‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 57 sur 562 · I. GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

I. GÉOGRAPHIE

1- Géographie i^ysique.^ Cet État,le plus puisttpt de l Europe centrale, s'étend de la frontière cneaule de la France jusqu'à la Russie et de la mer Baltique jusou'au pied des Alpes.

Umitet. — A 1 ouest, l'Allemagne touche aux pjs-Bas, à U Belmque, au grand-duché de LoiemboQpg, et à la France. Au sud, elle est sém^ de U Suisse par le Rhin, depuis Bâle jus- 10 u lac de Constance; de l'Autriohe par des rameuLxdes Alpes et le cours de l'Inn. A l'est, elle lïudie iQx montagnes qui enveloppent la Bohème Reloues parts, puis à la Russie, dont la sépare une J^sne de convention tracée au milieu de l'ancien ro}iuiie de Pologne. Au nord, de la Baltique à la m d« Noid, c'est aussi une ligne conventionnelle <iu) ï fixé les limites entre le blesrig devenu aile- ^^od, et le Jutland resté danois dans l'ancienne ^«wonèM ambrique.

Juperfae, — L'étendue de l'empire ainsi déli- Si2^ ïï P«a plus grande que celle de hi France *w,uo«; kilom. carrés, au lieu de 528,000), mais sa P^PQUtioo est plus considérable d'une façon absolue, « plat dense relativement au pays qu'elle couvre.

Population ; s ft densité. —L'empire d'Allemagne compte 42 700 000 habitants ; la population movenne y est donc de 79 habitants par kilom. carré. Elle est environ de 70 en France. Seules en Europe, la Belgique, la Hollande, les Iles Britanniques et riulie ont une population plus dense que celle de l'Allemagne.

Climat, ^ L'Allemagne jouit d'un climat moins beau que celui de la France. Sa latitude est plus septentrionale, les vallées qui la traversent sont tournées vers le nord, au lieu de s'ouvrir, comme celles de notre pays, vers la Méditerranée ou rOcéan dont les flots sont réchauffés par le courant chaud du golfo, le Gulfstream.

Entre le pied des Alpes et le cours du Main. rAllcmagne méridionale occupe un plateau élevé de 500 & 600 mètres, où l'altitude augmente la rigueur des hivers, tandis qu'au nord, l'Allemagne septentrionale forme une vaste plaine, presque aussi basse que les flots qui viennent battre ses rivages. On ne trouve donc pas grande différence entre la température moyenne qui règne sur les bords de l'Inn, au sud, et celle do Hambourg, près de la mer du Nord ; mais si l'on s'avance au contraire de France en Russie en marchant de l'ouest & l'est, on rencontre de plus en plus un climat continental aux chaleurs extrêmes en été, aux froids plus riffoureux et plus longs en hiver. Le Rhin n*est embarrassé par les glaces que pendant moins d'un mois chaque année, tandis que l'Oder est pris pendant 70 jours. i

Orograpbir bt Hydrographie. — Relief du soL — La plaine de l'Allemagne du nord est monotone et généralement infertile. Les sables, les bruyères, les marais, les lacs en couvrent une grande étendue. Les bois de pins augmentent la tristesse du paysage tantôt enseveli dans la brume, tantôt recouvert d'un épais manteau de neige. Au centre, au contraire, les montagnes de la Saxe, de la Thuringe, de la Hesse, du Nassau, de la Franconie, sans offrir les spectacles grandioses des Alpos, sont renommées pour leurs vertes vallées, leurs fraîches cascades, leurs forêts ombreuses, leurs cimes variées par leurs formes comme par la nature de leurs roches, et d'où l'on jouit de splendides panoramas. Ni là, ni dans la rorôt-Noire, qui fait, sur la rive droite du Rhin, le digne pendant de nos Vosges, on ne trouve de sommet dépassant làOO mètres. La Bavière ne renferme encore aucune d^ hautes cimes des Alpes, mais on y rencontre dé]' des lacs charmants gracieusement encadrés de forêts de sapins, de pâturages et de rochers qui annoncent la région alpestre.

Grands bassins. — L Allemagne partage ses eaux entre le Danube, affluent de la mer Noire ; le Rhin, l'Ems, le Wéser, et l'Elbe, tributaires do la mer du Nord ; l'Oder, la Vistule et le Niémen, qui tombent dans la mer Baltique.

