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LEÇON ET DÉVELOPPEMENTS A UUSA6E DES MAITRES

▲nalsnie granmiatioale. — L'analyse grammaticale proprement dite suppose d'abord une bonne classification des parties du discours (V. l'exposé de cette question à l'article Parties du discours). Les instituteurs peuvent à cet éeard s'en rapporter aux manuels de grammaire quils ont entre les mains, sans attacher une bien grande importance aux différences de détail qui les séparent sur quelques points.

Dans la cours élémentaire^ les exercices d'ana- Ijrse grammaticale seront exclusivement des exercices oraux; dans le cours moyen, on en écrira les données principales pour servir d'exercices au tableau noir: on habituera peu à peu les élèves à les reprodohre, d'abord séance tenante sur Tardoise, puis sur leurs cahiers, et enfin ils pourront, dans le cours supérieur surtout, les rédiger par eux-mêmes, comme exercices de révision accom-

{)agnant le cours de grammaire. (V. Analyse, dans a !'• Partie.)

Noos avons déjà dit ailleurs, mais nous ne saurions trop redire que, si Ton ne peut proscrire absolument les exercices écrits, il faut les restreindre le plus possible, les réserver presque exclusivement pour les exercices de concours ou de récapitulation, et, quand on y a recours dans les classes ordinaires, les animer, les varier sans cesse en y joignant de nombreux exercices oraux et des questions ayant trait à l'analyse grammaticale, logique, étymologique, littéraire même.

Suivant la force des élèves, et suivant l'objet spécial que se proposera le maître, ces exercices

Prendront des formes très -diverses. Au début, analyse sera presque toujours une analyse partielle, c'est-itdire qu'elle ne s'appliquera qu'à distinguer dans une phrase ou un ensemble de phrases tel ou tel élément, telle ou telle espèce de mots : nom, adjectif, verbe, adverbe, etc., soit que Ton se borne à la simple indication de l'espèce, soit qu'on y ajoute, pour les mots rariables, celle des circonstances qui les font varier; soit encore qu'on veuille faire apercevoir aux élèves plusieurs mots de différentes espèces avec le rapport qui les unit, les noms avec leurs qualificatifs, les verbes avec leurs compléments, les prépositions et les termes qu'elles rattachent, etc. Plus tard, l'analyse deviendra générale, et l'on prendra successivement, pour s'en rendre compte, tous les termes d'une phrase, soit dans l'ordre où la phrase les donne, soit en rétablissant, s'il y a lieu, l'ordre logique.

Dans tous les cas, remarquons-le bien, un exer^ cice d'analyse grammaticale n'est véritablement complet que lorsqu'il joint à l'étude de l'espèce des mots celle de leur fonction dans la phrase où ils sont placés. Si j'ai à analyser : J'aime mon père, qu'importe que je sache que je est un pronom ; aime, un verbe; mcn, un déterminatif, et père ^ un nom, si Je ne sais qu'il y a des rapports entre tous ces mots et quels sont ces rapports ; que je est le sujet de aime et lui fait la loi tant au point de vue du sens qu'au point de vue de l'orthographe -, que fère complète Tidée exprimée par le verbe aime et la complète directement, c'est-à-dire sans l'addition d'aucun rapport intermédiaire ; que c'est le nom père que détermine le possessif mon ? Ainsi l'analyse grammaticale, pour être complète et rai-

ANALYSE

ANALYSE

sonnée, rédame le Moonn des premiers éléments de rinalyse logique, c'est-à-dire la comiaissance comouire des termes constitutifs de la proposition limple.

Aossi troaYonâ-nons aussi judicieux que simple k programme spécial pour Tétndede Tanalyse dans les écoles primaires qu*a publié récemment le Département d*édacation en Angleterre. C'est un tableau indiquant le niyeau des connaissances ezisrêps dans chaque branche aux examens de fin d année de récole prioiaire. Chaque degré ou standvd donne lieu à un certificat correspondant :

1^ Standard. L'analyse ne figure pas encore.

r. Indiquer les substantifs dans un passage lu par rélère.

