‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 114 sur 593 · RUSSES · texte numérisé non relu

RUSSES

Perse. — Limites. — La Perse s'étend depuis la mer Caspienne au nord, jusqu'àla mer des Indes au sud, ou plutôt jusqu'aux golfes Persique et d'Oman qui. appartiennent à l'océan Indien. A l'ouest, elle touche à la Turquie d'Asie, depuis l'embouchure du Chat-el-Arab, jusqu'au montArarat dont la haute pyramide de 5000 mètres sert de limite commune à la Turquie d'Asie, à la Perse et à la Transcaucasie russe. C'est le point culminant de l'Arménie, aujourd'hui partagée entre ces trois contrées. A l'est de la Caspienne, la Perse touche aux nouveaux établissements russes du pays des Turcomans, puis aux possessions du khan de Khiva,et est séparée de l'Afghanistan et du Béloutchistan par une ligne qui suit à peu près le 60° de longitude à Test de Paris, Ainsi délimitée, la Perse forme un vaste empire grand comme trois fois la France, mais singulièrement déchu du degré de puissance où il était parvenu dans l'antiquité, avant d'être détruit par Alexandre le Grand.

Climat. Orographie et hydrographie. — La Perse forme un plateau élevé au-dessus de la mer et

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•soustrait à l'iafluence de son voisinage par les montagnes qui l'en séparent. Au nord, la chaîne de 1 Èlbourz ne laisse, le long de la Caspienne, qu'un rivage étroit occupé par les provinces de Ghilan et de Mazendéran. Le pic neigeux du Démavend,haut de 5600 mètres, les domine de sa masse imposante. Au sud, le golfe Persique est également bordé de liautes et épaisses rangées de montagnes. A l'ouest, elles se rattachent aux monts du Kourdistan, dont le mont Ehvend (entre Téhéran et Bagdad) forme le point culminant. Les rivières qui naissent sur le versant sud de ces montagnes vont seules gagner la mer ou le Chat-el-Arab, en parcourant des vallées où elles répandent la fraîcheur et la fertilité. Sur le versant nord, au contraire, les eaux sont bientôt absorbées par les sables altérés qui couvrent la plus grande partie de la Perse orientale. L'étendue de ces déserts souvent salés, les sécheresses qui y régnent trop souvent, l'absence absolue de voies de communication économiques, suffisent à expliquer les terribles famines qui sévissent trop souvent en Perse. On évalue à 1 ôOO 000 ou à 2 millions le nombre des victimes de la famine de 1873 sur une population aujour- •d'hui réduite à 6 ou 7 millions d'habitants.

Villes principales. — Téhéran, la capitale de la Perse, est situé sur le plateau central, à plus de 1100 mètres d'altitude. En été, la chaleur y devient si intolérable, que la cour et tous les riches habitants quittent la ville et vont vivre dans les montagnes. L'hiver est au contraire très froid. L'Aderbaidjan, au nord-ouest, jouit d'un plus doux climat. Les eaux s'y rassemblent dans le grand lac Ourmia, et c'est près de là que s'élève Tauris, la ville la plus peuplée de toute la Perse (120 OdO hab.) grâce à l'importance de son commerce avec l'Europe par l'Arménie turque et avec la Russie par la Transcaucasie. Au sud de Téhéran, au centre de la contrée, on trouve Ispahan, l'ancienne capitale du grand Abbas (fin du xvi' siècle), pleine encore <le mosquées, de palais, de monuments superbes tombant en ruines, et réduite à une population de 50 à 60 000 habitants après en avoir renfermé <iix fois autant. C'est encore au sud d'Ispahan, à moitié chemin du golfe Persique, qu'on trouve Chiraz, réputé comme le paradis de l'Orient pour ses jardins embaumés de roses. A l'extrémité opposée, sur les frontières de l'Afghanistan et du pays de Khiva, Méchehed, la métropole du Khorazan persan, est un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés par les Musulmans. Toutes ces villes sont bâties à une grande altitude. On ne trouve sur le littoral qu'Aboucher sur le golfe Persique, Recht et Balfrouch près de la mer Caspienne, qui soient de quelque importance.