Le Danube. -^ Le Danube, qui est le plus long fleuve de l'Europe après le Volga, n'est d'abord qu'un ruisseau capricieux à sa naissance dans la Forèt-Noire. A Ulm,il devient navigable, puis passe par la forteresse d'Ingolstadt et Ratisbonne avant d'entrer en Autriche, à Passau. Sa rive gauche est escarpée et recouverte par les hauteurs du Jura souabe. Il ne reçoit de ce côté comme afQuent important que VAUmuht, d'où un canal navigable, qui traverse Nuremberg, va joindre la Regnitz, affluent du Main, et établit ainsi une communication navigable entre les bassins du Rhin et du Danube. Par sa rive droite, au contraire, lo Danube reçoit de nombreux affluents: 1'///^, qui sépare le Wurtemberg de la Bavière, le Lech, qui passe à Augsbourg, et Vlsar, qui arrose Munich, la capitale du royaume de Bavière.

Le Danube est le grand chemin d'Occident en Orient, suivi par les croisés et toutes les expéditions militaires qui ont eu Vienne pour objectif.

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Le Rhin. ^ Dans la partie moyenne do son cours, le Rhin serrait de frontière franco-allemande jusqu'à la funeste guerre de 1870. G^est un des grands fleuves de l'Europe, au cours rapide comme le Rhône, bien qu'il verse chaque année dans la mer une moindre masse d'eau.

De B&le à Mayence, il parcourt une large vallée dont le territoire fertile en fait un des plus riches pays du monde, mais dont la possession si souvent disputée a fait couler le sang dans de nombreux combats. De Mayence à Bineen, les flancs du Taunus, qui dominent sa rive droite, portent des vignobles exposés au midi, dont les produits, fameux sous le nom de vins du Rhint atteignent des prix fabuleux. Resserré entre ces montagnes, et celles du Hunsruck et de l'Eifel, où abondent les anciens volcans, le Rhin i^arcourt jusqu'à Bonn une gorge étroite ; les touristes y admirent des sites pittoresques et variés ; de nombreux châteaux, la plupart en ruines, y évoquent mille souvenirs historiques. Le Rhin entre ensuite dans la plaine basse qui se continue sans interruption jusqu'à la mer du Nord. Grand chemin de la Suisse à la Hollande, le Rhin a toujours été suivi par une navigation active. De nombreuses cités s^élèvent sur ses deux rives; les unes sont importantes par leur commerce, comme B&le, Mannheim, Gologne, Dusscldorf; d'autres sont des forteresses imposantes commandant le passage du fleuve, comme Strasbourg, Mayence, Goblentz et Gologne. Constance et B&le ont vu des conciles se réunir dans leurs murs. Spire et Worms des diètes où se sont agités les premiers débats de la Réforme.

Sur sa rive droite, le Rhin reçoit le gracieux Neckar^ qui parcourt le Wurtemberg et le grandduché de Bade, en arrosant Stuttgart et Mannheim, la cité la plus populeuse du grand-duché. Un peu plus haut, à quelques kilomètres de Mannheim le ch&teau de Heidelberg dresse, au-dessus delà vallée du Neckar, son imposante façade en ruines, dont les Allemands nous reprochent l'incendie depuis deux siècles. A Mayence tombe le Main qui, né aux confins de la Bohème et de la Saxe, décrit une foule de sinuosités entre les montagnes qui s'élèvent sur ses deux rives, et forme la limite la plus naturelle entre l'Allemagne du nord et l'Allemagne du sud. Sur ses rives s'élève Francfort, l'ancienne ville libre, siège de la Gonfédération Germanique jusqu'en 1866, aujourd'hui prussienne, mais toujours peuplée d'opulents banquiers et de nombreux Juifs. Plus bas le Rhin reçoit la Sieg et la ZoAn, gracieuses rivières aux bords verdoyants, et la Ai/Ar, qui parcourt un riche bassin houiller, gr&ce auquel l'industrie de la Prusse Rhénane a atteint un très-grand développement.

Sur sa rive gauche* le Rhin reçoit sur le territoire de l'empire d'Allemagne 1'///, qui passe à Strasbourg, après avoir parcouru l'Alsace ; la Lauter^ qui formait jusqu'en 1870 la limite entre l'Alsace et la Bavière Rhénane ; et enfin la Moselle, le plus important de tous ses affluents. Née au ballon a' Alsace, la Moselle est française par la première partie de son cours; elle traverse Metz, qui nous rappelle de si cruels souvenirs; Trêves, l'ancienne ville romaine, et parcourt, avant d'arriver à Goblentz, une vallée sinueuse et pittoresque, presque aussi vantée que celle du Rhin.

