ANNÉE
flyrphefl), et d^antres diptères (mouches des cida- ▼res, mouches stercoraires^ contribuent jpuissamment à la salubrité atmosphérique. Quelques myriapodes et les arachnides, sauf les acariens, comptent parmi les carnassiers auxiliaires.
2* Animaux alimentaires, — Une grande ]>artic de DOS animaux domestiques, les gibiers à poils et k plames, enfin un très grand nombre des poissons de mer et des eaux douces serrent à notre alimenution. Parmi les articulés il faut compter certains crustacés décapodes (écrevisse, homard, langouste, crevette), les escargots dans les mollusques gastéropodes, les huîtres et les moules et quelques autres espèces moins importantes dans les mollusques acéphales, enfin quelques rayonnes (holothurî-is, oursins).
3* Animaux industriels, — On peut réunir sous ce nom tous ceux dont nous retirons des produits Taries, prorenant de diverses sécrétions ou de la peau, des poils, des plumes, des cornes, des sabots, des viscères internes, etc. Tels sont tous les animaux domestiques, certains animaux apprivoisés ou captifs, comme la civette pour son musc, des gibiers ou des animaux sauvages, souvent nuisibles, recherchés pour leurs fourrures ou leurs plumages, etc. Parmi les insectes se rangent, à ce point de vue, les abeilles, les mélipones et trigones et les vers à soie de divers pays, appartenant tous aux bombyces (lépidoptères), les insectes vésicants (coléoptères des genres cantharide, mylabre, méioé), les insectes tinctoriaux qui sont les cynlps de la noix de galle (hyménoptères), la cochenille du nopal et la cochenille silvestre et divers kermès européens, peu employés maintenant, des insectes à séôétions cireuses manches, utilisées en Chine et dans r Amérique du Sud, ou à gomme-laque des Iodes-Orientales, tous ces insectes appartenant aux bémtptères-homoptères.
Les annélides nous présentent une espèce utilisée es thérapeutique, la sangsue officinale; Tembranebement des mollusques, diverses espèces recherchées pour leurs coquilles élégantes ou nacrées (oantiles, ormées, volutes, cônes) ou leurs perles •'hnitres et moules perlières) ; celui des rayonnes les polypes du corail ; celui des spongiaires, les éponges usures, pèchées principalement dans TAdriatiqae et dans la Méditerranée, sur les côtes de laTunitie et de la Syrie. [Maurice Glrard.l
A?i?îÊB. — Cosmographie, III. — Donner à des enfants une définition bien claire et en même temps bien prédse de cette période, qui, comme le Jour, forme une division naturelle du temps, est ehose plus difficile qu'on ne pense. Comme toutes les questions qui touchent au calendrier *f celle-ci, pour être traitée complètement et à fond, exigerait des connaissances astronomiques très-étendues, et une érudition assez rare. Mais en procédant méthodiquement par une série d^explications graduées, on peut arriver à faire comprendre aux Jeunes intelligences de nos écoles primaires la matière de ce chapitre intéressant a'un cours de cosmographie. Voici comment.
Nous partirions d'abord des notions vulgaires, et des phénomènes apparents dont la succession, la périodicité est déjà parfaitement connue d'un enfant de dix à donxe ou quinze ans. Les diverses saisons, printemps, été, automne et hiver se distinguent dans les divers climats par certains changements dus la longueur des Journées et des nuits, dans l6 degré de la chaleur et du froid et dans la végétation. Le retour de ces changements successifs, plus ou moins réguliers et plus ou moins tranchés, maraue Fachèvement de la période d'une année, qoe l'expérience apprend d'aUleure avoir une durée de 965 Jours, quelquefois de 366.
Vaintenant deux laits corrélatifs que chacun peut observer vont préciser cette première notion. I^ premier est l'inégalité de durée du Jour et de la
nuit dans les saisons successives pour un môme lieu de la terre. Au début du printemps, le soleil reste levé pendant environ 12 heures et reste couché le mémo temps ; et la même chose arrive au début de l'automne ; le Jour est égal à la nuit à chacune de ces deux époques : c'est le moment des équinoxes. Entre l'cqurnoxe du printemps et celui d'automne, le soleil (dans tout 1 hémisplière nord) est plus longtemps au-dessus de l'horizon qu'audessous ; il se lève plus au nord, se couche plus au nord aussi ; il décrit un plus grand cercle, ou, si l'on veut, monte à midi à une plus grande hauteur sur l'horizon ; le contraire arrive, de Téquinoxo d'automne à l'équinoxc du printemps. Le solstice d'été correspond au plus long Jour et à la nuit la plus courte, à la plus grande hauteur méridienne du soleil ; le solstice dfhiver au jour le plus court, à la nuit la plus longue ou au plus grand abaissement du soleil à midi. Ces deux faits d'observation, qu'on peut repdre sensibles aux enfants, précisent la durée de l'année ; elle se mesure par le nombre de Jours écoulés, soit entre deux équinoxes, soit entre deux solstices de même nom.