Productions principales. — Les Persans ne manquent pas d'industrie. Ils fabriquent des châles et des tapis qui sont partout recherchés pour l'harmonie de leurs couleurs, des cafetières et divers objets en métal qui se font remarquer par les formes les plus élégantes et les dessins qui les ornent. On trouve aussi en Perse de la soie, des parfums, des chevaux de belle race, des métaux et des pierres précieuses. C'est de la Perse et de l'Asie centrale que sont originaires plusieurs espèces de fruits très estimés, comme les pêches, les abricots, etc., et qu'on a importé en France la garance qui a fait la fortune du Comtat-Venaissin avant la concurrence des nouvelles matières tinctoriales extraites de la houille.

Arabie. — Aspect général et climat. — La Péninsule arabique est grande comme six fois la France. Des déserts immenses de sable s'étendent entre elle et la Syrie : la mer l'entoure de tous les autres côtés. L'Arabie est, bien plus encore que la Perse, le pays de la sécheresse et de la soif. De toutes parts, le littoral étroit est dominé par des montagnes dénudées et arides qui enveloppent le 2' Paiitib.

plateau intérieur. Pendant neuf mois de l'année, le ciel ne se voile d'aucun nuage ; pendant le reste du temps, on voit quelquefois se former des orages. Aussi la température est-elle accablante. A Aden, où les Anglais ont planté leur drapeau au passage de la mer Rouge dans l'Océan Indien, on a souvent vu des matelots européens foudroyés par une insolation pour avoir traversé une place au milieu du jour. On ne pourrait parcourir les immenses espaces qui séparent les oasis habitées au milieu de cette vaste mer de sables sans les chameaux, qui supportent la faim, la soif et la fatigue de marches forcées de 200 kilomètres par jour pendant une semaine.

Divisions de l'Arabie. — LeNedjed. — Au centre de l'Arabie, le \edjed n'offre pas une région tout entière fertile et arrosée, mais riche en oasis, où sourdent quelques sources au pied de montagnes pelées. C'est là qu'on trouve les chevaux de la plus belle race arabe. Mais c'est aussi le pays musulman le plus fermé aux chrétiens par le fanatisme des Ouahabites, qui se prétendent appelés à régénérer l'islamisme.

L'Hedjaz. — Du côté de la mer Rouge, les Turcs ottomans dominent sur l'Hedjaz, la terre sainte de leurs coreligionnaires. Là se trouve la Mecque, où les Musulmans doivent venir en pèlerinage, une fois dans leur vie, faire leurs dévotions dans le temple de la Kaaba, qui perpétue le souvenir d'Abraham, l'un des pères des Arabes, et celui de Mahomet. Tous les ans on voit arriver à la ^lecque des représentants de toutes les nations où s'est répandue la religion du prophète. Les uns viennent d'Afrique par les grands navires ou les barques qui les descendent à Djeddah, le port de la Mecque; d'autres, partis de l'Asie centrale, traversent en caravanes la Perse et l'Arabie. Cette agglomération énorme d'individus et d'animaux est un foyer d'épidémies et l'un des points de naissance du choléra. A cent lieues au nord de la Mecque, les dévots vont visiter Médine, la seconde ville sainte, qui renferme le tombeau de Mahomet.

Le Sinaï. — Au nord de l'Hedjaz, le vice-roi d'Egypte est maintenant maître de la presqu'île du Sinaï, si célèbre dans la Bible.

L'Yémen. — Comme l'Hedjaz, l'Yemen, qui le touche au sud, est une possession du sultan de Constantinople. On donne le nom de Téhama à la zone côtière embrasée qui règne le long de la mer Rouge, ce long golfe étroit où les rayons du soleil ont "assez d'ardeur pour pomper chaque année sept mètres d'eau. C'est le pays du café qui a fait la célébrité du port de Mok'ia, à quelque distancB au nord du détroit de Bab-el-Mandeb.

Etablisseme7it anglais d'Aden. — C'est à l'est de ce détroit que l'on rencontre le port d'Aden, dont les Anglais ont pris possession depuis 1840 et qui est aujourd'hui une des grandes étapes sur la route des Indes.