VE^ra et le Wéser, — L'Ems, qui parcourt la Westphalie et le Hanovre, traverse un pavs marécageux et tellement plat, qu'on a été ooligé de l'endiguer sur une assez grande étendue. Il finit dans la mer du Nord, sur la frontière des Pavs-Bas.

Le Wéser se forme de deux branches : à l'est, la WerrOy oui naît sur le revers méridional des montagnes de Thuringe, sur les confins de la Bavière et des duchés de Saxe ; à l'ouest, la Fulda, qui prend sa source, au midi de la Hesse, dans un groupe de montagnes granitiques, le RhOn, et

arrose Gassel, l'ancienne capitale du royaume éphémère de Westphalie, puis de Télectorat de Hesse-Gassel, annexé aux États prussiens en 1866. Avant de se réunir, la Fulda et la Wem parcourent un pays pittoresque, accidenté, d'où le Wéser s'échappe auprès de Biinaenparun défilé oui porte le nom de porte Wesphaliennet pour déboucher dans la plaine du Hanovre. Il arrose ensuite Brème» le second port de TAllemapprie par Timportance de son commerce, où des milliers d'émigrants 8*embarquent chaque année pour l'Amérique. Lee navires qui ne peuvent remonter jusque-là s'arrêtent à l'embouchure du fleuve, àBremerhafen, qui sert d'avant-port.

L'Elbe. ~ L'Elbe, né en Bohème sur le rerers méridional des monts des Géants, entre en Saxe par des défilés pittoresques, qui ont valu à cette région le nom de Suisse saxonne; puis il passe à Dresde, la capitale du rcmiume. H est dès lors navigable et peu rapide. Il traverse la grande forteresse de Magdebourg, puis arrive à Hambourg, la seconde ville de l'Allemagne par sa population, la première par son conunerce maritime. Ancienne ville libre, comme Lubeck, Brème et Francfort, Hambourg est aujourd'hui on des

{>lu8 grands ports de la terre. De nombreuses ignés régulières de paquebots partent de ses quais pour les difiérents pays du monde et ses riches armateurs monopolisent le commerce de quelques régions de l'Océanie. A côté de Hambourjs, Altona, qui en est presque le faubourg, fait aussi un grand commerce maritime.

G'est un peu en amont de Magdebourg que l'Elbe reçoit sur sa rive sauche la Soo/e, grossie de VElster, deux rivières aont les flots ont été plus d'une fois teints de sans: après avoir traversé léna, la Saale passe entre les champs de bataille de Rossbach et de Lutfen, et c'est sur les bords de l'Elster que s'est livrée la funeste bataille de Leipzig.

Par sa rive droite, l'Elbe reçoit le Eavel, grossi de la Sprée. Gelle-d prend sa source sur les confins de la Silésie, de la Bohème et de la Saxe; traverse d'abord le joli pays boisé de la Lusace, puis débouche dans les sables du Brandebourg ; traverse Berlin, la capitale moderne de l'empire d'Allemagne, où ses eaux se ternissent d'une boue infecte, et tombe dans le Havel, au pied de la forteresse de Spandau.

L'Oder. — L'Oder prend sa source dan& la Silésie autrichienne, sur le revers méridional des monts Sudètes; bientôt sorti des forêts de sapins, il coule entre des rives basses et marécageuses ; traverse Breslau, caplule de la Silésie ; reçoit Je Gustrin la Wartha qui a traversé la plaine de Posen; passe à Stettin, la capitale de la Poméranîe, et finit dans le Haff. On nomme ainsi un golfe séparé de la mer par une étroite bande de sable, et que les alluvions du fleuve vont comblant peu à peu. Gette bande sablonneuse est percée par plusieurs canaux qui joignent le Haff à la Baltique.

La Vistule. — La Vistule, qui est presque exclusivement un fleuve polonais, est déjà imposante quand elle entre à Thorn, sur le territoire allemand. Gomme l'Oder, elle finit dans un Haff, situé au fond du golfe de Danzig, et détache une de ses branches à louest vers ce dernier port.

