qu'il frappe. Mais ses tours et détours qui semblent quelquefois si compliqués sont dus à ce que l'éclair n'est pas toujours simple; qu'il se partage assez souvent en plusieurs branches frappant simultanément des objets divers, quelquefois assex éloignés l'un de l'autre. Cette ramification de l'éclair est surtout sensible quand un nuage so décharge vers le haut de l'atmosphère sans frapper le sol.

Tout éclair est accompagné d'un bruit sec plus ou moins intense et d'une très courte durée, mais dont l'impression sur l'oreille peut se continuer quelques instants. Ce bruit se propage dans l'air avec une certaine lenteur, en sorte qu'il frappe à un moment de plus en plus reculé les oreilles de plus en plus éloignées de son lieu d'origine. Un effet semblable se produit quand c'est le lieu de production du bruit qui s'éloigne de nous. Un éclair

{>eut avoir quelquefois plusieurs kilomètres de pngueur. Tous les points de son parcours sont les lieux d'origine de bruits simulunés se propageant dans l'air avec la vitesse commune à tous. Chaque oreille recevra donc d'abord l'impression du bruit parti du point le plus rapproché de l'éclair, puis successivement de tous les autres jusqu'au plus éloigné, ce qui produit pour nous l'impression d'un bruit prolongé. Le bruit se propageant dans l'air avec une vitesse do 340 mètres, un éclair dont les

deux extrémités seraient à des distances de notre oreille différant entre elles de 3 400 mètres, produirait an bruit instantané mais qui nous arriverait en détail pendant lO secondes. Si l'éclair était rectillgne, le bruit perçu serait uniformément décroissant en intensité ; mais l'éclair étant sinueux, il se compose de parties qui s'éloignent rapidement de nous et dont le bruit nous arrive en détail, et d'autres parties moins (Viyantes dont le bruit nous arrive en bloc. Si l'on joint à cela les échos, on comprendra comment un bruit physiquement instantané peut se traduire pour nous en un roulement quelquefois très prolongé.

Notre corps est bon conducteur de l'électricité. Il peut donc être frappé par on coup de foudre mortel sans qu'aucune lésion apparente se manifeste à l'œil, et les histoires d'hummes réduits en cendres par la foudre sont vraies comme des contes de fées. C'est le système nerveux qui est profondément atteint, au point de cesser temporairement ou définitivement ses fonctions. Cependant, à l'entrée ou à la sortie, le passage du fluide peut se localiser et produire une brûlure circonscrite; d'autres fois le fluide peut en partie longer la peau, surtout dans les points où elle est en contact avec des corps bons conducteurs ; u y trace alors une sorte de sillon analogue à celui que produirait un fer chaud. Si la vie persiste, l'inflammation envahit les points brûlés, qui sont lents à guérir.

U n'est pas rare qu'une personne soit tuée par la foudre sans avoir été directement frappée par elle ; elle a éprouvé ce qu'on nomme choc en retour. Le corps s'électrise sous l'influence d'un nuage fortement chargé ; au moment où le nuage se décharge, l'électricité du corps retourne brusquement dans le sol, etce mouvement du fluideproduit dans les nerfs un mouvement réflexe plus ou moins intense. C'est à cette cause du moins que sont dus les sauts, les écarts, que l'on attribue à la peur chez les chevaux, les bœufs et tous les animaux dont le corps est volumineux et les ïambes erèles. Des effets 'semblables sont produits chex l'homme que l'on dit être lancé par la foudre» quand il l'est en réalité par la contraction violente et inconsciente des muscles de ses jambes. La commotion peut être mortelle sans laisser d'autres traces matérielles ; mais l'absence de ces traces sur un corps directement foudroyé a fait démesurément étendre les cas mortels de choc en retour. Le public ne fait pas de différence entre le choc direct et le choc en retour, et dans les cas graves il n'a pas grand tort.

Le nombre des personnes tuées annuellement par la foudre en France est assez élevé ; il peut varier suivant les années de 4o à 110 ; il est d'environ 80 en moyenne. Il est très inégalement réparti sur la surface de la France. Certains départements n'en présentent que des cas extrêmement rares ; d'autres, en pays de montagne, en ont, au contraire, des cas nombreux. Le» accidents mortels sont peu fréquents dans les villes ou les maisons habitées; la plupart surviennent dans les champs, sous des arbres. Aussi recommande-t-on en temps d'orage d'éviter l'abri des arbres. C'est une recommandation rendue superflue par son exagération. Quiconque reçoit une forte averse sur le dos est avant tout préoccupé de coercher un couvert ; il choisit naturellement un arbro s'il n'en voit pas d'autre : le danger très éventuel, quoiaue réel, est effacé par l'incommodité présente, qui ellemême n'est pas dépourvue d'un danger d'autre nature. Mais presque toujours les personnes foudroyées sous un arbre étaient appuyées au tronc. Toute décharge électrique ayant lieu sur un arbre se concentre dans le tronc pour se rendre à la terre. Ce tronc offre une voie souvent insuffisante au passage du fluide, et si un corps humain est en conuct avec lui, il en prend sa part. Les brûlures

FRACTIONS

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do dos chei les personnes atteintes n*ont pas d'autre origine. Abritez-vous donc sous un arbre si TOUS ne trouvez pas mieux ; mais ne vous appuyez pas au tronc ; tenez- vous en à distance et autant que vous pourrez accroupi sur le sol. Dans les masures même éloignez-vous des murs : le danger alors sera réduit au minimum et tellement faible qu'il ne mérite pas qu'on s'en occupe.

Au reste, la peur de Torage n'est pas un simple effet de poltronnerie. Les mouvements de l'électricité atmosphérique impressionnent plus ou moins fortement certaines natures nerveuses, alors même qu'il n'y a aucune menace d'orage; et cette faiblesse organique grandit à mesure que la santé s'affaiblit, ou mieux, comme on dit vulgairement, que les nerfs prennent le dessus. — V. Orage».

[Marié-Davy.]

FOURRAGE. — V. Prniries.

