VI. Oéographie agrioole. — Régions agineolet
— Pour les concours agricoles, la France est partagée en treize régions, où les départements soat groupés d'après leur voisinage, leur climat, la otture de leurs cultures principales.
CÉRÉALES BT,CULTURKS ANNEXES. ~^ Le froment,
— La base de l'alimentation en France, c*est le blé, dont le froment constitue l'espèce la plus estimée. Le nombre d'hectares ensemencés en froment et le rendement moyen de cette culture ont constamment augmenté dans notre pays depuis le commencement de ce siècle. La récolte moyenne dépasse aujourd'hui 100 millions d'hectolitres, produits par (> millions et demi d'hectares. Cette calture s étend sur les terres riches dans toute U France. Mais ce sont les départements du Nord et de l'Aisne, la Beauce, la Bne, le pays de Cauxeo
celui des régions qui l'entourent. La neige y couvre le sol pendant plusieurs mois de Tannée. Les
Normandie, l'Anjou, la vallée de la Garonne, la Limagoe en Auvergne et en Bourbonnais, qui offrent à la fois le plus d'hectares cultivés proportionnellement à leur superficie et le rendement le plus considérable.
Le seigle. •— Le seigle convient aux terres froides, sablonneuses. 11 occupe surtout le mas&if central de la France, à l'inverse du froment. Os en récolte de 25 à 30 millions d'hectolitres, sur 2 millions d'hectares.
Vorge. — L'orge occupe 1 million d'hectares dont le produit s'élève à 20 millions d'hectolitres. On le cultive principalement dans les pays du nord et de l'ouest, qui, no récoltant pas de vis, boivent de la bière ou du qidre. L'orge est consommé par les brasseurs ou est donné aux animaux. On ne s'en sert presque plus pçur faire du pain.
Vavoine. — L'avoine réussit surtout dans le nord de la France, où elle trouve l'humidité nécessaire à son développement et est principalement consommée par les cnevaux. La récolte totale est les trois quarts de colle du froment, soit 75 millions d'hectolitres sur 3 millions et demi d'hectares. Quelques régions isolées, comme les montagnes du Tarn, produisent aussi beaucoup d'avoine avec laquelle on élève une grande quantité de volailles.
le mats, — Le mais est cultivé en grande quai^
FRANCE
ÏPRANCE
^\Xé an pied de» Pyrénées, autour de Pau, de Toulouse et de Bordeaux, et dans la Franche-Comté. Il sert II l'alimentation des hommes, à Tengraissernent des porcs et de la volaille. Coupé en vert, il dionnc nn très bon fourrage, qu^on peut même conserver en silos pour le faire consommer pendant l'iiiver.
Le sarrasin, — Dans les pays à sol très pauvre, mais à climat humide, comme la Bretagne, le massif <: entrai, la Sologne, on cultive encore du sarrasin, âont les hommes se nourrissent, quHls donnent di la ▼olaille, ou quMls enfouissent comme engrais. La pomme de teire. — Après le blé, c'est la
Somme de terre qui sert le plus à Talimentation es paysans en France. On en récolte de 100 à 150 millions d*hectolitres, dans la région du nordest, où Epinal est le principal marché aux fécules de France, dans le nord, les départements qui aroisinent Paris ou Lyon, la vallée de la Bassel.oire, l'Auvergne, le Poitou.
Les légumes. — Les légumes croissent dans les terrains naturellement humides ou arrosés. C'est autour de Paris, où l'approvisionnement de la ville exiee beaucoup de légumes, qu'on trouve le plus de maraîchers. Ils ont là de l'engrais en abondance, et, avec beaucoup de travail, ils tirent de leur sol une masse énorme de produits qui se succèdent rapidement les uns aux autres. Le long des côtes humides de TOcéan et de la Hanche on cultive aussi beaucoup de légumes. Bordeaux approvisionne Paris de primeurs. Nantes fabrique beaucoup de conserves de légumes. Les jardiniers de Roscoff, dans le Finistère, sont célèbres jar It'urs produits, qu'ils envoi» nt à Paris ou en Angleterre, comme on le fait aussi à Saint-Malo, dans la Normandie, en Flandre et en Artois. Soissons dans l'Aisne est connu par ses haricots secs, Avignon par ses lentilles.
La betterave, — La betterave, qui sert à la nourriture des animaux plus qu'à celle des hommes, est principalement cultivée pour la production du sucre. Cette fabrication, exigeant des usines considérables, ne s'est encore établie que dans les départements les plus riches du nord de la France, le Nord, l'Aisne, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Seine-Inférieure.
Les prairies. — Les bestiaux qui produisent la viande se nourrissent dans des pâturages. On distingue les prairies naturelles, où Thumidité du sol est suffisante pour qu'il produise de l'herbe d'une manière continue, et les prairies artificielles, où les herbes fourragères sont semées pour un petit nombre d'années sur une terre précédemment labourée.
Les pays de la France les plus riches en prairies naturelles sont la Bretagne et la Normandie, où la verdure est entretenue par les brouillards et le voisinage de la mer ; le plateau central, arrosé par les oragi's. les vallées de la Saône, de la Loire, de la Garonne, les pentes des Pyrénées et du Jura, les sommets des Vosges, la Flandre maritime récemment conquise sur la mer.
Les'prairies artificielles accompagnent les riches cultures de la Normandie, de rIie-de-France, de la Picardie, de l'Orléanais, du Maine, de l'Anjou, de l'Isère*
On estime que les prairies artificielles couvrent 2 200 000 hectares en France, et les prairies naturelles un peu moins du double.
Landes et pâtis, ^ Six millions d'hectares restent en outre à 1 eut de pâtis ou de landes fournissant un pâturage aux animaux, mais impropres à ôtre fauchés pour donner du fourrage. On trouve ces landes, en partie couvertes de bruyères, dans le département français auquel elles donnent leur nom ; en Bretagne, dan> les Cévennes, sur les pentes des Pyrénées, en Sologne.
Bktail. — Races bovines, — Les vaches et les
bœufs élevés pour leur laitage ou leur viande se distinguent en plusieurs races différentes. Pour la boucherie, ce sont les bœufs du Nivernais et de la Normandie qui occupent le premier rang. Les premiers sont généralement de race charolaise à robe blanche. Les vaches normandes sont meilleures laitières ; elles fournissent le beurre d'Isigny et du Bessin, dont le commerce est considérable, et celui de Gournay dans le pays de Bfay ; les fromages de Camembert, Livarot, Pont-l'Evèque, en Basse- Normandie, de Neufchfttel et de Gournay dans la Haute-Normandie. La race flamande fournit aussi beaucoup de lait et de beurre. La race bretonne se distingue des précédentes par sa petite taille et sa sobriété, réunies néanmoins à un» grande puissance laitière. Le beurre de Bretagne, notamment celui de la Prévalaye, est très estimé. La race rouge de Salers, en Auvergne, les races limousine et du Mézenc, au pourtour du plateau central, naissent sur les pâturages naturels de la montagne et sont ensuite engraissées pour la boucherie dans les pays plus riclies, notamment dans i' Anjou où les bœufs de Cholet sont renommés. Le fromage du Cantal forme une grande partie de l'alimentation des Auvergnats. En Franche-Comté^ les vaches« qui se rapprochent des espèces trapues de la Suisse, donnent des fromages dits de Gruyère. Les races des Pyrénées, des Vosges, des Ardennea sont bonnes pour le trait. Dans les Vosges, on fabrique le fromage de Gérardmer.
Il y à en tout 1 2 millions de bètes à cornes en France.
Races ovines, — Les moutons sont deux fois plus nombreux. A l'inverse des bœufd, l'humidité ne leur convient pas. Aussi les él6vc-t on dans les monta* gpnes et sur les pâturages secs de la plaine, dans les plaines de la Qiampagne, de l'Ue-de France et du Berrv, dans le bassin méridional du Rhône, dans les Cévennes et au pied des Pyrénées. Au nord de la Loire, on se nourrit généralement de bœuf comme viande de boucherie ; au midi, c'est le mouton qui domine. On a introduit en France des espèces de laine fine, des mérinos, pour exploiter ranimai au point du vue delà laine comme à celui de la viande. Mais la concurrence des laines étrangères fait qu'on se porte plus spécialement maintenant sur les espèces propres à l'engraissement. En général, les petites races de Sologne et des montagnes, nourries sur les landes ou dans des pâturages aux herbes aromatiques, fournissent de la viande plus délicate que les grosses races. La race de Larzac, entre Millau et Saint-Aifrique, donne du lait avec lequel on fabrique le fromage de Roquefort.
L'Etat possède des bergeries modèles destinées à l'amélioration des races, à Rambouillet et à Montcavrel (Pas-de-Calais), comme il possède une vacherie modèle à Corbon (Calvados).
Races porcines, — On élève des porcs dans toute la France, à cause de la facilité avec laquelle ils se nourrissent, de la rapidité de leur engraissement « do la nourriture substantielle que leur viande produit, de l'aptitude à la salaison et à la conscrvap tion qu'elle présente. Il y a en France S millions de porcs, principalement dans les pays où le lait abonde, la Bretagne, la Normandie, là Picardie, la Lorraine, le Maine, le Puitou, le Limousin, le Périgord, le Bourbonnais, la Bourgogne, le Lyonnais, le Vivarais, l'Albigeois.
Les chèvres. — Les chèvres sont des animaux de montagnes, mais elles y commettent de grands ravages, quand elles sont trop nombreuses. La région où elles abondent le plus en France est autour de Lyon, où elles fournissent fe fromage estimé < u Mont Dore. On on trouve aussi dans preaq e tous les pavs pauvres, où il o*y a pas de vaches de petite taille, le Berry, le RÎussillon, la Savoie, le comté de Nice. 11 y en a en toui 1 oGU 000 dans notre pays.
FRANCE
FRANCE
Les voiailles. — Les volailles sont répandues sur toat notre territoire. Dans la Flandre, TÂrtois, la Picardie, la Normandie, abondent les poules, dont on exporte les œufs en grande quantité pour l'Angleterre. Le Maine et la Bresse sont ronom- Diôs pour leurs volailles grasses . La vallée de la Garonne, le Poitou, TAnJou, le Berry, ont des trou-
Seaux de dindes et d*oies. Les canards viennent e Rouen et de la vallée de la Saône, les pigeons de celle de la Garonne. C'est avec du foie gras d*oics que Ton fabrique les pfttés de Toulouse.
Le mieL — C'est en Bretagne que l'on récolte le plus de miel, mais le meilleur commo qualité vient des forêts de Savoie et du Jura, où abondent les sapins ou les mélèzes. Le miel de Narbonne, celui au Gàtinais (Montargis) sont renommés.
iUices chevalines, — Les chevaux n'entrent pas en grande quantité dans l'alimenution^ mais ils servent d'animaux de trait dans beaucoup de pays où :1s offrent sur les bœufs l'avantage de la rapidité. Les clievaux s'élèvent survOut dans les pays d'herbages. Ceux de la Flandre et de l'Artois, du Boulonnais notamment, sont réputés pour leur force musculaire.
La Normandie produit des chevaux de luxe réunissant la force à la légèreté. Le Perche possède une race très remarquable, qui dégénère en dehors de cette région. Ses étalons et ses Juments sont excessivement forts et en môme temps ont l'allure rapide. Ce sont les meilleurs chevaux de poste
I^our traîner les diligences, les omnibus et autres onrds véhicules.
La Bretagne élève sur ses landes une race de chevaux très sobrCj mais de très petite taille. Dans les Côtes-du-Nordj on trouve en môme temps des chevaux très forts, propres au service des omnibus.
Les Ardennais sont une race rustique et résistante, qui est excellente pour traîner les pièces d'artillerie.
Les races de Tarbes et du Limousin sont de petite taille et de formes assez fines. On retrouve dans la Camargue des petits chevaux infatigables comme les chevaux arabes, dont ils semblent avoir du sang.
Sur les trois millions de chevaux que possède la France, la plus grande partie naît et sert dans le nord du pays. Dans le midi on se sert surtout do bœufs ou de mulets.
Les mulets, les ânes, — Les plus forts mulets sont produits dans le Poitou, qui fournit à l'Espagne une partie de ses attelages de luxe. On en élève aussi dans les Pyrénées et les Alp s. Les ânes abondent dans les pays pauvres, à cause de leur sobriété et de leur résistance à la fatigue. Il y a en tout moins d'un million d*ânes ou de mulets en France. ,
Répartitioîi du bétail en France, — Si l'on veut Juger de TéUt de Tagriculture dans un département d'après le nombre d'animaux qu'il nourrit, on constate que ce sont les pays voisins de la Manche et de l'océan Atlantique, au nord de la Loire, qui sont les plus avances sous ce rapport. Ce sont eux qui ont le plus d'herbages. Et l'engrais produit par ces animaux permet en même temps de récolter d'abondantes moissons quand le sol s'y prête. Les cultivateurs ont. en outre, l'avantage, notamment en Bretagne, de recueillir au bord de la mer beaucoup de varechs, qui leur fournissent une autre sorte d'engrais pour fertiliser leurs terres.
Les vins. — La France tire un énorme produit de la vigne. Non seulement le vin est la boisson la
{(lus répandue dans notre pays, mais c*est aussi 'élément le plus important de notre exportation.
Le Bordeluis et la Saintonge, — Les principaux centres de production sont d'abord le Bordelais, ' où l'on récolte les vins rouges et blancs les plus j
estimés de la France, la Saintonge où Ton brûle j les vins «pour obtenir Teau-de-vie de Cognac, TArmagnac (Gers), où Ton fabrique ausû beaucoup d'eau-de-vie.
Le Languedoc, — Dans le Bas-Lançuedoc, le département de l'Hérault est celui où 1 on récolte le plus de vin de toute la France. La vigne y occupe presque toutes les terres et le rendement à Thcctare est en mémo temps considérable. Dans l Hérault, on fabri(^ue beaucoup d'eau-de-vle et d'alcool pour l'industrie ; on y récolte, ainsi que dans le Gard, FAude et les Pyrénées-OrienUles, des vins de consommation directe, ou propres à être mélangés à d'autres vins moins ricnes en alcool. Ceu« a la spécialité de fabriquer des vins cuits imitât ceux de Madère ou d*Espagne. Lunel et Frontignu sont connus pour leurs vins muscats.
La Bourgogne, — La Bourgogne forme la troisième erande région viticole. C est là qu*on tron¥e les célèbres vins de la Côte-d'Or, groupés autour de Beaune et de Dijon, les vins du Maçonnais et du Beaujolais, do bonne consommation courante, et ceux de TYonne ou de Basse-Bourgogne, do qualité pins commune.
La Champagne. — La Champagne, au contraire, ne produit due des vins de luxe. Reims et Epemaj fabi iquent aans leurs caves immenses des milïms de bouteilles de vin mousseux qui sont exportées dans le monde entier.
Le Centre et les autres régions vitieoles, — U France, au sud de la Loire, possède proM^ue partout des vignes. Dans le centre, TOrléanais produit des gros vins dont on fabrique en partie do rjnaigre. Le long delà Loire et du Cher, on récolte des vins dont les meilleurs sont envoyés à Bordeaux. Ce grand port d'ex|>ortation des vigQobi») français attire à lui les vins de Tourainc, ceux da Quercy (Cahors) et de Béziers, pour les eoToyer au dehors sous le nom de Bordeaux.
Dans le Jura, on récolte des vins dont plusieurs sortes sont mousseuses comme le Champagne. Le long du Rhône on récolte des vins estimés, mais très capiteux, à SaintrPéray vis-à-vis de Valence, k TErmitage vis-à-vis de Tournon, à Côte-Rôtie vt»-lh I vis de Vienne. Depuis quelques années le phyllo- > xera a causé d'énormes ravages dans tout le bassû du Rhône. Le département de Vaucluse,notainmeDt, où le fléau a pris naissance, a été obligé d'arracher toutes ses vignes. On estime à 2 milUons et deoii d'hectares la quantité de vignes que possède actuellement la France, et à 60 millions d'hectolitres leur production moyenne en vin.
