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ANIMAUX NUISIBLES

est extrènie. Le sa?ant Darwin a pu obtenir des Tiriétés indéfiniment multipliées de pigeorts, a*éloignaDt en sens divei'gents du tjrpe premier, et qui finissaient par devenir tellement différentes entre elles qa*à ^œil on eût cru voir des oiseaux d'espèces tout à fait distinctes. — Mais quoi ? vous avez sous les yeux Texemple extrôme de la variabilité des races domestiques. Tout le monde reconnaît on chien, n'estrce pas? personne ne le confond avec un loup ou un renard, espèces voisines. Eh bien, voulez-vous me faire la description d'un diien, dire ce qui caractérise et distingue Tespèce ? Cherchez bien. — Tout à coup, vous pensez au ^oflie énorme et au minuscule carlin, au mince et haut lévrier à poil ras, au massif bouledogue, «a terrier bas sur pattes, au caniche laineux... Apercevez-vous un caractère qui soit commun à tons, et n'appartienne pas aux espèces voisines du loup et du renard ?

lîes naturalistes ne sont pas moins embarrassés que vous ; et savez-vous ce qu'ils ont trouvé? J'ose i peine vous le dire, de peur d avoir l'air de manquer de sérieux. .. la queue portée en trompette I — Hais trouvez donc autre ohose, Je vous priel — Je uis bien que l'origine de nos chiens domestiques doit être attribuée à plusieurs variétés sauvages diitinctes ; mais la part faite à cette cause, il reste encore énormément à rapporter à l'influence de la domestication. Remarquons enfin que dans beaucoup de cas la domestication s'est compiiauée des difficnltés de V acclimatation*, cause spéciale de modification et de dégénérescence. (V. Ane, Chetoi.)

Il y a des degrés dans la domesticité. Ainsi certiJses races ae bestiaux qui vivent par grands troupeaux errants dans les steppes touraniennes sont réellement à demi-sauvages ; ou peut citer àxa& le même ordre d'idées les buffles à demi domptés utilisés en Iulie, les chevaux errants de U dmargue. Abandonnées à elles-mêmes, rendues à la liberté, les races domestiques retournent à la vie sauvage: les animaux qui subissent cette Mution régressive, ce retour plus ou moins com-

!>let à l'état primitif, sont dits marrons. Tels sont et chevaux libres des plaines de l'Amérique du Snd, importés domestiques de TEurope, sur un continent où l'espèce n existait pas, abandonnés, rereniis à la vie errante des prairies, et désormais naturalisés à l'état sauvage; tels sont les chiens merrons qui vivent par troupes en certaines réfions du même continent et de l'Afrique. A l'autre extrémité de la série nous voyons des espèces tellement modifiées par l'esclavage qu'elles ne «mbient plus capables de subsister sans la protection humaine : tels nos moutons, bonnes bêtes donces et stupldes, incapables de se défendre, et qui ont maintenant plus besoin de nous que nous nirons besoin d'eux. Plus transformés encore sont ie chit et le diien, qui vivant dans nos demeures urbaines, tout près de nous, partageant notre réfime et se pliant à nos habitudes, reflètent Je ne sait ooiDment en leurs mœurs et leur physionomie quelque chose des mœurs et du caractère môme de \vu% naaitres, et nous offrant le curieux spectacle d' c animaux drilisés. »

V. Paoesis a faibb dans la dovestication. — II wnu reste d'importants progrès à accomplir dans l'sime de la domestication : conquérir de nouvelles espèces, améliorer celles que nous possédons déjà. Us espèces nouvelles que la science propose d acquérir sont surtout des espèces étrangères, ^core UQvages ou déjà domestiquées en d'autres nagions : quoi qu'il en soit, la question d'acclimatation prime et domine ici la question de domestication, les plus importantes acquisitions seraient «lie» de la chiure au Tibet, du lama, de la vigogne, ^^ M»" -(animal de boucherie); peut-être» pour le Auii de la France, du chamettu ; pour l'Algérie du

casoar ou du nandou, sinon de l'autruche, à demi domestiquée déjà vers le Cap. Parmi les espèces indigènes deux surtout mériteraient notre attention : la loutre, qui, quand nous le voudrons, nous donnera, comme dit Toussenel, l'équivalent précieux d'un chien de pèche qui nous manque ; la cigogne, à laquelle on pourrait sans doute demander quelque chose de semblable aux services que rend l'agami.

