‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 467 sur 562 · FRANÇAISE (LANGUE) — 800 — FRANÇAISE (LANGUE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE (LANGUE) — 800 — FRANÇAISE (LANGUE

aux érudits et Bnrtoat aux traducteurs. Leur procédé n'a d'ailleurs rien de scientifique. Au contraire, tandis que l'instinct populaire, obéissant à une tradition constante^ modifie les mots de façon h conserver l'accent latin, les érudits n'en tiennent aucun compte dans leur calque informe, dont la fidélité n'est qu'apparente.

Souvent cette doaole formation, populaire et savante, s'est exercée tour à tour sur un seul et môme mot latin. Cost ainsi, par exemple, que fragilU a donné d'abord fréle^ poM fragile. Dans un petit traité spécial, publié en 1688, un érudit obscur, Catherinot, appelait déjà ces doubles formes les doublets de In langue^ nom que la science moderne leur a définitivement appliqué. — (V. Doublet)

Il importe de bien remarquer que. contrairement à ce qu'on serait d'abord tenté de croire, la forme la plus ancienne (Créle) est plus différente que la plus récente i fragile) du latin fragilis.

Quoi qu'on trouve de très bonne heure quelques mots à forme savante, c'est seulement au xnr* siècle qu'ils commencent à devenir nombreux, et ils se multiplient tellement h la Renaissance qu'on s'explique l'erreur des criUaues, qui ont longtemps cru qu'ils dataient tous oie cette époque.

Quant aux mots de formation populaire, ils sont tous antérieurs au xii« siècle.

Ces deux courants du langage sont du reste demeurés distincts à bien des égards. Le peuple continue, même de nos Jours, à n'employer que les mots qu'il a faits ; à peine comprena-il les autres, jamais il ne s'en sert. Si, dans les grandes villes, il affecte parfois d'en prononcer quelquesuns, c'est avec ane sorte d'( stentation, et presque toujours sans en sentir la véritable portée. Les instituteurs doivent donc être continuellement en éveil à ré|;ard de cette langue savante, et avoir soin d'expliquer tous les mots de ce genre qu'ils emploient.

4" Vêlement germanique est, après l'élément latin, celui qui a eu la plus grande part dans la formation de notre langue. D'apj^s H. Brachet, il ne nous a pas fourni moins de 450 mots, mais, de même que pour le celtique et pour le grec, un grand nombre de ces termes ont passé par le latin avant d'entrer dans le français.

Le plus important, sans contredit, est celui de franc, signifiant au propre /i6re, qui est devenu le nom des Francs et des Français ; plusieurs autres ont aussi un grand intérêt historique ; les uns rappellent les institutions introduites par les Germams: fief, aJleUy gabelle, ban; les autres, les titres des fonctions en usage parmi eux : maréchal, marquis, sénéchal, échevin.

Du mélange, ou plutôt, suivant la pittoresque expression de Sainte-Beuve, du « broiement » de ces éléments divers, s'est formé Vancien français, qu*on a nommé langue d'oïl & cause du mot qui signifiait oui dans cette langue. C'est le même motif qai a fait donner à la laneue méridionale le nom de langue d'oc, qui a servi à désigner une de nos anciennes provinces.

L'ancien français commence avec le serment prononcé par Louis le Germanique, en 842, et s'étend jusqu'au xiv* siècle.

Son vocabulaire varie avec les localités où il est parlé. Il se divise en divers dialectes, jusqu'à ce que le langage de l'Ile de France devienne enfin le français moderne, et que les dialectes se trouvent réduits au rôle secondaire de patois.

Mais ce qui le caractérise plus encore que son vocabulaire^ c'est sa constitution grammaticale, intermédiaire entre celle du latin et celle du Avançais moderne. Nous en expliquerons la nature à Tarticle Grammaire historique.

Déjà dans cette première époque, notre langue, à cause de sa facilité, de sa clarté, éUît l'objet de

la prédilection des étrangers. On ne unratt passe sous silence le témoignage important, si souvent, mais, quelquefois, si inexactement cité, deBmaetto Latini, le maître de Dante, qui explique ainsi, dans la préface de sa vaste encyclopédie intitulée U Livres dou trésor, le motif qui lui a tait choisir la langue française : « Se aucuns demandoit por quoi cist livres est escrix en romans, selonc le lansage des François, puisque nos somes Ttaliens, je diroie que ce est por .ij. raisons : Tane, car nos somes en France ; et l'autre, porce que la pa^ ieure est plus delitable et plus commune à toutes gens. »

L'étude de notre langue suffirait pour reconstituer l'histoire des passions, des goûts, de l'état moral de la nation. La laree place qu'y tiennent les termes d'art militaire, de chasse, de fauconnerie, d'astrologie, nous instruisent de ses prédilections, de ses divertissements» de ses erreurs. Bien des mots qui appartenaient dans l'origine à un de ces vocabulaires techniques ont pris actuellement an sens tellement éloigné de leur point do départ, qu'il faut une étude assez attentive ponr les y ramener. Qui devinerait du premier coup que niait s'est dit d'abord de l'oiseau pris au nid, hagard da faucon de haie, et qu'ascendant a désigné anciennement le signe du sodiaqne qui montait à l'horizon au moment où l'on faisait l'horoscope d'un enfant qui venait de naître?

Quant aux termes étrangers qui se snperposem peu à peu aux npots anciens comme les allarioos au sol primitif, ils pourraient servir presque autant à l'histoire du pays qu'à celle de la langoe.

Peu nombreuses au moyen ftge, où Ton n'a guère à citer que les mots orientaux rapportés des croisades, ces acquisitions se multiplient outre mesure à partir de la Renaissance.

Après les guerres d'Italie, les termes empruntés à ce pays se multiplient de telle sorte qu'Henri Estienne croit devoir protester contre cet engouement dans ses Deux dialogues du nouveau langage français italianizé et autrement desgtiizé

Au XVII* siècle, à partir du mariage de Louis Xm avec Anne d'Autriche, on voit dominer les influences espagnoles auxquelles notre littérators doit le Cid.

Les guerres d'Allemagne introduisent un ce^ tain nombre de mots vulgaires tirés des langaes germaniques. Il faut bien se garder de confondre ces importations récentes, accidentelles, avec celles que nous avons signalées à l'origine même de notre langue.

La Révolution, l'Empire, la Restauration, en modifiant très profondément notre ancienne constitation politique, ont introduit dans le gouvernement, dans l'administration, dans les finances, un grand nombre de mots anglais dont queloues-uns, tels que budget (ancien français boulgette, petiie bourse), ne sont que des emprunts faits antériearement à notre langue.

Nos troupiers ont rapporté d'Algérie et accommodé à leur usage un assez grand nombre de mots arabes ; mais tout cela n'est rien à côté de cette multitude infinie de termes étrangers que les courses, le sport, comme on dit, les excursions, les voyages, les explorations géographiques amènent a chaque instant. Par bonheur, grâce aa goût, de jour en jour plus développé^ pour la fidélité historique, pour la couleur locale, ces mots conservent leur forme primitive, s'altèrent très peu, ne se francisent pas et passent dans la langue sans s'y acclimater et sans en changer sensiblement le caractère.

La liste d'ouvrages à consulter qui suit se di vise en trois parties : !• histoire de la langtte française ; 2" glossaires de Vancien français ; 8* re ueili de textes spéciaux. Peut-être sera-t-on tenté de croire que nous aurions pu nous en tenir àli

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première partie de cee indications, qui paraissent; nord-ouest aa snd-est, forme la plus longue Ujzne seules appartenir au sujet. Ce serait se méprendre i qu*on puisse tracer sur le territoire français. Elle sur le véritable caractère de Tétude historique de 1 mesure 1<)80 kil. A ses deui extrémités corresponnotre langue : elle doit surtout être pratique, elle ! dent en même temps les points extrêmes de la

doit Ôtre7alte sur les textes. Les énumérertous serait faire le tableau complet de notre littérature ; il en est beaucoup d'ailleurs qui ne sont pas accompagnés des secours nécessaires. Nous nous sommes donc borné à indiquer les recueils d*extraits en usage dans les classes, et quelques éditions d*ouTrages anciens accompagnées de lexiques. C'en est assez pour prendre une connaissance cMjàtrès sérieuse de notre langue. — V. Grammmre historique*

Oavrages à oonsulter. -> 1* Bistoibw : J.>4. Ampère, E9sa\ sur la formation de la langue française (édiu revue par P. Mever)^ — F. Géoin, Des variations du lanifage français aepuu le xii* siècle; ^ Fr. Wey, Histoire des réuobtttons du langage en France; — Edelett&nd du Méril, Essai philosophique sur la formation de la langue française; — E. Liltré, Histoire ae la langue française^ 2 Tol. ; — 0ipp. Cocberis, Origine et formation de la langue française; — Préfaces et introductions du Dictionnaire de Littré; de la Granémaire historique et du Dictionnaire ^itfmoloçigue de BracheL

2* GLuaiAiKU : Lacombe, Dictionnaire du vieux langage français^ 1767-1774, 2 vol. in-8*; — Roquefort, Glossaire de la langue romane^ 1808-1820, 3 toI. ia-8*; -- Glossaire françaxSf (dans le tome TU de rédition da Glossaire de du Cange publiée à la librairie Didot) ; — Lacume Sainte- Palace, Dittionnaire historique de l'ancien langage fran- 'Çois (en cours de publication).

3* Tbktbs : La chanson de Roland^ éd. classique de M. Léon Gautier ; — La conquête de Constantinople, de Tillebardouîn, et la Vie de saint LouiSt de Joinville, pu- i bliées par If. K. de Wailly, accompagnées d'un travail grammatical et d'un glossaire qui en rendent l'étnde fort abordable. Ponr les classesi on pent se servir des Recueils «uivants : Gnst. Merlet, Origines de la littérature française du ia« au xtw siècle, t irol. io-8* ; — trois recueils de Morceaux des écrivains du zvi* siède, publiés par MM. Biachet, Darmesteter et Batxfeld, Merlet; — enfin, dans lacollecttun d( s Grande écrivains de la France, publiée à la librairie Hnrh^tte, les écritains du XTii* siècle, qui sont aceompa* gnés de lexiques spéciaiia.

[Ch. Marty-Lareaux.]

FRANCE (Géographie). — Géographie de la France, I-VII, X. — I. OéntoaUtAs. — Situation astronomique. Points extrêmes, Dimensious, Forme, Frontières. Superficie, — Traversé par le Ab* parallèle de lat, N., notre pays, sur le globe, est situé à peu près à égale distance du pôle et de réquateur. Entre Duukerque, voisine du 51*, sur la nier du Nord, et le cap Cerbère^ qui termine les Pyrénées, du côté de la Bléditerraiiée, par

42* 30' de lat., sa plus grande longueur, dans le superbes glacière, comme dans les Alpes, sens du méridien, est de 975 kilom. Dans le sens Ce n'est pas sur Tarète principale^ mais dans le de sa longitude, sa largeur entre la pointe Saint- voisinage et en dehors de celle-ci. que s'élèvent Mathieu^ au nord de la rade de Brest, et ie ; les principales sommités des Pyrénées. Le Mont mont Donon où sa frontière nord-est se sépare : Perdu (3350 m.), à la source du gave de Pau, le ptc des Vosges, est de 890 kilom. seulement. de Néthou (3400 m.) qui est la plus hauto cime du

La France est régulièrement orientée par rap- groupe de la Malaaetki et de toutes les Pyrénées, port à ces deux lignes, qui se croisent dans le voi- ' le ptc Posets (3365 m.), qui en est voisin, s'élèvent «inagc de Paris, sa capitale. En Joignant, aux Quatre tous trois sur le territoire espagnol, au sud de la points cités plus haut, IVmbouchure de la aidas- grande chaîne. Au nord do celle-ci et du côté soot dans le golfe de Gascogne, et celle de la français» on trouve le ptc du MvH d'Ossau (2900 m«) Roya, dans la Méditerranée, auprès de Menton, au sud de Pau; le pic du Midi de Bigorre (287 5 m.J, on obtient les six sommets d'un hexagone qui | où s'élève maintenant un observatoire météorologi-

France en longitude : 7* de long. O. pour la pointe Saint-Mathieu ; 5'' 20^ de long. E. pour lo point le plus à l'est du département des Alpes-Mariûmes, un peu au nord-est de i'erobouchure de la Roya.

La diagonale qui réunit l'embouchure de la Bidassoa au mont Donon Jouit à son tour d'une propriété remarquable. C'est au sud-est de cette ligne que se trouvent tous les systèmes de montagnes, Vosges, Jura, Alpes, Cévennes, Plateau central et Pyrénées, tandis qu'au nord-ouest on ne remarque plus que les chaînes peu élevées qui séparent entre eux les bassins des divers affluents de la Manche et de TOoéan.