FRACTIONS. — Arithmétique, XIX-XXV. — 1.— Pour évaluer une quantité moindre que l'unité, il faut recourir à une unité plus petite. Lorsqu'on dit que de tel lieu à tel lieu il y a trois

an divisé la lieue en quatre parties égales, on quarUf et qu'on en ait pris trots. De même, si un écolier qui a une page a faire, dit qu'il en a déjà fait les deux tiers, il exprime qu'il n'a fait qu'une partie de la page, qui sert ici d'unité, et que pofor évaluer ce qu'il a fait, il faut supposer qu'on a divisé la page en trois parties égaies, ou tiers, et qu'on a pris deux de ces parties. — On donne le nom de fraction à toute quantité moindre que l'unité et évaluée de cette manière, c'est-à-dire en supposant qu'on a divisé l'unité en un certain nombre de parties égales, et qu'on a pris un certain nombre de ces parties, moindre que le premier. Si, par exemple, on suppose qu'on ait divisé l'unité en douze parties égales et qu'on ait pris sept de ces parties, on aura la fracUon sept ooiitiemes; si l^unité a été partagée en cinq parties égales et qu'on en ait pris quatre, on aura la fraction quatre cinquièmes.

On voit qu'il faut deux nombres pour énoncer une fhiction: l'un, qui exprime en combien de parties égales l'unité a été partagée, s'appelle le dénominateur, parce que c'est lui qui donne aux parties de l'unito leur dénomination ; l'autre, qui exprime combien on a pris de ces parties, se nomme le numérateur. Ainsi, dans#epf douzièmes, le dénominateur est douze, et le numérateur est sept; dans quatre cinquièmes, le dénominateur est cinq, et le numérateur f^st quntre.

Le numérateur et le dénominateur sont ce que l'on appelle les deux termes de la fraction.

2. — Pour écrire une fraction en chiffres, on écrit le numérateur au-dessus du dénominateur, en les séparant par un trait horizontal. Ainsi, sept douzièmes s'écrira

quatre cinquièmes s'écrira de même J; et ainsi de suite.

Pour énoncer une fraction écrite, on énonce d'abord le numérateur, puis le dénominateur, que l'on fait suivre de la terminaison ièmes. Ainsi les fractions

s'énoncent cinq septièmes, onze douzièmes, treize dix'huitièmes ; et ainsi des autres.

11 y a exception pour les fractions dont le dénominateur est 2, 3 ou 4 : on dit demie au lieu do deuxième, tiers au lieu de troisième, et quart au lieu de quatrième.

Il faut remarquer qu'une fraction exprime ton- Jours le quotient de son numérateur par son dénominateur ; ainsi | exprime le quotient de 3 par ô, car prendre 3 fois le cinquième de Tanité est évidemment la même chose que prendre le cinquicme de 3 unités; de même J exprime le quotient de 7 par 8, 3tc.

Réciproquement^ le quotient de denx nombr» entiers peut s'écrire sous la forme d'une fracUoi qui a pour numérateur le dividende, et pour d^nominateur le diviseur. Ainsi le quotient de 5 par I2 est ^\; le quotient de 8 par 9 est { ; et ainii d« suite.

Cette considération sert à compléter le quotient d'une division qui ne se fait pas ezactemenu Soii, par exemple, à diviser 89 par 7 ; le quotient esi 12, et il reste 5. Mais puisque la 7* partie de & est 12, pour 84, on complétera le quotient 12efl j ajouunt la 7* partie du reste 5, c*estrè-dlre |. ea sorte que le quotient complet sera 12 f. Engendrai, on complétera le quotient en y joutant Dn« fraction ayant pour numérateur le reste, etpf>ir dénominateur le diviseur. Ainsi le quotient de %\ par 17 est 14 jf ; et ainsi de suite.

3. — Lorsqu après avoir divisé l'unité en on certain nombre de parties égales, on prend toutes les parties, il est clair qu'on obtient runité tout tatière. Ainsi |f H • t« ne sont que des expresitoof

2ui, sous forme fractionnaire, représentent l'nniti 'unité peut donc être mise sons U forme <f une fraction, dont le numérateur et le dénomiimeor sont égaux.

On peut mettre sous une forme analogue ressemble de plusieurs unités. Supposons, par exemple, qu'on ait 3 unités, et qu'on divise ebacooe d'elles en 7 parties égales ; — l'ensemble de en l unités comprendra 3 fois 7 septièmes, c'est-à-dire 21 septièmes, et pourra par conséquent s'écrire

C'est ce qu*on appelle mettre un Mom^ne entitr sous forme fractionnaire. Pour faire cette opéntion, on voit qu'il faut multiplier le nombre entifr par le dénominateur qu'on a choisi^ et écritt eudessous du produit ce dénominateur. Ainsi S miitâ réduites en douzièmes donneront ||; en vingtièmes ^^ ; en cinquièmes V ; et ainsi de suite.

On peu^ de la sorte réduire un nombre entier suivi a une fraction en une seule expression ayant la forme fractionnaire. Soit, par exemple, 3 anitéi et I ; on pourra d'abord réduire les 8 unités « septièmes, ce qui donne, comme on l'a vu, If; ei en y aJouUnt |, on aura en tout ^, puisque 21 et 4 font 25, quelle que soit la dénomination des partiel d'unité dont il s'agit. De même, 4 unitéaet ^ dooMront Jf plus ^ , ou*|. On voit que pour réduin en une seule expression fty^tUmnatre un nomhrt entier suivi aune fraction, il faut multiplier le nombre entier par le dénominatew de la /ractio», ajouter au produit le numérateur, et ècrirt sudessous de ia somme le dénominateur de la fraction.

Ainsi 8 1 revient àÇ; 11 {revient à^; 4 {revient à ^ ; etc.

