‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 471 sur 562 · FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC

nombre de gentilshommes huguenots : il s'agissait d*enlever le jeune roi du château d'Aroboise, où il résidait, pour le soustraire ainsi à Tinfluence des Guises, qui auraient été exilés. Mais le complot fut découvert, et de sanglantes exécutions affermirent pour un moment le pouvoir de la maison de Lorraine (mars 1560). Condé sauva sa tôte en prenant parti contre ceux-là mêmes qu'il avait invités à conspirer. Toutefois bientôt les réformés s'agitèrent de nouveau, et une prise d'armes parut imminente. En vain Michel de 1 Hôpiul, que la reine>mère, Catherine do Médicis, venait de faire nommer chancelier, essaya-t-il de s'interposer entre les partis : de part et d'^autre on voulait agir. Les Guises prirent les devants : ils firent arrêter Condé (octobre), et obtinrent contre lui une condamnation à mort, comme complice des conjurés d'Amboise. L'Hônital refusa de signer la sentence; et quelaues jours plus tard, François H mourut sans postérité (^5 décembre 1560). C'était son jeune frère Charles, enfant de dix ans, qui héritait de la couronne; le pouvoir échappait ainsi aux mains des Guises pour passer à celles de Catherine de Médicis. Condé fut remis en liberté; et la politique du nouveau rèene sembla, pendant un moment trop court, vouloir sMnspirer des principes de tolérance que représentait le chancelier de l'Hôpital. — Y. C/iorles IX et Guerres de religion.

T" Allemagne.

François n, — Histoire générale^ XXVI-XXVII, — dernier empereur d'Allemagne, fils de Léopold n, succéda à son père comme roi de Bohème et de Hongrie (1792) , puis comme empereur. Louis XVI, son onde par alliance, dut lui déclarer la guerre en avril 179^ : c'était la réponse à l'insolente prétention de la cour de Vienne d'obliger le peuple français à renoncer aux réformes accomplies par l'Assemblée constituante. On trouvera ailleurs (V. Bévolution française et Directoire) les détails de la guerre de la première coalition. Les armées de l'empereur furent presque constamment battues ; et enfin, en 1797, Il dut accepter le traité de Campo-Formio, que lui imposa le général Bonaparte, et par lequel il renonçait à la Belgi(]|ue et au Milanais, mais obtenait en échange Venise et la Dalmatie. S'étant Joint à la seconde coalition, il fut encore vaincu, et conclut la paix do LunévUle (1801). Enfin, ayani repris les armes en 1805, il se vit, après la bataille d'Austerlitz, obligé de renoncer au titre d'empereur d'Allemagne. Réduit mu gouvernement de ses Etats héréditaires, il ne conserva que le titre d'empereur d'Autriche, et s'appela dès lors François I**. Il déclara de nouveau la - guerre à la France en 1809, pendant que Napoléon était occupé en Espagne : la victoire de Wasram le contraignit à la paix, et l'année suivante, il lui fallut donner au vainqueur la main de sa fille Marie- Louise. Mais après les revers de la campagne de Russie, il se tourna de nouveau contre Napoléon, et joignit ses troupes à celles des alliés qui envahirent Ta France en 1814. Il régna jusqu'en 1835, ayant pour premier ministre le comte de Motternicb, qui fut l'un des principaux inspirateurs de la politique de la Sainte-Alliance.

8* Autriche.

François I*. — V. ci-dessus Françoi» lî {Allemagne).

FRANCS. — Histoire de France, HI. ~ V. Barbare^^ClùvU^ Mérovingiens.

FRKDÉRIC. — Nous consacrons ci-dessou» une courte notice à ceux des souverains de ce nom dont le règne occupe une place importante dans Thistoire générale.

1* Allemagne.