Comprise dans ces limites, la superficie de la France, avec Tlle de Corse, est d : 528 572 kiL carrés, la 18* partie de l'Europe, la 255* partie des terres émergées du globe.

H. Orographie. — Cest au pourtour du territoire français que se trouvent les massifs de montagnes les plus considérables, avec les cimes les plus élevées, les Alpes et les Pyrénées.

Les Alpes ont été décrites à part dans ce dictionnaire (V. Alpes),

Les Pyrénées, — Les Pyrénées se développent sur une longueur de 450 kik>m. environ entre l'océan Atlantique et la Méditerranée. Elles ne forment pas une chaîne unique, mais semblent être les deux morceaux d'une chaîne, dirigée de Touestnord-ouest à l'est-sud-est, oui aurait été disloquée dans son milieu. A l'est, les Pyrénées orientales vont du val dPÂran^ où la Garonne prend sa source. Jusqu'à la Méditerranée, sur laquelle elles se terminent par le cap Creus, A l'ouest, les Pyrénées occidentales commencent au sud du val d'Aran, et se relient aux Cantabres espagnols.

Par leur altitude, qui est en moyenne de 1500 mètres, mais dépasse rarement 3000 mètres, les Pyrénées sont un des systèmes de montagnes les plus considérables de l'Europe. Leurs contreforts, régulièrement distribués au nord et au sud de Tarôte principale, comme les folioles d'une feuille, couvrent en largeur une vingiaine de lieues. De même que la plupart des montagnes de notre hémisphère, elles tournent vers le midi, du côté de TEspagne, leurs pentes les plus abruptes. La neige n'y séjourne pas longtemps pendant l'été, et on ne trouve pas dans les Pyrénées de vastes et

■circonscrit à peu près entièrement le territoire français.

Sur trois côtés de cet hexagone, au nord-ouest, à l'ouest et au sud-est, la France baigne dans trois mers; la Manche, Vocéan Atlantique et la

que; le monf Ca'it^ou (2785 m.), dans les Pyrénées orientales.

S'il est relativement facile de traverser les Pyrénées vers leurs deux extrémités, entre Bayonne et Pampelune, ou entre Perpignan et Barcelone,

JUéditerron'^e, Sur deux autres côtés, les Pyré- ' on ne trouve au contraire dans le centre de la

nées^ au sud-ouest, les Afpes^ le Jura et les Vox' oeSy à l'est, lui forment des fï>ontières naturelles. | Le côié nord-est seulement est une limite confentionnelle, et la plaine de la Flandre, les plateaux du Hainaut ou di'S Ardennes se continuent indistinctemtmt de chaoue côté de la frontière.

La diagonale de rhcxagone entre la pointe Saint- , Mathieu et l'embouchure de la Roya, dirigée du 1 2» Pabtib.

chaîne, entre le pic du Midi d'Ossau et le Val d'Andorre, que cimes et ports fort élevés (on nomme port, dans les Pyrénées, les cols ou passages). Aucune rouie carrossable n'y a encore été ouverte. C'est dans cette partie de la chaîne qu'on visite le Vimiemale, la plus haute cime des Pyrénées françaises (3300 m.), au fond de U vallée de Cauterets ; le magnifique cirque de Gavar/iict où

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se forme le gavo de Pan, et la brèche de Roland, qai en est voisine.

Parmi les contreforts que les Pyrénées occideDtales projettent sur le territoire français, il faut signaler, autour du pic du Midi de Bigorre, le cône d*lboulcment que limitent la Garonne à Test et le gave de Pau à Voucst, et où les rivières de la Gascogne et du Béarn creusent leurs vallées divergentes.

Les Pyrénées orientales projettent entre rAriëge et VAudo un chaînon peu élevé, mais qui forme Torigine de la ligne départage des eaux entre le bassin de l'Océan et celui de la Méditerranée.

A Test de ce chaînon, les Cor bières couvrent de leurs ramiâcations le pays entre l'Aude et FAgly ; le Ganigou domine sur ses versants opposés les vallées de la Tet et de la Tech ; tandis qu*au sud de ce dernier cours d*eau, la chaîne principale se

{prolonge sous le noa d*il/6ére# jusqu'au bord de a Méditerranée.

Les Cévennes, — C'est près de Castelnaudary, au col de Naurouze^ dépression remarquable, où le bassin de la Garonne et celui de TAude ne sont séparés que par un faite de moins de ;00 mètres d'aliitude, que les Pyrénées se rattachent aux Cévennes et à la grande ligne de partage des eaux.

Depuis le col de Naurouze jusqu'à la source de l'Hérault, cetto ligne porte les noms de Montagnes Noires^ monts de VEspinouse^ monts Garrigues, Leur altitude va en s'élcvant de 500 à un millier de mètres. Leur direction générale est de l'ouest à l'est. Leurs pentes tournées au sud sont raides et généralement déboisées. Au nord, au contraire^ s'étendent les plateaux auxquels on donne le nom de causses^ et qui sont séparés entre eux par les vallées profondes où roulent le Tarn et ses affluents.

Les Cévennes proprement dites ne commencent

u'à la source de l'Hérault, pour finir à la source

e la Loire. Leur direc ion est du sud au nordnord-est, leur altitude de LSOO à 1800 mètres. Leur point le plus remarquable est le mont Lozère (17uo m.), où se touchent presque les sources du Tarn et du Lot, affluents de la Garonne, de l'Allier, affluent de la Loire, du Chassezac, de TAltier et du Gardon, tributaires du Rhône. Au Dord'oucst, entre le Lot et l'Allier, les monts de la Margeride (IbOO m,) rattachent la Lozère au Cantal et au système des monts d'Auvergne. Au nord, les monts du Velatf projettent leurs curieux soulèvements volcaniques entre l'Allier et la Loire. A l'est, les Cévennes s'abaissent en pentes raides vers le Rhône, dont les tributaires (Ardèche, etc.) ont un cours rendu torrentiel par la rapidité de leur chute.

Au mont Mézenc, d'où descend la Loire, commencent les monts du Vivarais^ qui se terminent par le mont Pilât, près de Sain^Élienne. La ligne de faite s'abaisse alors considérablement pour laisser passer la route de Saint-Étienno à Lyon. Do l'autre côté de cette dépression, les monta du Lyonnais n'ont plus que quelques centaines de mètres d'élévation. Il en est de même des monts du Beaujolais et du Charolaif qui leur font suite. Ce sont âes collines couvertes de vignobles, plutôt que de vraies montagnes. Au passage du canal du Centre, près de Montchanin, leur altitude n'est que de 81) mètres.

Au delà commence la Côte-^Or^ si célèbre par ses grands crus. Le point culminant, le mont Tasselot, entre Dijon et la source de la Seine, dépasse à peine 600 mètres.

Depuis ^a source de la Seine jusqu'à celle de la Meuse, le plateau de Longres, où TAube et la Manie naissent au milieu des forêts, ne dépasse pas 500 mèires.

La ligne de faite se recourbe alors à l'est avec ses monts Faucilles^ qui séparent les sources oppolées de la Saône et de la Moselle et de leurs

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premiers tributaires. Les monts Faudllea n'oa que de 400 à &00 mètres d'altitude, et seront bientôt franchis, près d'Épinal, par le nouveau canal de l'Est, qui doit relier la Meuse, la Moselle et la Saône.

Les Faucilles se rattachent» du côté de l'est,

aux VosgeSf dont le Ballon cTAUaee (1350 m.),

au-dessus de Belfort, forme le saillant le plas

prononcé. Tandis que les Vosges s*étendem aa

nord entre le Rhin et la Moselle, la Ugne de pa^

! tage des eaux descend au sud pour rejoindre la

, Jura. On donne le nom de trouée de Belfort an

plateau oui relie les Vosges et le Jura, et où les

I eaux se divisent entre l'Ill, afiduent du Rhin, et le

I Doubs, tributaire du Rhône. C*est là aue paue

I aujourd'hui la nouvelle frontière entre la France

et l'Allemagne.

I Le Jura, — Le Jwxt ne se compose pas de groopes étoiles comme les Alpes, ou d'une chaîne nni- I que comme les Pyrénées. Il est formé de bonrre- , lets parallèles les uns aux autres, qui s'abaisspot ' par gradins du côté de la plaine de la Bourgogne, I tandis que la chaîne la plus élevée tombe presque à pic sur les lacs de la Suisse occidentale et la vallée de l'Aar, qui leur sert de débouché de côté du Rhin. Ses sommets les plus élevés sont an sad, au-dessus du lac de Genève, où la Dôle et le Reculet atteignent de 1600 à 1700 mètres. Le ion est couvert de p&turages, où Ton fabrique des fromages excellents, et de superbes forêts de sapins. La masse de la chaîne est constituée par un calcaire blanc grisâtre, appelé calcaire iurassioue. Les eaux qui y tombent coulent dans des vallées parallèles aux chaînes principales, jusqu'à ce qu'elles trou» vent pour s'échapper un point de rupture, qui porte le nom particulier de cluse. La direction du Jura est du sud-ouest au nord-est. U sépare le bassin du Rhône de celui du Rhin, et appartient par conséquent à la grande ligne de partage des eaux de l'Europe. U forme aussi en partie la frontière entre la France et la Suisse.

Au sud du lac de Genève, ce sont les Alpes qm séparent la France de la Suisse, puis de Tltalie. Au nord de Belfort, la fronti^e entre la France et l'Allemagne est formée par les Vosges.

Les Vosges, ~ Ce sont des ballons aux formea arrondies, boisés et couverts de p&turages comme le Jura, mais constitués par des granits et des grèi rouges, dits vosgiens^ qui leur donnent un aspect plus grandiose. Cependant leur cime la plus élevée, le Ballon de Gitebwiller, sur le territoire alsacien, dépasse à peine 1 400 mètres. La directioa des Vosges est au nord-nord-est. Leur pente la

Plus inclinée est à l'est, du côté de la plaine ds Alsace. Elles forment la frontière depuis le ballon (f Alsace jusqu'au mont Donon (luuO m. eoriron), à la source de ia Sarre. Mais les eaux qv s'écoulent par leurs versants opposés vont toutes regagner le Rhin, soit directement, soit par sod affluent la Moselle.

Le plateau central. — Entre la Loire et le Lot, aP iluent de la Garonne, la France centrale forme on plateau élevé que dominent quelques groupes de montagnes remarquables. Les monts aAuvergne, dont le Puy-de-Dôme, le Mont Dore^ etlùPlomodu Cantal constituent les principaux noyaux, sont d'origine volcanique et se dressent du nord an sud entre le bassin de la Loire et celui de la rordo- Kue. Le Mont Oore. avec ses 1886 mètres d'altitude, est la cime la plus haute de rintérieor de notre pays. Le Plomb du Canul est presque aussi éleTé. A l'ouest, la ligne de faite entre les deux bassins de la Loire et de la Garonne se continue par les monts de la Marche et du Limousin (800 m.}, si bien nommés plateau de MUlevaches, à cause des troupeaux qui y pâturent. Puis, au delà de la dépression qui laisse passer la route de Tours à fio> deaux, la ligne de faite/ a une nouvelle saillie pr»*

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noncée dans \e plateau de Gaiine (280 in.)i entre la Sèvre nanuise et la Vendée.

Au sud des monts d'Auvergne, le plateau ceninl porte les monts d*Aubrac (1500 m.), couverts de troupeaux de montons, sur la rive droite du Lot. Puis, au delà des monts de la Margeride et da Velay, dont nous avons déjà parlé, les monts du Forez forment, entre la Loire et i*Allier, une cbalne de partage, dont quelques sommets s'élè- Tent jusqu*à 1800 mètres.

Le Morvan. — Entre la Loire et la Seine se dresse rimportant massif granitique du Mot van, tout couvert de forôts et rempli de gracieux ruisseaux aux eaux murmurantes. Le Morvan se rattache du côté de Test à la CÔte-d'Or et à la ligue de partage des eaux. Son point culminant, entre Autun et Château-Chinon, atteint 8&0 mètres.

Mais le sol s'abaisse rapidement entre TYonne et la Loire. Les deux bassins de la Seine et de la Loire ont été facilement reliés dans cette rd* gion par les canaux du Nivernais, de Briare et d^Orléans. Le plateau d'Orléans est une plaine et non pas un système montagneux.

Le Perche. — Au delà du plateau d'Orléans, on retrouve dans le Perche, entre les sources opposées de TEure, affluent de la Seine, du Loir et de THuisne, tributaires de fa Loire, un terrain très mouvementé. Entre les sources de TOrne et de la Mayenne, l'altitude de quelques sommets dépasse 400 mètres.