Le cidre. — Dans les pays où ne mûrit pas le raisin, on boit du cidre. La Normandie, stcc ses vergers de pommiers abrités du vent de mer par des rangées de hêtres ou d'ormes, est le pays producteur par excellence de cette sorte de boisson. La Bretagne et la Picardie viennent ensuite.
La bière. — Dans le Nord on boit de la bière. La Flandre et la Lorraine renferment de nombreuses brasseries, de même que Paris et Lyon. Le houblon, qui sert à fabriquer la bière, est récolté eu Flandre, en Lorraine et en Bourgogne. '
On estime à 1500 millions de francs la valeur moyenne de la production vinicole de la Fraoce, i 180 millions celle de la bière, à 100 millions celle des eaux-de-vie et alcools, à 90 millions celle da cidre. On fabrique de l'eau-de-vie avec du vin, ou du cidre, ou en distillant des betteraves, des pommes de terre, des mélasses, résida de U hbrication du sucre.
Autres cultures. — Los fruits de table mûrisseut surtout dans le Midi, qui produit seul lesor rges, citrons et grenades, et qui est le premier à récol;er les raisins, les ligues, les pêches, les abricots. L'Auvergne produit beaucoup de cerises et d'abricots, qui servent à fabriquer des pâtes de fruits. Apt, dans lo Vaurluse, a la sp<^cialité dp la con-
FRANCE
FRANGE
fi série des melons, patates, oranges on cédrats. L.es amandes Vertes ou sèches se récoltent en Provence. Les pommes et les poires mûrissent plus au nord. La Touraine et TAnjou approvisionnent ces bateaux qui arrivent à Paris chargés de pommes aix début de l'hiTcr. Certaines localités, Agen et t^liinon, ont la spécialité des pruneaux. On en fal>i"ique beaucoup, ainsi que des brignoles, en Provence. Les noix, qui sont mangées directement ou servent à faire de Thuile, en môme temps que le bois des noyers est recherché en ébénisteric, croissent surtout en Dauphiné et en Savoie, sur les peu tes inférieures des montagnes, en Périgord et dans tout le centre de la France.
Les truffes. — Les truffes, qui sont un cornesti ble de luxe, ont une antique réputation dans le Périgord. Mais ce sont le Vaucluse et les Basses- Alpes qui en récoltent maintenant la plus grande quantité, grâce aux plantations do chênes truffiers faites pour en favoriser le développement.
L*!s châtaines. — Les ch&taignes sont au contraire un aliment très commun. Elles croissent dans des terrains granitiques ou siliceux, sur les montagnes des Gévennes et du Vivarais où l'on récolte les marrons de Lyon, dans le Périgord, le Lioiousin et TAuvergne, et dans le Var qui produit les marrons du Luc. Gomme bois, le châtaignier est surtout exploité en taillis pour faire des cercles de tonneaux, des échalas de viornes ou de clôtures.
Forêts. — Les forêts couvrent en France près de 9 millions d'hectares, la sixième partie de notre territoire. Elles sont très étendues dans les départements du nord-est, la Lorraine, les Ardennes, la Bourgogne, la Franche-Comté. Aussi est-ce à Nancy qu*on a placé TÉcole forestière. Dans 1rs Vosges elles occupent plus du tiers du dépai-tement, et les deux cinquièmes de celui des Landes, où on a pu utiliser un sot rebelle à la culture par des plantations de pins maritimes qui s*opposent à Fenvabissement dii «triblo do la mer et donnent un abondant produit de résine.
Parmi les départements très boisés, il faut encore ciier les landes du département de la Gironde, TAriège, le Var, où les monts des Maures et de l'Estérel sont couverts de pins.
Le Nivernais, la Basse-Bourgogne et la Champagne approvisionnent Paris en bois de chauffage, dont les bûches, jetées dans les ruisseaux qui descendent des forêts, sont formées plus tard en trains de bois et arrivent à Paris par la Seine. C'est dans le Jura qu'on trouve les plus belles forêts do sapins; c'est au contraire dans l'Ouest, le Poitou et le Perche que se trouvent les plus beaux chênes. Le ciiêne-liège ne réussit que dans lu Midi, et particuliènment dans le Roussillon.
£n dehors des grandes régions forestières, on admire auprès de Paris, dans la forêt de Fontainebleau^ des arbres parvenus à un degré rare de vétusté et de croissance.
Les forêts de Compiègne, de Villers-Cotlerets, de Chantilly abritent beaucoup de gibier sous leurs épais ombrages.
La forêt d'Orléans, en partie défrichée, était la plus étendue de France.
Depuis quelques années, on a commencé en France à reboiser des régions montagneuses des Alpes, des Cévennes, et des Pyrénées, où les forêts sunt les meilleures défenses contre le ravinement et les inondations. On a aussi planté de grandes étendues incultes de la Sologne ou de la Champagne en pins pour en utiliser le sol et le fertilis^T à la longue.
En dehors des forêts, on a en France de nombreuses plantations d'arbres isolés ou par petits groupes. Le pays do Caux produit ainsi les plus beaux hêtres, qu'on trouve ailleurs mélangés aux sapins dans les forôt^^ du Jura ou du Dauphiné. Les peupliers, qui fournissent le bois blanc de l'usage
le plus répandu en dehors des régions du sapin' croissent dans presque toutes les vallées, le long de la Loire ou de la Saône notamment. Dans beaucoup de campagnes et surtout dans l'Ouest, les champs sont entourés de haies dont les branches fournissent du bois de chauffage et de la feuille sèche p(mr les moutons pendant l'hiver. Le chêne, le peuplier, l'orme, le frêne, le charme conviennent à cet usage. Ce sont les essences les plus répandues sur notre sol.
Le mûrier. — Il y a un arbre dont la feuille forme le principal produit : c'est le mûrier, dont la feuille verte nourrit le ver à soie. Il est localisé dans le Midi, et particulièrement dans la vallée du Rhône, au sud de Lyon.
Les graines oléagineuses. — Nous avons dit plus haut quelle était la région de Tolivier, dont le fruit donne l'huile comestible la plus répandue en France avec celle de noix. Les autres huiles, qui se consomment sous le nom d'huile d'olive ou servent à l'éclairage et aux autres usages industriels, sont fournies par le colza, la navette, ou l'œillette.
Le colza est cultivé surtout on Normandie, dans le Calvados, l'Eure et la Seine-Inférieure, dans la Picardie, l'Artois, la Flandre et le département de l'Aisne. On en récolte aussi autour de Lyon et de Nantes. En Bourgogne, lo colza fait place à la navette. Dans le Nord, la Flandre et l'Artois, l'œillette occupe de vastes espaces et alimente en partie Tindusti'ie des nombreux moulins à vent qui tournent autour d'Arras et de Lille.
Le lin. — On fait aussi de l'huile avec le lin, qui toutefois est plus utile comme textile. On en cultive dans tous les départements humides qui bordent la Manche et 1 Océan (sauf le Calvados, le Morbihan et la Gironde], et au pied des Pyrénées. Les régions qui en produisent le plus sont lo nord de la France, la Bretagne, la Saintonge, la vallée de la Garonne. C'est avec le lin qu*on fabrique les fils les plus fins et qu'on tisse les tissus les plus délicats, dentelles, batistes, ou autres toiles de luxe.
Le chanvre. — Le chanvre sert au contraire à la fabrication des fortes toiles destinées à la voilure, à la fabrication des sacs, au linge de ménage. C'est dans l'ouest de la France qu'on cultive le plus le chanvre. L'Anjou, le Maine, le Poitou, la Saintonge en produisent une grande quantité. On en trouve aussi dans toutes les terres très fertiles, presque autour de chaque maison, dans les pavs où les ménagères n'ont pas entièrement perdu l'usage de filer pendant l'hiver. Le chanvre du Graisivaudan (vallée de l'Isère) est particulièrement renommé pour sa beauté.
Le tabnc. — Le tabac ne peut être cultivé qu'avi'C Tautorisation et sous la surveillance de l'administration. Quelques départements ont seuls cette permission. Le tabac est surtout répandu dans la vallée de la Garonne autour des manufactures de Toulouse, Tonneins, Bordeaux et Bergerac. On en produit aussi dans les départements de la frontière du nord et du nord-est pour combattre la contrebande.
Les substances tinctoriales. — Avant les progrès réalisés par la chimie industrielle, qui tire maintenant toutes les couleurs des résidus de la fabrica* tion du gaz d'éclairage, on cultivait en grande quantité la garance, dont on tire un rouge très beau et très solide, dans le Comtat Venalssin et l'Alsace. Maintenant cette culture disparaît de plus en plus des pays dont elle a fait la fortune. C'est avec justice qu'on a élevé sur le rocher d'Avignon une statue au Persan Althen, pour avoir introduit cette utile culture en France.
Le safran, qui donne une couleur jaune, est un peu cultivé dans le Gâtinais (Montargis); le pastel, qui donne du bleu, dans l'Albigeois et le Gers. t VII. Gtèographle indnstrlelle. — Les bassins
FRANCE
FRANCE
B0CILLEB8. — La houille est le pain de rindustrie depuis rinvention des machines à vapeur. Aussi la richesse d'un pays en houillères correspond-elle généralement à sa puissance commerciale et au développement de ses manufactures et de ses diverses autres industries. Les paj^s du monde les plus riches en houille »ont au premier rang TÂngleterre, puis les États-Unis et l'Allemagne^ qui seront peutrôtre tous dépassés un jour par la Chine, si on so met à exploiter sérieusement ses immenses dépôts de combustibles minéraux.
liassin de Valenciennes. — Le bassin houlller le plus important de France est celui de Valenciennes,
3ui continue les dépôts de la Belgique et s'étend ans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Il produit annuellement 6 millions de tonnes. Anzin. près de Valenciennes, est le siège principal de cette exploitation, qui s'étend à l'ouest par Aniche et Douai Jusqu'à Lens et BuUy-Grenay, au nord d'Arras.
Bassin de la Loire, — Autrefois, c'était le bassin de la Loire ou de Saint-Étienne qui fournissait le plus de houille en France. Bien qu*ayant perdu le premier rang, il produit à peu près 4 millions de tonnes. Les couches contrastent car leur épaisseur avec les couches nombreuses mais très minces du bassin de Valenciennes. Le charbon de Saint- Êtienne se délite aussi beaucoup plus que les autres, mais se prête parfaitement à la fabrication des agglomérés de houille qu'un brûle sur les locomotives ou les paquebots, à cause de la facilité qu'ils offrent à Temmagasinement. Le bassin de Saint- Étienne s'étend du sud-ouest au nord-est depuis Firminy jusqu'à Givors au bord du Rhône, par le Chambon, SaintrÉtienne, Saint- Chamond> Rive-de- Gier.
Btissin d'Alais, — Le troisième grand bassin houiller est- celui d'Alais au pied des Cévenncs, dont la Grand'Combe, près d'Alais, et Bessèges sont les principaux centres d'exploitation. Il fournit près de 2 millions de tonnes.
Bassin de Commentri/. — Comnientry, près de l'industrie lie ville de Montluçon, fournit plus d'un million de tonnes, auxquelles s'ajoutent dans le voisinage les 820 000 d'Ahun, sur la Creuse, entre Aubusson et Guéret, les 200 000 de Saini-ÉIoy, entre Commentry et Gannat, et lee produite de quelques autres mines moins considérables.
Bassin du Creusot. — Le bassin du Creusot, dont les puits sont creusés au Creusot, à Blanxy et Montceau, fournit 850000 tonnes, auxquelles viennent s'adjoindre 150 ou IGOOOU tonnes extraites à Epinac.
Bassin (f Aubin, — Le sixième grand bassin, celui d'Aubin dans l'Avevron, fournit plus de 700 (lOO tonnes qui sont brûlées dans les usmes de Decazevilie et autres des alentours, ou emportées par le Lot à Bordeaux.
Bnisins secondaires. — En dehors de ces grands bassins, il faut citer celui de Graissessac dans l'Hérault, qui donne 300 000 tonnes; celui de Carmaux, au nord d'AIbi, qui n^est guère moins considérable ; celui de Brassac, à l'entrée de l'Allier dans le département du Puy-de-Dôme, qui produit plus de 200 000 tonnes^ et quelques autres petits bassins de l'Auvergne que le manque de communications empêche d'exploiter activement; les mines de Decite, dans la Nièvre, dont la production dépasse 150000 tonnes.
Tous ces gîtes houillers, à part Valenciennes. sont groupés autour du plateau central de la France.
En dehors de cette région, les bassins &^Aix (Provence; et de Manosqua donnent 400000 tonnes de li|;niie, brûlées dans les usines de Marseille. La Mure, dans l'Isère, et quelques 1 calités de la Savoie, fournissent 100 ou 2OUO00 tonnes d'anthracite, combustible impropre à la fabrication du
coke , mais remplaçant la houille dans les autres usages où elle sert de combustible.
Ronchamp, au pied sud- ouest du Ballon d'Alsace, donne 250 000 tonnes de houille. C'est la seule houillère de la région du nord-est, depuis U
Perte du riche bassin de la Sarre en 1871. Dans ouest, le Maine fournit 125 000 tonnes d'a.nthracite entre le Mans et Château-Gonthier. Ell^ servent principalement à cliauffer les fours à cLiax de la région, où l'agriculture réclame cet amendement. La Basse-Loire, entre Angers et Nantes, (Chalonnes), donne 75000 tonnes de houille, U Vendée (Vouvant) une cinquantaine de mille.
La France tire donc de ses mines 17 ou 18 millions de tonnes de houille environ ; elle en consomme la moitié en sus, qu'elle fait venir d'Angleterre, de Belgique ou de la Prusse Rhénane. Depuis le commencement du siècle, l'extraction et la consommation ont été sans cesse en s'accroissant, et CCS chiffres n'ont par conséquent qu'une valeur momentanée.
La tourbe, — La tourbe fournit un antre combustible minéral usité dans les usages domestiques plutôt que dans l'industrie. Les grandes tourbières sont dans la vallée de la Somme, de l'Oise, de l'Bssonne, sur certains plateaux de montagnes des Vosges ou du Jura, et dans le département de l'Isère. Dans la Loire -Inférieure, entre Saveoaj et Guérande, s'étend une région remplie de tsorbe qu'on nomme la Grande-Br ière.
Les aspïialtes. — Les asphaltes, qui sont me autre sorte de charbon minéral, s'exploitent à Seyssel dans l'Ain.
Les mines métalliques. — Le fer, — Le métil dont le minerai est le plus répandu en France, c'est le fer. Fondu avec de la houille ou du cbarboa de bois dans les hauts-fourneaux, il donne la font^^ La fonte est à son tour convertie en fer ou ea acier par un nouvel emploi du charbon, ou bien I elle est fondue et moulée pour donner divers objets. Le fer est travaillé dans les forges poor ' donner des lames ou du fil de fer; les ateliers de ' construction le découpent et assemblent les pièces qui constituent les machines ou la charpente des constructions. Ces diverses sortes d'ateliers, consommant beaucoup de combustible, se groupent naturellement autour des puits de mines, ou bien dans les régions forestières, quand ils emploient du charbon de bois. Celui-ci, plus coûteux, donne en revanche du fer de qualité supérieure à celui qui est obtenu au moyen do la houille ou du coke. Ces ateliers ne traitent pas seulement les minerais français; ils emploient encore beaucoup de minerais étrangers et se placent alors près des ports d'importation, où ils peuvent aussi s'approvisionner de combustibles.