Au point de vue de la production de la force motrice, il est une importante remarque sur laquelle nous devons revenir et insister. En domestiquant le bœuf, le cheval, l'âne, l'homme a surtout eu pour but de se décharger sur un être inférieur d'un travail pénible ; quand le cheval, l'âne, tournèrent la meule à la place de la femme ou de l'esclave, puisèrent l'eau d'arrosement à l'aide d'une noria, etc., ce fut un grand progrès. Puis le génie humain s'adressa aux forces brutes de la nature, et ce fut Teau, ce fut le vent, enfin le feu, qui fournirent la dépense de force nécessaire à la mise en mouvement des outils du travail, et l'animal, à son tour, fut déchargé d'autant. De plus en plus celui-ci perd de son importance en tant que simple moteur i de plus en plus il doit être réservé pour les travaux aans lesquels Uintervention de son intelligence et de son instinct sont une nécessité et par conséquent constituent une valeur. En somme, avec le progrès <?9 l'industrie, l'avenir demandera de moins en moins à l'animal sous le rapport matériel (la question de l'alimentation et des produits secondaires étant réservée), de plus en plus elle devra demander sous le rapport de l'in telligence et de l'instinct ; le senriteur de l'homme sera de moins en moins sa machine, de plus en plus son compagnon. La conclusion est donc que nous devons tenter de perfectionner l'animal auxiliaire surtout au point de vue de l'instinct et de l'intelligence, afin de pouvoir lui confier certaines fonctions hiférieures au travail qui pèsent encoro sur l'homme, tandis que ses fonctions inférieures actuelles, à lui animal, ses fonctions purement mécaniques tomberont dans le domaine ae la machine. Or, sous ce rapport, nous sommes bien loin de ce qui pourrait être obtenu. Nous savons tout ce

3u'on parvient à faire exécuter, par exemple, à es chiens savants, qui Jouent aux cartes, au damier, etc. Quoiqu'une telle éducation, anormale en ce qu'elle procède sans tenir aucun compte des tendances naturelles de l'être ou plutôt justement en opposition avec elles, soit une véritable déviation, quelque vains que soient de pareils résultats, ces faits du moins etd'autressemblables ont pour avantage de nous faire pressentir ce qu'il serait possible d'obtenir de l'intelligence de l'animal au moyen d'un système rationnel d'éducation dirieé vers un but utile. Qui sait, pour finir par une visée lointaine qui n'est peut-être pas une utopie, qui sait quels services l'homme pourrait attendre, dans l'avenir, d'un animal supérieur tel qu'un singe anthropomorphe, que Je suppose rendu domestique, très-développé dans son intelligence et profondément modifié dans ses instincts par une éducation et une sélection scientifiouement conduites pendant une assez longue série de générations successives ? rc. Delon. 1

ANIMAUX NUISIBLES. — Zoologie, V: Agriculture, XXL — Il n'y a rien d'absolu dans la définition de ces mots animaux nuisibles, ont' maux utiles, qui ne doivent être pris que dans le sens d'une plus grande somme ou de méfaits ou de services et qui ont souvent une signification locale. Les exemples vulgaires, pris dans tous les groupes d'animaux, expliqueront parfaitement cetts pensée. Certains gibiers nous offrent des espèces utiles pour l'alimentation, comme les antilopes, si id)ondantes dans l'Afrique australe, les cerls et les chevreuils de nos bois, les lapina de garenne.

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