On peut encore prendre pour point de départ le mouvement apparent qui, dans le cours des saisons, fait défiler successivement toutes les constellations devant nos yeux. Considérant, par exemple, à un Jour et à une heure donnée, la position d'une étoile au méridien, d'Arcturus ie suppose, il est aisé de constater qu'à la même heure les Jours suivants elle sera de plus en plus occidentale, et que des étoiles plus orientales auront pris sa place. Le ciel change ainsi d'aspect de Jour en Jour, ou de nuit en nuit; et, pour se retrçuver semblable à la même heure et au mémo lieu. Il faut qu'une année, environ 365 Jours, se soit écoulée.
Jusque-là, il est vrai, la notion de l'année, si elle se lie à des faits bien définis, reste encore vague dans sa propre définition ; et, d'ailleurs, l'élève qui les aura bien saisis, n'en comprendra point encore la raison, c'est-à-dire le rapport qui lie ces phénomènes à la période de l'année même, la cause de cette période même. N'ayant eu égard qu'aux apparences, il serait porté à attribuer aux mouvemenu du soleil ou du ciel ce qui est le fait du mouvement de la terre. Arrive donc maintenant le moment de donner l'explication des phénomènes énumérés, par la translation ou la circulation annuelle de la terre autour du soleil.
Pour un premier de^é d'initiation à ces notions, on se contentera de faire voir que la terre est un astre, une étoile ou plutôt une planète ; qu'elle est douée d'un double mouvement, d'une part tournant ou pivotant sur elle-même autour d'un de ses diamètres (de son axe ou ligne des pôles) en un Jour; d'autre part décrivant en un an, autour du soleil, une courbe de forme elliptique, dont le plan forme avec le plan de l'équateur de la terre un angle constant, angle auquel on donne le nom d'obliquité de Vécliptique,
Alors riendra naturellement l'explication de la différence entre la durée du jour ndéral, qui est celle de la rotation du globe sur son axe, et la durée du jour solaire, intervalle qui s'écoule entre deux passages consécutifs du soleil au méridien. Les Jours solaires étant inégaux, on a dû prendre une moyenne entre les plus longs et les plus courts dans la suite d'une année ; de là le /ot<r moyen.
Enfin, viendront les définitions :
1* De Vannée sidérale ; supposons une ligne droite ou rayon vecteur. Joignant le centre de la terre au centre du soleil, prolongée d'un côté ou d'autre Jusqu'à la voûte céleste, et rencontrant, à un instant donné, une étoile. La terre rirculant autour du soleil, le rayon vecteur parcourra successivement tous los points d'un grand cercle dont ie plan est celui de récliptique. Quand ce rayon aura fait le tour entier du ciol et sera revenu coin-
ANNELÉS
ANNÉLIDES
cider avec l*éto{le du point de départ, il se sera écoulé une année, une année sidérale, dont la durée est de 365 Jours moyens 6 heures 9 minutes 10 secondes!.
2" De Vannée tropique ; supposons que notre point de départ soit celui de l'équinoie, qui a lieu quand le plan de Téauateur terrestre passe prédscment par le centre au soleil. Après une révolution qui ramènera cette coïncidence, il se sera écoulé une année, mais une année tropique, dont la durée est de 365 Jours moyens 5 heures 48 minutes 47 secondes 52. L'année tropique est donc moins longue que Tannée sidérale de 20 minutes 23 secondes environ, c'est à-dire que le retour de la terre, ou de son rayon vecteur à la même étoile est un peu
Elus long que son retour au même équinoxe. C'est ) phénomène connu depuis 2,000 ans (Hipparque) sous le nom de précession des équinoxes,
3" De Vannée anomalistique, qui s'entend du retour de la terl>e au môme point de son orbite, par exemple de Tintervalle compris entre deux passages consécutifs de notre planète à son périhélie. La durée de cette période est, en moyenne, de 365 Jours moyens, 6 heures 13 minutes 33 sec. 74, plus grande de 24 minutes 45 sec. environ que Tannée tropique.
C'est Tannée tropique qui correspond exactement à la succession dos saisons astronomiques, et c'est la raison qui Ta fait prendre pour base de la mesure du temps civil ; dès lors, le professeur pourra se borner à la définir, au moins dans un premier exposé. L*année civile est formée, comme on sait, do 365 Jours entiers, et Texcédant négligé forme, tous les quatre ans, une année bissextile. Ici se placera donc l'explication des réformes du calendrier, s'il y a lieu, c'est-à-dire si les connaissances de Télève permettent au maître d'entrer dans les détails convenables.