Les principaux gîtes de minerai de fer en France sont en premier lieu dans le département de Meurthe-et-Moselle, autour de Nancy, malgré les pertes territoriales de la France. La lorêt de Haye, entre Toul et Nanc^, n'est pour ainsi dire qu an énorme bloc de nunerai. Ce département fournit à lui seul 700000 tonnes de minerai de fer, le quart de la production totale française.
Les Ardennes et la Haute-Marne donnent à peu
près la moitié à eux deux de ce que fournit Meurthe-
, et-Moselle. Le Berry, et notamment les environs
. de Bourges, fournissent beaucoup de minerai de
\fer en yrans, qui est très estimé et abondant
(276 000 tonnes). On en retrouve d'analogue dans
les Landes. Privas et la Voulte, dans l'Ardèche,
donnent du fer "ligiste (sorte d'oxyde de fer);
Allevard, dans l'Isère, du fer spathique^ qui est de
Qualité supérieure. Les Pyrenées-Orienules et
1 Ariège renferment de Vh&mntite, qui est le plus
riche des minerais de notre territoire.
, La Franche-Comté, le Boulont.ais, la Bourgogne
. la BreUgne> le Poitou, le Périgord donnent aussi
FRÀNGB
FRANGB
divenwft aottes de mioerala* Beauoottp' de ces exploitation» sont abandonnées depuis les traités de commereei qui ont permis d^introduire en Franco des. mineraisi étrangers de qiuUté supérieure, et ont fait éteindre beaucoup de> hauta fourneau* de notre pavs.. L'Espagne, l'Aigérie» 111e d'Elbe sont les graaaa- fooraisseurs de la France sous ce rapport.
La fonte et les forge9* — La fabrication de la fonte et le trawdl du fer se fait surtouti dans MeurthoNe^MosaUe. Âus environs de Nancy on voit do> tous, dytés. des baua fourneaux. Liverdun^ Frouand onâ des foires importantes* G*est le département qui.pBodttitle plus de fonte, en brûlant la houilloi du, bassin de>laSaiTe, que lui. amène la botelierie par les* oananx de la AAuioe au Aliin et de la Sarre,
Le Nord (kbnque- aussi beaucoup de fonte, et on y trouve, outre les- usines de Lille et des enviiH>i»s; qui produisent des macbines, celles de Denain et Anztn^ de Maubeuge^ et réubUssement de Marquise dans, le Pas-de-Calais»
Ijos Ardeanes, la Meuse renferment de petits établlsseoienis pour le travail du fer« La Hauteliame est un des grands centres de production, et un des principaux marebés. Saini-Dûier est le centre de celte industrie.
Limportance des forges de IVaaclie-Gomté a bien diuiintié depuis les trattéa de commerce. Fraisons^ entre 061e et BeaançoOv a. dea forges, et hauts fonrnesax. Audineourt, près de llonibellard, a la spécialité de fabriquer' une grande partie de la quinoaiilerle française, ustenâles de cuisine, serrures, ferruses de bâtiments. Plombières et Bains, dane les Vosges, fabriquent aussi divers objets en fier, et on retrouve des ateliers analogues sv phisieurs pointBde< la France, dans les Ardcunes notamment, dsAS la Haute-Saône et le Nord, où Ton fend les fourneaux de fonte.
Laàoie^ dans l'Orne, fabrique les épingles et les aiguilles. Les villages des environs di'AhbemUe sont peuplés de seiruriers.
La C6te^'0r possède entre autres les forges de ChâtUUm. Sa6ne-et-Lolre>eu un des dépairtements les plus actifs pour ce genre da tBavaii. Le Creusoi possède n hauts iSMirneaiML, plus qu'on n*en saurait trouver réunis nulle part ailleurs» Ses forges, «es- ateliers de. oenairueiioo eu font rétablissemeut le plus considérable de Frsoceet un des plus imporunts. di^ monde. L^Altter possède les forges de Commentry et celles de Montluçoru le Cher celles de Mazièreef près de Bourges, où Ton a fondu les pièces des halles centrales de Paris.
Entre Lyon etSaint^fitienae, Gtvors^ Saml-Chamumd, tUve^de^GMfs Te^re-Noire faMqu^nt beaueoup de fer. Cestaurtoutla réglM o^ se fabriquent presaue eicbisivement les aciers pour les armes, rartillerie. le blindage des navires. SaifUnMlienn^ possède les prineipalea maaufaittures d*armes à feu. L'Ardèobe et leGard forment ua autre groupe important. La Voulte et le P<nutin dans l'Ardèche ont des hauts Coumeaua. Aiaiê et Bessèges fabriquent de raoierv Beeucaire a d'importants hauts fourneaux peur fondre le minerai importé par la Méditerranée, de même que Marsâille^ où les besoins de la narine ont fait établir en outre des forges considéraUes. Dans Vlsèrov AUivard a la spécialité des aciera peur ta couiteUerie et les ressoru de voitures.
Dans les Pyrénées-Orientales et TAriège, comme dans dantres pays de montagnes ou riches en forêts, on fait surtout des fers au bois. C'est le cas des Landes, de la Nièvre; cependant ce dernier département possède les iosportantes forges de Fourchambautt, DeeiMe^ Imphy^ oh Ton brûle de la bouille. La marine de TEtat possède à Nevers des établissementa considérablea pour la 'fabrication de «es ancres, de ses eâblee, de sa clouterie.
î« P4IITTV.
I^s besoinfi des grandes villes ont fait établir aussi dea forges dans leur voisinage. On trouve des fonderies et des ateliers de construction dans la banlieue de Paris, ainsi qu'à Saint- Denis, ArgenteuU et Montotaire sur TOise, près de Creil.
Au travail du fer se rattache la coutellerie, qui se fait è TAtcrs, dans TAuvergne, pour les articles communs; hLôngres, à ChatelUrault pour la cou tôlerie plus soignée. Paris Sk la spécialité des instrumenu de chirurgie, dont il. exporte une très grande quantité.
Les armes blanches se font à Saint-Slienne et à ChatellerauU, où il v a une manufacture nationale ; les armos à feu à Saint-Etiemie et Tulle, où se trouvent, aussi des manufactures nationales; les canons sont fondus par l'Etat à Ruelle (Charente] et à Nevers pour la marine, à Bourges et à Tarbes pour Tannée de terre, et dans les diverses grandes usines privées, telles que le Creusot et Bessèges. Autres métaux, — Les métaux antres que le fer sont peu abondants en France. On exploite le plomb argentifère à Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme, è Vialajt dans la Losère, kLargenfiére près de Briançon. Largent en est séparé à Marseille, qui a la spécialité de cette industrie pour les minerais français et beaucoup de minerais étrangers.
Le cuivre existe à Chessu et Sâin-^eientre Lyon et Tarare, mais le minerai en est surtout employé pour la fabrication de Tacide snlfuriaue. Le manganèse estexploitéà AomnitécAe, entre M&con et Lyon. L'étain existe en petite quantité dans le Limousin, le zinc dans les Gévennea, Tor dans les torrents des Pyrénées ou le Rhône ; mais tous ces métaux n*alimentent aucune exploitation importante. Cest au dehors que la France s'en approvisionne. Le Havre reçoit du Chili, de Suède ou d'Angleterre, les cuivres bruts qui sont travaillés dans les usines de cette ville, de Rouen, de Romilly près des Andelys, de Bioehe-Saint-Yaost près d*Arras, de (Jivet dans les Ardennes,. de Saint^Denis, Bordeaux tire de TAmérique nu sud les cuivres qui sont travaillés à Toulouse» Marseille approvisionne les usines de Vienne et du Vaucluse,
MixÉSAUx DIVERS. » Le sel et les produits chimiques. — Le sel, qui se rapproche des métaux parsa nature, mais qui est indispensable à la nodr^ riture de Thomme et des animaux, est recueilli dans les marais salants qui s'étendent sur les bords de rOcéan depuis Guérande, au nord de l'embouchure de la Loire, Jusque Tembouchure de la Gironde, et sur les bords de la, Méditerranée dans les départemeiUs de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, des Boucbies-du-Rhône, et sur qjuelques points du Var. Malgré la richesse inépuisable de ces eaux, qui fournissent le sel de cuisine et plusieurs autres sels ou produit» chimiques employés dans Tindustrie, la France (avant la guerre de 1871) em« ployait moins de sel provenait de cette source (600 000 tonnes) quo de sel gemme extrait des mines (800 000 tonnes). Nancy est le grand centre de celles-ci. Une partie en a été cédée à la Prusse (Z>iruse notamment), mais nous conservons Saint- Nicolas et Rosières entre Nancy et Lunéville. Dans le Jura, Salins et Lons-le-Saunier ont tiré leur nom du sel qu'on y exploite. Il en est de même do Salies dans le Béarn. On a ouvert depuis quelques années, dans la Haute^Saàne, des puits qui promettent d'être très riches.
Les produits chimiques se fabriquent dans les grandes villes ou leur banlieue, Paris, Lyon, Lille, Marseille, Rouen, partout où une industrie active eu réclame remploi, ou bien sur les bords de la mer, quand ils sent fournis par Tévaporation de ses eaux.
Les savons sont fabriqués à MarêeilU, Nantes pour les usages industriels et domestiques, à Paris pour la toilette. Paru a aussi la spécialité des autres articles de parfumerie, spécialité qu*il par-
FRANCE
FRANGE
tage avec Grasse, située an milieu des plantes aromatiques.
Parts est aussi le principal centre de fabrication des bougies.
Sources minérales. — Les sources minérales em* ployées par la médecine sont diTorses et nombreuses en France . Dans les Pvrénées, on peut surtout citer: les Eaux Bonnes, les Eaux Chaudes, et Saint'-ChriS' tau, près d'OIoron, dans les Basses- Pyrénées ; Cauterets, Saint-Sauveur, Bagnèf^esde-BigotTe et Barèg^-s, dans les Hautes-Pyrénéës ; Dax, dans les Lan «les ; Bagnh^es-de-Lucfton, dans la Haute-Garonne ;iix ^iAulus dans TAriège ; Àmélie-les-Bains, dans les Pyrénées-Orientales.
En Auvergne, le Mont-Dore, la Bourbouîe, Saint- Nectaire, Royat, près de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme ; Chaudesaigues, dans le Cantal, dont Teau est assez chaude et assez abondante pour èire employée par les habitants à chauffer leurs maisons.
Dans le Bourbonnais, Vichy possède les eaux les plus fréquentées de France, et en exporte chaque année des millions de bouteilles dans le monde entier. On trouve, dans le même département, Bowbon-VÂrchamoault et Néris.
Saint-Galmier, dans la Loire ; Condillac et Die, dans la Drôme ; Digne et Aix en Provence, Balaruc, dans l'Hérault, sont isolés de ces divers groupes.
Dans l'Isère, Uriage, Altevard, la Mothe-les- Buins; dai>s la Savoie, Aix-les-Bains; dans la Haute-Savoie, Saint-Gervais et Evion, ont comme les eaux des Pyrénées l'avantage de réunir l'attrait pittoresque du pays à leurs qualités thérapeutiques.
Il en est de même des eaux des Vosges : Luxeuil, Plombières, connues depuis fort longtemps, Vittel et Contrexeville, Bourbonne-les- Bains, sur le plateau de Langres, convient aux blessés.
Forges, dans la Seinf-Inférieure, a des eaux ferrugineuses ; Saint' Amand, dans le Nord, des boues. Les eaux sulfureuses d'Enghien sont fréquentées à cause do leur voisinage de Paris.
A ces divers groupes, il faut ajouter Bagnols dans rOrne, Evaux dans la Creuse, Cransac dans TAveyron, et de très nombreuses autres sources qui ne sont pas encore fréquentées.
Les baina salés, pris près des mines de sel ou dans la mer sur toutes nos côtes, sont d'un usage de plu» en plus répandu. Le Tré^ort, Dieppe, Saint- Valéry, Fécamp, Êtretat, dans fa Seine-Inférieure; Trouville, ViUtrs, Cabourg, Arromanches, dans le Calvados, Dinard vis-à-vis de Saint-Malo, sont fréquentés par les Parisiens. Les rivages de Bretagne sont aussi visités pour leurs sites pittoresques. PorniCj près de Nantes, Royan et Arcachon, près de Bordeaux, ont la clientèle de ces deux grandes villes. Biarritz a pour lui le voisinage des Pyrénées et de l'Espagne, et son ciel méridional, qui en fait un séjour cosmopolite dans la saison avancée.
Matéruux de construction. — Les pierres de taille, — Les pierres de taille se trouvent généralement auprès des grandes villes, car leur présence est une des raisons qui ont facilité le développement de celles-ci. Dans les régions comme le Nord, où Ton n*a pas de pierres, on construit en briques ; mais pour tous les édifices de luxe, la pierre est toujours préférée et tirée du dehors. Paris est bâti sur des carrières, qui forment sous une partie de la rive gauche de la Seine des catacombes. On extrait encore de la pierre de taille et du moellon facile à débiter dans la plaine de Chàtillon, près de Saint-Denis ; dans la vallée de l'Oise à Creil, Chantilly, Pantoise; dans la vallée du Loin g, à Chdteau-Landon, entre Fontainebleau et Montargîs.
La Bourgogne est la région de la France qui fournit les plus belles pierres pour Texportatlon.
Tonnerre en fournit de très belles, 6t Jouit en outre de Tavantage de les expédier fadlement sur le canal de Bourgogne. Caen a do ton o6t6 de fort belles pierres au*on expédie par mer en Angleterre ou en Amérique. Les bonis de la Meose, en Lorraine, fournissent des pierres de très grosse taille. Dôle, dans le Jura, et lEchaillon, dans llsère. ont une sorte de pierre susceptible de prendre «n beau poli comme le marbre.
Le marbre. •» Celui-ci, oui ne sert que pour l'ornementation extérieure aes monuments ou la décoration intérieure des appartemenu, et pour la statuaire, a ses plus beaux échantillons dans les Pyrénées, où Ton cite particulièrement les carrières de Campan et de Sarraneolin, dans les Hautes- Pyrénées, et de Satn^£^a/, dans la Hante-Garonne. Les Alpes fournissent aussi de beaux spécimens de marbres riches. Les marbres communs Tiennent des Ardennes, de Maubeuge dans le Nord, de Boulogne, dans le Pas-de-Calais, et de Sablé dans la Sarthe.
Les ardoises. — Les ardoises, qui serrent à la couverture des maisons, viennent presque exclusivement àH Angers, des Ardennes, et du Finistère.
Les granits et autres pierres dures,— Les granits, qui servent pour les constructions maritimes, pour les dallages de trottoirs, viennent de Bretagne, da département de la Manche et particulièrement des lies Chausey, et aussi des Vosges. Quelques piencs d'origine volcanique,telle6 que les basaltes, servent aussi à bâtir les maisons dans les pays où on les exploite, et sont exportées pour les constructions exigeant une grande résistance à Tusure. Ainsi, Volvic, dans le Puy-de-Dôme, près de Riom, exploite les laves des anciens volcans voisins. La ville d'Agde est bâtie en pierres volcaniques noirltres qui donnent aux maisons un grand air de tristesse. Les grès, qui servent au pavage, mais font de mauvaises pierres de construction, sont tirés de U forôt de Fontainebleau et de quelques collines voisines.
La chaux, etc. — La chaux, qui sert à faire le mortier et à réunir entre elles les diverses parties d'une construction, est cuite dans des fours répandus partout où le calcaire se rencontre.
Quand le calcaire et le combustible se trouvent voisins, on cuit la chaux pour amender certains sols. C*est ce que nous avons dit plus haut à prooes de l'anthracite du Maine.