Hadramaout . Oman. — Au nord-est d'Aden, la côte de l'Océan Indien s'appelle l'Hadramaout, et le littoral qui fait face à la côte persane au sud du golfe d'Oman, s'appelle l'Oman. C'est là que s'élèvent les plus hautes montagnes de la Péninsule au voisinage de Mascate, le port le plus important de cette région, dont l'ancien iman avait fondé un puissant empire sur la côte orientale d'Afrique, et qui était maître de Zanzibar. Plus au nord, sur le golfe Persique, le Lahsa comprend les îles Bahrein, où l'on pêche les plus belles perles du monde.

Population et commerce. — Dans sa vaste étendue, l'Arabie ne renferme que quelques millions d'habitants. Comment en savoir le nombre précis dans un pays où l'on trouve si peu d'hommes attacliés au sol, et au contraire beaucoup de nomades vivant sous la tente et cherchant à piller les caravanes trop faibles pour leur résister. La vie

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errantes, ils la menaient déjà aux temps légendaires d'Abraham, qui comme eux était fils de Scm. et l'on sait avec quelle ardeur guerrière ils ont suivi Mahomet pour conquérir un vaste empire aussi rapidement détruit que forme.

Le commerce tire d'Arabie du café, de la gomme, des dattes, des chevaux, des perles.

Turquie d'Asie. — liaces diverses. — La contrée qui s'étend au nord de l'Arabie et à l'ouest de la Perse jusqu'à la mer Xoire et la Méditerranée, porte le nom de Turquie d'Asie, à cause de ses maîtres actuels, qui ny forment guère que la moitié de la population. Les Arméniens et les Kourdes à l'est, les Grecs sur les côtes de l'Archipel à l'ouest, sont de race aryenne. Les Arabes, les Syriaques et les Juifs sont de race sémitique. Géographiquement. on partage la Turquie d'Asie en cinq parties, l'Anatolie, l'Arménie, le Kourdistan, la Mésopotamie et la Syrie, sur chacune desquelles nous allons successivement jeter un coup d'œil. Elles renferment en tout 12 millions d'habitants sur lâOOnOO kilomètres carrés.

Anatolie. — La grande presqu'île que limitent la mer Noire au nord et la Méditerranée au sud, et dont la mer de Marmara, les détroits de Constantinople et des Dardanelles, et l'Archipel baignent les côtes occidentales, porte le nom d'Anatolie. La plus grande partie en est occupée par un plateau fort élevé, de 1500 à 200;) mètres, qui s'appuie au sud à la chaîne du Tauriis, à l'est à l'anti-Taurus et aux montagnes de l'Arménie, et dont les eaux s'amassent en lacs sans écoulement, ou s'en vont à la mer par des torrents dont le cours est singulièrement tourmenté par les montagnes au travers desquelles ils ont à s'ouvrir un passage. Les côtes de l'Archipel. — Dans l'antiquité, l'Anatolie s'appela l'Asie par excellence, et comme les plateaux de l'intérieur, glacés en hiver, brûlants en été, conviennent mieux à la vie pastorale qu'à un grand développement de la civilisation, c'est au pourtour du plateau, sur les rivages tempérés de l'Archipel ou de la Méditerranée, que l'on rencontre le plus de souvenirs historiques et les villes les plus importantes dans les temps modernes. Sur la presqu'île qui . touche immédiatement au sud des Dardanelles, s'élevait la célèbre ville de Troie, si fameuse par le siège qu'elle soutint dix ans durant contre les Grecs. Au sud de la Troade, les côtes de l'Archipel étaient couvertes de colonies grecques Hérissantes, celèbfos par leurs richesses, l'importance de leur commerce, la science de leurs docteurs, tin peu au nord de Sniyrne, sur le rivage qui regarde l'ancienne île de Lesbos (aujourd'hui Mételin), s'élevait Phocée, la fondatrice de Marseille et d'autres colonies du sud de la Gaule. Smyrne est aujourd'hui la ville la plus populeuse (150 000 hab.) de la Turquie d'Asie, la plus riche et la plus commerçante. A la sortie du golfe sur lequel Smyrne est assise dans un site charmant, ontrouve l'île de Chio, habitée par des Grecs, qui possédaient, au moment de la guerre de l'indépendance de la Grèce, une marine puissante et de hardis matelots. Les Turcs se vengèrent par de cruels massacres des désastres que leur avaient fait éprouver les Chiotes. Au sud de Chio, on rencontre les ruines à-'Ephèse, célèbre par le temple de Diane, qui passait pour l'une des sept merveilles du monde, et par les conciles qu'y tinrent les premiers chrétiens. Puis c'est Milct, la reine des villes ioniennes, la rivale en puissance maritime deTyr et de Carthage, dont la marine comptait à elle seule cent vaisseaux de guerre et dont les habitants soulevés c. .itre Darius, roi de Perse, provoquèrent les guerres médiquos. Entre Milet et Ephèse, on voit l'île de Samos, la patrie de Pythagore. A l'angle sud-ouest de l'Anatolie, sur la limite de l'Archipel et de la Méditerranée, voici l'île de Rhodes, si célèbre dans l'antiquité par son