Il est bien évident pour nous que les diverses définitions de Tannée que nous venons de donner, ne pourront être utilement présentées ni clairement expliquées à la majorité des élèves ; en tout cas il importe que le maître fasse pour lui-même ces distinctions, afin de ne leur inculquer que des notions justes. li lui suffira de définir Tannée tropique, le retour de la terre aux équinoxes, d'expliquer la succession des saisons et les durées inégales des Jours et des nuits par les mouvements
combinés de rotation et do translation du globe, par l'inclinaison et le parallélisme constant de son axe dans le cours d'une révolution.
Ces trois notions du Jour sidéral, du jour solaire et de Tannée tropique, convenablement développées» forment, en définitive, la substance de presque tout le cours de cosmographie en ce qui concerne le système planétaire.
Nons avons cru devoir insister sur la eradation à suivre dans la série des notions qui amènent les enfants à comprendre ce qu'est Tannée, ce que sont les i^aisons et quelle est la cause de ces phénomènes ; il importe surtout de les faire observer eux-mômes, de les provoquer à réfléchir sur les faits dont on peut los rendre témoins chaque Jour. Mais il sera bon aussi de s'aider du secours des expériences très simples qu'on peut faire avec un globe, avec une simple boule, qui représentera la terre, et qu'on fera tourner sur son axe en face d'une lampe, qu'on fera circuler ensuite autour d'une table ronde pour simuler la translation annuelle. Rien n'est propre comme ces simples et faciles expériences à graver dans la mémoire des enfants le rapport des faits et de leurs causes.
[Â. Guillemin.]
ANNELES. — Zoologie, XXIU. - (Etym, : formé d'anneaux.)— Dans les classifications zoologiques les plus usitées en Franco, on donne ce nom au second embranchement du règne animal. 11 se compose d'animaux formés d'une succession d'an- '
neaux ou zoonites, et dont le type idéal serait un» série d'anneaux soudés longitudinalement, tous pareils et pourvus chacun des organes de nutrition, de reproduction, de locomotion et de relation. En réalité, les anneaux se difl'érencient les un& des autres, et d'autant plus que TAnnelô est plus élevé. Le plus généralement le système nerveux principal, situé de part et d'autre du tube digestif, se compose, du côté dorsal, d'un cerveau forme de deux ganglions plus ou moins soudés, d'où part un collier nerveux entourant Tœsophage et rejoignant en dessous, du côté ventral, une double chaîne nerveuse ganfflionnée, à deux ganglions par anneau, ceux-ci présentant des soudures variables dans le sens longitudinal et dans le sens transversal.
Les Annelés ont été divisés en deux sous-embnnehements, celui des articulés * ou artfuropoddrts (chez lesquels les appendices sont articules) et les vers * (offrant des appendices non arUculés quand ils existent), subdivisés en annéiides * et helminthes *. Nous n'avons pas à examiner le mérite de cette classification, qui a Tavantage d'être simple et commode dans la pratique, et nous ferons remarquer que toutes les classifications possibles sont approximatives et que leur discussion n'a rien d'élémentaire, partant rien d'essentiel. Il faut les prendre comme moyen de grouper les ôtres à décrire et négliger les difficultés de deuil.
[Maurice Girard.]
ANNÉLIDES. ^ Zoologle, XXVU. -- {Étym.:
comme Annelés,)
1. Caractères gtoèratuc des Annéiides. — Ces animaux, presque tous à vie aquatique et dont la plupart habitent les côtes maritimes, forment la première classe du sous-embranchement des vers*.
Ils n'ont Jamais de membres articulés. Cuvier les a séparés des vers proprement dits ou helminthes, sous le nom de vers à sang rouge, ce qui est en eflTet la couleur fréauente de leur plasma nourricier, comme on le voit bien dans les sangsues et dans les lombrics; on distingue tout de suite, au moyen du microscope, ce sang de celui des vertébrés, par Tabsence des corpuscules en disques circulaires ou elliptiques, dits hématies.
La forme de leur corps est celle d'une série d'anneaux, presque toujours bien distincts et se ressemblant beaucoup entre eux; ceux des extrémités, surtout de la tôte, oflTrent seuls quelques diflTérences.
