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pal rôle dans cet incessant travail de désagrégation. C'est à l'action de ces agents que sont dus les éboulii qii*on remarque an pied des escarpemeoti des montagnes et des falaises 'que bat la mer.
D'un autre côté, nous voyons les cours d>au char rier et déposer des sédiments, soit sur le fond dei vallées traversées par eux, soit à rembouchure d( ces cours d'eau, soit enfin dans la mer; c est ains que s'ezpliquont les deltas plus ou moins considérables et les iles nouvelles qui se forment.
Les mers, en déversant sur les plages basses qu les encadrent les sables qu'elles tiennent en sv^
{tension, ou en abandonnant sur certains poinu es amas de galets qu'elles roulent, domient nais sance aux dunes et aux écueiis.
Parmi les dépôts marins, les >las remarquables sont ceux que 1 on jdésigne sous le nom de réàfs. et qui sont le résultat des sécrétions calcaires de certains mollusques qui vivent en famille, et sur tout de polypiers .
. C'est encore à ce deuxième étage qu'on rapporte les dépôts de tufs calcaires ou travertins^ les sécrétions calcaires ou siliceuses que déposent certaines sources minérales, ou celles qui se forment par suintement dans les grottes et ca> vernes et qu'on appelle stalactites. Enfin, c'est dans les eaux marécageuses et stagnantes de ce deuxième étage que nous voyons se former ItL tourte.
Les cavernes de cet étage renferment souvent, comme celles du premier, des ossements de mammifères; beaucoup d'entre eux appartiennent à des des espèces aujourd'hui domestiquées, au nombre desquelles se place, en première ligne, le renne, qui habitait à cette époque l'Europe centrale. . La présence de l'homme, déjà indiquée dans le diluvium par les découvertes d'ossements humains trouvés dans les couches de cet étage, se manifeste dans les alluvions récentes par de nombreux débris, soit de son squelette, soit de son industrie.
On a trouvé dans différentes stations des quantités prodigieuses de silex taillé, des pointes de flèches, des haches, des objets faits en os et des bois de renne, sur lesquels l'homme a gravé l'image des animaux au milieu desquels il vivait
En remontant la série des couches, on trouve non plus des silex taillés à facettes, mais des pierre» polies, et plus haut encore des instruments en bronse et en fer. — V. à^réfustortottes {Popuiatiowi), [K. Boulart.]
e, VII et XV, Ètym. : du celtique . , . tiré.)
1. Goup d'caU général. ^ Aspeot des Alpes. - Les Alpes sont les plus hautes montagnes de l'Europe centrale, et la limite de séparation entre l'Italie d'une part, la France, la Suisse et l'Autriche de 1 autre. Leurs massifs puissants ne couvrent ' pas moins de 250000 kilomètres carrés (c'est-àdhre une surface égale à la moitié de la France!, < entre la Méditerranée et le Danube. Des centaines ' de cimes s'y dressent majestueusement à 3 et 4000 mètres d'altitude, et les nuages qui s'y précipitent y donnent naissance aux fleures les plus importants et les plus grands de l'Eu- i rope, après ceux de la Russie. Leurs eaux,trou- | blées par les débris qu'elles emportent au début de leur course torrentielle, s'épurent ensuite dan» de magnifiques lacs, assex profonds pour ne rien perdre de leur limpidité par ces apports, et assez étendus pour constituer des réservoirs capables de régulariser en aval ces cours d'eaux jusque-là si capricieux. Et si les pluies et les neiges venaient à cesser, si les lacs qui baignent le pied des Alpes venaient à se vider, les glaciers suspendus à leurs flancs contiennent encore assex d'eau congelée pour alimenter pendant plusieurs années par leur fusion le débit de toutes ces rivières.
Les Alpes ne sont pas seulement un dos plus
ALPES. ^ Géographie générale, VII et XV; Géographie de la France, I. — iÈtym, alp, roche escarpée, d'après Litu%.)
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^nnâff réserroin d'eau du monde ; c^esl une limite entre denx dimau bien opposés. Lorqne, qoitunt les chaudes plaines de la Lombardie, où les vignes, pendues en festons aux arbres, se couxTtDt de fruits délicieux, où fleurissent les plantes N plus délicates, où les oranges môme mûrissent dins quelques coins bien abrités du lac de Côme ou du Le Mijeur, on s'élève successivement à travers les Tl^es, les noyers, les ch&Uigniers qui garnissent les pentes de la montagne, on traverse une région qui n a pas sa pareille sur le versant suisse. Aux rduî^niers succèdent les sapins et les hêtres, pxs les arbres se rabougrissent sous un climat plus rigoureux et finissent par disparaître. Le sol f{vne encore des pâturages, grâce aux nuages qui, «oiTint les parois de la montagne, s*y condensent en mille ruisseaux. Plus haut on ne trouve que des xonsses et des lichens pareils à ceux du Spitz- ^rg ou du Groenland, puis tout s*efface sous un blaoc linceul de neige qui ne disparaît Jamais.