I*. Indiquer les substantifs, les verbes et les adjectifs.

4*. Faire l'analyse grammaticale d'une proposition simple.

h'. Faire l'analyse sranunaticale et logique d'une proposition simple.

S*. Faire l'analyse grammaticale et logique d'une proposition complexe.

Analyse logique. ~ L'analyse logique, soit qu'on k considère comme le complément de l'analyse inmmaticale, soit, ce qui est plus juste, qu'on y voie le principe môme et le fondement de cette uulyte, repose tout entière sur une étude de la ffopontion * et de l'union des propositions. (Pour ht élémeuts de cette étude, V. l'article Syntœ.)

Idtet questions de théorie et de nomenclature MBtpKu importantes et plus controversées que nov finalyse grammaticale. Nous ne saurions trop loàster auprès des maîtres pour leur recommander la recherche de la plus grande simplicité possible. HoJos ils emploieront de termes techniques et de sabdirisions délicates, plus ils seront près du bat.

S'il s'agit d'une proposition isolée, qu'on nomme co général absotue^ ou d'une proposition que l'on omsidère momentanément comme isolée, on s'attachera surtout à faire reconnaître et distinguer, dans h variété des constructions, les termes essentiels et les termes accessoires : sujet, verbe, attribut d'une part, et de l'autre, compléments. Au lieu de en qu'un sujet est multiple, par exemple, dites que la proposition a deux, trois sujets ; de même poor les attributs. Si le sujet ou l'attribut sont timpUs, c'est-à-dire s'ils n'ont point de compléments, n'en parlez pas et passez. Au lieu de dire Îae le sujet, que l'attribut est complexe, énoncez e snite, après le terme, ses compléments, et, s'il f en a de plusieurs sortes, distinguez-les. Si le tajet, si l'attribnt n'ont pomt de compléments, à quoi bon me dire qu'Us sont incomplexes? ne le Toit^n pas bien sans ce mot? Si vous avez affaire à on Terbe attribuUf, c'est-à-dire si l'attribut est contenu dans le verbe, qu'il vous suffise d'avoir fait comprendre une fois pour toutes ce que c'est qn'nn verbe attributif; ne décomposez plus, ne mtes pts : Je vous aime, c'estrà-dire : je tuis aiwnt vous, dconlocution inutile et même fausse, toonnre barbare tout ou moins, que jamais oreille française n'a supportée. Ne compliquez pas non plus votre classification des compléments : c'est bien assez de distinguer ceux qui sont indispensables : complément direct^ complément indirect, complément cireonstanciel, suivant les cas, pour les verbes attributifs; complément déterminatif ei complément explicatif povx les mots qui, n'étant pas des verbes, peuvent avoir des compléments (noms, adjectifs, adverbes).

La distinction des diverses espèces de proposions et de leurs rapports doit aussi rester dans les

'^'^'^ d'un examen sommaire. Il suffit, la plupart

du temps, de faire voir si les propositions sont dépendantes ou non les unes des autres. Si elles sont indépendantes^ ce sont des propositions coordon^ nées (elles ne sont pas rattachées par un terme impliquant la suboroination) ; si l'une de ces propositions domine les autres, qui n'existeraient pas ou ne se comprendraient pas sans elle, celle-ci est la principale, les autres sont les subordonnées, que l'on nomme incidentes ou relatives quand elles commencent par un pronom relatif ou un adverbe conjonctif. (V. Syntaxe,)

Quanta la marche pratique des exercices, mômes recommandations que pour l'analyse grammaticale. C'est de vive voix et devant le tableau noir que devront* se faire la plupart des exercices d'analyse logique, qui seront gradués au fur et à mesure que le développement des leçons de grammaire apportera des notions et aussi dos difficultés nouvelles. L'exercice syntaxique sera, en quelque sorte, l'exemple à l'appui, le thème d'application de chaque partie ou au moins des parties principales de ce développement. Le livre de grammaire, le maître, mieux encore les élèves eux-mômes, en fourniront les éléments ; et les exercices écrits donnés comme devoirs pourront se réduire à un assez petit nombre, même dans le cours supérieur des écoles primaires, même dans l'écolo normale.