La locomotion s'opère par reptation, ou à la nage par ondulations. Elle a lieu chez certains annéiides au moyen de tubercules charnus situés sur les côtés du corps, souvent sur deux rangs, parfois réunis, une paire à Tarceau dorsal, Tautre à l'arceau ventral; chacun porte un cirrhe ou filet rétractile. entouré d'un faisceau do soies raides, ce qui a fait donner à Torgane le nom de rarne ou de pied sétifère. D'autres annéiides n'offrent comme organes de locomotion que dos poils raides implantés dans la peau (lombrics), ou au contraire que deux ventouses contractiles aux deux exirémites du corps dont la peau est nue (sangsue).
La respiration s'opère par des branchies ou replis mous de la peau, presque toujours externes, tantôt en houppes sur les côtés du corps, tantôt en panaches à la région antérieure, et parfois semble se faire par toute la surface de la peau (lombrics).
Le tube digestif est continu, de la bouche à 1 anus ; il est le plus souvent droit, quelquefois garni d'un nombre plus ou moins considérable de c<bcums placés de chaque côté. Le régime des annéiides est le plus souvent carnassier ; ils vivent parfois de détritus animalisés ou azotés.
La circulation du sang se fait dans un appareil
ANNÉLIDES
ANNÉLIDES
fort eomplcxe, constitué en entier par des vaisseaux dos, 4ont la plupart remplissent les fonctions d'artères et de veines, quelques-uns étant contnctiles et tenant lieu de cœurs. Cette organisation élevée du système circulatoire avait trompé Cwier sur la véritable place des annélides, quil classait en tète des articulés. On a dû abandonner cette manière de voir, et ramener les annélldes à 00 rang inférieur, d'après leurs affinités plus réelles avec les helmintnes dont la plupart sont des vers entozoaires, c*e8trà-dire parasites internes des animaux.
3. Prlnoipades divlilons de la classe des Annèlides. — On les subdivise on Sétigères ou Chétovodet, c*est-à-dire munis de soies servant à la locomotion, et en Apodes, privés de ces organes locomoteurs.
1. Anitéudes chétopodss : ^ 1* Ordre des Annilides errants. -^ LesChétopodesles plus élevés constitnent Tordre des Annilides errants ou dorsibranehes, c*estrà-dire à branchies portées sur tonte la face supérieure du corps ou sur sa région moyenne (fig l>c). La tète est presque toujours
Fif. 1. » B. Serpule retirée de ton tube. • des pécheurs.
C A.rénicole
bien distincte et garnie à la nuque de plusieurs paires do filets ou tentacules, nommés souvent anlennes ; il y a aussi des points noirs ou colorés qui sont dos yeux. La bouche est munie d'une trompe protractile, c'est-à-dire rentrant dans le corps à la volonté de Tanimal ou en sortant ; sa longueur est ^ parfois considérable et son extrémité est souvent 'nuuie de dents en pointes ou en crochets. Cette trompe est Torgane de préhension des alioenu.
C'est aussi l'instrument qui sert à ces Annélldes errants pour creuser des galeries où ils s*enfoocent avec une grande rapidité dans le sable liomide. Certaines espèces consolident leur galerie, en la tapissant d'un léger fourreau, formant uie sorte d'habiution passagère, que l'animal peut qoitter. à volonté. Nous citerons, dans les Annélldes errants : les Apbrodites, souvent rejetéos &ur le rivage à la marée montante ,après les gros
temps, et aont le corps ovalairo est bordé de lon« gués soies qui brillent au soleil des plus riches teintes métalliques; les Néréides, souvent employées comme amorces de pèche, très communes sur nos côtes, à corps grêle, très allongé, avec une trompe armée de deux mâchoires très fortes ; les Eunices, analogues de forme aux Néréides, enfin les Arénicoles (V. ci-dessous).
%• Ordre des Annélldes tubicoles, — Cet ordre comprend les Annélldes habitant un tube ou fourreau. Ces animaux sont fixés dans la majeure partie de leur existence, ils n'ont ni tète distincte, ni m&choires, ni yeux, ni antennes. La région antérieure de leur corps, celle qui reste toujours en partie hors du fourreau de protection, offre un panache ou couronne d'appendices, dont les uns constituent des branchies de respiration, d'autres servant à la préhension des aliments ou à la locomotion, pour ceux de ces Annélldes qui peuvent se traîner sur le sol avec leurs fourreaux. La plupart de ces animaux ne peuvent ni nager ni marcher, et leurs pieds peu saillants ne leur servent guère que pour s'élever ou pour descendre dans le tube, où ils résident à poste fixe.