4. — Réciproquement, si l'on considère une expression, telle que || , dans laquolle le noménteur surpasse le dénominateur, on recoanalt que ce n'est point une fraction proprement dite, mus ce que I on appelle une expression fradvtmnavt. Il est facile de la remettre sous la terme d'os nombre entier suivi d'une fraction ; car elle contient auUnt de fois l'usité que 12 est conteiio

FRACTIONS

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îï»

dans 53; en faisant la division, on trouve pour quotient 4 et pour reste 5; Texpression proposée revient donc à 4 unités, suivies de A. Cest ce que Ton appelle extraire Us entiers dune expression fractionnaire; pour cela on TOit qu'il faut diviser le numératear par le dénominateur : le quotient exprime les entiers, et le reste est le numérateur de la fraction qu'il faut y joindre, et qui a le même dénominateur oue Texpression proposée. On trouvera ainsi que tes expressions fracuonnaires

etCf

reviennent respectivement à

5. — Quand on augmente le numérateur (tune fraction (ou d'une expression fractionnaire) sam toucher à son dénominateur y la fraction augmente. Car les parties de l'unité restant les mêmes, on en prend un plus ^rand nombre.

St Con multiplie le numérateur d'une praciUm par un nombre quelconque, la fraction est multipliée pof ce nombre. Car si Ton multiplie, par exemple, le numérateur par 8. 4, 5, etc., sans toucher au dénominateur, les parties de l'unité restant les mêmes, on en prend 3 fois, 4 fois, 5 fois plus, etc. Ainsi la fraction | devient 4 fois plus grande quand on multiplie son numérateur par 4, ce qui donne *f,

A l'inverse : Si l'on diminue le numérateur sans toucher au dénominateur^ la fraction diminue.

Si l'on divise le numérateur par un certain nombre, la fraction est divisée par ce nombre. 6i, par exemple, étant donnée la fraction {{ , on divise son numérateur par 4, ce qui donne ^, on obtient une fraction 4 fois plus petite.

6. — Quand on augmente le dénominateur d^tme fraction sans toucher son numérateur^ la fraction aiminue. Car on prend toujours le même nombre de parties, mais ces parties sont plus petites puisque Tunité en contient davantage.

Si Von multiplie le dénominateur par un nombre quelconque, la fraction est rendue ce même nombre ae fois plus petite. Car, si l'on multiplie, par exemple, le dénominateur par 8, 4, 5, etc., les parties de Tunité sont rendues 8,4,5 fois plus petites ; et, puisqu'on en prend le même nombre, la fraction est rendue 8, 4, 5 fois plus petite. Ainsi, étant donnée la fraction { , si l'on multiplie le dénominateur par 8 , on obtient la fraction ^ , qui est 3 fois plus petite.

A l'inverse : Si Ion divise le dénominateur sans toucher au numérateur, la fraction augmente.

Si ton divise le dénominateur par un certain nombre, la fraction est multipliée par ce nombre. Soit, par exemple, la fraaion ^ ; si Ton divise son dénominateur par 3, ce qui donne { , on obtient une fraction 3 fois plus grande. Car l'unité étant divisée en 3 fois moins de parties, les parties sont 8 fois plus grandes ; et l'on en prend toujours le même nombre.

7. — Si Von multiplie à la fois les deux termes d^tme fraction par un même nombre, la /^action ne change pas ae valeur. Car si elle est rendue un certain nombre de fois plus grande en multipliant son numérateur, elle est rendue le même nombre de fois plus petite en multipliant son dénominateur. Ainsi les fractions

2 4 6 10 14 18 ÎO 22 ,

y r y ï6' îT ïî' 55 ' a?'®*^-

BODt toutes équivalentes; car toutes se déduisent

de la première en multipliant les deux termes par 2,3, 5, 7, 9, 10, 11, etc.

Si Von divise à la fois les deux termes d'une fhiction par un même nombre, la fraction ne change pas de valeur. Car si elle est rendue un certam nombre de fois plus petite en divisant son numérateur, elle est rendue le même nombro do. fois plus grande en divisant son dénominateur. Ainsi les fractions

eo» 30' 20' ÏT' ÎÔ» 6» ®"^''

sont toutes équivalentes; car toutes se déduisent de la première en divisant les deux termes par 2, 8, 4, 6, 12, etc.

8. — n résulte de ce qui précède qu'une même fraction peut se présenter sous une infinité de formes équivalentes. Il importe donc, pour la facilité des calculs, de savoir trouver la plus simple de ces formes équivalentes ; c'est ce que l'on appello réduire une fraction à sa plus simple expression. Éunt donnée une fraction, on ne peut obtenir une forme équivalente et plus simple qu'en divisant les deux termes par un même nombre. On obtiendra donc la forme la plus simple en divisant les deux termes par le plus grand nombre qui puisse les diviser à la fois, c'est-à-dire par leur plus grand corn* mun diviseur (V. Diviseurs). Les quotients obtenus seront alors premiers entre eux, et la fraction sera réduite à son expression la plus simple.

Soit donnée, par exemple, la fraction

On trouve que le plus grand commun lâîvisear de ses deux termes est 180, et si l'on divise ces deux termes par 180, en obtient la fraction équivalente

On trouvera de même que les fractions

JÎO 885 576 1188 2274 528» 490' 624' 3465' 3411

sont respectivement équivalentes à

9. — On peut avoir à transformer des fractions données en d'autres fractions équivalentes qui aient le même dénominateur; c'est ce que l'on appelle réduire des fractions au même dénominateur.

Considérons d'abord deux fractions, par exemple f et f . On les réduira an même dénominateur en multipliant les deux termes de chacune d'elles par le dénominateur de l'autre. Car, d'une part, les fractions n'auront pas changé de valeur, puisque les deux termes de chacune auront été multipliés par un même nombre, et, d'aulro part, le dénominateur sera devenu le même, puisque 7 X 8 et 8 X 7 sont des produits égaux. En effeetuant* on trouvera

Ainsi, pour réduire deux fractions au même dé-nominateur, il suffit de multiplier les deux termes de chacune parle dénominateur de Vautre.