Le plâtre, qui forme un très bon aggloméraot, est beaucoup plus rare. Le meilleur se fabrique auprès de Paris, à Argenteuii, Vaujown, Montreuil, Clamart.
Le ciment est nécessaire dans les constmctiofis exposées à Teau.Les meilleurs viennent de Boulogne, de Vassy (près Avallon), de PouiUy (Côte-d'Or), de Grenoble et ses environs, du Teil, près de Viviers, de Moissac.
Les pierres meulières, qui sont employées posr les constructions, sont répandues sur divers points. Mais c*est la Ferté-sous-Jouarre,dsLnB Seine-et-Marne, qui a la spécialité de fournir les grosses meules de moulin. Cette exploitation y entretient une industrie considérable, qui exporte ses produits dans tout le monde civilisé.
Les briques, poteries, cristaux el engrais minéraux. — On trouve dans bien des régions différentes la terre glaise dont on fabrique les tuiles et les briques. Celles de Bourgogne sont pariiculiè^ rement estimées. On en fabrique aussi beaucocp auprès des ports de mer de la Manche, où la houille importée d'Angleterre sert à cuire la terre trouTée sur place, et où les tuiles, les briques, les tuyaoi de drainage fournissent aux navires un fret de retour plus avantageux que des galets.
£n Bourgogne, en Normandie et dans le Nord, on trouve de l'argile plastique serrant à la fabrication des poteries communes. Dans la Haute-
FRANCE
FRANCE
Vienne, les dépôts do kaolin ont développé l'industrie de la porcelaine, qui y a son principal centre. C^est à, Samt-Yrieix que s'approvisionnent en terres les fabriques de Limoges, de Vierzon et de Mehun dans le Cher, de Nevers, de Bordeaux.
La manufacture nationale de Sèvres Jouit do la plus grande réputation pour la finesse de ses pâtes et la perfection artistique do ses produits.
Les faïences plus communes que la porcelaine, mais susceptibles de décoration artistioue, se font à Creit, Moniereau, Gien et Paris. Briare a la spécialité des perles et boutons en porcelaine.
Le sable produit par la pulvérisation des grès, comme à Fontainebleau, est exploité pour la fabrication du verre.
C*est auprès des houillères que se groupent les verreries qui font une grande consommation de combustibles. Rive-de-Gier et ses environs dans le bassin de Saint-Etienne, Aniche dans le Nord, et A lais sont les principaux centres de cette industrie, fournissant dos verres à vitre et des vases de toutes sortes. Les verreries à bouteilles se trouvent Quelquefois près des forêts, à Soissons, dans les Vosges et le Jura.
Saint-Goàain, dans l'Aisne, a une réputation considérable pour sa fabrique de glanes; Baccarat y dans Meurthe-et-Moselle, pour sa cristallerie.
Autour de ces grandes usines, Chauny, dans VAisne, Cirey, dans Meurthe-et-Moselte, préparent les produits chimiques Qu'elles emploient, et transforment en engrais les déchets de fabrication.
Les Ardennes et les autres départements de Champagne et de Bourgogne, rangés en cercle autour de Paris, ont des dépôts de phosphate de chaux très précieux comme engrais. La Touraine a ses faluns servant au même usaee.
Industries alimentaires. — La minoterie^ les conserves alimentaires. — Les moulins, oui trans» forment le blé en farine, sont répartis sur les cours d'eau de tout le territoire, ou dans les plaines où le vent fait tourner leurs ailes. Mais les grandes usines de meunerie sont concentrées auprès des grandes villes. Corbeil. ÉtampeSy Dourdan^ manipulent ies blés de la Beauco et de provenance plus lointaine. M eaux et Coulommiers servent de débouché aux fermes de la Brie. Gray, dans la Haute-Saône, Moissac, dans Tarn -et -Garonne, Poitiers ont aussi des moulins considérables. Les grands ports comme Marseille^ le Havre, Nantes et Bordeaux ont des moulins à vapeur pour moudre les blés de provenance étrangère, dont ils expédient les farines au dehors' ou au dedans, suivant Tabondance ou la faiblesse de la récolte, tandis que les issues sont généralement consommées en France.
C'est aussi dans les ports et à Paris qu'on fabrique les conserves alimentaires de viandes, de légumes ou de poissons, qui se consomment sur les navhres ou pendant Thiver Nantes et Bordeaux ont cette spécialité. Les sardines mises en boites à Nantes sont pèchées sur les côtes de Bretagne. A Marseille on prépare le thon et les anchois de la Bléditerranée.
frayes est renommée pour la charcuterie; 6avo7mtf pour les Jambons; Lyon et Arles pour les saucissons. Une foule de rilles ont des spécialités gastronomiques dans le détail desquels nous ne pouvons entrer. Paris fabrique du chocolat pour une ^ande partie du monde. Cette ville renferme aussi les raffineries de sucre les plus considérables qui existent. Marseille, Nantes, le Havre, raffinent les sucres venant des colonies.
Les industries de l'habillement. — Le coton. — Le coton est aujourd'hui la matière la plus utilisée pour le vêtement de l'homme. Importé en France ' dr^s Ëtats-Dnis, du Brésil, de l'Inde, do l'Egypte, il tst d'abord filé, puis tissé, seul pour fabriquer les ( cotonnades, ou mélangé à la laine pour donner des |
tissus de nouveautés. Mulhouse, en Alsace, était avant 1870 le principal centre des filatures et de l'industrie du coton en France. Une grande partie des industriels de cette région ont transporté lenrs' établissemonts sur le versant français oes Vosges, à Giromagny, Remiremont, Spinal. Ils fabriquent du fil à coudre, des calicots, des Jaconas, des étoffes fines.
Rouen, au contraire, qui est le centre le plus considérable pour rindustrie du coton en France, depuis la perte de Mulhouse, a la spécialité des étoffes grossières à bon marché, les rouenneries et les guinées destinées k l'exportation en Afrique. Les usines du groupe rouennais sont dispersées dans la ville et les localités envvonnantes. La petite rivière de Gailly, qui tombe dans la Seine en aval do Rouen, est admirablement utilisée par une foule de numofactures à qui elle fournit sa force motrice.
Fient, dans l'Orne, a la spécialité des coutils.
Dans le nord, Lille fabrique beaucoup de fil à coudre, et Saint-Quentin des mousselines ou autres étoffes de coton, Amiens des velours de cotoo.
Cette région de la France est un des centres les plus actifs pour ce genre de fabrication. Il en est de môme ae Tarare et de Roanne, son annexe, qui ont la spécialité des tarlatanes et mousselines à rideaux.
Le chanvre et U lin. — Le chanvre et le lin sont produits en quantité insuffisante dans notre pays pour l'approvisionnement des manufactures qui les mettent on œuvre. La Russie nous en fournit de grandes quantités. L'Inde nous envoie du jute, sorte de textile très utilisé depuis quelques années.
C'est dans le nord de la France, la Nonnandie et le Maine, qu'on file et tisse le plus de lin. Les dentelles de Valenciennes, les batistes de Cambrai sont faites en fils très fin de lin. Dunkerque a la spécialité du jute ; Amiens fabrique des sacs et autres tissus communs, Saint-Quentin du linge damassé.
Dans le Maine, le Mans, Laval, Mamers fabriquent de grosses toiles. La Basse-Normandie en fait de plus fines pour linge de ménage.
L'Anjou et la Bretagne emploient le chanvre à la fabrication des grosses toiles à voiles et antres. Voirony dans l'Isère, utilise le beau chanvre du Graisivaudan.
Dans les Vosges, les habitants de Gérardmer sont presque tous tisserands et fabriquent^ avec des fils importés du Nord, des toiles de ménage qu'ils blanchissent sur leurs prés.
La laine. — Le travail de la \9\ne s'est d'abord établi dans les régions riches en moutons, la Normandie, la Champagne, le Languedoc, le Berry. Maintenant les laines indigènes n'alimentent qn*en
Kartie la fabrication. L'Australie, Buenos-Ayres, ) Cap de Bonne Espérance senties grands fournisseurs du monde entier.
Roubaix, dans le Nord, fabrique une énorme quantité de nouveautés où la laine, la soie et le coton se trouvent mélangés. Elbeufei Louvier», en Normandie, Abbeville, dans la Somme, fabriquent des draps de genres variés. Sedan, au contraire, a la spécialité des draps les plus fins, Reims, celle des flanelles. Les draps épais viennent du midi, de Vienne, en Dauphiné, de Mazamet, Lodève et Carcassonne dans le Languedoc. Orléans fabrique les couvertures, ChAteauroux et Romorantin les draps de troupes.
t^s tapis viennent de Roubaix, Tourcoing, NUnes pour les sortes courantes ; A'Aubusson et de BeaU' vais pour les tapis de luxe. L'Eut a deux manufactures, celle de Beauvais, et celle des Gobelins à Paris, dont les produits sont résmrés aux édifices nationaux ou oiTerts en cadeaux aux souverains étrangers. Paris fabrique les châles de cachemire
FRANCE
FRANCE
La $me, ~ Le travidl de U soie est concentré dans le bae»in du Rhône, qni produit les cocons, on reçoit par ie port de Marseille les saies dlulie, du Levant, de la Chine et du Japon. Alms^ dans le Gard, Aubmas, dans TArdèche, CreM^ dans la Drôme, Avianon^ dans le Vanchiee, sont les principaux marchés de soie indigène. Lyon fabrique les soieries de luxe mélangées d*or et d'argent, les velours, les taffetas. Un grand nomkMre de métiers travaillent pour les magasins de Lyon dans la campagne et tes départements voisins. Saint- Etienne et Saint'Chœnond fabriquent les mbans. En dehors de cette région, Part* fabrique la passementerie, oui rentre danalee articles dits de Paris, et Toun les étoffes d'amenhiement.
Bonneterie, broderies, denteitee. — La bonneterie, qni comptend les bas et les divers tricots, se fait à Troffes pour le coton, à Amiens^ pour la laine, à Nime-^ pour la soie.
La peluche pour les chapeaux de soie vient de Lyon, mais les feutres se font surtoat dans le midi, en Provence.
La broderie se fait à la main dans les montagnes des Vosges et autour de Nanq/, à la mécanique à Tarare et Saint-^entin.
Les dentelles se font dans les campagnes voisines du Puy^en-Vetay, k Bayeux et à Caen^ le tttlle à Saitit-Pierre-lès-Calais.
Les tanneries, — Les peaux sont tannées dans toute la France, mais surtout à PariSy où se fait une si grande consommation de viande, et dans les poirts de mer, le Havre, Bordeaux, Nantes, qui impoitent les peaux de la Plata. Pont-Audemer dan» le voisinage du Havre a do grandes tanneries ; Annonay et Grenoble travaillent les peaux de chèvre, et Millau celles d'agneau pour la ganterie. Paris, Bordeaux, Rennes, Bloiê fabriquent des diaussures pour Texportation.
industries de luxe — Paru a la spécialité des objets de luxe, l'orfèvrerie^ la joaillerie, la bijouterie. L'horlogerie se fait surtout en Franche-Comté, à Besancon, à Morez où l'on fabrique en même temps des tourne-broches, verres de lunettes et avtres objets de précision, à Beaucourt, près de Montbéliard, où 1 on fait de Thorlogerie commune. Saird'Nicolas d'Aliemtont, près de Dieppe, fait des horloges et des appareils de télégraphie électrique.
La tabletterie en bois vient de Saint-Claude, celle en ivoire de Dieppe, qui a conservé cette spécialité depuis le temps où ses navires abordaient k» premiers sur les côtes du golfe de Guinée.
Paris et Lyon fabriquent les papiers peints ; les meubles se font au faubourg Saini-Antoine à Paris, à Bordeaux et à Nantes pour Texporuiion, les iastmments de musique à Patis et à Mirecourt (Vosges).
Pcqkiers. — Les papiers se fabriquent généralement dans les pays de montagnes, où Ton trouve à la fois des eaux très pures et des forces motrices économiques. Anaouléme en fournit beaucoup. Annonay, dans rArdeche, les environs de Grenoble (Ri»eê,Voiron)t produisent les plus belles pltes. Essonne, près de Gorbeil, possède la fabrique la plus considérable pour rapprovisionaement de Paris, n V a en outre beaucoup de papeteries dans les Vosses, le Jura, aux environs de Goulommiors, où le Marais a la spécialité de fournir la papier des billetade banque et des titres de valeons mobilières pour la plupart des pavs du monde. Tons ces papi«is; SB fabriquent à la machine sur la toile sans fin* Le pftpfer filigrane à la main se fiibrique encore à J/uer*,, où Ton travaille pour le tiinhre et lesoattes à jouer,
d'articles spéciaux dans ce Dictionnaire, et noa avons indiqué dans Thydrographie le point de départ de la navigation sar les rivières. Lies routei de teiTe, dont on augmente chaque jour le nomb-e. ne servent plus guère que d'annexés à ces voies économiques de transport, les canaux et rivière navigables et les chemins de fer, sauf dazis la r^ gion des Alpes. On trouve à rarticle concernai cette chaîne la nomenclature des routes qui traversent ces montagnes et relient la France à riul>.
Ports de comiEacE. — La mer du Nord. — Ces par mer que se fait la plus grande partie du cooimerce extérieur de la France.
Dutiherque est notre premier port sur la mer d? Nord. Ses relations sont principalement diriz'kf du cété de l'Angleterre, de la HoUanda, de i Russie, n importe les matières premièree nécessaires aux filatures et autres manufactares de h Flandre, de la houille, des graines oléagineuses, des bois^ et exporte au contraire des céréales e: autres substances alimentaires pour rAngleterr?, des tissus et des sucres pour les pays loimaios.
Gravelines n'est qu'un port de peu aimportance, recevant des bois et de la houille et réexpédiant des approvisionnements en Angleterre.
La Manche. — Calais et Boulogne oflrent lu grand mouvement, à cause des voyageurs qci j passent chaque année le détroit au nombre de plusieurs^ centaines de mille, et des échanges de rai> chandises qui s'y font constamment entre Parî« et Londres. Les paquebots, passant de Douvres à ùlais, peuvent accoster les quais de ce port à too» heure. Boulogne communique régulièrement am Folkestone, qui lui fait vis-à-vis de l'a utre côté da détroit, et avec Londres par la Tamise. Boulogne est s même temps un port de pèche très actif, qui fourcit
, Bpb/L^ oommerolale. •— Les canaux et les
rbemins de fer, qui servent au transport des mar-
& l'intérieur de la France, ont été l'objet
en partie Paris. De plus. Calais et Boulogne, â« même que Saint- Valéry-sur-Somme, approvisionnent les nombreuses manufactures et usines de leur voisinage en matières prenadères, houille n bois de construction.
Le Tréport est un port de pèche.
^ Dieppe se livre aussi activement à cette occnpttion, et est en même temps un de nos grands poni de commerce. D^à imporunt avant la Fondation du Havre, il a l'avantage d'être le point du littoral le phn voisin de Paris» et le plus rapproché de la iig» droite reliant Londres avec Paris ou avec RoaeE. Des paquebots relient régulièrement Dieppe ai» New-Haveu, et avec Grimsby, à l'embouchure d< l'Humber. Les Anglais y apportent leurs houille pour l'approvisionnement des environs et de Paris les Norvégiens les bois ot les fontes de Suède. En retour, on emporte en Angleterre les moda de Paris et les envois des Halles pour le marcbi de Londres ; des céréales, des briques et poteries, des galets pour les fabriques de ikXences et de terres cuites anglaises.
Saint' Va léry-en-C aux arme pour la pèche da hareng et de la morue. Sous ce rapport, Fécawap est le premier port de France.