La Bretagne» — Ce soulèvement se prolonge au nord-ouest pour former le noyau de la presqu'île de Cotentin, et à l'ouest pour former les monugnes de la Breugne. Au delà de la dépression où passe le canal dlUe-et Rance,entre Rennes et Saint-Malo, les monts granitiques de Mew^f au sud de Saint-Brieuc, atteignent 350 mètres. Les montagnes cfArrée, qui vont finir sur la rade de Brest, et les montaanei Noires, qui dominent la baie de Douarnenez de leurs rudes escarpements, ont aussi p\\k9. de ;iOO mètres. Ce sont des plateaux sauvages couverts de landes, de bruyères et de mauvais pâturages.

L'Argonne et les Ardennes. -— Entre la Meuse et l'Aisne et autres tributaires de la Soine. la ligne de faite est peu élevée. Mais VArgonne, entre Verdun et Sainte-Menehould, mérite d'être citée à cause de son importance comme ligne de défense en cas d'invasion. Au nord, l'Argonne se continue par les plateaux froids et boisés des ArdenneSf qui s'étendent jusqu'en Belgique.

m. Hydrographie. — Le Rhône, la Loire et la Garonne ont chacun un bassin nettement circonscrit. On n*en pourrait dire autant de la Seine, qui a été facilement reliée aux fleuves voisins. De plus, les principaux affluents de ce fleuve, au lieu de le grossir successivement en divers points de son cours, viennent converger vers Paris, qui se trouve ainsi mis en communication naturelle et directe avec la Flandre et la Belgique, la Champagne et la Lorraine, la Bourgogne et le bassin de la Loire, la Normandie et la mer. C'est cette position exceptionnelle qui a fait de Paris un centre d'attraction et lui a valu le rôle de capitale. A ce pôle d'attraction on peut, au contraire, opposer le pôle de répulsion du plateau central, où la rudesse du climat rend la vie pénible aux hommes, et où les vallées, qui en descendent vers les divers points de l'horison, les Invitent à aller chercher fortune dans des pays plus favorisés du ciel.

La Seimb. — Le bassin de la Seine couvre 7800 kil. carrés, la septième partie de la France environ, entre les bassins de la Loire, du Rhône, de la Meuse, de l'Escaut, do la Somme et de l'Orne, ou autres fleuves secondaires. Depuis sa source, située dans les montagnes et le département de la Côte-d'Or, jusqu'à son embouchure dans la Manche entre le Havre etHonfleur, le fleuve par-

court 800 kil. et descend de 470 mètres. Sa direction générale est du sud-est au nord-ouest ; mais les hauteurs de la Brie lui font décrire une

frande courbe vers le sud, entre le confluent de Aube et Paris ; et depuis cette ville jusqu'à la mer, la Soine parcourt de nombreux méandres entre les collines qui la bordent à droite et à gauche.

Par la régularité de son débit, qui ne descend iamais trop bas (à Paris, 250 m. c. par seconde pour le débit moyen, 75 m. c. àrétiage,4S m. eau minimum), par la nature de son lit, débarrassé de roches ou obstacles gênant la navigation, par la faiblesse de son courant, que les bateaux remontent sans grandes difficultés, la Seine se prête admirablement aux besoins du commerce. Elle est navigable sur plus de 650 kil., depuis Bar-sur^Seme, au moyen du canal de la Haute-Seine; les navires de fort tonnage remontent maintenant depuis la mer jusqu'à Rouen ; et on se propose , au moyen de nouveaux travaux,d'obtenir un tirant d'eau de 3 mètres Jusqu'à Paris, pour permettre à cette ville de recevoir directement ses approvisionnements venant d'outremer. De plus, un canal commençant à Tancarville, en amont de Testuaire maritime, conduira directement dans le port du Havre les bateaux de rivière venus de tous les points du réseau de la navigation intérieure et auxquels leur construction ne permettrait pas d'afl'ronter les dangers de Tembouchure du fleuve.

Paris, Rouen et le Havre formeront alors effectivement a une seule ville dont la Seine sera la grande rue ».

Ces trois villes sont les trois principaux centrei de commerce et de population bâtis sur les bords de la Seine. En amont de Paris, celle-ci arrose Troyes; Montereau-fault-Yonne, au confluent de l'Yonne ; Moret, où aboutit le Loing et le canal qui conduit à Briare et Orléans sur la Loire ; Melun ; Corbeil, où aboutit l'Essonne ; Charenton, où arrive la Marne. Entre Paris et Rouen, la Seine dessert les usines de Saint-Denis et d'Argenteuil, passe au pied de Saint-Germain, à Poissy, Mantes, Vernon, Élbeuf.

Af/lupits fie la Seine. — Les principaux affluents de la rive droite sont VAube, qui aboutit entre Méry et Nogent-sur-Seine ; la Marne; VOise (grossie de Y Aisne), qui tombe entre Saint-Germain et Poissy ; ÏEpte, qui baigne Gournay et Gisors. A gauche, la Seine reçoit : l'Yonne, le Loing, VES' sonne qui descend du plateau d'Orléans ; VEnre, qui descend du Perche et arrose Chartres et Louviers; la Rille, qui passe à Laigle et Pont-Audemer et aboutit dans l'estuaire du fleuve à Quillebœuf.

La Marne, le plus long des affluents de la Seine (500 kil.), coule du sud an nord par Langres, Chaumont, Saint-Dizior ; puis à l'ouest par vitry, où aboutissent la Saulx grossie de i'Ornain et le canal de la Marne au Rhin qu'ils alimentent, Chàlons-sur-Marne, Epcrnay, Mcaux. La Marne reçoit, par sa droite, VOurcq en amont de Meaux, et par sa gauche le Morin venant de Goulommiers, entre Meaux et Lagny.

L'Oûtfn'a que 300 kil. de parcours. Mais, pour la navigation, c'est le plus important des affluents de la Seine. Elle naît en Belgique, près de la frontière française, coule à lï>uest Jusqu'à Guise, puis au sud-ouest Jusqu*à son confluent. Elle passe par la Fère, Tergnier, où aboutit le canal de Crozat venant de fa Somme, Chauny, Compiègne, où elle reçoit, par la gauche, l'Aisne, le plus important de ses tributaires, Creil et Pontoise.

L*ilifne,pre8que aussi longue que l'Oise (380 kil.), coule au nord-nord-ouest depuis sa source jusqu'au point de réunion avec le canal des Ardennes, entre Vousiers et Attigny. Elle se dirige en-

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Balte à Touest par Rethel, Berry-au-Bac, où aboutit lo canal de TAlsno à la Marne, et Soissons, au-dessus duquel elle se grossit de la Vesie^ la rivière de Reims.

L* Yonne, un peu moins longue que TAisne, se forme dans les monts du Morvan, descend au nordnord-ouest par Clamecy, où arrive le canal du Nivernais ; Gravant, où elle reçoit par sa droite la Cure, rivière d'Avallon ; Auzerre; la Roche, où débouche VAt'fnançon avec le canal de^ Bourgogne. Un peu en amont de la Roche, TYonne reçoit, toujours par sa droite, le Serein, qui passe à Chablis. Toutes ces rivières grossissent rapidement lorsque des pluies tombent sur le sol granitique et imperméable du Morvan. L*Yonne, après avoir passé encore à Joigny et h Sens, apporte à la Seine une masse d'eau plus considérable que celle du fleuve lui-même. C'est aussi du côté de r Yonne que se trouve la ligne de. navigation la plus suivie, le canal de Bourgogne.

Le Lomoy qui vient de Montargis, tire son importance des canaux qui joignent la Loire, à Briare et à Orléans.

Bassiks secondaires au nord i>e la Seine. -^ Tributaires de la Manche, — Au nord de la Seine, les principaux cours d*eau que reçoit la Manche, sont : V Arques, qui tombe dans le port de Dieppe ; la Bresle, qui aboutit au Tréport, après avoir formé la séparation entre les deux départements de la Seine-Inférieure et de la Somme ; la Somme, qui naît près de la grande ville industrielle de Saint- Quentin, où convergent les canaux réunissant la Somme, TOise et 1 Escaut; puis coule à travers une vallée remplie de tourbières, où sont la place forte de Péronne, la grande ville d'Amiens, et enfin Abbeville, d'où un canal maritime aboutit à la large baie qui se découvre au loin à marée basse.

Au nord de la Somme, VAuthie forme la limite entre les deux départements de la Somme et du Pas-de-Calais ; la Canche passe à Montreuil, la Liane à Boulogne.

Tributaires de la mer du Nord. — VAa, —Dans la mer du Nord tombe VAa, qui passe à Saint- Omer et sépare les deux départements du Pas-de- Calais et au Nord jusqu'à son embouchure à Gravelines. L'importance de TAa vient des corn-, munications navigables qu'il établit entre les ports de Calais, Gravelines et Dunkerque, d*ane part, avec les canaux du Nord et du Pas-de-Calais, qui conduisent à Paris ou en Belgique.

VEscatU, — VEseaut, qui n'appartient à la France que par une petite partie de son cours, naît dans le département de TAisno, au nord de Saint-Quentin, et se dirige au nord par Cambrai et Valendennes, avant d'entrer en Belgique. 11 se grossit à gauche de la Sensée et, sur la frontière de la Belgique, de la Scai-pe, qui passe à Arras, à Douai et à Saint-Amand. L'affluent le plus considérable de l'Escaut, la Lys, a aussi sa source en France, au-dessus d'Aire dans le Pas-de-Calais. Elle reçoit à droite la Deule^ et forme, sur une partie de son cours, la frontière entre le département français du Nord et la province belge de Flandre occidentale.

L'Escaut, la Sensée, la Scarpe, la Lys et la Deule sont tous canalisés.

La Meuse. — Le bassin de la Meuse n'occupe, en France, que la dixième partie de celui de la Seine. Le fleuve, qui se forme au nord du plateau de Langres, coule entre deux chaînes de hauteurs voisines et parallèles entre elles, qui le séparent, à, droite^ du bassin de la Moselle, et, à gauche, de ceux de la Marne et de l'Aisne. Sa direction générale estau nord-nord- ouest: la longueur de son parcours en France est de 4:>0 kll. environ, dont la moitié navigable. Il passe à Neufchâteau, Domrémy, Vaucoulenrs, célèbres dans notre histoire nationale, à Pagny, où il se sépare du nouveau canal de l'Est

et traverse celui de la Marne au Rhin, à Com mercy, Verdun, où le lit de la Meuse couimence à devenir naturellement navigable , à Bazelllcs, en amont duquel il reçoit, par la d^ite, le Chiert, qui vient dee plateaux boisés du Luxembourg; à Sedan. de triste mémoire; àMézières, Charleville, et Givet, où il entre en Belgique. Is, vallée qu'il parcourt entre ces deux dernières villes est réputés pour les sites pittoresque» qu'elle offre. Entre Sedâa et Mézières aboutit le canal des Antennes, qui sa joint à l'Aisne. Le nouveau canal de l'Est, suivant ou absorbant la Meuse depuis Pagny jusqu'en Belgique, établira bientôt une eommunicatiofl facile entre cet État et les départements de l'est de la France.

La Sombre. —Le plus grand affluent de la Meuse, la Sambre, prend sa source en France, sur la limite des départements de l'Aisne ec du Pas-de- Calais, et baigne Landrecies et Maubeuge en France, avant d'entrer en Belgique. C'est nn important élément de notre réseau navigable.

Bassins secondaires de la Manche ▲ l'ocest dk LA Seine. — Parmi les fleuves secondaires qui tombent dans la Manche, à Touest de la Seine, il faut citer : la Touques, qui parcourt la fertile vallée d'Auge, passe à Lisieux et aboutit dans la mer entre Trouville et Deauville; la Dives^ àl'eisboDchure de laquelle Guillaume le Conquérant reçoit la flotte qui le conduisit faire la conquête de l Angleterre, en 1066; VOrne, qui prend sa source» nord d'Alençon, passe à Séez, Argentan et Caen, d'où un canal conduit les navires dans la Manche; la Vire^ qui parcourt de gracieuses campagnes et de fertiles herbages, passe à Saint- L6> et tombe daai la mer à Isigny ; la Douve, qui passe à Carentan. De l'autre c6té du Cotentin, la baie du Mont Saint- Michel reçoit la Sée, qui vient d'Avranches, la Selune, le Couesnon, (lui passe à Fougères et Pontor son, et sépare le département de la Manche de celui d'Ille-et-Vilaine.

La Rance. — La Rance, le cours d'eau le plos important du versant septentrional de la Bretagne, descend des monts de Mené dans les Côtes-du-Nord, coule à l'cst^ puis au nord, se relie par un canal avec riUe et la Vilaine, passe à Dinan, et forme nn estuaire large et profond avant de tomber dans U mer entre Saint- Servan et Saint-Malo, sur sa rive droite, et Dinard, sur sa rive gauche.