10. — Considérons, en second lieu, on nombro quelconque do fractions, par exemple,

On les réduira au même dénominateur en multipliant les deux termes de chacune par le produit

FORÊTS

FORÊTS

chato d*an arbre doit se faire dans un sens déterminé par des circonstances telles que le vent, Tentourage à préserver, les branches à ménager. Le façonnage ou VutUUation des produiU d une oonpe a pour but la meilleure préparation possible des bois abattus. Gomme Indications eénérales, nous nous contenterons de mentionner les principaux usages des bois do taillis et des bois de futaie. Les plus gros brins de taillis servent à faire des sabots ; )n recherche pour cet usage le bouleau et le hêtre ; on emploie parfois, à défaut de ces deux essences, Faune et le tilleul ; le chêne et le charme sont re-

^és cooune trop fissibles. Les bois de hélre et de uleau ne sont employés à l'usag^ que nous venons d'indiquer qu'après avoir subi un commencement de fermentation. Les brins de taillis de 12 à IS centimètres de circonférence sur 2 à 3 mètres de longueur sont transformés en perches ou convertis en échalas ; parfois ils servent à faire des claies. Les essences les plus recherchées pour ce dernier usage sont Tanne et le tilleul. La condition exclusive de durée pour ces bois ost l'enlèvement de Técorce sitdt après Vabatage. Les tiges grêles sont mises en bourrées ou transformées en hnrts; ce dernier usage, qui décuple la valeur Qu'elles auraient en bourrées, n'est applicable que dans les forêts situées à proximité des rivières. Le reste du bois est transformé en bois à brûler, en charbonnettes, ou en fagots. Les bois durs, tels que le chêne, le hêtre, n'exigent, pour être transformés en bois à brûler, que d'être sciés à la longueur en usage dans le pays ; les bûches de bois blanc doivent être fendues aux mois d'avril et de mai pour leur permettre de sécher; cette opération, qui leur fait perdre la moitié de leur poids, est indispensable pour qu'ils puissent brûler en dégageant quelque chaleur. Un stère de bûches régulières pouvant servir à faire des pieux ou des tuteurs se vend en mojrenne douze francs en forêt. Un stère de houpiers irréguliers vaut de sept à dix francs. Lorsque le chêno abonde dans le taillis d'une forêt, il y a lieu de l'écorcer ; tout morceau dont le volume peut remplir la main de rabatteur doit être écorcé ; les brins destinés à l'écorçage ne doivent être abattus qu'en mai. Au-dessous d'un diamètre de 20 centimètres, les brins de bois ne peuvent plus servir qu'à faire des fagots, des cotrets, des charbonnettes, ou des liourrées si les ramilles sont trop abondantes. Les belles pièces de bois de futaie doivent être offertes à la marine ; si elles manquent de longueur, on les transformera en merrains^ en lattes^ ou en bois de sciage et alors, selon le grain du bois, on en fera du parquet, de la membrure ou de la planche; ce n'est quo dans les besoins extrêmes qu'on les transforme en bois de charpente. Les futaies de hêtres soigneusement réservées sont iransformées en larges plateaux^ en moules, en meubles, ou en traverses do chemin de fer ; grâce à des injections de sulfate de cuivre, la durée de ces traverses est illimitée.

Vin^ôvement des produits ou. la vidange d'une coupe doit être fait le plus rapidement possible. Le Code foestier accorde à l'exploitant jusqu'au 16 avril de l'année qui suit l'exploitation. Le passage des voitures et des hommes dans une coupe, qui peut se faire impunément tant que la végétation est endormie, cesse d'être possible dès le mois de mai, lorsque la végétation a repris son cours. L'administration des Domaines, pour éviter les dégâts occasionnés par le passage des exploitants dans les coupes, fait abattre et façonner sur place les produits el les fait porter immédiatement sur les ^emins. Ses coupes sont toujours vidées dès le mois do juin et parfois dès le mois de mai ; elle gagne ainsi une année, et évite la destruciion d'un grand nombre do sujets dans la coupe future. Pour terminer l'exploitation, il ne reste plus qu'à issainir la coupe, curer les fossés, en ouvrir do

nouveaux, puis repeupler les vfdes, places à cba^ bon, ou terrains remués par rarrachage.

AdminUtration des foréls. — Les bcis soumis au contrôle forestier de l'Etat, en France, sont divisés en triages^ briga'ies et cantonnements. La triage est une surface de forêt de S à 600 hecuret, dont le surveillant s'appelle garde. Quatre tria^ps forment la brigade, airigée par un brigadier. U iontonnemeni est une réunion de bngades qoi contient de 6 à 10000 hectares de forèu, bous li surveillance d*un garde oénéral; ces derniers ai^nu se recrutent parmi les élèves de l'Ecole forestière; ils surveillent les gardes, les semis, les pUntaiioni, les travaux de routes, l'arpentage, le balivage et la r<^co/emen/ des coupes. Des inspecteurs poursuivent les délits devant les tribunaux. Les eonsennimn réunissent tout le contrôle des diverses parties da service, et relient toutes les parties de l'administration au directeur général, L'Algérie a un sernee forestier spécial.

Liège, — A propos des forêts de l'Algérie, noas dirons quelques mots de l'exploitation du liège. Le chêne-liège ou surrier, en latin guercus nt- 6er, est l'arbre qui prodoit tout le liège exploité. On le cultive en Algérie, dans toute TEarope méridionale, et dans quelques départemenu français, en particulier dans le Lot-et-Garonne et dans lei Landes. Le chêne-liège doit êti*e semé sarunioi mi-partie argileux et mi-partie sableux; il craint l'humidité ; on ne peut songer à le répiquer; toutes les tentatives faites en ce sens n'ont amené que des déceptions.

Lorsque le chêne-liège atteint sa viogdème année, on enlève sa première écorce nommée cmon. Le canon n'est propre qu'à faire da feu. Dix ans plus tard, on enlève de nouveau l'écorca du ciiêne; cette nouvelle écorce ou reconn n'est propre qu'à faire des flotteurs pour les filets des pêcheurs. A quarante ans, l'arbre donne ses premiers produits marchands, encore sont-ce des rebuts de jeunesse» C'est seulement à partir de cinquante ans que le revenu de l'arbre derieot régulier, et qu'il va dès lors sans cesse s'améliorànt. Pour écorcer le chêne-!lège, un ouvrier fend l'écorce à coups de hache de haut en bas en un certain nombre de points, puis perpendlcolaircment à cette direction ; la surface de l'arbre est ainsi découpée en un certain nombre de plaques. Les fentes terminées, l'ouvrier introduit entre la peau et le liber le bout aiguisé du manche de sa hache; l'arbre se laisse assez facilement dépouiller. Doux ouvriers sont nécessaires poar peler un arbre. Les écorces sont mises en tas oq marc.