Les tubes de ces annélldes sont produits par des exsudations de la peau de ranimai. Tantôt ils sont durs et calcaires, droits ou flexueux, souvent collés aux rochers ou aux coquilles, comme des incrustations ; c'est ce qui a lieu pour les Serpules <V. fig. 2 et fig.l,6)que la solidité de leurs tubes permet de retrouver à l'état fossile. Ils ont la région antérieure du corps ornée d'une couronne de superbes panaches disposés en entonnoir. Les Am-
Fig, 2. — Serpa'oi.
phitrites sont faciles à reconnaître aux grosses soies dorées, au'on voit rangées, comme les dents d'un peigne, à leur région antérieure. Certains annélldes tubicoles, tels que les Sabelles et les Térébelles, laissent sortir du sable la partie antérieure de leur fourreau ; ils s'enfoncent avec lui, en partie, en cas de danger, dans une courte galerie, qui s'approfondit, à mesure que l'animal grandit, et cela à l'aide des mouvements de la queue ou extrémité terminale du corps. Ce fourreau reste toujours au fond, et présente dans sa partie antérieure la consistance du parchemin mouillé ; en arrière, il n'est souvent ni plus ferme, ni plus épais qu'une pelure d'oignon.
3* Ordre des Annélldes terricoles. — C'est l'ordre inférieur des Chétopodes ; on les nomme Terricoles
ANNÉLIDËS
ANNÉLIDËS
pnrce qii*il8 vivent dans la terre ou dans le vase, ou encore Ahranches oligochètea^ c'est-à-dire dépourvus de brancliies extérieures et munies d*un petit nombre de soies, le plus souvent sans tète ni yeni, ni appendices bien distincts. Le corps est cylindrique, aminci aux aenx bouts, garni de plusieurs rangées de soies raides oui leur servent à se hisser hors des trous où ils demeurent le plus souvent. Tels sont les Lombrics qui vivent dans la terre végéule, et les Nais habitant les eaux douces, dans des trous de la vase des étangs et des ruisseaux, ayant le corps plus allongé et moins distinctement annelé que celui des Lombrics.
Les naturalistes modernes font avec raison des Lombrics non pas une subdivision des Annélides, mais une classe à part, les £om6rtct«r», égale en importance à celle des Annélides. Cette distinction est motivée par la différence profonde dos caractères qui lesséparentdes Annélides proprement dits, leur séjour non dans l'eau, mais dans la terre véeétale ou dans la vase, Tabscnce chez eux de métamorphoses, la disposition tout autre de Tappareil locomoteur, Tabsence complète de branchies externes, lîiermaphroditisme à peu près général de toutes les espèces. Il ne reste de commun entre les Lombrics et les Annélides qu'une sorte de similitude trompeuse dans la forme exté- ' rieur. Si nous conservons l'ancienne classification qui fait rentrer les Lombrics dans la classe des Annélides, c'est au point de vue seulement de la simplicité qui est d'une Importance capitale dans l'enseignement élémentaire.
n. Annéudbs apodes. — Les Apodes constituent l'ordre des Annélides suceurs ou Aftranches sans soies de Guvier. Presque tous vivent dans les eaux douces, s'attachant en général à divers animaux dont ils sucent les fluides nourriciers. Ils nagent par ondulations ou rampent au moyen de deux ventouses placées aux deux extrémités du corps, et permettant une forte adhérence aux objets. La bouche, ordinairement armée de petites m&choires, est placée au fond de la ventouse antérieure, et l'anus est situé à la base de la ventouse postérieure. Telles sont les Sangsues ou Hirudinées.
3. Espèces oommanes à étudier comme types. — On pourra fixer particulièrement l'attention des élèves et diriger les exercices d'observation expérimentale sur les trois espèces suivantes considérées comme types des annélides :
V Vers de saule ou arénicoles (V. fig. 1). — L'espèce intéressante de ce groupe est Varénicole des pécheurs f que Linné confondait avec les lombrics sous le nom de lombric marin. Cet annélide a le corps partagé en trois régions distinctes : lo rézion antérieure : tête peu distincte, sans appendices, portion thoradque très atténuée en avant, puis renflée en fuseau avec des étranglements variables plus ou moins marqués; elle prend l'aspect d'une sorte de massue quand l'animal se contracte; elle comprend sept anneaux sans branchies, mais dont les six postérieurs ont des pieds ; 2* région abdominale comprenant 13 anneaux et portant des branchies en forme de petites houppes; 3* région caudale nue, sans branchies ; ayant à peu près le tiers de la longueur du corps entier cylindrique, finement plissée transversalement, sans pieds ni soies et se terminant par un anus capable de s'ouvrir très- largement. Le ver de sable atteint parfois 30 à 25 centim. de longueur; 11 a des teintes très variables suivant l'influence des fonds sur lesquels il vit, de couleur claire sur les sables purs, d'un noir profond et velouté avec de magnifiques reflets irisés sur les plages vaseuses riches en détritus organiques.
