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ANTHROPOLOGIE

APICULTURE

roie à Tanatomie humaine fondée par les Mondini et les Vesale (1514).

En 1655, un certain Belon se risqua, le premier, à mettre en parallèle le squelette de Thomme avec celui d*un autre animal, un oiseau. Jusqu*au xvm* siècle, le cbef-d*œuvre de la création, pour se servir du mot classique, ne Ait étudié que par les médecins. Linné, en 1755, en le faisant rentrer dans sa classification et lui appliquant sa nomenclature bioaire sous le titre d'Homo sapiens^ obligea les natufalistes à Taccepter comme de leur domaine. A la même époque, Buffon consacrait doui volumes « aux variétés bumaines. » La voie était ouverte et presque simultanément Daubenton, Blumenbacn, Sœmmering, Camper publiaient leurs travaux sur l'espèce humaine. Puis vinrent Lamarck, Etienne Geoffroy-Saint^Hilaire, Richard, Bor]r- Saint-\ incent, etc. Les anthropologistcs se divisèrent dès Tabord en deux écoles qui se combattirent avec une auimosité qui est encore loin de s*éteindre. L*école classique ou orthodoxe, désignée sous le nom de mnnogéniste^ plaide en faveur de Tunité de I*espèce humaine et de la variabilité des races sous l'influence des milieux et des croisements. L*école adverse ou polygéfiùste soutient au contraire la pluralité des races primitives et la noninfluence des milieux. A ces aeux écoles, il faut «n ajouter une troisième, dite transformiste^ qui adopte les théories de Lamarck, de Darwm, de Huxley, de Uickel, rattachant Tespèce humaine «ui espèces animal<«s par voie d'évolution.

En 1800, une société fut fondée à Paris sous le titre de Société des observateurs de thomme, mais elle n'eut que peu de durée. Ce ne fût qu*en 18 19 qu'un groupe de savants à la tâte desquels il faut citer P. Broca, Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, de Quatrefaees, Gratiolet, fonda a Paris la première flociété d'anthropologie. A l'inaitation de Paris d€ nombreuses sociétés de môme nom se fbndèrent successivement à Londres en 1863, à New-York, Saint-Pétersbourg et Moscou en 1865, à Florence en 186K, à Berlin en 1869, à Vienne en 1870, à Stockholm et Madrid en 1874, etc. En dehors des bulletins, des mémoires que publient ces sociétés, l'anthropologie a de nombreux organes consacrés t sa difl'usion.,

Enseignement. — Outre les cours publics professés périodiquement au Muséum, l'anthropologie s'enseigne a Paris dans un Institut spécial, Vlnsti^ tut anthropotogigue, dépendant de la faculté de médecine et comprenant des cours publics d*anthropologie anatomique, d'anthropologie biologique, d'ethnologie, d'anthropologie préhistorique, d'anthropologie linguistique, de démographie et de géographie médicale.

DiCTRB. — « L'homme habite tontes les régions -du globe et se plie à tous les climats, à toutes les •conditions de la vie. Les pôles et Téquateur, les hautes montagnes et les profondes vallées, les déseru arides et les marécages insalubres, rien ne le rebute. Les Esquimaux se rencontrent jusqu'au 80* degré de latitude ; des populations vivent et prospèrent à 4()00 mètres d'altitude et au delà dans les Andes et les Cordillères; on s'étonne de trouver •des tribus indigènes sur ces vastes espaces où Livingstone voyageait avec de Teau Jusqu'à la ceinture ; 47 degrés de chaleur à l'ombre au Sénégal, «t 56 degrés de froid constatés aux pôles sont les extrêmes de température qu'il supporte.