Au delà de la Banee, U n'y a plus, Jnsqnl l'océan Atlantique, que de petits cours d'eau ; Tirguenon, qui tombe dans la baie de la Fresnaye, le Trieux. <}ui passe à Guingamp, les petites rivières de Saint' Bneuc, de Lannion, de Morlaix, qui mettent ces villes en communication avec la mer.

Bassins seconoaibes ob l'Atlantique. — Du côté de l'océan Atlantique, la rade de Brest reçoit VAune ou rivière de Ch&teauliji, qui viefitdes montagnes d'Arrée. Les montagnes Noirca alimentent Vudet, qui passe à Quimper, et le Scorff, qni tombo dans la mer à Lorient, à la droite du Blatet, Celui-ci naît dans le département des Côtes-da- Nord, forme, de même que l'Aulne, l'Ouat et llsac, affluents de la Vilaine, et l'Erdre, tributaire de la Loire, une partie du canal de Nantes à Brest, passe à Pontivy et tombe dans l'Océan entre Lorient et son annexe Port-Louis.

La Vilaine. -- La Vilaine, le plus long fleuve de la Bretagne (320 kilom.), prend sa source dans le département de la Mayenne, coule à Touest par Vitré et Bennes, où elle reçoit, sur sa droite. Ville, descend au sud Jusqu'à Redon, où elle se grossit à droite de VOust^ reçoit un peu plus loin, sur la rive opposée, VIsnc, tourne à l'ouest, et tombe dans rOcéan, au-dessous de la Roche-Bernard, où elle est franchie par un magnifique pont.

La Loire. — La Loit*e occupe le centre de la France ; c'est le plus long de nos fleuves (près de lOUO kilom.), et son bassin couvre plus de la cia-

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qaième partie de notre pays. Mais rirrégnlaritë de i où il reçoit & gauche la Sèvre Nantaise^ et à drdlte son débit, les caprices de son cours, le peu de pro- VErdre avec le canal de Nantes à Brest. Les gros fondeur de son large lit, Tempêchent de former la navires né remontent plus à Nantes, qui a conplus importante artère fluviale de la France, comme serve néanmoins les maisons de commerce et les la carte pourrait le faire croire à première vue. usines.

La Loire naît dans les Cévennes, près du Mézonc, La Loire, poursuivant son cours, embrasse Tlle au pied du Gk)rbier^es-Joncs, ancien volcan qui fait d*Indret. où se ftibriquent les machines de la ma* partie des monts du Vivarais. Sa source est à rine nationale de guerre. LAcheneau lui amène à 1400 m. d*altitude. La Loire descend rapide- gauche les eaux du lac de Grand-LieUé Du même ment, entre les monte du Vivarais et du Velay qui côté se trouve Paimbœuf, l'ancien avant-port' de la poussent au sud, à Touest, et enfin au nord, Nantes , aujourd'hui délaissé pour Saint-Nazaire, et près du Puy elle n'est déjà plus qu*à 600 m. dont on a récemment crensé le port sur la Ave Bans toute cette partie supérieure de son cours, elle opposée.

ne reçoit que des torrents. A Saint-Rambert, près Affluents delà Loire, — V Allier^ le plus long des

de Saint-Etienne,^ elle débouche dans la plaine du affluents de la Loire (375 kilom.), partage son allure

Fores, oti elle forme encore des rapides. A Roanne, torrentielle. Né dans la forêt de Mercoire, entre les

par 275 m.^ elle entre définitivement en plaine, monts de la Margerlde et le mont Lozère, il des-

et devient navigable grâce à un canal latéral. A cend rapidement dans une goi*ge étroite et pitto-

drolte les monts du Lyonnais la séparent de la resque, entre les monts du Velay, à droite, et oeux

Saône, à gauche les monts du Forez se dressent! de la Margeride, à gauche. Sa direction générale est

entre elle et son affluent r Allier. A Digoin, elle re- au nord. A Brioude, il débouche dans la fertile

Qolt le canal du Centre qui vient de la Saône et qu'a- plaine de la Limagne, reçoit, en dessous des mines

limante la Bourbince^ affluent de VArroux, Celui-ci, de houille de Brassac, VAlagnon que lui envoie le

descendu de la Côte d'Or, passe par Aatun et a son Cantal, passe à Issoire, reçoit un peu au-dessus de

confluent an peu en aval de Dlgoin. Le fleuve tourne Vichy la Dore, qui vient d'Ambert et s'est elle-même

alors à l* ouest, puis au nord, reçoit à Decize l'^lron, grossie de la DitroUe. C'est ce dernier petit torrent

qui alimente le canal du Nivernais, puis se dirige à qui met en mouvement les usines de Tmdustrieuse

1 ouest vers Nevers, où tombe la Ntèvre, ville do Thlers. De Vichy, l'Allier arrive à Saint-Ger-

G'est un peu en aval de cette ville, par 172 m. main des Fossés, se grossit à gauche de la Stou/^ que

â*altitQde, que la Loire se grossit de V Allier^ dont lui envoie le versant occidental du Puy-de-Dôme,

elle prend la direction vers le nord. passe sous le beau pont de Moulins, et se réunit à la

Le fleuve occupe dès lors un large lit, où il pro- Loire près de Saincaize, en dessous de Nevers. mène ses eaux capricieuses. Tantôt on n'y voit que Le CÂer naît sur les plateaux qui relient les de maigres filets d'eau laissant entre eux de vastes monts de la Marche à ceux de l'Auvergne. Il ooule places de sable, tantôt c'est un courant impétueux au nord vers Montluçon, où commence le canal du qui déborde même par-dessus ses digues pour | Berry. A Saint-Amand il reçoit à droite la Mar" envahir les campagnes voisines. On a vu la Loire | mander dont la vallée conduit le canal vers Bourges rouler jusqu'à 300 fois le volume d'eau auquel et vers la Loire . Le Cher se retourne alors au nordellc se réduit pendant son étiage. A Orléans, elle ouest, puis i l'ouest, sa direction définitive, et reçoit n'a quelquefois que le tiers de ce oue la Seine àVierzon, par sa droite, ITi^r^, grossie del'yl uron. fimène à Paris à l'époque de ses plus basses eaux. Ces deux dernières rivières st^ réunissent à Bourges, Entre Nevers et Orléans, la Loire reçoit à gauche, ville en amont de laquelle le canal du Berry est en face de Fougues, YAubois, qui alimente une alimenté par l'Auron^ pour suivre ensuite ITèvre branche du canal du Berry. Elle passe ensuite à la jusau'à Vierzon. Le Cher reçoit encore à droite la Chaiiié. au pied de la colline de Sancerre, à Cosne, ^ SauldrCt qui passe ù Romorantin et draine les eaux àBriare.où aboutit le canal conduisant à la Seino,à , d'une partie de la Sologne, contrée couverte d'é- Gien, où elle tourne de plus en plus à l'ouest. tangs, de bruyères, de terres peu fertiles ; puis il

A Orléans débouche un nouveau canal. C'est le passe sous le château de Chenonceau et se Jette point le plus septentrional que la Loire atteigne dans la Loire en dessous de Tours. Nous avons dit, dans son cours, celui où ello se rapproche da- à propos de cette ville et du cours de la Loire, comvantage de Paris et du cours de la Seine. Aussi Orléans a-t-il toujours eu une grando importance

commerciale et stratégique.

A partir d'Orléans, la Loire coule au sud-ouest; elle reçoit bientôt à gauche le Loiret, qui n'est probablement qu'une dérivation souterraine du fleuve. Elle laisse Beaugency ot Blois sur sa rive droite, Amboise sur sa rive gauche, et passe à Tours, bâtie entre la Loire et le Cher, son affluent de gauche. Ces deux rivières, qui pendant les inondations enveloppent entièrement la ville, se réunissent ordinairement entre Tours et Langeais, ffientôt après, la Loire reçoit, du même côté, VIndre, qui Tient des montagnes de la Marche par La Châtre, Châteauroux et Loches. L'Indre et l'affluent suivant de la Loire, la Vienne, drainent la Brenne, contrée marécageuse couverte d'étangs, qui s'étend dans l'ouest du département de l'Indre.

Au confluent de la Vienne, la Loire se retourne au nord-ouest jusque près desPonts-de-Cé. Dans Tintervalle, elle passe à Saumur, où tombe le Thouet, qui vient des hauteurs de la Gatine et se grossit de la Dive.

La Maine, formée à Angers de la réunion du Loir, de la Sar/Ae et delà Moyenne, tombe dans la Loire en dessous des Ponts-de-Cé. Le fleuve coule dès lors à l'ouest, laisse à gauche Chalonnes et ses mines de houille, à droite Ancenis, arrive à Nantes,

bien ses inondations sont dangereuses.

La Vienne, presque aussi longue que l'Allier, naît sur le versant septentrional du plateau de Millevaches, coule à l'ouest par Limoges, Saint-Junien, se retourne au nord^ passe à Confolens, à Châtellerault, où elle se grossit par la gauche du Clain, la rivière de Poitiers. La Vienne reçoit ensuite à droite la Creuse, Celle-ci naît aussi au plateau de Millevacbes, coule au nord-ouest par Aubusson, Argenton et Le Blanc, se grossit, à droite, de la Petite Creuse qui vient de Boussac, et à gauche, de la Gar tempe

2ui passe à Montmorîllon. En dessous du confluent e la Creuse, la Vienne tourne au nord-ouest et passe à Chinon, avant de se réunir à la Loire.

Le Loir se forme dans le Perche et coule au sudouest par Châteaudun, Vendôme et la Flèche avant de se réunir à la Sarthe, Celle-ci, née vers l'extrémité septentrionale du Perche, descend au sud-ouest jusqu'à Alençon, tourne au sud, passe au Mans, où elle reçoit par la gauche VHtnsne qui vient de Nogentle-Rotrou, décrit do nombreuses sinuosités au sudouest et au sud, passe à Sablé, reçoit par la gauche le Loir, et se réunit à la Mayenne au-dessus d'Angers.

La Mayenne se forme à l'ouest d'Alençon, dans les collines qui relient le Perche au Cotent^n, coule à l'ouest, puis au sud par Mayenne, Laval et Château-Gonthier.EUe se grossit à droite de l'Oiuf on,

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qui passe à Segré, et prend le nom de Maine à A.ngers en se réunissant à la Sarthe.

Bassins SECONDAIRES ENTRE la Loire etlaGaronnk — Entre la Loire et la Garonne les principaux fleuves :ôtiors sont, du nord, au sud : le Lay, qui reçoit à droite ITon, dont le cbeMieu du département de la Vendée tire son nom actuel, la Roche-sur- Yon ; la Sèvre Nioriaise, qui passe à Niort et reçoit à droite la Vendée venant de Fontenay-le-Comte ; la Charente^ le plus considérable des cours d*eau entre la Loire et la Garonne.

La Charente prend sa source dans les monts du Limousin , près de Rochechouart, coule au nord-ouest jusqu'à Givray, redescend au sud Jusqu'à Ângoulème, coule ensuite àTouest, puis au nord-ouest par Jarnac, Cognac, Saintes, Taillebourg et Rochefort, où elle est assez profonde pour recevoir des vaisseaux de guerre. La Charente reçoit à gauche, au-dessus d'Angoalôme^la Tarefoire grossie du Bundiat^ dont une pa te du cours est souterraine. La Touvre^ qui se joi it à la Charente près d'Angoulème après un cours de quelques kilomètres seulement, et qui f it mouvoir les usines de Ruelle, semble être Tissue de ces eaux disparues du Bandiat.

Plus loin la Charente se grossit, à droite, de la Boutonne, qui passe à Saint- Jean d'Angély. La Charente a parcouru plus de 350 kilomètres lorsqu'elle débouche dans la mer en face de Tllc dOléron.

Vis-à-vis de la pointe méridionale de cette lie aboutit le petit fleuve de la Seudre, qui finit à Marennes.