L'arénicole, très commune» sur toutes les côtes
occidentales d'Europe, est employée comme appât par les pêcheurs pour les lignes de fond.
On la prend sur la plage à marée basse en fouillant le sable humide aux endroits où Ton voit déposés de petits tortillons de sable ou de vase : ce sont les excréments de l'arénicole, qui, comme le ver de terre, avale la terre ou la vase pour en extraire les matières axotées. La galerie où l'arénicole s'enfonce avec une extrême promptitude an premier ébranlement du sol est recourbée en forme de siphon : il faut donner le coup de pioche entre les deux orifices de ce siphon pour saisir le ver. Quand on le touche, il secrète en abondance un liquide oui tache fortement les mains en jaune orangé, parfois un peu verdàtre ; on voit fréquemment ces taches aux mains des femmes et des enfants de nos populations cêtières.
2* Ver de terre ou lombric, — Le lumhricus terrestris de Linné ou ver de torre ordinaire est trop connu pour que nous ayons besoin d'en donner ici la figure. Le seul organe qu'on y puisse faire remarquer à l'œil nu, cest une sorte de bourrelet on de ceinturo,appelé le c/t^W/iim,qui se trouve chez presque tous les lombrlclens dans la région moyenne du corps, ceinture qui se gonfle et ne devient bien visible qu'à l'époque du rut.
La génération chez les lombrics présente des faits importants, dont le détail anatomique ne peut trouver place Ici. L'animal est monoïque, c'est-àdire qu'un même sujet porte les organes des denx soxos, mais la reproduction n'a lieu oue par un accouplement réciproque, comme chez les limaces e colimaçons : au printemps on voit souvent deux ver» de terre collés 1 un à l'autre par le elitellum et enveloppés d'une sorte de gaine mucilagineuse tem- Foraire sécrétée à cette région et durde par air.
Les œufs du lombric terrestre sont enfermés dans une coque en forme de boule Jaune, avec une pointe mousse à chaque pôle» chaque coque contenant de trois à cinq œufs.
Les vers de terre demeurent presque toujours dans des tuyaux qu'ils creusent dans la terre végétale. Ils s'enfoncent très profondément lors des sécheresses, et sortent au contraire après les averses prolongées, alors oue l'eau qui inonde leurs tubes terreux les noierait. Us se hissent au dehors au moyen de leurs soies. Ils ne peuvent manger que des matières complètement décomposées et vivent uniquement de l'humus, le recherchant d'autant
{>lus avidement qu'il est plus azoté ; aussi, comme e savent bien les pêcheurs à la ligne, les lombrics abondent dans la terre sous les amas de fumier. Ce sont en général des animaux indifférents pour nous au point de vue agricole. Us nous rendent
filutôt service dans les fortes terres argileuses, que eurs trous criblont de tuyaux naturels do drainage aérien ; par contre ils sont parfois nuisibles dans les Jardins on bouleversant les semis. Accidentellement, quand le sol n'a pas d'humus, ils entraînent dans leurs trous des débris de fouilles ou de paille ; mais ce n'est que quand ces débris sont bien pourris quMls peuvent servir de nourrituro aux lombrics. C*est ce qui a fait supposer à quelques
f>ersonnes qu'ils vivaient de végétaux, ce qui est nexact, car leurs excréments, rejetés hors des trous en forme de tortillons terreux, ne contien- ' nent que do la terre sans débris végétaux. Quand la terre est bien fumée, Ils n'ont besoin d'entraîner aucune parcelle de plante, ce qui pormet d'assurer qu'ils ne nuisent pas aux cultures engénéral.
Les Lumbricus sont de l'Europe, de l'Êgjrpte, de l'Amérique du Nord et de l'Australie. Los autres genres sont étrangers à l'Europe.
30 Sangsues, — Les sangsues sont rangées par MM. Paul Gervais et Van Bénédcn (zoologie médicale) parmi les vers proorement dits ou helminthes,
ANNÉLIDES
ANNUITES
dans U daase des Cotylides, la plupart des vers de cette classe étant des parasites uiternos d'animaux, tâiidis que les sangsues ou hlrudinées vivent bien da sang de divers animaux, mais d*une manière passagère. Sans discuter ce rapprocitement, nous coatinuerons, pour motif de simplification, à laisser cei animaux dans les Annélides.