Analyse étymologique. ~~ Nous n'avons que peu à dire sur ce dernier point, qui sera traité ailleurs d'une façon plus développée. (V. l'article Êtymo* logie.) Les exercices d'analyse ét3rmologique n'ont pas, à la rigueur, besoin d'une place spéciale dans les exerdces de l'école. C'est la lecture, c'est la dictée qui y donnera lieu, le maître ayant sohi de graduer ces exercices d'après la force des élèves : par exemple, de ne proposer aux plus jeunes élèves q^ue l'étude de radicaux simples, sans permutations, ou dont les permutations soient faciles à saisir, de suffixes et de préfixes dont le sens soit bien clair. Ainsi, la famille du radical mont est une de celles dont l'enfant apercevra facilement, les membres, parceque le radical mont s'y trouve toujours dans toute son intégrité : monter, promon' toire, monticule, montagnard, etc. Il comprendrait, à coup sûr, moins aisément, comment suspicion et inspecteur appartiennent à une même famnle. C'est par degrés seulement que l'analyse étymologique

{>ouiTa se compléter, sans jamais être poussée trop oin : le maître lui-môme risquerait souvent de s'égarer.

Dans le cours supérieur, une étude succincte des suffixes et des préfixes classés analogiquement ne serait pas inutile. Dans les écoles normales, l'ana* lyse ét3rmologique ira jusqu'à rechercher les principaux mots-racines venant du grec et du latin, et formant dans notre langue, les uns des familles de mots usuels, les autres des termes techniques et scientifiques. Mais tous ces exercices ne doivent être pratiqués qu'avec réserve et sous la direction de maîtres aoht le savoir soit sûr et l'expérience consommée* [Ch. Defodon.]

Analsrse granunatioale oomplètée par dea ezeroioea de synthèse. — A chaque exercice d'analyse grammaticale, logique, ét3rmologique, soit partielle soit générale, doit correspondre, dans une classe bien dirigée, un exercice en sens inverse, c'est-à-dire tine synthèse faisant faire à l'esprit un travail de recomposition qui est à la fois le complément et le correctif de celui qu'il a accompli pour décomposer la phrase. Ainsi marchent de front les deux opérations parallèles. Exemple :

Analyse.

Analyser les adjectifs dans un morceau dicté.

Dire à quel genre et quel nombre sont tels mots donnés.

Synthèse.

Faire une phrase où entrent ces adjectifs.

Uettre à tel gpnrc et tel nombre les mots donnes.

ANALYSE

ANALYSE

Analyse.

'Dire à quel mot se rapporte

tel autre, comme sujet,

comme attribut , comme

complément.

Indiquer d*où dérhent tela

mots.

Décompoier telle phrase en

propositions.

■Dire quelle est la natni* de

telle proposition, etc.

Synthèse,

loTenter an sujet, un attribut, un complément convenable pour teminer une phrate commencée.

Chercher des mots dériTés de tel primitif.

Lier en une seule phrase plusieurs propositions données.

Faire diuTention, avec des éléments donnés, une proposition de telle natora, etc.

Cette auestion, très-importante dans la pratique scolaire, au parallélisme constant des exercices analytiques et des exercices synthétiques^ est traitée, avec les exemples à l'appui, au mot Exercices grammaticaux, — y. aussi Construction grammaticale,

OuTrages à oonsnlter pour oes axtroloes. — Traité d'analyu logique et gratnmatieaU, de B. Jullien. — Exereieei a'onoZyte, par Bonneau.

Let prineipalei étjfmoCagiêi de ta tangue françaite, par •B. Julnen. — Lexieolooie françaieet par Saraou.

Analyse grammatieate raieonnée, par Bonnean ; -~ L'Amalyse logique dégagée de eee entravée, par Bonnean et Lnean.

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