Rouen a été construit sur la Seine, au point de rencontre de la navigation fluviale et de la navigation maritime. Grâce aux travaux d'endlguemeot faits sur la Seine pour on approfondi le chenal, ce port reçoit des narires d'un tonnage de plus en plus fort, qui viennent approvisionntfParis, Ronea et les usines de cette région. Rouen a des relationi avec l'Angleterre, l'Amérique, la côte de Guinée. Avant la construction des chemins de fer, cette ville recevait par mer les vins de Bordeaux destinés à la consommation de Paris.
Mais de tous temps, Rouen a eu un avant-port plus rapproché de la mer.
Lillebonne, au temps des Romains, Harflenr aa moyen âge, le Havre depuis François I*, ont successivement joué ce rôle, à mesure que les atterrissements du fleuve et de la mer et les dimensions
FRANGE
FRANGE
iix8 grandes données a«x naTirea oblig^aieiit à borcher un port plus rappn>€li6 de la pleine mer. /est à grands frais qu'on maintient actuellement k l^entrée du poil du Havre la profondeur et la ■.r^eur exigées parlaspsnds paquebots modernes. L.e Hexvre est aujounThoi notre premier port de sommerca après MameiUe; sesjrelatirnis s'étendent k roaies las parties du monde. La marine y réclame sasis cease de nouveaux bassins, de nouveaux quLais, qai prennent peu à peu la place de Tancl en ne ville ei refoulent plus loin les habitants et Ifis usines.
On débarque au Havre les cotons de la Nouvelle- Orléans, les blés de New-York et de Chicsgo, les peaux et les laines de la Plata. de TUruguay ou du Brésil, les enivres du Chili, les cafés du Brésil et de Bourbon, les cacaos du Vénéittéla, Tindigo de rinde ou du Guatemala, les sucres et les tabacs de la Havane, les pétroles de la Pensylvanie, les l>ois de teinture du Mexione et du Brésil, les salaisons de New-York, Chicago, Cincinnati, les liouilles et les métaux d'Ângleteire, les bois de Norvège, et une foule d'autres marchandises dont le maniement entretient une activité continuelle. La plupart de ces marchandises sont réexpédiées dans rintérieur du pays, mais beaucoup sont manufacturées au Havre même, q«i a des raffineries de sucre, des fabriques de produits diimiques, une manufacture do tabacs, des huileries, des forges, et tend de plus en plus à devenir une grande ville industrielle en môme temps qu'un C^rand entrepôt de commerce.
Le Havre a des services réguliers de navigation qui le relient à tous les ports principaux de la côte française, et en outre a Southampton et Llverpool en Angleterre, à Lisbonne, à Rotterdam, Hambourg H Saint-Pétersbourg. Des paquebots, aussi vastes et somptueusement aménagés que r^jpides dans leur marche, partent du Havre pour New- York, les Antilles, Tisthme de Panama, Rio de Janeiro et la Plat a, Tlnde et la Chine.
Sur U rive gauche de la Seine, Honfleur fait le commerce des bois de Norvège, et expédie An Angleterre une mande quantité d*œufs, de volailles, de provisions alimentaires diverses produites par la Basse-Normandie. Il en est de même de Trouville, qui est en même temps port de pèche, de Caen qui communique avec la mer par un canal, de Carentan et a'Itignyy qui exportent surtout du l>eun*e.
Cherbourg, fixii est un de nos dnq ports militaires, (ail un commerce asses actif pour desservir les besoins de son arsenal et de ses chantiers de construction, et communique aussi régulièrement avec l'Angleterre. L'sdmlnistration de la marine est partagée entre les cinq préfectures maritimes, oui sont en même temps les ports militaires où 1 on arme les navires de l'Eut: Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon.
Gramnlie arme surtout pour la pèche de Terre- Neuve, et se psrtage avec Saini-Malo lo commerce des lies Normandes, d*où Ton passe en Angleterre. Sotn^ifiiA), avec sonannese SamiServant expédie beaiconp de légumes et de provisions dans ce pays, et arme peur la grande pèche. Les côtes de Bretagne sont peuplées de pêcheurs qui fournissent à notre manne les meilleurs équipages. Les poissons de U>iit6s sortes abondent dans ces parages couYerts de rochers, de bas-fonds, où les prairies Boos-maxioes leur eft-ent une nourritureabondaate. MorUtix, Bcuamenezt Oontameau (ces deux derniers sur TAtlantiquo) sent les priacipaux poru d'expédition 4e cette sorte de preonits.
VOcéan Atkmtique. — i?res^ notre grand arsenal maritime sur TOcéan et le siège de l'école Dsralei n'a pas réussi Jusqu'à présent à devenhr un port de commeaoe considérsble, ni à servir de foiat d'aitsche aux grands paquebots tBamatlanti»
qnes, ainsi qu'on avait tenté de le fsire un moment.
LarieiU^ autre préfecture maritime, est bien déchu comme importance commerciale depuis le temps où on l'avait fondé pour en Eure le siège es ja compagnie des Indes. C'est là que se -trouvent msintenant les principaux établissements de l'artillerie de marine.
Nantes a la même situation sur la Lobe que Rouen sur la Seine. Mais tandis que les grès navires arrivent à Rouen, Nantes est de plus eu plus délaissé pour Sawi-Nasatrr, d'où le diemin de fer amène les mstières premières dans ses usines. Nantes reçoit des Antilles des sucres qu'elle raffine, des cafés,des épioes. L'Angleterre lui loumit la bouille, la Norvège ei la Hollande les bois. Bn retour elle expédie des sucres raffinés, des lainages et des modes, des iarines, des conserves diverses. Les ndvires de la compagnie transatlantiquo partent régulièrement de Saint-Nasaire pour la Guadeloupe, la llartiiiique, et Tisthme de Panama, d'une part; Santander, en Espagne. Saint- Thomas des Antilles, la Havane, la VérsrCm, au Mexique, de l'autre.
leB Sabies d'Qtonne, La RockeiU, Toanaff^hO' renie expédient les produiu agricoles de laeonti^ et surtout les vins et eaux-de-yie des Gharentes, mais n'offrent pas une crande activité. Rochefort est une préfecture mariume.
Bordeaux, au contraire, est le premier port de Franoe du cêté de l'Océan, et il doit sans doute cette importance à son grsnd commerce devins, qui fournit aux navires un fret de retour avantageux trouvantun écoulement fadle dans tous les pays du monde. U faut y ajouter les céréales de la vallée de la Garonne. En échange Bordeaux reçoit des peaux qu'il transforme en chaussures, de la morue, des sucres, du café, des denrées coloniales. U est aussi le port d'attache des miquebots, qui en partent régulièrement pour le Brésil, la PlaU, Valparaiso du Cliili, et Cailao du Pérou, en touchant à la Corogne et Vico en Espagne, à Lisbonne, à Dakar, au Sénégal; pour Santander, en Espagne, les Canaries, les AntiUes, le Venezuela et l'isthsM do Panasaa. I^s navires qui ne peuvent pas remonter la Garonne Jusau*à Bordeaux s'arrêtent sur la rfve gauche de la Gironde à PauiUae.
Bayorme fait surtout du commerce avec les ports voisins d'Espagne, qui lui expédient des niinerais.
La Méditerranée, — Port^Vendres, La NauveUe, au débouché du canal de la Robhie, oui vient de Narbenne, Agde, à l'embouchure de THérault, ne font qu'un petit commerce de cabotage alimenté surtout par les vins de la région. Port-Vendrtfs a du moins l'avantage d'un port on eau profonde, où peuvent se réfugier par les gros temps les navires d'un grand tirant d'eau.
Cette, au contraire, a un commerce asses acdf avec l'Aide, l'Espagne et lltalie. Les vins, les eaux-de-vie, le sel alimentent principalement son exportation. En retour elle importe des bois, des bestiaux, des grains, de la hiine, des minersis de fer.
Le Rhône n'a pas de grand port on amont de son embouchure, comme Rouen, Nantes et Bordeaux sur la Seine, la Loire et la Garonne. La navigation y est trop difficile. Cependant Arles a été métropole des Gaules au temps des Romains et capitale de royaume au moyen âge, et la foire de Beaucaire devait son importance à ce aue le.) marchands y arrivaient par mer de tout le bassin de la Méditerranée.
Toutefois, c'est en dehors du delta du fleuve et de ses atterrissements que Marseiiie a été fondée plusieurs siècles avant notre ère, et ce port n'a cessé depuis de croître en importance. Le commerce ne l'a pas encore déserté pour le port Snintr- Louis, à l'embouchure du canal de même nom, sur
FRANCE
FRANCK
le golfe de Fos. Les MnrtigtAs et le port de Bouc, ■itoés de part et d'antre du chenal qui met en communication avec la Méditerranée la magnifique rade intérieure de TéUng de Berre, ne sont que de petits ports de cabotage. «
Marseille attire tout à elle. C^est aujourd'hui notre premier port de commerce. La conquête de l'Algérie et Touterture du canal de Suez lui ont imprimé une activité extraordinaire.On trouve réunis dans te vieux port de Marseille des marins de toutes les nations riveraines de la Méditerranée. Ses ouais éunt devenus trop étroits, on a taillé sur la rade même les bassins du nouveau port, séparés de la pleine mer par des Jetées de construction artificielle. Cest dans ce nouveau port que stationnent les bateaux à vapeur, si nombreux à Marseille. Sur refTectif de la marine à vapeur française, plus de la moitié appartient au personnel de Marseine.
. Cette ville communique régulièrement avec la Corse et rAlgérie, Barcelone et Carthagène, en Es-
Sagne, Gônes, Livourne, Civita Vecchia, Naples et [essine, en Italie ; Malte ; le Plrée, Syra, et Smyrne dans la mer de TÂrchipel ; ConsUntinople, TrAizonde et Odessa, dans la mer Noire ; Beyrouth et toute la côte de Syrie; Alexandrie et Port-Said, en Egypte. Cest de Marseille que partent les beaux navires qui s'en vont Jusqu'à Chang-hai en Chine et Yokohama au Japon, par Suez, Aden, Hle de Ceylan, Singapore, Saigon et Uong-kong, en desservant par des lignes annexes notre colonie de la Réunion ; Pondichéry et nos établissemenU de Tlnde; Madras et Calcutta. Marseille a d'autres serviccR sur la Nouvelle-Orléans et les Antilles, le Brésil et la Plata, pour ne parler que des vapeurs les plus réguliers.
i^es docks de cette ville emmagasinent des centaines de mille tonnes de marchandises les plus diverses. L'Algérie y envoie ses blés, ses bestiaux, ses minerais ; rlulie, des soies, des huiles ; l'EspaRne. des minerais, des fruits. Là arrivent les Dlôq du Danube, de la Russie méridionale, de l'Egypte ; les minerais de la Sardaigne, de l'Ile d'âbe et de la Sicile ; les arachides de la côte d'Afrique ; l'indigo de l'Inde, les thés de la Chine, les soies du Japon, les peaux du Levant, le chanvre et les suifs de la Russie.
Sous le rapport du mouvement de la navigation (3 500 000 tonnes en ajoutant les entrées et les sorties d'une année), comme au point de vue de reflfoctif de la marine de ses armateurs (200 000 tonnes),MarseiUeestàelleseulepre8queréquivalent de nos deux autres porta les piusimportanta,le Havre (2 3&0 000 tonnes entrées ou sorties, 135 000 tonnes pour sa marine) et Bordeaux (1 360 000 tonnes entrées ou sorties, 134000 tonnes pour sa marine). (La marine marchande française a en tout un million de tonnes, dont les trois quarto en navires à voiles, il y a 95 000 matelota pour en faire le service.)
Marseille est le siège de la Compagnie Aes forges et chantiers de la Méditerranée, qui a d'importante ateliers dans cette ville, à la Seyne, sur la rade de Tpulon, et au Havre. Les Messageries maritimes y forment la principale compagnie de navigation. Tous ses services aboutissent à Marseille ou à Bordeaux. La Compagnie transatlantique, qai peut seule lui être comparée, a des services au Havre, SaintNazaire et Bordeaux.
A l'est de Marseille, lo petit port de In Ciotat renferme les chantiers de construction et de réparation des Messageries maritimes.
Toulon, notre premier port de guerre depuis la conquête de l'Algérie, est en même tamps port de commerce pour tous les transporta qu'exige le service des nombreux ateliers de la marine militaire.
Snint'Tropei, Antibes ne sont que de petits porta dont tes pêcheurs recherchent le thon, les anchois et le corail.
Nice a un mouvement plus important, atlmentl par l'exportation des huiles et rimportatioii des céréales.
Menton^ notre dernier port eur la Héditerrané*, a la spécialité d'envoyé chaque année des millions de citrons aux Etats-Unis.
Progrès du commerce français. — Depuis cinquante ans, le commerce français n'a cessé de s'aecroltre, sauf de courts temps d'arrêt causés par des guerres ou des crises politiques, avec le développement des moyens de transport facilitant les écrian> ges, routes, canaux, chemins de fer, vaisseaux à vapeur, avec la conclusion des traités de commerce abaissant les droite de douane ou de navigation, et garantissant les intérêta des négociante dans les pays étrangers, avec les progrès de la science découvrant sur les divers pointa du globe de nouvelles matières utiles à rhomme, ou enseignant à tirer un parti plus avantageux de celles qui étaient déjà connues. Notre commerce total était de 2 milliards et demi en i847, de 5 milliards en ISS5, do plus de 8 milliards en 1867 ; il dépasse maintenant 9 milliards.
Population. — La population de la France, qui était de 19600000 habitante en 1700, de 27 445000 en 1800, de 38 000000 an 1866 avant la perte de l'Alsace et de la Lorrain<f, est descendue à 36 100000 en 1872. pour remonter à 36905 78S au recensement de 1876 et à 37 672 048 à celai de 1881. Cela fait en moyenne 71 habîtanu par kilomètre carré.
Cette population est groupée surtout autour des grandes villes, Paris, Lyon, Marseille (la Seine a 5844, le Rhône 265, les Bouches- dn -Rhône 116 habitanta de population spécifique); dans les régions industrielles du Nord et de la Normandie (Nord 282, Pas-de-Calais 124, Somme 89, Seine- Inférieure 135, Calvados 80), sur les côtes de Bretagne où la population s accroît à chaque recensement (Fii)istère 101).
Elle est très faible dans les pays pauvres de montagnes (Basses-Alpes 19. Hautes- A>pe« 72, Lozère *:8), stériles comme les Landes (32), la Sologne (Loir-et-Cher 43), la Champagne (Aube 42, Haute-Marne 41).
Cette population comprend un peu plus de 36 millions de Français, et 800 000 étrangers domiciliés en France.
Les Belges sont les plus nombreux de ceux-ci, près (Itt la moitié. On les trouve attachés aux travaux de l'agriculture et de l'industrie dans les déparlemente compris entre leur pays et Parts. Les Italiens sont plus de 150 000, surtout employés comme terrassiers dans les entreprises de travaux publics, ou faisant le commerce en Provence. Les Espagnols, les Suisses sont de '50 à 60 000 pour chaque peuple ; les Anglais, 30000 seulement Le reste comprend des représentante de presque toutes les nations du globe.
La religion catholique est celle de la majorité des Français (353870U0 au recensement de 1872). Il y a 580 000 protestante, cantonnés surtout dans le Gard, la Losëre, l'Ardèche, au pied des Cévennés, dans le Poitou, la Franche-Comté et le Danpbiné. Les Israélites sont 50 000 environ.