Frèdteio I^ Barberousse, — Histoire générale, XIX et XXVn, -^ neveu et successeur de Conrad lit 2" Pabtib,

do Hohenstaufen, fut le deuxième empereur de la maison de Souabe. Son élection fut le résultat d'une transaction entre les Gibelins et les Guelfes: le chef de ces derniers. Henri le Lion, rentra dans ses droits sur les duchés de Saxe et de Bavière, dont son père Henri le Superbe avait été dépouille sous Conrad IV. Toutefois ces duchés furent diminués, le premier du margraviat de Brandebourg, transformé en fief immédiat, et dont le possesseur, Albert TOurs, devint la tige des électeurs de Brandebourg ; le second, de l'Autriche, qui Ait érigée en duché relevant directement de l'empire : ce fut là l'origine des deux plus puissants Etats de l'Allemagne moderne.

Durant la plus grande partie de son règne, Frédéric Barberousse lutta pour établir Vautorité impériale en Italie. Après avoir fait reconnaître sa suzeraineté aux rois de Danemark, de Pologne et de Hongrie, il passa les Alpes, détruisit Tortone qui lui avait refusé obéissance et se fit couronner roi d'Italie à Pavie. Pour gagner le pape Adrien IV. il lui livra le réformateur Arnaud de Brescia, qui fut brûlé (1 155) ; ensuite Frédéric reçut la couronne impériale des mains d'Adrien, malgré la r^istance des Romains, qui attaquèrent ses troupes pendant la cérémonie du sacre.

Après le retour de Frédéric en Allemagne, les villes italiennes montrèrent des velléités d'indé-

Çendance. Les Milanais aidèrent les habitants de ortone à relever leurs murs. Frédéric revint alors en Italie avec une armée formidable (1158), et établit dans les villes des podestats^ magistrats chargés d'y exercer l'autorité en son nom. L'autorité de ces lieutenants impériaux parut insupportable aux libres communes italiennes : bientôt Milan et Crème se soulevèrent. Frédéric fit le siège de Crème, qui dura sept mois, puis celui de Milan, qui dura deux ans. L'empereur tira des Milanais une vengeance terriblo: leur ville fut rasée (1162). Cependant Adrien IV était mort : on vit alors en présence un pape gibelin, Victor IV, et un papt

guelfe, Alexandre m. Alexandre se fit le défenseur es libertés de l'Italie. Dès que Frédéric fut retourné en Allemagne, les villes italiennes du nord formèrent la Ligue lombarde (liTii), qui se plaça sous la protection du pape; Milan fut rebâti, et une ville nouvelle, Alexandrie, fut construite pour menacer Pavie, l'alliée de l'empereur. Frédéric repassa de nouveau les Alpes ; mais cette fois la fortune lui fut contraire: 11 ne put prendre Alexandrie, et peu après vit son armée réduite de moitié par la défection de Henri le Lion, qui l'abandonna pour retourner en Allemagne* L'empereur voulut néanmoins livrer bataille à la Ligue lombarde : il fut complètement défait à Legnano (1176). H dut alors signer une trêve et reconnaître Alexandre HI. La cause de l'autorité impériale en Italie éuit décidément perdue; quelques années plus tard, le traité de Constance (1183) vint consacrer les droits que les villes Italiennes avaient conquis par leur héroïque résistance (V. Communes, p. ^66).

En Allemagne, du moins, Frédéric était resté tout-puissant. D punit Henri le Lion de sa félonie en lui enlevant ses deux duchés, qui furent donnés, la Bavière à Othon de Wittelsbach, et la Saxe à nn prince de la maison de Brandebours.

En 1189, Frédéric Barberousse pnt la croix, en même temps que Philippe- Auguste et Richard Cœur de Lion ; mais il n'arriva pas jusqu'en Palestine : il se noya en traversant la rivière Sélef. en Cllicie (1 190) .

Frédéric Barberounse est resté le plus populaire parmi les souverains de son pays. La légende a fait de lui le type de César allemand, et le symbole glorieux de Tunité de l'Allemagne. Le vieil empereur n'est pas mort, disent les li^der des bords du Rhin ; il est endormi dans les souterrains d'un chAieau mystérieux, et il doit en sortir un jour pour triompher des ennemis de son peuole, etrestau-

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