La vie renaît au fur et à mesure qu'on redescend la pente opposée. On revoit des pâturages, des upins, puis des noyers. Mais la vigne ne mûrit n nofd des Alpes que sur quelques coteaux paràcolièrement favorisés par leur exposition et^ au lien des riches guérets de la vallée du Pô, la Suisse if produit même pas assex de céréales pour sa cffitommation.
Mus si les Alpes ont dans tous les temps formé Doe frontière entre des peuples différents par le Mieut où ils TÎYaient, par leurs races, leurs mœurs ei leurs aptitudes, — autrefois les Romains, les Gau- Ws et les Germains ; aujourd'hui les Italiens, les Saines, les Allemands, les Slaves de l'Autriche méridionale, — leurs cimes ofli^nt des panoramas si cMTTeilleux, leurs fraîches vallées, leurs lacs endluatean ont tant de charmes, que Ton s'y donne aujoanThm rendes-vous de tous les points du monde : et oolle part ailleurs on ne saurait rencontrer au- WA de nationalités différentes réunies sous le mèait toit.
Les trot» zones des Alpes relativement à leur dtitude. — Sur le versant méridional, la limite des itpes est bien déterminée : elles se dressent sur la pUine du Piémont et de la Lombardie en escarpem^-nte assex raides pour que l'indécision soit impossible. Du côté suisse, au contraire, les pentes reialatifement douces se prolongent de telle sorte qu'il c'y a pour ainsi dire aucun coin du pays qui soit plat
La région inférieure. — En général, on fait comneocer la montagne au point où cesse la culture de h vigne. Naturellement cette plante s'étend plus bant sur le versant méridional (7 ou 800 mètres) que MIT le versant septentrional (5 ou 600 mètres). La montagne inférieure s'étend à partir de là sur toute la région susceptible de produire des céréales. Si ia cauure du sol ne suffit pas à y nourrir les habl* tasts, ceux-ci trouvent d Importantes ressources dans llioepitallté ^'ils ont à fournir aux étrangers et dans les établissements d'industrie à qui les cbates d'eau fournissent un moteur économique pov animer leurs machines.
La région moyenne, — Les « alpes. » — Au-dessus de la montagne inférieure, c'est-à-dh^ entre 1300 et ISÛO mètres, commence la région moyenne, emerte de forôts de sapins et de pâturages naturels. Ce sont ces pâturages, auxquels les montanurts donnent le nom Palpes, qui ont servi à deagncr toute la chaîne, dont elles sont un des caraoères principaux. Sitôt que le soleil a fait re- ]*rtiT l'alpe, avant même que la dernière couche d«. neige en ait partout disparu, les troupeaux jwtcnt les éublesde la plaine, et grimpent dan» Uertage, où ils passeront tout l'été. En tète de la wflde, les vieilles vaches font résonner fièrement let docbettes qui servent à les retrouver partout «ma entretiennent leur gaieté. Le berger se loge
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dans une cabane formée de troncs de sapins grossièrement équarris et que de lourdes pierres servent à consolider contre les ouragans. C'est le cAa/e^ où les vaches viennent d'elles-mêmes se faire traire et où le fruitier fabrique ces fromages fameux sous le nom de gruyères ^ et qui doivent leur qualité aux herbes aromatiques dont se nourrit le bétail qui les produit. Les chèvres et les moutons seuls trouvent à paître au-dessus de la zone des forêts, tant rherbe devient courte, à mesure que l'on s'élève dans une région plus froide ; puis entre 2500 et 3000 mètres, on entre dans une région sauvage, où l'agile chamois cherche à se dérober à l'atteinte du chasseur sur des rochers inaccessibles, et où l'aigle établit l'aire, d'où il plane sur les troupeaux pour y saisir sa proie.
La région supérieure, — Les neiges, — En passant sur les hautes montagnes, les vents chargés d'humidité la déposent sous forme do flocons de neige qui se réunissent sur les plateaux et da\«0 les hautes vallées, dès que rindinaison est assex faible pour Les retenir. C'est ainsi que les plus hauts sommets sont souvent dépouillés de neige quand tout autour d'eux reste glacé.
