ALBUMINE
pour mieux dire du clergé catholique, lurtout les seigneurs. Ceux-ci, et à leur tète le comte do Toulouse, seigneur suzerain du Languedoc, favorisaient ouvertement les hérétiques.
Il n'était pas possible, avec les idées de Tépoque, oue les pavs catholiques souilHssent patiemment de voir le Midi sortir du giron de TÉghse ; mais il fallait un promoteur. Ce (ùt le pape Innocent m. Traitant les Languedociens comme des musulmans, il provoqua, en 1208, une croisade, c'est-à-dire une guerre sainte, où les soldau étaient assurés de çragner la réniission de leurs péchés, en su» du butin qu'ils pourraient faire. Les Français du nord se croisèrent en foule, les uns par un xèle aveugle mais respectable encore pour la religion, les autres par des motifs beaucoup moins purs. Notons bien qu*à ce premier moment leur suzerain à tous, le roi de France, ne remua pas.
Innocent III, habile quoique violent, sut diviser ceux qu'il menaçait : il persuada au comte de Toulouse, Raymond VI, suzerain des pays hérétiques, qu'on le recevrait en grftce, moyennant une cérémonie humiliante. Raymond VI, trompé, laissa écraser son vassal le plus puissant, Roeer VI, comte de Béziers et de Garcassonne. La vilie de Béders fut emportée d'assaut, et tout son peuple massacré sans distinction d'hérétiques ni de catholiques; c'est un des événementt atroces de Thistoire ; Garcassonne se rendit. Les prélats qui formaient le conseil de l'armée élurent alors pour chef de l'expédition un homme dévot, ambitieux et habile, Simon de Montfort ; et ils l'investirent des États de Roeer. Après quoi, hk plupart des croisés retournèrent chez eux (1209). L'année suivante^ au printemps, ils revinrent. Il faut savoir cette habitude pour comprendre la longue impuissance de la croisade contre le Midi, d'ailleurs divisé. Cette fois, on attaqua le comte de Toulouse. Les campagnes de 1210 à 1215,
{lendant lesquelles il n'v eut ou une grande bataille ivrée à Moret, et gagnée par les croisés, mais force châteaux assiégés, pris et repris, aboutirent à la dépossession du comte de Toulouse, au profit de Simon de Montfort. L'Église, par son concile de Latran (en 1215), consacra ce que la force avait fait. Pour les hommes du Midi cette guerre avait toujours été plus patriotique que religieuse.Raymond VI avait un fils maintenant en âge d'homme et qui était, ce semble, très-aimé des peuples. Us ne purent souffrir de le voir dépouillé de l'héritage de son père. De toutes paru les villes se révoltèrent; les bourgeois, les artisans reprirent, pour ainsi dire, la guerre à leur compte et la menèrent très-énergiquement. Simon, chassé de Toulouse, fût tué en 1218 devant ses murs, durant un siège héroïque; le fil s de Simon, Amaury, succéda à son père, mais Il vit bientôt qu'il n'était pas de force à soumettre ses prétendus sujets, surtout quand le populaire Raymond VII eut succédé de son côté, en 1222, à son père Raymond VI. Amaury céda ses droits trèscontestables au roi de France Louis VIII, en 1225. Le Midi était déjà bien épuisé par ces invasions annuelles du Nord qui se renouvelaient depuis 17 ans, quand la cession d' Amaury le mit en demeure de se défendre contre un ennemi nouveau, bien plus redoutable, contre le roi de France, soutenu par l'Église, appuyé de son titre de suzerain. Raymond Vil résista Quelques années, puis entra en composition. Par le traité de Meaux, conclu en 1229^ Raymond maria sa fille à Alphonse, frère du roi de France, qui était alors saint Louis. Il donna tons ses Étata en deçà du Rhône à cette fille, partie sur-le-champ, partie après sa mort. Au cas od elle n'aurait pas d'enfant, ces biens de- Talent revenir au roi de France. Eflfectivement ce mariage fut stérile, et le roi de France hérita du Languedoc en 1271.