Le Niémen. — Enfin le Niémen, sorti de Russie, passe àTilsitt et finit dans le KurtscheHaff^ le plus septentrional de la mer Baltique.

GÔTBS ET PORTS. — On a remarqué que sur la Baltique le rivage va en empiétant sur les flots, tandis que sur la mer du Nord les vagues étendent constamment leur domaine à la place de la terre ferme. Ni Tune ni l'autre n'offrent une grande quantité de ports. Le principal sur la mer Baltique est Stettin, la capitale de la Poméranie, qui a

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Vanatiss de te tronrer à Temboucht^ de TOder. Mêaul, à rextrémité septentrionale do la Prusse ; K<mi^ktrg^ à rembonehnre du Prégel ; Danzig, ï ^mbouchiire de la Vistnle ; Stralsund, en face de ille de Rugen ; Wamemunde, près de Rostock, U TUle h plus peuplée dn MeoLlembourg ; Luteek^ h célèbre ancienne yille hanséatiqne ; Kiel^ lécemBM arraché au roi de Danemark, se partageai te reste dn commerce de rAUemagne avec U Rwie, la Suède et le Danemark. Hambourg et BrêM possèdent presque le monopole du cornmeree allemand avec lej autres pays étrangers.

Ceat à Fouest de rembonchure du WSser, au foad io golfe de Jade, que Ton a fondé depuis les ignndissements prodigieux du royaume de Prusse le port militaire de Wdhemshafen, où sont réunis )« principaux arsenaux de la marine militaire caimate de Tempire d'Allemagne.

2. Mograpliia agricole et industrielle. — Agrif cuitvt. — L'Allemagne est beaucoup moins férule qoe la France. La vigne n*y mûrit ses firuits qie nr les coteaux bien exposés des bords du Rhin, de la Moselle, du Uain et du Neckar. La bièie eit la principale boisson des Allemands et le b(»blon est une de leurs cultures importantes. Cest \i BaTière qui tient le premier rang pour la fabrieiQon de la bière : ses brasseries exportent au loin leflfs produits. En fait d*eaux-de-Tie, on ne distille çoêre que des grains. Le froment est aussi plus rare qo'en France et est remplacé par le seigle, lorge, TâToine, le sarrasin, qui conviennent mieux miemins maigres. La pomme de terre Joue également un grand rôle dans Talimentation.

Oo doit Tendre cette justice aux Allemands qu'Os mettent tons leurs soins à tirer de leur !ol ingnt le meilleur parti possible. Nulle part tllleiin les forêts ne sont aussi bien aménagées; ki raflées sont généralement couvertes de belles pnJrie».Les races de bétail sont bien entretenues ; M cherche à en améliorer les qualités, et on y réossit. Les chevaux du Mecklembourg et du H(}ls\ein sont renommés, ainsi que les porcs de Aenpkalie^ les moutons de la Saxe et de la Silé sie founuBsent des laines particulièrement recherchées pour leur finesse. La pèche des lacs et des rivières, la chasse des forêts, les ruches d'ibeilies, les fruits même les plus communs, uat est mis à profit pour augmenter le bien-être 00 diminuer la nûsère des habitants. Les Allemands du nord parviennent, à force d*économie, à expûiter, en dehors de leur consonunation, des gniDs et du bétail.

Comme plantes industrielles, on cultive : le tabac dus les vallées fertiles du Weser, de TElbe et de l'Oder, et en Bavière, autour de Nuremberg et de Monich; — la betterave, qui occupe une assèx rude étendue de terres dans la vallée du Rhin, en Sue et en Silésie ; — le lin et le chanvre, qui ser- ▼eot à la (abrication du linge de Saxe, fort estimé h létnoger.

Minet, -~ UAlIemagne a l'avantage de posséder de grandes ressources minérales. Les montagnes qui séparent le royaume de Saxe de la Bohême ont '^ à juste titre le nom de Erzgebirge (mondes des mines), à cause des métaux très-oivers qu s^y rencontrent. La Saxe, la haute Silésie, la Tbiunnge renferment du fer, du plomb, de Targent, dtt âac, de Tétain, de Tarsenic, etc. Le Harz^ sur les confins de la Saxe, du Brunswick et du Ha- ^0^, renferme du plomb, du cuivre, deTargent, ^B ler. Ces deux régions sont devenues classsiques P^ u variété des travaux d'exploitation qu'on y