Les diverses transformations que subit cette neige donnent naissance aux névés et aux glaciers*. Nous expliquons à ce mot quelques-uns dfes merveilleux phénomènes auxquels donnent lieu les glaciers. Bornons- nous & rappeler ici qu'ils couvrent dans la chaîne des Alpes une surface de plus de 3000 kilomètres carrés, c'est-à-dire une étendue comparable à celle de la moitié de l'un de nos départements moyens. Le glacier d'Aletsch, qui descend des Alpes Bernoises, sur la rive droite du Rliône et en face du Simplon, a ?4 kilomètres de longueur. Celui de Gomer, qui descend du Mont- Rose, en a 15. Les divers glaciers groupés autour du Mont-Blanc couvrent près de 300 kilomètres carrés et on a récemment évalué leur masse à 14 milliards de mètres cubes de glace, de quoi alimenter à eux seuls la Seine pendant neuf années.
2. Oèographle de la chaîne des Alpee. — A l'invorse des Pyrénées, qui ofl^nt une chaîne d'une régularité parfaite, ou du Jura, qui se développe en chaînes parallèles, les Alpes n'oin*ent d'abord que l'aspect confus d'une masse de dmes, de chaînes, de chaînons et de contre-forts enchevêtrés les uns dans les autres, sans qu'il soit possible d'y dé mêler au premier examen une disposition régulière.
C'est qu'en réalité les Alpes forment une série de massifs distincts, d'où divergent les rameaux secondaires comme les rayons d'uno étoile. Sans énomérer toutes les cimes, tous les cols qui les séparent, et les torrents qui y naissent, essayons de décrire les traits principaux de la grande chaîne qui conunence sur les côtes de la Ligurie pour finir sur les bords du Danube, offrant ainsi un développement de 1000 kilomètres.
Elle change plusieurs fois de nom, et Tusage a consacré les désignations d'Alpes Maritimes^ Cottiennes. Grées, Pennhies, Lépontiennes, Rhétiques, Noriques, Carniques et Juliennes, bien que les géologues adoptent aujourd'hui un groupement plus rationnel, mais aussi trop compliqué pour que nous puissions en exposer les détails.
Alpes Maritimes. — Elles forment la continuation ocdoentale des Apennins. On place la séparation entre les deux chaînes, tantôt au col d'Altare (500 mètres), sur la route de Savon e à Turin, tantôt à celui de San Bemardo (1000 mètres), d'où descend le Tanaro et où passe la route d'Albenga à Turin, tantôt enfin plus à l'ouest, au col de Tende (1800 mètres], sur la route de Nice à Turin. Depuis le col ae San Bernardo jusqu'au mont Viso (3840 mètres), à la source du Pd, les Alpes Maritimes forment un arc de cercle long de 190 kilomètres environ, et atteignent une altitude de plus en plus grande.
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Cest de cette chaîne que se détachent au nœud de VEnchastrayt (2970 mètres), situé à l'extrémité nord du département des Alpes-Maritimes, les Alpes de Provence, qui délimitent les bassins des principaux affluents de la Durance, le Verdon qui arrose Castellane, la Blionne qui passe à Digne, et VUbaye qui traverse Barcelonnette. Ces monugnes offrent le triste aspect de montagnes déboisées couvertes de talus d*éboulement; mais en approchant de la Méditerranée, les vallons ouverts au midi sont embellis, partout où s'étend l'irrigation,
f»ar une végétation vigoureuse, ob l'on distingue es plantes parfumées oui ont fait la réputation de Grasse. C'est à partir au Pic de l'Enchastraye que la chaîne principale des Alpes sert de limite entre le Piémont et la France ; elle garde ce rôle jusqu'au col Ferret, à l'est du Mont-Blanc, entre cette haute montagne et le passage bien connu du grand Saint- Bernard.
Avec les rivières déjà citées, les principaux cours d'eau qui naissent dans la chaîne des Alpes Maritimes sont sur le versant sud : la Roua qui marque aujourd'hui la frontière entre la France et l'Italie, et le Var qui l'a marquée longtemps ; et sur le versant nord, le Tanaro, la Stura et la Maira, affluents du Pô.
Alpes Cottiennes. — Elles s'étendent sur une longueur de 160 kilomètres entre le mont Viso et le mont Cenis. Cest dans cette section que se trouve le col du mont Genèvre, où Napoléon I* a fait ouvrir, à 1860 mètres de hauteur, la route de Briançon a Turin. C'est également sous son règne que Ton fit entre Saint-Jean de Maurienne et Suse la route du mont Cenis, qui franchit la chaîne à 2100 mètres. Depuis 1871, on passe de Savoie en Piémont en chemhi de fer par le tunnel percé sous le col de Fréjus et que Ton a improprement nommé tunnel du mont Cenis, à cause de la route située quelques kilomètres plus à l'ouest qu'il est destiné à remplacer.