Pour compléter la description de la France, V. les mota : Algérie, Alpes^ Canaux, Chemins de fer. Colonies, Départements, Droit administratif, Provinces»
La Corse. — Situation. — Cette lie, que trave^ sent le 7* de long. E. de Paris et le 42* de lat. N., est située dans la Méditerranée à 170 kilomètres au sud-est de l'extrémite de la côte française, dû côté de l'Italie. A l'est, elle regarde la Toscane, dont elle n'est séparée que par un intervalle da 90 kilomètres, et est baignée par la mer Tt/rrhé* nienne. Au sud, elle est séparée» de llle de Sordaigne par le détroit de Bomfaao, large seulement
FRANCB
FRANCE
ée quelques Ulomètres, et occupé par des Ilots rocheux, tristement célèbres par le naufrage de la fréscate flrançaise la SémUlante, pendant la guerre de Crimée. Au nord s'ouvre le golfe de Gênes, cité dont TUe de Corse a longtemps dépendu.
Forme et superficie. — La Corse, allongée du nord an sud, a 180 kilomètres de longeur dans le sens du méridien ; sa plus grande largeur ne dépasse guère 80 kilomètres. Au nord, elle se termine par la péninsule étroite du cap Corse, longue d'une trentaine de kilomètres. Au nord et à Touest, la côte, dominée par de hautes montagnes, baigne dans une mer proronde, sur laquelle s'ouvrent d'excellents ports et des golfes qui découpent les contours de l'Ile en sinuosités nombreuses. Les golfes de Saint- Florent^ de Calvi, de Galeria, de Porto, de Sagone, d*Ajaccio sont les plus remarquables. A l'est, au contraire, la côte, régulièrement dirigée du sud au Dord, est couverte de lagunes, de côtes basses et sablonneuses, où ne s'ouvrent que les deux ports de Bastia et de Porto-Vecchio.
Entre ces limites, la superficie de la Corse est de 8747 kilomètres carrés. C'est un des départements français les plus étendus.
Orographie et hydrographie. — La Corse est parcourue par une haute chaîne de montagnes, dont Taxe suit à peu près les contours de la côte occidentale, sur laquelle elle projette de nombreux contreforts, et' dont les points culminants, les monts Cinto et Rotondo, voisins de Corte, dépassent 2600 mètres. La neige ne couvre pourtant pas ces sommets d'une manière permanente, à cause de la douceur du climat de Vile. Sous ce rapport, la Corse tient le milieu entre la Provence et 1 Algérie, comme elle leur sert de trait d'union par sa situation géographique.
Du côté de 1 est, les pentes des montagnes sont plus allongées ; là coulent les cours d'eau les plus importants de l'Ile, le Golo et le Tavignano, dont les apports, comblant peu à peu le^ sinuosités du rivage, ont contribué à lui donner sa régularité actuelle. Toutes les rivières de l'Ile ne sont du reste que des torrents qui ne sont même pas flottables.
Climat et productions, — On partage la Corse en trois climats d'après l'altitude des lieux. Au-dessous de &00 à 600 mètres croissent les oliviers, qui sont une des principales ressources de l'Ile, les arbres fruitiers de la France, et en outre, dans les vallées abritées, les orangers, citronniers et grenadiers. L'agriculture est très arriérée. On pourrait cultiver avec profit la canne à sucre et le coton, surtout quand des plantations d'eucalyptus auront rendu la côte orientale habitable, en la mettant à l'abri de rinfluenœ paludéenne des lagunes qui la couvrent en grande partie. Sous le second climat, qui règne entre 600 et 1600 ou nO<) mètres, et qui est ranalogne du climat moven de la France, la Corse possède des forêts étenanes, dont les châtaigniers et les superbes pins laridos forment les essences les plus précieuses. Le troisième climat est plus froid et ne convient qu'à une végétation forestière de plus en plus maigre. Une grande partie do rile est couverte par des maquis, fourrés im- }»énétrables qui ne donnent pas de bon produit orestler et fournissent un asile aux malfaiteurs. Industrie, ^ L'industrie est presque nulle en Corse; le sol renferme de beau marbre analogue à celai de Carrare, des granits et des porphvres propres aux constructions, des mines de rer et de plomb, l peine exploitées. On pèche du corail sur les côtes. Le commerce exporte des huiles, des vins, des ch&taignes, des oranges, des fruits secs, des bois de construction.
Sur ane population de 272 000 habitants, le dé-
rirtementne renferme que deux villes, d'importance peu près égsXe: Bastia, siège d'une cour d'appel, capitale militaire et principalport de l'Ile ; ÀjacciOf le chef*lieu du département^ qui if vu naître
Napoléon K Elles ont l'une et l'autre 18CO0 habitants. [G. Meissas.]
Pour le programme du cours de géographie de la France et sa division en leçons, V. l*article Géographie de la France.
FRANCE (Histoibe). — Histoire de France, hXU — Populations préhistoriques. — Nos ancêtres ne sont pas seulement les Gaulois à la longue chevelure; en fouillant le sol, on trouve les vestiges certains d'une race qui les avait précédés. Ils ne paraissent pas l'avob détruite; il est plus probable qu'ils fusionnèrent avec elle. Les écrivains classiques, latins ou grecs, ne parlent pas de ces vieilles populations. La Gaule fut longtemps pour eux la contrée mystérieuse. Il fallut la conquérir pour la connaître. César est en effet le premier qui fournisse des renseignements précis et des matériaux pour l'histoire.
Les Gaulois. — César distingue trois régions dont les habitants différaient par l'origine et le langage; au centre, de la Garonne à la Seine, s'éten- . daient les Celtes; au nord étaient les Belges, plus Germains que Gaulois; au sud des populations ibères ou ligures. Les Gaulois n'en étaient plus h l'état sauvage; ils savaient cultiver le sol, exer>* calent certaines industries, faisaient le commerce an bord des rivières et des fleuves. Mais la plus grande partie de leur pays était couverte d'épaisses forêts ; pour villes ils n'avaient que des camps grossièrement fortifiés. Leur esprit souple et vif était prompt à s'assimiler les choses nouvelles, mais encore fallait- il qu'on les leur enseignât; les Romains furent leurs éducateurs.
On admire Théroisme de Vercingétorix ; il ne faut pas trop déplorer sa défaite. La Gaule au temps de César n était pas une nation. Elle se partageait en cités ou tribus toutes ennemies entre elles; les plus puissantes asservissaient les autres ; au sein même des tribus existaient des partis rivaux touf ours prêts à faire appel aux étrangers. Ce pays divisé avait éveillé les convoitises d'un voisin redoutable. Déjà le Suève Ariovisto avait passé le Rhin, la Germanie s'ébranlait derrière lui. La conquête romaine devança et prévint la conquête barbare.
Gaule romaine. — La bonne administration des Romains, leur admirable politique, rendirent définitifs les résultats de leur victoire. Soumis à un impôt modéré qu'ils percevaient eux-mêmes^ admis peu à peu au titre et aux droits de citoyens, les Gaulois ne songèrent Jamais à se détacher de l'empire. En moins d'un siècle leur pays s'était transformé, des routes le traversaient de toutes parts» des villes opulentes remplaçaient les anciennes bourgades. La paix encourageait les progrès du travail. Les Romains avaient importé non-seulement leurs industries, mais aussi leurs arts et leur littérature. Les écoles gauloises rivalisaient avec les meilleures de l'Iulie. Les deux peuples s'étaient si bien pénétrés qu'on ne les pouvait distinguer
l'un de 1 autre; il nV avait plus de Gaulois, mais latine.
des Gallo-Romains. On parlait partout la langue
Cette prospérité dura Jusqu'après les Antonlns, puis la décadence romaine cojnmença. Au qua« trième siècle, la Gaule souffrait des mêmes maux qui affligeaient le reste de l'empire. La lutte du christianisme et du paganisme avait laissé un grand trouble dans les esprits. Accoutumés à voir dans l'empire romain un ennemi, les chrétiens ne lui témoiênaient qu'aversion ou indifférence. La majorité de la population, ruinée par les guerres civiles et par l'aliénation de la petite propriété, ne cherchait qu'à se soustraire à l'impôt.
Les barbares. — Les barbares qui se pressaient aux frontières firent alors irruption de tous côtés. La Gaule, qu'on avait dégarnie pour garder l'Italie» fut traversée du nord-est au sua-ouest et horrible-
FRANCE
IFRANCE
ment niTagée par TlnTasion de 406. Les Suères, les Alains et les Vandales s'en allèrent en Espagne ; d'autres peuples, entrés arec ou après eux, Burgundes, Wisigoths, Franes, se filèrent sur le sol gaulois. En 451, le patriee Aétius parvint à les grouper pour repousser Tennemi commun Attila. Le terrible roi des Buns Uk% défeit dans les champs catalan niques, mais ses vainqueurs n'étaient guère moins barbares que lui.
Ciovis. Le$ Mérovinifims, — ' Le chef d*une des hordes franques établies dans le nord, Glovis, fit avec le clergé gallo-romain une fructueuse alliance, n épousa d*abord la catholique Glotiide, puis se convertit lui-môme. Le» érôques l'aidèrent ' h détruire les autres chefs barbares, tous acquis à rbérésie arienne. Il enleva le Midi aux Wisîgaitbs, et prépara dans l'Est la ruine des Burgundes que ses fils achevèrent. Il réunit ainsi à peu* près toute la Gaule sous sa domination. Ses desceiidânts, les Mérovingiens, ne furent pas les souverains- paiei- • blés d'un État régulier. La brusque introduction de ^élément barbare avait complètement bouleversé la société. Les coutumes Aranques, burgundes se mêlaient et se heurtaient avec la >légisîatien romaine. Il n'y avait pas eu de dépossession systématique exercée contre les anciens habitants, mais les guerres, les violences ne laissaient aucune stabilité à la condition et à la propriété de . eltacuu. La corruption des mœurs s'était aggravée des vices nouveaux apportés par les Oermams ; les rois mé- Tovingieifts donnaient Texemple, ils se massacraient entre eux ou s- énervaient dans la débauche. Le niveau des intelligences baissait rapidement; les grands hommes du temps étaient de pauvres chroniqueurs comme Grégoire de Tours ou Frédégaive. Il semblait que la oivilîsàlion tout entière se fi^t abîmée dans le naufrage de l'empire romain.
Les Carlovinaims. ~ De l'aristocratie 'franque sortit une famille énergique. Maires du palais ou ducs d-Austrasie, les Garlovingiens eondlMttirent victorieusement les incommodes voisins du nord et de l'est, Frisons, Saxons, Bavarois ; au sud ils arrêtèrent net rinvasi«m musulmane. L\ui d'eux. Pépin, fit tonsureren 752 le dernier Méirovingieu, et prit la couronne.
ChaHema^e. — > ChaHemagne, son fils, fut un grand homme ; il refoula ou dompta les Lombards, les Saxons, les Slaves, les Avares; il alla -attaquer chez eux les Musulmans d*Bspagne. Quand on lui donna en 600 la couronne impériale, il avait bien réellement reconstitué l'empire. Il prooura à ces populations do l'Occident, foulées depuis si longtemps, quelques années de^ repos. Gi'oupés autour de lui et sous -sa protection, Aleuhi, Pierre île Pise, Clément réveillaient les inteUigenees endormies, créaient des centres d'études. Le savoir des maîtres eux-mêmes était bien confus et borné, mais ils firent des disciples. On reprenait Koffensive contre rignaraïice aussi 'bien que cMitre les barbares.
L'emph% de Ghariemagne ne dura pas beaucoup plus que sa vie. Il était difficile de a«Éir groupés sous un môme chef des peuples de race et de langue différentes. H était surtout dlfflcHe que le pouvoir central se fit partout obéir. Louise ie'Débennairo hMa la ruine en laissant avîHrdans sa personne' la majesté impériale. En* 843 l'unité >«e brise, m>n pas en trois grandes nauloiis. maison «ne fouie de petits fragments.' La féodalité commeiice.
Féodalité. — Il jr avait déjà longtemps q nielle te formait. La propriété du- sol, l'aniquo richesse de ce temps, s était concentrée dans les mÉhis de quelques-uns: leudes germains, deMcndants des âénateurs gallo-romains, grands dignitaires de l'église. Les mémos > hommes, sous les noms de ducs et de comtes, représentaient l'aittlorité impériale et exerçaient en son nom tous les pouvoirs. Ils sliabi tuèrent à se transmettre de pèro en flls
leurs fonelions avec leurs, biens. Quand Fempir» se fut dissous, ils n'obéirent plus à poTsenne. Us furent souveraine là où ils étaient prapriétaîrea, et dans ieurs, provineas ils étaient propriéîairas partout. Le peuple, suvtoui'daos les canapagnca, était pour toutes choses (dans leur enUtev déper^danoe. Les invasions et les ravages de xiouveanx barbares. Sarrasins au sifd, Normands an JHvd, Hongrois à l'est, reaseirèrent encore des liens dq/k si étroits. Sur tontes les hauteurs sedrssnèreot des châteaux qui, oonatmitspoiir la défense, snrvirett à la domination.
On peut dire que le régime féodal, apvès i^Atre lentement développé, s'est épanoui victoHevMtDest pendant le neuirieme. siècle, le dixième- et le oaaième. C'est là une des plus tristes périodes de rhiatoire. La foule des. opprimés, «serfs, Ttlsâns, manants, AmiUe péniblement' un soi qni ne kii appartient pas. D loi faut subir les aidas, -les corvées, 'les taiillss''et toutes ces extarsions qu'on appelle les droits féodaux. Mémo à se prix 1» sécurité -n'est pas garantie. Les seigneurs, tsajours en guerre, pillent, ravagent et tnent. I>e' temps en temps se produit une de ces Aunines dont le chroniqueiur Raoul Glaber a laissé le lugubre SaMeau. Les canftpagnes sont misérables • et désokSea, las villes, repliées surelles-mèmes/se cachent derrière leurs murailles. La violenee des paissants se déchatse librement.
L'Sglùe. — L'Eglise était denurae féodale comme tout le reste de la société. «Ses chefs, évèques,*abbés, prie«r8,av8ient, commcrlasT^barons laïques, dos «saxerains et des vassaux, -ils menaient la mtene'vte aghée et violente. QtMlqnefois ils se souvenaient que les canons interdisent de verser le sang, et on les voyait dans les betailles assommer les^ ennemis à coups de massue. Cependant une partie du dergé régulier échappa à cet entraînement. Il attirait à lui tous les hommes dn peuple qui se- sentaient le désir d^écàanper'à leur triste' condition ; les ambitieux d'hsmblê naissance n'avaient pas d^autse voie pour arriver aux grandeurs. Sn même temps, anx âmes timides qu'effrayait le tumulte du siècle, il oflMt la paix raiement troublée do'ses doltres. Là Ait le dernier asile des lettres ; à' défaut* d'autre sôence, an s'exerçait i copier les manuscrits anmens; c*est ainsi qne tant dediefs*d'eBuvve échappèrent à la destruction.
Un pape sorti des monastères, l'altMr Gré-
foire VII, entreprit la réforme de l'Eglise, et lanfs interdit osntre les plus puissants des princes. Suppléant aux lois absentes, les terreurs reliffieuses servirent à réfréner les -passions; la trêve de Dieu imposa • la paix aux . guerroyemrs du aasième siècle.
les créùadet. — Mais l'iaduenee eeclésiastiqae apparut surtout dans les croisades, fies Isules innombraèles se ruèrent sur FOiient pour arracher aux iaAdèles la Palestine et le 6^t-Sépulcre. Après des lutaes acharnées, le paya diapaté resta aux' Musulmans. Cependant ce n'était pas en vain que tant de sang avdt coulé. Les dirétiens apprirent beaucoup à l'école de leuErs ennemis; ils rapportèrent des industries, des scieneas, des idées nouvelles. Les Vénitiens, le» Génois, les Pisans, les Marseillais commencèrent dans les ports du Levant un conuneree qful dure encore. La croisade contribua aussi -«à rapprocher 4es dasses : associés aux - mémos ' entreprises, eompagnoas de gloire eu d wfertune, le seigneur et le serf se regardèrent, l'un avec «notns de mépris, l'antre avec moins de crainte. La féodalité s'était diallleui» affaiblie, bea«ceup des siens restaient osnehés^or les champs dohataMle lointains, et ceux qui revenaient ne. pouvaient reprendre leurs biens engagés ou vendus. La 'richesse et avec «Ue la pussancs passaient eA d'autres mains.