Ce privilège de l'homme de s'acclimater plus oa moins facilement partout s'explique par deux ralaons : il est omnivore, » et il sait se fabriquer des vêtements, des armes et des ustensiles. L/Esquimau boit de l'huile et se nourrit de phoques ; les Todas des Nilghiris se contentent de lait et de légumes; quelques tribus ne vivent que de pêche et de coquillages, et boivent à l'occasion de l'eau de ner, d'autres mangent de l'argile ; les peuples ci-

vilisés puisent à toutes les sources. L'homme fait cuire ses aliments, mais ne dédaigne pas la cliair crue des mollusques et parfois des poissons ou des I mammifères ; il élève des bestiaux, se livre à l'agriculture , ce que ne (ait aucun animal. U asservit ou s'attache do nombreuses espèces, comme le chien, le chat, le cliameau, le renne. Son semblable même, le nègre ou le blanc, ne trouve pas grâce devant lui. En cela quelques animaux rimitentf comme les fourmis rouges à l'égard des fourmis noires.

La plupart des animaux ont des moyens naturels de protection et de défenses. Le gorille luimême a une certaine fourrure, des canines puissantes et un système musculaire d'une vigueur extraordinaire. D'autres mammifères ont Tagilité et une rapidité à la course qui les sauve de leurs ennemis. L'homme n'a rien de tout cela. « Nu et sans armes, » tels sont les caractères que lui donne Linné. Tous ses moyens d'action il les doit à son industrie. Dès l'époque tertiaire il a fait do feu et pris des cailloux pour les façonner en ustensiles. Jamais un singe n'a su se servir d'un biton, ni utiliser un pieu, ni faire du feu, ni se construire un abri qui soit autre qu'un nid. Les sauvages les plus mférieurs que l'on connaisse ont quelques notions de dessin ; ils savent faire pour le moins une croix ou un rond en imitation des objets qu'ils ont sous les yeux.

Dans toutes les races humaines existe le sentiment de la coquetterie ou de la parure. Plus développé chez la femme dans les pays civilisés, il l'est davantage chez l'homme dans les tribus barbares. Les uns se tatouent ou se suspendent des objets aux oreilles ou à la cloison du nex, d'autres se teignent les cheveux ou s'aiguisent les dents de devant*

' L'homme vit en société, parce que, doué du lao> g^ge, il a besoin d'exercer cette faculté, et qu il aime à être écouté, adulé, mais aussi en vue de la satisfaction des besoins communs et de la réalisation d'une plus grande somme de bien-être. L'émulation qui en résulte est la cause la plus puissante des progrès accomplis à travers les sièâes dans l'ordrâ physique, dans l'ordre moral, comme dans l'ordre intellectuel. Plus l'agglomération est considéi>able ou olus il se présente d'aKKlomérationn rivales^ et plus la lutte est vive et le progrès ra pide. » >- P. TopiNABD. V anthropologie..

[Louis Rousselet]

APICULTURE. — Agriculture, XVI. — (Étym. Culture des abeilles, du latin apis, abeille)

Il ne devrait pas y avoir une seule exploitation rurale qui n'ait pas de ruches ; c'est, en effet, une source de profits faciles et certains.

L'histoire des abeilles a été donnée dans l'article consacré à l'histoire naturelle de ce prédeux insecte ; ce qui rentre dans le cadre de l'enseignement agricole, c'est l'exploitation du rucher, l'art d'en tirer le produit le plus élevé.

Le rucher, c'estr4-dire l'endroit où doivent être réunies les ruches ou habiutions des abeilles, doit être éubli à proximité des vergers. 11 faut éviter les endroits humides, ceux qui sont exposés aui vents violents, ne pas s'éloigner des prairies qui

S réduisent des fleurs abondantes, prendre enfin es mesures pour que le rucher ne demeure pas, pendant l'été, trop exposé aux rayons du soleil. La tranquillité doit régner autour des abeilles ; il ne faut donc pas les placer sur un chemin fréquenté, surtout par les animaux de la ferme ; mais aussi il faut éviter de les placer trop loin des habiutions, ce qui tendrait à rendre les abeilles sauvages et pourrait occasionner des dangers. Ine autre condition à remplir, c'est de disposer les ruchers de manière que l'on puisse circuler tout autour sans difficulté, soit pour les soins d entretien, soit pour la récoite du miel.