Le mont Tabor (3200 mètres), situé un peu à l'ouest du tunnel, offre le centre de rayonnement le plus important des Alpes Cottiennes. C'est de là que partent les Alpes de Maurienne^ où les Grandes Housses atteignent 3600 mètres, et qui couvrent tout l'espace compris entre le cours de l'Arc au nord-est et celui de la Romanche au sud. Du Tabor partent aussi les Alpes du Dauphiné, où se distinguent plusieurs massifs importants.
Le groupe du Pelvoux, qui renfermait les cimes les plus hautes de France avant l'annexion de la Savoie, s'étend entre la Durance à l'est, la Romanche au nord, le Drac au sud et à l'ouest. Là s'élève, au centre de superbes glaciers, le pic des Ecrins (4li<o mètres) et la Meije, gravie pour la première fois en 1877. A l'ouest du Drac, le mont Aurouze (2700 mètres) remplit les tristes vallées du Dévoluy de ses débris croulants, et à l'extrémité des Alpes, presque sur les bords du Rhône, le mont Ventoux domine de près de 2000 mètres les riches campagnes du comtat Venaissin.
Les Alpes Cottiennes donnent naissance à d'imporunts cours d'eau. Du mont Genèvre descend la Durance, si terrible par les caprices de ses crues, et du massif du Pelvoux le Drac non moins dévastateur, qui se joint à l'Isère à quelques kilomètres en aval do Grenoble, mais qui, à plusieurs reprises, a ravagé cette ville par ses inondations. La Romanche, qui arrose le Bourg d'O isans et Vizille, un peu au-dessus de son confluent avec le Drac, puise aussi ses eaux d'un bleu intense dans les glaciers du Pelvoux. Les orages qui éclatent sur le Dévoluy alimentent le Buech, le principal affluent de droite de la Durance, qu'il rejoint au pied du rocher de Sistcron. Et des montagnes plus à l'ouest dans le département de la Drame sortent la rivière de ce nom, et TAygues qui, avant de se jeter dans le Rhône près aOrange, arrose Nyons, renommée
pour la douceur de son climat. Enfin sur le verunt Italien, c'est un peu au nord du mont Viso qae naît la Doire Ripaire, qui baigne les murs de Turin au moment d'atteindre le Pô.
Les Alpes Grées. — Elles ont environ 100 kilomètres de longueur entre le mont Cenis et le Mont- Blanc (4800 mètres]. Leur centre de rayonnement est au mont Levanna (3700 mètres;, voisin de b source de l'Isère, où l'ou a longtemps placé par erreur un mont Iséran, qu'il faut rayer de la nomencUture géographique. A l'est, le massif dominé par le grand Paradis (4000 mètres) couvre de ses rameaux l'espace compris entre la Doire Baltée et l'Orco (la Doire Baltée descend du val d'Aoste, et rOrco se jette dans le Pô à Chivasso). A l'ouest, les montagnes de la Tarentaise dressent entre l'Arc et l'Isère plusieurs cimes hautes de 3500 à 4000 mètres. Au nord, les montaqnes de Savoie couTrent tout le pays entre l'Isère, le Rhône et l'Arve. Nous avons nommé les principaux cours d'eau nés dans cette région des Alpes: la Doire Baltée, VArc, qui arrose la Maurienne et dont le chemin de fer et la route du mont Cenis remontent la vallée ; Vhèrt, dont il est tributaire. Aucune route carrossable ne traverse cette partie de la chaîne. Le col principal, celui dvL petit Saint-Bernard (3175 mètres), conduit de la vallée de l'Isère dans le val d'Aoste.
Alpes l*ennines ou Valaisanes, — Elles s'étendent sur un espace de 160 kilomètres entre le Mont-Blanc et lo SaintrGothard. Le Mont-Blanc forme à lui seul un massif circonscrit au sud-est par le petit Saint-Bernard, au nord-est par le col de grand Saint-Bernard (2475 mètres), au nord-ouest par le col de Balme oui conduit de Martigny (au grand ccude de la vallée du Rhône) à Chamonii. puis par la vallée de l'Arve jusqu'à Sallanches, et enfin par la vallée de Mégève entre Sallanches et Albertville. C'est du Mont-Blanc que descend VArve, née au col de Balme et oui finit, à quelques kilomètres en aval de Genève, dans le Rhône, aont elle trouble au loin les belles eaux bleues. Elle commence par arroser Chamonix, ce séjour cosmopolite d'où les grimpeurs intrépides partent pour une foule d'ascensions intéressantes, tandis que les gens plus tranquilles et plus délicats, placés devant le plus beau panorama qu'on puisse ré ver, y respirent l'air pur des hautes montagnes embaumé par le parfum des mélèzes et des sapios, où les abeilles cueillent un miel délicieux.