FRÀ.KCE
. £«9 eommuni€. *- Le moavenraot-desconijHiines, plus directement que les croisades, changea la forme de la société. Dans les villes, où ils pou- 'Valent se compter et trouver une force dans leur nombre, les hommes du peuple se concertaient, se liaient car un serment solennel. Ils demandaient alors à prix d'argent ou arrachaient par la force une eborte de commune. Désormais les droits de chacun étaient réglés, la date et le chiffre des reâeTances fixés'; il n*y avait, plus de place pour l'arbitraire ;<c- était, dans le cercle étroit des relotioss féodales, le r^ime constitutionnel comme notts le comprenons. Chaque dté devint ainsi une .petite république, s^administrant elle-même, Avaint ses .finances, ses magistrats, -ses assemblées. Une véritable vie politique s'y développait, on lapprenait à délibérer sur les affaires communes, au signal du beffroi on eeurait^^oux armes.; les opprimés mignés étaient devemis de fiers citoyens.
Proarès de Ut royauté. — L'indépendance communale disparut dans le grand courant qui em-' : portait la France vevs Vunité. Aux Carlovingtons ruinés avait succédé une autre dynastie : les ducs de France étaient devenus rois. A peme acceptés comme chefs par les seigneavs les plus proches, •ans action aur les autres, Inconnus même de .quelques-uns, les premiers Capétiens semblèrent désireurx de régner suis bruit. Autour d'eux tout s'agitait : les papes et les empereurs luttaient .pour la suprématie, les Normands allaient conquérir des rojwumes en Italie et en Angleterre, l'Occident ebrétion . eonralt à la croisade. Pendant ce temps les rois de France^ immobiles dans leur étroit domaine, regardaient avec mélancolie les doi>jotts féodaux qui leur barraient l'horizon.
Louis VI. «- Louis VI secoua cette inertie ; ses contemporains l'ont sumommé V Eveillé. Bien conseillé par son ministre Suger^ il fat en mouvement tout son règne, réprimant autour de loi les petits barons, s'en allant faire sentir le poids de son se^tre aux plus lointains feudataircs. Les hommes libres s'accoutumèrent ainsi à voir dans le roi un Justicier suprême vers lequel ils se tour^ oaient; tes seigneurs apprirent à obéir.
Li/uis K//. — >Le poissant-Henri Planlagenet, roi d'Angleterre, respecte en Louis VII la personne de son suxeraia ; celui»ci, malgré rinégalité de la lutte, ae maintient contre lui sans trop de désavantage. Philippe-^ugutte. *- Philippe-Auguste, toujours 'en vertu de la ^suprématie féodale, cite devant sa cour Jean SansVTerre, le fait condamner, et, en exécution de la sentence, occupe la Normandie, l'Anjou et l'Aquitaine. La croisade contre les Albigeois, à laquelle il ne s'associe point> prépare la réunion du Midi à la couronne. Pendant que se fbrme le territoire, Tesprit national s*éveille et célèbre la victoire de Bouvines.
Saint Louis. — Saint Louis ne fit peint de con-
Suêtes ; il abandonna même en partie celles de hilipps- Auguste; il 'travailla. pourtant plus que personne à l'unité monarchique ; le droit romain iatooduit «n France, les guerres privées interdites, la juridiction royale étendue è toutes les affaires, c'éutent là des atteintes mortelles portées k la féodalité. Le caractère du roi et la vénération ou' inspirait sa personne contribuèrent au succès ac sa politique; nul n'osait lui résister, et le respect faisait co que la force n'eût pu accomplir. Il dominait les autres princes de toute la hauteur de sas verttts ; gtice à lui, le. roi de 'France fut le pramier personiMigade la chrétienté.
^Philippe IV. — Personne ne ressembla moins à ioais lA que Philippe IV ; à sa manière il pourioitit cependant les mêmes résultats. Ses légistes
Sirrottèrent • de leurs liens subtils Tindocilité odale. Violent et perfide en Flandre, inique à Végard des Juifs et des TempUers , faux monnayeur Ml besoin, tout son règne ne fot qu'une Apre
îPRANGE
chasse h l'argent. C'est que la royauté avait do» besoins nouveaux; lo domaine royal, démesurément étendu, avait son administration compliquée et coûteuse, dont le Parlement était le centre. Le Tiers-État. — Sous ce prince tyranniquo eurent lieu les premières réunions d'Ëtats- Généraux* A la vérité, s'il convoqua les députés dos villes, ce fut moins pour les consulter que pour leur extorquer des subsides ; mais l'importance de ces assemblées devait grandir. Ce qui est digne de remarque, c'est que les classes popuUires, dès la commencement du ziv* siècle, envoyaient leur» représentants siéger auprès de la noblesse et da clergé. Elles s'étaient accrues en nombre et en richesse I la sécurité et l'ordre une fois rétablis, la vie sociale avait recommencé, les villes se développaient par l'industrie et le commerce. Dans les campagnes la condition des paysans «'améliorait; en 1315 un édit de Louis X autorisa les serfs A racheter leur liberté. On était loin .des misères du X* siècle.
GMerre de Cent ai». — Ces progvè&se trouvèrent violemment arrêtés par l'avènement des Valois «et la guerre de Cent ans. Nourris des chimères d'une fausse chevalerie, dépourvus de tout sans. politiquOt Philippe VI et son fils Jean gaspillent fioUemeat leurs ressources dans les, fêtes et les batailles. Après Crécy les provinces du nord, après Poitiets^ le sud et le centre sont affreusement ravagés. Il jy eut quelquerépit sous Charles V, mais la démence 4ie> Charles VI rouvrit l'ère lamentable des désastres. Armagnacs et Bourguignons s'entre-déchirèrent, la guerre civile fit plus de ruines que la guerre étrangère. Cependant l'Anglais reparaissait» triomphait à Azhicourt, prenait Rouen, prenait Paris. Les princes, la reine, le roi signaient \e traité de Troyes qui livrait la France à Henri de Lancastre. Dans les châteaux du centre^le Dauphin promenait sa Joyeuse insouciance et perdait gatment son royaume.
La royauté s'abandonnait elle-même. Le. peuple intervint. Au milieu de ces épreuves, leaentimeiit national avait grandi. Déjà après Poitiers une vaste malédiction s'était élevée contre la noblesse^ et là Jaenuerie s'était déchaînée. Quelques bourgeois bardis a veo Etienne Marcel avaient essayé de transférer le pouvoir à la nation représentée par les £tat8i>Généraux; ils succombèrent, mais leurs idées survécurent. Aux plus sombres jours de Charles VI, les auteurs de Toraonnance cabochienne renouvelèrent la même tentative et avec le même insuccès. La foule ne les comprenait pas.; elle n'était pas encore capable de «e laisser conduire par des théories politiques et des opinions rsisonnéea. Mais elle suirit d'instinct l'élan passionné qui entrahMit Jeanne d*Arc. La paysanne de Domrémy, avec son Ame ^mple^ et iotie, aveo sa vaillance Adte de pitié et décolère, parut comme l'incaroationda. patriotisme. Elle détruisit le prestige qui était la principale force des Anglais. Elle périt sur le bûcher de Rouan, mais elle avait rendu aux? Français la confiance et la victobe, qui ne les quitteront pins. En l<4àf3, de toutes leurs conquêtes les Anglaia ne * conservaient que Calaia.
Charles VII et louis XL ^ La.goenre de Cent. ans était finie, maisla France éuit épuisée. Dana les violenas efforts qu'il avait fallu 'faire, l'unité politique s'était comme disloquée. Sortis de la famille royale, les princes ananasés se retournaient contre elle ; toute une féodalité turbulente s'agitait dans les prorinees. L'osufvre des goandâ Capétiens était à recommencer. Chartes VII trouva Jacques Cœur pour, lui reconstituer ses finances ai Jean Bmreau qui lui organisa une armée. Le roi eut dès lors des ressources assurées qui le<di4>e»> saient de recourir à' ses sujets, et une force milluire qui lui permettait d'imposer ses volontés. Il n'y «avait pas de muraille si épaisse où les canons-
FRANCE
FRANCB
ne pussent faire de brèche, et la Praguerle fut aisément réprimée.
Louis XI, manqua d'abord tout compromettre ; les fautes de ses ennemis le servirent mieux que sa propre habileté. Le plus dangereux des grands vassaux, Charles de Bourgope, alla se briser contre les Suisses, la maison a*Anjou s'éteiçnit, la Bretagne affaiblie n*éut plus la fofce de défendre son indépendance. A l'intérieur, Texemple des Nemours et des 8aint-Pol terrifiait la noblesse. Pendant ce temps la nation se relevait, les trêves marchandes de Soleure et de Pecquigny favorisaient les transactions, les postes royales s organisaient, et l'imprimerie était introduite en France. Avec la prospérité générale on vit reparaître l'idée d'un gouvernement libre. En 1484, dans un langage qu'on ne devait plus parler ensuite qu'en 1789, Philippe de la Roche conseilla aux États- Généraux de saisir le pouvoir.
Charles VllL Guerres d'Italie. — Charles VHI commença les guerres d'Italie et donna ainsi à la politique française une fausse direction qui fut obstinément suivie. Pendant près d'un siècle on vit les armées françaises renouveler les mêmes tentatives inutiles, déboucher des Alpes, conquérir le Milanais et reperdre le tout en cherchant à s'étendre dans le royaume de Naples. Mieux eût valu surveiller les progrès de la maison d'Autriche, qui prenait alors un accroissement formidable. Ouand Charles-Quint eut réuni l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Amérique, la France se trouva réduite à la défensive. Elle parvint, non sans peine, sous le règne de François !•', à préserver son existence ; avec Henri II elle reprit Calais sur l'Angleterre et gagna sur l'Allemagne les Trols- Évêdiés lorrains.
Royauté absolue. — Le seul avantage réel que la royauté retira de ces guerres, ce fut de transformer son pouvoir et de le rendre absolu. La noblesse ne se révoltait plus : ce qu'elle avait de meilleur servait fidèlement à la tête des armées, comme Bayard, Fleuran|;e8, Louis d'Ars. Les autres, devenus courtisans, rormaient autour des princes une domesticité brillante ; le concordat signé par Léon X avait mis le clergé à la discrétion des rois; les parlements considéraient le souverain comme la loi vivante, le peuple payait les impôts et n'en contrôlait pas l'emploi. En tête de ses ordonnances, François I"' put placer cette formule significative : « Car tel est notre bon plaisir. »
Renaissance et Réfornie. — La France participa an grand mouvement des esprits qui a illustré le XVI* siècle. Elle eut, comme l'Italie, sa renaissance des lettres et des arts, comme l'Allemagne sa réforme religieuse. L'une entraînait l'autre. Les imaginations vives, éprises de l'antiquité, avaient horreur du sombre moyen âge ; les esprits exacts remontaient aux origines, examinaient les textes, et demandaient compte à l'Église des altérations de la foi. Ce fut par les érudits comme Rabelais ou Dolet, par les poètes, Marguerite de Navarre et Clément Marot, que les doctrines luthériennes furent introduites en France. La royauté hésita d'abord, puis se prononça contre les novateurs. Inaugurées sous François !•% les persécutions redoublèrent pendant le règne de Henri II; elle n'arrêtèrent point les progrès de la réforme française, à laquelle Calvin donna alors sa doctrine originale et sa forte organisation.
Guerres de religion. — En 1559 la couronne fut placée sur la tête d'un enfant ; les rivalités d'ambition s'ajoutèrent alors aux querelles religieuses, «t les guerres civiles éclatèrent. Des deux côtés on y porta un égal acharnement; les passions étaient les mêmes, la frénésie du fanatisme armait un protesunt pour assassiner Guise et un catholique pour égorger Condé. Tous oublièrent qu'ils étaient Français en appelant, qui les Espagnols, qui les Alle-
mands et les Anglais. An milieu de ce déchaînement, les derniers Valois se anccédaient daas rimpuissance ; François II mourait après sTOtr eu le spectacle des tueries d'Am boise; Charies IX disparaissait dans l'horreur de la Saint-Barthélémy ; Henri HI en butte au mépris général, aentait son royaume lui échapper, et tombait soua le couteau de Jacques Clément en assiégeant sa capitale.
Henri IV. ^ Henri IV est resté le plus populaire des rois de France, et ce n'est pas sans raison. Avec sa physionomie ouverte, son enttvin guerrier, sa bonhomie qui pour être fine n'était pas moins sincère, 11 était de ceux qui plaisent à notre nation. Il lui rendit d'ailleurs les plus signalés services4 En 1589, il trouvait la guerre civile dans tout son feu, la division et l'anarchie partout, l'Espagnol aUié de la Ligue essayant de se transformer en maître, l'indépendance menacée, l'unité compromise. Il fallait un grand cœur pour essayer de tout rétablir.
Le Béarnais, qui avait guerroyé Jusqu'alors à la tête de quelques bandes, s'improvisa général et politique. Devant l'intérêt supérieur de la patrie, il inclina ses préférences personnelles; l'ancien chef des huguenots se montra le roi de tout le monde. Luttant, négociant, battant les uns, achetant ou séduisant les autres, il ramena toute la France à lui. Philippe 11, lassée traita à Verrios; la Ligue avait vécu. L'édit de Nantes, sage aeoommodement entre les religions ennemies, fut comise la paix à l'intérieur. L'Espagnol chassé, la guerre civile finie, on se mit résolument au travail pour refaire la France. Finances, armée, justice, acriculture, on retrouve partout la main de Sully. Tout cela se tenait d ailleurs : l'agriculture avait surtout besoin de sécurité, l'armée et la justice devaient y pourvoir, et il fallait pour les entretenir de bonnes finances. Probe, économe, sévère, le bon Sully avait d'ailleurs quelque étroitesse d'esprit. Il ne voyait rien en dehors de labourage et pâturage. L'intelligence plus ouverte de Henri IV favorisa la création des industries, même des industries de luxe. Les routes furent réparées, des ponts, dos canaux construiM. Le seisième siècle, si bouleversé et si tragique, finissait dans Tapaisement.
Richelieu et Mazarin. — H y eut quelques de^ nières convulsions de guerre civile après le meurtre de Henri IV, et plus tard sous la régence d'Anne d'Autriche. Richelieu en 1624, Mazarin en 1653 mirent fin aux troubles et maintinrent l'autorité royale. Il existe plus d'un rapport entre cet deux ministres : de caractères très différents, Tan dur et hautain, l'autre souple et insinuant, ils travaillèrent successivement à une même œuvre. Lev politique étrangère fut habile et heureuse. Plaçant au-dessus des préjugés religieux l'intérêt national, Richelieu défendit, «omme l'eût fait Henri IV lui-même, les puissances protestantes contre Tabsorptlon autrichienne. Après avoir lancé Gustave- Adolphe, il intervint directement dans la guerre de Trente Ans. Mazarin utilisa les généraux et les diplomates formés sous son prédécesseur. Aox traités de Westphalie et des Pyrénées, il obtint les résultats que celui-ci avait poursuivis : rabaissement politique de ta maison d'Autriche, U réunion a la rrance des provinces nécessaires à son unité : Alsace à l'est, Artois au nord, Bous* sillon et Cerdagne au sud- ouest.
