‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 469 sur 562 · FRANÇOIS V · texte numérisé non relu

FRANÇOIS V

procare à la France une seconde invasion et des canditions de paix plus dures. Elle perdit toutes les conq^ôtes, non seulement de TËmpire, mais anjBsi de la République. Le résultat de tant de guerres, d*une si effroyable dépense d'hommes, était en définitiTO un amoindrissement territorial.

Bestturation, — La Restauration débuta mal. Elle revenait sous la protection des armées étran^ gères, et semblait- ramener avec elle tous les préjugés et toutes les rancunes du passé. En 18 r4 elle s'aliéna Topinion, d'abord bien disposée pour tout ce qui n'était pas l'Empire; en ]8i&, elle to léra les excès de la terreur blanche. Mieux inspiré enfin, Louis XVIII renvoya la Chambre intrmmabte^ ex essaya de gpuvemer en appliquant sincèrement la Charte. Pendant une période d'environ quatre années, on eut des élections libres, une presse affranchie de la censure et Justiciable seulement du jurv; on obtint des puissances Tévacuation anticipée du territoire. Le parti ultra- royaliste criait à la trahison; il profita de Tassassinat du duc de Berry pour renverser le ministère Dessolos- Decases, et reprit le pouvoir.

Le ministère Villèle Ait une entreprise méthodiquement menée contre Tœuvre de la Rérolniion. La loi électorale fut changée : la presse, pour la-

3uelle la censure avait été rétablie, fût menacée e la loi de justiee et d'amour; la loi sur le milliard d'indemnité aux émigrés avait pour objet de reconstituer les grandes fortunes, la loi sur les successions de les maintenir en rétablissant le droit d'aînesse. On tendait ainsi à refaire Tancien régime, en lui donnant un caractère théoeratique qnHl n'avait Jamais eu. L'absolutisme religieux multipliait ses manifestations* s'emparait de rinsimction publique et faisait présenter la loi du sacri lège.

Lettres, scienees, industrie. — Hais il était trop tard pour ramener à son ancienne forme la société française. L'esprit de la Révolution l'avait trop profbndément pénétrée. La littérature du dix neuvième siècle, d'abord religieuse et monarchique avec son grand prosateur Chateaubriand et ses Jeunes poètes Hugo et Lamartine, était insensiblement amenée aux Idées libérales. Le goût pour le passé avait donné naissance à l'histoire qui, indiflé^ rente avec de Barante, doctrinaire avec Guizot, devenait démocratique avec Augustin Thierrr, Quinet, Mlgnet et Thiors. Tout en redoublant d ardeur dans leur lutte contre la tradition classioue, les chefs de la nouvelle école se séparaient oe leurs anciens amis politioues; le romantisme sintttulait : le libératisTM en littérature. Les sciences poursuivaient leurs proarès théoriques, mais en même temps appliquaient leurs découvertes à l'industrie : la navigation à vapeur, l'éclairage au gar, le télégraphe et bientôt les chemins de fer. les innombrables machines, multipliaient la proéucflmi, fk-^ cUitalent les échanees, activaient la circulation économique. A' la faveur d\iDe paix générale et durable» le commerce prenait une extension Jus^ qu'alors inconnue. Ainsi se formait me richesse mobilière toute aux mains de la boaigeoisie. La liberté du travail, la division de la propriété, l'égalité civile, conquêtes de la Révolution, produisaient leurs résultats : « La démocratie cemtait à pieine bords. »

Révolution de 1890. — Le courant était Irrésistible. Le ministère Villèle fut brisé en essavant de l'arrêter. Après la court intervalle du ministère Martignac, le parti ultra-royaliste recommença la lutte. L'opposition résista avec une discipline et vn ensemble qui la rendaient invineîMe. Vaincu dans les élections, le ministère Psiignae essaya d'un coup d*Etat. La révolution èe Juillet répondit aux ordonnances, et le vieux Charies X dvt reprendre le chemin de l'exil.