En movenne tous les dix ans un chêne-lië^ produit de 20 à 30 kilogrammes de liège ma> chand. Les chônes-liègcs sont très sensibles aoi froids, aussi sont-ils fort éprouvés par les hireri rigoureux. Un ennemi non moins redoutable pooi eux, c'est le Bombyx dispar, (}ui les dépouille p3> fois complètement de leur feuillage.

Les quelques plantes qui produisent du lièjie en quantité un peu considérable, en dcbors da chêne-liège, sont l'aristoloche subéreux, et la uriété d'orme champêtre dite subéreuse ; encara pour cette dernière plante croit-on que son liège est une maladie de sa surface.

Forêts des tertitoires extra-européens, — On n'a guère de données sur les forêts autres que celles do l'Europe. Toutes présentent ce caractère commun qu'elles sont spontanées; la culture ou l'exploitation régulière de l'homme n'y intervient nullement; aussi un grand nombre d entre elles soot-elles menacées de disparaître chaque jour devant les dérrichements entrepris par les colons européens. De toutes les essences forestières de rAméri(|ue du Nord, les Conifères sont les plas abondants et les plus développés; on iroare en

FORÊTS

FORÊTS

core dans les gorges des Sierras de la Califomie des Wêllingtonia gigantesques dont la haateor dépasse 80 mètres.

Les principales essences forestières de rAmériqae au sad appartiennent aux Térébinthacées^ anx Malvaeie» et aux Palmiers. Les Hanei ou végétaux grimpants y prennent un développement extraordinaire. La forêt africaine est caractérisée par de nombreux Palmiers et par le Baobab, Les forêts de rAustralie nous présentent les gigantesques Eucalyptus^ les Protéacées, les vrais Aca- €ia*t tontes plantes à feuillage persistant, à bois résineux, souvent odoriférant et incorruptible ; la forêt australienne diffère de toutes les autres parce

Sue, par suite d*une disposition spéciale des feuilles e ces nombreux Eucalyptus et Acacias (V. Feuille) y la lumière du soleil peut oénétrer Jusque dans les fourrés les plus épais, on désigne souvent les forêts de TAfrique et de TAmérique du sud sous le nom de foréls vierges, [G.-E. Bertrand.]

MotioiiB do BylTloaliure. — AgriculturOf XX. —

Les forêts sont naturelles ou artiflcielies. Les premières sont celles que l'homme n*a pas créées et oui se sont maintenues d*&ge en âge sur une surrace donnée. Les secondes sont celles qui ont été créées par des semis faits de main d'homme sur des terrains incultes ou vagues, ou sur des parties de forêts détruites par une cause ou une autre.

L*étondue des forêts est très variAble dans les diverses parties de la France. Dans quelques régions, les anciennes forêts ont été à peu près totalement détruites. Néanmoins la proportion de bois que compte notre pays est d'environ 1? pour loO de la surface totale. Les départements qui comptent la plus grande superûcie boisée sont, par ordre d'importance: la Meuse, le Var, la Uauto-Saône, la Drême, les Landes, le Doubs, la Côte- d'Or, le Jura, les Vosges, les Alpes- Maritimes, risère, TAin ; ceux, au contraire, qui ont les plus faibles surfaces boisées, sont : le Nord, le Pas-de-Calais, le Calvados, les Cêtes-du-Nord, lUe-et-Vilame, les Deux- Sèvres, la Creuse, la Mayenne, la Loire-Inférieure, le Morbihan, la Gorrèze, la Manche, le Finistère et la Vendée. Les masses forestières les plus étendues sont : la forêt d*Orléans (Loiret), qui couvre 45,650 hectares; celle d'Esterel (Var), avec 36,847 hectares ; celle de Fontainebleau (Seine-et-Marne), avec '22,298 hectares; colle do Chaux (Jura), avec 19,503 hectares; celle de Compiègne (Oise), avec 14,385 hectares; celle de Rambouillet (Seine-et- Oise), avec 12,818 hectares ; celle de Larum (Basses- Pyrénées), avec 12,000 hecures.

En Europe, les pays les plus boisés sont la Suède, la Russie, la Bavière et T Autriche ; ceux dans lesquels les défrichements ont pris les plus grandes proportions sont la Grèce, l'Italie, TEspagne, le Portugal, les Pays-Bas et les Iles-Britanniques. Le Nouveau Monde compte une étendue forestière beaucoup plus considérable que l'ancien continent. Les défrichements ont encore respecté la forêt vierge sur d'immenses étendues; mais, dans quelques parties de TAmérique du Nord, les anciennes forêts ont déjà diminué dans des proportions très considérables.

L'exploitation des forêts est une science particulière qui demande des connaissances spéciales. Il ne peut donc être question ici que de donner quelques principes généraux sur Timportance des forêts, leurs produits et les méthodes adoptées pour en tirer profit.