La Garonne. — La Garonne^ dont le bassin couvre en France près de 80 000 kilomètres carrés, naît dans le val d'Aran en Espagne, sur le revers méridional des Pyrénées orientales. Elle décrit une courbe, au sud, à Touest, puis au nord, avant d'entrer en France au Pont-du-Roi, par 600 m. d'altitude. C'est dès lors une rivière flottable, qui se grossit bientôt de la Pique de Luchon. A Montréjeau, elle reçoit par la gauche la Neste, et se retourne au nord-est pour gagner Muret et Toulouse. Dans ce trajet, elle reçoit à droite plusieurs affluents importants : le Salaty qui passe àSaint-Girons ; VAriègp, qui traverse, du sud au nord-nord-ouest, le départedlent auquel il donne son nom, en arrosant Ax, Tarascon, Foix et Pamiers. A Toulouse, la Garonne se joint au canal du Midi venant de la Méditerranée, et qui se prolonge vers l'ouest parle canal latéral. Le fleuve prend la direction du nord-ouest, reçoit par la gauche les rivières descendues du plateau de Lannemezan à travers les coteaux de l'Armagnac : la Save^ qui passe à Lombez, la Gimone^ VAt^ats, le Gers, qui arrose Auch et Lectoure, la Bafse, qui passe à Co idom et Mirande. Toutes ces rivières descendent en éventail à travers le remarquable cône d'éboulement que limitent à l'est le cours de la Garonne, et à l'ouest celui de l'Adour. Sur sa rive droite, la Garonne se grossit du Tamt arrive devant Agen, où le canal latéral passe de la droite à la gauche du fleuve, reçoit le Lot à Aiguillon, passe à Tonneins, Marniande, La Réoie. A Castets finit le canal latéral, et la navigation se poursuit dans le lit du fleuve. A Bordeaux, la largeur de la Garonne est de 600 m. La marée s'y fait sentir et y pousse les navires de mer à 100 kilomètres de l'Océan. Après Marseille et le Havre, c'est notre port de commerce le plus important. En dessous de Bordeaux, la Garonne va en s'élargissant encore. Au Bec d'Ambez, elle reçoit par la droite la Dordogne, le plus long et le plus considérable de ses affluents, et change son nom contre celui de Gironde.

La Gironde laiHse ensuite à droite Blaye et, sur la rive opposée, Pauillac, qui sert d'avant-port à Bordeaux et .où s'arrêtent les plus grands navires. Du môme côté, la rade du Verdon, près de l'embouchure, est abritée du large par la pointe de Grave, qui marque la borne méridionale de l'es-

tuaire. Vis-à-vis se trouve Royan avec ses baîni de I mer. Au milieu du fleuve, la tour de Cordeau porte le phare qui en signale l'entrée.

Affluents de îa Garonne. — Le Tarn, qui prend sa source au mont Lozère, coule d'abord dans une vallée profonde, encaissée par lea plateaux des Causses. Il passe près de Floi*ac, et à Millau oà il reçoit la Dourôie, descendue des GéYennes. Ploi bas et toujours sur la môme rive arrive U Dour- , dou, grossie de la Sorgue de Saint-Affrique. Coo- I tinuant sa course vers l'ouest, le Tarn passe à Albi, Gaillac, Rabastens, Saint-Sulpice, où tombe VAgovt. Celui-ci, qui vient des monts de TEspinouse, se erossit à Castres du Thoréf qui dessert les draperies de Mazamet, et en dessous de Lavaar, du uad.iL Au delà du confluent de l'Agout, le Tarn prend la direction du nord-ouest, que suivait son affluent, passe à Montauban, reçoit, par la droite. VAvegron, et tombe dans la Garonne en dessous de Moissac.

j VAveyron^ qui naît dans les Causses, coule à

l'ouest par Rodez, Villefranche, descend au sud jus-

i qu'au confluent du Viaur, dont la source, voisine de

I la sienne, est dans le Levezou, puis coule à l'oa-a

jusqu'à sa réunion avec le Tarn.

Le Lot prend sa source au nord du mont Lozère, d'où descendent vers les quatre points de iltorizon tant de rivières difl'érentes. il coale à l'ouest par Mende et Ëspalion, reçoit à Entraj -rcfi la Truyère, qui contourne au nord les monis'd Âabrac, dont le Lot vient de suivre le vers^nc sad. Cette rivière reçoit ensuite, adroite, le Ce/^.rlvièro de Figeac, passe à Cahors, décrit de trcs nombreux méandres entre cette ville etVillenruve, et I tombe dans la Garonne à Aiguillon, après 480 kilom. I de cours .

I La Dordogne, un peu plus longue, naît au Mont Dore, en Auvergne, coule dans une gorge sinueose ' et profonde souvent bordée de hautes colonnadet I de basaltes, reçoit à gauche la Cère, qui de&cend ' du Cantal à travers une des plus pittoresques vallées de l'Auvergne. A partir de ce confluem, la Dordogne coule à Touest, et reçoit, par la droite, li Vézh^e, descendue du plateau de Millevaches avec >uq tributaire le plus important, la Corrèze* Cette dernière passe àTuUe et à Brives, les deux villes les plus considérables du département au(^uel elle donne son nom. La Vézère passe aux Ëyzies, petite commune où l'on a retrouvé des restes remarquables de l'âge du renne. La Dordogne réunie à la Yéière passe à Bergerac^ Castillon, Liboumo, où elle porta des vaisseaux marchands amenés par la marée, et où elle se grossit, par la droite, de VIsle. Celle^i, qui arrose Périgueux, descend des monts du Uinousin, de même que la Dronne, qui se réunit à elle à Centras.

Bassins secondaires du golfe de Gascogne.— Lm cours d'eau tributaires de l'Océan, au sud de U Garonne, sont : le Leyre, rivière do la plaise des Landes, qui aboutit dans le bassin d'Arcachon; VAdour^ dont l'embouchure actuelle est voisine de Bayodne ; la Nivelle, qui tombe dans le port de Saint-Jean de Luz ; et la Bidassoa, qui forme U frontière entre la France et l'Espagne. Toutes ces rivières descendent des Pyrénées.

L'Adour. — VAdour est d'abord un torrent, qui naît à l'est du pic du Midi de Bigorre, an Toormalet, par 1930 m. d'altitude. Il descend rapidement au nord dans la vallée de Campan, travend Bagnères, débouche en plaine, se partage en plosieurs branches, qui arrosent les vertes prairies de Tarbes, reçoit, à droite, VArras, tourne au nordouest, puis à l'ouest, passe à Aire,' Saint-Sever, reçoit, à droite, la Midouze, rivière de Mont-de-Marsin, descend au sud-ouest, reçoit, en dessous de l)iXi par sa rive gauche, le Luy, et un -peu plus loin la Gave de Pau, qui roule plus d'eau que ïkàovt même, puis la Bidouse, et enfin la Nt«M» qui coi)fla<)

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à Bayonne . L*Adoar forme à son embouchnro une barre difficile à franchir et qui nuit au commerce du port de Bayonne.

Le Gave de Pau, qui descend de Gavarnîe par Argclès, déboacbe en plaine à Lourdes, tourne au nord-ooest, passe à Pau, Orthex, reçoit à Peyretiorade le Gave (fOloron, grossi du Saison, qui arrose Mauléon, et se réunit près de là à TAdour, après lin cours de 175 kilom., près de la moitié de celui de ce fleuve.'

Ba&SINS SECONDiIRBS DE LA MÉDmRRiNÊB. — LCS

Pyrénées envoient à la Méditerranée: le Tech, qui coule entre les Albères, au sud, et le Canîgou, au nord, et passe àCéret; la Tet, qui descend du pic de Carlitte comme TAude, passe au pied du fort de Mont-Louis, à Prades et à Perpignan; VAgly, nui arrose Rivosaltes. Toutes ces rivières coulent te Touest à Test.

VAude coule au contraire du sud au nord par Quillan etLimouz1usqu*àCarcassonne. Elle se Joint là au canal du Midi, puis tourne à Test, laisse Narbonne sur sa droite, et tombe dans la mer au sud de Béziers.

VOrb, qui traverse cette dernière ville, vient des monts Garrigues au nord de Lodève, coule au sudouest par Bedarieux jusqu^à sa réunion avec le Jaitr^ puis tourne brusquement au sud-est, direction qu'il conserve Jusqu'à la mer.

VHérault naît au mont Aigoual dans les Cévonnes, et descend rapidement au sud par Ganges^ Pézénas et Agde. Près de cette dernière ville il tombe dans la Méditerranée.

A Texception du Lez, qui sort d'une source importante près de Montpellier, tous les cours d'eau de cette région des Cévennes, auxquels il faut ajouter la Vidourle, qui passe près de Lunel et d'Aigues- Mortes, ont l'allure éminemment torrentielle et grossissent énormément à la suite des orages.

Four rester ensuite prosqn'à sec plusieurs mois de année.

A l'est des Bouches-du-Rhône, Vétang de Berre reçoit VArc, qui passe près d'Aix, et sous l'aqueduc de Roquefavour.

VArgens, traversant en sens opposé, de l'ouest à Test, le département du Var, tombe dans le golfe de Fréjus. Le Var, qui formait la frontière entre la France et le Piémont avant l'annexion du comté de Nice, prend sa source à 1800 m. dans des gorges sauvages voisines du pic de l'Enchastraye, où les Alpes Maritimes se soudent aux Alpes CottienneSk II descend rapidement au sud, tourne à l'est, passe au Puget-Théniers. reprend la direction du sud, que lui imprime son affluent la Tinée, et parcourt une vallée tout encombrée des galets qu'il a roulés dans ses crues, avant de tomber dans la Méditerranée à l'ouest de Nice.

Le Rhôns. — Le Rhône, dont le bassin occupe plus de 100 000 kilom. carrés, en aies neuf dixièmes seulement en Franco. Il naît en Suisse, au pied du col de la Furca, à l'ouest du Saint-Gothard, traverse le canton du Valais, où il se grossit de nombreux torrents, que lui envoient les. glaciers des Alpes Bernoises et des Alpes Pennines, forme à Martigny un coude prononcé qui le renvoie au nordoaest dans le lac de Genève, dont la rive méridionale appartient pour la plus grande partie à la France.

A sa sortie du lac par 375 m. d'altitude, le Bhdne traverse Genève, et reçoit, par sa gauche, VArve impétueuse, qui descend du mont Blanc par Ghafflonix et Bonneville et dont les eaux laiteuses courent un certain temps à côté des eaux azurées sorties du lac avant de s'y mélanger.

Le Rbône s'engage bientôt dans les gorges du Jura, disparaît en partie dans leurs crevasses calcaires en formant ce ou'on appelle la perte du Rhône, reçoit à Bellegarae la pittoresque Valserine, qui coule entre deux chaînes du Jara, devient

navigable à Seyssel, tout en gardant un cours rapide, reçoit à gauche le Fier, par où se déverse le lac d'Annecy. A Culoz, le canal de Savières lui amène les eaux du lac du Bovrget, à travers une vallée marécageuse/ où le Rbône passait autrefois pour se déverser par la vallée de l'Isère.

Le Rhône continue à couler vers le sud-sud-ouest Jusqu'au confluent du Guiers, qui descend de la Grande-Chartreuse. Là il retourne au nurd-ouest. puis à l'ouest, roçoit à droite VAin : celui-ci^ comme les autres livières du Jura, coule du nord au sud entre des rangées de montagnes parallèles, et se grossit de la Bienne, la rivière des deux industrieuses petites villes de Morez et de Saint-Claude.

A Lyon, le Rhône reçoit du nord la Saône, le plus important de ses affluents, et prend la direction que suivait celle-ci veis le sua.

A droite, il côtoie de près le pied des montagnes, et n'en reçoit que des affluents de petite étendue, de pente très rapide, d'allure éminemment torrentielle, le plus souvent à sec, mais roulant quelquefois plus d'eau que le fleuve lui-môme. A gauche, s'étendent les plaines du Bas-Dauphiné, puis du Comtat.

A Givors tombe le Gier, qui alimente un canal réunissant les usines si actives de Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Givors. Plus loin et sur la rive gauche se trouvent Vienne, puis Tain, avec les vigno- I blés célèbres de l'Ermitage, qui fait vis-à-vis à Tournon dans TArdèche sur la rive droite. Entre Tain et . Valence tombe V Isère. Entre Valence et Montélimar, la Drôme, qui descend des Alpes par Die et Crest^ se ! réunit au fleuve vis-àrvis du confluent de VOuveze, la petite rivière de Privas. Le Rhône laisse ensuite sur sa droite le Teil avec ses carrières de ciment, et la petite ville de Viviers. A gauche, il est resserré par les roches de Donzère. Là on passe du climat de la France centrale dans la région méditerranéenne caractérisée parla culture de l'olivier, la limpidité du ciel, et aussi quelouefois le souffle glacé du mistral, qui incline au sua-est la cime des arbres. Au Pont-Saint-Esprit arrive VArdéche, un des torrents les plus dévastateurs de la France. Dans la plaine d'Orange airivent, sur la rive droite* la Cize, qui vient des Cévennes par Bessèges, et sur la rive gauche, VAygues qui passe à Nyons* A Sorgues, au-dessus d Avignon, tombe la rivière qu'alimente la célèbre fontaine de Vaucluse. Le Rhône passe au pied du rocher qui porte lancien palais des papes à Avignon, et reçoit, à quelques kilomètres filus bas, la Durance. Il descend au sud-ouest Jusqu'au confluent du Gard, qui vient des Cévennes par Alais. Le Rhône coule ensuite au sud, entre Beaucaire et Tarascon, puis se partage à Arles en deux grandes branches, à droiie le petit Rhône, à gauche le granU Rhône, comprenant entre elles l'Ile marécageuse do la Camargue. C'est le grand Rhône qui, par le canal Saint-Louis, se ratuche au golfe de Fos. L'embouchure du fleuve est obstruée par une barre et s'est déplacée de nombreuses fois, suivant les obstacles que lui opposent les alluvions qu'il a lui-môme charriées, quand elles ne sont pas balayées par les courants marins.