Au nord-ouest du Mont-Blanc, les Alpes du Châtiais se ramifient entre l'Arve, le Rhône et le lac dA Genève. Elles ont leur point culminant dans la Dent du Midi (3 1 80 mètres), dont les cimes dentelées s'élèvent sur la rive gauche du Rhône audessus de Saint-Maurice. Entre la Dent du Midi et Chamonix, le Buet (3100 mètres) est le point d'où Ton contemple le mieux l'ensemble du Mont-Blanc et des monts oui lui font cortège. A l'est du grand Saint' Bernard, ce passage célèbre qui conduit les piétons de Martigny à Aoste, et où l'hospiulité des pères s'exerce sous la forme la plus cliarltable, les Alpes Pennines prennent la direction de l'est nordest. Là se trouve le massif du Bi ont-Rose, qui porte la plus grande étendue de glaciers et le plus grand nombre de cimes élevées des Alpes, le mont Cermn {A\yO mètres) qui dresse au fond de la vallée de Zermatt sa fière pyramide si longtemps inaccessible, et le Mont-Rose (4630 mètres), pour ne citer que les plus célèbres. Les Alpes Pennines forment U limite entre la Suisse et l'Italie depuis lo grand Saint-Bernard jusqu'au col de Gries , un peu à l'ouest du passage du Saint- Gotliard.
Le Simplon, — La route du Simplon, que fitoa* vrir Napoléon I*', franchit le col du môme nom à une hauteur de 2000 mètres et offre la voie la plus directe de Paris à Milan. On y a pas encore fait passer de chemin de fer comme au mont Cenis, ou plus à l'est, sur le Brenner ; mais on se propose
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de percer la montagne à une hauteur de 6 ou TOO métrés seulement, de sorte que le passage serait plus aisément abordable en toute saison, et le SôD^on reprendrait ainsi Timportance que lui Tabit sa position géographique sur la route directe d^ Calais à Brindisi, la grande route de Londres à nsthme deSuex.
Des Alpes Pennmes descendent la Dranse, qui qm tombe dans le Rhône à Martigny, au pied du pissage ita grand Saint-Bernard ; la Viége, qui sort des giaders du Mont-Rose ; et sur le versant méridi>aal USésia, qui baigne Verceil, avant de s*unir a3 Pô; eiilln la Toce, qui arrose le vald'Ossola ot u^ckbe dans le golfe nord-ouest du lac Majeur, a sa s^aree au col de Gries, qui mène de Domo d*Ossola u Saint^^othard.
U SmU-^othard, — Les Alpes Lépontiennes, — ùt massif forme le véritable centre de toutes les Alpes, car û on n'y rencontre plus les sommets les phis élevés, le socle sur lequel il repose est la masse montagneuse la plus considérable de toute ITon^ De là descendent à la fois le Rhône et > ffAin, le Tessin et Vïnn, qui sont les branches principales du Pô et du Danube. Si Ton pouvait i trléver à quelques centaines de mètres au-des- 9QS du roi </u Saini'Gothard (2000 mètres) sur U roate de Milan à Lucerne, on verrait en face de toi au nord une vallée étroite et sauvage par o4 la Keitfs, tombant de cascade en cascade, »*écoale dans le lac des Quatre-Cantons ; sur sa fauche, la vaste mor de glace d*où sort VÀar^ qai va arroaer la verte et riante vallée de Hasli, aTiQt de traverser les lacs de Brlenz et de Thun fi siméa des touristes; en avant des glaciers de l'Aar. le col du Grimsel, qui mène de la vallée de BasU au pied du beau glacier du Rhône. U valiée de ce fleuve forme un énorme sillon dirigé i Test-sud-est et semble le prolongement de celle du Rhin antérieur qui descend du Saint- Gothard en sens opposé. En se tournant du côté du sud, on Terrait le val d*Airolo parcouru par le baot Tessin, et à Test le massif glacé de l'Adula XiOO mètres) où naissent les principales branches do Rhin, et enfin à quelques lieues plus loin le «^mmencement de la longue vallée de VEngadmei <yii coule Tlnn.
Les neiges qui tombent dans la région du Saint- GoUiard se dispersent donc du côté de la mer du Nord, de la Méditerranée, de TAdriatique et de la mer Xoire, et ce point appartient, par excellence, à U ligne de partage des eaux de l'Europe, qui lût U haute chaîne depuis le mont Furca à la naissance du Rhône Jusqu'à la Maloia à la naisuoce de llnn.