L*importance des forêts, au point de vue agricole, est très grande Leur influence est, en effet, immense sur le climat, et par suite sur la production du soL C'est d'abord par l'atténuation des variations de la température que cette influence se produit; il résulte, en effet, d'observations prolongées faites avec soin, que si les variations de tem-

Sérature se font sentir sous bois comme en pajpt écouverty elles se produisent plus lentement et leurs écarts sont moins grands. La forêt agit, en outre, pour attirer la pluie et condenser l'humidité ; il résulte des observations de Becquerel que le sol forestier reçoit un quart de plus d'eau de pluie que les autres terrains; cette pluie infiltrée lentement dans le sol alimente les sources. On voit celles-ci souvent tarir quand la'forêt est défrichée

En même temps qu'elles assurent Talimentation des sources, les forêts, dans les parties supérieures des bassins et des fleuves, empêchent la formation et le grossissement subit des torrents qui amènent le terrible fléau des inondations. Elles retiennent les eaux surabondantes et ne les écoulent que lentement; tandis que, si ces eaux tombent sur un sol dénudé, celui-ci n'en absorbe qu*une faible proportion, et le reste grossit les rivières, et les fait trop souvent déborder. Un des ingénieurs qui« en France, ont le plus étudié ces questions, Surrcll, conclut ainsi dans son étude sur les torrents: « Partout où il y a des torrents récents, il n y a plus de forêts, et partout où on a déboisé, ûeê torrents récents se sont formés. Les forêts sont capables de provoouer l'extinction des torrents déjà formés. » L'intérêt public commande donc la conservation des forêts de montagnes, et dans beaucoup de cas la reconstitution de celles qui ont été détruites aiee une imprévoyance tout à /ait regrettable.

Un autre avantage des forêts, c est qu'elles améliorent la couche arable du sol sur lequel elics végètent. Les racines vont puiser dans les couches inférieures du sol la nourriture dont les arbres ojit besoin, tandis que les feuilles et le menu bois qui, chaque année, tombent à la surface, s*y déconv posent et augmentent la proportion d'humus de la couche superficiello. C'est une observation qui a été faite souvent, que les anciennes forùts défrichées donnent pendant ]>lusieurs années de très belles récoltes, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à des enflerais.

Quels sont les sols qui conviennent le mieux à la culture forestière ? La question ne se pose pas pour les montagnes : on vient de voir le rôle salutaire que les forêts sont appelées à y jouer. Mais ailleurs, il en est autrement, et il faut rechercher dans quelles conditions les forêts sont le plus utiles, soit au point de vue général du pays, soit au point de vue particulier du propriétaire du sol. M. Bouquet de la Grye, conservateur des forêts, a parfaitement exposé ces conditions dans les termes suivants : « Les pays couverts de forêts dont le sol est d'excellente qualité, dit-il, seraient plus prospères si on défrichait ces forêts pour, y raire des céréales ou des matières premières de 1 industrie. Le seul cas où il y ait intérêt à conserver ces forêts en bon terrain est celui où elles sont constituées d'arbres susceptibles de produire des bois d'œuvre supérieurs, car ces bois sont rares et leur production mérite certains sacrifices. LUntcrêt des nations commande donc de défricher les forêts dont le sol est de très bonne qualité, sauf à consacrer à la production des bois d'œuvre une surface suffisante pour satisfaire aux besoins du pays. Par contre le même intérêt commande de planter en forêts les sols de mauvaise qualité, lesquels absorbent une main-d'œuvre hors de proportion avec les produits qu'ils donnent. Mais si Ton est d'accord sur ces principes, on ne l'est pas en général sur leur application. La rémunération du capital ligneux est encore trop faible pour notre génération qui, désireuse de jouir promptement, aime peu les reboisements. Dans les pays de montagne, où la terre arable est entraînée chaque année par les pluies, le cultivateur préfère perdre ce capiul plutêt que de le sauver par un sacrifice de reboisement qui en assurerait la conservation. Par

FORETS

FORÊTS

contre, il est toujours disposé à défricher; il ne reprde pas le plus souvent si le sol est bon par lui-même, il ne voit qu*une richesse d'humus accumulée par le fait de la végétation forestière richesse qu'il peut réaliser en quelques années. Quand il a défriché, et par suite épuisé cette provision d'humus, le sol, réduit à ses éléments minéralogiques ordinairement très peu fertiles, est laissé inculte et devient aride et improductif. Le particulier qui a défriché dans de telles conditions peut s'être enrichi, mais le pays s'est certainement appauvri. Aussi, quand on dit qu'il faut défricher les terres de bonne qualité, il est bien entendu qu'il ne s'agit que des terres susceptibles de donner encore de bonnes récoltes, quand elles auront perdu leur provision d'humus ; ces terres deviennent chaque Jour plus rares, attendu que l'agriculture est contrainte, par suite du renchérissement de la main-d'œuvre, à abandonner les terres médiocres, pour reporter tous ses moyens sur les bonnes terres Qu'elle soumet à une culture intensive. Le défrichement des forêts de plaine situées sur un sol de bonne qualité est déjà si avancé en France, qu'on peut prévoir l'époque prochaine où la culture forestière sera confinée dans les sols absolument impropres à tout autre mode d'exploitation. » Dans ces derniers sols, des résultats très importants ont déjà été obtenus par le boisement des landes ou terrains incultes, notamment dans Quelques parties de la Picardie, dans la Sologne et dans les landes de Gascogne (départements de la Gironde et des Landes).

Les arbres qui composent les forêts sont divisés en deux grandes catégories : 1* les essences dites feuillues, qui se dépouillent chaque année de leur feuillage : 2* les essences résineuses ou K feuilles

Sersistantes, qu'on désigne encore sous le nom 'arbres verts.

A la première catégorie appartiennent le chêne, le hêtre, le frêne, l'orme, le charme, l'érable, le bouleau, etc. ; à la seconde, le sapin, les diverses espèces de pin, le mélèze, Tépicéa, etc., pour ne parler que des arbres qui croissent le plus communément en Europe.

Chacune de ces essences préfère, pour son développement complet, certains climats, certains terrains, ou une altitudo déterminée. Ainsi le hêtre se plaît particulièrement dans les climats tempérés, sur les sols frais et divisés ; le bouleau, au contraire, supporte beaucoup mieux les froids, s'élève à toutes les hauteurs, et se contente de toutes les natures de terrains, pourvu qu'ils ne soient pas excessivement compactes.