Le Rhône est le fleuve de France qui roule en moyenne la plus grande niasse d'eau, entre 2000 et 3000 mètres cubes par seconde. Son débit est quel-

auefois dix fols plus considérable. Mais la rapidité e la pente (plus de SO cent, par kilomètre), môme en dessous ao Lyon, le rend impropre à la navigation à la remonte. Il entraîne, lui ou ses affluents, des masses énormes d'alluvions arrachées aux pentes des montagnes, et roule des cailloux qui encombrent son lit et en rendent la profondeur très irrégulière. Les eaux s'écoulent trop vite et se promènent sur un lit trop large pour que cette profondeur soit Jamais considérable. Si le fleuve grossit au printemps par la fonte des neiges et

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cause des inondations souvent désastreuses, à la fin de rhiver il est souvent trop faible pour porter bateau môme ï la descente.

Affluents du Rhône. — La Saône, au contraire, est une rivière tranquille et de débit régulier, qui offre entre Lyon et le centre de la Franco une magniUque ligne de navigation. Elle naît dans les monts Faucilles, descend au sud, reçoit bientôt à gauche le Coney, qui doit alimenter le nouveau canal de TEst destiné à relier la Moselle et la Saône. Celle-ci coule au sud-ooest vers Gray, où elle devient navigable ; reçoit à gaucho VOignon, qui descend du Ballon d'Alsace et sépare les départements du Doubs et de la Haute-Saône^ La Saône arrive ensuite à Auxonne, reçoit, à Saint-Jean de Losne, VOuche, la rivière de Dijor), que suit le canal de Bourgogne, et h Verdun le Doubs, dont le cours est presque aussi long que la Saône entre sa source et son embouchure (plus de 400 kilomètres). A ChaJon tombe la Dheufte, qui alimente le canal du Centre, et plus loin, sur la rive gauche, la Seille, qui passe à Louhans. La Saône passe ensuite àMâcon, villefranche, Trévoux et Lyon. Sur sa rive gauche, elle côtoie dans la partie inférieure de son cours le plateau des Domoes, pays couvert d'étangs, qui, alternativement, sont vidés et mis en culture, ou remplis à nouveau et empoissonnés.

Le Doubs naît près de la frontière de la Suisse, coule au nord-est, traverse le fac de Saint- Point, descend par une cluse h Pontarlier, coule de nouveau au nord-est, franchit au-dessous de Morteau un saut d'une trentaine de mètres, forme frontière entre la France et la Suisse, puis entre en Suist^e^ Jusqu^à ce qu'il soit renvoyé par le mont Terrible vers Touest. Rentré en France, il perce le Lomont vers le nord, reçoit par la droite VAUnfne, qui vient de Montbéliard et que suit le canal du Rhône au Rhin. A partir de ce confluent, le Doubs descend au sud-ouest par Baume-lcs-Dames, Besançon etDôle, 6e grossit, aa-dessous de cette ville et par la gauche, de la Loue, et tombe dans la Saône a Verdun. A partir de DôIe, le canal venant du Rhin et qui côtoie le Doubs ou emprunte son Ut, se continue Jusqu'à Saint-Jean de Losne vers le canal de Bourgogne.

Vlsève a, au contraire, un cours torrentiel. Elle naît dans ;es Alpes Grées à plus de 2000 m. d'altitude, descend par M entiers et Albertville la haute vallée de Tarantaise, entre des montagnes qui la renvoient successivement au nord, au sudouest, au nord, puis au sud-ouest. A Chamousset, risère reçoit par sa gauche VArc, qui parcourt la vallée de Maurienne, empruntée par la route et le chemin de fer du mont Cenis. L'Isère descend ensuite au sud-sud-ouest à travers l'admirable vallée du Graisivaudan, reçoit à Grenoble le pins terrible de ses aiïïuents, le Drac, qui descend du Champsaur, entre le massif du Pelvoux et leJ)évoluy, et qui reçoit lui-même la Romanche, venue de TOysans. L'Isère, grossie du Drac, tourne au nord-ouest, puis au sudouest, en débouchant de la région des montagnes, qu'elle continue à suivre par sa rive gauche. Elle passe ainsi près de Saint-Marcellin et à Romans, en recevant dans l'intervalle la Bourbre, la rivière de Pont-en-Roy an s, très utile aux irrigations.

La Durance naît au mont Genèvro, descend au sud par Briançon, MontrDauphin et Embrun, tourne à l'ouest, reçoit à gauche VUbaye, qui parcourt la vallée de Barcelonnette ; descend au sud, se erossit à Sisteron du Buech, le plus considérable de ses affluents do droite, dont le chemin de fer de Marseille à Grenoble emprunte la vallée. Aux Mées, débouche sur la rive gauche de la Durance la B/éonne, la rivière de Digne. Plus bas et du même côté arrive le Verdon, qui arrose Castellane, sépare les départements des Basses-Alpes et du Var, et alimente d'eau la ville d'Aix. A Mirabeau, la Durance débouche des montagnes. Roulant sur

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des pentes rapides où elle entraîne les terres €t les cailloux, la Durance s'étale, dès qa*elle es: libre, sur un vaste lit de galets qui a Jusqa*à 2 kilomètres de largeur. Recouvrant d'une épaisse couche de graviers les champs qu'elle envahit dans ses crues, elle les rend stériles, mais fertilise, par contre, les terres où les canaux de dérivation conduisent ses eaux chargées d*aIluvions. Sur sa droite, la plaine de Cavaillon forme an jardin admirable. A gauche, elle alimente les canaux de Craponne et des Alpines, qui vont irrlgper les Bouches-da-Rhône et ramener un peu de verdure sur la Crau, vaste plaine de cailloux que la Durance a charriés. De ce côté aussi, la Durance alimente le canal de Marseille, qui fournit d'eau cette rille et les campagnes voisines.

Lb Rhin. — Le Rhin ne coule plus en France depuis la perte de l'Alsace-Lorraine ; mais notre pays lui envoie la Moselle, le plus important de ses affluents.

La Moselle naît sur le versant nord du Ballon d'Alsace, descend au nord-ouest par Remiremoot et Epinal. Entre ces deux villes, la Vologue loi apporte le tribut des lacs de Longemer et de Gérardmer. A Epinal arrivera bientôt le nouveau canal de l'Est, joignant la Saône par le Coney arec la Moselle et la Meuse. D'Epinal, la Moselle descend au nord, puis tourne à l'ouest, reçoit à gauche le Madon, qui vient de Mirecourt, passe à Tool, retourne au nord-est Jusqu'à Frouard, où elle reçoîi la Meurthe, De Frouard, la Moselle descend par Pont-à- Mousson vers Mets, où elle reçoit par la droite la Seille, qui, dans une partie de son cours, forme frontière entre la France et l'Allemagne. La Moselle, après avoir traversé Metz, Thionviile et Trêves, se réunit au Rhin, à Coblontz.

La Meurthe naît sur la frontière des Vosges et de l'Alsace, descend au nord, puis au nord-ouest par Saint-Dié, Baccarat, Lunéville, où arrive la Vezousr, qui met en mouvement les usines de Cirey. La Meurthe, que suit dès lors le canal de la Marne au Rhin, tourne à l'ouest et passe par Nancy avant de se réunir à la droite de la Moselle.

IV. Etude des frontières de la France. — Frontières MARITIMES. — La Mer du NonL — La frontière de la France, sur la mer du Nord, commence à quelques kilomètres à Test de Dunkerque et suit la direction de l'ouest -sud -ouest jusqu'au cap Gf'is-Nex, qui s'élève au-dessus du détroit du Pasde-Calais. Le rivage de la mer du Nord est formé de dunes basses et sablonneuses, qui ont valu son nom à la ville de Dunkerque. Il n'y tombe que le petit fleuve de l'Aa, débouchant dans la mer à Gravelines, entre Dunkerque et Calais. La première de ces deux Tilles a Joué un rôle miliuire imporunt dans nos luttes contre 1* Angleterre. Maintenant c'est un de nos ports de commerce les plus fréquentés. Calais, à cause de son voisinage de l'Angleterre, est le point de passage généralement préféré par les voyageurs qui se rendent à Douvres.

La Manche, — Au cap Gris-Nez commence la côte de la Manche. D'abord dominée par les collines du Boulonnais, elle est généralement sablonneuse, et dirigée du nord au sud jusqu'à Temboudiure de U Somme. L'important port de Boulogne, les estuaires de la Canche, de lAuthie et de la Somme, en forment les traits principaux.

De la Somme à la Seine, le rivage est orienté au sud-ouest. Entre la Somme et la Bresle, commencent les falaises qui bordent tout le pays de Caux. Ce sont des murailles d'une centaine de mètres de hauteur, qui s'élèvent verticalement au-dessus des flots. Constamment battues et démolies par les vagues, elles s'éboulent peu k peo, et tandis que les matières crayeuses entrant dans leur composition sont entraînées par les eaux, les

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silex, qal y forment des couches nombreuses, soxit roulés, arrondis et disposés en cordons réguliers de galets tout le long du littoral. De distance en distance, la falaise est entaillée par une yallée, oia s'est bâti un village,ou un port k Tembouchure de quelque rivière. Le Tréport, sur la Bresle, Dieppe, BUT la rivière d* Arques, Saint-Valery-en-Cauz, Fécaimp, sont les principaux. Entre Fécamp et le Havre s'avancent le cap d'Antifer et surtout le cap de la Hëve, dont les phares à longue portéo signalent à distance l'entrée de notre grand port.

Comme. port, le Havre jouit d'un précieux avantage. Les courants de marée montante et descendante s'y rencontrent et s'y soutiennent de telle sorte qu*à chaque marée les eaux restent hautes : pendant près de trois heures, et l'entrée comme la sortie des navires de grandeur ordinaire peut avoir lieu pendant tçut ce temps.

Le rivage du Calvados, sur la rive gauche de la Seine, est sablonneux et bordé de collines d'une faible élévation. Sa direction générale est de l'est h. Touest. Ronfleur, à l'embouchure de la Seine, Trouville et Deauville, à celle de la Touques, Dives, sont les principaux ports à l'est de l'embouchure de l^Ome. A l'ouest de ce fleuve, la côte est abr itée par les rochers sur lesquels périt le Calvados, qui a donné son nom à ces écueils et au département.

A l'ouest de la baie d'Isigny et de Carentan, commence la péninsule du Cotentin, qui s'avance au nord dans la Manche. Le pays de Caux à l'est, le Cotentin à l'ouest, le Calvados au sud limitent la baie de la Seine, Le Cotentin, dont la côte orientale est bordée par les rochers de la Hougue, près desquels Tourville perdit une grande bauille navale en 1()92, se termine au nord-est par la pointe de Bar/lew\ au nord-ouest par le cap de la Hague, Entre les deux se creuse la rade do Cherbourg, abritée par une digue dont la construction a exigé de longs et coûteux travaux.

Peu de mers sont parcourues par des courants aussi violents et semées d'autant d'écueils que la partie de la Manche séparant le Cotentin des lies anglo-normandes. C'est là qu'on trouve, entre les lies de Jersey et de Guernesey, le passage nommé de la Déroute. Ces rivages du Cotentin n'offrent qu'un ! petit nombre de ports ; le principal est celui de Granville. Au sud-ouest du Cotentin s'ouvre la baie , du Mont Saint-Michel, dont les immenses grèves se découvrent au loin à la marée basse, tandis que les flots battent de toutes parts à marée haute les murs de l'abbaye^arteresse. A l'ouest de cette baie, Cancale est connu par ses pêcheries d'huîtres. Le rivage de la Bretagne, découpé de nombreuses sinuositôs, se dirige à l'ouest. Les grandes plages de sable, dominées par des roches granitiques, bordées de nombreux écueils que les flots ont détachés du continent, constituent les principaux caractères de cette côte. Là débouche la Rance. entre les ports de Saint-Malo et de Saint- Servan, à l'est, et les bains de Dinaid, à l'ouest. Puis la baie de la Fresnaye, le cap Fréhel, la baie de Saint-Brieuc, les lies nombreuses qui avoisinent le phare de Bréhat, les estuaires des rivières de Treguier, de Lannion, forment les principaux accidents des Côtes-du-Nord.