Louis-PfiiHppe, -* Lonia-Philippe dJOrléaos» appelé au tr6ne par la Chambre des député», pro* mit de gouverner selon la Charte et tint parol^i.- Mais B*il ne cherdia pas à revenir an anière, il ne. voulut ou ne sut pas mansher en avant. Il serait, injuste de méconnaître les résultats obtenus pen< dant les dh-huit années de son règne. Au dehors,, la paix fût soigneusement msintenuet et les armées > françaises purent être employées à continuer la conquête de l'Algérie, oomnsencée sous Charles lU A l'intérieur, le mouvement intelleetnel se déve» loppait, et l'éclatante maturité du siède répondait aux promesses de son débat En écoutant les débats des Chambres et les polémiques de la presse, la nation s'habituait an régime parlementaire et à la liberté politique. La richesse publique continuait de s^aceroltre, les roates, les chemins vicinaux, les vt>ies ferrées se construisaient de toutes parts.

Cette prospérité matérielle était réelle, mais elle inspira trop de confiance et d'Ulusieiis aux homme» d'Etat de ee temps. Croyant avœr donné satisfae^ tion aux intérêts, ils ne voulurent rien eéder aux idées. D était bon d'aimer la paix, mais il ne fallait pas, pour la conserver, prendre enCiice de l'Burope et surtout de l'Angleterre une attitude humiliée et soumise. L'appâ de la bourgeoisie censiuire était assurément précieux, mais ce qu'on appelait X^pttys Jégal n'était pas tout le pays. Les écoles socialistes agitaient les difficiles questions de la propriété, du capital, du travail, et trouvaient dans les souffrances des classes ouvrières de terribles arguments. L'opposition républicaine, quelquefois imprudente et passionnée,mâis généreuse et liardie, réclamait pe«r tous les citoyens l'admission aux droits poliuques. La gauche dynastique, qui aurait voulu qu'on fit l^iee à l'Europe dans la Question d'Orient, demandait des réformes à l'intérieur. La résistance, personnifiée par Guiiot, l'emporta dans les conseils de Louis-Philippe, et la monarchie de Juillet tomba. La révolution de 1K48, au miliea des troubles snarciiiqaes et des violences d'une prompte réaction, allait établir le anilrage univer* sel, seule applicatien vérHahle du principe de la souveraineté nationale. [Maurice Wahl.l

Pour la distribution des matières du cours a'histohre de France, V. l'article Histoire de France, où l'on trouvera le programme de ea cours et l'indication des srtides spéciaux auxquels ce programme renvoie.

PRAIVCB ( LintRATOSB ). — V. Littérature française.

FHANÇOR». — Nous complétons par les articles ci-dessous, consacrés aux principaux souverains de ce nom, les leçons d'histoire de France et d'histoire géniale dont le numéro d'ordre est indJqfué k la suite de chaoue nom.

!• fSrance.

FNoiçctoZ". —Histoire de France, XVI-XVU. ^ François d'AngoulêsM (1S1S-1&47), petit-fils de Jean d^Angoulême et arrière- petit-fils du duc Lo«ls> d'Orléans, était beau, fort et brave; son armure de Marignan, que Ton voit an Louvre, est d'un hemne de six pieds. « Il avait le regard bienveillant et doux, le sourire gracieux, les manières séduisantes. » Quand, à vingt ans, il devint rei, « c'était un vaillant et brillant enfant g^té. » Boisy, son gouverneur, s'était appliqué à faire de lui « un ehevaiter bien dressé aux mœurs et à tous les mérites chevaleresoues, mais sans lui fahra faire de plus sérieuses études, ni La préparer à la tâche du gouvernement (Guixot). » D'ailleurs François avait grandi sous l'influence de deux femmes qui l'aimèrent passionnément, sa sœur atnée, la « Marguerite des Marguerites, » et sa mère, Louise de Savoie, ambitieuse et corrompuay. avide déplaisir, d'argent et de pouvoir.

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