11 est rare, pour ne pas dire à peu près impossible, do rencontrer une forêt formée par une seule espèce d'arbres. Le plus souvent, elle est composée par des mélanges d'arbres feuillus ou résineux, dont les proportions varient dans chaque circonstance. Néanmoins les mélanges les plus fréquents sont le chêne avec le hêtre ; le hêtre avec les autres bois durs, commo l'orme, le frêne, le charme et Térable ; le hêtre avec le sapin ; le sapin avec le pin et le mélèze ; le pin sylvestre avec le mélèze.^1 faut toutefois faire remarquer que, sous les hautes latitudes de notre hémisphère, la plupart des essences disparaissent successivement, et que, dans les forêts du nord, le bouleau domine presque exclusivement.

On donne le nom de syivicu/iure h l'art de cultiver les forêts. Celles-ci peuvent être divisées en trois sortes, d'après la méthode d'cxploiution adoptée :

V Les tailliSy ou forêts dont la reproduction s'o-

{>ère principalement par les rejets de souches et es drag(*ons. Ce système repose sur la faculté que possèdent les souches d'un ^and nombre de végétaux lifi^neux d'émettre des bourgeons qui se û éveloppent autour de celles-ci, lorsque la tige a

été coupée. Les bourgeons qui se développent au niveau du sol sont les plus vigoureux, parce qu'ils émettent des racines qui leur donnent une vie indépendante. Cest pourquoi, dans l'exploitation des taillis, on coupe toujours les souches le plus près possible du sol. Li^ arbres feuillus seuls peuvent être cultivés en taillis, car les arbres résineux ne poussent pas de bourgeons à leur base. Les arbres feuillus de nos climats sont presque tons propres à être exploités en taillis.

3* Les futaies j c'est-b-dire les forêts dans lesquelles la reproduction se fait par la voie du semis naturel, ot où les arbres se développent dans les conditions naturelles de leur existence. Ce système, qui est le seul à adopter pour le» résineux, est également très bon pour les arbres feuillus. Au fur et à mesure que les arbres se développent, on en diminue par des édaircies le nombre existant sur une surface donnée

3*^ Les taillis composés, dits encore tetUlis r-.» futaies ou futaies sur taillis. Ce système est uoe combinaison des deux précédents. Il est Garsetérisé par ce fait oue la reproduction naturelle des bois a lieu à la fois par semences et par reiets. On réserve pendant plusieurs périodes de l'exploitatioa d'un taillis des perches ou baliveaux destinés à former de grands arbres. Le taillis composé donne donc à la foli les produits de la futaie et ceux da taillis.

Los règles de l'exploitation sont variables suivant chacune des espèces de forêts. Mais, dans presque tous les cas, une forêt doit être divisée en un certain nombre de parties qui correspondent au nombre d'années qui séparent chaque coupe de bois. On donne le nom de révolution à cette période de temps, et celui ^^aménagement à l'opération qui divise ainsi la forêt.

Pour les taillis, la durée des révolutions à adopter varie beaucoup suivant les sols, les climats, les essences et les besoins du commerce. Les soucbes ne conservent pas indéfiniment la faculté de pousser des rejets, et il faut faire dépendre la durée des révolutions de cette faculté. Les durées les phi$ communément adoptées, d'après cette règle, sont de vingt à trente ans pour les taillis de boiit dars, de quinze à vingt ans pour les taillis mélangés, et de huit à douze ans pour ies taillis de bois blaocs et de châtaigniers.

Quand on crée un taillis composé, on laisse à chaque exploitation un nombre déterminé de baliveaux (on appelle ainsi des brins avant Tàge do taillis). La durée de l'exploiution des uiHts est d'ailleurs la même que dans le cas du uillis simple. Mais afin que les arbres réservés ne foraient pas, après plusieurs exploitations, un couvert trop épab qui détruirait le taillis, on élimine, à chaque ré?olution, un certain nombre d'anciens baliveaux,

au'on choisit parmi ceux qui présentent des signet e dépérissement. L'habileté du forestier consiste à bien apprécier ces arbres et à établir an a p^opo^ tion convenable entre les sujets à conserver oa à abattre, et la nature du sol, de l'essence et le climat. Dans le commerce, le bois des arbres des futaies sur taillis est généralement plus estimé que celui des arbres des futaies pleines.

L'exploitation des futaies peut se faire de diverses manières Dans les futaies dites pleines, lorsque les jeunes arbres ont atteint un certain développement, ils se gênent mutuellement; on prorèda alors \ ce qu'on appelle un nettoiement, qui consiste à enlever les arbres les moins vigoureux de minière à donner plus d'espace aux autres; ce premier nettoiement s'opère généralement lorsque la futaie a ntteint dix ans. On procède à des neiioiements semblables de dix en dix ans. An bout de trente ans, cette opération porte le nom d^écltnrdf; elle se fait dès lors à des intervalles moins rap-^

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proches. Lorsque la futaie a atteint l'âge d*6tre exploitée, on commence les coupes dites de régénération. La première se fait plus ou moins considérable suivant les essences; une deuxième et une troisième la suivent à des intervalles réglés diaprés la force du jeune plant qui se développe pour remplacer la futaie qui disparaît. La durée des révolutions dépend des essences ; elle varie surtont suivant laproduction annuelle du bois. Dans ce système, une forêt est divisée généralement en un certain nombre de cantons d*étendue variablOi suivant la rapidité de la croissance dans chacun d'eux, et qui sont successivement régénérés pendant la révolution. Ces divisions sont faites de manière à obtenir une production sensiblement égale.

Un autre modo d*expIoitation des futaies est celui dit dejctrdmage. Il consiste à abattre chaque année dans toute retendue d*une forêt les arbres dépérissants, de manière à ne laisser aucun vide, mais à permettre aussi aux Jeunes brins do se développer d'une manière régulière. Il présente des avantages sérieux pour les forêts d'une faible étendue, surtout parce ouMl maintient toujours le massif, sans laisser le sol découvert.