Le Finistère n*est pas moins découpé. Du côté de la Manche, on y remarque le débouché de la rivière de Morlaix, Saint-Pol de Léon et Roscoff,

{mis les nombreux havres ou ports qui ont gardé es vieux noms bretons d'Aber-Vrach, Aber- Benoit.

Il y a 1200 kilomètres environ, mesurés le long de la côte, depuis la frontière de la Belgique jusqu'à l'entrée de l'Atlantique.

Il y en a 900 depuis ce dernier point jusqu'à 1 a Bidassoa. où commence le territoire espagnol.

L'Atlantique. — Le Finistère forme du côté de l'Océan deux péninsules remarquables : au nord, celle de VArmorique, terminée par la ;»ot7ife Saint» Mathieu; au sud, celle de Comouailles, dont la pointe du Raz est le point le plus avancé vers l'occident. L'Ile û'Ouesscmt, séparée du continent par le passage du Pour, qui est semé d'Ilots et d'écueils, prolonge au large la péninsule armoricaine. L'Ile de Sein, l'ancien séjour des druidesses chargées par leurs prières et leurs sacrifices de calmer les flots en furie, forme de môme une vigie avancée de la çointe du Raz. Entre les deux pointes de Saint-Mathieu et du Raz s'étend le go\fe de VIroise, qui aboutit à la rade de Brest et à la baie . de Douam^mez, séparées Tune de l'autre par la ' presqu'île de Crozon.

La rade de Brest, dont l'entrée étroite ou gonlet est hérissée de forts, forme un des plus benux ports du monde. Après Toulon, c'est le plus grand arsenal militaire de la France. Là débouchent la Penfeld, bordée d'établissements de la marine,. l'Elom ou rivière do Landerneau, l'Aulne qui vient de Ghâteaulin.

La baie de Douamenez, très pittoresque avec ses roches> ses grèves, ses douze cents hameaux de pécheurs, ses eaux constamment sillonnées par les bateaux qui y poursuivent la sardine, a été comparée à la baie deNaples.

La baie dAudierne, qui borde la presqu'île de Cornouailles au sud-ouest, entre la pointe du Raz et la pointe de Penmarch, est constamment battue par les flots. C'est près de la pointe du Raz q\}'on trouve la petite baie justement nommée baie cies Trépassés.

A la pointe de Penmarch, le rivage se recourbe à l'ouest. Les Ilots de Glenans couvrent le débouché de l'Odet, rivière de Qoimper, et la baie de la Forest avec Concameau, dont les habitants se livrent à la pêche de la sardine et ont de su* perbes parcs à poissons. Plus loin, l'Ile de Groix défend rentrée du Blavet, sur lequel est Lorient, préfecture maritime avec son annexe Port-Louis. Après le golfe profond et étroit do VEtel, le rivage projette la presqt^Ue de Quiberon, qui rappelle un triste épisode des guerres de Vendée et semble donner la main à la grande lie de Belle-Ile, qui la prolonge au sud. A l'est de Quiberon s'ouvre la rivière d'Aurav, puis le golfe du Morbihan, rempli de parcs aux nultres et que la presqu'île de Bviz sépare de l'estuaire de la Vilaine. Entre Belle-Ile et la Vilaine, s'élèvent les lies de Houat et Haédic.

La côte descend au sud jusqu'à la pointe du Croisic, qui limite au nord le chenal de la Loire. Là s'étendent les salines du Croisic et du PouUguen, et plus à l'est s'ouvre le port de Saint-Nazaire, Tavant'port de Nantes. La pointe de Saint- Gildas limite au sud Testuah-e oe la Loire et le sépare de la baie de Bourgneuf, Celle-ci est abritée du large par nie de Noirmoutiers, qui n'est séparée du continent que par un goulet étroit et assez peu profond pour être passé à sec à marée basse.

La côte sablonneuse de la Vendée court directement au sud-ouest. En face d'elle s'élè^ l'ila d'Yen, Les alluvions et plutôt encore le soulèvement du sol ont comblé peu à peu l'ancien golfe de Poitou, dont l'anse de V Aiguillon, où débouche la Sèvre mortaise, forme aujourd'hui le dernier reste. A partir de cette baie, le rivage français descend directement au sud jusqu'à l'embouchure de la Bidassoa. Devant la côte de la Charente-Inférieure s'étendent les deux grandes lies de Ré et dVléron. Le Pertuis breton sépare la première du port de la Rochelle.

Le Pertuis (CAntioche passe entre les deux lies et conduit à l'embouchure de la Charerite, dont l'Ilot d'Aix défend l'entrée. Entre l'Ile d'Oléron et Maronnes, le Pertuis de Maumusson est parcouru par des courants violents.

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La pointe de la Coubre, au nord, la pointe de Grave, au sud, limitent l^estuaire de la Gironde, dont la Tour de Cordouan éclaire au loin le chenal d'entrée. A partir de la pointe de Grave commence le rivage des Landes, couveH do dunes sablonneuses qui reculeraient incessamment devant les flots et empiéteraient sur le continent, sans les plantations de pins maritimes avec lesquelles on est parvenu à les fixer. Derrière ces dunes, les eaux se ramassent en éUngs que d'étroits canaux déversent ensuite à travers les dunes dans TOcéan. L étang de Carcans et celui de Lacanau sont au nord du bassin ^Arcachon, qui communique avec rOcéan par un chenal maritime. Ce bassin est bordé de parcs pour élever les huîtres, et les forêts de pins, dont il est entouré, en rendent le séjour très sain pour les malades en hiver, et offrent des ombrages en été aux étrangers oui y viennent prendre des bains de mer. Au sud a'Arcachon sont les étangs de CazaUy de Biscarosse, é'Aureilhan et quelques autres plus petits.

Aucun port ne s'ouvre sur cette côte des Landes battue par les vents violents du golfe de Gascoane. Le VieuX'Boucau a servi d'embouchure à TAdour pendant trois cents ans, avant que les travaux do Louis de Foix l'eussent rejeté dans son lit actuel, à la fin du zvi* siècle. Avant de suivre le chenal du Vioux-Boucau, l'Adour débouchait plus au sud dans la fosse du Cap lireton^ dont les eaux profondes ofl'rent encore un bon abri aux navires, à une dizaine de kilomètres au nord de l'embouchure actuelle. Au sud de cette dernière, le rivage français se relève avec les rochers de Biarritz, et se recourbe au sud-ouest à partir de Saint- Jean -de- Luz pour finir sur la rive droite de la Bidassoa.

La Méditerranée. — Le rivage français sur la Méditerranée a C25 kilomètres de développement. Entre les Pyrénées et les Bouches-du-Rnôno, il est caractérisé par des cordons sablonneux de peu de largeur, qui séparent de la Méditerranée dos étangs salés, et que les courants y ont déposés en courbes régulières, de manière à faire empiéter progressivement le rivage sur les flots. L'étang de Saint'Nazaire, entre le Tech et la Tet, ceux de Leiicate et de Bijean, entre l'Agly et l'Aude, ceux de Thau^ de Moguelonne, de Mau^^uio, entre THérault et la branche occidentale du Rhône, sont les principaux de ces étangs, qui communiquent avec la mer par des gratis ou étroits passages. La ville do Narbonne communique par le canal de la Bobine, qui traverse l'étang de Sijean, avec le port de la Nouvelle. Entre l'Aude et l'Hérault, l'Orb débouche dans la mer en dessous de Béziers. La montagne volcanique d'Agde se dresse à l'embouchure de l'Hérault. Le cordon littoral qui sépare l'étang de Thau de la Méditerranée porte le chemin de fer du Midi et la ville de Cette, qui forme le port français de la Méditerranée le plus commerçant après Marseille.

Toute cette rédon éprouve un soulèvement général, et telle ville qui fut autrefois un port actif, comme Narbonne sous les Romains ou Aigues- Morlfe au temps de Saint-Louis et des croisades, se trouve maintenant à plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres.

Entre les deux grandes branches du Rhône, Hle de la Camargue est en grande partie occupée par les étangs ou des pâturages marécageux et salés. La population s'enfuit de ce séjour hanté par la fièvre, et dont le sol est encore trop salé pour produire de riches récoltes. A l'est du Grand Rhône, le golfe de Fos, aux eaux profondes et tranquilles, reçoit le canal Saint-Louis, qui se joint au fleuve en amont de la barre. Le rivage redevient montueux au cap Couronne, se recourbe du nord au sud devant la rude de Marseille^ que les Ilots du ch&teau d'If, de Pomègue et Ratonneau abritent contre les vents de l'ouest, puis

tourne à Test et au nord-est en formant plaâevn promontoires escarpés. Au pied du bec ae f Aigle s'ouvre le port de la Ciotat. Derrière le cap Sijié s'étend la rade de Toulon, notre premier port militaire, avec la Seyne et ses grands établissements de constructions maritimes. La rade dTifyères est enveloppée par la presou'ile de Giens, k l^oaeai, les lies PorqueroUes, Port-Cros et du LeTant, ta sud, dont l'ensemble forme les lies ffffyéres. Au pied des montagnes des Maures, le petit ffol/e de Saint 'Tropei est fréquenté par les pècbenrs de corail, de thon et danchois. A i'emboncbare as l'Argens, le golfe de Fréjus était la station principale de la flotte romaine sur les côtes de la Gaule. Aujourd'hui la ville est à 3 kilom. dans rintérieor des terres. C'est plus loin, autour de Nice, que la foule se porte de nos jours pour trouver un séjour d'hiver favorisé par un doux climat, un del serein, des paysages riants et embaumés par une végétation luxuriante. Cannes, sur le ^olfe de la Na/^oule, vis-à-vis des îles de Lérins^ le golfe Jouan, où débarqua Napoléon revenant de Tlle d'Elbe, Antibes ne semblent former qu'une seule rue bordant i« littoral d'une suite ininterrompue de Tillas et d'hôtels. A l'est du Var, qui marquait la frontière française iusqu'en 1860, Nice est à la fois une grande ville commerçante et le séjour préféré des I Anglais. Villerranche a une rade profonde où stationnent généralement des navires de guère j étrangers. Monaco, qui forme enclave dans le ver- I ritoire français, attire les étrangers par sa maison I de jeu et ses fêtes, qui constituent le principal ' revenu du souverain de cet Etat minuscule. Enfin I Menton, que la Franco lui a acheté en 1S60, es , tout entouré do bosquets de citronniers, des fnzits > desquels on fait un commerce immense, et offre I aux malades le climat le plus doux peut-être de tout le littoral.

FaoNTii^RES DE TERRE. — Lcs Pyrénées.—Au sud, la frontière qui sépare la France de l'Espagne sur une longueur d'environ 570 kilomètres, commence par suivre la Bidassoa; puis s'appuyant sur U montagne de la Rhune, au sud de Saint-Jean-de- Luz, elle décrit une grande courbe entre la Bidassoa et la Nive, avant de rejoindre la haute chaîne des Pyrénées occidentales. Elle suit, à très peu de chose près, la crête de cette chaîne jusqu au p:e de Néthou, puis tourne au nord entre le val d'Aran et la vallée de Luchon, traverse la Garonne au Pont-du-Roi, et suit dès lors la chaîne des Pvrénées orientales. A la limite des départements oe l'Ariège et des Pyrénées-Orientales et du Val d*Andorrc, la frontière descend au sud dans la vallée de la Sègro et donne ainsi à la France une partie du versant espagnol de la Cerdagne. Par contre, le territoire espagnol de Livia est entièrement enclavé dans le département français des Pyrénées- Orientales. Le fort de Montlouis, dans la haute vallée du Tet, défend le passage du col de la Perche parcouru par la route de Perpignan à Lerida. A lest de la vallée de la Sègre, les Albères forment la frontière naturelle jusqu'au cap Cerbère, sur la Méditerranée.

Le Val d'Andorre forme une république indépendante enclavée entre la France et i Espagne. Tout entouré de hautes monugnes, ce pays est arrosé par la Balire, tribuuire de l'Ebre par U Sègre. Sa superficie est de 600 kilomètres carrés, sa population de 10 à 12000 habitanu. Les pâtura- , ges, du minerai de fer et des eaux thermales consUtuent, avec la contrebande, toutes les ressource! . des habitants, que leur constitution place depuis , plusieurs siècles sous la suzerdneté collective da ! gouvernement français et de Tévèque espagnol d'Urgel.

Les Alpes, — Au sud-ouest, depuis Menton jos , qu'à un point de la grande chaîne des Alpes Toi« ! sin de la source de la Vésubie, tributaire du Vir

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la fruntière séparant la France de Tlulle trarerse suivant une lîçie de convention les montagnes et lef» vallées qui serrent de contreforts an grand massir alpin. Depuis là Jusqu'au mont Blanc, la frontière suit constamment la crête, décrite à Tarticle Alpes, qui sépare les affluents du Pô, à Test, do ceux du Rhéne, aroùest. A partir du mont Blanc, la frontière, entre la France et le Valais suisse, suit la crête qui sépare les affluents directs du Rh6ne, k Test, et ceux de laDranse deThonon, ou do l'Arve, à l^ouest. Elle tombe sur le lac de Genève à Saint-Gingolph, passe par Ëvian, Thonon, Yvoire, puis enveloppe le canton de Genève, traverse le Rhône, et va gagner le Jura, entre Saint-Claude (Jura) et Nyon (canton do Vaud). La frontière dite des Alpes a 720 kilomètres entre Menton et Genève.