Le genre le plus important pour nous est le genre sangsue (Hirudo, Linné, ou Sanguisuga, SaTÎgnjr), présentant un corps allongé, subdéprimé, r^ràâ giâduellement en avant, obtus en arrière, mollasse, des anneaux égaux, au nombre de 95, très-distincts, saillants sur les côtés et quinés, c'est-à-dire disposés cinq par cinq ^V. fig. 3). Comme les limaces et les lombrics, les sangsues sent monoïques, chacune offrant sur des anneaux distiocu les orifices sexuels, les uns mâles, les autres femelles ; mais un sujet ne peut néanmoins se féconder lui-même, il faut le concours de deux indivi dus. Le corps offre en avant une ventouse orale peu concave , à lèvre supérieure très-avancée et presque lancéolée. La bouche, grande relativement à la ventouse orale, est munie de trois mâchoires égales, grandes, demi-ovales, très-comprimées, à donticules nombreuses et très-pointues, produisant la petite blcssuro étoiléo qu'on voit sur la peau après la succion d'une sangsue. U y a dix points oculiformcs en ligne courbe autour de la ventouse orale. La ventouse anale , plus grande que Torale et au moyen de laquelle on voit si souvent les sangsues se suspendre la tète en bas, est moyenne et obliquement terminale, et Tanus très -petit, arrondi, à peine visible.
L'espèce principale est la sangsue médicinale 'Biruâo nuuicinalis, Linné) qui habite les eaux doaces, fossés, mares, étangs et petites rivières de lEarope, de certaines localités de l'Afrique septeotrionale et de l'Asie Mineure. Le dos est génénlemeiit d'un gris olivâtre, avec des bandes plus ou moins distinctes, le bord olivâtre clair, les bandes marginales du ventre droites. Le commerce ^tingue plusieurs variétés de sangsues, surtout d'aprà les couleurs : verte, noire, rouge. Jaune, fuTs ou grise. Une seconde espèce est la sangsuetruite {Hirudo troctina^ Johnson), dite dans le commerce dragon d^ Alger ^ avec rangées de taches cUires sur le dos, d'Algérie et du Blaroc, mêlée chez les marchands à la vraie sangsue médicinale et aussi bonne. La sangsue bordée (H, mco'ginata^ Rûu), à bords d'un rouge de safran vif, est des enTÎrons de Nice. On trouve dans les lacs du Sénégal une petite sangsue (H, mysomeltu, Henry, Sérsllas et Virey) usitée dans le commerce, mais Utto prix moins élevé que la sangsue médicinale, tar elle suce moitié moins de sang. Enfin on se ttrt aux Indes, notamment dans notre colonie de Pondichéry, d'une sangsue plus grosse que la nôtre, b sangsue granuleuse {H. granulosa, Savigny), et qui eause parfois de vraies hémorrhagies auxquelles u unt poiter remède.
Us sangsues se blottissent dans Uvase solidifiée lorsque les sécheresses ont tari les mares où elles Tirent. Elles s'accouplent au printemps et surtout ^ f^é; après cette opération, dont la durée trèsvanable est de trois à quinze heures, elles pondent
rif. 3. — Sang«ae mé-
des embryophores (porte-embrvons) en forme de cocons ovalaires, spongieux, à surface villeuse, d'un Jaunâtre translucide, chacun contenant de trois à trente germes avec leur vitellus. Il en sort de petites sangsues en façon de fils, dites filets, qui ne subissent pas de métarmophoses. Les cocons sont toujours pondus hors de l'eau, sur le rivage, dans les creux des murailles qui baienent dans les fossés, dans le limon déposé par l'eau, parfois dans les galeries de taupes ou de rats où s'amassent un grand nombre de sangsues, contre les joncs, etc. U y a des paysans qui connaissent très bien ces cocons et vont les porter dans de petits viviers pour obtenir les sanesues.
L emploi des sangsues en médecine, quoique moindre qu'il y a une trentaine d'années, est encore considérable. Elles servent à pratiquer des saignées locales, soit lors des contusions ou des congestions sanguines en certains points, soit afin de modifier un état général dangereux. Il faut élever artificiellement les sangsues afin d'en avoir des provisions suffisantes, soit pour la France, soit pour beaucoup de pays où elles n'existent pas et où on les exporte. Cette éducation {hirudiculture), se fait dans des bassins ou marais à sangsues, nommés barrails, notamment dans la Gironde. On peuple ces marais à sangsues au moyen d'embryophores recueillis dans des paniers et provenant de la vase des marais voisins qu'on fouille à la bêche; mais comme ce moyen est Insuffisant, on fait venir des sangsues adultes de Hongrie, des Princinautés danubiennes, de Turouie, de Grèce, etc. On les fait voyager dans la saison froide, à la fin de l'automne, Jamais en été. Elles sont emballées dans de la mousse humide ou dans de la terre glaise mouillée et divisée en grumeaux. On les nettoie et on les laisse se reposer quelques Jours dans de l'eau claire et caûne avant de les mettre dans le barrail.