^ottim houillère, — Après TAngleterre et la ^^^Siqne, TAliemagne tient en Europe le prey rang pour sa richesse en houille. Ia Prusse ni^oane possède deux bassins de premier ordre. Ului de la Ruhr, sur la rive droite du Rhin, auprès

de Dttsseldorf, alimente les usines de cette région éminemment industrielle, et entre autres les célèbres forges d'Essen, d*où sortent aujourd'hui les canons de la plupart des armées du monde. Le bassin de la Sarre, entre Metz et Mayence, de découverte relativement récente, avait contribué à donner un développement considérable aux établissements métallurgiques de la Lorraine française, si riche en minerais de fer. On trouve aussi de la houille auprès d'Aix-la-Chapelle, sur le prolongement du bassin de Liège, dans la Silésie, la Sue et la Thuringe.

Eaux minérale», ~ Dans un pays aussi riche en minéraux et en montagnes d'origine volcanique, les eaux minérales abondent. Les plus célèbres sont celles de Wiesbaden et d'Ems dans le Nassau ; de iïacfe (Baden-Baden), dans le grand-duché de Bade ; de Wildbad (Wneiemherf^); d'Aix-la-Chapelle,

Les sources salées et les mines de sel gemme sont également fort répandues, et la plus riche mine de la Lorraine, ceUe de Oiétise, s'est trouvée comprise dans l'annexion allemande.

Pierres lithoaraphiques, — Ambre, — La Bavière a le priviléee de posséder les plus belles carrières de pierres lithographiques de llSurope, et dès l'antiquité la plus reculée on allait recueillir l'ambre sur les bords de la Baltique, dans les pays qui sont ai]Jourd*hui devenus la Prusse et la Poméranie.

Bianu factures, — La population très-dense sur certains points de l'Allemaipie trouve dans l'industrie seule de quoi subvenir à ses besoins. La Saxe, la Haute-Silésie, les environs de Dusseldorf, l'Alsace sont les grands centres de fabrication. Les ; industriels alsaciens ne craignent aucune concur- ' rencA pour la filature, le tissage et l'impression * des étoffes élégantes en coton. Qiemnitx, en Saxe, est le grand centre de la filature et du tissage de la laine et du coton

Elberfeld, dans le district de Dusseldorf, fabrique une énorme quantité de cotonnades. De l'autre cêté du Rhin, Crefeld (ou Grevelt] fait une concurrence redouuble à nos soieries. Aix-la-Chapelle fa- ' brique des draps ; les toiles de lin et de chanvre viennent principalement de la Haute-Silésie.

L'Allemagne possède encore de nombreuses verreries, des fabriques de porcelaine renommées en Saxe, des fabriques de produits chimiques, des raffineries de sucre. Les papeteries sont assez répandues et alimentent un grand nombre d'imprimeries. Leipzig est le grand centre du commerce de la librairie. Nuremberg a conservé la spécialité des Jouets, de la bimbeloterie, et les objets en bois grossièrement sculptes de la Forêt- Noire sont exportés dans le monae entier.

3. Ethnographie. — Les Allemands ne forment pas un peuple homogène au point de vue de la race.

Races, — Sans doute l'élément germain domine dans l'ensemble de l'empire; mais les Slaves constituent un noyau considérable dans le duché de Posen, qui provient du démembrement de la Pologne et dsins ouelques parties de la Silésie. Sur les bords de rElbe et de l'Oder, où ils ont été autrefois dominants, ils ont été peu à peu absorbés dans l'élément germanique. Les Danois du Slesvig, annexés depuis 1866, appartiennent à la race Scandinave, et les habitants de Metz, par leur sang, leur langue et leurs sympathies ont toujours été Français,

Langues, — La langue allemande, qui est parlée dans tout l'empire^ l'est en outre dans plusieurs pays étrangers : dans le nord et le centre de la Suisse, dans la plus grande partie de l'empire d'Autriche, dans les provinces dites Baltiques de l'empire de Russie. Et avant d'aller en foule peupler la fertile vallée de TOhio et d'autres parties des États-Unis, les Allemands ont été appelés à différentes reprises au dehors, dans la Russie méridionale notamment, ou dans la Hongrie, pour mettre en culture des

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pays stériles ou dépeuplés par quelque guerre.