Quelle est Tinfluence des diverses méthodes d*exploitation des forêts sur la valeur des bois? Les futaies produisent ce qu'on appelle les bois d'ceuvre, c'est-à-dire les pièces propres à la construction, à la menuiserie, etc. Les branches des arbres fournissent des bois de chauffage et des fagots. Les taillis donnent, do même, des rondins pour le feu : leurs produits peuvent aussi servir comme bois de sciage, merlains, lattes, écbalas, etc. En ce qui concerne les bois d'œuvre, la qualité des bois varie sensiblement suivant le sol, le climat, ou rexposition.En général, les bois provenant des fuuies sur taillis ont une qualité supérieure à celle des bois de futaies pleines ; toutes les autres conditions étant égales d'ailleurs, le grain est plus serré et le bois est plus dense.

Cest en hiver ^ue se font généralement les travaux d'exploitation des forêts. Dans cette saison la main-d'œuvre est moins rare ; puis, comme la végétation est en repos, les dégâts que le travail produit toujours sur les jeunes arbres sont beaucoup moins considérables. On discute souvent sur rinflnence que l'époque d'abatage exerce sur la qualité et la conservation des bois ; on prétend presque partout que les bois abattus en sève sont moins bons que ceux abattus hors sève. Des expériences scientifiques n'ont pas été faites pour justifier ou condamner cette opinion.

Un grand nombre d'ennemis s'attaquent aux forêts. Ceux qui y font le plus de dégâts sont les insectes multiples qui vivent aux dépens des arbres.

II reste à parler des produits accessoires de la forêt.

L'écorce de chêne figure au premier rang de ces produits. On sait que cette écorce renferme, en grande proportion, une substance appelée tannin^

ui jouit de la propriété do conserver le cuir, /écorce de chêne a une valeur relativement considérable, et dans les forêts en taillis où cette essence est en proportion notable, on a toujours soin de procéder à l'écorçage quand on abat lo taillis. L'écorçage doit se faire en pleine sève, autrement l'écorce ne se séparerait pas régulièrement de Tarbre. Il faut donc n'abattre les taillis ou les baliveaux à écorcer que quand la sève est •en mouvement, et enlever fécorce aussitôt après Tabatage. L'écorce est immédiatement séchée, puis livrée à la tannerie. Le rendement d'un hecure de taillis varie de 200 à 360 kilogrammes d'écorce sèche, suivant la qualité du tailfis. Depuis quelques années, on a imaginé un système dit d'écor- -çage à la vapeur, qui permet d'opérer en toute saison Le bois écorcé prend le nom de bois pelard.

Les écorces d'autres arbres que le ciiéne renfer» ment aussi du tannin et sont parfois exploitées. C'est ainsi qu'en Russie les écorces de bouleau sont employées pour la préparation des cuUrs dits de Russie, caractérisés par leur odeur spéciale.

Avec l'écorce, le produit accessoire principal des forêts est le charbon de bois. On trouvera au mot Charbon des détails suffisants pour qu'il soit inutile d'Uisister ici.

Les pins, et surtout le pin maritime, donnent de leur côté un produit accessoire d'une grande importance : c'est la térébenthine. Les procédés employés pour recueillir cette substance ont été décrits à l'article Conifères, [Henry Sagnier.j

Ouvrages à consulter : Guide du Forettier^ par Bouquet de la Grye ; CuUure det Arbret, par Loreni et Parade.

FOSSILE. — Géologie, IV. — Ce mot est la traducUon du latin fotstliSf venant de (ossum, supin de fodere qui signifie fouir. Les foesiies sont donc les objets enfouis. De fait on donnait anciennement ce nom à tout ce qui était enfoui dans le sein delà terre. Bernard Palissy, mort en 1589, écrivait: « Fossiles senties matières minérales pour lesquelles recouvrer faut creuser la terre. » Depuis lors on a dit couramment charbon fossile, sel fossile, etc., pour désigner le charbon et le sel qu'on tire de la terre. Mais la science, en s'agrandissant et en se développant, a entraîné avec elle la nécessité d'un langage plus précis. Le sel fossile est devenu s^l femme ; le charbon fossile, suivant sa nature, a té nonuné lignite, houille ou anthracite. Pour toutes les matières minérales, le mot fosnle se trouve trop général et trop vague ; aussi son emploi dans ce sens tombe-t-il en désuétude.

Actuellement on ne donne le nom de fossile qu'aux débris ou traces des êtres organisés qui ont vécu dans les temps géologiques, et qui par conséquent sont enfouis dans les diverses couches ou assises qui constituent la croûte terrestre. Comme les êtres organisés, dont ils sont lÀ restes, les fossiles se divisent en deux grands groupes: les fossiles végétaux et les fossiles animaux.

Toutes les parties des êtres organisés ne se rencontrent pas également à l'état fossile. Dans les végétaux, ce sont les bois, les graines et les feuilles qui se présentent le plus habituellement. Les fruits charnus et les champignons mous ne laissent pas de traces. Dans les animaux, les parties molles, d'une décomposition facile et rapide, ne se fossilisent à peu près jamais. Au contraire, les parties dures, solides, pierreuses, comme les os et les coquilles, se retrouvent en très grande abondance dans le sein de la terre. Les coquilles forment parfois à peu près à elles seules des couches entières et même des assises assez puissantes, comme les faiuns.

Les chairs des grands animaux n'ont été trouvées fossiles que très exceptionnellement, dans les assises les plus superficielles et les plus récentes géologiquement parlant ; encore faut-il qu'une cause toute particulière de conservation, le froid, intervienne. Cest ainsi que dans les boues glacées du nord de la Sibérie, on a parfois trouvé des mammouths et des rhinocéros a narine cloisonnée si bien conservés, que les animaux carnassiers se sont nourris de leurs chairs. Hors ce cas tout spécial, on ne trouve pas complets de grands vertébrés fossiles, et tout ce qu'on a annoncé comme dos hommes ou des animaux pétrifiés, cliairs et os, doit être relégué dans les bisarrerles, les accidents, les jeux de la naturo. Au commencement de ce siècle, on montrait à Paris un homme à cheval pétrifié. La pièce fit un certain bruit. C'était tout simplement une grosse concrétion de grès de Fontainebleau, qui, par un effet du hasard, avait pris des formes qui figuraient asses bien un homme h cheval. Il faut se tenir en gardo contre ces illusions.

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