Le Jura. — La frontière du Jura a 290 kilomètres environ entre Genève et Belfort. Elle suit le Haut Jara, puis le cours du Doubs, entre les dépnrtements du Jura et du Doubs et les cantons de Vaud, Neuchfttel et Berne, laisse le Doubs décrire le coude do Sainte-Ursanne en territoire suisse^ passe entre Montbéliard et Porrentruy, traverse la trouée de Belfort entre le bassin du Doubs et celui du Rhin, et atteint les Vosges au Ballon d'Alsace.

Les Vosges et ta fruntière du nord-est. — La limite entre la France et T Alsace, depuis 1871, suit la crête des Vosges jiisqu*au niontDonon sur une longueur de 150 kilomètres, puis tourne au nord-ouest entre la Sarre et la Vesouze, affluent droit de la Meurthe. Elie traverse, à Avricourt, le chemin de fer de Paris à Strasbourg, gagne la Seille, passe sur la rive gauche de la Moselle, tourne au nord, entre Metz et Bricy, et atteint le territoire du Luxembourg, près de la source de TAlzette. 11 7 a 225 kilomètres entre le mont Donon et la frontière du Luxembonrg. La France no touche le Grand-Duché que sur 13 kilomètres.

Près de Longwy commence la frontière belge, qui se continue Jusqu'à Dunkcrque sur une longueur de 550 kilomètres et qui est toute de convention, coupant les cours d'eau et les plateaux au lieu do s'y appuyer. G*est pour défendre la France de ce côté qu'on a élevé les plac(?s fortes de Montmédy, sur le Ghiers ; Sedan (aujourd'hui démantelé), Mézières et Givet, sur la Meuse ; Rocroy. sur le plateau des Ardennes ; Maubeuge et Landrecies^ sur la Sambre ; Cambrai, Boachain, Valenciennes et Condé, sur VEscaut ; le Qaosnoy, entre ces deux cours d'eau ; Lille, sur la Deule ; Douai et Arras, sur la Scarpe ; Aire et Saint-Venant, sur la Lys; Bergucs, Dunkcrque, Calais et Gravelines, près de la mer, qui ont eu à subir tant de sièges et ont vu tant de combats livrés sous leurs murs.

V. caimat. — Les vents. — Située à égale distance du pôle et de l'équateur, la France est soumise à la double influence des vents échauffés dans la région équatoriale et des vents glacés du pôle. Les premiers, s'élevantà cause de leur temoérature, tendent à être rem])lacé8 par les vents froids que leur plus grande densité rapproche de la terre. Mais en s'éloignant verslenora.les vents du sud conservent la vitesse de rotation du globe à l'équateur dans le sens de l'ouest \ à Test, plus rapide que celle des parallèles plus septentrionaux. Ils s'mclinent' donc vers Test. Par contre, les vents polaires s'inclinentà l'ouest. Notre pays est donc normalement soumis à un double courant de vents chauds venant du sud-ouest et de ▼ents froids venant du nord-est. Mais cette régularité est singulièrement troublée par une foule de circonstances locales, les obsucles qu'opposent les montagnes au passage des vents, et les différentes modifications qu'apportent à la température d'un Uqu et à la circulation de Tair, l'altitude, l'exposition, le voisinage de la mer ou des montagnes cliargées de glaciers. Dans toute la partie occiden-

tale de la France^ les vents de Touest et du sud ouest l'emportent en fréquence sur les vents du nord-est. Les premiers, pompant sur l'Atlantique de grandes masses de vapeurs, viennent se condenser à lour arrivée sur nos côtes, plus froides que les régions dont ils sont issus. Ils nous amènent la pluie, tandis que les vents du nord-est sont froids et desséchants. Les vents du sud-ouest perdent de leur humidité à mesure qu'ils s'éloignent de la mer, et donnent de moins en moins de pluie; toutefois, à la rencontre des montagnes encore plus froides que nos côtes, ils éprouvent une nouvelle condensation et c'est là que le sol est le plus fo^ temcnt arrosé.

Les pluies. — La moyenne de la pluie en France est de 80 centimètres par an. C'est ce que reçoivent les Landes, par exemple. La quantité d'eau de pluie n'est plus que de .50 à 60 centimètres dans le bassin moyen de la Loire et de la Seine plus éloigné de l'Océan, de 40 à 50 centimètres dans la Champagne Pouilleuse, qui est la région la moins arrosée de la France. Dans les Pyrénées, au contraire, il tombe 1",50, 1",80, et Jusqu'à 2 mètres sur certains points des Cévennes.

Le bassin du Rhône. — Dans le bassin du Rhône» à Test de ces dernières montagnes, le régime des vents change. Le mistral^ qui se glace sur leurs sommets, souffle avec violence du nord-ouest sur le Comtat et les Bouches-du-Rhône pendant une grande partie de l'année. Cette région reçoit aussi du nord-est les vents froids des Alpes, et, en sens inverse, le vent brûlant qui apporte le sable du Sahara par-dessus la Méditerranée, le sirocco.

Saison des pluies. — La saison des pluies varie aussi dans les différentes régions. C'est pendant l'hiver qu'il pleut en abondance sur les côtes de l'Atlantique. L'est et le centre de la Franco reçoivent de la pluie au printemps et en été, tandis que dans le midi il ne pleut généralement pas avant 1 automne, sauf dans les régions montagneuses.

Les températures. — La température moyenne de la France est de 11* centigrades. La diagonale qui traverse la France depuis Nice Jusqu'à la baie d'Isigny la partage en deux parties : au nord -est, une région plus froide que la moyenne; au sudouest, une région plus chaude. C'est principalement à cause de l'influence de l'Océan et au GutfStream qui en réchauffe les eaux, que dans l'ouest de la France la température moyenne est plus élevée que dans l'est à latitude égale. Les lignes ûothermes descendent ainsi vers le sud, de l'ouest à rcst, d'autant plus fortement qu'elles se rapprochent d'un massif de montagnes refroidissant la température, s'élèvent au contraire ver^i le nord dans la vallée de la Loire ouverte aux vents d'ouest, et dans celle de la Saône tournée vers la Méditerranée.

On sait que la température d*un pays s'élève quand on avance vers le sud, à cause de l'inclinaison moins forte sous laquelle le soleil échauffe le sol. Mais elle diminue a mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. On a calculé qu'une augmentation de 140 mètres dans l'altitude correspond dans notre pays à un rapprochement de 1* vers le pôle, comme cause diminuant la température moyenne. Tandis q«'au pied du mont Venteux l'olivier mûrit ses fruits dans los plaines du ComUt, le sommet, à 190i) m. d'altitude, ne porte plus que les herbes de la Finlande.

Les points de la France où la température moyenne s'élève le plus sont les environs de Nice, placés en espalier sur le bord de la Méditerranée et abrités des vents du nord par les Alpes. Les régions les plus froides (en dehors des montagnes) sont en Lorraine, loin de l'influence de la mer.

Ce ne sont pas les points soumis à des hivers également rigoureux et à des étés également chauds^ qui offrent la mônie température moyenne.

FRANGE

FRANGE

La ligne Uodiimène moyenne, qai passe par tous les points où la température moyenne de Thiver est aussi la moyenne de Thiver de toute la France (4- Go%entigrades)i est beaucoup plus inclinée sur les parallèles que la ligne isoiherme movenne. An lieu d*aller d'Isigny à Nice, elle descend du Pasde-Calais vers Caen, passe entre Blois et Orléans, descend au sud, en laissant au nord-est le massif central, coupe la vallée du Rhône en dessous de Lyon et gagne la Basse Provence.

La ligne isothère moyenne, au contraire, qui passe par les points où la température moyenne de l'été (-f 18«) correspond à la moyenne de toute la France, suit à peu de chose près le parallèfe qui va de Tembouchure de la Loire à Bàle, en laissant au nord la Sologne, refroidie par ses étangs, et le Morvan, refroidi par son altitude et ■es forêts.

Division de là France en bégions cumatériques. — C'est d'après le régime des vents, des pluies, d'après la distribution et le degré des températures qu'on a partagé la France en sept climats différents.

Climat armoricain, — Lq climat armoricain com-

Srend la Bretagne, dont il porto le nom, la Norraanie, une petite partie de la Picardie, le Maine> la Touraine etTAnJou. Il est caractérisé parFinfluence très grande du voisinage de la mer. Les pluies y sont très fréquentes et occupent près de la moitié des jours de l'année, sans tomber en averses considérables. Les froids de Thlver sont modérés par l'influence de TOcéan, et des plantes délicates, qui ne sauraient supporter la gelée, y poussent en pleine terre. Les chaleurs de Tété ne sont pas trop fortes. Cette région renferme les plus beaux herbages naturels de la France.

Climat séqmnien. — Le climat séquanlen, qui comprend le bassin de la Seine en amont de Rouen, la Picardie, la Flandre et VArtois, et une partie de la Champagne, a des hivers plus rigoureux, des étés plus chauds que la région armoricaine.

Climat vosgien, — A Test de la France, sous le climat vosgien* il tombe beaucoup de neige pendant rhiver, les étés sont brûlants ; les vents d'ouest, déjà desséchés depuis TOcéan , n'amènent pas beaucoup de pluies. Mais la bise du nord-est, en abaissant brusquement la température, condense l'humidité de l'atmosphère en pluie pendant Tété, en neige pendant l'hiver.

Climat rhodanien, — Le climat rhodanien com-

Erend le bassin du Rhône au-dessus de Viviers, a température y est très variable, suivant que le vent souffle du sud, ou au contraire du nord et des m mtagnes. Il tombe beaucoup de neige et do pluie sur les Alpes, les Cévennes, le Jura, qui forment la ceinture du bassin. Les orages sont fréquents aux moments où se rencontrent des courants atmosphériques opposés. La végétation est très active partout où s étend rirrisation.

Climat méditerranéen. — Au sud de cotte région, le climat méditerranéen comprend la Provence, le Comtat Venaissin, la plaine du bas Languedoc et du Roussillon. Cette région est caractérisée par l'ardeur du soleil, Télévation de la température. Malgré la rareté des jours pluvieux, le sol reçoit sous formo ^'orages une quantité de pluie suffisante pour être très fertile.

C limât girondin, — Le climat girondin, qui rè-

Î;ne sur les bassins de la Garonne, de l'Adour, de a Charente, et sur le Poitou, est exposé à l'influence maritime comme le climat armoricain. Mais les pluies y sont généralement moins abondantes que dans celui-ci, et le soleil y a beaucoup plus d'ardeur. Les étés y sont chauds.

Climat central, — Le plateau central de la France a un climat particulier et plus rude que

vents y sont violents et y amènent de ta plei» pendant l'automne sur le versant occidental, pendant l'été sur le versant septentrional.

Zone^ de l'oranger, de l olivier^ du mms, de ia vigne. — On peut également partager la Fraoa en xones susceptibles de produire telle ou telle plante. Au midi la zone de l'oranger, où les orzdges et les citrons mûrissent en pleine terre, o* comprend qu'une étroite bande de littoral autour de Perpignan à l'ouest, d'Hyères et de Mentoo, à l'est du Rhône.

L'olivier ne produit également de fmitt qu*à mie petite distance de la Méditerranée. Les Corbières et les Cévennes limitent à l'ouest et au nord-ouest cette zone, qui remonte la vallée du Rhône jusqu'à Viviers et Donzère, celle de la Durance jusque vers Sisteron, et suit le pied des Alpes.

Le mais et la vigne ont aussi besoin de chaleor pour venir à maturité. Ces deux plantes, par cour séquent, craignent le voisinage de l'Océan, qui modère les chaleurs de l'été et surtout celles de l'automne. Aussi la limite septentrionale de U zone du mais, partant de l'Océan vers l'embouchure de la Sèvre nantaise, remonte-t^elle au nord en s'éloignant de la mer. Le mais mûrit en Tûqraine et môme en Alsace ; en Franche Comté,il forœ une des bases importantes de l'alimentation. la plateau central est naturellement trop froid fcip cette culture.

La vigne s'étend plus au nord que le maïs. On n'en trouve pas en Bretagne, au nord de Temboachure de la Loire ; mais il y en a aa nord de Parii jusque sur la montagne de Laon, en Champagos dont les vins sont renommés, et en Lorraine.

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