4. Géographie politique. — Longtemps divisée en une foule de petits ÉUts qui différaient par les institutions, les mœurs, les intérêts, les conditions locales, TAllemagne, sans ètro encore arrlyée à une centralisation aussi grande que la France, 8*en rapproche de plus en plus, à tons égards.

Heiigion. — Aujourd'hui le protestantisme domine dans rAllemaffno du Nord, le catholicisme dans r Allemagne du Sud. On compte sur une popu lation de 4'2 70o 000 habiUnU : environ 36 0< 0 000 de protesunts, 16 000 000 de catholiques, SOO 000 Juifs

Unité politique. ^ Depuis oue le roi de Prusse s*est fait proclamer empereur a* Allemagne en 1871, l'unité politique est à peu près complète. Depuis longtemps déjà, le Zoliverem^ ou union douanière, avait fondé Tunité commerciale, en supprimant les douanes Ultérieures.

Attribution» du gouvernement impérial, — Aujourd'hui Tempereur commande à toutes les armées, est seul chargé des relations diplomatiques avec les pays étrangers. Le gouvernement impérial tiont entre ses mains presque toutes les lignes de chemins de fer, les postes et les télégraphes. Peu à peu les différentes lérislations locales iront en se fondant les unes dans les autres, et les souverains Jaloux de leur autorité n'auront plus qu'à abdiquer des trônes sur lesquels ils ne sont plus que les grands officiers de l'empereur.

Le régime militaire qui a amené le triomphe de la Prusse est aujourd'hui appliqué à toute l'Allemagne : chacun est soldat, chacun fait Teierdce à la prussienne. LMnstruction, partout obligatoire et donnée avec le plus grand soin (V. Allemagne dans la V Partie du Dictionnaire), fait partout aussi pénétrer le même sentiment, celui de la prééminence germanique, sentiment que les conquêtes de 1871 ont naturellement exalté, et qui est porté aujourd'hui aussi loin ou'a pu l'être aux jours de notre plus grand enivrementle chauvinisme français. niversités. — Les universités, qui ont fait la gloire et la grandeur de l'Allemagne, y sont encore des centres intellectuels très-importants et presque les seuls orgues de la vie et de l'indépendance locales. L'université de Berlin est la plus ft^équentée do l'Allemagne; mais le Hanovre possède encore celle de Gœttingue ; le duché de Bade, celle de Heidelberg; le Wurtemberg, Tubingue; la Bavière, Munich; la Saxe (prussienne ou ducale), Halle et léna; le royaume de Saxe, Leipzig. Ces villes, qui offrent à tous les genres d'études a*incomparables ressources, sont les fovers de pensée, d'action où la Jeunesse libérale du pays se porte en grand nombre avec enthousiasme. La plus récente et la plus magnifiquement dotée des universités allemandes est celle de Strasboura, libéralité dont le but est facile à comprendre. Il est Juste d'ajouter que pour les encouragements donnés à l'instruction en général, les souverains des États secondaires ont devancé les rois de Prusse.

Musées. — Presque toutes les grandes villes ont de remarquables galeries de tableaux ; mais Dresde et Munich possèdent des collections artistiques qui n'ont d'égale en richesse et en variété que celles de Paris, de Rome et de Londres.

Etats composant Vempire. — L'empire d'Allemagne renferme aujourd'hui : quatre royaumes^ ceux de Prusse, cap. Beriin ; de Bavière, cap. Munich ; de Saxe, cap. Dresde : de Wurtemberg, cap. Stuttgart; — six grands-duchés ^ ceux de Bade, cap. Carlsruhe; de Hesse-Darmstadt, cap. Darmstadt-, de Mecklembourg-Schwérin, de Mecklembourg-Strélitz ; de Saxe-weimar et d'Oldenbourg ; cinq duchés, ceux de Brunswick, de Saxe-Meiningen, de Saxe-Altenbourg, Saxe-Cobourg et Gotha et d'Anhalt ; — sept principautés, celles de Schwarzbourg-Rudolstadt et Schwarzbourg-Sondershausen ; io Waldeck; les deux wlnclpautés de Keuss,

celles de Lippe-Detmold et de Scbaumbourg-Lippe ;

— trois villes libres^ celles de Brème, Hambourg et Lubeck; — enfin l'Alsace-Lorraine, traitée de pays d'empire. Ces divers pays nomment les députés du heichstagy analogue à notre Chambre des députés, et leurs souverains envoient des plénipotentiaires au Conseil fédéral, dans lequel chaque Eut a un certain nombre de voix déterminé par la constitution de l'empire.