APICULTURE

APICULTURE

Aio de procéder arec ordre, nous Indiquerons ssecewTefflent les soins à donner à la mche, à Mitir dn moment où Tesseim s été récolté.

L'esiplsceaBent du rocher étant choisi autant que posible d'après les rè^es indiquées plus haut, «Il y Dlace généralement les ruches en plein vent, MT ia Ubies dont les pieds ont de 60 à 60 centi* DfMs de hauteur.

Poor recaeiilir Tessaim sorti de la ruche-mère, ta se revêt d'un costume spécial qui courre toutes imparties du corps ordinairement non abritées, de aaoière à éviter les piqûres des abeilles . On trans- {«rte. au-dessous de l'arbre où l'essaim s*est attache, tine ruche qu*on renverse, et on y fait tomber iesNtn. Lorsque les abeilles sont entrées, on ferme Fouverture au moyen d'une planche, on reu»ne la ruche et on la porte au rucher. Si ressaim ne paraît pas assez nombreux pour peupler h ndie, on peut marier ensemble, c'est-à-dire Rt'ur dans une même ruche, deux ou trois es-

L'etfatmage peut être provoqué artificiellement. Cts. le moyen d'empêcher Tessaimai^e naturel, et par suite h perte possible de l'essaim. On opère par transvasement pour les ruches ordinaires, au ■uiea de la journée, moment où les ruches cnpcent peu d'abeilles, la plupart étant sorties pcv aller faire leurs provisions. Avec les ruches à adra on à rayons mobiles, on enlève quelques cairei renfermant des oeufs, et on les place dans une radie nouvelle, après avoir eu le soin de remplacer In eadret enlevés par des cadres ou des rayons vides. Pour faire plus facilement l'opération du tnnniMment, on emploie la fumée qui chasse les abeilles de leur ancienne habitation. Les iniectknsde fumée se font soit au moyen d'un soufflet gpédai dont on fait entrer l'onfice dans une oDTertve pratiquée à la mutie supérieure de la nicbe, loit en brûlant quelques chiffons autour de la radie.

Quelle est la ruche qui doit être adoptée 7 II existe aojoBni'biii beaucoup de modèles de ruches perfKdoottées; en outre, chaque contrée présente ni type ipédal de ruche. Ici, elles sont faites en «sier et en paille ; ailleurs, en bois, etc. Pour Taràitear qui veut tirer profit de son rucher» et qai se peut £ûre des essais souvent coûteux, le nien est de s*en tenir h la ruche du pays, en en Bûdifiant les parties que l'expérience lui aura apprises être défectueuses. Mais il est quelques mo- <Kles de raebes, telles que celles de M. Hamet, '.■i se recommandent à la fois par leur simplicité <H lear boa fonctionnement*

Cne fois la ruche en place, elle doit être Tobjet de soins seivis. « Le possesseur de ruches, dit M. Hamet, doit souvent visiter ses abeilles, afin qoeOes l'accoutument à le voir, afin aussi qu*il piisae constater l'état de leur approvisionnement <i de lear lanté. Dans ses visites, il doit éviter de Rurcber vite, de faire des mouvements brusques, lie ;eiticaler et de crier. Il fera donc le moins de l*TOt poialble, et si une aboUle annonce par ses iwwvements et par un bourdonnement particulier 11 elle le prépare àTattaque, il se baissera et resien dans cette position jusqu*à ce qu'elle soit engaée.