Cett aussi comme point de rencontre des cols et d^ routes fréquentées que le Saint-Gothard a une grande Importance. La vallée de la Reuss et celle àa Tessin sont parcourues par la route du Saint- Gothard, de Lucerne à Bellinzona, ou d'Allemagne ^n Italie; elles sont maintenant réunies par le 'wiel qui livre passage à la voie ferrée^, de Gôschenen à Airolo. La grande route de Genève à (jniTp remonte la vallée du Rhône, gravit en lacets Ifi flancs du beau glacier qui lui donne naissance, redescend du col de la Furka (2440 mètres) à And^nnattdans la vallée de la Reuss, où elle croise la rcate do Saint-Gothard ; puis, franchissant le col ^ rObercUp, atteint à son origine la vallée du Rhin antérieur qu'elle suit désormais. Nous avons d«]à nommé les passages du Grimsel et du Gries qui ce sont accesi^ibles qu'aux piétons. Dans les Gri- K»i3, te col duLukmanier (1900 mètres), où l'on a Minent parié de construire un chemin do fer, i came de sa faible altitude relative , réunit la rtUée dn Rhin à celle du Tessin. Plus à l'est, à <iQe!qaes lieues en amont de Goire, on trouve à Btichcnaa la réunion des deux branches princi- |»1« do Rhin, le Rhin antérieur venudel'Ober-
alp et le Rhin postérieur descendu du mont Adula. Le long de ce dernier la route de Goire en Lom hardie remonte les imposants défilés de la Via Mala Jusqu'au rillage de SpIQgen, où elle se bifurque pour descendre d'un côté sur le lac Majeur par le passage du San Bemardino (3060 mètres), et de l'autre sur le lac de Côme par le col du Splûgen (2100 mètres).
Le nom général d'Alpes Lépontiennes s'applique au groupe de montagnes comprises entre la route du Simplon et celle du SplOgen.
Les Alpes Bernoises, — Au nord du Rhône et du Rhin se dressent encore de superbes cimes. Entre les vallées de l'Aar et du Rhône, les Alpes Bernoises portent une immense mer de glace que domine leFinsteraarhom (427 S mètres) et où la Jungfrau^ presque aussi élevée, se distingue au loin par le dôme d un blanc immaculé qui lui a valu son nom. Du côté du Rhône, les Alpes Rémoises s'abaissent en pentes escarpées, d'on l'on descend par l'escalier vertigineux de la Gemmi à Louèche, entre Slon et le Simplon. Du côté du nord au contraire, elles offrent une foule de vallées délicieuses oui ont fait la ré-
Sutation de VOberland bernois. La Lfitschine, hi Landcr et la Simme les parcourent et portent à l'Aar le tribut de leurs glaciers et de cascades
âui Jouissent d'une répuution universelle. Penant l'été, des milliers de touristes de toutes langues et de toutes nations se plaisent à contempler le saut hardi du Staubach qui tombe au-dessus de Lauterbrunnen en une blanche nappe poudreuse de 300 mètres de haut, ou les chutes brisées, mais non moins imposantes, du Giessbach dans le lac de Brienz, ou du Reichenbach^ dans la vallée de Hasli, non loin du point où l'Aar forme de sa masse entière la belle cascade de la Handeck. Lacs charmants de Thun et de Brienz, frais ombrages d'/ntertaken, panoramas splendldes de la Jungfrau avec ses avalanches inoffensives, et ses glaciers facilement accessibles, tout se trouve réuni dans ce coin privilégié.
Au nord-est des Alpes Bernoises, entre l'Aar et la ReusSj le pays des forêts d'Underwald est dominéparrUri-Rothstock (2930 mètres) et le mont Titlis (22ô0 mètres) prinapal nœud des Alpes d'Uri.
Au delà de la Reuss, le massif du Tôdi 3620 mètres^ s'élève sur les confins des Grisons, de Glarls et d'Uri. Biais, en avant de ces hautes montagnes, des chaînes secondaires couvrent la plus grande partie de la Suisse jusqu'à l'Aar et au Rhin.
Entre le Rhin, le lac de Constance et celui de Wallenstadt, les Alpes de SalntrGall sont dominées par le Sântis et la montagne des Sept-Electeurs
Iui plonse à pic dans la nappe du ^acieux petit c de Wcdlenstadt^ formé par un ancien sillon qui livrait passage au lUiin entre Ragatz et le lac de Zurich , avant quo le fleuve eût pris la route du lac de Constance. C'est du S&ntis oue descend la TAur, affluent du Rhin an-dessous ae Schaflhouse et qui met en mouvement les usines de l'industrieux pays de Samt-Gall .