commerce et par le colosse qui s'élevait à l'entrée de son port, bien plus illustre à nos yeux par le séjour des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et leur défense héroïque contre les Turcs. Le» tremblements de terre qui se répètent fréquemment dans cette région n'ont pas encore renversé toutes les maisons qui portent encore les armes de leurs fiers défenseurs. A l'est de Rhodes, Chijpre est encore célèbre par ses vins, mais ne nourrit plus la dixième partie des habitants qu'elle renfermait dans l'antiquité. Toute cette terre, si riche en souvenirs, est habitée par des Grecs, commerçants comme ils le sont tous ; elle jouit du climat riant et des productions précieuses des bords de la Méditerranée. La soie, les huiles, les fruits en forment les principales productions et alimentent le commerce avec les laines, les tapis, les métaux apportés de l'intérieur.

Chypre a récemment acquis une grande importance politique. En vertu d'une convention conclue (juillet 1878) entre la Porte ottomane et l'Angleterre, cette dernière puissance a le droit de tenir garnison à Chypre et s'est chargée du protectorat de l'Asie Mineure pour arTèter de ce côté les progrès des conquêtes russes.

Les liuids plateaux et le littoral de In mer Noire. — Au centre de l'Anatolie, Angora est célèbre par ses chèvres au tissu soyeux, Tokat parles cafetières qu'elle fabrique. Sur le littoral de la mer Noire, trébizon de est le port le plus actif parce qu'il sert de débouché sur cette mer à l'Arménie. Si7iope, qui occupe l'extrémité septentrionale de l'Anatolie, rappelle le souvenir de Diogène le cynique, et pendant la guerre de Crimée son port a vu brûler la flotte ottomane incendiée par les Russes.

Sur le Bosphore, Scidari est un grand faubourg de Constantinople, célèbre par ses frais ombrages de cyprès, où les Turcs aiment à placer leurs tombes. Plus au Sud, à quelque distance. Brousse, malgré les tremblem.ents de terre, est une grande ville de près de 100,000 habitants, qui a été la résidence des sultans ottomans avant qu'ils transférassent le siège de leur empire à Andrinople et de là à Constantinople.

Arménie turque. — A l'est de l'Anatolie, l'Arménie turque, qui touche au mont Ararat, est un pays montagneux fort élevé. Sa capitale Erzeioum est à près de 2000 mètres. Aussi y voit- on quelquefois de la gelée au mois de juin, bien que sous une latitude plus méridionale que Naples. C'est dans l'Arménie turque que se trouve le lac de Van grand de 365,000 hectares et tout entouré de hautes montagnes souvent couvertes de neige.

Kourdistan. — L'Euphrate prend sa source près d'Erzeroum. Il coule d'abord à l'ouest comme s'il devait finir dans la Méditerranée, puis se retourne au sud en traversant le Kourdistan. Comme les Arméniens, les Kourdes sont de race aryenne, mais ils ont embrassé l'islamisme, tandis que les Arméniens forment une secte particulière du catholicisme romain. C'est dans les montagnes du Kourdistan que le Tigre prend naissance,et les deux fleuves, qui semblent un instant prêts à se réunir au voisinage de Diarbékir, se séparent de nouveau pour envelopper l'antique Mésopotamie.

Mésopotamie. — Que de souvenirs se pressent sur ces bords! Bahylone, sur l'Euphrate, et Ninive sur le Tigre, n'ont laissé que des ruines difficilement retrouvées, après avoir atteint un développement que ne connaissent peut-être pas encore nos capitales modernes. B igdad, le chef-lieu actuel de l'Eldschézireh, n'est plus que l'ombre de la brillante résidence d'Haroun-al-Raschid et des puissants califes, ses successeurs.