Gouvernement. — Indépendamment de ces chambres impériales dont les attributions sont fort étendues, chaque État a conservé son gouyemement intérieur avec le système représentatif dont il jouissait. La Prusse, la Bavière, le royaume de Saxe, le Wurtemberg, les grandfrduchés de Bade et de Hesse ont deux chambres; les autres États en ont une ; les villes libres ont une sorte de sénat.

Grandes villes. — Berlin, qui s'accroît avec une rapidité eflhiyante, a aujourd'hui près d'un million d'habitants; Hambourg près de 275 UOO; Brealau, 240 000; Dresde et Munich près de 200000; Cologne, Leipzig, Kœnigsberg, Stuttgart, Hanovre, Prancfort-sur-le-Mein et Brème, plus de 100 000, chiffre qu'atteignent presque Danzig et Strasbourg.

Ctaestionnaire géographique. — i . Sur la géographie physique. — De quel côté l'empire d'Allemagne a-t'il des frontières naturelles? — Énumérer en partant du nord-ouest les États qui Tentourent. — Est-il plus ou moins peuplé, plus grand ou pins petit que la France? — Climat.

En combien de versants se partagent les eaux de l'Allemagne? •— Quels sont les principaux bassins de chaoue versant? — Quelles sont les principales villes d'Allemagne situées sur le Danube? — sur le Rhin?— l'Elbe, etc.? — Quels sont les principaux affluents coulant en Allemagne, du Danube, du Rhin, de l'Elbe?

Quels sont les principaux ports de T Allemagne?

2. Sur la géographie agricole et industrielle. — Quels sont les pnncipaux produits de l'agriculture? — Les plantes cultivées pour l'industrie?

Où sont situés les principaux bassins houillers, les principales mines métalliques? — Les eaux minérales les plus fréquentées?

Quels sont les principaux centres manufacturiers? — Qu'y fabrique-t-on?

3. Sur l'ethnographie. — Quelles sont les diverses races formant la population de Tempire d'Allemagne?— Dans quelles contrées étrangères la langue allemande est^elle parlée?

4. Sitr la géographie politique.-— Quelles sont les religions suivies en Allemagne? — les attributions du gouvernement impérial? — les principales universités allemandes? — les villes les plus considérables? — De quels Etats se compose 1 empirer

Problèmes ategraphlqaM. — La population et la superficie de la France sont de 36 900 000 habiunts et de 5v8 600 kilom. carrés ; celles de l'empire d'Allemagne, de 42700000 babiunu et de S40 000 kilom. carrés.

1* Quelle serait la population do la France, eomprise dans ses limites actuelles, si elle était aussi dense que celle de l'Allemagne? (Rép. : 41 760000.)

— Quelle serait la population de la France, si elle était aussi étendue que l'Allemagne, sans que la densité de sa population eût augmenté? (Rép. : 37 800 000.)

2* Il y a en Allemagne 29150 kilom. de chemins de fer en explolutîon, et en France 22670.

Combien y a-t-il de kilom. de chemins de fer par 10 000 kilom. carrés de superficie en Allemagne?

— en France? (Rép. : 540 en Allemagne; 429 en France.)

Combien y a-t-il de kilom. de chemins de fer par 10 000 habitants en Allemagne? — en France? (Rép. : 6*,8 en Allemagne ; 6*, l en France.)

Combien la France devrait-elle construire de kilom. de chemins de fer pour en avoir autant que

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— di —

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rxibxi^e? 1* RelttÎTement à sa superficie? 2" RelaLiTexect à sa population? (Rép. : r i>680 kilom. ; r!496kilom.}

}« n T t en Allemagne 8366 bureaux de postes distriSwit 696 OOO 000 de lettres et en France 5177 bur^xDi distribuant S&O 000 000 de lettres. Combien de k.))!&. carrés de soperflcie et combien d'habitants un biRvt de poste doit-il desservir en AUemaji^ne? ^ enFnficeT— (Rép. r63 kilom. carrés en Allemagne; IQltotea. carrés en France.)

CifcBMeD s expeoie-t-ii ce lettres par tète en Al- I<>GUfDe? en France? (Rép. : 13,9 en Allemagne; Si eb France.)

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