De même la LmM, descenaue du Tôdi, fait tourner les roues des manufactures de Glarls avant de tomber dans le lac de Zurich,
Les Alpes de Schwytz^ entre la Linth, les lacs de Zurich et des Quatre-Cantons, sont renommées pour la belle race de bétail qui s'y nourrit ; et celles de l'Emmenthal, entre la Reuss, au-dessous de Lucerne, l'Aar et les lacs de Thun et de Brienz, par la qualité des fromages que l'on y fabrique. Ceux-ci ne sont pas moins recherchés que ceux qui viennent de Gruyères, dans le canton de Fribourg. C'est aux Alpes de Schwytz qu'appartient le Rigi, si fameux par le panorama dont on y Jouit. Les lacs de Lucerne et de Zug en baignent les pieds, et un chemin de fer conduit maintenant au sommet de la montagne les touristes curieux de contempler de là le lever du soleil sur les plus beaux glaciers
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des Alpes on son coucher derrière la ligne bleue du Jura. L*Emme, qui parcourt la vallée du même nom, se Jette dans TAar à Soleure, et la Sarine, la pittoresque rivière de Fribourg, rejoint TAar à quelques lieues en aval de Berne.
Du côté du midi, les Alpes Lépontiennes ont pour contre-fort les Alpes de Lugano, qui envelop-
Sent le lac du même nom et plongent dans ie lac ïajeur et le lac de Came par les pentes déjà couvertes de la chaude végéutlon méridionale.
A partir du col de la MaUna (IkOO mètres) que franchit la route de Chiavenna fChiavenna est en amont du lac de Côme, an pied au col du SplQgen au nord et de la Maloia à Test) à Saint-Maurice de TEngadine, la lisne de partage des eaux quitte la grande chaîne des Alpes pour décrire un jpand demi-cercle qui enveloppe le coude du Rhin à Coire. Au pic Linard^ la chaîne se bifurque : à Touest^ les Alpes Rhëtiennes séparent le canton suisse des Grisons du Voralberg autrichien, avant de finir sur la rive droite du Rhin, en face du lac de Wallonstadt, tandis qu*au nord-est une haute chaîne continue à suivre la rive gauche de Tlnn, en projetant au nord des rameaux qui couvrent tout le Vorarlberg et la Bavière méridionale. C*est de ces montagnes, connues sous le nom d* Alpes d'AUgau, que sortent 17//^, qui sert de limite politique entre le Wurtemberg et la Bavière, le Lech oui arrose Augsbourg, Vlsar qui passe à Munich, rivières oui forment toutes au débouché des montagnea aes lacs charmants.
Alpes Rhétiques. ^ Elles s'étendent sur une longueur de ÛO kilomètres, depuis la source de rinn josqu*à celles de la Drave et de TAdige. Leur crèto forme d'abord la limite entre les Grisons suisses et la Valteline italienne, que parcourt VAdda^ puis entre les deux parties du Tyrol, où Ton parle italien du côté du sud, et allemand sur le versant nord. Le premier massif important est celui du Bemina (4000 mètres), à Test auquel une route de même nom (2300 mètres) fait communiquer l'Engadine et la Valteline.
Au fond de la Valteline, la route du Stelvio (2800 mètres) conduit dans la haute vallée de TAdige, d'où une route ramène dans TEngadine par le bas col de Rechen (1450 mètres). La route du Stelvio, conduisant de Milan àlnnsbruck et à Vienne, avait la plus grande importance pour les Autrichiens, ouand ils étaient maîtres de la Lombardle. Au delà du col de Rechen commence le haut massif de VCEtzthcd, d*où VAdige s'écoule au sud et d*où d'autres torrents moins importants vont grossir l'Inn, au nord. Entre la Valteline et la rive droite de l'Adige, trois hauts massifs s'étagent du nord au sud-ouest. VOrtles^ couvert de glaciers, dresse sa magnifique pyramide (SôOO mètres) immédiatement au sud du passage du Stelvio; puis au delà du passage du Tonal (2000 mètres) que suit la route de Milan à Trente, le beau massif de VAdamello (3666 mètres) donne naissance à VOgliOy qui forme le lac d'Iseo, et à la Chiése^ qui alimente le lac d*Idro, avant de s'unir au P6. Enfin, à l'ouest, entre l'Oglio et la Valteline, la Redoru couvre de ramifications nombreuses tout le pays de Bergame.
Si l'on quitte la vallée de FAdige, à Botzen, pour remonter directement au nord, on trouve le passage du Brenner (1420 mètres), où passent à la fois la route et le chemin de fer de Vérone à Innshruck. Enfin, au pic des Trois-Seigneurs (3085 mètres], qui se trouve au milieu de la chaîne des Hohe T<mem, sur le méridien de Venise, finissent les Alpes Rhétiaues et commencent trois autres chaînes principales.