Grâce à son climat, grâce aux eaux abondantes que l'Euphrate et surtout le Tigre puisent dans les neiges de l'Arménie et du Kourdistan, la Mésopotamie pourrait être un des plus riches pays du

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monde. C'est l'excès de leur fortune qui a perdu les empires assyrien et babylonien. A cette époque, du moins, on avait tout fait pour aménager les eaux fertilisantes. Les digues, les canaux n'étaient pas moins merveilleux que les palais superbes de Babylone. Aujourd'hui les Arabes qui occupent cette région travaillent péniblement pour verser des tributs énormes dans les trésors des pachas turcs qui n'ont d'autre souci que de s'enrichir sans rien faire d'utile. Un seul exemple suffira à montrer l'incurie du gouvernement ottoman. Depuis 40 ans que l'Euphrate a crevé ses digues en amont de son confluent avec le Tigre, ce désastre n'a pas été réparé. Le pays s'est transformé peu à peu en un marécage pcsulentiel, et la ville de Bassorah sur le Chat-el-Arab, qui était un port commerçant, peuplé de 60,000 âmes, est tombée peu à peu au rang de bourgade malsaine et déserte.

Syrie. — Le désert, qui gagne de plus en plus sur les terres cultivables à mesure que la barbarie ou l'incurie l'emportent sur la civilisation et les travaux qu'elle amène, s'étend à l'ouest de la Mésopotamie jusqu'au pied des chahies parallèles du Liban et de l' Anti-Liban. Au pied de ce dernier et du mont Hermon qui le domine, Damas forme une oasis verdoyante, où a vécu de tout temps une population nombreuse et industrieuse ; Damas passe pour un des paradis de 1 Orient. On y fabrique de belles étoffes de soie, et les lames qu'on y trempait jouissaient autrefois de beaucoup de réputation. C'est encore aujourd'hui la ville la plus peuplée de la Syrie. Elle renferme 150 ou "^00 000 habitants. A moitié chemin entre Damas et l'Euphrate, Palmyre atteignit un instant un haut degré de prospérité sous la reine Zénobie, alors qu'elle étaitle centre du commerce entre la Méditerranée et l'Euphrate, entre Rome et l'Inde. Il n'en reste plus aujourd'hui au milieu du désert que des ruines qui attestent son antique splendeur.

C'est plus au nord, au point où l'Euphrate se rapproche le plus de la Méditerranée, que passent aujourd'hui les marchands qui vont de la Méditerranée à l'Euphrate. Alep occupe le nœud des routes de cette région, et c'est ce qui en fait l'importance. Elle renferme 80 000 habitants. Si l'Euphrate était plus régulièrement navigable, un chemin de fer traversant Alep irait du golfe d'Alexandrette au fond de la Méditerranée, à quelque port de l'Euphrate, et ce serait encore \k une des grandes voies de trafic entre l'Europe et les Indes et celle que suivait le commerce avant que les Portugais n'eussent doublé le cap de Bonne-Espérance, et les Français percé l'isthme de Suez.

Entre Alep et la mer, on rencontre l'Oronte, qui né entre le Liban et l'Anti-liban coule d'abord au Nord en traversant Emèse et Epiphanie, célèbres dans l'histoire de l'Église, puis se recourbe au S.-O. pour finir dans la mer entre le Taurus, au nord, ef le Liban au sud. C'est dans cette dernière partie de son cours qu'il traverse Ajitioche, une des trois grandes métropoles du monde ancien avec Rome et Alexandrie.

La côte MéditeiTanéenne. — Sur la côte étroite qui s'éiend au pied du Liban, en partie couvert de cèdres au feuillage sombre, les ports se pressent et aussi les souvenirs. Ce sont du N. au S. Latakieh, Tripo'i, Beïrout, qui de nos jours est le premier port de la Syrie, grâce surtout au commerce de la soie, et dont la population atteint bientôt 100,000 habitants. Puis voici Sù/ow et Tyr, les deux métropo/esde tant d'États maritimes delà Méditerranée, le ôerceau d'une civilisation si antique et pourtant si développée. Ensuite on rencontre Saint-Jean û'Ac}-e, où vint échouer la fortune de Bonaparte, le promontoire du mont CaTme\,Jaffa dont le nom rappelle lapeste sévissant sur l'armée d'Egypte, puis Gaza qui touche presqu'aux frontières d'Egypte.