Mais ces succès (Virent payés bien cher. L'administraiion intérieure des deux cardinaux fut oppressive et vexatoire; sans tenir compte des misères du peuple, on s'ingéniait sans cesse à établir de nouveaux impôts ; Topposition du Pv> lement, sous la régence d'Anne d*Autriche, avait quelque raison d'être. L'un et l'autre, mais SQ^ tout Richelieu, furent trop portés à confondre U liberté avec la rébellion. Il était nécessaire de ré>
FRANCE
FRANCE
primer les tnrbulencea de la noblesse, mais fallait-il pour cola étouffer toute Tie locale sous une centralisation excessive? Richelieu et Mazarin préparèrent les voies au despotisme de Louis XIV ; ils préparèrent aussi les fautes et les malheurs que ce despotisme devait engendrer.
Lettres et arts au xvii* siècle, — Cette première 'moitié du xvn* siècle a eu sa part de grandeurs intellootuelles. Malherbe, Balzac, TAcadémie française travaillèrent à fixer la langue dont se servirent en maîtres Descartes, Pascal, Corneille. Le Discours de la Méthode y les Provinciales, le Cid ont précédé Tavénement ou tout au moins le gouvernement de Louis XIV. Dans le môme temps, tes illustres artistes de l'école française, Poussin, Lesueur, Claude Lorrain, produisaient leurs chefsd*œuvre.
Le règne de Louis XIV est surtout remarquable par rétonnante profusion de grands écrivains qu*il présente. Ce n'est pas sans quelque raison qu'on en a fait l'époque classique de la littérature française. Molière, Racine, la Fontaine, Bossuet se détachent au premier rang; un peu en arrière se pressent Fénelon , M-* de Sévigné, la Rochefoucauld, la Bruyère, Boileau, Bourdaloue, S^ Simon. L'éloquence éclatante, la çrâce familière, la force comique^ le bon sens judicieux, la pénétrante analyse ou la peinture animée des passions, n'ont Jamais trouvé une forme plus achevée et une expression plus parfaite.
Colbert. ~ A Colbert bien plus qu'à Louis XIV revient l'honneur d'avoir favorisé cette glorieuse éclosion. Le ministre morose fut l'obscur ouvrier des splendeurs du règne. Il répara les finances, créa de toutes pièces une industrie, lança des compagnies de commerce, organisa une marine. Il ne fat pas un novateur; l'emploi des chambres de lustice pour les finances, de la protection pour rindustrie, du monopole pour le commerce, montre qu'il partageait les idées de son temps. Mais son activité mettait tout en mouvement, et rien n'échappait à sa vigilante attention. Lui aussi d'ailleurs contribua à fonder l'absolutisme monarchique, dont il put apprécier avant sa mort les désastreux effets.
fj>uis XIV. — Louis XIV imposa l'obéissance à tout le monde; noblesse, clergé. Parlement^ Etats
Iirovinciaux, personne n'éleva plus la voix ; môme es élections municipales furent supprimées. Il se servit de ce pouvoir sans limites pour gaspiller par un faste ruinedx et par des entreprises démesurées les ressources qu'avait amassées Colbert. Reprenant pour son compte les ambitieux projets de la maison d* Autriche, il parut bientôt en Europe comme un ennemi public et souleva contre lui toutes les nations. Pendant que la révocation de redit de Nantes enlève à la France sa population protestante, les guerres de dévolution, de Hollande, de la ligue d'Augsbourg, de la succession d'Espagne la ruinent et Tépuisent. La conquête de deux provinces, Flandre et Franche-Comté, est assurément quelque chose ; mais si l'on considère l'immensité des efforts, la quantité do sang répandu, on trouve que le résultat est hors de proportion. Le peuple qui souffrait en lugea ainsi, et fit des feux de joie aux funérailles au grand roi.
Louis XK. — La décadence de la monarchie a commencé avec le dix-huitième siècle ; elle se précipite sous Louis XV. Au début même du règne, le Bvstème de Law et sa catastrophe bouleversent les fortunes et les idées, la noblesse se déshonore dans les orçies de la Régence, le clergé subit à sa tfite un cardinal Dubois. Au gouvernement des roués succède celui des . favorites : les ministres sont élevés ou renversés, les alliances conclues, les guerres engagées, par un caprice des Pompadour et des Dubarry. Louis XIV avait eu au moins le prestige de la gloire militaire, Louis XV ne re-
cueille que la honte et les désastres ; les colonies sont perdues, la marine détruite; l'Angleterre, U Russie, la Prusse grandissent en Europe pondant que la France décroît. A l'intérieur, les luttes avec les Parlements, les querelles toujours renaissantes du jansénisme détruisent dans les esprits le respect de l'Eglise, de la magistrature et de la royauté elle-même.
Mouvement des idées au xviii* siècle. — • La littérature a changé de caractère ; moins soigneuse de la forme qu'au siècle précédent, elle remue plus d^idées. Enhardie par le progrès des sciences physiques et naturelles, elle veut tout connaître, tout examiner, tout juger. Voltaire, Rousseau, Diderot, Buffon, Montesquieu, si différents par la nature de leur esprit, attaquent tous ensemble le vieil édifice des croyances, ils contestent l'autorité au nom de la raison. Une puissance nouvelle s'élève, l'opinion publique, et elle juge avec sévérité les choses et les hommes. L'opposition est complète entre les institutions et les idées.
Etat social sous l'ancien régimCé — Ce ne sont pourtant pas seulement les théories philosophiques qui ont préparé la Révolution. L'ancien régime, qui heurtait si fort le sentiment public, n'était pas plus d'accord avec les intérêts généraux. La masse de la population roturière ployait sous le triple faix de 1 impêt royal, des droits féodaux et de la dlme ; la grande propriété ecclésiastique ou noble accaparait la meilleure partie du sol; le travail industriel était un privilège ; on comptait par centaines de mille les hommes sans moyens d'existence réguliers: mendiants, braconniers, contrebandiers. Pendant que le peuple souffrait d'une misère chronique, la bourgeoisie s'inquiétait de la gestion des finances et réclamait dea comptes.
Origines rie la Révolution. — Choiseul sous Louis XV, sous Louis XVI Turgot et Necker essayèrent de sauver la monarchie en la réformant. Ils échouèrent l'un après l'autre. Malgré la drol- . ture de ses intentions, Louis XVI ne sut pas mieux que son grand-père défendre ses ministres contre les hitrigues de cour ; la légèreté de Marie- Antoinette rendit la royauté de plus en plus impopulaire. Tout semblait conspirer à une catastrophe : les tentatives de réiorme qui tenaient l'opinion en éveil, les résistances du Parlement dont les esprits étaient émus, la guerre d'Améri-
rqui donnait le spectacle d'un peuple défent victorieusement ses droits. En même temps les embarras du trésor, qui dataient de Louis XIV, allaient croissant, le déficit se creusait comme un gouffre. A la fin, la royauté, ne sachant plus où se prendre, convoqua les Ëtats-Généraux et déposa devant eux son bilan. La Révolution commençait.
Assemblée constituante. — Les députés du Tiers transformèrent les États-Généraux en Assemblée nationale constituante, et entreprirent de traduire en lois les principes de liberté et d'égalité énoncés dans la Déclaration des droits de l'homme. Il s'agissait de refaire de fond en comble la société française. La Constituante ne fut pas inférieure à sa tâche : elle abolit les droits féodaux, les dîmes, les privilèges et les distinctions de classe ; elle releva au rang des citoyens les dissidents religieux et les serfs ; en établissant l'égalité dans les successions, en attribuant à la nation les biens détenus par le clergé, elle prépara une répartition meilleure de la propriété foncière ; les corporations fermées disparurent et le travaÙ ia« dustriel fut accessible à tous.
Dans l'ordre politique, on substitua au pouvoir absolu les garanties d'un régime constitutionnel. Une Assemblée nationale partageait avec le roi le pouvoir législatif et contrôlait l'exercice du pouvoir exécutif. Partout, dans les départements qui avaient remplacé les provinces, dans les districts» dans les communes, les administrateurs furent
FRANCE
«hoisis parles citoyens . Une magisirttittre ^élective, une hiérarcliio de tribunaux savamment établie, rinstitution du jury, étaient des gages de sécurité pour les intérôts privés et la liberté iadividuelle.
Hésûitancet contre la Révo/utUm, — Les chieeee privilégiées , qui avaient d'abord partagé Tentratncment général , revinrent très rite à dee eeatiments contraires. Louis XVI s'associa à leurs résisunces. Les projets de eontre-révoiation fornés par la cour, en Juillet et en octobre, ne firent "que précipiter la marche des événements. En 1791, ^ouis XVI fut arrêté au moment où il cherchait à «^enfuir. Les conseillers imprudents cjfui l'avaient -ti mal servi soulevèrent alors contre la France les souverains étrangers. L'agitation intérieur, entretenue par une partie du clergé, menaça de dégénérer en guerre civile. L'Assemblée législativei qui -avait sucoSdé àlaConetituante, voulut sévir contre les rebelles, et exigea du roi une atttdide énergique vis-à-ris des £uts voisins. Mais Louis XVI, tout en déclarant la guerre à rCmperemr et aux émigrés, entretenait avec eux des relations suiries. On derinait cette complicité, et Ton s'en indignait comme d'une trahison. Au maniléste inwH font de Brunswick répondit la journée du 10 août : la royauté constitntionnelle fut renversée.
Convention nationale, ~ A la tin de 1792 «t «urtout en 1798 la situation de la France parut terrible. A TAutricbe et à la Prusse, déjà unies contre elle, se Joignaient rAngleteire , la Hollande, rSspagne et le Piémont. L'invasion franchissait les frontières. L'anarchie désoiganisait toute défense : la Vendée, la Bretagne, la Normandie, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulon se soulevaient. La Convention, avec une indomptable énergie, fit face partout ; elle écrasa les révoltes intérieures ; elle trouva des soldats , des armes, des généraux, elle fit violence à la victoire . Nos troupes entrèrent en Allemagne, en Belgique, en Hollande, la guerre reflua sur le territoire ennemi.
La Convention sauva la France ; mais malgré ses travaux législatifs et ses grandes créations, elle prépara la ruine de la République. Par un véritable suicide, elle immola parmi ses membres les meilleurs et les plus grands. Des hommes qui avaient fait la révolution, la Terreur tua les uns «t démoralisa les autres. Quand la crise fut passée, les ambitieux et les intrigants n'eurent plus afffaire qu'aux honnêtes gens médiocres que leur médiocrité môme avait sauvés. Le peuple, si ardent aux premiers Jours, se retira peu à peu de la lutte et s'assoupit dans Tindiirérence.
Directoire, — Lancées au pas de charge, le» années françaises continuent à travers l'Europe leur course victorieuse, mais Thistoire intérieure
Sendant le Directoire se dégrade et s'abaisse. Plus e caractères, des trompeurs ou des dupes ; la corruption des mœurs e'éule awc cynisme ; lintpunité étant presque assurée, on ne prend plue la peine de se cacher pour conspirer. Le gouvemement, impuissant, sans argent, sans autorité, use des mêmes moyens que ses adversaires, et répond •ux conspirations par des coups d'Etat. Enfin, trahi par ses propres chefs, il est renversé le 18 brumaire. Un attentat heureux fonda ainsi la dictature du général Bonaparte.
Consulat. -^ Le Consulat servit de transition entre la République, dont il se disait une forme, 0t l'empire qu'il préparait. Le Code crril, ébauché par la Constituante, la Convention et les Cinq Cents, est terminé par le Conseil d'État ; mais d'autre part le Concordat, qui rétablit un culte officiel, la Légion d'honneur qui tend à reconstituer une noblesse, la centralivation administrative, la suppression de la liberté d'écrire, sont cen- Iraires à l'esprit de la Révolution. La nation accepte tout sans manifester de rémstance ; ^le ne souhaite plus que la paix et le repos, et les
TRANCB
attend du premier consul. Ces blent d'abord se réaliser ; après Bfarêogo et fiohealinden, l'Angleterre et l'Autriche déposent ie^ armes. Mais la Joie est de courte dorée ; et c'&t au milieu des préparatifs d une nouvelle giaem que le Consulat se transforme euEmpive.
Empire. — Le génie gneirier seuable personnifié dans Napoléon, mais non le génie polAiqne. En Europe il eut des sujets, jamaÎB d'aUien. I«*orgaefi de sa force lui faisait dédaigner l'équilé et aussi la prudence. Il cro]^ tout dénouer A coups dt victoire. Longtemps le succès lui donna raison. Uim, AuBterUts, léna, Friedland, Wagyam briséirent les coalitiens européennes. En tôll, TEibpire comprenait IfiO éépartements; autour de lui s'étendait «ne BBoe d'fitsts dépendants : le ronime d'Italie reconnaissait pour chef Napoléon, il gouvernait la Suisse comme médiateur, la confédération du Rhin comme protecteur. L*4iitricJie et la Prusse, diminuées^ affaiblies, obéissaient passivement aux Tolontés de leur vainqueur.
Cette colossale puissance était bien fra«;iie. L'Angleterre, depuis qu'elle avait détroit à Trafidgar la marine française, demennit maltreeas des mers. LlEqutgne, secourue par eH«t repoussait avec fureur la royauté de Joaeph BoBaparte. A Taïutre bout de l'Europe, la Russie s'apprêtait à re> devenir ennemie pour rester indépendante. Pmni les souverains, les anciens, même IVmpereir. d'Autriche, son beau-père, étaient faostiles à Napoléon ; les nouveaux. Murât, Jérdme, n*exisiaient ^ue par lui. Les peuples, blessés dans leur patristasme, atteints dans leurs intérêts par le blocus continental, détestaient la domination fimçatse. L^ipinion générale était contre Napoléon.
En France même, on était bien revenu de l'enthoufliasme des premiers Jours. Jamais peutr-ètra, même sous Taneien régime, on nlavnit subi un pareil despotisme. C^t par une audacteose imposture que Napoléon s'est présenté comme le con> tinuatsur de la Révolution. Son règne en fut k négation. Un corps législatif votant en bloc les budgets, un sénat senrite enre^stnuit mécaniquement les sénatns-consultes, voilà œ qui restait du régime représentatif; les prisons d'BUt, rétablies en 1W9, recevaient, «ans lu gesNnt, lesatovena. Ni •" «i liberté
liberté polttique, ni liberté de la i indiridnélle. L'égalité ne reœfalt psi de uKuns graves atteintes. & fondant l'easpire, ftapolées s'était entouré d*une hiérarchie He ]giands*oncien, une cour complète avait été erganisée. Dans la nation même, des ftiveurs nombreuses étaient accordées, dans la réparation 4e l'inq^ à la propriété fondère et aux classes les plus ridies. Le sénatus-consulte d'août IS06, un autorisant les snbsUtutiotts et les majorats, détruisait l'égalité dans les successions.
Pendant nue la littérature officielle s'évertuait sans réussir à produire une oeuvra remarquable, tous les libres esprits se réfugiaient dans l'exil. Les grands éorbalns de ce temps, qu'ils séient absolutistes comme de Maistre, catkoliques oemme Chateaubriand, libéraux comme H** es Staôl et Benjamin Constant, sont d^accerd poar combattre le régime impérid. La bourgeoisie les approuve en silence. Les classes populaires coi»* mencent à supporter Impatiemment la conscription et les droits réunis.
Chute de r^mpire, — Les désastres de t8l2 furent comme un signal longtemps attendu. L'os après l'autre, tous les Etats se prononcèrent contre Napoléon. L'Europe entière mardis dans la sixième coalition. En 1813 l'Allemagne est perdue, es 1814 les alliés entrent en France. Vaincu après avoir accompli des prodiges de génie militaîre. Napoléon abdique et se retire à llle d^Elbe. La tentative suprême de 1815, dont les fautes des Bourbons avaient rendu possible l'éphémère succès,
FRANCE