Alpes Noriques et voisines. -^ Au nord, les Alpes de Salzbourg couvrent le pays, entre l'Inn et l'Ënns, de gracieuses montagnes boisées, où les eaux se réunissent dans des lacs pittoresques, et I
dont les principales rivières sont la Salzach et la Traun. La première arrose Salzbourg et forme U limite entre la Bavière et l'Autriche. La seconde tombe dans le Danube à Lintz.
Au centre, les Alpes Noriques (ainsi nommées du nom ancien de U contrée qu'elles occupent dressent entre TEnns et la Drave naissante réoorroe massif des Tauern, on l'on distingue le Gretnd Sonneur (Gross Glockner), la plus haute âme de l'Autriche (3800 mètres). La chaîne se continue entre la Mur, la plus unportante rivière de la Styrie, qui arrose Uraetx, et VEnns ; puis, s'abaissant au col du Semmerino pour lusser passer le chemin de fer de Vienne à Triestc, elle Tient finir sur les bords du lac Neusiedel, tandis qa*au nord ses ramifications couvrent toute la Basse^Autricfae et forcent le Danube à faire mille détours entre Linu et Vienne par les obstacles qu^ellea opposent à son cours.
Alpes Comiques. — Du pic des Trois-Seigneurs se détachent encore vers le sud les Alpes Carniques, qui enveloppent la Vénétîe d*un vaste demi-cercle. Presque à leur point d'oriçine, elles offrent un col assez bas, celui de Toblach (1225 mètres), où passe la route de Trente à Vienne. A l'ouest et à rest du col, les vallées, qui descendent d'un c6té vers l'Adige et de Tantre vers la Drave, sont assez peu rapides pour qu'on ait donné à leur ensemble un nom unique, le Posterthal, comme si leurs eaux coulant en sens inverse ne formaient qu'une seule et même rivière.
Les Alpes Camiques descendent au snd jusqu'à Vérone, le long de l'Adige, qu'elles empêchent ainsi pendant longtemps de prends sa course définitive à l'est, vers la mer Adriatique. Du côté du sud, elles donnent naissance à la Brenta, qui arrose Padoue, avant de finir dans les lagunes de Venise, à la Piave, qui arrose Bellune, wiTagliamento, fameux par le passage de Bonaparte avant le traité de Campo Formio, et à r/«onxo, qui arrose Goritz. Au nord et près de la source de ce dernier fleuve, les Alpes Camiques donnent passage, an co/ de Tarvis (800 mètres), à l'importante route de Trieste à Vienne, puis elles viennent finir sur les confins du Frioul, de la Carinthie et de la Gamiole. au mont Terglou (2860 mètres), limite commune des trois nationalités distinctes, italienne, allemande et slavonne.
.D'un développement total de |80 kilcm!.ares, les Alpes Camiques ont leurs cimes les plus élevées dans la section plus spécialement nommée Alpes CadoriaueSy entre l'Adige, la Piave et la Brenta, où' la Marmolata atteint 3500 mètres.
Alpes Miennes et voisines, — A l'est du mont Terglou, les Alpes d'Esclawmie ou Karawanka séparent la Carniole au sud de la Carinthie au nord, et s'étalent entre la Drave et la Save. Au sud du Terglou, les Alpes Juliennes dressent au nord-est de Trieste, entre la péninsule d'Istrie et la Carniole, le plateau dénudé du Carst^ dont le sol calcaire laisse échapper Teaupar mille fissures, puis finissent au mont Bittoray, à l'est du golfe de Quamero, près de la route de Fiume à Agram.
Là s'arrête la vraie chaîne des Alpes, bien qu*on appelle encore Alpes Dinariques des montages qui se prolongent à travers la Croatie dans la pé* ninsule des Balkans. [G. Bleissas.J
Ouvras ep à eonsaller. — De Saussure, Voyage dans Ui Alpei. — Tschiidl, Le monde des Alpes. Bâl<», t870. — Whymper, Escaladée dans les Alpes. Traduction d\4d. Joanne. — Dupaigne, Les numtagnes. — Toeppfer, Voyages en Miff'Mog ou Exe¥rsions d'un pensionnat en vacances en Suisse et sur le revers méridional des Alpes. — Zurcber et Uargollé, Les ascension* célèbres. — Rambert, Les Atact suisses. — Durier, Le Af ont- Blanc. — Annuaire du Club alpin français. — LcTasscur, La France, p. 18-46. On Iroutera de très-nombreux sujets de lectures et de dictées intéressantes dans tous ees ouTrages, notamment dans Tscfaudi, Tœppfer et RambeK.
AMÉRIQUE
AMÉRIQUE
AVÊllO^^'E. — Géographie générale, III et IV. -. \Etfm. : du nom du navigateur Florentin Améric Vfspace, dont les relations furent les premières àpopibriser en Europe la découverte du nouveaunsode . — V. Découvertes.