Non loin de la source de l'Oronte, dans cette

même vallée creuse qui sépare le Liban de l'Antî- Liban, et qu'on appelait la Célésyrie, le Léontes prend sa source, un peu au sud de l'antique Balbek, pour venir finir dans la Méditerranéo entre TyV et Sidon.

Le Jourdain. — Enfin près du noint où le Léontes tourne à l'ouest vers la mer, commence le Jourdain, si célèbre dans l'histoire du peuple Israélite. Il traverse le lac Mérom, puis celui de Tibériade, et vient finir dans la mer Morte à 400 mètres audessous de la Méditerranée. La stérilité des rochers qui entourent la mer Morte, la solitude qui y règne, l'infécondité de ses eaux chargées de principes minéraux et d'asphalte qui lui ont valu le nom de lac asphaliite, sont en harmonie avec ce que rapporte la tradition sur les villes maudites situées jadis sur ses bords et qu'aurait détruites le feu du ciel.

LaPalestine. — C'est dans les montagnes à l'ouest du Jourdain que se sont passés les principaux événements rapportés dans la Bible. Au N.-O. de la mer Morte voici Bethléem, puis Jérusatejn, la cité de David et de Salomon, la ville sainte des chrétiens et aussi une de celles des Musulmans qui y possèdent la mosquée d'Omar, un de leurs plus célèbres califes. Plus au nord, on rencontre Sichem, puis Samarie, la capitale du royaume d'Israël, et enfin Nazareth entre le Carmel et le lac de Tibériade. Les Juifs etles Chrétiens qui ont fait la célébrité de ce pays n'y sont plus ni les maîtres ni les habitants les plus nombreux. De l'effort gigantesqup aéployé pendant les croisades, il ne reste plus aujourd'iiui que des souvenirs illustres. Les chrétiens maronites, qui sont quelques centaines de mille, vivent dans les montagnes où les poursuit souvent la haine des Druses. Les puissances chrétiennes et la France en particulier ont fondé en divers points des maisons religieuses qui veillent sur quelque lieu saint, et secourent leurs coreligionnaires. En Asie, du moins, la croix n'a pas encore reconquis la prépondérance sur le croissant. [G. Meissas. '

1. Questionnaire géographique. — Spécimen de questio7is. — 1° Sur la géographie physique. — Décrivez la forme de l'Asie ? — Donnez une idée de sa superficie et de sa population comparées à celles de l'Europe. — Faites un voyage de circumnavigation de l'Asie en partant de la mer Noire: quelles mers, quels détroits, quels golfes, quelles presqu'îles, quels caps rencontrez-vous ? — Quels sont les grands fleuves dont vous verriez l'embouchure en suivant la côte de Suez à Péking ? — L'Asie a-t-elle de grands fleuves qui ne se jettent dans aucun des océans qui l'entourent? — Comment vous figurez-îous un paysage de Sibérie? — Un paysage dans les Indes ? — L'Asie est-elle séparée par de grandes distances des autres parties du monde ? — Est-elle tout entière dans l'hémisphère boréal? — Quelle idée vous faites-vous du massif central de l'Asie? — de l'Himalaya? etc. — Distinguer les grands versants et les principaux bassins de l'Asie, etc.

2°. Sur l'ethnographie. — Quelles sont les principales races de l'Asie? — Où habitent-elles? — Quelles religions suivent-elles? — Quel genre de vie mènent-elles?

.3° Sur la yéographie politique. — Passer en revue les principaux États, en indiquant leur situation, leur capitale, leurs principales productions, les établissements européens, etc.

Où sont situés en Asie, les principales colonies européennes ? — Quels sont les ports ouverts aux Européens dans l'océan Pacifique ? — Quels sont les grands ports de relâche entra l'isthme de Suez et le Japon ?

Supposez un vaisseau partant de Liverpool po\ir aller faire le commerce en Asie : où pensez-vous qu'il peut aller, qu'emoorte-t-il et que rapporterat-il ?

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