• On ne doit pas troubler les abeilles dans leurs «mm, ni soulever ou ouvrir les ruches que lors- ?!v * nécessité, et Jamais brusquement. On ne K nit que pour s'assurer de l'état de leurs appro- !|^^ments ou de l'époque de l'essaimage, ou ^^mk s'aperçoit aue les abeilles sont sans acti- Jw> que les fourmis ou les guêpes entrent dans amhe, ou enfin qu'on remarque les excréments J^HMises teignes sur le plateau, ou qu'on en sent 'Jf^* On détruit la dusse teigne en enlevant les f^^ od elle s'est fixée ; on éloigne aussi les ^gnces et leurs toiles, les limaçons, les guêues >Vànn.

et les autres animaux ennemis des abeilles, en les chassant assidûment. »

La récolte du miel se fait en juillet et en août. Il jr a plusieurs méthodes pour faire cette récolte ; mais, aans tous les cas, on doit préalablement chasser les abeilles*

La méthode la plus simple est de fermer un soir toutes les ruches, à l'exception de celle qu'on veut récolter le lendemain. Au milieu de la Journée, lorsque la plupart des abeilles sont sorties, on enlève la ruche et on la remplace par une autre. On la transporte dans une cave ou un lieu sombre pour la vider. Les abeilles, en rentrant, prennent possession de la ruche nouvelle ; car elles ne peuvent entrer dans les autres qui sont fermées, et où d'ailleurs elles seraient massacrées. On recouvre pendant toute la journée les ruches fermées d'un linge mouillé, pour les préserver des ardeurs du soleil.

Une deuxième méthode consiste à enfumer les abeilles : ce qui les oblige à se réfugier dans une autre ruche qu'on fait communiquer avec la première.

.Un apiculteur distingué, M. Debeauvoys, a indiqué un moyen de faire la récolte du miel dans les ruches à cadres mobiles, sans interrompre le travail des abeilles. L'opérateur, revêtu de Taffublement qui lui sert pour la récolte des essaims, prend les cadres de doux en deux, ou ceux qui sont le plus remplis de miel. Il en chasse les abeilles avec une plume légère, et il pose les cadres sur un casier, porté à l'ombre quand il est garni. Là il coupe les rayons avec un couteau, en rattachant le couvain aux liteaux. 11 remet les cadres à leur place, en ayant soin de ne Jamais laisser un demi-cadre vide au-dessus d'un demi-cadre plein. La ruche est ensuite refermée.

Un écueil à éviter, c'est d'enlever des ruches une trop grande proportion de miel. Il importe, en effet, de laisser aux abeilles une quantité suffisante pour leur permettre de passer la mauvaise saison sans danger. Quand on n'a pas eu soin de prendre cette précaution ou que l'anière-saison est peu fa^ vorable, on est obligé de donner aux abeilles, durant Tantomne, une certaine quantité de miel, a On met, dit M. Hamet, du bon miel quelque peu chauffé dans un rayon ou dans un vase que l'on couvre d'un canevas ou de brins de paille, et que l'on place le soir sous la ruche à nourrir. Les sirops, que les anciens auteurs ont recommandés pour nourrir les abeilles, ne valent pas le miel, même le miel inférieur. »

Pour protéger les ruches pendant l'hiver, on les recouvre d'un chapiteau de paille suffisamment bien tressée pour arrêter la pluie et la neige ; mais il faut avoir soin de ne pas boucher toutes les ouvertures, afin de ne pas empêcher la circulation de l'air dans la ruche.

Les rayons une fois retirés de la ruche, pour en extraire le miel, sont pressés au-dessus de terrines dans lesquelles coule le miel. Le premier liquide qui sort est du miel de première qualité. Pour achever l'extraction, on a recours à des presses ; le miel qu'elles donnent est de qualité inférieure. Les résidus sont mis dans une chaudière où on les fait fondre pour en extraire la cire.

Le produit d'une ruche bien peuplée, dans les années ordinaires, est de 1 Ulogr. ôO<) grammes à 2 kUogranunes de miel, et de 200 à 300 grammes de dre.

Le commeite des miels se fait en France sur

le sssex orande échelle. Dans le commerce, on distingue onq provenances principales, qui sont, en commençant par celles qui sont le plus réputées: 1* miel de Narbonne; 2* miel du GAtUiais ; B* miel de Saintonge; 4* miel de Bourgogne; S* miel de Bretagne. Dans chacune de ces catégories on distinguo plusieurs qualités, désignétj

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