Le traité de Meaux finit la guerre (sauf une courte reprise d'hostilités en 1241) ; mais il ne finit pas la
persécution ; au contraire : il livra le Midi au despotisme de VinquisitUm. Il y eut dans toutes les villes importantes un tribunal de prêtres acharné à la poursuite des hérétiques. On les brûlait solennellement; et leurs biens confisqué! allaient enrichir des hommes dévoués à l'Église. A la longue, la classe des personnes riches et des seigneurs fut ainsi renouvelée : il ne resta peut-être pas moitié de l'ancienne noblesse. Cependant, tant que Raymond VII vécut, les hérétiques espérèrent j les seigneurs. dans les campagnes, résistèrent à l'inquisition. Us exerçaient même des représailles, massacrant les prêtres, brûlant les couventa, forçant les inquisiteurs à se retrancher dans les villes. Biais, après la mort de Raymond VII, le Midi perdit l'espoir de former une nation, et les hérétiques perdirent, ce semble, l'espoir de donner à cette nation une religion nouvelle ; les chefs des deux sectes vaudoise et albigeoise émigrèrent alors en Italie, et jusque dans les provinces danubiennes. Toutefois 1 Église trouvait encore des gens à brûler dans le Languedoc ▼ers le milieu du quatorzième siècle.
On voit que l'hérésie vaudoise et albigeoise n'a pas duré moins de deux centa ans. à divers degrés de ferveur ; elle n'a été extirpée qu au prix de beaucoup de sang, de tortures et même de crimes. Pour la bien Juger, il faut la considérer, quoiqu'elle n*ait pas réussi, comme le premier acte de ce grand drame de la Réforme qui a brisé l'unité de l'Église, séparé en deux le monde chrétien, et préparé des conséquences qui sont loin d'être épuisées. Il est extrêmement remarquable oue la France, chez qui la réforme a finalement échoué, en ait fourni le premier essai et le dessein original . J?^^ Lacombe.]
ALBUMINE. — Chimie, XXVII. — {Étym. : du latin eUbvmen^ blanc d'œuf). — L'albumine est une substance org^lque que le blanc d'œuf nous offre presque à l'état de pureté complète.
1. Albumine proprement dite. — Atbvmine anU tnaie» — On la trouve dans le sang, le chyle, la lymphe, les sérosités. C'est un des principes constituanta de la substance cérébrale et des nerfs.
Albumine végétale. — Les tissus et les liquides végétaux en contiennent aussi des quantités trèsvariables. On la rencontre principalement dans les haricoto, les fèves et dans un bon nombre de plantes oléagineuses.
Coagulation par la chaleur, — L'albumine se
Présente à l'état liquide dans le blanc d'œuf, et à état de dissolution dans le sanp;.
L'albumine liquide a une réaction alcaline. Trèsrapidement putréfiable, elle donne par sa putréfaction un nombre considérable d'animalcules et répand une odeur nauséabonde (œufs pourris, sang gâté ; dans ce dernier liquide, elle parait être en combinaison avec la soude).
Tout le monde sait qu'elle peut être coagulée par U chaleur et par les acides ; elle est ou n'est pas soluble, selon le procédé par lequel elle a été coagulée.
Quand on évapore le blanc d'œuf ou le sérum du sang à une température qui ne dépasse pas 50* centigrades, l'albumine desséchée forme une couche mince, solide, transparente, et elle est alors soluble dans l'eau. L'albumine coagulée à une température plus élevée ou par l'alcool ou les acides est au contraire insoluble dans l'eau.
Le sérum du sans humain se coagule entre 69 et 72* centigrades ; le blanc d'œuf vers 60* ; entre 80 et 35* pour l'albumine de Técrevisse et pour celle des poissons.
L'albumine dissoute est coagulée par les sels de zinc, de plomb, d'argent, de mercure, par le chlore, l'infusion de noix de galle. L'acide acétique est sans action sur l'albumine.
Le sublimé corrosif (bichlorure de mercure) trouble un liquide qui ne contient que deux millièmes d'albumine en dissolution. C'est en parunt de co fait qu'Orflla a recommandé l'administratioo