‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 466 sur 562 · FRANÇAISE (LANGUE) — 799 — FRANÇAISE (LANGUE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE (LANGUE) — 799 — FRANÇAISE (LANGUE

Sanscrit (( Zeod (persan).

Grec»

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Latin

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italien.

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dans l'an- ^ cienne France.

koigw éToe on ancien provençal

an midi de la France.

langue d'oïl

an nord de la France

danois, suédois, anglo-saxon ou anglais.

russe.

polonais.

parié dans la Bretagne française, le

rays de Galles, quelques parties de Irlande et de l'Ecosse.

Le français a été considéré comme formé de quatre éléments : i* Télément eettioue; 2* Téléme nt grec; 3* Télément iatin ; 4* Télement germa-

1* Le celtique f dont les restes se retrouvent dans le bas- breton, ayant été Tidiome de la plus grande partie do la Gaule avant la domination romaine, a été longtemps regardé comme la source principale tant de notre vocabulaire que de notre système grammatical. Mais à mesure que la science étymologique est devenue plus rigoureuse, une part de moms e» moins considérable a été faite à l'élément celtique. On ne le retrouve guère avec quelque apparence de certitude qnue dans des noms de plantes ou d'animaux indigènes (bruyércy alouetU, cormoran, goéland^ pinson), de vents [galeme\ d'ustensiles servant aux usages domestiques [oanné barrique, claie, cruche, râteau), de boissons {eervoise); certains termes, tels que dune, combe, relatifs à la configuration du sol, se sont conservés soit à l'état de mots isolés, soit comme partie intégrante de noms géographiques. On voit que le contingent fourni par le celtique est peu de chose ; encore faut-il remarquer que l'introduction de ces mots dans notre langue a souvent été indirecte. Plusieurs d'entre eux, latinisés par les Romains, nous sont revenus par cette voie détournée.

2* Le grec a passé, auprès de beaucoup de philologues des deux derniers siècles, pour avoir Joué dans la formation de notre langue un rèle considérable. On pouvait croire en effet, en ne consultant oue la vraisemblance, que le grec, parlé en Gaule bien avant le latin, dans les anciennes colonies du littoral de la Méditerranée, avait dû se répandre, se propager et laisser des traces assez profondes. Une observation attentive n'en a signalé aucune. Les mots grecs, fort nombreux d'ailleurs, qui se sont introduits dans notre langue dès l'origine, y sont entrés par l'intermédiaire du latin. Quant à ceux qui ont pénétré dans le français sans avoir d'abord été adoptés par les Romains, ils ne datent que de la Renaissance ; c'est alors aussi que les sciences et les arts ont commencé à former pour leur usage, à l'aide d'éléments grecs, des mots techniques, qui, en réalité, n'appartiennent à aucune langue.

3» Le iatm est la principale, et même, bien peu s'en faut, l'unique source du français. Non seulement il nous a fourni la plus grande partie de notre vocabulaire , mais, ainsi que nous venons de le voir, la plupart des mots qui nous sont venus d'autres idiomes n'ont pénétré dans le nôtre que par son intermédiaire ; enfin, et c'est ce qui prouve le mieux notre étroite dépendance à son égard, nous lui devons tous les termes abstraits et Dure-

ment grammaticaux, tels que les articles, pronoms, adjectifs démonstratifs, possessifs, numéraux, qui sont pour ainsi dire Toutiliage de tonte langue.

Ce serait peu de savoir que le français vient du latin, si l'on ne savait aussi comment il en vient.

Le latin dont notre langue s'est formée n'est

Eoint celui de Gicéron et de Virgile. Ce langage ttéraire, un peu artificiel, n'a jamais été parlé par le peuple. A côté, ou plutôt au-dessous, il y en avait un autre, celui des paysans et des soldats; l'existence en est connue avec certitude, mais les échantillons en sont rares. Néanmoins, quelques fragments d'anciens textes antérieurs à l'époque où l'étude de la littérature grecque a transformé la littérature latine, certains passages des comédies de Plante, et surtout bon nombre d'expressions et de tours tirés des inscriptions, peuvent nous en indiquer la nature.

Quand une même idée se trouvait exprimée en latin par deux mots différents, l'un littéraire, l'autre populaire, c'est toujours le mot populaire qui est entré dans notre langue, ainsi qu on le voit par les exemples suivants :

LATiH LrrriaAXBi. LArnr roruuLua. taAirçiii Yerberare. Batuere. Battre.

Equus. Caballtts. Cheval,

Hcbdomas. Septimana. Semaine»

Les mots du latin littéraire, appartenant à la première colonne, ont aussi apporté plus tard d'une manière indirecte leur contingent au français. <rest ainsi que nous retrouvons verberare dans réverbérer, equus dans équitation, hebdomas dans hebdomadaire; mais il importe de bien remarquer que ces dérivés appartiennent, non à la période de formation de notre langue, mais à celle de son développement.

En effet, non seulement le français s'est formé du latin, mais il s'en est formé deux fois, et chaque fois par un procédé différent.

La première formation ou formation populaire, qui se distingue par un caractère 'instinctif, spon* tané, a été purement orale. Les mots latins, entendus par des oreilles peu délicates, répétés par des bouches inexpérimentées, ont par cela seul changé de nature, et ce latin, estropié, modifié, est devenu du roman. Nos mots français populaires ne sont donc en définitive que des mots latins mal prononcés.

Le centre des mots s'abrégeait, se contractait d'après des lois secrètes que la philologie moderne a su découvrir ; mais l'accent tonique latin, persistant à travers tous ces changements, protégeait la syllabe qui en avait été affectée (V. Accent), C'est ainsi, par exemple, qii'epistola devenait épistre, apostolus, apostre (puis épitre, apôtre, dans le courant du xvu* siècle, quand on supprima les s qui ne se prononçaient point et qu'on y substitua des accents).

Cette formation populaire eut lieu au Jour le Jour, au hasard, suivant le besoin. Elle laissa dans notre vocabulaire bien des lacunes ; souvent, par exemple, elle créa un substantif, sans se préoccuper d'en tirer un adjectif, dont on pouvait à la rigueur se passer. Plus tard, ces vidos furent en partie comblés, mais par un procédé très différent du premier. On possédait éptire et apôtre, mais on manquait d'adjectifs qui permissent de caractériser le style des épltres, la doctrine des apôtres. Le latin avait pour cela epistotans, apostnticus; on lui emprunta ces adjectifs, et pour les introduire dans notre langue, on se contenta de les transcrire tans rien modifier dans le corps du mot et en changeant seulement la terminaison.

Cette seconde formation, qui s'exécute à l'aide du secours des veux et la plume à la main, sans que l'oreille ni la voix y aient aucune part , est appelée, par opposition h la formation populaire, formation savante, parce qu'elle est particulière

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