On emploie divers moyens pour nourrir les sangsues dans le marais d'élevage. On place sur des planchettes flottantes du sang de veau pour les filets, du sang de bœuf pour les adultes. Comme il est reconnu qu'une alimentation par le sang des animaux rivants rend les sangsues mieux portantes, des éleveurs mettent dans le barrail des grenouilles à cuisses brisées, sur lesquelles se Jettent les sangsues. Plus habituellement on fait entrer à mi-jambes dans le barrail des ânes, des mulets, des chevaux, des vaches (ces dernières sont moins traitables), et les sangsues s'attachent en grand nombre aux parties immergées. On ne laisse le, animaux que peu de temps dans l'eau et on a soit de les refaire au moyen de bons pâturages placés à côté. — Cf. : Mono'jraphie des sangsues midicinaleSt par Ch. Fermbnd : 1 vol. in-8*, Paris, Germer-Baillière, t8S4.
Les Hxmopis sont des Sangsues à mâchoires non dentelées, ne pouvant percer la peau externe de l'homme ou des animaux vertébrés. Une espèce très-commune dans les mares de l'Europe centrale et surtout méridionale est la Sangsue chevaline {H. sanguisuga), très-mollasse et paraissant morte quand on la saisit. Elle est parfois incommode parce qu'elle peut piquer les muqueuses de la bouche, du nés, du larynx et du pharynx des animaux domestiques ou de l'homme, venant boire ou se baigner dans les eaux douces. Nos soldats ont été cruellement tourmentés par cette Sangsue en Egypte, en Algérie et surtout en Espagne et en Portugal, où elle est très-commune. [Maurice Girard.]
ANmJITÉS. — Arithmétique, IV. — {atym, du latin annuus, annuel.)
On nomme annuité une somme payée annuellement, soit pour éteindre une dette (V. Amortisse' ment), soit pour constituer un certain capital à uu9
ANNUITES
ANNUITES
époque déterminée. C*est à ce dernier point de vue que la question sera traitée dans cet article.
1. Supposons, par exemple, que Ton place annuellement 1200' pendant 7 ans, les intérêts éunt calculés à5 p. 0/0. Il y a deux cas à distinguer, suivant que l'annuité est payée au commencement ou à la fin de chaque année. Examinons d*abord le premier cas.
Ln 1200' ] — 1200^
MJte
/7au
Et la somme de tous ces capitaux définitifs partiels sera le capital définitif total. Or, si Ton écrit ces capitaux partiels dans un ordre inverse, on reconnaît qu'ils forment une progression géométrique (V. ce mot), dont le premier terme est 1200'. (1,05), la raison 1,05 et le dernier terme 1200^. (1,05)^. Pour en obtenir la somme, il faut multiplier le dernier terme par la raison, retrancher de ce produit le premier terme, et diviser la différence par la raison moins 1, ou par 0,05. En appelant A la somme cherchée, on aura donc:
2. Dans le second cas, où chaque annuité n*est payée qu*à la fin de chaque année, les versements successifs produisent des capiuux partiels qui ne diffèrent de ceux écrits ci-dessus que parce qu'ils sont divisés par 1,05; le capital définitif total est donc égal lui-môme à celui qu'exprime la formule (1), divisé par 1,05; on a donc
8. Pour se servhr do ces formules, on calcule d'abord (1,05)"'.
Si Ton pose x » (1 ,05)',
on en tire
log a; » 7 log (1,05) = 7.0,021 1893 »0,14d3251
ot les tables de logarithmes donnent
alors de la première formule, on
S'il s'agit trouve
0,05 et, s'il s'agit de la seconde,
4. Il est facile de généraliser. Soit a l'annuité, r l'intérêt d'un franc, n le nombre d'années, et  le capital définitif total. Dans le premier cas, les capitaux partiels successivement produits seront : «(l-fr)», a(i+r)n-i, a(i-|-r)n-i, etc., jusqu'à û(l-l-r).
Si l'on renverse les termes de la progression et qu'on fasse la somme, on devra multiplier le dernier terme ali-i- r)« par la raison {l'^r), retrancher du proauit le premier terme a(l-4-r), et diviser la différence par la raison moins I, ou par r. On aura donc
r qffï-fr)»»-l)(l+r) r
Dans le second cas, le capital définitif total sera celui de la formule (3) divisé par 1 -|- r :
5. Pour calculer A par ces formules, on pose ars=s(l-f r)«, d'cù logx-sn log(l+r); et, une fois x connu, la formule (3) devient
et la formule (4) donne
r aussi
valeurs que Ton peut rithmes.